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LIENS
CERIALIS - CLERGÉ


CERIALIS (PETITILIUS) : légat commandant la IXe légion sur l’île de Bretagne. En 61 ap. J.-C., les Celtes Icènes et Trinobantes taillèrent son armée en pièces. Il put s’enfuir avec la cavalerie.

 

CERNUNOS : dieu cornu des Gaulois. Cernunos commandait les forces visibles et invisibles de la nature. Il régnait sous terre pendant l’hiver et sur terre à partir du printemps, saison pendant laquelle son épouse le trompait avec le dieu Ésus. Il nous a laissé l’image symbolique du cocu sur le front duquel poussent les cornes.

 

              

 

 

CERNUUS : saltimbanque qui par ses contorsions, ses bonds et ses figures amusait les convives lors des festins.

 

CÉROBATÈS : qui a le pied de corne. Surnom de Pan.

 

                                                               

 

 

CÉROESSA : fille de Zeus et d’Io. Mère de Byzas qu’elle eut de Poséidon.

 

CEROMA : onguent d’huile et de cire. Il servait à oindre le corps des lutteurs avant de les frotter de sable fin.

 

CÉROMANTIE : divination par la cire fondue selon la forme que prenaient les gouttes en tombant dans un vase d’eau.

 

CERRIDWEN : déesse celte galloise de la connaissance et de l’abondance. Elle était assistée de neuf femmes qui entretenaient par leur souffle le feu de son foyer. Son fils Afang-Du était le plus laid des hommes du monde. Pour compenser cette tare, elle prépara pour lui le breuvage de la science et de l’inspiration divine dans son chaudron magique, mais le jeune Gwion Bach, qui avait pour tâche de surveiller le chaudron, profita par accident de la potion.

 

CERTHÉ : une des Thespiades. Mère d’Iole qu’elle eut d’Héraclès.

 

CERVI : branches aiguisées en forme de cornes de cerf que les soldats romains plantaient autour de leurs retranchements.

 

CÉRYNÈS : fils de Téménos, roi d’Argos. Son beau-frère Déiphontès le tua d’un coup de flèche.

 

CÉRYNITE (BICHE) : biche aux pieds d’airain et aux cornes d’or consacrée à Artémis. Héraclès la poursuivit pendant une année et la blessa d’une flèche. Pour apaiser la colère d’Artémis, il porta la biche encore vivante à Mycènes où elle prit le nom de Cérynite, du mont Cérynée.

 

                                                       

 

 

CÉRYX : fils d’Hermès et d’Agraulos, fille de Cécrops.

 

CÉRYX : héraut. Sa personne était considérée comme sacrée et inviolable. Il portait la chlamyde et la baguette.

 Crieur public. Il faisait des proclamations publiques  et ordonnait le silence avec sa trompette au moment de l’éloge du vainqueur des jeux.

 

CÉSAIR : la grêle. Césair fut la première femme celte à poser le pied en Irlande, cinquante jours avant le déluge.

 

CÉSAR : titre donné aux empereurs et aux princes de la famille impériale. À partir de Dioclétien, il désigna ceux que les empereurs choisissaient pour leur succéder.

 

CÉSAR (LUCIUS JULIUS) : consul en 90 av. J.-C. Plusieurs fois battu en Campanie lors de la guerre sociale, il finit cependant par s’emparer d’Aesernia. Sur sa proposition, le sénat vota la loi Julia de civitate qui accordait le droit de cité aux habitants des villes restées fidèles. Il mourut en 87.

 

CÉSAR (LUCIUS JULIUS) : fils du précédent. Consul en 64 av. J.-C. Il fut l’un des lieutenants de César pendant la guerre des Gaules en 52. Après la mort de César, il fut proscrit, mais sa sœur Julia, mère de Marc Antoine, se jeta devant ceux qui venaient le tuer et lui sauva la vie.

 

CÉSAR (JULES) (CAIUS JULIUS CAESAR) : Jules César naquit à Rome en juillet 100 av. J.-C. Appartenant à la gens Julia, il prétendait descendre de Iule, le fil d’Énée et de Vénus. À l’âge de dix-sept ans, il devint prêtre de Jupiter et épousa Cornélie. Lorsque le dictateur Sylla voulut le forcer à la répudier, César se révolta et, proscrit, dut s’enfuir dans les marais des Savins. Il se réfugia ensuite chez le roi de Bithynie avec qui il eut une aventure amoureuse. Les vestales ayant obtenu son pardon, il fit ses premières armes au siège de Mytilène (Lesbos), où il obtint une couronne civique (80). Revenu à Rome, il exerça ses talents d’orateur et devint populaire. En 74, il alla se battre contre les armées de Mithridate en Orient. Nommé tribun militaire et questeur à Rome en 68, il profita de toutes les occasions pour s’attirer les faveurs de la plèbe. Devenu veuf, il épousa Pompeia et durant cinq années s’acharna à combattre le parti aristocratique. En 63, il fut nommé grand pontife et désigné préteur quand la conjuration de Catilina éclata. Après la répudiation de sa femme Pompeia, il obtint, en 61, le gouvernement de l’Espagne ultérieure où il combattit les Celtes Galiciens et Lusitaniens. Réconcilié avec Pompée et Crassus qui appartenaient au parti aristocratique, il fut nommé consul à Rome en 59. S’opposant violemment au sénat, il réussit à faire passer une loi agraire qui donnait les terres du domaine de Campanie à 20 000 citoyens pauvres. Puis il maria sa fille Julie à Pompée et épousa Calpurnie. En 58, nommé gouverneur de la Gaule Cisalpine et de l’Illyrie, il entame ses conquêtes en repoussant les Hervètes, puis en écrasant les Suèves d’Arioviste près du Rhin. En 57, alors que son jeune lieutenant Crassus s’enfonçait dans les terres gauloises à l’ouest, il alla combattre les Belges. En 56, il fit mouvement vers l’Armorique et vainquit les Vénètes sur terre et sur mer. En 55, il passa le Rhin et repoussa les tribus barbares, puis il traversa la Manche pour empêcher les Bretons de secourir les Gaulois d’Armorique, il y subit des revers militaires et dut monter une seconde expédition en 54. Cette même année, il entra en guerre contre Ambiorix et Indutiomare en Belgique. L’année 53 fut celle de la guerre contre les Éburons, les Ménapes et les Trévires. En 52, lors du soulèvement général de la Gaule, il dut affronter l’Averne Vercingétorix, subit une défaite à Gergovie et remporta une victoire décisive à Alésia. Il passa ensuite l’année 51 à mater les derniers Gaulois révoltés. Devenu riche et puissant, il fit peur au sénat qui lui demanda de déposer tous ses commandements en chargeant Pompée de défendre la patrie. César franchit le Rubicon en janvier 49 et s’empara de toute l’Italie en soixante jours, puis vainquit en Espagne les lieutenants de Pompée. Le 4 janvier 48, il recula face à Pompée devant Dyrrachium avant de remporter la victoire de Pharsale le 9 août 48. Nommé dictateur, consul et ayant obtenu le pouvoir tribunien à vie, il poursuivit Pompée en Égypte où il le trouva mort. Il battit le jeune roi Ptolémée Aulète et devint l’amant de Cléopâtre qui le retint sept mois. Le 2 avril 47, il battit près de Zela le roi du Pont, Pharnace, et continua la guerre contre les républicains qui réunirent une armée considérable commandée par Scipion, Labienus et le roi Juba. Le 6 avril 46, sa victoire à Thapsus lui assura la dictature pour dix ans. Cependant les fils de Pompée, Cneius et Sextus, avaient réuni une forte armée en Espagne où il dut se rendre pour livrer et gagner la plus difficile bataille de sa carrière de général : Munda, le 17 mars 45, où il faillit périr. Après la célébration de son triomphe à Rome, il forma de vastes projets politiques pour l’utilité publique et entreprit de mettre sur pied la plus grande armée de tous les temps pour aller combattre les Daces et les Parthes. Ce fut pendant ces préparatifs et à la veille de son départ pour l’Orient, le 15 mars (ides de mars), que soixante sénateurs menés par Cassius, Decimus et Marcus Brutus l’assassinèrent dans la Curie.

Extrait de la guerre des Gaules: Vainqueur des nations les plus belliqueuses, César ne voyait plus aucune cité se préparer à la guerre ou en état de lui résister ; mais remarquant qu'un grand nombre d'habitants quittaient les villes et s'enfuyaient des campagnes pour se soustraire à la domination nouvelle, il résolut de distribuer l'armée sur différents points. Il garda près de lui le questeur M. Antonius avec la onzième légion ; il envoya le lieutenant C. Fabius, avec vingt-cinq cohortes, à l'extrémité opposée de la Gaule, où l'on disait qu'il y avait plusieurs peuples en armes ; il ne croyait pas que le lieutenant C. Caninius Rébilus, qui commandait dans ces contrées, fût assez fort avec les deux légions qu'il avait sous ses ordres.  Il fit venir près de lui T. Labiénus, et envoya la douzième légion, qui avait hiverné avec ce lieutenant, protéger les colonies romaines dans la Gaule citérieure, et les préserver de calamités semblables à celles qu'avaient essuyées, l'été précédent, les Tergestins, dont le territoire avait été ravagé par suite d'une irruption soudaine de Barbares.  Pour lui, il alla dévaster les terres d'Ambiorix. Désespérant de réduire en son pouvoir cet ennemi fugitif et tremblant, il crut, dans l'intérêt de son honneur, devoir détruire si bien, dans les états de ce prince, les citoyens, les édifices, les bestiaux, que désormais en horreur à ceux qui échapperaient par hasard au massacre, Ambiorix ne pût jamais rentrer dans un pays sur lequel il aurait attiré tant de désastres.

 

                                 

 

                      

 

                 

  

                                                       Vercingétorix et Jules César à Alésia Par Lionel-Noël

 

                                                   

                                                                César dans le film de la série"Rome"

 

                                         

                                                           Mort de Jules César par Vincenzo Cammocini

 

                                        

CÉSORIX : lieutenant cimbre de Boïorix lors de l’invasion de la Gaule (103-101 av. J.-C.).

  

CESTE : nom de la ceinture d’Aphrodite.

 

CESTICILLUS : coussinet que les portefaix posaient sur leur tête pour la protéger du poids de la charge.

 

CESTUS : ceinture de Vénus sur laquelle était brodé le tableau des passions, des désirs, des joies et des peines de l’amour.

Extrait d'un épigramme de Martial:

 Ta main douce et polie joue avec le ceste (nodus) de
la déesse acidalienne ; tu en as dépouillé le cou de l'enfant
Cupidon. Pour ranimer la flamme amoureuse de Mars et
du maitre tout-puissant du tonnerre, que Junon, que
Vénus elle-même t'emprunte ce ceste (cestus) magique.
2: Bandage de cuir et de clous que les pugilistes portaient sur l'avant-bras et la moitié de la main.

 

                                                                       

 

 

CESTRINOS : fils d’Hélénos et d’Andromaque.

 

CESTROSPHENDONE : petite flèche que les Perses lançaient avec une fronde. Elle fut utilisée pour la première fois pendant la guerre de Macédoine. Elle était munie de petites ailes de bois qui remplaçaient les plumes.

 

CESTRUM : outil de graveur spécialisé dans la peinture à l’encaustique sur ivoire. Procédé qui réapparaîtra au XVIIIe siècle.

 

CÊT MAC DAGACH : frère de Ness, oncle de Conchobar. Il tente d’écraser la tête de son neveu Conall dont la destinée était de massacrer la population de Connaught. Devenu difforme, Conall attendit l’âge adulte pour se venger. Il tua Cêt et lui vola sa fronde magique.

 

CETARII : corporation qui regroupait les pêcheurs prenant les gros poissons revendus frais ou salés dans les boutiques.

 

CÉTEUS : un des fils de Lycaon. Il figure parmi les astres dans l’attitude d’un homme sage agenouillé et suppliant les dieux de lui rendre sa fille Mégisto.

 

CETHEGUS (MARCUS CORNELIUS) : grand pontife en 213 av. J.-C., préteur en 211, censeur en 209, consul en 204. Vainqueur de Magon dans la Gaule Cisalpine.

 

CETHEGUS (MARCUS CORNELIUS) : général romain qui vainquit les Gaulois Cénomans et les Insubres sur le Mincio en 197 av. J.-C. On le nomma censeur en 194.

 

CÉTHERN : fils de Fintan qui combattit les entrailles à l’air. Le seigneur Finger le plongea dans un tonneau plein de moelle pour refermer sa blessure.

 

CÉTO : fille de Pontos et de Gaïa. Elle eut de Phorcys les Gorgones.

 

CÉTOS : monstre marin que Poséidon envoya ravager les terres de Céphée.Il donna naissance aux Gorgones.

 

                                                         

                                                                              Méduse, l'une des filles de Cétos

 

 

CEUTHONYMOS : père de Menœtios. Pasteur des troupeaux d’Hadès, il fut sauvé par Perséphone des mains d’Héraclès.

 

CÉYX : roi de Trachine en Thessalie. Ami ou neveu d’Héraclès. Père d’Hippasos et d’Hylas.

 

CÉYX : fils d’Héosphoros et de la nymphe Philonis. Époux d’Alcyone.

 

CHA : ce mot désignait un marais où poussaient des nénuphars.

 

CHACAL : bien qu’identifié au dieu Anubis, le chacal n’existait pas en Égypte. On a confondu ce carnassier avec les chiens sauvages qui infestaient le pays.

 

                                                                   

   

 

CHADOUF : inventé vers 1300 av. J.-C., le chadouf est une machine destinée à élever l’eau. Il est composé d’un axe vertical sur lequel oscille une poutre de bois aux extrémités de laquelle sont placés un récipient en peau et un contrepoids de grès.

    

                                      

 

 

CHÆRON : fils d’Apollon et de Théro.

 

CHÆTOS : un des cinquante fils d’Ægyptos. Sa femme, la danaïde Astéria, le tua la nuit de ses noces.

 

CHAÎNE : instrument de l’hercule gaulois Ogmios, la chaîne représentait les liens bénéfiques ou maléfiques des hommes avec les forces de l’Au-Delà.

 

CHALCÉES : fêtes athéniennes en l’honneur d’Athéna qui avait appris aux Athéniens à travailler le cuivre (chalcos).

 

CHALCIO ECIES : fêtes de Lacédémone où les jeunes hommes venaient armés sacrifier à Athéna Chalciœcos.

 

CHALCIŒCOS ou CHALCOPYLOS : qui habite un temple d’airain. Surnom d’Athéna à Sparte. Tyndare avait commencé la construction du temple de la déesse ; ses fils la poursuivirent, mais il fut achevé bien après leur mort par l’architecte lacédémonien Gitiadès. On y plaça une statue d’Athéna en airain. Après avoir trahi la Grèce en traitant secrètement avec Xerxès, Pausaias fut rappelé à Sparte. Il allait être arrêté par les éphores, lorsqu'il se réfugia dans le temple d'Athéna Chalcioecos. On le fit mourir de faim, en 477, dans cet asile inviolable, dont on mura la porte.

Extrait du livre X de Pausanias, histoire de Delphes, jeux pythiques: On tient qu'en troisième lieu le temple d'Apollon fut bâti de cuivre, ce qui ne doit pas paraître fort étonnant, puisque Acrisius avait fait faire une chambre de cuivre pour sa fille, et que l'on voit encore à Sparte le temple de Minerve Chalcioecos, ainsi appelé parce qu'il est tout de cuivre. A Rome, le lieu où l'on rend la justice surprend par sa grandeur et par sa magnificence ; mais ce que l'on y admire le plus, c'est un plafond de bronze qui règne d'un bout à l'autre. Ainsi il n'est pas incroyable que le temple d'Apollon à Delphes ait été bâti de cuivre.

 

CHALCIOPE : fille de Rhexénor ou de Chalcodon. Deuxième femme d’Égée.

 

CHALCIOPE : fille d’Æétès. Femme de Phrixus.

 

CHALCIOPE : fille d’Eurypyle. Femme d’Héraclès et mère de Thessalos.

 

CHALCIS : mère des Curètes et des Corybantes.

 

CHALCIS : fille d’Asopos et de Métope.

 

CHALCODON : fils d’Abas. Eubéen, roi des Chalcidiens. Le Thébain Amphitryon le tua au combat.

 

CHALCODON : un des cinquante fils d’Ægyptos. La Danaïde Rhodie le tua.

 

CHALCODON : habitant de Cos. Il blessa Héraclès lors d’un combat nocturne.

 

CHALCODON : un des prétendants d’Hippodamie. Œnomaüs le tua.

 

CHALCON : père de Bathyclès.

 

CHALCON : cyparissien. Porteur du bouclier et conducteur du char d’Antiloque. Il aima Penthésilée, mais comme il volait à son secours, Achille le tua et les grecs mirent son cadavre en croix.

 

CHALCOS : fils du roi des Minyens Athamas. Il figure au nombre des inventeurs du bouclier.

 

CHALINITIS : qui sait dompter et brider un cheval. Surnom d’Athéna, qui dompta pégase avant de le donner à Bellérophon.

 

CHALIS : qui chasse les soucis. surnom de Dionysos.

 

CHALYBS : fils d’Arès. Il donna son nom aux Chalybes habitant le Pont.

 

CHAMALIÈRES : sur cette commune du Puy-de-Dôme, dans la source des Roches, furent découvertes de nombreuses monnaies dont les plus anciennes dataient du chef gaulois Vercassivellaun ainsi qu’un dépôt de 5 000 statues de bois (ex-veto) dédiées à Apollon Maponos. On trouva aussi une tablette de plomb portant le plus long texte gaulois connu : 336 lettres en continu.

 

CHAMP : « le champ des offrandes et le champ des souchets », encore appelé le champ d’Ialou, était un morceau de paradis dans le domaine d’Osiris où l’homme ressuscité pouvait reprendre ses activités terrestres.

 

 

 

 

CHAMPOLLION : Jean-François Champollion (1790-1832) est le père de l’égyptologie moderne. Son génie lui permit, dès l’âge de 16 ans, de comprendre, comme Kircher, que la langue copte était une forme tardive de l’ancienne langue égyptienne. Sa passion pour le copte lui fit écrire un dictionnaire. À 31 ans, dans sa Lettre à M. Dacier, il exposa le principe de l’écriture égyptienne. Il venait de déchiffrer les hiéroglyphes de la pierre de Rosette. Écrite en grec, en démotique et en hiéroglyphes au temps de Ptolémée V Épiphane, elle lui permit d’abord de traduire les noms royaux, puis de reconstituer l’alphabet, des mots, la grammaire. Les années qui suivirent sa découverte, il les passa à étudier les collections égyptologiques, copiant les papyrus, les textes des pierres et enrichissant jour après jour son vocabulaire. De 37 à 39, il parcourut l’Égypte avec l’Italien Rossellini et écrivit avec l’urgence de ceux qui pressentent la fin. Il publia Monuments de l’Égypte et de la Nubie, Notices descriptives, Grammaire égyptienne et Dictionnaire égyptien. Ces trois derniers ouvrages ne paraîtront qu’après sa mort. Le 4 mars 1832, à l’âge de 41 ans, il mourut épuisé par ses excès de travail.

 

                                                            

 

                     

                                                                                                                      Dessin de Champollion

 

 

CHAMYNÉ : surnom de Déméter, à laquelle Pantaléon fit bâtir un temple avec le produit du vol des biens de Chaminos qu’il avait fait périr.

 

CHANCELIER : hiérarchiquement placés en seconde position derrière le vizir du pharaon, les chanceliers étaient au nombre de trois. Ils exerçaient les fonctions de général, d’intendant des champs et de scribe des archives royales.

 

                                                                           

                                                                          Niankhpepi, chancelier du pharaon Pepi 1er

 

 

CHANCELIER DES ASIATIQUES : titre particulier attribué à un haut fonctionnaire chargé de la police des pistes au nord-est du delta du Nil, et plus spécialement dans la région de Canaan, après la révolte des Bédouins Shasous sous la XVIIIe dynastie.

 

CHANDELLE (CANDELA) : sur les marchés de Rome, on trouvait des chandelles de suif, de poix ou de cire avec des mèches tirées du cœur des joncs. Elles furent supplantées par l’apparition des lampes à huile.

 

CHANT : religieux, poétique ou populaire, il joua un grand rôle dans l’ancienne Égypte. Le chant se pratiquait avec l’accompagnement des mains qui, en claquant, donnaient le rythme. Il était destiné aux morts, aux dieux, aux amoureux, à la nature. À chaque occupation correspondait un chant, et nous pouvons imaginer sans peine le charme de cette multitude de refrains, d’hymnes, de complaintes, de sérénades, répétés sans fin dans les cités et les campagnes.

 

CHAON : fils de priam. Son frère Hélénos le tua à la chasse.

 

CHAOS : l’espace infini à l’origine de toutes choses, des dieux, des êtres et de toutes les manifestations matérielles.

 

CHAOUS : nom du grand chat sauvage qui vivait dans le désert et devint le protecteur de l’homme contre le serpent.

 

CHÂOUTY : le châouty était une cuvette servant à la toilette. Très répandue, car les Égyptiens se lavaient plusieurs fois par jour, elle était en terre cuite ou taillée dans de la pierre.

 

CHAR : véhicule de guerre tiré par deux ou quatre chevaux, le char était associé à la course du soleil. Le jeune dieu solaire Oengus le Mac Oc se déplaçait dans un char entouré de rayons lumineux et Mananann le fils d’Océan et des Flots fendait les vagues sur un char tiré par des chevaux blancs. Les chars de combat furent surtout employés par les Celtes des Ve et IVe siècles av. J.-C., puis par les Gaulois jusque vers 250. César en vit encore quelques-uns en action dans l’île de Bretagne. Le conducteur le lançait à toute vitesse selon des trajectoires parallèles aux lignes ennemies tandis qu’à ses côtés un guerrier tirait ses javelots, avant d’aller combattre à pied. À ce moment, le conducteur ramenait le char à l’arrière.

 

                             

                                                                                  Char égyptien

 

      

                                        Char grec                                                                         Char romain

 

                    

                                                                                     Char gaulois

 

          

                                                  Char perse

 

 

CHARAXOS : lapithe. Aux noces de Pirithoüs, il tua le centaure Rhœtos avec un tison.

 

CHARICLO : fille d’Apollon, ou de Persès, ou d’Océan. Épouse de Chiron. Mère de Carystos.

 

CHARICLO : nymphe. Femme d’Évérès. Mère de Tirésias. Ce dernier ayant été privé de la vue par Athéna, sa mère obtint des dieux qu’ils lui accorderaient le don de comprendre le chant et la voix des oiseaux et de marcher comme un voyant à l’aide d’un bâton noir.

 

                                                

                                                                                L'enlèvement de Chariclo

 

 

CHARIDÈME : général grec né à Orée en Eubée vers 400 av. J.-C. Il entra comme chef de mercenaires au service d’Athènes, sous Iphicrate ; puis il se mit à la solde de Cotys, roi de Thrace, pour combattre les Olynthiens. Après plusieurs expéditions en Asie contre Artabaze, il épousa la fille de Cotys, fut le tuteur de son fils chersobleptes, et, contraint d’abandonner la Chersonèse aux Athéniens, il obtint en payant des orateurs le droit de cité et une couronne d’or comme s’il avait volontairement cédé ce pays. En 349, il remplaça Charès dans le commandement des troupes et se livra à de nombreux pillages.

 

CHARIDÈME : orateur athénien (390-333 av. J.-C.). Il appartenait au même parti politique que Démosthène. En 358, il fut envoyé par Antiphon auprès de Philippe de Macédoine pour traiter secrètement de la reddition d’Amphipolis aux Athéniens. Il apprit à Démosthène le meurtre de Philippe en 336 et ne put obtenir le pardon d’Alexandre le Grand. Il se retira chez le roi des perses Darius qui le fit mettre à mort avant la bataille d’Issos parce qu’il avait osé vanter la supériorité des soldats grecs.

Extrait de l'histoire d'Alexandre par Quinte-Curse(Livre III): Rien ne manquait moins à Darius que le nombre des soldats. Aussi, transporté de joie en embrassant toute cette armée d'un seul coup d'oeil, et le coeur enflé par les espérances dont le remplissaient, avec leur légèreté ordinaire, les grands de sa cour, il se tourna vers l'Athénien Charidème, général expérimenté, banni de sa patrie par Alexandre et devenu son ennemi, et il lui demanda s'il lui croyait assez de forces pour écraser les Macédoniens. Mais l'exilé, oubliant sa condition et l'orgueil de la royauté : "Voici la vérité, lui dit-il, que tu ne voudrais peut-être pas entendre, mais qu'il faut que je te dise aujourd'hui; car vainement le la déclarerais-je plus tard. Cette armée, avec son vaste appareil, cette masse de nations arrachées à leurs demeures, de toutes les parties de l'Orient, peut bien être redoutable pour tes voisins; elle est resplendissante d'or et d'argent; ses armes sont éblouissantes, et celui qui n'en a point vu l'opulence ne saurait s'en faire une idée. Mais l'armée des Macédoniens, avec son aspect sauvage et négligé, cache, derrière ses boucliers et ses piques, des bataillons inébranlables et une force compacte d'hommes robustes. Tel est le corps d'infanterie auquel ils donnent le nom de phalange; les hommes y sont serrés contre les hommes, les armes contre les armes : attentifs au moindre signe de leur chef, ils ont appris à suivre leurs drapeaux et conserver leurs rangs. Ce qui est commandé, tous l'exécutent : faire face à l'ennemi, le tourner, se porter sur une aile ou sur l'autre, changer de front, sont autant de manoeuvres aussi familières aux soldats qu'aux capitaines. Et garde-toi de croire que ce soit l'appât de l'or ou de l'argent qui les conduise; jusqu'ici, cette discipline s'est maintenue à l'école de la pauvreté : fatigués, la terre est leur lit; la première nourriture qu'ils rencontrent leur est bonne; jamais la durée de leur sommeil n'égale celle de la nuit. Et la cavalerie thessalienne, les Acarnaniens, les Etoliens, toutes ces bandes invincibles à la guerre, crois-tu que de tels hommes puissent être repoussés avec des frondes et des bâtons durcis au feu? Il te faut une force égale à la leur! c'est dans le pays même qui les a vus naître, qu'il faut aller chercher des secours : tout cet or et cet argent, c'est à soudoyer des soldats que tu dois l'employer." Darius était d'un caractère doux et traitable; mais la fortune gâte souvent le meilleur naturel. Aussi, ne pouvant souffrir la vérité, fit-il traîner au dernier supplice un hôte, un suppliant, un homme qui lui donnait alors les avis les plus salutaires. Celui-ci, n'oubliant pas même en cet instant son libre langage : "J'ai un vengeur tout prêt de ma mort. Celui-là même te punira d'avoir méprisé mes conseils, contre lequel je te les donnais tout à l'heure. Pour toi, changé si soudainement par l'enivrement du pouvoir, ton exemple apprendra à la postérité que les hommes, une fois qu'ils se sont livrés à la fortune, oublient même la nature." Comme il proférait ces dernières paroles, les bourreaux chargés de son supplice l'égorgèrent. Darius, dans la suite, en conçut un tardif repentir; il reconnut la vérité des paroles de Charidème, et lui fit donner la sépulture.

 

CHARIDOTÈS : qui procure la joie, le profit. Épithète commune à Zeus, Dionysos et Hermès.

 

CHARIDOTIS : qui inspire la joie. Surnom d’Aphrodite.

 

CHARILE : jeune fille de Delphes qui se pendit de désespoir après avoir été maltraitée par le roi de la ville. En son honneur, on institua les Charilées.

 

CHARIS : la grâce. Femme d’Héphaïstos.

 

CHARISIOS : fils de Lycaon.

 

CHARITES : nom grec des Grâces. Déesses qui ne manquent jamais aux chœurs joyeux ni aux festins des immortels, et dont la seule présence chasse les soucis et procure aux hommes tout ce qui rend la vie heureuse. Au nombre de trois, elles ont pour noms : Euphrosyne (la joie), Aglaé (l’éclat du beau) et Thalie (le festin). Toutes trois restèrent vierges. À Athènes, leurs statues sculptées par Socrate se voyaient à l’entrée de leur citadelle. À Élis, elles étaient en bois taillé, avec des têtes, des pieds, des mains en marbre blanc ; elles étaient revêtues de vêtements d’or. L’une tenait une rose, la seconde un dé, la troisième un rameau de myrte. Dans les temps primitifs à Lacédémone, on honorait deux Grâces : Cléta (le bruit) et Phaenna (l’éclat).

 

                                                     

                                                                  Les Charites d'apres Elsie Russel 1993

 

 

CHARON : fils de l’Érèbe et de la Nuit. Nocher chargé de faire traverser aux âmes le fleuve des enfers. Le prix du passage était l’obole ou la danacé, que les anciens mettaient dans la bouche des morts. Il lui était défendu de prendre des vivants dans sa barque et lorsque la crainte lui fit rendre ce service à Héraclès, il expia sa faute en restant enchaîné aux enfers pendant un an.

 

                    

                     Achille tuant un prisonnier troyen devant Charon

 

                                                           

                                                                Charon prend l'argent de la bouche de Psyché
d'après Stanhope

CHAROPOS : époux d’Aglaé et père de Nirée. Il régna sur l’île de Symé.

 

CHAROPS : dont les yeux rayonnent de joie. Surnom sous lequel Héraclès avait un temple en Béotie.

 

CHAROPS : nom d’un des chiens d’Actéon.

 

CHAROPS : fils d’Hippasos. Ulysse le tua.

 

CHARRERIE : ensemble des chars qui équipaient une armée à partir de 1590-1550 av. J.-C. Le char était tiré par deux chevaux. Simple caisson de bois monté sur deux roues à rayons, il portait deux hommes : le combattant et le conducteur. La roue apparut au cours du Moyen Empire entre 2000 et 1800 av. J.-C.

 

CHARRUE : la charrue fut largement employée sur tout le territoire des Gaules dès le IIe siècle av. J.-C. Chez les Celtes de Grande-Bretagne, l’épouse du dieu agriculteur Théathor avait pour nom Soc.

 

                     

 

 

CHARTA : papier à écrire. Sous l’Empire romain, on distinguait dix sortes de papier : l’augustana ou claudiana de première qualité ; le liviana de seconde qualité : l’hieratiea ; l’amphitheatrica, le satica et le leneotica de qualité inférieure ; le fanniana fabriqué à Rome par la maison Fannius ; l’emporetica utilisé pour l’emballage, le charta dentata lissé à la dent d’un animal, ce qui le rendait satiné ; le charta bibula, papier buvard transparent.

 

CHARTE DE CYRÈNE : charte édictée par Ptolémée Ier. Elle fixa les bases d’une constitution en créant un corps de citoyens actifs, un sénat de 500 membres désignés par le sort, un conseil modérateur de 101 anciens (gérousia) élu par les citoyens, un prêtre éponyme d’Apollon, 9 nomophylaques (conservateurs des annales et des lois), 5 éphores (magistrats chargés d’imposer les amendes et d’intenter si nécessaire les procès contre les fonctionnaires) et 12 stratèges.

 

CHARYBDE : fille de Poséidon et de Gaïa. Ayant volé des bœufs à Héraclès, elle fut foudroyée par Zeus et changée en gouffre.

 

                                                          

                                                                              Charybde et Scylla

 

 

CHASSE : pour l’Égyptien, la chasse était sacrée. Elle permit de participer à l’organisation divine en luttant contre les éléments du chaos primordial. Le gibier était l’incarnation des forces maléfiques. Démons, fantômes, monstres, tout ce que comptait l’enfer revivait à travers la gélinotte, la panthère, le bubale… Les chasses les plus prisées étaient celles au lion et à l’éléphant. Jusqu’à la domination romaine, les rites de la chasse au filet assimilaient les animaux capturés aux ennemis des dieux et des rois. La chasse pratiquée par les pharaons et les nobles était d’abord un sport ; elle permettait aussi de lutter contre les lions et les hippopotames qui terrorisaient les habitants de la vallée du Nil et ceux des oasis. Un autre sport consistait à attraper les gazelles et les oryx au lasso et les oiseaux au boomerang.

 

          

     Chapelle funéraire de Nakht, scribe et astronome (prêtre horaire) d'Amon sous la XVIII éme dynastie. Scènes de chasse.

 

CHAT : vraisemblablement introduit en Gaule au temps des premiers Ptolémées (Égyptiens) vers le IIIe siècle av. J.-C., le chat annonçait malheur ou bonheur selon qu’il était noir ou blanc. La légende nous dit que Cuchulain résista toute une nuit aux trois chats druidiques qui l’attaquaient. Le chat Perlue fut l’un des trois fléaux de l’île de Man.

 

CHAT, CHATTE : animal sacré de la déesse Bastis ou Bastet. Le chat héliopolitain représenté dans les temples était vraisemblablement le chat sauvage du désert dont l’origine remonte à la préhistoire. Il avait pour tâche de détruire le serpent du Mal au pied de l’arbre sacré. Vers 2000 avant notre ère, le chat domestique dénommé « myéou » apparut et devint rapidement sacré, protecteur du foyer et bienfaiteur. De nombreux chats de bronze, la plupart figurant Bastet, sont parvenus jusqu’à nous car les Égyptiens les déposaient par milliers dans les temples et les tombes.

 

                                               

 

                                                

                                                                                   Momie de chat

 

 

CHÂTEAU DES MERVEILLES : ce château placé au centre du monde abritait le Roi-Pêcheur.

 

CHÂTILLON-SUR-GLANE : forteresse celte du plateau suisse située sur un éperon rocheux au confluent des rivières Sarine et Blâne. Elle assurait la protection d’une importante voie commerciale de l’étain qui reliait l’Armorique à la Grèce. Elle a été occupée de 550 à 480 av. J.-C. Tout autour de cette forteresse ont été découvertes de nombreuses tombes princières à tumuli, dont la plus grande mesurait 85 mètres de diamètre et 10 mètres de hauteur.

Extrait du dictionnaire historique de la Suisse: Des fouilles minutieuses entreprises dès 1974 ont révélé des substructures d'habitations rectangulaires en bois (trous de poteau avec pierres de calage, empreintes de poutres et de planches), des fosses-dépotoirs contenant une abondante faune domestique, des fours de terre pour la cuisson alimentaire. Parmi le mobilier de production indigène, on mentionnera une céramique particulièrement fine, portant souvent un décor cannelé et faite au tour rapide, des petits objets en bronze (fibules, bracelets filiformes, épingles, aiguilles à coudre, boutons, etc.) ou en fer, des bracelets en lignite et en verre, ainsi que des fusaïoles en terre cuite. La courte occupation hallstattienne du site se situe entre deux événements historiques bien documentés, les batailles d'Alalia (535 av. J.-C.) et d'Himère (480 av. J.-C.). Selon notre hypothèse, c'est entre ces deux dates qu'une voie de transit particulièrement active devait passer par C., la voie maritime par Messine, permettant d'accéder à la Méditerranée occidentale, étant coupée. L'une des raisons de la richesse du site pourrait s'expliquer par la course aux armements de la Grèce et la nécessité de se procurer l'étain indispensable à la fabrication des armes en bronze. Si c'est bien le cas, C. se trouvait sur l'une des voies de passage des convois grecs qui acheminaient l'étain de Bretagne et de Cornouaille et se livraient à cette occasion au troc de nombreuses marchandises, laissant aux Celtes des produits de luxe et de prestige en échange de services. Les tumulus du Bois de la Glâne, situés à quelques pas du promontoire, sont liés à l'habitat. La carte de répartition des tombes attribuées au premier âge du Fer montre, dans un rayon de 2,5 km, une formation en couronne autour du site de C. Par leurs dimensions, certaines de ces tombes peuvent être qualifiées de princières et pourraient receler des richesses peu communes. Le promontoire a dû être occupé de manière discrète à la fin de La Tène (IIe-Ier s. av. J.-C), si l'on en juge par les quelques tessons de céramique et les monnaies en argent (quinaires) et en bronze (potins) retrouvés. Toutefois, malgré la présence de quelques rares objets isolés des périodes laténienne et romaine, on ne peut parler ni d'oppidum celtique, ni de vicus gallo-romain.

 

CHAUDRON : qu’il soit Gardall (vase sacré) des Égyptiens, vase rituel en Chine, récipient du destin chez les Mycéniens, le chaudron avait pour fonction de donner l’abondance, la vie éternelle ou la connaissance. Le chaudron des Celtes donna naissance au mythe du Graal des chrétiens. Ustensile de la vie quotidienne des Gaulois dans lequel on faisait bouillir presque essentiellement de la viande de porc et des légumes, le chaudron était aussi utilisé par les druides pour la préparation de toutes sortes de mixtures médicinales et de drogues, dont l’étrange boisson noire qui rendait les guerrier invincibles.

 

                                            

                                                                           Chaudron de Gundestrup

 

 

CHED : enfant-dieu guérisseur, Ched apparut sous le Nouvel Empire vers 1500 av. J.-C. On lui rendait un culte pour se protéger des morsures venimeuses.

 

CHÉLÉ : pied fourchu. Ce mot désignait certains instruments tels que les pinces, les tenailles.

 

CHÉLONÉ : tortue. Hermès ayant invité tous les dieux, les hommes et les animaux aux noces de Zeus et d’Héra, la jeune Chéloné fut la seule qui ne se rendit pas à cette invitation. Elle osa même se moquer de cette union. Alors Hermès descendit du ciel, renversa sa maison et transforma Chéloné en tortue.

 

                                                                

                                                                          Hermès change Chéloné en tortue

 

 

CHEMMIS : nom du marais dans lequel Isis mit au monde l’enfant Horus.

 

CHÉMOU : troisième saison de l’année. Saison des récoltes, elle durait quatre mois.

 

CHEMSOU : serviteur chargé d’accompagner le maître dans ses déplacements et d’entretenir la maison.

 

CHÊNE : roi des arbres et arbre des rois, le chêne correspondait à la lettre D (duir) et au septième mois de l’année. Les druides y cueillaient le gui sacré et sacrifiaient sous ses feuillages les taureaux blancs. La légende celte nous raconte que Llew Llaw Gyffes, le fils de la déesse Arianrod, trouva refuge sur un chêne sous la forme d’un aigle avant que le magicien Gwyddyon lui redonne son aspect humain.

 

                                                    

        

 

CHENICUS : figure de poupe qui avait la forme d’une tête d’oie.

 

CHÉNOBOSCION : enceinte dans laquelle on enfermait les oies. Située en dehors de la ferme, elle formait intérieurement une galerie sous laquelle étaient placés les poulaillers.

 

CHEPPE (CAMP DE LA) : important oppidum circulaire gaulois dans le département de la Marne.

 

CHÉRA : la veuve. Nom que Téménos, fils de Pélasgos, donna à Héra.

 

CHÉRÉMON : poète tragique d’Athènes. Il vécut au IVe siècle av. J.-C. Il surchargeait ses pièces de descriptions oiseuses.

 

CHÉRÉMON : littérateur alexandrin. Il fut l’un des précepteurs de Néron. Il écrivit sur les hiéroglyphes, sur les comètes et sur l’histoire d’Égypte dont il nous reste un fragment.

Extrait de l'histoire de la littérature grecque par Alexis Pierron(1875): Aristote cite comme un auteur digne d'être lu Chérémon, qui florissait au commencement du quatrième siècle, et qui avait innové à sa façon dans la poésie dramatique. Chérémon avait mêlé tous les mètres dans une de ses pièces, intitulée le Centaure ; étrange amalgame, et qu'il n'a pu se faire pardonner qu'à force de talent. Au reste, Chérémon était à peine un poète dramatique. L'action de ses tragédies était nulle ; les personnages n'y paraissaient que pour fournir à Chérémon l'occasion de parler lui-même sous leur masque. Ce n'était pas comme dans Eschyle, où les récits et les descriptions appartiennent réellement aux personnages, et suppléent à ce qui manque à l'action. Chérémon aimait surtout à peindre des objets capables de faire une agréable impression sur les sens. Il excellait dans les portraits de la beauté féminine ; et ce thème inépuisable, il y puisait sans cesse et sans fin, à la grande satisfaction de ses auditeurs.On peut bien dire qu'à partir de ce temps il n'y a plus de tragédie. Les concours subsistent encore, et chaque année on couronne plusieurs fois des auteurs tragiques, ou prétendus tels, au théâtre de Bacchus ; mais les œuvres de ces poètes n'ont plus rien de commun avec l'art d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide. Chérémon avait remplacé le dialogue et l'intérêt dramatique par des récitations de tirades : en voici un, bientôt après, qui supprime, dans la tragédie, et les caractères, et les sentiments, et la poésie même, et qui transforme la tragédie en un plaidoyer. Ses personnages sont des avocats qui soutiennent des thèses les uns contre les autres, et avec toute la science, avec toutes les subtilités des plus consommés sophistes ; et ce poète remporte le prix au théâtre ! Il se nommait Théodecte ; il était né à Phasélis, et il florissait vers le milieu du quatrième siècle. La scène d'une de ces pièces, intitulée Lyncée, était au tribunal d'Argos. Danaüs et Égyptus étaient les deux parties adverses ; et le premier finissait par être condamné à mort, grâce au talent déployé par Lyncée dans la défense de son père.La tragédie était donc morte, et elle ne devait pas revivre. Les pastiches tragiques des lettrés alexandrins ou des écrivains des bas siècles n'étaient pas faits pour en ressusciter même l'ombre. Mais le génie dramatique ne s'était pas éteint avec elle : il s'appliquait à d'autres sujets, et il créait la grande comédie.

Les Bacchantes par Chérémon:

De la tunique ouverte, à la clarté lunaire

Un sein blanc jaillissait, et c’était la première.

La seconde en dansant dégrafait sur sa hanche

Sa robe ouverte à gauche, et révélait aux vents

Sa belle nudité comme un dessin vivant.

Et sur le noir de l’ombre allumait sa chair blanche.

Ses bras harmonieux une autre laissait voir,

Noués au tendre col féminin d’une amie.

Un manteau déchiré sous la laine et ses plis

Découvrait une jambe, où l’amour sans espoir

Brillait comme un sourire en une chair fleurie.

Elles dormaient ainsi sous les feuilles des aulnes,

Froissant l’aile assombrie des fleurs de violettes,

Et le safran d’où coule alors une ombre jaune,

Et jusqu’à son manteau sa couleur se reflète.

Pendant que la rosée gonfle la marjolaine

Et qu’aux molles prairies elle dresse sa tête.

 

CHÉRÉSILÉE : fils d’Iasios. Père de Pœmandre.

 

CHÉRONÉE : appelé d’abord ARNÉ, aujourd’hui Kaprena. Ville ancienne de Boétie, près du Céphise, patrie de Plutarque. Victoire des Thébains sur les Athéniens en 447 av. J.-C., de Philippe sur les Athéniens et les Thébain en 338, de Sylla sur Archélaüs, général de Miithridate en 86.

 

CHERSIDAMAS : fils de Priam. Ulysse le tua.

 

CHERSIDAMAS : fils de Ptérélaüs. Avec ses frères, il attaqua le roi de Mycènes Électryon.

 

CHERSIS : fille de Phorcys et de Céto.

 

CHÉRUSQUES : peuple de l’ancienne Germanie, entre le Wescr et l’Elbe, dans les forêts du Harz actuel. Soumis par Drusus, ils se soulevèrent à la voix d’Arminius, égorgèrent les légions de Varus en 9 av. J.-C., mais furent vaincus par Germanicus à Idistavisus. Ils firent partie de la confédération des Francs.

 

                

 

 

CHÉSIAS : du cap Chésion. Surnom d’Artémis dans l’île de Samos.

 

CHÉSIAS : nymphe de Samos qui donna pour fille Ocyroé au dieu-fleuve Imbrasos. Fuyant les poursuites d’Apollon, elle vint à Milet, où se célébraient les fêtes d’Artémis. Sur le point d’être enlevée par le dieu, elle demanda au nocher Pompilos de la ramener dans son pays. Lorsqu’elle débarqua sur la côte, Apollon apparut, l’enleva et transforma le vaisseau en rocher et Pompilos en poisson.

 

CHEVAL chez les Celtes : dès l’origine, les Celtes furent des cavaliers émérites et firent du cheval leur compagnon favori. À la fin du IIe siècle av. J.-C., les cavaleries gauloises mercenaires renforcèrent les rangs de l’armée romaine avant d’être remplacées par les hordes germaines. Personnification de la déesse gauloise Épona ou de Macha la Celte irlandaise, le cheval était associé à la course du soleil ou à la lune protectrice.

 

CHEVAL chez les Egyptiens : introduit par les Hyksôs vers 1700 avant notre ère, le cheval fut essentiellement employé par l’attelage des chars de combat. Les Égyptiens l’appelaient « le beau » et l’adorèrent conjointement à la déesse cananéenne Astarté. Les chevaux étaient élevés dans le delta. Les plus renommés étaient ceux des troupeaux de Pithôm. Ils dépendaient des scribes des écuries, titre envié sous le Nouvel Empire. À Napata, les pharaons leur érigèrent les tombeaux.

 

CHEVALIER : membre d’un corps formé par Romulus. Il était composé de 300 membres choisis parmi les familles patriciennes. Ce nombre augmenta au fil du temps. On distinguait un chevalier à l’anneau d’or qu’il portait au doigt.

 

CHEVALIER : ce terme désigna un homme noble monté à cheval vers la fin de la période gauloise. Généralement, le guerrier possesseur d’un cheval avait droit de vote lors de l’élection annuelle du vergobret (chef de clan). La légende tardive d’Arthur inspirée de la tradition celtique explique que le roi était entouré de 401 chevaliers, 401 étant le nombre de révolutions lunaires nécessaires à l’accomplissement d’un cycle druidique, soit trente ans.

 

CHEVALIER NOIR : légendaire héros celte, le Chevalier Noir était le champion de la Dame de la Fontaine et le représentant du cycle lunaire, de la nuit et du déclin des jours au lendemain du solstice d’été.

 

CHEVEUX : les Celtes et les Gaulois portaient les cheveux longs en signe de virilité et de force. Les Gaulois se décoloraient les cheveux par de fréquents lavages à l’eau de soude ou à l’aide d’un savon fait de cendre de hêtre et de suif de chèvre. Ils les tordaient quelquefois en un volumineux chignon sur le haut du crâne. L’occupation romaine changea cette habitude et, dès le Ier siècle ap. J.-C., la plupart des hommes adoptèrent le port des cheveux courts.

 

                                                                    

 

 

CHEVREFEUILLE : pour les Celtes des régions septentrionales et de Bretagne, le chèvrefeuille était la marque d’une jeune fille chaste.

 

CHI : croisée des chemins, sur la route d’Alexandrie, où le vice-roi de Cyrène Magas fut vaincu par les Marmari des alliés de Ptolémée II Philadelphe en 274 av. J.-C.

 

CHIAS : une des sept filles d’Amphion qui donnèrent leur nom aux sept portes de Thèbes.

 

CHIEN : deux constellations boréales portent ce nom :

1)    le grand chien. La canicule ou chien d’Orion qui n’est autre que la chienne d’Érigone ou le chien du chasseur Orion.

2)    Le petit chien. Chien d’Hélène, qu’elle perdit en s’enfuyant avec Pâris.

 

CHIEN : associé à la lune, le chien était le messager de l’Au-Delà. Ki Du, le Chien Noir de Bretagne, accompagnait les morts pendant leur voyage. Dans le Monde Invisible, le roi Annwf possédait la meute des chiens gris.

 

CHIEN : les chiens errants à demi sauvages pullulaient dans l’ancienne Égypte. Contre eux, les fonctionnaires lançaient des chiens-loups domestiques. Parmi les chiens de compagnie, le lévrier appelé « tjésem » semble avoir été le plus répandu. Compagnons idéaux à la chasse ou à la guerre, de nombreux chiens furent embaumés pour honorer Anubis, le dieu à la tête de chacal.

 

                                        

                              Tombe de Kherouef,  18e dynastie et  tombe de Pabasa  26e dynastie. Nécropole de l'Assassif.

 

CHIFFRES ORDINAUX : on a pu reconstituer les chiffres ordinaux gaulois à partir des comptes des potiers de la Gaufresenque (Millau) : cintuxos (premier), alos (econd, tritos (troisième, pétuar (quatrième), pimpétos (cinquième, svexos (sixième), sextométos (septième), oxtemétos (huitième), namétos (neuvième) et décamétos (dixième).

 

CHILIARQUE : commandant de mille hommes. Ce titre désignait surtout les officiers perses.

 

CHILON : l’un des sept sages. Éphore de Sparte en 556 av. J.-C., il mourut de joie quand son fils fut vainqueur aux jeux Olympiques.

 

CHIMÆREUS : fils de Prométhée et de Célæno, frère de Lycos. Leur tombeau se trouvait à Troie.

 

CHIMÈRE : animal fabuleux. Ce monstre élevé par Amisodaros, roi de Carie, ravageait le pays et dévorait les hommes. Il avait la tête d’un lion, le corps d’une chèvre et vomissait des torrents de feu. Bellérophon le tua en lui introduisant dans le gosier une javeline à tête de plomb. Le plomb fondit et lui brûla les entrailles.

 

          

 

 

CHIOMARA : reine des Gaulois Tolisboïens. Épouse du roi Ortiagon (IIe siècle av. J.-C.). Faite prisonnière par les Romains, elle avait été livrée à un centurion qui en fit sa maîtresse. Il consentit à la rendre contre une forte rançon. Le jour de l’échange, lorsque la rançon fut comptée, elle demanda à l’un des guerriers de tuer le centurion. Elle apporta la tête à son mari. Ortiagon lui dit alors que la fidélité était une belle chose. Elle lui répondit que rien n’était plus beau que d’appartenir à l’homme vivant qu’elle aimait.

 

CHION : philosophe grec d’Héraclée. Il vécut vers 350 av. J.-C. disciple de Platon, il mourut en voulant délivrer sa patrie des tyrans.

 

CHIONÉ : fille de Borée et d’Orithyie, sœur de Cléopâtre, de Zétès et de Calaïs. Elle eut de Poséidon un fils nommé Eumolpe qu’elle jeta dans la mer pour cacher sa faute.

 

CHIONÉ : fille de Nilos et de Callirrhoé. Hermès l’enleva sur ordre de Zeus en l’enveloppant d’un nuage.

 

CHIONÉ : fille de Dédalion. Sa grande beauté la fit aimer d’Apollon et d’hermès. Elle mit au monde deux fils jumeaux, de ces deux pères. Artémis la tua d’une flèche parce qu’elle l’avait calomniée. Son père se précipita de désespoir du haut du Parnasse, mais Apollon le métamorphosa en vautour.

 

                                        

                                                                                  Artémis tuant Chioné

 

 

CHIOS : fils de poséidon et d’une nymphe. Il reçut ce nom parce qu’à sa naissance il tombait de la neige. Il donna son nom à l’île de Chios.

 

CHIOS : fille d’Océan.

 

CHIRAMAXIUM : fauteuil à roues dont on se servait pour véhiculer les malades et les handicapés.

 

CHIRIDOTE : tunique à longues manches portée par les Celtes et certains peuples d’Asie. Les femmes grecques l’adoptèrent.

 

CHIRONOMIE : art de gesticuler ou de parler avec les mains.

 

CHIROMACHOS : fils d’Électryon et d’Anaxo.

 

CHIRON : centaure né des amours de Cronos métamorphosé en cheval et de Philyre. Artémis et Apollon lui enseignèrent la chasse, la médecine, la gymnastique et la divination. Il sauva son petit-fils Pélée des mains des autres centaures qui voulaient le tuer. Il permit à Pélée d’épouser la déesse Thétis. Et à leurs noces, il donna à son petit-fils une lance formidable taillée dans un orme et qui appartint plus tard à Achille. Héraclès, son ami, le tua par accident d’une flèche trempée dans le sang de l’Hydre de Lerne, poison contre lequel tous les remèdes étaient impuissants ; en mourant, il légua son immortalité à Prométhée. Chiron avait pour épouse la nymphe Chariclo avec qui il eut Carystos, Ocyroé, Mélanippe, Évippé, Endéis et Thétis.

 

                                                                    

 

 

 

CHIRURGIEN (CHIRURGUS) : sous la République, le médecin romain exerçait aussi les fonctions de chirurgien. Sous le règne de l’empereur Tibère, les fonctions furent séparées.

 

CHITON :vêtement long qui habillait le dieu Sarapis au temps des Ptolémées.

 

                                                   

 

 

CHITONÉ : celle qui est vêtue du chiton (tunique courte). Surnom d’Artémis représentée en chasseresse ou parce que les langes des enfants lui étaient consacrés.

 

CHITONIES : fête consacrée à Artémis par les Syracusains.

 

CHLAMYDE : manteau grec fait d’une large pièce d’étoffe rectangulaire ou trapézoïdale qu’on maintenait autour du cou par une boucle, une agrafe ou une broche. On la portait rejetée derrière les épaules. Certains la portaient devant la poitrine, enveloppant complètement l’épaule gauche portée à l’origine par les habitants de Thessalie et de Macédoine, elle devint le vêtement des cavaliers et des éphèbes athéniens.

 

             

             Chlamyde (à gauche)                         Au centre(1), l'empereur Justinien porte la Chlamyde. Moisaïque de Ravenne.

 

 

CHLOÉ : verdure. Surnom sous lequel Déméter et Gaïa Courotrophos (la Terre nourricière) avaient un temple à Athènes.

 

CHLOÏES : fête athénienne, le 6 du mois de Thargélion. On y sacrifiait un bélier dans le temple de Déméter.

 

CHLOREUS : fameux devin et prêtre de Cybèle. Il suivit Énée en Italie et fut tué par Turnus.

 

CHLORIS : déesse des fleurs, femme de Zéphyre.

 

CHLORIS : une des fille de Piéros.

 

CHLORIS : femme d’Ampycos. Mère de Mopsos.

 

CHLORIS : fille d’Amphion, roi d’Orchomène, et de Perséphone, fille de Minyas. Elle épousa Nélée et eut trois fils et une fille : Nestor, Chromios, Périclymène et Péro.

 

CHLORIS : fille du Thébain Amphion et de Niobé. Épargnée lors du massacre de ses frères et sœurs par Apollon et Artémis, elle était devenue si pâle de frayeur qu’elle porta à jamais le nom de Chloris (pâle). Elle fonda avec son frère rescapé, Amyclas, un temple en l’honneur de Léto à Argos.

 

                                                   

                                                 Flore (Chloris) et Zéphyr, par  William Bourguereau (1875)

 

 

CHLUM : tombe d’un prince celte du Ve siècle av. J.-C. située près de Rokycany en Slovaquie. Elle contenait une cruche, deux vases, deux coupes en bronze, des armes, une plaque de bronze recouverte d’argent, d’or, de perles de corail et d’ambre et une fibule.

 

CHMOUN : nom égyptien de la ville d’Hermopolis Magna, « la ville des huit dieux ».

 

CHOOPOTÈS : qui boit un conge (mesure de liquide équivalent à 3,25 l). Surnom de Dionysos.

 

CHORAGUS : responsable qui, dans un théâtre romain, fournissait le nécessaire pour monter une pièce. La plupart du temps, il achetait les accessoires et les décors avec l’argent des contributions directes que lui remettaient les édiles.

 

CHORIAS : Ménade qui commandait les Bacchantes lorsque Dionysos assiégea Argos. Tuée par Persée, elle fut honorée d’un monument encore visible du temps de Pausanias.

 

CHORICOS : roi d’Arcadie, père de Plexippe, d’Énatos et de Palæstra. Ses fils avaient inventé l’art de la lutte. Sa fille Palæstra confia le secret de cet art à son amant Hermès qui l’enseigna aux hommes en lui donnant le nom de palestre. Choricos envoya ses fils punir Hermès. Ils le trouvèrent endormi et lui coupèrent les mains. Zeus, pour venger Hermès, déchira Choricos et le changea en outre.

 

CHORION : nom des chants composés par Olympos en l’honneur de Cybèle.

 

CHORAULE : musicien qui jouait de la double flûte et accompagnait le chœur au théâtre.

 

CHORÉE : danse de chœur qu’on exécutait en se tenant la main pour former un cercle.

 

CHOSROÈS Ier dit LE GRAND ou KHOSROU : roi de Perse, successeur de Cabadès, son père, en 531. Il soutint deux guerres longues et difficiles contre l’empereur Justinien, dévasta la Mésopotamie, la Syrie, la Cappadoce, le força à payer un tribut de 30.000 pièces d’or, mais s’engagea à ne pas persécuter les chrétiens de ses États. Il combattit aussi les Tatars et s’étendit du côté de l’Inde, fit traduire en persan le livre de Kalilah et Dimnah, mérita les surnoms de Juste et Généreux (Nouschirvan), et termina un règne glorieux par de nouveaux succès sur les empereurs Justin II et Tibère. Il mourut en 579.

 

CHOSROÈS II : fils et successeur d’Hormisdas en 590, chassé du trône, fut rétablit par les secours de l’empereur Maurice. Sous prétexte de venger son bienfaiteur, renversé par Phocas, il ravagea l’empire romain, se rendit maître de la Syrie, de l’Asie Mineure, même de l’Égypte, menaça longtemps Constantinople, jusqu’au jour où Héraclius alla reporter la guerre dans ses États et le battit plusieurs fois, en 622. Il fut déposé par son fils, Siroès, et mourut de faim en 628.

 

                                                  

                                                                           Statue équestre du roi Chosroès II

 

   

CHOU ou SHOU : dieu de l’Air, il sépare le ciel de la terre, Geb de Nout. Chou signifie « vide ». Associé à Tphénis, l’élément humide, il était honoré à Léontopolis dans le delta. Symbole du souffle de vie et de la vie, il participait à l’ordre du monde.

 

                                                                   

 

 

CHOUETTE : animal de la connaissance, de la vigilance et de l’espérance dans le monde des ténèbres, la chouette représentait la lumière de la conscience druidique.

 

CHOURL ESKANDER : « Travail d’Alexandre ». Du nom d’Alexandre Barsanti qui mit au jour les fondations de la pyramide septentrionale de Zaouiyet el-Aryân au sud de Guizâh. Cette pyramide inachevée fut vraisemblablement l’œuvre des architectes du roi Néferkarâ vers 2750 av. J.-C.

Extrait d'un discours de Gaston Maspero concernant la "Grande excavation"en 1905: J'espère que les mieux informés parmi les touristes viendront admirer le monument : le plaisir qu'ils éprouveront pendant cette excursion vaut bien les deux ou trois heures qu'elle leur coûtera. L'immensité de l'œuvre entreprise par les Égyptiens ne se révèlera pas à eux tout d'abord ; c'est seulement au bas de l'escalier, lorsqu'ils poseront le pied sur le dallage de granit, qu'elle éclatera à leurs yeux. Non pas que chaque détail examiné en particulier offre rien de très remarquable et qui sorte de l'ordinaire, mais l'impression est de celles qu'on oublie jamais. La taille et la richesse des matériaux, la perfection des coupes et des joints, le fini incomparable de la cuve en granit, puis d'autre part la hardiesse des lignes et la hauteur des parois, tout se réunit pour composer un ensemble unique jusqu'à présent. C'est comme un choc que l'on ressent et nulle part la puissance des vieux architectes égyptiens ne révèle une force aussi soudaine. 

 

                                                    

 

 

CHRÉMATISTES : juges grecs dans l’Égypte des Ptolémées.

 

CHRETIENS (PERSÉCUTION DES) : depuis le supplice de saint Pierre et saint Paul à Rome, on compte dix persécutions générales qui commencèrent sous Néron en 64 et s’achevèrent sous Maximius en 313.

 

                                                                

                                        La crucifiction de St Pierre (Eglise Ste Marie du Peuple Rome) par Caravaggio .

 

 

CHROMIA : fille d’Itonos, femme d’Endymion.

 

CHROMIOS : fils de Ptérélaüs.

 

CHROMIOS : fils de Priam. Diomède le tua.

 

CHROMIS : partisan de Phinée. Il tua Émathion aux noces de Persée.

 

CHROMIS : nom d’un centaure que Pirithoüs tua à ses noces.

 

CHROMIS : fils de Midon. Lui et Ennomos conduisirent à la guerre de Troie les Mysiens contre les Grecs.

 

CHRONOPHYLÉ : nom d’une nymphe que Dionysos rendit mère de Phlias.

 

CHRYSANTHIS : nom d’une Argienne qui relata à Déméter l’enlèvement de Perséphone.

 

CHRYSAOR : fils de Poséidon et de Méduse. Frère de Pégase. Selon d’autres sources, Chrysaor et Pégase naquirent du sang de la tête de Méduse tranchée par Persée. Il épousa Callirrhoé dont il eut Géryon, monstre à trois bustes, et Échidna.

 

CHRYSÉ : fille d’Halmos, sœur de Chrysogénie. Arès lui fit un fils nommé Phlégyas.

 

CHRYSÉIS : une des cinquante filles de Thespios. Elle eut d’héraclès un fils nommé Onésippos.

 

CHRYSÉIS : fille de Chrysès, prêtre d’Apollon.(voir Chryzès)

 

                                                             

                                                        Chrysès offrant à Agamemnon une rançon pour Chryséis

 

 

 CHRYSÉLAKATOS : au fuseau ou à la flèche d’or. Épithète commune à Artémis, Léto, Amphitrite, Mélie et aux Néréides.

 

CHRYSENDETA : vaisselle romaine de prestige. Elle était en or ou en argent.

 

CHRYSÈS : fils de Poséidon et de Chrysogénie, père du riche Minyas. Successeur de Phlégyas à Orchomène.

 

CHRYSÈS : fils de Minos II et de la nymphe Paréia. Il habitait l’île de Paros avec ses frères Eurymédon, Néphalion et Philolaüs ; Héraclès les tua tous parce qu’ils avaient égorgé deux de ses compagnons.

 

CHRYSÈS : prêtre d’Apollon à Chrysé. Fils d’Ardys. Frère de Brisès. Sa fille Chryséis, ou  Astynomé avait été prise par les Grecs. Il tenta de la racheter, mais Agamemnon le renvoya. Chrysès invoqua Apollon qui frappa les Grecs de la peste. Le devin Calchas conseilla alors de rendre Chryséis. Ulysse s’en chargea.

 

CHRYSÈS : fils de Chryséis et d’Apollon ou d’Agamemnon. Oreste et Iphigénie, fuyant la Tauride, se réfugièrent chez lui avec l’image d’Artémis. Il les aida à tuer Thoas.

 

CHRYSIPPÉ : danaïde. Femme de Chrysippe qu’elle tua la nuit de ses noces.

 

CHRYSIPPE : fils d’Ægyptos. Époux de la danaïde Chrysippé.

 

CHRYSIPPE : fils de Pélops et de la nymphe Axioché ou Danaïs. Laïos, chassé de Thèbes, lui enseigna l’art de conduire un char. Thésée l’enleva pour sa beauté. Pélops le délivra. Sa belle-mère Hippodamie le haïssait et le fit tuer par ses fils Atrée et Thyeste.

 

CHRYIPPE de TARSE ou de SOLI: philosophe stoïcien né en 280 à Soli, en Cilicie et mort en 206. Il fut le deuxième scolarque du Portique, après Cléanthe, de 232 à 206. Il est le "second fondateur du stoïcisme", aprèsZénon de Citium en 301 av. J.-C.

Extrait des écrits de Diogène Laerce: Quelques-uns disent qu’il mourut pour avoir éclaté de rire en regardant un âne manger des figues. Il dit en effet à la vieille à qui l’âne appartenait : « Donne donc aussi un peu de vin à ton âne. » Et il s’en amusa tant qu’il en mourut. Il semble avoir été très méprisant, car ayant écrit tant de livres, il n’en dédia pas un seul au roi. Il se contentait de la compagnie d’une vieille femme  Ptolémée envoya une lettre à Cléanthe, l’invitant à venir le voir ou à lui envoyer quelqu’un. Sphéros accepta l’invitation, Chrysippe refusa. Il fit venir auprès de lui les fils de sa soeur, Aristocréon et Philocrate, et les éleva. Il fut le premier qui eut l’audace de tenir école en plein air au Lycée . Il y eut un autre Chrysippe, un médecin de Cnide dont Érasistrate dit qu’il lui apprit beaucoup de choses, et un autre, fils du premier, médecin de Ptolémée, qui, sur une fausse accusation, fut battu de verges et supplicié. Un autre fut disciple d’Érasistrate, un autre écrivit des Géorgiques.Pour en revenir au philosophe, il usait de raisonnements de ce genre : « Celui qui dévoile les mystères à un non-initié est impie, or l’hiérophante les découvre aux non-initiés, donc l’hiérophante est impie. » Et encore : « Ce qui n’est pas dans la ville n’est pas dans la maison, or il n’y a pas de puits dans la ville, donc il n’y en a pas dans la maison. » Et encore : « Il y a une tête, et cette tête vous ne l’avez point, il y a donc une tête que vous n’avez point, donc vous n’avez point de tête. » Et encore : « S’il y a quelqu’un à Mégare, ce quelqu’un n’est pas à Athènes, or il y a un homme à Mégare, donc il n’y a pas d’homme à Athènes. » Et encore : « Si tu dis quelque chose, cela passe par ta bouche, or tu dis « un chariot », donc un chariot passe par ta bouche. » Et encore : « Si vous n’avez pas perdu une chose, vous l’avez, or vous n’avez pas perdu des cornes, donc vous avez des cornes. » Ce raisonnement est parfois attribué à Eubulide.

 

                                              

 

 

CHRYSIPPE : médecin rhodien de la reine Arsinoé Ire. Il fut dénoncé comme conspirateur par la seconde femme de Ptolémée II Philadelphe, Arsinoé II, et condamné à mort en 274 av. J.-C.

 

CHRYSOLAOS : fils de Priam.

 

CHRYSOMALLOS : qui porte une toison d’or. Surnom du bélier qui porta Phrixus en Colchide.

 

CHRYSOPÉLÉE : Hamadryade. Un jour, chassant dans une forêt, Arcas vit les racines du chêne auquel la vie de Chrysopélée était attachée. Elles étaient mises à nu par les eaux d’un torrent. Il détourna le torrent et recouvrit les racines de terre. Sauvée, Chrysopélée l’aima et lui donna deux enfants : Élatos et Aphidas.

 

CHRYSOPLOCAMOS : aux cheveux d’or. Surnom de Léto.

 

CHRYSOPTÉROS : aux ailes d’or. Surnom d’Iris.

 

CHRYSORRHAPIS : à la verge d’or. Surnom d’Hermès.

 

CHRYSORTHÉ : fille d’Orthopolis. Amante d’Apollon et mère de Coronos.

 

CHRYSOSTÉPHANOS : à la couronne ou à la guirlande d’or. Surnom d’Aphrodite.

 

CHRYSOTHÉMIS : danaïde. Femme d’Astéridès.

 

CHRYSOTHÉMIS : nymphe qui eut une fille avec Apollon, Parthénos.

 

CHRYSOTHÉMIS : fille de Clytemnestre et d’Agamemnon.

 

CHRYSOTHÉMIS : fils du prêtre d’Apollon Carmanor. Il naquit en Crète et obtint le premier prix aux jeux Pythique en chantant un hymne en l’honneur d’Apollon. Il parvint à réconcilier les dieux avec Apollon qui avait commis un meurtre.

 

CHRYSOTHRONOS : qui est assise sur un trône d’or. Surnom d’Artémis, d’Héra et de l’Aurore.

 

CHTHONIA : qui règne sous la terre. Surnom de plusieurs déesses : Hécate, la Nuit, Mélinoé et Déméter. D’après une tradition argienne, Déméter, errant sur la terre, vint en argolide où elle fut reçue et révérée par Colontas. Chthonia, mécontente des honneurs que son père rendait à la déesse, fut transportée à Hermione où, pour expier sa faute, elle dut ériger un temple et consacrer des jeux en l’honneur de Déméter.

 

                                  

                                                                                                                           Déméter 

 

                                                            

                                                                                            Déméter

 

CHTHONIA : fille d’Érechthée et de Praxithée. Femme de Boutès.

 

CHTHONIES : nom d’une fête célébrée annuellement à Hermione (Péloponnèse) en l’honneur de Déméter. Une procession dans laquelle apparaissaient des jeunes garçons habillés de blanc et portant des couronnes tressées avec des jacinthes, symbole de la mort, précédaient quatre vaches liées ensemble. Quatre vieilles femmes armées de faux abattaient ces bêtes dans le temple.

 

CHTHONIOS : qui règne ou habite sous la terre. Épithète commune aux ombres et aux dieux des enfers.

 

                                                                

                                                                                            Hadès

 

CHTHONIOS : qui vient de la terre. Épithète du dragon Ladon, qui surveillait les pommes d’or des Hespérides, et des guerriers qui surgirent de la terre lorsque Cadmos y eut semé les dents du dragon qu’il venait de tuer.

 

                                     

                                                                          Ladon, le dragon à cent têtes.

 

CHTHONIOS : centaure tué par Nestor aux noces de Pirithoüs.

 

CHTHONIOS : fils d’Ægyptos. Époux de la danaïde Brycé.

 

CHTHONIOS : fils de Poséidon et de symé.

 

CHYPRE : colonisée par les Cariens vers l’an 3000 avant notre ère, elle assura sa richesse par l’exploitation des mines de cuivre de Troodos. Les Égyptiens commercèrent avec les Chypriotes par l’intermédiaire des Phéniciens. Ils appelaient Chypre « l’île Alasia ».

 

                                                                

 

 

CHYTRES (fête des) : fête athénienne, célébrée le 13 du mois d’Anthestérion. Ce jour-là, on faisait cuire des légumes de toutes sortes dans des marmites. Ces mets étaient offerts à Dionysos et à Hermès au nom des morts.

 

CHYTRE : récipient d’argile rouge pour la cuisson des aliments. De forme circulaire, avec une base étroite, flanqué de deux petites anses, il était muni d’un couvercle.

 

CHYTROPE : chytre à quatre pieds. On pouvait directement le placer sur le feu sans trépied.

 

CIAN : dieu assassiné à coups de pierres par les fils de Tuirenn alors qu’il avait pris la forme d’un sanglier. Tuirenn se vit refuser six fois son cadavre par la déesse Terre avant l’arrivée de son fils Lug. Pour réparer le crime commis sur son père, Lug exigea que les meurtriers rapportent trois pommes, une peau de porc, deux chevaux, un cochon, un jeune chien, un char, une broche à rôtir et trois cris lancés sur une montagne. Ces treize gages ramenèrent la lumière et la paix sur terre.

 

CIBÔTOS : littéralement « la boîte ». Ce bassin artificiel jouxtait le port de l’Eunostos à Alexandrie. Flanqué d’un arsenal, il recevait les navires de guerre.

Extrait du livre XVII geographica par Strabon: Le port de l'Eunoste fait suite immédiatement à l'Heptastade ; puis, au-dessus de l'Eunoste, se présente un bassin creusé de main d'homme, dit le Cibôtos, et qui a aussi ses chantiers et son arsenal. Un canal navigable débouche à l'intérieur de ce bassin et le met en communication directe avec le Maréotis. La ville s'étend un peu au delà de ce canal, puis commence la Nécropole, faubourg rempli de jardins, de tombeaux et d'établissements pour l'embaumement des morts. En deçà du canal, maintenant, il y a le Sarapéum et plusieurs autres enclos sacrés, d'origine fort ancienne, mais à peu près abandonnés aujourd'hui par suite des nouvelles constructions faites à Nicopolis. Nicopolis a, en effet, maintenant son amphithéâtre et son stade, c'est à Nicopolis que se célèbrent les jeux quinquennaux, et, comme toujours, les choses nouvelles ont fait négliger les anciennes. La ville d'Alexandrie peut être dépeinte d'un mot : «une agglomération de monuments et de temples». Le plus beau des monuments est le Gymnase avec ses portiques longs de plus d'un stade. Le tribunal et ses jardins occupent juste le centre de la ville. Là aussi s'élève, comme un rocher escarpé au milieu des flots, le Panéum, monticule factice, en forme de toupie ou de pomme de pin, au haut duquel on monte par un escalier en limaçon pour découvrir de là au-dessous de soi le panorama de la ville. La grande rue qui traverse Alexandrie dans le sens de sa longueur va de la Nécropole à la porte Canobique en passant près du Gymnase. Au delà de cette porte est l'Hippodrome qui donne son nom à tout un faubourg s'étendant en rues parallèles jusqu'au canal dit de Canope. Puis on traverse l'Hippodrome et l'on arrive à Nicopolis, nouveau centre de population qui s'est formé sur le bord même de la mer et qui est devenu déjà presque aussi important qu'une ville. La distance d'Alexandrie à Nicopolis est de 30 stades.

 

CICERON (MARCUS TULLIUS CICERO) : 107-43 av. J.-C. Né près d’Arpinum, il fit ses études oratoires auprès des Grecs Molon de Rhodes, Philon et l’orateur Crassus. Il débuta sa carrière par un courageux plaidoyer pour Roscius d’Amène et le sauva de la cupidité de Chrysogonus, affranchi de Sylla en 80. En 75, il devint questeur en Sicile et découvrit le tombeau d’Archimède. En 71, les Siciliens lui demandèrent de les représenter contre le cruel préteur Verrès. Cicéron parvint à rassembler les témoignages qui accablèrent Verrès, qui s’exila. Cicéron devint édile en 69 et préteur en 66. Prenant le parti de Pompée, Cicéron fut nommé consul en 63. Il fit rejeter la loi agraire proposée par le tribun Rullus, ami de César. Ensuite, il entra en lutte contre Catilina en prononçant sa première Catilinaire. Dans sa volonté d’anéantir les conjurés associés au projet de soulèvement ourdi par Catilina, il les fit arrêter et exécuter. Voulant sauver la République, il s’opposa au triumvirat et se retira à Thessalonique chez son ami Plancus en 58. Après son départ, le tribun Clodius fit raser ses maisons de campagne et confisquer ses biens. L’année 57 vit son retour triomphal à Rome. En 53, il entra dans le collège des Augures. L’année suivante, à la mort de Clodius, tué par Milon, on le nomma proconsul de Cilicie d’où il rétablit Ariobarzane III de Capadoce sur son trône. Il vainquit ensuite les brigands du mont Aruanus et obtint de ses soldats le titre d’Imperator. Il refusa de rassembler les débris de l’armée pompéienne après la défaite de Pharsale (48) et rentra en Italie. Sous la dictature de César, il reprit ses études littéraires et épousa une jeune et riche héritière dont il était le tuteur. Le meurtre de César en 44 lui fit croire au renouveau de la République et il écrivit contre Antoine quatorze pamphlets qu’il appela Philippiques. Il favorisa Octave, mais, lors du second triumvirat, les maîtres de Rome prononcèrent son arrêt de mort. Ce fut dans sa maison de Formies qu’il tendit lui-même sa tête à son meurtrier, Papilius, qu’il avait autrefois sauvé d’une accusation de parricide. Sa tête et ses mains furent portées à Antoine qui les fit attacher à la tribune aux harangues. Cicéron nous a laissé une quantité de dialogues, de discours, d’ouvrages philosophiques et de lettres.

Fragmentdu discours in toga candida de Cicéron: Oui, Pères Conscrits, j'affirme qu'Antoine et Catilina, escortés de leurs dépositaires, se sont réunis la nuit dans la maison d'un noble déjà connu , et célèbre même par le gain qu'il fait, en favorisant de semblables largesses . Eh ! qui peut être l'ami de celui qui a égorgé tant de citoyens, ou le client d'un homme qui, dans sa propre cité, a déclaré ne pouvoir plaider à crédit égal contre un étranger ?

2. Il n'est pas encore rentré en lui-même .  lorsque vous l'avez flétri, absent, par les plus sévères décrets. Il a connu, depuis son absolution, quelle est la puissance d'un jugement ,  si toutefois il y eût alors quelque chose qu'on pût appeler jugement et absolution. Et lorsqu'aux yeux du peuple, Catilina trancha la tête  de l'homme le plus populaire, il a bien montré quel cas il faisait du peuple.

3. Je ne puis m'expliquer quelle démence le porte à me mépriser. Croit-il que je le souffre patiemment ? L'exemple d'un de ses amis les plus intimes ne lui a-t-il pas appris que les injustices, même faites à d'autres, trouvent en moi un vengeur ?

4. L'un, dont tous les troupeaux sont vendus et les domaines près d'être adjugés judiciairement, retient une troupe nombreuse de pâtres, avec lesquels il pourra, dit-il, dès qu'il le voudra, renouveler la guerre des esclaves.

5. L'autre, abusant de son pouvoir sur un homme faible, obtient tout à coup de lui la promesse d'un spectacle de gladiateurs que rien ne l'obligeait à donner : candidat consulaire, il examine lui-même, choisit et achète les gladiateurs ; et cela, à la face du peuple Romain.

6. Si donc vous ne voulez, consuls, augmenter encore le prix d'achat des suffrages, réprimez, comme le sénat a commencé de le faire, l'opposition de Q. Mucius à la loi . Quant à moi, je me contente de celle qui vient de faire condamner à la fois deux consuls désignés.

7. Toutefois, Mucius, je m'afflige de vous voir, vous qui niâtes hier que je fusse digne du consulat, penser si mal de la république. Quoi ! le peuple Romain sait-il moins bien que vous faire choix d'un défenseur ? Lorsque L. Calénus vous accusa de vol, vous me confiâtes, de préférence à tout autre, le soin de défendre vos intérêts : et celui dont vous avez sollicité les conseils dans une si honteuse conjoncture, le peuple Romain, selon vous, ne peut pas l'accepter pour défenseur de sa gloire, à moins que vous ne dépréciiez la valeur de mes services , dans cette accusation de vol que vous intenta Calénus.

8. Et pour ne rien dire de ce pillard de l'armée de Sylla, gladiateur à son entrée dans Rome, et cocher pour célébrer son triomphe ...

9. Mais toi, Catilina, que tu brigues le consulat, que tu oses y penser, n'est-ce pas un prodige monstrueux ? A qui le demandes-tu ? Aux principaux citoyens, qui, assemblés par le consul L. Volcatius, n'ont pas même voulu te permettre la candidature ? Aux sénateurs, dont un décret, après t'avoir dépouillé de tous tes honneurs, t'a, pour ainsi dire, livré captif aux députés de l'Afrique ? A l'ordre équestre, dont tu fus l'assassin  ? Au peuple, à qui ta cruauté a donné un spectacle que nul n'a pu voir sans désolation, ni se rappeler sans gémir ?

10. ... Cette tête, pleine encore de chaleur et de vie, il la porta dans ses propres mains à Sylla, depuis le Janicule jusqu'au temple d'Apollon.

11. Qu'allégueras-tu pour ta défense ? la même excuse que les autres ? Non, tu ne le peux faire.

12. Un peu plus bas. Enfin, ils ont pu nier, et ils ont nié : toi, tu n'as pas même laissé à ton impudence la ressource d'une dénégation. 0 combien on doit louer l'équité des juges qui condamnent Luscius  malgré ses dénégations, et absolvent Catilina malgré son aveu !

13. Il convient donc qu'il n'a pu être induit en erreur, et cela quand les autres sicaires allèguent que s'ils ont commis quelque meurtre, ils ont été trompés, et n'ont fait d'ailleurs qu'obéir à leur général, au dictateur ? Ils pouvaient même nier leurs crimes ; Catilina ne le peut pas.

14. Est-ce là l'illustration qui t'enhardit à me dédaigner, à me mépriser ? Est-ce la gloire dont tu couvres le reste de ta vie ? toi qui as toujours vécu de telle sorte qu'il n'est point de lien si sacré où ta présence ne motivât une accusation, même quand tu n'y commettais pas de crime ; toi qu'on a surpris en adultère , et qui cherchais aussi à y surprendre les autres ; toi qui, dans le fruit d'un adultère, as trouvé à la fois ta fille et ton épouse !

15. Il s'est déshonoré par toutes les infamies et tous les opprobres ; il a lavé ses mains dans le sang de ses concitoyens ; il a pillé les peuples alliés ; il a foulé aux pieds les lois, les tribunaux, les jugements.

16. Faut-il rappeler comment tu as envahi le gouvernement d'une province, malgré les cris et la résistance du peuple Romain ? Quant à la façon dont tu l'as administrée, je n'ose en parler, puisque tu as été absous. Non, je ne veux en croire ni les chevaliers romains, ni les registres de la plus honorable cité ; je donne un démenti à Q. Métellus, un démenti à l'Afrique entière ; je crois que tes juges ont eu je ne sais quelle raison pour te déclarer innocent. Malheureux ! qui ne vois pas que leur sentence ne t'a pas absous, mais qu'elle t'a réservé à un jugement plus sévère, à un plus terrible supplice.

                                        



 

CICÉRON (QUINTUS) : frère cadet du précédent. Lieutenant de César pendant la guerre des Gaules. Il fut assiégé dans son camp par les Éburons, les Atuatiques et les Nerviens. César le délivra en 54. Ayant pris le parti de Pompée, il fut proscrit et tué en 43.

Extrait de l'essai sur la candidature: Vous possédez sans doute tous les moyens de réussir que peuvent donner l'esprit, l'expérience et l'étude ; cependant notre amitié m'impose, je crois, le devoir de vous soumettre les idées que m'a inspirées une méditation assidue sur votre candidature. Je me propose, non de vous rien apprendre de nouveau, mais de vous présenter rassemblées sous un seul point de vue, et dans un ordre raisonné, des choses qui, dans la pratique, semblent sans liaison entre elles et multipliées à l'infini. Quelle est cette cité ? Que demandez-vous ? Qu'êtes-vous ? Chaque jour, en descendant au forum, méditez ces idées : Je suis un homme nouveau  ; je demande le consulat ; je suis dans Rome. L'éclat de votre éloquence doit surtout relever la nouveauté de votre nom. Le talent a toujours obtenu dans Rome une grande considération ; et l'homme jugé digne de défendre des accusés consulaires ne peut être jugé indigne du consulat. Puisque cette gloire est l'origine de votre élévation, et que vous êtes par elle tout ce que vous êtes, présentez-vous constamment préparé à parler aussi bien que si chaque occasion devait offrir l'épreuve décisive de votre mérite. Les ressources que vous vous êtes, je le sais, ménagées dans cet art, tenez-les toutes prêtes et assurées au besoin ; et rappelez-vous souvent ce qu'a écrit Démétrius des études de Démosthène et de ses exercices assidus. Faites paraître ensuite le nombre et la qualité de vos amis. Plus heureux qu'aucun homme nouveau, vous avez pour vous tous les publicains, l'ordre équestre presque entier, beaucoup de villes municipales, plusieurs corporations , tant de personnes de tous les ordres défendues par vous, une foule de jeunes gens que vous attache l'amour de l'éloquence, enfin des amis nombreux et assidus chaque jour près de vous ; votre soin doit être de conserver ces avantages, et, par les prières, par les recommandations, par tous les moyens possibles, de persuader à ceux qui veulent vous servir et à ceux qui le doivent, qu'ils ne trouveront aucune autre occasion, les uns de vous prouver leur reconnaissance, les autres d'acquérir des droits à la vôtre. Rien ne seconde plus efficacement un homme nouveau que l'assentiment des nobles , et surtout des consulaires. Il importe que les personnages au nombre et au rang desquels vous voulez parvenir, vous jugent digne de ce rang et de cette association. Il faut les solliciter vivement et les faire solliciter en votre faveur. Il faut leur persuader que, pour nos sentiments politiques, nous avons toujours été unis au parti des grands et très éloignés de celui du peuple ; que si jamais nous avons parlé dans le sens populaire, nous ne l'avons fait que pour nous concilier Pompée, afin qu'un homme d'un si grand crédit secondât le succès de notre candidature, ou du moins ne s'y opposât pas. Un suffrage ajoutera beaucoup à votre considération ; c'est celui des jeunes gens nobles : sachez vous les acquérir et conserver ceux qui déjà vous sont acquis. A ceux-ci, dont le nombre est considérable, faites connaître combien vous comptez sur leur appui ; et si vous amenez à désirer votre élévation ceux qui n'y sont point contraires, ils vous deviendront très utiles.

 

CICÉRON (MARCUS) : fils du grand orateur Cicéron, il entra à dix-sept ans dans l’armée de Pompée et commanda une aile de cavalerie à Pharsale. Il devint ensuite lieutenant de Brutus et se distingua à l’âge de vingt ans à la bataille de Philippes. Après la défaite, il se réfugia en Sicile auprès de Sextus Pompée, puis entrant en grâce sous le règne d’Auguste, il obtint le consulat en 31 av. J.-C., puis le gouvernement de l’Asie.

 

CICHYROS : fils d’un roi de Chaonie. Il tua sa maîtresse Panthippe qu’il avait prise pour une panthère. De désespoir, il se précipita du haut d’un rocher.

 

CICONIA : instrument agricole qui permettait de mesurer la largeur et la profondeur d’un sillon. Il avait la forme d’un T renversé.

 

CIDARIA : surnom de Déméter à Phénée. Ce nom est tiré de la danse cidaris. Le jour des mystères, une prêtresse fustigeait la statue de la déesse, en mémoire du mauvais accueil que lui avaient fait les Phénéates.

 

CILIBATUM : table de forme circulaire à trois pieds sur laquelle on déposait les boissons.

 

CILICIUM : étoffe grossière à poil de chèvre en usage dans la marine et l’armée de terre romaine.

 

CILIX : fils d’Agénor et de Téléphassa. Frère de Cadmos et de Phénix. Père de Thasos et de Thébé. Avec ses frères, il rechercha Europe et conquit la contrée de l’Asie Mineure à laquelle il donna le nom de Cilicie.

 

CILLA : fille de laomédon et de placie ou de Leucippé sœur de Priam. Ce dernier, pour obéir à un oracle, fit tuer Cilla avec son enfant, alors que la prédiction concernait Hécube et Pâris.

 

CILLÆOS : surnom d’Apollon adoré à Cilla.

 

CILLIBA : mot grec signifiant « tréteau ». Adopté par les Romains, il désigna la table carrée montée sur tréteaux pour le repas. Ces tables furent remplacées par des tables de forme circulaire.

 

CIMBAETH : le Voleur. Roi suprême des Celtes d’Irlande. Il partagea le pouvoir avec Aed Ruad et Dithorba, chacun régnant sept ans à tour de rôle.

 

CIMBRES : les Cimbres et les Teutons se déplacèrent en masse vers le sud de l’Europe en 119 av     . J.-C. après un effondrement géologique marin qui provoqua un gigantesque raz de marée sur les côtes du Jutland. Leur invasion fut stoppée en 101 par les Romains.

 

       

                       

 

CIME : montagne pyramidale sacrée qui domine la nécropole thébaine.

 

                                        

 

 

CINCINNATUS : se disait de celui qui portait les cheveux longs et bouclés.

 

CINCTICULUS : jupon court porté par les jeunes garçons.

 

CINCTORUM : ceinturon. On y accrochait l’épée. Il était généralement porté par les officiers supérieurs, les tribuns et les consuls.

 

CINCTUS GABINUS : façon particulière d’ajuster la toge en passant l’un des pans autour des reins.

 

CINERARIUM : niche ou cavité dans une tombe. On y plaçait les grandes urnes funéraires ou les sarcophages.

 

                                                     

 

 

CINERARIUS : esclave qui aidait l’ornatrix. Il était surtout utilisé pour faire chauffer les fers à friser.

 

CINGÉTORIX : beau-père du chef des Trévires, Indutiomare. Quand ce dernier se souleva contre Rome, il le remplaça en se soumettant à Jules César à qui il livra 200 otages.

 

CINGILLUM : vêtement léger porté par les femmes sous l’Empire. À manches courtes, il descendait un peu plus bas que les hanches.

 

CINGULUM : double ceinture de cuir sur laquelle le légionnaire romain accrochait son glaive.

Ceinture que les femmes portaient sous la poitrine.

 

                                                    

   

 

CINIFLO : esclave attaché au service des femmes dans une maison.

 

CINNA (LUCIUS CORNELIUS) : partisan de Marius, consul en 87 av. J.-C., il voulut remettre en vigueur la loi Sulpicia qui donnait aux nouveaux citoyens le droit d’entrer dans les anciennes tribus. Son action suscita une guerre civile à Rome. Le sénat le déchut et le chassa de la ville . Réunissant 30 légions, il se joignait à Marius qui venait de débarquer en Éturie. Ils furent rejoints par Sertorius et Carbo. Assiégeant Rome, ils forcèrent le sénat à capituler. Renommé consul, Cina prit part aux sanglantes proscriptions de Marius. Il reprit avec Carbo la guerre contre Sylla qui revenait d’Asie. Les soldats révoltés le tuèrent en 85 av. J.-C.

 

CINNA (CAIUS HELVIUS) : tribun du peuple, poète et ami de César. Après le meurtre du dictateur, le peuple le confondit avec un autre Cinna (Lucius Cornelius), l’un des assassins de César et le mit en pièces.

 

CINNA (CNEIUS CORNELIUS) : arrière-petit-fils de Pompée. Comblé de bienfaits par Auguste, il conspira contre lui. Auguste lui pardonna et le nomma consul en 8 ap. J.-C. Il est le héros de la tragédie de Corneille, Cinna.

 

CINQ : lié à l’activité des hommes, les cinq doigts de la main et les cinq sens, le chiffre cinq était à la base de l’organisation politique sociale et religieuse des nations celtes.

 

CINSIARIUM : atelier dans lequel étaient fabriquées les chaises à roues (cisium).

 

CINXIA : qui préside à la ceinture. Surnom sous lequel Junon était adorée à Rome, comme déesse du mariage.

 

CINYRAS : roi ou héros chypriote. Prêtre d’Aphrodite à Paphos. Fils d’Apollon, il eut pour mère Papho ou Smyrna. Abandonnant son pays natal, la Cilicie, il règna en Syrie, puis sur l’île de Chypre. On lui doit l’invention de la flûte, des tuiles, du marteau, des tenailles, du levier, de l’enclume. Sa richesse devint proverbiale. Époux de Métharmé, il eut deux fils et trois filles : Oxyporos, Adonis, Orsadicé, Laogore et Bræsia. Il fut frappé de démence après avoir été maudit par Agamemnon et défia Apollon qui le tua. Selon Eustathe, ses filles au nombre de cinquante, toutes d’une remarquable beauté, furent métamorphosées en alcyons.

 

                                         

   Lors de sa transformation en arbre. Myrrha, fille de Cyniras accouche d'Adonis par une fente de son écorce.

 

 

CIOS : fils d’Olympos. D’après Strabon, il était compagnon d’héraclès et fonda la ville de Cios à son retour de Colchide.

 

CIPPUS :

1.     Pilier rond qui marquait les limites d’une terre ou d’une frontière.

2.     Pilier qui marquait l’emplacement d’une tombe ou contenait les cendres du défunt.

3.     Pieu défensif qui lié à d’autres formait une palissade.

                    

                                  Cippus d'Horus                                                     Cippus de Probus en Tunisie

           

                                

                                                                     Cippus étrusque de Pérugia

 

CIRCÉ : magicienne célèbre par sa beauté. Fille d’hélios et de la nymphe Perséis, ou d’Æétès et d’Hécate, ou d’Hypérion et d’Europe. Elle vivait dans l’île d’Æa où elle s’était réfugiée après avoir empoisonné son mari, le roi des Sarmates. Dans son palais, tous les ustensiles étaient d’or, les tables d’argent et les tapis teints de pourpre. Des loups et des lions apprivoisés par des breuvages magiques en peuplaient les pièces. Ulysse, ayant abordé l’île, Circé changea tous ses compagnons en pourceaux. Ulysse échappa lui-même au sortilège en mangeant l’herbe moly qu’il avait reçue d’Hermès. Forçant Circé à rendre leur apparence humaine à ses compagnons, Ulysse vécut une passion avec la magicienne pendant un an. Ils eurent deux enfants : Agrios et Cassiphone. Tué accidentellement par son fils Télégone, Ulysse retrouva la vie grâce à la magie de Circé. Elle transforma Picos en pivert et Scylla en monstre marin. Elle périt de la main de Télémaque qui ne pouvait pas supporter son orgueil.

 

                 

      SPRANGER, Bartholomeus - Ulysse et Circé (1580)                                  Circé par Dossi Dosso (1520)

 

       

       Circé et ses amants changés en animauxpar Dossi Dosso en 1525                              Cratère montrant Ulysse attaquant Circé

 

CIRCINUS : compas d’architecte ou de maçon. Il était semblable à nos compas actuels et permettait de tracer des cercles dans la pierre.

 

CIRCITORES :

1.     Surveillants des aqueducs romains. Ils en régulaient le débit, les réparaient et signalaient les fraudeurs qui subtilisaient l’eau.

2.     Détachements de soldats qui effectuaient des rondes régulières.

 

CIRCONCISION : pratiquée dès la période thinite, on ignore sa signification. Elle était imposée à la puberté, mais la règle ne fut pas suivie à la lettre. Dès le Nouvel Empire, les enfants des rois n’étaient plus systématiquement circoncis.

 

                                                            

                                                                    Bas-relief illustrant le rituel de la circoncision.
                                                                    Tombeau d'Ankhmahor, Saqqarah (Égypte).

 

CIRCUITOR : garde champêtre affecté à une propriété.

 

CIRCULATOR : dresseur d’animaux ou jongleur qui se produisait sur les places publiques et circulait de ville en ville.

 

CIRCULUS :

1.     Gâteau en forme de cercle.

2.     Plat circulaire qui servait de support à d’autres plats.

3.     Bande circulaire sur laquelle étaient gravés les douze signes du zodiaque ou les régions du ciel.

 

CIRCUMCIDANEUS : vin de qualité inférieure obtenu par des pressions répétées du résidu des grappes .

 

CIRQUE (CIRCUS) : lieu dans lequel se déroulaient les courses de chars. Il était formé d’une piste sablonneuse, de l’oppidum comprenant les écuries (carceres), d’un mur bas partageant la piste (spina) flanquée de deux bornes monumentales (meta). La borne la plus proche de l’oppidum s’appelait la meta prima ; la plus éloignée meta secunda. Entre les deux bornes et face à la spina se trouvait la tribune de l’empereurn (pulvinar). À l’extrémité circulaire s’ouvrait la porte triomphale (porta triumphalis) par laquelle sortait le vainqueur, tandis que les tués et les blessés étaient évacués par la porte libiteneusis située du même côté que la tribune impériale.

 

   

                                 Cirque Maxime                                                                                   Colisée

 

 

CIRRUS IN VERTICE : touffe de cheveux réunis sur la tête. Cette façon de se coiffer était en usage chez les lutteurs et les athlètes qui se produisaient dans les villes de l’Empire.

 

CISIARUS :

1.     Ouvrier spécialisé dans la fabrication des chaises à roues.

2.     Conducteur de chaise à roues. Ce véhicule tiré par deux chevaux permettait aux particuliers de se rendre rapidement d’un point à un autre.

 

CISIUM : véhicule léger à deux roues. Deux personnes dont le conducteur y prenaient place.

 

        

 

 

CISSA : une des Piérides qui se mesurèrent aux Muses et furent changées en oiseaux.

 

CISSÆA : surnom sous lequel Athéna avait une statue dans la citadelle d’Épidaure.

 

CISSÉE : un des cinquante fils d’Ægyptos. Époux de la danaïde Anthélie.

 

CISSÉE : roi de Thrace. Père d’Hécube.

 

CISSÉIS : une des Hyades qui élevèrent Dionysos et qui furent placées par lui parmi les astres.

 

CISSOS : lierre. Surnom de Dionysos à Acharnes.

 

CISSYBION : vase à boire. À l’origine, il était fait en bois de lierre. Plus tard, on le distingua par la guirlande et les baies de lierre sculptées sur son corps muni d’une anse.

 

CISTA :

1.     Panier cylindrique en osier à grande capacité.

2.     Sorte de tirelire cylindrique en terre cuite. Les particuliers y gardaient leurs petites économies.

3.     Panier en osier dans lequel on transportait les livres et les rouleaux.

4.     Panier destiné aux votes. Les votants des cours de justice ou des comices y déposaient leurs tablettes de vote.

5.     Corbeille mystique qui contenait les objets sacrés du culte de Cérès ou de Bacchus.

 

CISTELLATRIX : femme esclave qui avait en charge les vêtements et les bijoux conservés dans une cista.

 

CISTIFER : esclave qui portait une grande cista.

 

CISTOPHORE : femme qui portait le coffret mystique dans les rites du culte de Déméter et de Dionysos.

 

CISTOPHORE : monnaie d’argent qui valait quatre drachmes. Elle avait cours en Asie.

 

                    

 

 

CISTOPHORUS : prêtre, prêtresse ou initié qui portait le panier mystique (cista) dans les processions de Cérès ou de Bacchus.Le mot est aussi utilisé pour les monnaies.

 

                                                                      

 

 

CITHÆRIADES : les nymphes habitantes du Cithéron.

 

CITHÆRONIA : surnom d’Héra adorée sur le mont Cithéron.

 

CITHÆRONIDES : nymphes prophétesses auxquelles était consacrée une caverne sur le mont Cithéron.

 

CITHARE : instrument à cordes connu depuis la plus haute antiquité.

 

CITHÉRON : roi de platée. Il donna son nom au mont Cithéron. Héra s’étant brouillée avec Zeus, Cithéron conseilla à ce dernier de conduire dans son char une femme de bois qui serait voilée. Héra, jalouse, croyant que c’était Platée, fille d’Asopos, accourut et déchira les voiles de la statue. Reconnaissant son erreur, elle se mit à rire et se réconcilia avec son époux.

 

CITHURUADH : le Nuage Rouge, Cithruadh, le druide du roi Cormac Mac Airt, fut changé en pierre par son adversaire le druide Mogh Ruith lors de la guerre contre Munster.

 

CIUMESTI : nécropole celte du IIIe siècle av. J.-C. située en Roumanie, près de la rivière Sames. En 1961, des paysans découvrirent des objets celtes dans une dune. Les fouilles qui suivirent permirent de mettre au jour un remarquable casque en fer surmonté d’un oiseau de proie aux ailes déployées, une cotte de mailles en fer, deux jambières en bronze et un mors de cheval.

 

CIVILIS : chef des Bataves. Il profita de l’anarchie de l’Empire romain après la mort de Néron pour se rebeller en s’alliant avec les Germains et les chefs gaulois Classicus, Tutor et Sabinus entre 68 et 70 ap. J.-C. Malgré une victoire à Vetera-Castra près de Trèves, Civilis recula face aux légions de Cerialis, le lieutenant de l’empereur Verpasien. Réfugié dans une île du pays Batave, il signa la paix avec Rome.

Extrait de l'histoire livre V par Tacite: Civilis, battu à Trèves, recruta son armée en Germanie et alla camper à Vetera Castra, position sûre, où d'ailleurs des souvenirs heureux encourageaient les barbares.  Cerialis le suivit avec des forces qu'avait doublées l'arrivée de trois légions, la seconde, la sixième et la quatorzième. Les cohortes aussi et la cavalerie, mandées depuis longtemps, étaient accourues après la victoire. Aucun des deux chefs n'aimait à temporiser; mais une plaine les séparait, marécageuse par elle-même, et que Civilis avait achevé d'inonder, en jetant obliquement au cours du Rhin une digue qui en versait les eaux sur les campagnes adjacentes.  Tel était l'aspect de ce lieu, que des bas-fonds mal connus rendaient perfide et désavantageux pour nous. Car le soldat romain est chargé d'armes pesantes et n'aime pas nager, tandis que les Germains ont l'habitude des fleuves, où la légèreté de leurs armes et la hauteur de leur taille concourent à les soutenir.

Provoqués par les Bataves, les plus intrépides des nôtres engagèrent le combat. Ce fut bientôt une affreuse confusion, de profonds abîmes engloutissant armes et chevaux. Les Germains, qui connaissaient les gués, sautaient de l'un à l'autre, négligeant le plus souvent le front de l'ennemi pour environner ses flancs et ses arrières.  Et ce n'était pas, comme en un combat de terre, deux armées qui en venaient aux mains; c'était une espèce de bataille navale, où, errant au milieu des eaux, et, s'ils rencontraient un espace solide, ramassant pour s'y tenir toutes les forces de leur corps, blessés ou non blessés, habiles ou inhabiles à nager, tous se saisissaient, s'entraînaient mutuellement et périssaient ensemble.  Le carnage ne fut cependant pas proportionné au désordre; les Germains, n'osant dépasser le marais, retournèrent au camp.  L'issue de cette journée inspira aux deux chefs, pour des motifs divers, un égal désir de frapper au plus tôt un coup décisif. Civilis voulait poursuivre sa fortune, Cerialis effacer son ignominie; les Germains étaient fiers de leur succès, les Romains aiguillonnés par la honte. La nuit se passa, du côté des barbares, dans les chants et les clameurs, chez les nôtres, dans la colère et les menaces. 

Le lendemain, au point du jour, Cerialis garnit son front avec la cavalerie et les cohortes auxiliaires; les légions furent placées en seconde ligne; le général s'était réservé un corps d'élite pour les besoins imprévus. Civilis, au lieu d'une ligne développée, forma plusieurs coins; à droite il mit les Bataves et les Cugernes, à gauche et plus près du fleuve les bandes transrhénanes.  Ni l'un ni l'autre chef ne harangua son armée; ils exhortaient les divers corps à mesure qu'ils passaient vis-à-vis.  Cerialis rappelait aux siens "la vieille gloire du nom romain, leurs victoires anciennes ou récentes; les ennemis n'étaient qu'une troupe de perfides, de lâches, de vaincus, qu'il fallait anéantir pour toujours. Il s'agissait bien plus de vengeance que de combat;  naguère moins de Romains s'étaient mesurés contre plus de barbares; et cependant les Germains, la vraie force de l'ennemi, étaient dispersés; il ne restait que des misérables qui portaient la fuite dans le coeur, les traces du fer sur le dos."  Il excitait chaque légion par un aiguillon particulier, appelant ceux de la quatorzième les conquérants de la Bretagne; disant à la sixième que son ascendant avait fait Galba empereur; à la seconde, que cette bataille serait pour ses nouveaux étendards et pour son aigle nouvelle une brillante inauguration.  Arrivé aux légions de Germanie, il leur montrait de la main ce camp, cette rive qui étaient à elles, et qu'il fallait reconquérir aux dépens du sang ennemi. Ces paroles étaient reçues de tous avec transport; une longue paix avait donné aux uns le désir des combats; les autres, fatigués de la guerre et n'aspirant qu'à la paix, croyaient voir après ce dernier effort les récompenses et le repos. 

Civilis ne se taisait pas non plus en rangeant ses bataillons. Il prenait à témoin de leur valeur le lieu même du combat, "où les Germains et les Bataves rencontraient à chaque pas les traces de leur gloire, et foulaient aux pieds les cendres et les ossements des légions;  où, de quelque côté que se tournât le Romain, la captivité, la défaite, toutes les terreurs assiégeaient ses regards.  Que la fortune eût varié à la bataille de Trèves, il ne fallait pas s'en effrayer; ce qui avait nui aux Germains, c'était leur propre victoire, lorsqu'au lieu d'armes ils avaient chargé leurs mains de butin; depuis, il n'y avait eu pour eux que succès, pour l'ennemi que revers.  Il leur avait ménagé tout ce qui tient à la prudence d'un chef, des campagnes noyées et connues d'eux seuls, des marais où l'ennemi trouverait sa perte.  C'était en présence du Rhin et des dieux de la Germanie qu'ils allaient combattre; qu'ils combattissent donc forts de tels auspices et pleins du souvenir de leurs femmes, de leurs parents, de leur patrie. Cette journée se placerait parmi les plus glorieuses de leurs ancêtres, ou serait flétrie aux yeux de leurs descendants."  Lorsqu'ils eurent, suivant l'usage de ces peuples, marqué leur approbation par un bruit d'armes et en frappant la terre de leurs pieds, l'action s'engagea à coups de pierres, de balles et de traits de toute espèce; nos soldats évitaient d'entrer dans le marais, et les Germains les provoquaient pour les y attirer. 

 Les armes de jet une fois épuisées et le combat s'échauffant, les barbares commencèrent une charge furieuse. À l'aide de leur taille gigantesque et de leurs piques énormes, ils perçaient de loin nos soldats qui chancelaient et perdaient pied. En même temps, un corps de Bructères s'élance de la digue qui s'avançait dans le Rhin et arrive à la nage. Le désordre se mit en cet endroit. Les cohortes alliées pliaient déjà, quand l'intervention des légions réprima l'audace de l'ennemi et rétablit le combat. Sur ces entrefaites un déserteur batave aborde Cerialis, lui offrant, disait-il, un moyen sûr de tourner l'ennemi; "c'était d'envoyer de la cavalerie par l'extrémité du marais; elle y trouverait un terrain solide, et les Cugernes, chargés de ce poste, étaient peu sur leurs gardes."  Deux ailes de cavalerie envoyées avec le transfuge surprennent les barbares et les enveloppent. Au cri par lequel on connut ce succès, les légions chargèrent par devant, et les Germains repoussés regagnèrent précipitamment le Rhin.  Cette journée eût terminé la guerre, si la flotte romaine se fût hâtée d'arriver. La cavalerie même ne pressa pas les vaincus, à cause d'une pluie subite et de la nuit qui approchait. 

Le lendemain, la quatorzième légion fut envoyée à Gallus Annius dans la Germanie supérieure. Ce vide fut rempli dans l'armée de Cerialis par la dixième, qui arrivait d'Espagne.  Il vint à Civilis un renfort de Chauques. N'osant toutefois défendre par les armes la ville des Bataves, il enleva tout ce qui pouvait s'emporter, brûla le reste et se retira dans l'île. Il savait que les Romains manquaient de bateaux pour faire un pont, et que sans pont l'armée ne passerait pas. Il détruisit même la digue construite par Drusus; et, en écartant l'obstacle qui retenait les eaux, il abandonna le Rhin à la pente naturelle qui l'entraîne vers la Gaule.  Le fleuve ainsi jeté hors de son lit, il resta entre l'île et la rive germanique un si faible courant que les deux terres semblaient se tenir.  Avec lui passèrent le Rhin Tutor, Classicus et cent treize sénateurs de la cité des Trévires, entre autres Alpinus Montanus, qu'Antonius Primus, comme nous l'avons dit plus haut, avait envoyé dans les Gaules.  Montanus était accompagné de son frère D. Alpinius. Tous à l'envi, joignant les présents à l'intérêt qu'inspire le malheur, ramassaient des secours chez ces nations avides de périls.

 

CLAAMÉTIS : une des Thespiades. Héraclès la rendit mère d’Astybias.

 

CLABULARE : grand et large chariot découvert à treillages qui, sous l’Empire, servait à transporter les soldats.

 

CLADEUTÉRIES : fêtes qui se célébraient au moment de la taille des vignes.

 

CLÆA : nymphe qui avait une grotte et un sanctuaire sur le mont Calathion en laconie.

 

CLANIS : centaure tué par Pélée aux noces de Pirithoüs.

 

CLANIS : partisan de Phinée, tué par Persée.

 

CLARIOS : arbitre du sort. Surnom sous lequel zeus était adoré sur une colline de Tégée en arcadie, où les enfants de lycaon tirèrent au sort les États de leur père.

 

CLARIOS : surnom d’Apollon à claros.

 

CLASSIARII : infanterie de marine. Ces soldats combattaient à bord des galères.

 

CLASSICI :

1.     Citoyens appartenant à la première des six classes formées par Servius Tullius.

2.     Hommes qui jouent du litanus ou du cornu (instruments à vent) pour convoquer les différentes classes de population dans les comices.

 

CLASSICUM : signal de trompette.

 

CLASSICUS (JULIUS) : commandant de la cavalerie trévirienne, il se déclara contre les Romains à la mort de l’empereur Vittelius, s’empara du camp de Vocula et força les soldats à prêter serment à l’empire des Gaules en 70 ap. J.-C. S’unissant à Cerialis, il mourut en Gaule pendant la guerre.

Extrait de l'histoire livre IV par Tacite: Avant le meurtre d'Hordeonius, il ne perça rien qui décelât une conspiration. Hordeonius tué, on vit des messagers aller et venir entre Civilis et Classicus, préfet d'un corps de cavalerie trévire.  Classicus l'emportait sur les autres chefs en noblesse et en opulence; il était d'un sang royal et d'une race également illustre en paix et en guerre. Lui-même se vantait d'être, par ses aïeux, l'ennemi plutôt que l'allié des Romains. Julius Tutor, de la cité des Trévires, et Julius Sabinus, de celle des Lingons, entrèrent dans le complot. Tutor avait été chargé par Vitellius de garder la rive du Rhin; Sabinus, outre sa vanité naturelle, s'enivrait de l'orgueil d'une chimérique origine. Selon lui, sa bisaïeule avait plu à Jules César, pendant qu'il faisait la guerre dans les Gaules, et s'était prêtée à son amour.  Ces trois chefs sondèrent les esprits dans de secrètes entrevues; et, après avoir lié par une mutuelle complicité ceux qu'ils crurent propres à servir leurs desseins, ils tinrent une assemblée à Cologne dans une maison particulière: car la ville, officiellement, était fort éloignée d'une telle entreprise. Quelques Ubiens et quelques Tongres assistèrent cependant à la réunion.  Mais les Trévires et les Lingons y dominaient. Ils ne purent supporter les longueurs d'une délibération. Ils s'écrient à l'envi "que le peuple romain est possédé de la rage des discordes, ses légions taillées en pièces, l'Italie ravagée; qu'en cet instant même on prend la ville; que chaque armée a sa guerre à soutenir; que si l'on garde les Alpes avec main-forte, les Gaules, assurées de la liberté, n'auront plus qu'à voir quelles limites elles veulent donner à leur puissance."

Vocula, trompé par les artifices des Gaulois, marche à l'ennemi. Il n'était pas loin de Vetera, lorsque Tutor et Classicus prirent les devants comme pour aller à la découverte, et confirmèrent l'alliance commencée avec les chefs des Germains.  Depuis ce moment, ils restèrent séparés des légions et s'entourèrent d'un retranchement particulier. Vocula protestait "que l'empire n'était pas encore assez bouleversé par les guerres civiles pour être en dédain même aux Lingons et aux Trévires;  qu'il lui restait des provinces fidèles, des armées victorieuses, la fortune de Rome et les dieux vengeurs;  qu'ainsi avaient succombé dès le premier combat, jadis Sacrovir et les Éduens, naguère Vindex et toutes les Gaules;  que les mêmes dieux et les mêmes destins menaçaient encore les infracteurs des traités.  Ah! que le grand César et le divin Auguste avaient bien mieux connu l'esprit de ces peuples! c'était Galba qui, en brisant le frein des impôts, les avait enhardis à la révolte.  Ils étaient ennemis maintenant, parce que le joug était trop léger; quand ils seraient nus et dépouillés, l'amitié reviendrait."  Après ces mots, prononcés avec colère, voyant Classicus et Tutor persister dans leur trahison, il retourne sur ses pas et se retire à Novaesium. Les Gaulois campèrent dans une plaine à deux milles des nôtres.  Là se rendaient à chaque instant des centurions et des soldats dont on achetait la foi, trafic monstrueux et inouï, par lequel une armée romaine s'obligeait à jurer obéissance à l'étranger, et promettait, pour gage d'une si criminelle transaction, la mort ou la captivité de ses généraux.  La plupart conseillaient la fuite à Vocula; il préféra le parti de l'audace, et, après avoir convoqué les soldats, il leur tint ce discours:

"Jamais je n'ai parlé devant vous plus inquiet sur votre sort ni plus tranquille sur le mien.  Ma perte est résolue, je le sais et je m'en réjouis; au milieu de tant de maux, j'attends la mort comme la fin de mes souffrances. C'est de vous que j'ai honte et pitié, de vous à qui l'on ne daigne pas même offrir le combat: ce serait une guerre trop loyale et trop franche. Classicus compte sur vos bras pour attaquer le peuple romain; il montre à votre obéissance l'empire des Gaules et attend vos serments.  Ah! si la fortune et le courage nous ont abandonnés aujourd'hui, le passé n'a-t-il donc plus d'exemples? Combien de fois des légions romaines ont mieux aimé périr que de reculer d'un pas! combien de fois nos alliés se sont laissé brûler avec leurs femmes et leurs enfants dans leurs villes en ruine, sans autre prix d'un tel sacrifice que la gloire de la fidélité!  Au moment où je parle, les légions de Vetera supportent la disette et les misères d'un siège, et ni terreur ni promesses n'ébranlent leur constance. Ici, nous avons tout, armes, soldats, de solides retranchements, du blé et des provisions qui suffiraient à la plus longue guerre.  L'argent! il ne manqua pas, il y a peu de jours, même pour ces largesses dont vous ferez honneur à qui vous voudrez de Vespasien ou de Vitellius, mais que toujours vous avez reçues d'un empereur romain. Victorieux dans tant de guerres, quand Gelduba, quand Vetera, ont vu si souvent l'ennemi dispersé par vos armes, si un champ de bataille vous fait peur, c'est une honte sans doute; mais vous avez des fortifications, des murailles, mille moyens d'éloigner le péril jusqu'à ce que des armées accourent à votre aide des provinces d'alentour.  C'est moi peut-être qui vous déplais? Vous avez d'autres lieutenants, des tribuns; prenez même un centurion, un soldat;  mais que du moins ne retentisse pas dans l'univers l'étrange et sinistre nouvelle que vous avez servi de satellites à Civilis et à Classicus pour envahir l'Italie.  Hé! si les Germains et les Gaulois vous menaient sous les murs de Rome, vous livreriez donc l'assaut à votre patrie! Mon coeur frémit à l'idée d'un si horrible forfait.  Des gardes veilleront à la porte du Trévire Tutor! un Batave donnera le signal du combat! Les bandes des Germains se recruteront dans vos rangs!  Et quel sera le succès du crime? Quand des légions romaines seront en bataille devant vous, irez-vous, une seconde fois transfuges, et traîtres à la trahison, promener entre vos nouveaux et vos anciens serments des têtes haïes des dieux?  Et toi, Jupiter Très Bon et Très Grand, à qui, durant huit cent vingt années, nous avons offert tant de triomphes pour hommage; et toi aussi, Quirinus, père et fondateur de Rome, écoutez ma prière respectueuse: si vous n'avez pas eu pour agréable que, sous mon commandement, ce camp restât pur et fermé au déshonneur, ne permettez pas du moins qu'il soit souillé et profané par Tutor et Classicus. Donnez aux soldats romains ou l'innocence, ou un prompt repentir sans autre expiation." 

Ce discours fut reçu diversement par l'espérance, la crainte, la honte. Vocula s'étant retiré s'occupait de ses derniers moments: ses affranchis et ses esclaves l'empêchèrent de prévenir, en se donnant la mort, un horrible assassinat.  Classicus se hâta de le faire tuer par Aemilius Longinus, déserteur de la première légion, qu'il envoya exprès. Il crut suffisant de mettre aux fers les lieutenants Herennius et Numisius;  ensuite il prit les marques distinctives d'un général romain et se rendit au camp. Tout endurci qu'il était aux crimes les plus hardis, il ne trouva de paroles que pour prononcer la formule du serment: ceux qui étaient présents jurèrent fidélité à l'empire des Gaules.  Il éleva aux premiers grades le meurtrier de Vocula; les autres furent récompensés en proportion de leurs crimes.  Tutor et Classicus se partagèrent les soins de la guerre.  Tutor investit Cologne avec une forte troupe, y reçut le même serment et le fit prêter à tout ce qu'il y avait de soldats sur le Haut-Rhin. À Mayence, il tua les tribuns et chassa le préfet du camp, pour l'avoir refusé. Classicus choisit parmi les transfuges les hommes les plus corrompus, et les envoie à Vetera offrir le pardon aux assiégés, s'ils veulent suivre le nouvel étendard: "Autrement, plus d'espérance: la faim, le fer, toutes les calamités les menacent à la fois."  À ces arguments les envoyés ajoutèrent leur propre exemple.

Civilis et Classicus, dans l'ivresse du succès, délibérèrent s'ils n'abandonneraient pas Cologne en proie à leurs armées.  La cruauté de leur âme et l'amour du butin les entraînaient à saccager cette colonie: l'intérêt de la guerre s'y opposait; ils savaient d'ailleurs combien importe la réputation de clémence à qui fonde un empire. La reconnaissance contribua même à fléchir Civilis, dont le fils, surpris à Cologne par les premiers troubles, y avait trouvé une captivité honorable.  Mais les nations transrhénanes haïssaient mortellement cette cité, à cause de son opulence et de ses accroissements. Elles ne voyaient de fin à la guerre que quand tous les Germains sans distinction pourraient s'y établir, ou que, par la destruction de la ville, les Ubiens seraient dispersés comme les autres.

Aussi ni les Trévires, ni les Lingons, ni les autres cités rebelles, ne firent des efforts proportionnés à la grandeur de l'entreprise et du péril. Les chefs même ne concertaient pas leurs desseins. Civilis s'égarait dans les routes perdues de la Belgique, en s'obstinant à prendre ou à chasser Labeo. Classicus, consumant dans d'inutiles loisirs un temps précieux, semblait un maître déjà reconnu qui jouit de son empire. Tutor même ne se hâta pas d'occuper le Haut-Rhin et de fermer les gorges des Alpes.  Dans l'intervalle, la vingt et unième légion pénétra par Vindonissa, et Sextilius Felix accourut à travers la Rétie avec les cohortes auxiliaires. À ces troupes se joignit un corps de singulaires, appelé à Rome par Vitellius, et qui avait ensuite pris parti pour Vespasien.  Ces cavaliers avaient pour chef Julius Briganticus, fils d'une soeur de Civilis, haï de son oncle, et lui rendant une haine toujours plus vive entre ceux que la nature a unis de plus près.  Tutor, après avoir ajouté aux bandes tréviroises des recrues de Vangions, de Céracates et de Triboques, les renforça de vieux légionnaires tant à pied qu'à cheval, qu'il corrompit par l'espérance ou força par la crainte. Ceux-ci massacrèrent d'abord une cohorte qu'avait détachée en avant Sextilius Félix; bientôt, en voyant approcher des généraux et une armée romaine, ils retournèrent, par une désertion honorable, au poste du devoir, et furent suivis des Triboques, des Vangions et des Céracates.  Tutor, accompagné des Trévires, évita Mayence et se rendit à Bingium. Il comptait sur cette position parce qu'il avait rompu le pont de la Nava: il fut trahi par un gué que découvrirent les cohortes de Sextilius, assailli par elles, et battu.  Cette défaite consterna les Trévires: la multitude, quittant les armes, se dispersa dans la campagne; quelques grands, afin de paraître avoir les premiers renoncé à la guerre, se réfugièrent dans les cités qui n'avaient pas abjuré l'alliance des Romains.  Les deux légions, transportées, comme nous l'avons dit, de Novaesium et de Bonn à Trèves, prêtèrent d'elles-mêmes serment à Vespasien.  Ces événements s'étaient passés en l'absence de Valentinus. Comme il arrivait furieux et prêt à tout bouleverser de nouveau, les légions se retirèrent chez les Médiomatrices, cité alliée. Valentinus et Tutor ramènent les Trévires aux armes, et, afin de les enchaîner plus étroitement au crime en leur ôtant tout espoir de pardon, ils tuent les lieutenants Herennius et Numisius. 

 

CLASTIDIUM : ville de l’ancienne Ligurie où Marcellus tua le roi des Gésates, Viridomar, en 225 av. J.-C. Aujourd’hui Casteggio.

 

CLATHRA : déesse des verrous et des grilles. Sous le nom de Diane Clathra, elle partageait un temple avec Apollon sur le mont Quirinal à Rome.

 

CLAUDE Ier (TIBERIUS CLAUDIUS DRUSUS) : empereur romain, fils de Drusus et d’Antonia la Jeune. Né à Lyon en 9 av. J.-C., mort à Rome en 54 ap. J.-C. Malade dès son enfance, infirme de corps et d’esprit, il fut cependant prêtre et augure sous Auguste. Consul sous Tibère et sous Caligula, il fut le jouet de la cour. Sa stupidité lui sauva la vie. À la mort de son neveu en 41, les prétoriens le trouvèrent blotti derrière une tapisserie et le proclamèrent empereur. Il commença son règne en faisant construire des aqueducs, un port avec un phare à Ostie et introduisit au sénat des illustres Gaulois. Ayant réduit la Thrace en province en 46, il reconquit l’Arménie. Messaline, sa cinquième femme, se livra à des débauches incroyables et accomplit un nombre incalculable de crimes jusqu’au jour où Narcisse la fit tuer par un centurion. Les prétoriens lui firent épouser sa nièce Agrippine. Cette dernière, préparant l’avènement de son fils Néron, le fit empoisonner par Locuste et le médecin Xénophon.

 

                                 

 

                                                             

 

 

CLAUDE II (MARCUS AURELIUS CLAUDIUS) : empereur romain. Né en 214 en Dalmanie. Il se distingua dans les armées de Decius et Valérien. Proclamé empereur par ses soldats en 268, il se débarrassa de son rival Aureolus, tué sur l’Adda. Puis il repoussa les Alamans près du lac de Garde et marcha contre les Goths en Macédoine, les battant à Naissus (Nis). Il mourut de la peste à Sirmium en 270.

 

                                                                

 

 

CLAUDIEN (CLAUDIUS CLAUDIANUS) : poète latin né à Alexandrie en 365. Protégé par Stilicon. Il a consacré la plupart de ses écrits à son protecteur. Il l’a célébré dans les Consulats et Gildon. Il nous a laissé aussi L’Enlèvement de Proserpine en trois livres. Stilicon lui fit élever une statue de bronze sur le forum de Trajan.

Extrait de l'histoire de la littérature romaine parPaul Albert ( 1827-1880): Claudien (Claudius Claudianus) termine cette longue et froide série des poètes de la décadence. Avant lui presque rien, après lui, plus rien ; nous tombons dans la pieuse et dure barbarie du moyen âge. Dans ses vers la Muse latine jette un dernier éclat ; on pourrait croire à une renaissance prochaine, c'est un adieu éternel. Claudien n'est ni un Romain, ni même un Italien, c'est un Alexandrin ; mais son père était sans doute Romain d'origine, un de ces fonctionnaires qui accompagnaient les empereurs dans leurs fréquentes tournées. Il écrivit d'abord en grec, et ne composa ses poèmes en langue latine que lorsqu'il se fut fixé soit à Rome, soit à Milan, où résidaient souvent les empereurs d'Occident. Stilichon, le tuteur d'Honorius, fut son protecteur, et il s'éleva aux premières dignités de l'empire. Arcadius et Honorius lui accordèrent une distinction plus flatteuse encore ; ils lui firent ériger une statue dans le forum de Trajan, avec une inscription fort élogieuse : « Rien que ses vers suffisent à sa gloire immortelle, cependant les très heureux et très doctes empereurs, voulant honorer son dévouement, ont, sur la demande du Sénat, fait élever sa statue dans le forum de Trajan. » Un distique grec ajoutait que Claudien réunissait en lui l'esprit de Virgile et la muse d'Homère. Voilà des princes qui payaient bien les éloges reçus.
La faveur dont jouissait Claudien dura autant que celle de son protecteur. Quand Stilichon fut renversé du pouvoir par une de ces révolutions de palais, si communes alors, Claudien fut sans doute enveloppé dans sa disgrâce. C'était en 408, il devait alors avoir environ quarante ans ; fut-il tué ? fut-il exilé ? on ne sait, mais, à partir de ce moment, il disparaît pour nous.
C'est un poète de cour. Tous ses poèmes, sauf deux essais très pâles d'épopée, sont des poèmes de circonstance. Il glorifie ses maîtres et ses protecteurs, célèbre leurs triomphes et leurs mariages, insulte à leurs ennemis abattus. Pour lui, le monde est renfermé dans l'enceinte du palais. Il chante Théodose le père des deux empereurs Arcadius et Honorius, il chante Stilichon le tuteur d'Honorius, il chante la femme de Stilichon et sa fille qui doit épouser Honorius. Quant à Arcadius qui règne à Constantinople, il le célèbre d'abord quand il vit en bonne harmonie avec son frère ; mais, du jour où le faible empereur tombe sous l'autorité de Rufin et d'Eutrope, Claudien, qui approuve Honorius de se laisser gouverner par Stilichon, ne peut pardonner à Arcadius d'en faire autant. Mais c'est trop insister sur ce point ; et il serait injuste d'exiger d'un courtisan qui fait des vers pour ses maîtres, de l'élévation dans les idées et de l'indépendance dans les sentiments. Il serait plus injuste encore de ne pas reconnaître les qualités remarquables qui brillent dans ces vers de commande, et assurent à Claudien une place distinguée parmi les poètes de second ordre.
Il y a peu de variété dans l'oeuvre poétique de Claudien, et je ne crois pas utile de donner les titres des pièces qui forment son recueil. Essayons plutôt d'en bien déterminer le caractère.
J'ai eu occasion de montrer, en parlant des derniers monuments de l'éloquence latine, comment des trois genres reconnus, le genre démonstratif était à peu près le seul qui eût survécu. La poésie subit aussi plus ou moins cette nécessité des temps. Claudien est le représentant accompli du genre démonstratif en vers. Il ne sait que louer ou invectiver, louer le maître et ses favoris, invectiver ses ennemis. Mais, dans ce cercle si étroit, il a déployé des mérites fort remarquables, et je ne crois pas qu'aucun poète de cour puisse lui être comparé.
Je prends un exemple dans les deux genres. Claudien veut chanter le 3e et le 4e consulats d'Honorius Augustus. Le sujet était difficile, car Honorius avait alors dix ans et onze mois ; mais son père vivait encore, Théodose le Grand ; c'est lui qui sera l'âme du poème. L'enfant royal, tout brillant des espérances qui reposent sur lui, illustre déjà par son père, promet au monde un grand empereur. La pourpre lui sied, il est revêtu d'une majesté précoce ; sur son visage éclate une fierté guerrière qui rappelle les exploits sans nombre de Théodose. Il est né pour ainsi dire, il a grandi dans les camps : « A peine u les peuples barbares ont-ils appris qu'un enfant était né au héros, sur les rives du Rhin, voici que les Germains commencent à trembler ; le Caucase effrayé agite la cime de ses forêts, l'Égypte s'incline, et dépose ses flèches. Quant à l'enfant, il se traîne parmi les boucliers ; ses hochets, ce sont les dépouilles toutes fraîches des rois ; c'est lui qui le premier embrasse son père, quand, tout farouche, il revient des combats. A peine a-t-il atteint sa dixième année, il demande des armes. Tel un lion qu'abritait l'antre de sa mère au poil fauve, et qui tétait sa mamelle, dès qu'il a senti croître les griffes à ses pattes, la crinière à son cou, les dents à sa gueule, il repousse cette molle nourriture, et quitte l'abri du rocher, il brûle d'accompagner son père errant aux déserts de Gétulie ; il menace déjà les étables, déjà il se couvre du sang d'un taureau superbe. »
C'est là la partie la plus originale des poèmes laudatifs de Claudien. Cette association de la gloire du père et des belles espérances que donne le fils, plaît à l'imagination. Le poète sort du lieu commun, et il rencontre de belles images pour peindre ce qu'il y a de plus charmant ici-bas, les premiers rayons d'une destinée illustre. Les faits n'ont pas encore démenti ces belles promesses ; cet enfant qui grandit sera peut-être un second Théodose.
Il convient aussi de louer les longues mais nobles recommandations du père à son fils. Cette espèce de testament politique est animé d'un souffle généreux. Le début ne manque pas d'une sorte de gravité antique. « Si la fortune t'avait assis sur le trône des Parthes, cher enfant, si, descendant des Arsacides, tu étalais aux yeux l'éclat barbare de la tiare orientale, la noblesse de ta race pourrait suffire ; tu pourrais, satisfait de la gloire de ton nom, consumer dans le luxe et la mollesse une vie inutile. Mais d'autres lois sont imposées à ceux qui dirigent les destinées de Rome ; c'est sur leur vertu et non sur leur nom qu'ils doivent s'appuyer. »
Il y a même dans ce poète courtisan un ressouvenir éloquent de la Rome républicaine.
« N'oublie pas que tu commandes aux Romains, qui pendant longtemps ont commandé au monde entier : c'est un peuple qui n'a pu tolérer l'insolence de Tarquin, ni l'autorité usurpée de César. L'histoire te racontera les crimes d'autrefois. Tu verras que la honte ne meurt point. Qui ne flétrit et ne flétrira à jamais les monstruosités de la maison des Césars ? Qui pourrait ignorer les meurtres de Néron, et les rochers de Caprée où s'alla cacher l'ignoble vieillard ? »
Il serait facile de détacher de ces poèmes plus d'un passage digne d'être admiré. Claudien, en effet, a de l'imagination, de l'éclat et une certaine élévation dans les sentiments. Si les princes qu'il loue ne méritent pas tous les éloges qu'il leur décerne, il sait du moins ce que c'est qu'un grand prince, ce que c'est que la gloire, la vertu, le désintéressement, la clémence ; il n'adore point, il n'encense point les viles passions des princes, il ne célèbre point leurs vices ; il veut voir en eux les vertus dont il a l'esprit possédé. Au fond, est-il plus excessif dans ses louanges que Virgile et Horace ? Je ne le crois pas. Après tout, Stilichon comme homme de guerre valait bien Auguste ; chanter, dans Honorius enfant, les espérances qu'il donne au monde, il n'y a là rien de trop exorbitant pour l'époque. Ce qui est insupportable, ce sont les épithalames, l'éloge de Sérena, celui de Mallius Théodorus, d'Olybrius, de Probinus. Sur ce point, j'abandonne Claudien.
Mais il excelle clans l'invective. Ses deux poèmes contre Rufin et Eutrope sont des oeuvres éloquentes et d'un singulier éclat. Je sais tout ce qu'il y a d'excessif, de faux et même de peu généreux dans les outrages amers, lancés à des vaincus, à des morts ; mais c'est le style du sujet et le ton de l'époque. Ce qui n'appartient qu'à Claudien, c'est la vigueur du pinceau et la chaleur du langage. Un historien, un philosophe aurait recherché et expliqué les causes de l'élévation de Rufin et d'Eutrope ; comment ces personnages de vile extraction, dont le dernier n'était pas même un homme, sont-ils devenus les véritables maîtres d'un grand empire ? Il serait absurde de dire qu'ils n'ont dû leur haute fortune qu'à leurs vices : s'ils avaient peu de vertus, ils avaient assurément du mérite : un eunuque, vendu sur la place publique, ne devient pas consul et premier ministre s'il ne possède des qualités réelles : l'empereur préférerait après tout pour favori quelque descendant d'une noble famille : s'il accepte le joug d'un eunuque, c'est que celui-ci a su l'imposer. De tout cela le poète ne tient nul compte ; il ne voit que la bassesse du personnage ; il se complaît dans les peintures les plus violentes de son abjection première ; il en fait comme le rebut de la nature entière, un être qu'on ne peut nommer ; puis il le montre revêtu de la pourpre et de la trabée, précédé des licteurs portant les faisceaux, donnant son nom à l'année ; il évoque le souvenir des consuls de la vieille Rome, il les convie à la contemplation de cette infamie. C'est une joie pour lui que d'énumérer toutes les turpitudes de cette vie étrange, de fouiller dans les replis de cette âme souillée, et d'opposer sans cesse l'abjection de l'origine et celle de l'âme aux splendeurs dont l'eunuque a été revêtu. Ajoutez à cela une sorte de satisfaction, quand il nous rappelle que c'est à la cour d'Arcadius, en Orient, que de telles hontes s'étalent. Ce n'est pas à Rome ou à Milan qu'un Rufin ou un Eutrope pourraient se faire jour jusqu'aux premiers honneurs de l'État. La vieille majesté romaine vit encore à la cour d'Honorius ; et c'est lui ou Stilichon qui purgera l'empire d'Orient de ces deux monstres qui le déshonorent. - Voilà les procédés de l'invective dans Claudien. Malgré la diffusion et les déclamations trop ordinaires en pareil sujet, on ne lit pas sans plaisir ces virulentes satires. Le sentiment est sincère, honnête ; il y a dans ce poète de cour une indignation réelle. Les souvenirs de l'ancienne Rome le soutiennent et l'inspirent ; si ce n'est pas un citoyen qui parle, c'est du moins un admirateur des temps où il y avait des citoyens.
Claudien a de l'imagination ; il fait un emploi assez heureux de la religion et des machines poétiques, surtout quand il s'indigne ; il a du coloris et de l'énergie. Il est dépourvu de mesure. Les sujets de ses chants étaient maigres ; il leur donne un embonpoint factice au moyen de développements et de répétitions souvent fastidieuses. Ce qu'il y a de plus remarquable en lui, c'est la versification ; souple, variée, harmonieuse surtout, elle est une imitation savante de Virgile et de Lucain.

 

CLAUDIUS (APPIUS) : Sabin qui conduisit 5 000 des siens à Rome en 504 av. J.-C. Il entra au sénat et devint chef d’une famille patricienne. Il se déclara contre les plébéiens et contre la loi agraire de Spurius Cassius.

 

CLAUDIUS (APPIUS) : décemvir en 451 av. J.-C., petit-fils du précédent. En 450, il fit preuve de tyrannie et provoqua un soulèvement général après le meurtre de Sicinius Dentatus et son attentat contre Virginie. Jeté en prison, il se suicida en 449.

 

CLAUDIUS (CAECUS APPIUS) : censeur en 312 av. J.-C. Il fit construire la voie Appienne, le premier aqueduc de Rome. Devenu aveugle dans sa vieillesse, il assura ses fonctions malgré son handicap et fit rejeter les propositions de paix de Pyrrhus en 279.

 

CLAUDIUS (APPIUS) : consul en 264 av. J.-C. On le surnomma Caudex pour avoir traversé le détroit de Sicile sur des bateaux plats. Il battit Hiéron II et les Carthaginois et fit lever le siège de Messine.

 

CLAUDIUS (PUBLIUS APPIUS PULCHER) : consul en 249 av. J.-C. Battu sur mer près de Déprane par le Carthaginois Adherpal, on attribua sa défaite à son impiété parce qu’il avait combattu malgré les augures défavorables.

 

CLAUDIUS (APPIUS PULCHER) : officier en Asie en 70 av. J.-C. sous les ordres de Lucullus, son beau-frère, il devint consul en 54 et gouverna la Cilicie. Tyran, rapace, il fut accusé de concussion et de brigue. Nommé censeur en 50 av. J.-C., il se déclara contre César, reçut de Pompée le gouvernement de la Grèce et mourut dans l’île d’Eubée en 48.

 

                                                

 

 

CLAUSUS : roi sabin, allié de Turnus.

 

CLAVARIUM : argent alloué aux soldats romains pour l’achat de leurs chaussures.

 

CLAVIGER : « porte-clés ». Surnom de Janus.

 

CLAVIS TROCHI : baguette recourbée avec laquelle les enfants romains poussaient et guidaient leurs cerceaux.

 

CLAVUS ANNALIS : clou enfoncé chaque année aux ides de septembre dans la paroi latérale du temple de Jupiter Capitolin.

Fixer le clavus annalis (le 13 septembre on fixe un clou dans le temple de Jupiter : ancienne manière de compter les années) dans le temple de Jupiter (clavi figendi causa) en période d’épidémie ou de discorde civile, parce que la loi prévoit que cette cérémonie doit être exécutée par le praetor maximus. Après l'établissement de la dictature on considère le dictateur comme le plus haut magistrat de l’état.

                                                                          

CLAVUS AUGUSTUS : bandes étroites pourpres (deux) sur une tunique portée par les citoyens romains appartenant à l’ordre équestre.

 

                                                                               

 

CLAVUS CALIGARIS : clou pointu sous la semelle des brodequins des légionnaires.

 

                                                                        

 

CLAVUS GUBERMACULI: Timon ou barre d'un gouvernail ancien ; c'était une barre transversale  fixée à angles droits au manche du gouvernail dans sa partie supérieure. Cette barre tombait ainsi dans le vaisseau et permettait au pilote de donner au gouvernail la direction nécessaire . Quand le vaisseau avait un gouvernail de chaque côté, assez petit pour être manoeuvré par un seul timonnier, celui-ci tenait un clavus dans chaque main ; mais, par un mauvais temps ou dans de grands vaisseaux, chaque gouvernail avait son timonnier. Dans les deux cas, pour gouverner, on levait ou on abaissait le clavus, et en même temps on le tournait légèrement en dedans ou en dehors ; la lame du gouvernail opposait ainsi à l'eau plus ou moins de résistance. Cette manoeuvre est bien connue de ceux qui sont habitués à ramer ou à diriger un navire avec une rame. Nos expressions de marine la barre haut et la barre bas, dont on se sert encore aujourd'hui, bien qu'exprimant un mouvement très différent, sont venues, sans aucun doute, de l'usage des anciens ; car, dans le glossaire latin et anglo-saxon d'Aelfricus, le clavus est traduit helma, helm (timon). Tous ces détails sont clairement expliqués par la gravure ci-jointe, qui représente l'arrière d'un vaisseau, d'après un bas-relief découvert à Pouzzoles.

 

                                                                                      

 

 

CLAVUS LATUS : large bande pourpre perpendiculaire sur le devant d’une tunique. Seuls les sénateurs romains avaient le droit de la porter.

 

CLAVUS TABULARIS : clou de grande taille que les charpentiers romains employaient pour fixer les poutres maîtresses.

 

                                                                             

 

 

CLÉANDRE : esclave phrygien qui devint favori de l’empereur Commode. Promu chambellan et Premier ministre, il vendit les charges, multiplia les magistratures jusqu’à nommer vingt-cinq consuls en une même année. L’inflation sur les prix des grains provoqua un soulèvement du peuple et des soldats. Commode ordonna de le tuer et de jeter son son cadavre à la foule. Sa femme, ses enfants et ses amis furent tous égorgés (189).

 

CLÉANTHE : philosophe stoïcien, né à Assos en Troade. Il vécut au IIIe siècle av. J.-C. D’abord athlète, puis aide-jardinier, il fut le disciple de Zénon à Athènes , lui succéda comme chef du Portique. Il se suicida vers 225. Nous ne possédons de lui qu’un hymne à Zeus.

Extrait par Diogène Laërce: Cléanthe, fils de Phanias, originaire d’Assos fut d’abord pugiliste . Il vint à Athènes avec quatre drachmes en sa bourse, alla trouver Zénon, s’appliqua avec zèle à philosopher, et ne s’écarta jamais des théories de son maître.Il était célèbre par son amour du travail. Étant pauvre, il se loua et passait ses nuits à puiser de l’eau pour un maraîcher, afin de pouvoir dans le jour s’occuper de philosophie. Cela lui valut le surnom de Porteur d’eau. On dit qu’il passa en justice pour rendre compte de ses moyens d’existence, parce que sa belle santé étonnait, et qu’il se disculpa en produisant comme témoins le jardinier qui l’employait et la femme pour qui il pétrissait la farine. Les Aréopagites, ses juges, pleins d’admiration, lui donnent une subvention de dix mines, que Zénon lui interdit d’accepter. On dit encore qu’Antigone lui donna trois milles drachmes. Il conduisait un jour des éphèbes au spectacle, quand le vent le dépouilla de son manteau et fit voir qu’il n’avait pas de tunique. Les Athéniens en furent si frappés qu’ils lui témoignèrent beaucoup de respect (cf. Démétrios de Magnésie, Homonymes). Cette aventure augmenta encore l’admiration qu’on avait pour lui. Antigone, étant son auditeur, lui demanda pourquoi il tirait de l’eau. Il répondit : « Je ne fais pas cela seulement. Est-ce que je ne creuse pas la terre, est-ce que je n’arrose pas aussi, est-ce que je ne fais pas encore bien d’autres choses par amour pour la philosophie ? » Zénon l’encourageait d’ailleurs à s’exercer à ces travaux, et lui ordonnait de rapporter chaque jour son obole. Un jour il apporta devant ses élèves tout le gain amassé par lui, et dit : « Cléanthe pourrait assurément nourrir un autre Cléanthe, s’il voulait. Tandis que ceux qui ont largement de quoi vivre vont demander aux autres le nécessaire, et philosophent avec moins d’ardeur. » Aussi appelait-on Cléanthe un second Hercule. S’il était grand travailleur, il avait en revanche l’esprit étroit et lent à l’excès. Timon le raille en ces termes :

Quelle arme molle et émoussée est tombée sur les hommes,

Quelle pierre de mots d’Assos sans puissance ?

Ses condisciples le raillaient, mais il ne s’en souciait pas, et quand il s’entendait appeler âne, il disait : « Sans doute, mais je suis le seul âne capable de porter le bât de Zénon. » On lui reprochait une autre fois sa timidité, il répondit : « Je lui dois de ne faire que peu de fautes. » Préférant son existence à celle des riches, il disait : « Tandis qu’ils jouent aux dés, je travaille à creuser la terre dure et stérile. » Souvent il se faisait des reproches à lui-même. Ariston l’entendit un jour et lui demanda : « A qui donc en as-tu ? » — « A un vieillard, lui répondit-il en riant, qui a bien des cheveux blancs, mais qui n’a pas d’esprit. » Quelqu’un lui dit une fois qu’Arcésilas négligeait ses devoirs : « Taisez-vous donc, dit-il, et ne le blâmez pas, car, s’il ne prononce guère le mot devoir, il le recommande par ses actes. » Et à Arcésilas, qui répliquait : « Ne me flatte pas », Cléanthe dit : « Est-ce donc te flatter, dire que tes actes ne correspondent pas à tes paroles ? » Quelqu’un lui demandait ce qu’il devait apprendre à son fils : « Le mot d’Électre », dit-il,

Silence, silence, marche doucement...

Il répondit joyeusement à un Spartiate qui lui déclarait que le travail était un bien :

Tu es sorti d’un sang noble, ô mon fils !

Hécaton (Sentences) rapporte l’anecdote suivante un jeune et beau garçon dit à Cléanthe : « Si l’on dit de celui qui frappe à l’estomac qu’il estomaque, il faut dire de celui qui frappe aux fesses qu’il fesse. » A quoi Cléanthe répondit : « Puisses-tu donc, jeune homme, recevoir souvent des fessées ! » (car les termes analogues n’indiquent pas toujours des actions analogues[2].Une autre fois il demanda à un jeune homme qui s’entretenait avec lui s’il était sensible. L’autre lui dit oui : « Pourquoi donc alors, lui dit-il, ne pas me faire sentir que tu es sensible ? » Le poète Sosithée disait un jour en sa présence :

Ceux que la folie de Cléanthe mène paître comme des boeufs.

Il ne changea pas pour cela de visage, à la grande admiration des assistants, qui applaudirent le philosophe et chassèrent Sosithée. Celui-ci présenta ses excuses à Cléanthe, qui lui pardonna en ces termes : « Il serait étrange que je m’afflige d’une légère injure, quand Dionysos et Héraclès ne s’irritent point d’être l’objet des railleries des poètes. » Il aimait à dire que les Péripatéticiens étaient comme les lyres, qui émettent de beaux sons, mais n’écoutent pas. Il avait dit d’après Zénon qu’on pouvait reconnaître le caractère à l’apparence physique. De jeunes plaisantins lui amenèrent un paysan débauché, mais aux mains calleuses, et lui demandèrent d’en reconnaître le caractère. Cléanthe, fort embarrassé, dit à l’homme de s’en aller, mais celui-là, en s’en allant, se mit à éternuer. « Je le tiens, dit alors Cléanthe, c’est un voluptueux ! » Un homme se parlait tout haut. « Tu parles à un brave homme, lui dit-il. » Un autre lui reprochait sa vieillesse, il lui dit : « Moi aussi, je veux bien m’en aller, mais quand je me vois en bonne santé, et encore capable de lire et d’écrire, je change d’avis et je reste. » On dit qu’il écrivait les notes qu’il prenait chez Zénon, sur des tuiles et des omoplates de boeuf, parce qu’il n’avait pas d’argent pour s’acheter des tablettes. Tel, il eut une si grande réputation que, malgré la présence autour de lui de nombreux autres disciples réputés de Zénon, il reçut la direction de l’école. Il a laissé des livres tout à fait beaux dont voici la liste : Du Temps, de la Physiologie de Zénon (deux livres), Exposé de la doctrine d’Héraclite (quatre), de la Sensation, de l’Art, Contre Démocrite, Contre Aristarque, Contre Hérillos, Sur le Désir (deux), Archéologie, des Dieux, des Géants, de l’Hyménée, du Poète, du Devoir (trois), du Bon conseil, de la Grâce, Protreptiques, des Vertus de l’esprit, de Gorgippe, de l’Envie, de l’Amour, de la Liberté, Art d’aimer, de l’Honneur, de la Gloire, de la Politique, du Conseil, des Lois, du Jugement, de la Conduite, du Discours (trois), du Souverain bien, des Belles choses, des Actions, de la Science, de la Royauté, de l’Amitié, du Banquet, Que la vertu de l’homme est la même que celle de la femme, Que le sage philosophe, des Maximes, Diatribes (deux), du Plaisir, de la Justesse des termes, des Termes ambigus, de la Dialectique, des Tropes, des Prédicats. Voilà ses ouvrages. Voici maintenant comment il mourut : il eut une tumeur à la gencive, et sur l’ordre des médecins, resta deux jours à la diète. Il se guérit alors si bien que les médecins lui permirent de se nourrir comme d’ordinaire. Mais il s’entêta à ne plus manger en alléguant qu’il avait déjà parcouru une assez longue route, si bien qu’il mourut de faim, âgé, selon certains auteurs, de quatre-vingts ans, après avoir été pendant dix-neuf ans élève de Zénon. Je l’ai moi aussi raillé en ces vers :

Je loue Cléanthe, mais plus encore Hadès,

Car voyant cet homme si vieux, il ne put souffrir

Qu’il fût privé pour toujours de repos chez les morts,

Après avoir tant peiné pendant sa vie.

CLÉARQUE : général spartiate. Il se distingua à la fin de la guerre du Péloponnèse et en 406 reçut de Callicratidas mourant le commandement à la bataille des îles Arginuses. À Byzance et en Thrace, il exerça une telle tyrannie que les éphores envoyèrent des troupes contre lui. Il se réfugia auprès de Cyrus le Jeune, enrôla pour lui 12 000 mercenaires grecs et les conduisit jusqu’à Cunaxa. Après la bataille (401), il commença la retraite des Dix Mille et fut assassiné avec vingt-quatre autres chefs dans une entrevue sur les bords du Tigre et du Zabatès, que lui avait proposée Tissapherne.

 

CLEARQUE de SOLES:  philosophe péripatéticien, appelé ainsi du nom de la ville de Soles (île de Chypre) où l'on suppose qu'il naquit ou professa; il vivait au IVe siècle avant notre ère. Il ne reste absolument rien des nombreux ouvrages qu'il avait composés ou compilés. Tout au plus sait-on qu'il a écrit un Traité sur la flatterie et plusieurs recueils de biographies, d'énigmes et d'histoires galantes. Tous les renseignements à peu près positifs sur ce philosophe que l'on peut trouver disséminés dans les textes anciens ont été réunis dans une Dissertation inaugurale due à J.-B. Verraert, publiée à Gand en 1828.

 

CLEF : symbole de la connaissance druidique, elle était portée autour du cou par la sorcière Dahud.

 

CLÉIA : l’une des Hyades.

 

CLÉIDOUCHOS : qui garde les clefs. Épithète d’Hadès, de certains prêtres et des divinités inférieures.

 

CLÉIS : nymphe qui, avec ses sœurs, éleva Dionysos dans l’île de Naxos.

 

CLEITECH : demeure des dieux celtes en Irlande qui devint celle des premiers rois.

 

CLEMENTIA : la clémence. Déesse romaine qui figurait souvent sur les monnaies, ayant dans la main droite une balance et une lance dans la main gauche.

 

CLÉOBÉE : mère d’Eurythémis. Femme de Thestios.

 

CLÉOBÉE : habitante de Paros. Elle fit passer le culte orgiaque de Déméter de Paros à Thasos. Dans la Lesché de Delphes, elle était représentée portant le coffre sacré de la déesse.

 

CLÉOBÉE : mère de Philonis. Avec Hermès, elle eut un fils nommé Philammon .

 

CLÉOBIS : frère de Biton. Fils d’une prêtresse d’Héra. Les taureaux qui devaient tirer le char de leur mère jusqu’au temple s’étant égarés, Cléobis et Biton s’attelèrent eux-mêmes et traînèrent le char sur une distance de quarante-cinq stades.

 

CLÉOBULE : l’un des sept sages de la Grèce. Il vécut au VIe siècle av. J.-C., régna à Rhodes après son père Évagoras et voyagea en Égypte pour étudier la philosophie.

 

CLÉOBULÉ : mère d’Euripide qu’elle eut d’Apollon.

 

CLÉOBULÉ : épouse d’Aléos qui lui donna pour fils Céphée et Amphidamas.

 

CLÉOBULÉ : épouse d’Alector. Mère de Léitos qui commanda les Béotiens pendant la guerre de Troie.

 

CLÉOBULÉ : fille d’Éole. Mère de Myrtile qu’elle eut d’Hermès.

 

CLÉOCHARÉE : Naïade. Mère d’Eurotas qu’elle eut de Lélex.

 

CLÉOCHOS : père d’Arée.

 

CLÉODÉE : fils d’Hyllos. Père d’Aristomaque. Il mourut lors d’une expédition contre les pélopides.

 

CLÉODICÉ : fille de priam et d’hécube.

 

CLÉODORA : mère de Parnassos qu’elle eut de Cléopompe ou de Poséidon.

 

CLÉODORA : une des danaïdes, qui tua son fiancé Lixos.

 

CLÉODOXA : une des filles de Niobé.

 

CLÉOLAOS : fils d’Héraclès et de la thespiade Argélé.

 

CLÉOMBROTE : général spartiate. Il commanda l’armée grecque après la mort de Léonidas aux Thermopyles et mourut à Salamine.

 

CLÉOMBROTE Ier : roi de Sparte (480-475 av. J.-C.). Il combattit les Thébains et fut tué à Leuctres.

 

CLÉOMBROTE II : roi de Spartede 380 à 371 après la déposition de son beau-père Léonidas .

 

CLÉOMÈDE : athlète d’Astypalée. Les juges refusèrent de lui donner le prix de sa victoire aux jeux olympiques parce qu’il avait tué l’Épidaurien Iccos, son adversaire. Il en perdit la raison et retourna à Astypalée où il renversa les colonnes d’un gymnase sous lequel périrent soixante enfants. Poursuivi, il se réfugia dans le temple d’Athéna où il disparut. L’oracle ordonna qu’on l’adorât comme le dernier des mortels admis au rang des héros.

 

CLÉOMÈDE : astronome grec du IIe siècle ap. J.-C. Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé : Théorie des mouvements circulaires des corps célestes. Il s’appuya sur les doctrines de Posidonios, d’Hipparque, d’Ératosthène et prouva la sphéricité de la terre. Il distingua les planètes et leur mouvement propre des astres fixes. Le premier, il parla de la réfraction de la lumière.

Extrait des théories de Cléomède: La sphère céleste est divisée en cinq zones correspondant à celle de la sphère terrestre : 1° la zone arctique; 2° la zone intermédiaire entre le tropique d'été et le cercle arctique; 3° la zone du milieu, comprise entre les deux tropiques (d'été et d'hiver), et divisée en deux parties égales par la ligne équinoxiale; 4° la zone intermédiaire entre le tropique d'hiver et le cercle antarctique; 5° la zone antarctique. Les deux zones extrêmes (arctique et antarctique) sont inhabitables à cause de l'extrême froid, et la zone du milieu est inhabitée à cause de l'extrême chaleur. Les deux zones intermédiaires, ou tempérées, sont seules habitées; elles se divisent chacune en deux parties, dont l'une comprend les Périèques;ou habitants opposés par les épaules, et l'autre les Antipodes, ou habitants opposés par les pieds… Quant à la sphéricité de la Terre, elle est appuyée sur d'excellents arguments, qu'on fait encore aujourd'hui valoir.

 

CLÉOMÈNE Ier : roi de Sparte (519-490 av. J.-C.). Fils et successeur d’Anaxandride, il soutint le parti aristocratique d’Athènes commandé par Isagoras contre Clisthène et les démocrates après 510. Il fit déposer son collègue Démarate et se tua dans un accès de folie furieuse.

 

CLÉOMÈNE II : roi de Sparte. Fils de Cléombrote Ier, successeur de son frère Agésipolis II (370-309 av. J.-C.).

 

CLÉOMÈNE III : roi de Sparte (236-222 av. J.-C.). Fils et successeur de Léonidas II. Inspiré par ses maîtres stoïciens et par sa femme Agiatis, il séduisit l’armée par une politique toute guerrière, battit plusieurs fois Aratos et les Achéens en Arcadie ; puis il marcha sur Sparte, surprit et tua les éphores et rétablit les fonctions sociales et militaires attribuées à Lycurgue. Aratos, menacé de perdre la prépondérance en Grèce, appela à son secours les Macédoniens d’Antigone Doson, roi de Macédoine, qui battirent Cléomène à Sellasie en 222. Fuyant à Alexandrie, il essaya vainement de soulever le peuple contre Ptolémée IV et se tua en 220.

 

CLÉOMÈNE : sculpteur athénien du Ier siècle av. J.-C. On lui attribue la Vénus de Médicis.

 

CLÉOMÈNE DE NAUCRATIS : nomarque grec d’Arabie nommé par Alexandre le Grand après la conquête de l’Égypte, en 331 av. J.-C. Il assura aussi la fonction d’administrateur financier du pays. Ayant exaspéré les Égyptiens par ses pressions fiscales, il fut mis à mort par Ptolémée Ier Soter.

Extrait d'Agis et Cléomène par Plutarque: Cléomène, lui, partit d’Égialie et débarqua en Afrique, où les officiers du Roi l’accueillirent et l’escortèrent jusqu’à Alexandrie. En le voyant Ptolémée lui fit d’abord un accueil d’une courtoisie banale et correcte ; mais Cléomène sut bientôt se faire apprécier et montrer l’étendue de son intelligence. Dans ses entretiens journaliers avec le Roi d’Egypte, il savait donner du charme à la simple franchise de Lacédémone ; et sans jamais avilir la dignité de sa naissance ni se courber sous les coups de la Fortune, il se faisait mieux écouter que les courtisans qui avaient seulement en vue de plaire par leurs flatteries. Ptolémée conçut donc beaucoup de respect pour lui ; il se repentit de son indifférence envers un homme pareil et regretta de l’avoir sacrifié à Antigone, qui n’avait déjà que trop de gloire et de puissance. Il chercha, dès lors, à regagner Cléomène, à force d’honneurs et d’attentions. Il l’encourageait même en lui promettant de le renvoyer en Grèce avec des vaisseaux et de l’argent, et de le rétablir sur son trône. Il lui faisait, de plus, une pension de vingt-quatre talents par an. Cléomène prenait sur cette somme de quoi pourvoir à son entretien et à celui de ses amis, de façon simple et frugale. Il en consacrait la plus grande partie à des charités et à des dons aux exilés de Grèce qui arrivaient en Egypte.

LIV. Mais le vieux Ptolémée mourut avant d’avoir assuré le retour de Cléomène en Grèce ; et la cour tomba aussitôt dans un grand dérèglement, l’ivrognerie et le culte des femmes ; on négligeait donc, entre autres choses, les affaires de Cléomène. Car le Roi lui-même était tellement corrompu par les femmes et la boisson que, dans ses meilleurs moments de sobriété et d’activité, il célébrait des fêtes auxquelles il convoquait ses courtisans en battant du tambour dans son palais. Aussi les affaires d’État les plus importantes étaient-elles réglées par sa maîtresse Agathoclée, la mère de cette personne et l’entremetteur Oenanthès. Cependant, pour en revenir à Cléomène, Ptolémée parut au début avoir besoin de lui. Car, redoutant son frère Magas, qui avait, par sa mère, de l’influence sur l’élément militaire, il prit Cléomène avec lui et le fit participer à des conciliabules secrets, où il mettait en délibération la mort de Magas. Mais Cléomène, quoique tout le monde invitât le Roi à commettre le crime, s’y opposa seul, en disant qu’il faudrait plutôt, si c’était possible, donner au Roi plusieurs frères pour sa sûreté et la conduite des affaires. Et comme Sosibios, le plus puissant des amis du Roi, déclarait que la fidélité des mercenaires n’était pas assurée tant que Magas vivait, Cléomène l’engagea à ne pas s’en soucier : «En effet, expliqua-t-il, plus de trois mille de ces étrangers sont des Péloponnésiens qui ont de la considération pour moi, et il me suffirait d’un signe pour les voir pleins d’enthousiasme se ranger à mes côtés. » Cette déclaration parut, sur le moment, une bonne preuve du dévouement de Cléomène pour le Roi et donna aussi une haute idée de sa puissance. Mais par la suite, la faiblesse de Ptolémée aggravant sa poltronnerie, il finit, comme il arrive toujours quand on n’a aucun bon sens, par croire que craindre tout et se défier de tout était le parti le plus sûr. Alors le souvenir des propos de Cléomène le fit redouter des courtisans, en raison de son influence sur les soldats étrangers, et l’on pouvait entendre beaucoup de gens dire : « C’est un lion qui se démène au milieu de ces moutons ! » Car, en réalité, tel était le caractère qu’il montrait parmi les amis du Roi, les dévisageant avec calme et observait de haut toute leur conduite.

LV. Il renonça, dans ces conditions, à demander des vaisseaux et une armée. Mais, apprenant qu’Antigone était mort [59] , que les Achéens se trouvaient engagés dans une guerre contre les Étoliens et que la situation exigeait impérieusement sa présence, le Péloponnèse étant livré au désordre et aux convulsions, il voulait y être envoyé seul avec ses amis, mais il ne convainquait personne ; car le Roi ne daignait même pas lui donner audience, confiné dans un cercle étroit de femmes, où se succédaient les cortèges joyeux et les parties fines. Quant au dépositaire de l’autorité totale, investi du pouvoir de décision, Sosibios, il pensait que retenir Cléomène contre son gré, c’était le rendre intraitable et terrible ; mais comment lâcher un héros aussi audacieux, animé d’aussi grandes ambitions, et qui avait vu de si près les points faibles de la monarchie égyptienne ? Car même les présents ne l’adoucissaient pas ; au contraire. Le boeuf Apis, qui vit dans l’abondance, et, en apparence, au comble des délices, est possédé du désir de mener une vie conforme à sa nature, de courir et de s’ébattre en liberté, et l’on voit bien qu’il supporte malaisément la tutelle des prêtres. De même Cléomène ne trouvait aucun charme à la vie molle,

mais son coeur se consumait

comme celui d’Achille,

qui, restant sur place, regrettait les cris de guerre et la lutte .

LVI. Telle était sa situation quand Nicagoras de Messène vint à Alexandrie. C’était un homme qui haïssait Cléomène, mais feignait d’être son ami. Il lui avait vendu autrefois une belle propriété, que le manque d’argent, je crois, de loisirs, prétend-on, et aussi les guerres successives n’avaient pas permis à Cléomène de payer. En le voyant débarquer de son vaisseau de transport, ce Prince, qui était en train de se promener sur le quai, l’embrassa cordialement et lui demanda quel motif l’amenait en Egypte. Nicagoras lui rendit ses baisers avec tendresse et lui apprit qu’il amenait au Roi de beaux chevaux de bataille. Cléomène se mit alors à rire et lui dit : « Je préférerais que tu lui eusses amené des joueuses de harpes  et des sauteurs ; car c’est maintenant ce qui séduit le plus le Roi.» Nicagoras sourit sur le moment ; mais peu de jours après il rappela à Cléomène la vente de sa terre et le pria de la lui payer enfin. Il ajouta qu’il ne l’aurait pas tourmenté, s’il n’avait pas fait des pertes sérieuses sur sa cargaison. Cléomène affirmant qu’il ne lui restait rien de sa pension. Nicagoras mécontent alla rapporter à Sosibios la plaisanterie du Roi de Sparte. Le ministre accueillit avec plaisir cette dénonciation ; et, cherchant un grief plus sérieux pour achever d’irriter Ptolémée, il décida Nicagoras à écrire et à lui laisser une lettre où il accuserait Cléomène d’être résolu, s’il recevait du Roi d’Egypte des trières et des soldats, à occuper Cyrène. Nicagoras écrivit donc, avant de s’embarquer, la prière demandée ; et Sosibios, quatre jours après, alla porter cette lettre à Ptolémée, comme s’il venait de la recevoir. Il excita si bien le jeune Prince que celui-ci donna l’ordre de renfermer Cléomène dans une grande maison, où il continuerait de toucher exactement la même pension, mais sans pouvoir jamais sortir.

LVII. Il y avait déjà là de quoi contrarier Cléomène ; mais ses perspectives d’avenir furent encore assombries par l’incident que voici. Ptolémée, fils de Chryserme et ami du Roi, avait eu de tout temps des relations amicales avec Cléomène, la familiarité et la franchise régnaient entre eux. Aussi Cléomène l’ayant alors prié de venir le voir, il vint et lui parla sur le ton convenable, s’efforçant de dissiper ses soupçons et de justifier la conduite du Roi. Mais, en sortant de la maison, comme il n’avait pas remarqué que Cléomène le suivait jusqu’à la porte, il fit d’amers reproches aux gardiens, qui, d’après lui, surveillaient négligemment et avec mollesse une bête féroce difficile à rattraper, si elle s’échappait. Cléomène, qui avait entendu lui-même ces propos, se retira avant que Ptolémée ne s’aperçût de sa présence, et alla les rapporter à ses amis. Aussitôt d’une seule voix, abandonnant leurs espérances primitives, ils décidèrent, sous le coup de la colère, de se défendre contre l’injustice et la violence de Ptolémée. Ils chercheraient une mort digne de Sparte sans attendre d’être coupés en morceaux comme des victimes engraissées ; car il serait affreux que Cléomène, après avoir dédaigné toute négociation avec Antigone, Prince guerrier et énergique, restât tranquillement à attendre le bon plaisir d’un Roi saltimbanque, qui, pour le tuer, déposerait, au premier jour, son tambourin et ferait faire halte à son cortège bachique.

LVIII. Cette décision prise, et Ptolémée étant justement parti pour Canope, ils répandirent d’abord le bruit que le Roi faisait sortir Cléomène de prison ; puis, comme c’est une coutume royale d’envoyer aux détenus qui vont être élargis un repas et des présents d’hospitalité, les amis de Cléomène préparèrent quantité de victuailles et de cadeaux, qu’il lui expédièrent du dehors, trompant ainsi les gardes, qui croyaient que tout cela venait du Roi. Cléomène, en effet, offrit un sacrifice, et partagea très largement avec ses geôliers. Il distribua des couronnes à ses amis et se mit à table pour festoyer en leur compagnie. Il passa, dit-on, à l’action, plus tôt qu’il ne l’avait prévu, sachant qu’un serviteur, qui était dans le secret, venait de sortir pour retrouver sa maîtresse. Craignant une dénonciation, quand il fut midi et qu’il vit les gardes dormir du sommeil de l’ivresse, il prit sa tunique, dont il décousit la manche gauche, et bondit au dehors, l’épée nue, avec ses compagnons équipés de même et qui étaient au nombre de treize. Hippitas, qui était boiteux, partit avec eux, dans le premier élan, non sans ardeur ; mais, voyant qu’ils allaient plus lentement à cause de lui, il leur dit de le tuer et de ne pas perdre la partie pour attendre un inutile. Il se trouva qu’un Alexandrin passait le long des portes de la maison en menant un cheval. Ils prirent le cheval, y firent monter Hippitas et se mirent à courir à travers les rues en appelant le peuple à la liberté. Mais les gens du pays avaient tout juste, à ce qu’il semble, assez de courage pour louer et admirer l’audace de Cléomène ; quant à l’accompagner et à lui donner du renfort, nul ne s’y risquait. Cependant, comme Ptolémée, fils de Chryserme, sortait du palais, trois des amis de Cléomène tombèrent aussitôt sur lui et le tuèrent. Un autre Ptolémée, le gardien de la ville, poussant son char contre eux, ils firent front, dispersèrent ses esclaves et ses satellites, le renversèrent de son char et le tuèrent. Puis ils allèrent à la citadelle, comptant forcer les portes de la prison et enrôler la foule des détenus. Mais les geôliers les avaient devancés en se barricadant si bien qu’ayant encore échoué dans cette tentative Cléomène alla de côté et d’autre, errant dans la ville, sans que personne l’approchât ; tout le monde, au contraire, fuyait avec terreur. Ainsi donc, renonçant à ses projets, il dit à ses amis : « Il n’est pas étonnant, en vérité, que les femmes commandent dans un pays où les hommes fuient la liberté ! » Il les engagea tous à mourir d’une façon digne de lui et de leurs exploits. Hippitas fut, sur sa demande, frappé le premier par un des jeunes ; ensuite chacun des autres s’égorgea de bonne grâce et sans crainte, sauf Pantée, le premier qui fût entré à Mégalopolis. C’était le plus beau des jeunes gens et le mieux fait pour se conformer à la discipline spartiate. Le Roi, qui l’avait eu pour mignon, lui donna l’ordre de ne mourir que quand il l’aurait vu tomber, lui et les autres. Ils étaient déjà tous à terre quand Pantée survint, et il les tâtait tous avec son poignard pour voir si quelqu’un ne respirait pas encore sans qu’on le sût. Comme, après avoir aussi piqué Cléomène au talon, il vit une contraction sur son visage, il l’embrassa et s’assit près de lui ; puis, quand le Roi fut mort, il l’entoura de ses bras et se tua sur son corps.

 

CLÉON : orateur et homme d’état athénien. Premier homme du peuple arrivé au pouvoir (il était tanneur), il commença par attaquer les amis de Périclès. Chef de la démocratie athénienne, partisan de la guerre, il contribua à la prise des 400 spartiates de l’île de Sphactérie. Envoyé contre le spartiate Brasidas en Thrace, il fut vaincu et tué près d’Amphipolis en 422.

 

CLÉON : ingénieur des irrigations du Fayoum sous Ptolémée II Philadelphe. Il tomba en disgrâce, victime des colères du roi mécontent.

 

CLÉONÉ : une des douze filles d’Asopos et de Méthoné. Elle donna son nom à la ville de Cléones dans le Péloponnèse.

 

CLÉONÈS : fils de pélops. Il donna son nom à la ville de Cléones entre Argos et Corinthe.

 

CLÉONYME : second fils de Cléomène II. Il secourut les Tarentins, en 303 av. J.-C. contre les Lucaniens. Devenu pirate, il s’allia en 272 à Pyrrhus.

 

CLÉOPÂTRE : nom de plusieurs reines sous les Ptolémées, de 323 à 30 av. J.-C.

 

CLÉOPÂTRE : fille de Borée et d’Orithyie. Épouse de Phinée. Mère de plexippos et de pandion.

 

CLÉOPÂTRE : fille d’Idas et de Marpesse. Épouse de Méléagre. Elle se pendit de désespoir à la mort de son mari.

 

CLÉOPÂTRE : fille de Tros et de Callirrhoé.

 

CLÉOPÂTRE : Danaïde. Elle tua son fiancé Métalcès.

 

CLÉOPÂTRE : nièce du général macédonien Attale. Elle épousa Philippe qui avait répudié Olympias. Celle-ci la fit périr avec son jeune fils en 335 av. J.-C.

 

CLÉOPÂTRE : fille de Philippe et d’Olympias. Elle épousa son oncle Alexandre d’Épire en 336 av J.-C. Philippe fut assassiné pendant les fêtes du mariage. Veuve en 326, recherchée par plusieurs officiers d’Alexandre le Grand, elle vivait à sardes. Lorsqu’elle voulut se rendre en Égypte, elle fut assassinée par l’ordre d’Antigone (308).

 

CLÉOPÂTRE Ier : fille d’Antiochos III le Grand. Épouse de Ptolémée V de 193 à 181 av. J.-C., elle apporta en dot la Célésyrie à l’Égypte. Elle gouverna au nom de son fils Ptolémée Philométor et mourut en 174.

 

                                                           

 

CLÉOPÂTRE II : fille de la précédente. Veuve du roi Ptolémée VI Philométor, elle épousa Ptolémée VIII Évergète II, son demi-frère. Elle fut forcée d’épouser son autre frère Physcon, meurtrier du jeune fils de Philométor. Elle régna de 130 à 127 av. J.-C. lors de la fuite de son époux à Chypre. Répudiée, vaincue, elle se retira vers 130 auprès de son gendre Démétrios, roi de Syrie.

 

                                                        

 

CLÉOPÂTRE III  : fille de la précédente et de Ptolémée VI. Elle épousa Alexandre I Balas, usurpateur de Syrie, puis Démétrios II et son frère Antiochos VII Sidétès. Meurtrière de Démétrios, elle tua elle-même leur fils aîné Seleucos, gouverna au nom du second, Antiochos VIII, voulut l’empoisonner mais fut forcée par lui de boire la coupe qu’elle lui présentait, vers 121 av. J.-C.

 

                                            

                                                                                                            Cléopâtre III Théa Eueteria et Alexandre I Balas          

 

CLÉOPATRE IV : nièce de Ptolémée VIII Évergète II et rivale de Cléopâtre II. Elle fut à l’origine de la révolte des Égyptiens lorsqu’elle se maria avec son oncle.

 

CLÉOPATRE V:  fille du roi d’Égypte Ptolémée Evergète II et de Cléopâtre III/ Elle épousa successivement son frère Ptolémée IX Soter en 112, Antiochos VIII en 102, son beau-frère Antiochos IX en 96 et son gendre Antiochos X en 95. Elle eut une fille, Bérénice III qui épousera son cousin Ptolémée XI Alexandre II qui la fera assassiner en 80. Cléopâtre V se maintiendra sur le trône à Ptolémaïs avant d'être torturée et massacrée par Tigrane II d'Arménie en 69 dans la forteresse de Séleucie.

 

CLÉOPÂTRE VI : sœur de la précédente. Seconde femme de Ptolémée Physcon. Elle soutint son second fils, Alexandre, contre l’aîné, Ptolémée Lathyre. Alexandre triompha, mais épouvanté des fureurs de sa mère qui voulait le faire périr, il ordonna sa mort en 89 av. J.-C.

 

CLÉOPÂTRE VII PHILOPATOR : la plus célèbre des Cléopâtre, elle fut une reine populaire et aimée (69-30 av. J.-C.). Grande séductrice, elle subjugua César avec qui elle eut un fils, puis se fit épouser par Antoine. Voulant régner sans partage, elle fit assassiner sa sœur réfugiée à Éphèse. Ses liaisons, plus politiques que sentimentales, visaient à rétablir son autorité et à affermir un trône qui aurait fait d’elle la plus puissante reine d’Orient. Mais la défaite d’Actium ruina ses projets. Face à un Octave intransigeant, elle préféra mettre fin à ses jours en se faisant mordre par un aspic.

Extrait de Cléopâtre de Virgile à Mankiewicz, Origine et évoution d'un mythe Par Renault Calvat(1995): I) La vie inimitable

L'alliance entre Antoine et Cléopâtre avait pour objet de recréer un empire à l'image de celui d'Alexandre le Grand. Ils affirmaient cette volonté très forte dans l'Antiquité, de fonder l'empire universel. Cela pouvait se réaliser grâce à l'union entre la reine lagide, qui représentait la légitimité en tant qu'héritière du conquérant grec, Alexandre, et Marc Antoine et ses légions, représentant d'une, si ce n'est de la plus grande puissance politique de l'époque. Ils ont donc construit un immense empire oriental, qui allait de la Grèce au Nord à la Cyrénaïque au Sud et jusqu'à l'Euphrate à l'Est, tandis qu'Octavien devait se contenter de l'Occident. Un mode de gouvernement pyramidal caractérisait cet empire, avec au sommet, le couple Antoine/Cléopâtre associé à Césarion, fils de César, puis venaient les enfants de la reine et du triumvir, et finalement tous les gouverneurs de provinces et dynastes locaux.

Le mode de gouvernement politique de l'empire de Cléopâtre était une synthèse entre l'organisation politique grecque, en cité (polis) et les traditions de l'Egypte pharaonique. Il se caractérisait par la divinisation du souverain qui entraînait automatiquement un pouvoir fort. Ce régime, presque théocratique, était répandu dans la quasi-totalité de l'Orient méditerranéen. Des études intéressantes sur ce qu'on a l'habitude d'appeler le despotisme oriental ont mis l'accent sur l'importance du rôle de l'eau et de la théocratie dans ces régions (croissant fertile) . En Egypte par exemple, le pharaon est le garant de la crue du Nil. Il y a comme un accord entre lui et les dieux pour que le fleuve puisse déposer son limon, fertiliser l'Egypte et ainsi éviter la famine. L'une des caractéristiques les plus importantes de cette forme de monarchie reposait donc sur la supériorité religieuse des gouvernants sur les gouvernés et donc sur leur vie totalement différente de celle des simples mortels.

Quand Antoine résida définitivement à Alexandrie, il fonda avec Cléopâtre une association dite "la Vie Inimitable". Cette organisation religieuse, fondée sur la mystique dionysiaque, avait pour objetif de concrétiser la divinisation des souverains. Une anecdote, rapportée par Plutarque, témoigne du style de vie d'Antoine et de Cléopâtre. Ce texte nous raconte la rencontre entre Marc Antoine et la reine en 41 avant J.-C. à Tarse, ville de Cilicie : "Elle se mit à remonter le Cydnus sur un navire à la poupe d'or, avec des voiles de pourpre déployées et des rames d'argent manoeuvrées au son de la flûte mariée à celui des syrinx et des cithares. Elle même était étendue sous un dais brodé d'or et parée comme les peintres représentent Aphrodite. Des enfants, pareils aux Amours qu'on voit sur les tableaux, debout de chaque côté d'elle, la rafraîchissaient avec des éventails. Pareillement, les plus belles de ses servantes, déguisées en Néréides et en Grâces, étaient les unes au gouvernail, les autres aux cordages. De merveilleuses odeurs exhalées par de nombreux parfums embaumaient les deux rives...Le bruit se répandait partout que c'était Aphrodite qui, pour le bonheur de l'Asie, venait en partie de plaisir chez Dionysos." 

Cléopâtre était donc assimilée à Aphrodite/Isis et Marc Antoine à Dionysos, dieu qui avait servi les intérêts d'Alexandre le Grand. Le cérémonial de la rencontre de Tarse atteignit tous ces objectifs. En effet, Plutarque termine le passage en nous disant que Marc Antoine se retrouva seul sur la place de la ville pour attendre Cléopâtre, tout le peuple de Cilicie s'étant agglutiné sur les rives du fleuve pour voir passer la déesse Cléopâtre. La reine avait besoin de manifester son autorité et sa puissance sur des territoires qu'elle revendiquait.

A l'inverse, Octavien se voulait le porte-parole de la simplicité et de la rigueur. Nous connaissons, grâce à Suétone, ses habitudes de frugalité alimentaire : "En fait de nourriture, -car je ne veux pas négliger même ces détails-, il était fort sobre et de goût presque vulgaire. Ce qu'il préférait, c'était le pain de ménage, les petits poissons, le fromage de vache pressé à la main et les figues fraîches...Il était également très sobre de vin, par nature. Il ne buvait d'ordinaire pas plus de trois fois par repas. Plus tard, dans ses plus grands excès, il ne dépassa pas douze cyathes. "

Nous sommes bien loin des festins de la "Vie Inimitable" d'Antoine et Cléopâtre à Alexandrie. L'idéologie d'Octavien était bien évidemment totalement différente de celle de son rival Marc Antoine. Deux modes de pensée, deux civilisations différentes se sont affrontés le 2 septembre 31 avant J.-C. à Actium. Toute la propagande d'Auguste consista donc à vider de son aspect mystique le mode de gouvernement d'Antoine et de Cléopâtre, à le dénaturer pour en faire un objet de critique et de désapprobation pour les Romains, et, ce qu'il n'avait peut être pas prévu, pour la postérité.



II) Du luxe à la luxure, l'image développée par Auguste

A) Avant la bataille d'Actium

C'est durant la période qui va de la mort de César à la bataille d'Actium, que se sont mis en place les clichés qui vont définir Cléopâtre tout au long des siècles. Quelque temps avant la bataille, Octavien fit un discours devant ses troupes. Il nous est rapporté par Dion Cassius : "Qui ne sangloterait en apprenant que des chevaliers et des sénateurs la flattent comme des eunuques ? Qui ne se lamenterait en apprenant et en voyant qu'Antoine (...) a maintenant abandonné toutes les façons de vivre de nos pères, a épousé toutes les coutumes étrangères et barbares, (...) se prosterne au contraire devant cette femme comme devant une Isis ou une Sélénè, a pris enfin lui-même le nom d'Osiris et de Dionysos." "Qu'on ne le considère plus comme Romain, mais comme Egyptien, ni ne l'appelle plus Antoine, mais d'un nom comme Sérapion! Qu'on ne considère plus qu'il a été un jour consul ou imperator, mais gymnasiarque! Car ces noms, il les a volontairement échangés avec les précédents et, après avoir rejeté tous les sujets de fierté de ses ancêtres, le voilà devenu joueur de cymbale de Canope . "Il est impossible à qui vit dans un luxe de roi et une mollesse de femme de penser et d'agir en homme, puisque c'est une nécessité absolue qu'on s'assimile aux moeurs auxquelles on s'adonne." Que pourrait-on craindre de lui ? Sa vigueur physique ? Il a dépassé la force de l'âge et il s'est efféminé. La force de son esprit ? Il agit comme une femme et vit en parfait débauché." Les thèmes du despotisme et de la luxure apparaissent clairement à la lecture de ce texte, il n'est à aucun moment fait état des origines grecques de Cléopâtre, elle n'est qu'une égyptienne, une barbare. Octavien met aussi l'accent sur un autre thème porteur, la haine du matriarcat. Il était en effet impensable pour la plupart des Romains qu'un état puisse être gouverné par des femmes, et le discours comporte six références à ce rejet du matriarcat. Antoine passa donc du statut d'homme soumis à la beauté ou au poison de Cléopâtre, à celui de traître à ses traditions et à ses dieux. Octavien transforma le processus de divinisation d'Antoine et de Cléopâtre en une simple relation de domination, vidée de tout sens mystique.

Octavien alla jusqu'à utiliser les supports des objets de la vie courante dans sa propagande. Il fit fabriquer des coupes en céramiques sur lesquelles étaient peintes des images du couple Omphale/Hercule. Hercule, pour se racheter du meurtre d'un de ses meilleurs amis fut envoyé en esclavage par l'oracle de Delphes au service de la reine de Lydie, Omphale. Pendant un an, la reine porta les vêtements du héros, la massue et la peau de lion, les attributs du héros grec, et Hercule, quant à lui, devait revêtir des vêtements de femme et passait son temps à coudre et à filer la laine. L'allégorie entre le couple Omphale/Hercule et Cléopâtre/Antoine est ici évidente. Antoine était devenu l'esclave de la perfide reine Cléopâtre, comme Hercule avait été celui d'Omphale.

La politique de désinformation entreprise par Octavien ne cessa pas une fois la bataille remportée. Bien au contraire, l'image de Cléopâtre, transformée par ses services de propagande, allait devenir le repoussoir parfait du nouveau régime.


B) Le rejet de Cléopâtre, l'une des bases du nouveau régime

Le cercle de poètes dont les plus connus sont Virgile, Horace et Properce qui entouraient le nouvel empereur, a assuré la postérité du mythe de Cléopâtre. En effet, la vision politique d'Antoine et de Cléopâtre n'avait pas disparu avec leur mort. Julie, la propre fille de l'empereur avait un style de vie et des ambitions qui la faisait dangereusement ressembler à la reine d'Egypte. Elle aimait à dire que si César oubliait qui il était, elle n'oubliait pas qu'elle était la fille de César  et Sénèque comparait la liaison entre Julie et Iullius Antonius, fils de Marc Antoine à celle entre Antoine et Cléopâtre.

Tous les thèmes favoris de la reine perfide, ensorceleuse, prostituée, débauchée vont être utilisés. Horace insista entre autres, sur le thème de la soumission d'Antoine envers la reine lagide : "Le Romain, hélas! -vous le nierez temps futurs- devenu la propriété d'une femme, porte pour elle le pieu et les armes ; soldat, il peut obéir en esclave aux eunuques ridés, et le soleil voit cette honte : la moustiquaire au milieu des enseignes d'une armée." 

Mais le plus virulent et peut être le plus haineux d'entre eux fut Properce. Il s'est surtout attaché à développer l'image d'une reine lubrique, prostituée et ne vivant que dans le luxe : "Ainsi donc, avec de l'argent, le premier venu achète l'amour comme une marchandise , Ô Jupiter, quelle honte! une femme qui se vend! Sans cesse il me faudrait aller lui chercher des perles jusque dans l'Océan ; elle veut que la pourpre qu'on lui offre vienne de Tyr. Ah! Plût au ciel qu'à Rome personne ne fût riche et que le prince lui-même pût habiter une chaumière! il n'y aurait pas de présents, pas d'amies vénales et la femme se verrait en cheveux blancs sans changer de foyer....c'est une vérité banale, beauté et légèreté vont toujours ensemble....Toutes ces étoffes, toutes ces émeraudes et ces topazes qu'il t'a données, avec leur lumière d'or, je voudrais les voir évanouies, emportées dans un brusque ouragan ; je voudrais qu'il ne te restât plus entre les mains que de la poussière et de l'eau." (11) Par contraste, Properce insista beaucoup sur le rôle que la femme devait tenir dans la société romaine, elle devait rester à la maison, au service de son mari.

Mais les poètes ont surtout mis l'accent sur le danger que Cléopâtre faisait encourir aux Romains. Ils ont idéalisé le rôle d'Auguste qui devenait ainsi le protecteur de l'identité italienne face aux attaques et aux prétentions orientales de la reine Cléopâtre et de son allié Marc Antoine : "Que dire de cette femme qui naguère, apporta l'opprobre à nos armes, de cette prostituée qui s'offrait à ses esclaves et qui, pour prix de ses faveurs, exigeait de son impudique époux qu'il lui ouvrît les portes de Rome et rangeât son empire sans le Sénat ? Fatale Alexandrie, terre fertile en ruse, et toi, Memphis, qu'ensanglantèrent tant de fois nos malheurs, c'est sur votre sol, sur votre grève que Pompée se vit ravir ses trois triomphes...Oui la courtisane, reine de l'incestueuse Canope a eu la prétention d'opposer à notre Jupiter l'aboyant Anubis, de contraindre le Tibre à subir les menaces du Nil."

Tout Rome se retrouvait unie derrière Octavien, même Pompée, l'ennemi de César fut associé à la lutte du princeps contre l'Egypte. Le thème de la reine incestueuse se retrouva abondamment dans la propagande de l'empereur. Il est vrai que les Lagides pratiquaient le mariage familial, et Cléopâtre, encore jeune adolescente, avait dû épouser son demi-frère avant sa rencontre avec César. Mais ces mariages consanguins avaient bien sûr une explication mystique. Ces rois divinisés ne faisaient qu'imiter les autres dieux, Zeus et Héra par exemple, étaient frère et soeur.

L'aspect de défense des traditions contre la menace égyptienne fut amplifié par Virgile dans l'Enéide. "D'un côté, Auguste César conduisant au combat les Italiens avec les Pères et le peuple, les Pénates et les Grands Dieux...De l'autre côté, avec une profusion barbare et des armes bigarrées, Antoine, ramenant ses victoires depuis les peuples de l'Aurore et les rivages Rouges traîne avec soi l'Egypte, les forces de l'Orient, Bactres tirés de l'univers. Misère! une épouse égyptienne le suit." "A cette vue, l'Apollon d'Actium tendait son arc, d'en haut; tous alors, épouvantés, l'Egypte, l'Indien, les Arabes tous ensemble, tous les Sabéens s'enfuyaient. La reine elle-même appelant les vents semblait mettre à la voile et déjà de plus en plus lâcher les cordages"  La bataille d'Actium décrite ici par Virgile est devenue un conflit cosmique et divin puisque même les dieux se sont alliés à Auguste pour défendre les traditions romaines.

C'est cette image de Cléopâtre, reine perfide et débauchée, soumettant Antoine par ses charmes, qui a continué de se développer tout au long de l'Empire romain. En effet, pour la plupart des auteurs de l'Empire, Cléopâtre est la seule responsable de la déchéance de Marc Antoine. Sénèque insista surtout sur la relation immorale entre Antoine et Cléopâtre et sur les conséquences sanglantes d'une telle liaison . Florus lui, a mis l'accent sur les projets politiques d'Antoine et sa soumission à la reine d'Egypte. Pour le poète Lucain, Cléopâtre n'était qu'une reine perfide et despotique, qui vivait dans un luxe tapageur et malsain.

Le mythe de Cléopâtre fut donc à l'origine, le résultat d'une désinformation. Il apparaît sous un aspect totalement négatif et s'inscrit dans une lutte pour le pouvoir, une lutte entre deux conceptions du pouvoir.



III) Le mythe de Cléopâtre a travers les siècles

A) L'évolution du mythe

Le Moyen Age a été très discret sur le mythe de Cléopâtre. Christine de Pisan, femme de lettres du XIVe-XVe siècle, dans La cité des dames, ouvrage qui retrace la vie des plus grandes femmes de l'histoire, ne mentionne pas la reine Cléopâtre. Bocacce, dans le De claris Mulieribus ne consacra que quelques lignes à la reine. Elle y est représentée comme une femme cruelle, cupide et perfide.

Les écrivains arabes, ont eux aussi utilisé le mythe de Cléopâtre. Pour Al Masudi, par exemple, encyclopédiste chi'ite du Xe siècle, la reine était la dernière représentante de la philosophie grecque. Pour cet historien arabe, Octavien ne voulait pas capturer Cléopâtre pour l'exhiber devant le peuple de Rome lors de son triomphe, mais pour pouvoir mieux s'emparer des précieux secrets que la reine possédait en tant que dernière détentrice de la sagesse grecque. Il ne faut pas oublier que les Arabes, à l'inverse de nous, et avec raison peut être, ont très souvent opposé la culture grecque à la culture latine. La notion de civilisation gréco-romaine n'existe pas pour eux.

Mais le véritable engouement pour la reine Cléopâtre a débuté au XVIe siècle. C'était l'époque de la Renaissance et du retour à l'Antiquité. La première traduction de la Vie d'Antoine de Plutarque date de 1519. C'est, Francoise de Foix, la maîtresse de Francois Ie qui l'avait commandée pour son usage personnel, pensant sûrement pouvoir tirer profit de l'expérience politique de Cléopâtre. Mais c'est avec la traduction de Jacques Amyot, en 1559, que Cléopâtre a réellement été redécouverte en Europe. La littérature s'est alors emparée du mythe. De 1540 à 1905, 127 pièces de théâtre, 77 drames, 45 opéras et 5 ballets ont pu être recensés . Mais l'oeuvre la plus connue est bien sûr l'Antoine et Cléopâtre de W. Shakespeare. elle marque une étape importante dans l'évolution du mythe. La pièce met en évidence le rôle de la passion dans l'histoire, mais le but réel de l'auteur n'était pas là. La reine Cléopâtre a effectivement le plus souvent servi les buts politiques et idéologiques des écrivains qui l'ont utilisé, et cela a contribué aussi à l'éloigner encore plus de la réalité. W. Shakespeare a écrit sa pièce en 1607, c'est à dire dans ce qu'on a l'habitude d'appeler sa "troisième période". C'est l'époque où l'on assistait au développement du puritanisme, et quelques années plus tard, les théâtres furent fermés. Cléopâtre est en effet montrée sous un aspect positif. Il reprend bien sûr le thème de Marc Antoine soumis à l'amour de la reine, mais il ne lui est pas hostile. Plus la cause du Romain devient désespérée, plus W. Shakespeare nous le montre sous un air généreux et humain. Le couple Antoine-Cléopâtre est totalement opposé à Octavien, qui est au contraire présenté comme un homme rigide et austère. La célébration de la passion et de l'amour ont remplacé les critiques sur luxe et le despotisme de la propagande octavienne. A la fin de la pièce, au moment du suicide de Cléopâtre, W. Shakespeare fait d'ailleurs dire à la reine d'Egypte : "Oui, cela est certain, Iras. D'insolents licteurs nous rudoieront comme des filles publiques; de sales rimeurs nasilleront sur nous des ballades; des comédiens expéditifs nous parodieront en impromptue, et figureront nos orgies d'Alexandrie. Antoine sera représenté ivre; et je verrai quelque garçon criard singer la grande Cléopâtre dans la posture d'une prostituée." Virgile, Horace et Properce sont qualifiés par W. Shakespeare de sales rimeurs et de nasilleurs, l'Enéide est comparée à une simple ballade, et l'écrivain anglais avait parfaitement compris le rôle de la propagande augustéenne qui avait dénaturé le couple Antoine-Cléopâtre. Mais il est intéressant de remarquer que les références à l'Orient sont presque inexistantes dans l'oeuvre de W. Shakespeare, et cela ne se retrouve pas que dans la littérature.

Les peintures du XVIIIe siècle qui représentent Cléopâtre comportent très peu de références à l'Egypte. Dans le tableau de Giambattista Tiepolo, qui date de 1742-1743 intitulé Le banquet de Cléopâtre , les références à l'Orient et à l'Antiquité sont vraiment discrètes, la reine et Marc Antoine étant revêtus de costumes du XVIIIe siècle. Seules quelques colonnes et des façades de temples permettent de situer le tableau historiquement. Comme le tableau Auguste et Cléopâtre d'Anton Raphael Mengs (18), qui nous montre une reine blonde, en train de supplier Auguste après la bataille d'Actium. Les rares références à l'Egypte, se retrouvent seulement dans les hiéroglyphes qui ornent la cloison derrière le lit de Cléopâtre.

Une certaine évolution commence avec le tableau de Louis Gauffier, intitulé L'instant où Cléopâtre, après la mort d'Antoine, reçoit la visite de César-Octavien et cherche encore à le séduire . Les références à l'Egypte et à l'Antiquité sont un peu plus nombreuses que dans les tableaux précédents. Des sphinx ornent le siège d'Octavien, la couche de Cléopâtre est décorée de hiéroglyphes et des statuettes égyptiennes sont déposées dans les niches du mur qui se trouvent derrière Auguste et Cléopâtre.

La quasi-absence de références à l'Egypte dans les tableaux du XVIIIe siècle peut s'expliquer par une méconnaissance totale de l'Orient à cette époque. C'est au XIXe siècle que Cléopâtre a retrouvé dans la peinture et la littérature, la dimension orientale et égyptianisante que lui a donnée Auguste. Plusieurs événements importants de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle ont été à l'origine du retour à l'image orientale de Cléopâtre. L'école des Langues Orientales est créée à Paris en 1795. Napoléon organisa l'expédition d'Egypte entre 1798 et 1799 et Champollion déchiffra les hiéroglyphes dans les années 1820. De plus, l'impérialisme et le colonialisme européen mirent en contact direct la plupart des pays occidentaux avec l'empire ottoman. L'Europe se mobilisa pour soutenir la Grèce dans sa révolte contre le sultan d'Istanbul. Cette dernière obtint son indépendance dans les années 1820-1830. La ville d'Alger fut aussi conquise par les Français en 1830. C'est le début de ce que l'on a appelé l'orientalisme en Europe. Mais, ce qui a le plus ancré le mythe de Cléopâtre dans l'orientalisme, reste la traduction des 1001 nuits. Ces contes originaires de l'Inde, ont été recueillis par les Arabes. On en trouve la première trace dans le livre Les prairies d'or d'Al Masudi, l'encyclopédiste arabe du Xe siècle qui encensait la reine Cléopâtre. Le français Antoine Galland révéla les 1001 nuits au monde occidental. Il traduisit l'oeuvre dans les années 1704-1717. Mais c'est surtout au XIXe siècle que les traductions se sont développées : à partir de 1824 pour les Danois, 1841 en Angleterre, et à la fin du XIXe siècle pour les Allemands. L'orientalisme qui allait se développer dans l'Europe du XIXe siècle s'est alors emparé du mythe de Cléopâtre.

Théophile Gautier, dans sa nouvelle intitulée Une nuit de Cléopâtr nous montre une reine d'Egypte très proche de la vision augustéenne. Dans une des scènes, Cléopâtre s'ennuie dans son palais durant une orgie. Sa servante dit à l'une de ses amies : "-On voit bien, dit tout bas Charmion, que la reine n'a pas eu d'amant et n'a fait tuer personne depuis un mois. L'orgie était à son plus haut degré; les plats de langues de Phénicoptères et de foies de scarus, les murènes engraissées de chair humaine et préparées au garum, les cervelles de paon, les sangliers plein d'oiseaux vivants, et toutes les merveilles des festins antiques décuplées et centuplées s'entassaient sur les trois pans du gigantesque triclinium."

Les peintres du XIXe siècle ont aussi abondamment utilisé le mythe oriental de la reine. Ils ont développé les aspects égyptianisants et pharaoniques. Le tableau de Jean-Léon Gérôme, Cléopâtre et César, de 1866 est totalement différent des précédents . A l'inverse de ceux de Gauffier ou de Mengs, la reine n'est pas suppliante, et au contraire, domine la scène. La toile représente l'arrivée clandestine de Cléopâtre dans son palais. Elle y avait en effet été chassée par son demi-frère Ptolémée XII. La légende est bien connue. Cléopâtre, pour pouvoir rencontrer César, s'était fait transporter enroulée dans un tapis. Les rôles ici, sont totalement inversés. César et ses secrétaires sont totalement subjugués par la reine qui sort du tapis. Le décor est égyptianisant, mais Cléopâtre ressemble plus à une princesse des 1001 nuits ou à une femme de harem qu'à une reine grecque. Dans le tableau La mort de Cléopâtre, de Jean-André Rixens (1874), l'attitude de Charmion, l'esclave qui remet en place le diadème de la reine défunte, est très égyptianisante également. Elle est représentée la tête de profil et les épaules de face, comme sur les bas-reliefs des temples égyptiens. En revanche, l'érotisme de la scène, les étoffes transparentes sont beaucoup plus proches des scènes de harem des sérails ottomans du XIXe siècle. L'apothéose des clichés orientalistes, se retrouvent dans le célèbre tableau d'Alexandre Cabanel, Cléopâtre essayant des poisons sur des condamnés à mort .L'inspiration de Cabanel est une combinaison entre des éléments antiques, tirés des oeuvres des poètes augustéens et de Pline, des références à l'Egypte pharaonique (le bâtiment représenté dans le fond de la toile est en fait le temple d'Abou Simbel), mais aussi à l'Orient du XIXe siècle par le style des vêtements, les animaux ou les couleurs du tableau. Parallèlement à cette évolution visuelle, l'image de Cléopâtre va devenir de plus en plus politique au XXe siècle. En 1901, Bernard Shaw écrivit une pièce de théâtre intitulée Caesar and Cleopatra. Le rôle de la reine lagide est totalement diminué par rapport à un César tout puissant. Cléopâtre est représentée comme une femme malléable, naïve, dominée par le Romain. Bernard Shaw est en fait l'anti Shakespeare par excellence. Il refusait l'introduction de la passion dans l'histoire. Irlandais, il voulait réagir à la tendance victorienne de son époque, et s'insurgeait donc contre le fait que la purification ne pouvait être donnée que par la mort. Dans sa pièce, après la pacification de l'Egypte par César, le Romain retourna en Italie et oublia complètement Cléopâtre. La fin n'est absolument pas dramatique comme dans l'oeuvre de Shakespeare. C'est une pièce comique qui avait pour but de bousculer les puritains qui allaient au théâtre pour voir toujours la même chose, le récit d'une histoire d'amour qui finissait par la mort. En 1929, l'auteur dramatique nationaliste égyptien, Ahmad Shawqui, écrivit un drame sur Cléopâtre . Elle y était représentée comme la protectrice de l'Egypte face à l'envahisseur européen. En fait, la reine s'adaptait au tendance de son époque. Le sculpteur Chiparus, dans un bronze de 1925, Cléopâtre allongée, la représentait coiffée à la garçonne, et seuls les sphinx qui figurent sur la couche de Cléopâtre restent des éléments égyptianisants. Même la publicité, et bien avant le savon Cleopatra, a utilisé le mythe de Cléopâtre. Elle sert à promouvoir des produits de beauté comme cette affiche tirée d'un numéro de Vogue de 1918 pour le shampooing Palmolive . La légende du texte est très explicite : "La version moderne d'un ancien luxe (Le parfait mariage des huiles de Cléopâtre. Il partage le renom des savons Palmolive) se distingue par sa richesse, son onctuosité, son parfum qui rendent vos cheveux si doux, si brillant et si délicatement éblouissant." Et c'est signé, Palmolive Company à Milwauky dans le Wisconsin. La publicité ne peut utiliser que des images fortes, et le nom de Cléopâtre évoque tout de suite la sensualité et la beauté. Pourtant, nous n'avons aucun portrait attesté de la reine d'Egypte. Les seules représentations incontestables que nous ayons de Cléopâtre figurent sur les pièces de monnaie qu'elle fit frapper. Ces pièces, qui étaient certainement conformes à la réalité, ne la représentaient pourtant pas à son avantage . Cette idée de beauté attachée au nom de Cléopâtre, ne pouvait que séduire les médias du XXe siècle, et plus particulièrement le cinéma.

 

                                               

                                                                                                                                              Cléopâtre

                      Cléopâtre Netjeret Méret Ites

                  (La Déesse Cléopâtre qui est aimée de son père)

 

                       

 

                                 

 

                            

 

   

CLÉOPHAS ou ALPHÉE (Saint) : frère de Saint Joseph, l’un des disciples assidus de Jésus-Christ, qui lui apparut à Emmaüs, eut pour fils saint Siméon et saint Jacques le Mineur. On l’honore le 25 septembre.

 

CLÉOPHILÉ : épouse de Lycurgue d’Arcadie avec qui elle eut Ancée, Épochos, Amphidamas et Iasos.

 

CLÉOPOMPE : père de Parnassos. Époux de Cléodora.

 

CLÉOSTRATE : Thespien. Choisi par le sort pour être sacrifié à un dragon qui ravageait le pays, il fut sauvé par son ami Ménestrate qui tua le monstre.

 

CLÉOTHÉRAS : fille de Pandarée. Elle fut enlevée par les Harpies et livrée aux Érinyes le jour de ses noces.

 

CLEPSYDRE (CLEPSYDRA) : d’origine égyptienne, améliorée par les Grecs, la clepsydre fut adoptée par les Romains pour mesurer le temps accordé à chaque orateur dans une cour de justice. Elle était remplie d’eau.

 

                     

                                                                                                               Clepsydre représentée dans la tombe de Ramsès VI

 

                                         

 

CLERGÉ : le clergé n’avait pas pour fonction d’endoctriner le peuple mais de servir les dieux. Vêtir, entretenir, protéger Amon ou Osiris était le lot quotidien des prêtres attachés aux temples. Sans ces pratiques religieuses, le monde pouvait perdre son équilibre et retourner au chaos, d’où l’importance du clergé au sein de la société égyptienne. Le premier prêtre était le pharaon. Les divers pontifes et dignitaires de haut rang n’étaient que des délégués chargés d’honorer le dieu. Sous les prophètes qui régnaient en maîtres, les temples étaient administrés par des gérants, des contrôleurs et des intendants, et entretenus par les officiants affectés aux tâches secondaires du culte. Au plus bas de cette hiérarchie, on trouvait les purificateurs employés aux basses besognes. Nourris, logés, ils n’avaient pas droit à des revenus fiscaux. Le clergé avait besoin de scribes pour rédiger les textes sacrés, d’horologues chargés de déterminer l’heure et le jour des cérémonies, d’horoscopes spécialisés dans l’analyse des moments fastes ou néfastes de l’année.

 

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