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CLÉROMANTIE : divination par le jet des dés, des osselets, des fèves blanches et noires ou des cailloux.
CLÉROUQUE : le clérouque était un ancien soldat ayant reçu une terre cultivable.
CLÉSO : fille de Cléson, qui, avec sa sœur Tauropolis, ensevelit Ino.
CLÉSON : roi de mégare. Fils de Lélex et père de Pylos, de Cléso et de Tauropolis.
CLÉTA : une des charites.
CLÉTOR : un des Lycaonides foudroyés par Zeus.
CLI : nom du poète de troisième rang qui signifiait le pilier.
CLIBANUS : vase d’argile couvert à trous. On s’en servait pour cuire le pain en l’enveloppant de cendres brûlantes.
CLIENTÈLE : propre à la civilisation celte et surtout aux Gaulois, la clientèle fut l’une des causes de la mésentente entre les chefs. La clientèle était un lien d’homme à homme, entre puissant et faible, riche et pauvre. Ce lien impliquait une totale réciprocité des obligations. Un chef riche et puissant pouvait partager ses biens et son or avec des centaines d’hommes qui, en échange, se sacrifiaient, travaillaient, votaient pour lui. Si ce puissant venait à mourir violemment, les clients devaient aussi périr. Ce lien continuait d’exister dans le Monde Invisible ou lors d’un nouveau cycle d’existence terrestre.
CLINICUS : médecin qui faisait les visites et se rendait à domicile.
CLINIS : époux d’Harpé. Père de Lycios, d’Ortygios, d’Harpasos et d’Artemiché. Il habitait près de Babylone en Mésopotamie et était aimé d’Apollon et d’Artémis. Ses fils Lycios et Harpasos voulurent sacrifier des âmes à Apollon. Le dieu, qui attaquèrent tous les membres de la famille. Poséidon, artémis et Léto, touchés par leurs souffrances, les changèrent en oiseaux : Harpé et Harpasos en faucons. Clinis en aigle. Lycios en corbeau, Artémiché en piphinx et Ortygios en mésange.
CLIO : muse, inventrice de la cithare et tardivement de la guitare. Ayant blâmé Aphrodite de l’amour que cette déesse ressentait pour Adonis, elle devint, en punition de ses remontrances, éperdument amoureuse de Piéros, dont elle eut Hyacinthe. Kléiô, nom formé d'un mot grec qui signifie gloire, renommée, ou qui célèbre était la muse de l'Histoire. On la représente sous la figure d'une jeune fille couronnée de lauriers, tenant en sa main droite une trompette, et de sa main gauche un livre qui a pour titre Thucydide. A ces attributs on joint parfois le globe terrestre sur lequel elle pose, et le Temps qui se voit près d'elle, afin de montrer que l'Histoire embrasse tous les lieux et tous les temps. Ses statues tiennent quelquefois une guitare d'une main, et un plectre de l'autre.


CLIODNU : déesse de l’Au-Delà qui possédait trois oiseaux se nourrissant de pommes merveilleuses. Ces oiseaux avaient le don de vous plonger dans un sommeil sans fin lorsqu’ils se mettaient à chanter.
CLIPEUS :
1. Large bouclier de l’infanterie grecque. Il entra en usage dans l’armée romaine pour les soldats de la première classe du temps de Servius Tullius.


2. Appareil qui réglait la température du laconicum (bain à vapeur). De forme circulaire, suspendu par une chaîne au plafond percé d’une ouverture, il laissait plus ou moins entrer de l’air froid ou s’échapper de l’air chaud selon sa position. Une des extrémités du caldarium contenait un bain d'eau chaude (alveus), et l'autre, le laconicum, consistant en une alcôve demi-circulaire, échauffée par une fournaise et des tuyaux (hypocausis) placés sous son plancher et traversant ses murs qu'on faisait creux à cette fin. Au centre était un bassin plat (labrum), contenant de l'eau que le baigneur jetait sur lui pendant qu'il enlevait avec la strigile la transpiration causée par la température élevée où était tenue la pièce ; et immédiatement au-dessus il y avait une ouverture circulaire (lumen), qui pouvait être ouverte ou fermée à l'aide d'un disque de métal (clipeus), suivant qu'on voulait augmenter ou diminuer la chaleur

CLISTHÈNE : chef des Alcméonides. Il contribua à l’exil d’Hippias en 510 av. J.-C. Archonte éponyme, il lutta contre Isagoras et le parti aristocratique. Il modifia la constitution de Solon dans le sens démocratique. On lui attribue l’institution de l’ostracisme.
CLITARQUE : historien grec. Il s’installa à Alexandrie vers 308 av. J.-C., accompagna Alexandre le Grand en Asie et écrivit son histoire.
CLITÉ : une des Danaïdes. Elle tua Clitos, son fiancé.
CLITÉ : fille de Mérops et épouse de Cyzicos. Elle se pendit de désespoir de la mort de son mari, tué par les Argonautes. Elle fut pleurée par les nymphes dont les larmes formèrent une source qui reçut le nom de Clité.
CLITOPHON : historien et géographe grec de Rhodes. Il écrivit plusieurs ouvrages cités par Plutarque.
CLITOR : fils d’Azan, roi d’Arcadie.
CLITOS : fils de Mantios et petit-fils du devin Mélampe. Remarquable pour sa beauté, il fut enlevé par l’Aurore.
CLITOS : troyen, fils de Pisénor. Teucer le tua.
CLITOS : roi des Sithones en Thrace. Il maria sa fille Chrysonoé ou Toroné à Protée.
CLITOS : amant de Pallène, fille de Sithon, roi des Odomantes. Il lutta avec son rival Dryas pour la possession de Pallène, le vainquit et le tua.
CLITOS le Noir : général macédonien (380-328 av J-C), frère de la nourrice d’Alexandre le Grand. Il sauva le conquérant au passage du Granique, se distingua à Arbelles et fut tué lors d’un banquet pour s’être indigné librement des mœurs d’Alexandre.
CLOACA MAXIMA : égout principal de Rome. Il avait été construit sous le règne de Tarquin l’Ancien pour assécher le Velabrum et les terres marécageuses entre le mont Palatin et le Capitole. Il collecta ensuite les eaux usées de plusieurs conduits et servit de modèle de construction dans les autres villes.


CLOACARIUM : impôt levé sur la population des villes. Il servait à réparer les égouts et à les nettoyer.
CLOACINA : « qui expie, qui purifie, qui réconcilie ». Épithète de Vénus. Le temple de Vénus Cloacina avait été élevé à l’endroit où les filles de Sabinus réconcilièrent leurs époux avec leurs parents après s’être interposées sur le champ de bataille, des branches sacrées de myrte entre les mains.
CLOD : lieutenant cimbre de Boïorix lors de l’invasion de la Gaule (103-101 av. J.-C.).
CLODION : (Hlodio, célèbre), dit le Chevelu, chef des Francs Saliens (428-448). Il passa le Rhin, prit Cambrai, poussa jusqu’à la Somme et fut battu par Aetius près d’Helena. Mérovée était de sa famille.

CLODIUS (PUBLIUS APPIUS) : lieutenant de Lucullus, puis de Marcius Rex en Asie. Connu pour ses débauches et ses excès, il n’hésité pas à se déguiser en femme pour pénétrer dans la maison de Mutia Pompeia, femme de César pendant la cérémonie des mystères de la Bonne Déesse. Accusé de sacrilège, il se fit absoudre en achetant les juges. Tribun en 59 av. J.-C., il promulgua des lois populaires et condamna Cicéron à l’exil. Nommé édile, il brava Pompée, sema le trouble à Rome et périt dans un combat de rue contre la bande de Milon en 52.
CLODOMIR : fils aîné de Clovis et de Clotilde en 495-524, fut, après lui, en 511, roi d’Orléans, Tours, Bourges, Nevers, Auxerre, Tonnerre, de l’Anjou, du Maine, etc. Excité par sa mère, il attaqua Sigismond, roi des Bourguignons, le prit, le fit périr. Mais, surpris à son tour par Gondemar, frère de Sigismond, il fut tué à Véséronce.

CLODONES : nom des Bacchantes macédoniennes.
CLONIA : nymphe qu’Hyriée rendit mère de Nyctée, de Lycos et d’Orion.
CLONIOS : fils d’Alégénor, un des chefs des Béotiens dans la guerre de Troie. Agénor le tua.
CLONIOS : un des fils de Priam.
CLOSTER : le fileur. Fils d’Arachné, à qui l’on attribue l’invention des fuseaux.
CLOTHO : la première des trois Parques.
CLOVIS: Clovis Ier succède à son père, Childéric Ier, dès l'adolescence. De petite taille, son royaume comprend les territoires situés entre la Mer du Nord, l'Escaut et le Cambrésis. Ses talents de guerrier lui permettent de vaincre Syagrius, dernier représentant de l'autorité romaine en Gaule. C'est alors que Clovis fait de Soissons sa capitale et étend ses territoires jusqu'à la Loire. Après avoir soumis les Alamans à la bataille de Tolbiac, il étend son pouvoir vers le Rhin. En 498, dans un but stratégique, Clovis se fait baptiser à Reims et légitime ainsi son règne au regard des Catholiques. Il s'aliène les rois barbares ariens mais parvient à imposer son autorité en tuant Alaric, roi wisigoth. Clovis peut alors ajouter l'Aquitaine au royaume franc qu'il s'était constitué et met véritablement en place la lignée Mérovingienne. Malheureusement, son royaume sera divisé au lendemain de sa mort.

Avant Clovis

Royaume de Clovis
CLUDEN : épée de théâtre utilisée par les acteurs romains. Sa lame s’enfonçait dans le manche dès qu’elle rencontrait un obstacle.
CLUNACULUM : petit poignard que les soldats portaient au bas du dos. Selon d'autres sources: petit couteau utilisé pour les sacrifices. Divers couteaux (culter):
-Scalaprum pour la taille les roseaux servant à écrire, - Sutorius pour le parement du cuir, - Tonsarius pour raser la barbe, - Sica pour le couteau à lame courbe des gladiateurs et ancêtre des Sicaires, - Culter coquinarius, grand couteau de cuisine, - Cultellus, ayant le même usage mais de taille inférieure,
- Secespita pour égorger l'animal, - Excoriatus pour l'écorcher, - Clunaculum pour l'éventrer et en examiner les entrailles, - Dolabra pour détacher les membres du corps.
CLUSIUS : épithète de Janus pendant la paix.
CLYMÈNE : fille d’Océan et de Téthys. Épouse de Japet ou de Prométhée. Mère d’Hellen et de Deucalion.
CLYMÈNE : fille de Nérée et de Doris.

CLYMÈNE : fille d’Iphis ou de Minyas. Épouse de Phylacos ou de Céphale. Mère d’Iphiclos et d’Alccimédé.
CLYMÈNE: mère des Héliades et de Phaéton.
Extrait des Métamorphoses d'Ovide: Dès que Clymène, livrée à sa douleur profonde, eut exhalé, dans les larmes, toutes les plaintes que l'extrême malheur peut inspirer, elle meurtrit son sein ; et courut, les cheveux épars, de contrée en contrée, pour chercher les restes de son fils. Enfin elle les trouve ensevelis sur des bords étrangers. Là, prosternée, à peine a-t-elle lu son nom gravé sur le marbre, elle arrose le marbre de ses pleurs; elle le presse sur son sein comme pour réchauffer les cendres qu'il renferme. Le deuil des sœurs de Phaéthon pouvait seul égaler le deuil de leur mère. Gémissantes et frappant leur sein, elles remplissent l'air de cris superflus et de plaintes que leur frère ne peut plus entendre. Nuit et jour elles l'appellent, et restent penchées sur son tombeau. Déjà Phébé avait quatre fois renouvelé son croissant, elles pleuraient encore (car leur douleur était devenue une longue habitude). Un jour que Phaéthuse, l'aînée des Héliades, venait de se prosterner au pied du tombeau, elle se plaignit que ses pieds se raidissaient. La belle Lampétie, qui s'élançait pour la secourir, se trouve arrêtée par des racines naissantes. La troisième veut s'arracher les cheveux, et ce sont des feuilles qui remplissent ses mains. L'une s'écrie que son corps devient un arbre, l'autre, que ses bras s'étendent en rameaux; et tandis que ce prodige les étonne, une écorce légère les embrasse, et montant par degrés, emprisonne leurs cœurs, leur sein, leurs épaules, leurs bras. Leur bouche encore libre, appelait, invoquait leur mère. Mais que peut-elle, hélas ! que courir, de l'une à l'autre, et les embrasser dans son désespoir. Vainement essaie-t-elle de les débarrasser de l'écorce qui les couvre. Elle rompt les tendres rameaux qui s'attachaient à leurs bras; mais des gouttes de sang en sortent comme d'une blessure : “Ô ma mère, arrêtez, s'écrie chacune de celles qu'elle a touchées, arrêtez ! épargnez-nous ! En blessant ces rameaux, c'est notre corps que vous déchirez. Adieu ! c'en est fait, adieu”… et l'écorce, s'élevant au-dessus de leurs têtes, presse et retient leurs paroles captives. Mais, sous des formes nouvelles, leurs larmes coulent encore ; durcies par le soleil, elles distillent en ambre de leurs rameaux naissants, et tombent dans l'Éridan rapide, qui les recueille pour en parer les dames du Latium. (Métamorphoses d'Ovide, II, 340)
 
CLYMÈNE : nymphe que Parthénopée rendit mère de Thésiménès.
CLYMÈNE : fille de Crétée ou Catrée. Petite-fille de Minos. Elle épousa Nauplios qui devait la vendre comme esclave à l’étranger.
CLYMÈNE : amazone célèbre.
CLYMÈNE : nymphe qui avait un autel commun avec Dictys à Athènes. On lui rendait ces honneurs pour avoir sauvé Persée des flots.
CLYMÈNE : parente de Ménélas. Elle fut enlevée par Pâris en même temps qu’Hélène et Æthra. Après la prise de Troie, elle échut à Acamas dans le partage du butin.
CLYMÈNE : mère d’Homère.
CLYMÉNOS : célèbre surnom d’Hadès.
CLYMÉNOS : fils de Cardis. Cinquante ans après le déluge de Deucalion, il partit de Crète pour se rendre à Élis et y rétablit les jeux publics.
CLYMÉNOS : fils de Cænée ou Schœnée, roi d’Arcadie. Époux d’Épicaste. Père d’Idas, de Théragros et d’Harpalyce. Il commit l’inceste avec sa fille Harpalyce Cette dernière tua l’enfant né de ses amours et en servit les membres à son père dans un festin. Elle fut changée en oiseau et son père se pendit de désespoir.
CLYMÉNOS : fils d’Hélios et de la nymphe Mérope, père de Phaéton.
CLYMÉNOS : fils de Phoronée. Avec sa sœur, il éleva un temple à Aphrodite.
CLYMÉNOS : fils de Presbon et de Bouzigé. Roi d’Orchomène. Père d’Erginos, de Stratios, d’Arrhon, de Pyléos et d’Azeus. Les thébains le tuèrent lors d’une fête en l’honneur de Poséidon Onchestos. Son fils Erginos le vengea.
CLYMÉNOS : fils d’Œnée et d’Althée. Il périt dans la guerre des Curètes et des Calydoniens.
CLYMÉNOS : compagnon de Phinée. Aux noces de persée, il tua Oditès, serviteur de Céphée.
CLYNDOS : fils de Phrixos et de Chalciope.
CLYSONYMOS : fils d’Amphidamas. Patrocle le tua en jouant.
CLYTEMNESTRE : fille de Tyndare et de Léda. Sœur de Castor, de Timandre et de Philonoé. Marié d’abord à Tantale, fils de Thyeste, elle épousa ensuite Agamemnon dont elle eut Oreste, Chrysothémis, Électre ou Laodicé et Iphigénie ou Iphianassa. Selon certaines sources, elle aurait tué Agamemnon et ce meurtre fut vengé par Oreste.
Extrait d'Electre par Sophocle:
Tiens, tu t'es échappée ! Toujours à tournoyer !
C'est vrai qu'Égisthe n'est pas là : ah ! lui, au moins,
Il savait t'empêcher d'insulter tes parents.
Lui absent, je suis le moindre de tes soucis.
Pourtant tu n'as cessé de crier à la foule
Que j'étais violente, un tyran absolu
Qui jetait son venin sur toi et tes amis.
Je ne t'outrage point, c'est faux ! Si je te parle
Avec rudesse, c'est parce que je t'entends
Vociférer toi-même en m'insultant.
Toujours à évoquer ton père, à répéter
Que je l'ai égorgé ! Bien sûr, je l'ai tué,
Je l'avoue sans détour. En fait, c'est la Justice
Qui l'a vaincu, plutôt que moi, et tu devrais
Te soumettre à sa loi si tu étais sensée.
Ce père dont la mort te rend inconsolable,
C'est lui qui, de tous les Grecs, eut l'outrecuidance
D'immoler à nos dieux ta propre sœur ! Ah ! lui,
Il n'a pas eu grand mal à la semer en moi,
Moi, qui ai tant souffert pour lui donner naissance.
Rappelle-moi ! Pour qui l'a-t-il sacrifiée ?
Tu me diras : pour les Argiens ? Bon, et alors ?
Ils n'avaient pas de le droit d'égorger mon enfant.
Il me l'a massacré pour sauver Ménélas,
Son frère. Pour cela, il l'a payé très cher !
Mais notre Ménélas n'avait-il pas deux fils ?
Et ne pouvait-il pas les immoler plutôt
Que ma fille ? En effet, leur père - leur mère aussi -
N'ont-il pas provoqué cette expédition ?
Hadès aurait-il eu l'irrépressible envie
De faire grand régal de ma progéniture
Plutôt que de la sienne ? Ou ce père odieux
N'avait-il que mépris pour ceux nés de son sang,
Leur préférant de loin les enfants de son frère ?
Pour un père, vraiment, quelle perversion !
C'est mon avis, tant pis si ce n'est le tien !
Ma chère disparue aurait, je crois, parler
Comme moi, si sa vie eut été poursuivie.
Je ne me repens pas de ce que j'ai commis.
Sans doute tu me crois vile et dénaturée ?
Aiguise ton bon sens avant de critiquer.

Clytemnestre s'adressant à Electre

Découverte du corps de Clytemnestre
CLYTIE : fille de Pandare. Sœur de Camiro. Elle était représentée, peinte par Polygnote, dans la Lesché de Delphes.
CLYTIE : fille d’Océan et de Téthys, ou d’Orchame et d’Eurynomé. Sœur de Leucothoé. Elles furent toutes deux aimées d’Apollon. Clytie fut jalouse de sa sœur au point de la faire mourir. Apollon la changea en héliotrope.
La métamorphose de Clytie par Evelyn de Morgan(1898)

Clytie par Louise Welden
CLYTIE : concubine d’Amyntor. Elle calomnia Phénix auprès de son père, qui lui fit crever les yeux.
CLYTIOS : un des Géants, tué par Hécate avec une masse de fer ardent.
CLYTIOS : vieillard troyen. Fils de Laomédon. Père de Calétor et de Proclée.
CLYTIOS : fils d’Alcméon et d’Alphésibée ou d’Arsinoé. Après la mort de son père, tué par les frères de sa mère, il se rendit en Élide.
CLYTIOS : fils d’Eurytos, roi d’Œchalie, et d’Antiope ou Antioche. Avec son frère Iphitos, il prit part à l’expédition des Argonautes. Æétès le tua.
CLYTIOS : compagnon de Phinée. Persé le tua.
CLYTIPPE : Thespiade qu’héraclès rendit mère d’Eurycapys.
CLYTOMÉDÈS : fils d’Énops. Vaincu par Nestor, au combat du ceste, lors des jeux funèbres célébrés en l’honneur d’Amaryncée.
CLYTON : fils du héros Pallas.
CLYTONÉOS : fils d’Alcinoüs, roi des Phéaciens.
CLYTORIS : fille d’un myrmidon. Zeus se changea en fourmi pour la posséder.
CLYTOS : fils de Téménos.
CLYTOS : compagnon de Phinée. Persée le tua.
CNACALÉSIA : surnom d’Artémis sur le mont Cnacalos en Arcadie.

CNAGIA : surnom d’Artémis. Après avoir été fait prisonnier et vendu comme esclave en Crète, le héros Cnageus servit dans le temple d’Artémis. Il parvint à s’enfuir avec la prêtresse qui déroba l’image de la déesse et la porta à Sparte.
Extrait du Livre III de Pausanias: Quant à Diane Cnagia, voici ce qu'on en dit : Cnagéus Lacédémonien, étant allé au siège d'Aphidne avec les Dioscures, fut fait prisonnier, vendu comme esclave et emmené dans un endroit de l'île de Crète, où il y avait un temple de Diane, il s'évada dans la suite et enleva la jeune fille prêtresse du temple, qui emporta la statue de la déesse. Les Lacédémoniens disent que Diane a pris de lui le nom de Knagia. Quant à moi, je crois que ce Knagéus est allé dans file de Crète do quelque autre manière, mais non comme le racontent les Lacédémoniens; car il ne dut pas y avoir de combat vers Aphidne, puisque Thésée était alors prisonnier chez les Thesprotes : d'ailleurs les Athéniens ne s'accordaient point entre eux, et penchaient plutôt pour Ménesthée. Supposé même qu'il se fût livré un combat, pouvons-nous croire qu'on eût fait des prisonniers aux vainqueurs, quand nous savons que la victoire fut si complète qu'Aphidne même fut prise. Mais en voilà bien assez sur cet article.
CNIDIA : surnom d’Aphrodite Euploïa, de la ville de Cinide, en Carie, où Praxitèle l’avait représentée nue.

CNOSSIA : maîtresse de Ménélas.
COA VESTIS : étoffe de Cos (île de la mer Égée). Elle était si légère et si fine qu’elle laissait voir le corps en transparence. On l’utilisait surtout pour la confection des vêtements des danseuses et des prostituées de luxe.
COACTORES :
1. Les coactores étaient les percepteurs de taxes et d’impôts.
2. Soldats qui formaient l’arrière garde d’une armée en déplacement.
COBALES : mauvais génies qui accompagnaient Dionysos dans ses voyages. Ils se plaisaient à tourmenter les êtres humains.
COBRA : animal sacré associé à la déesse de Basse-Égypte Outo. Il était figuré sur les couronnes. Uraeus.


Le khéprech avec l'uraeus. Aménophis III - XVIIIème dynastie
COCALOS : roi de Sicile. Il accueillit Dédale qui s’était enfui de Crète. Minos le rejoignit avec sa flotte et fut invité par Cocalos qui le fit périr dans son bain. Dédale lui construisit une citadelle à Icanon.
COCHLEAR : petite cuillère à long manche dont les convives se servaient pour déguster les coquillages ou manger les œufs.
COCHLEARIUM : endroit où les Romains engraissaient les limaçons dont ils faisaient une grande consommation.
COCHON : viande et aliment de base chez les Celtes qui la consommaient bouillie. Le cochon fit la renommée des Gaulois lorsque ces derniers surent la préparer sous la forme de charcuteries diverses.
COCHON (RITUEL) : les druides laissaient pourrir les carcasses de cochons dans des fosses creusées à l’entrée des temples. La chair en décomposition permettait d’ensemencer symboliquement la terre. La légende nous raconte que Pwyll gardait des cochons magiques destinés au banquet divin.
COCULUM : casserole destinée à la cuisson de la viande. Elle existait en différentes tailles.
COCYTE : fleuve qui environnait le Tartare(les enfers) des Grecs et des Latins. Sur ses bords erraient pendant cent ans ceux qui avaient été privés de sépulture. Il faisait partie du Pyriphlégéton et se jetait avec celui-ci dans lemarais de l’Achéron. On donnait ce nom à de tristes cours d’eau de l’Epire, de la Thesprotie, de la Campanie, près du lac Averne.
Le 34 è châpitre de l'Enfer de la divine comédie de Dante: Le Cocyte neuvième et dernier cercle de l'Enfer, est un lac gelé où sont plongés les traîtres.Dans la quatrième zone du lac se trouvent les traîtres envers leurs bienfaiteurs, tout entiers enfermés dans la glace transparente.Immense et sortant jusqu'à mi-poitrine du lac, l'empereur du royaume des douleurs, Lucifer vieilli et hideux, broyant un traître dans chacune des bouches de sa triple face, agite ses 6 ailes de chauve-souris dont le vent glacé envahit tout le Cocyte.

COCYTIES : fête en l’honneur de Perséphone enlevée par Hadès.
CODES/ CODEX :
1. Livre fait de minces tablettes de bois recouvertes de cire.
2. Recueil qui contenait les lois édictées par les empereurs.
- Le Code Théodosien, promulgué par l'empereur Théodose II à Constantinople et par l'empereur Valentinien III à Rome, fut le premier Code officiel publié dans l'Empire Romain. Il reprend toute la législation impériale depuis Constatin, mais avec une véritable volonté codificatrice : élimination des mesures désuètes et suppression des contradictions.
- L'Empire d'Occident s'étant écroulé en 476, le Code Théodosien fut le seul code impérial connu en Occident, du Ve au XIe siècle. En fait il fut surtout connu au travers du Bréviaire d'Alaric , c'est-à-dire la "loi romaine des Wisigoths" rédigée par le roi Alaric à l'usage de ses sujets gallo-romains. Notons cependant que, très vite, les concepts véhiculés par le Code de Théodosien ou le Bréviaire d'Alaric furent incompris des barbares, et cela jusqu'à la renaissance intellectuelle des XIe et XIIe siècles et à la découverte en Occident des Compilations de Justinien.
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Comme le Code Théodosien, le Code de Justinien (divisé en XII livres pour rendre hommage aux XII Tables, fondatrices du droit romain) est un recueil de constitutions impériales, mais la mission confiée à l'équipe de Tribonien était d'une autre ampleur. D'abord du fait de la période : de Hadrien à Justinien (du IIe au VIe siècle). Il fallait en outre, après avoir divisé les matières en livres et en titres, composer les titres en sélectionnant des textes, et aussi en donnant une importance générale à ce qui pouvait être limité ou circonstanciel, ou à l'inverse en retranchant ce qui était obsolète, voire en adaptant les textes aux nécessités du VIe siècle. Le Code fut promulgué en 529, puis réédité, avec quelques adaptétions et compléments en 534.
3. Lourd morceau de bois attaché par une chaîne au pied des esclaves.

Codex Holmiensis Codex Aureus
CODICILLUS : petite tablette sur laquelle on rédigeait un testament, une pétition ou un mémoire.
CODROS : dix-septième et dernier roi d’Athènes. Il se dévoua jusqu’à la mort pour assurer la victoire sur les Doriens : il se fit tuer sous les habits d’un paysan alors que les Doriens devaient l’épargner pour obtenir la victoire. À sa mort, les Athéniens abolirent la royauté. Son fils Médon devint le premier archonte (vers 1180 av. J.-C.).
CODROS(PEINTRE DE): artiste du V è siècle avant J-C qui illustra des coupes et des vases en s'inspirant des épopées mythologiques.
CŒLÉ-SYRIE ou SYRIE-CREUSE : partie de la Syrie ancienne, entre le Liban et l’Anti-Liban. On l’appelait ainsi parce qu’elle se composait en grande partie d’un bassin arrosé par le Chrysorrhoas. On étendit souvent ce nom aux pays voisins. Elle forme un royaume dont la capitale fut Damas. Elle est aujourd’hui comprise dans le vilayet de Damas.
Extrait de l'abrégé des histoires philippiques de Trogue Pompée par Marcus Junianus Justinius: Pendant que Philippe poursuivait de grands projets en Macédoine, Ptolémée en Égypte se comportait différemment ; 2 de fait, son pouvoir royal ayant été engendré par un parricide, et le meurtre d'un frère également ayant été ajouté à l'assassinat de son père et de sa mère1, il s'était adonné à la débauche comme après avoir accompli d'heureux exploits, et toute la cour avait suivi les mœurs du roi. 3 C'est pourquoi non seulement les amis du roi et ses préfets, mais encore toute l'armée qui avait déserté les exercices militaires, pourrissaient, corrompus par les loisirs et la paresse. Quatrième guerre de Cœlé-Syrie 4 Ce qu'ayant appris, le roi de Syrie Antiochos, sous l'aiguillon de la vieille haine entre les deux royaumes, surprend par une guerre soudaine plusieurs villes de Ptolémée et attaque l'Égypte elle-même. 5 Donc, Ptolémée tremblait ; il retardait Antiochos par des envois d'ambassade jusqu'à ce qu'il prépare des forces armées. Ensuite, ayant loué en Grèce une grande armée, il livre un combat heureux2 et il aurait privé Antiochos de son royaume s'il avait aidé la Fortune par son courage.
Extrait de la guerre des Juifs par Flavius Josèphe: Quand le jeune César et Aubine ouvrirent les hostilités contre Cassius et Brutus, Cassius et Murcus levèrent une armée en Syrie, et comme Hérode paraissait leur avoir rendu de grands services dans cette opération, ils le nommèrent alors procurateur de la CŒLÉ-SYRIE en lui donnant de l'infanterie et de la cavalerie ; Cassius lui promit même, une fois la guerre terminée, de le nommer roi de Judée. La puissance du fils et ses brillantes espérances amenèrent la perte du père. Car Malichos, inquiet pour l'avenir, corrompit à prix d'argent un des échansons royaux et fit donner du poison à Antipater. Victime de l'iniquité de Malichos, Antipater mourut en sortant de table. C'était un homme plein d'énergie dans la conduite des affaires, qui fit recouvrer à Hyrcan son royaume et le garda pour lui.
COEMPTIO : mariage civil établi à l’origine pour faciliter l’union entre les patriciens et les plébéiens.
COENA : troisième et principal repas de la journée chez les Romains. Il correspondait au dîner qui se prenait à partir de trois heures de l’après-midi.
COENACULUM : salle à manger à l’origine, le coenaculum désigna ensuite l’ensemble des chambres d’un étage supérieur. À Rome, comme les pauvres habitaient dans les parties supérieures des immeubles, ce mot devint synonyme de pauvreté.
COENACULUM MERITORIUM : à Rome et dans les grandes villes, logement loué dans un étage supérieur.
COEOS : fils d’Ouranos et de Gaïa. Titan. Il épousa sa sœur Phœbé. Père de Léto et d’Astéria.

Les Titans
CŒRANOS : descendant de l’Argien Mélampe. Père de l’augure Polyidos.
CŒRANOS : Lycien. Fils d’Iphitos. Ulysse le tua au siège de Troie.
CŒRANOS : Crétois. Conducteur du char de Mérion. Hector le tua.
CŒUR : pour les Égyptiens, le cœur était le centre de toutes les fonctions physiques, de l’intelligence et de l’affectif. Avant de créer le monde, Ptah le pensa avec son cœur. C’était encore le cœur (la conscience) qui, au jour du jugement (la psychostasie), était pesé par Thot. Aussi prenait-on soin de placer un scarabée protecteur sur la momie afin que le cœur passe l’épreuve sans risque et soit restitué au défunt.
" Je vous guiderai vers la voie de vie " La bonne voie de celui qui obéit à Dieu " Heureux celui que son coeur conduit vers elle " Celui dont le coeur est ferme Sur la voie de Dieu " Affermie est son existence sur la terre. "
PETOSIRIS, prêtre d'Hermopolis (IVe siècle avant J.C.)
La conception du coeur dans l'Egypte ancienne par Bernard Ziskind, Bruno Halioua: Le premier livre de cardiologie de l’histoire de l’humanité,le Traité du coeur, constitue l’une des neuf partie du papyrus d’Ebers (1550 avant J-C). Les premières traductions de ce papyrus à contenu médical avaient un caractère très approximatif, ce qui a occulté la connaissance des remarquables acquis de la médecine et en particulier de la cardiologie pharaonique. Grâce à des traductions plus élaborées et en particulier à celle de Thierry Bardinet , on peut aujourd’hui envisagerque les Égyptiens aient été les véritables précurseurs de la médecine, mais aussi de la cardiologie. Il nous a paru important d’essayer de préciser le concept de coeur en Égypte ancienne à partir des représentations graphiques et des dernières interprétations des papyrus médicaux. Pour comprendre la conception égyptienne du coeur, ilest important de bien comprendre la façon dont se situait l’homme dans la cosmogonie de l’Égypte ancienne. Réceptacle des forces vitales de l’univers, il devait maintenir son corps en harmonie avec le cosmos. Son organisme pouvait subir l’influence néfaste de démons ou de divinités hostiles, les symptômes d’une maladie traduisant la rupture de cette harmonie. Le rôle du médecin était alors de rétablir cet équilibre en combattant les causes des désordres constatés avec les moyens à sa disposition : la médecine et la magie, étroitement intriquées avec la religion. Place du coeur dans la religion égyptienne: L’homme était considéré comme un être complexe, constitué de huit composantes étroitement intriquées , ayant chacune un rôle spécifique. Les Égyptiens distinguaient quatre entités dans l’imaginaire et quatre dans le réel , étroitement liées pendant la vie et dont la dissociation survenait au moment du décès. Les quatre éléments dans le plan imaginaire comprenaient le Sahu, le Ka, le Ba et l’Akh. Les quatre composants dans le plan du réel étaient le corps-shet , le nom , l’ombre et le coeur. Selon les Égyptiens, la mort entraînait une dissociationdes huit éléments de l’être humain. Chaque composant immatériel continuait à exister en dehors du corps, la momification visant à maintenir l’enveloppe corporelle intacte afin qu’elle devienne le réceptacle des composantes spirituelles, indispensables à la vie dansl’au-delà . Ainsi, le Ka et le Ba avaient la possibilité de retrouver le corps qu’ils avaient habité pendant la vie, permettant au défunt d’accéder au tribunal d’Osiris et d’être justifié .Préserver le corps, réceptacle des éléments spirituels de l’être, était indispensable pour assurer la vie éternelle de l’Akh. Soulignons que le seul organe laissé en place par les embaumeurs était le coeur. Lorsqu’il était arraché par erreur, il était replacé dans la cavité thoracique. Il était souvent accompagné d’une amulette funéraire, le «scarabée du coeur», qui portait gravé sur son ventre un extrait duchapitre XXX du Livre des Morts: «Ô mon coeur!
Ne te dresse pas contre moi comme témoin, ne m’accuse pas
devant le tribunal, ne te tourne pas contre moi en présence
du préposé à la balance (Anubis)… Ne dis pas de
mensonge contre moi en présence du grand dieu, Seigneur
de l’Occident (Osiris)…».
COFFRE : les coffres étaient destinés à la garde des objets les plus précieux. Les Gaulois y conservaient les têtes embaumées des adversaires vaincus. Symbole de la connaissance interdite, le coffre ne pouvait être ouvert que par les initiés.
COHORTE : formation de 600 soldats romains, soit 6 centuries.
COHORTE PRÉTORIENNE : corps d’élite choisi parmi les légionnaires. Il formait la garde du corps d’un consul ou d’un général. Les empereurs romains en firent leur garde permanente.

COIFFURE : les prêtres se rasaient la tête car les cheveux et les poils étaient considérés comme des sécrétions impures. Les Égyptiens des hautes classes portaient la perruque. Les femmes aimaient les nattes finement frisées, les cheveux longs et bouclés. Vers 1600 avant notre ère, la mode commanda aux femmes de serrer leurs nattes avec un riche bandeau orné de fleurs et de placer un cône d’onguent parfumé sur le haut de la tête. À la même époque, les hommes rivalisèrent de talent pour faire bouffer leurs chevelures encadrées de courtes mèches bouclées. Les enfants portaient une seule mèche sur le côté de leur crâne rasé. De nombreux papyrus médicaux sur la calvitie et les cheveux blancs donnaient la liste des ingrédients nécessaires à la fabrication de pommades et de lotions.

Reine Ty
COINCHEND : Tête Longue. Fille de Conchruth Tête Rouge et de Coinchiud Tête de Chien et femme de Morgan aux Dents Noires. Elle trouva la mort dès l’instant où sa fille Delchaen fut courtisée par Art.
COIRPRE : poète celte irlandais qui fut le premier à composer une satire contre le roi des Fomores.
COLÆNIS : surnom sous lequel Artémis était adorée à Myrrhinonte dans l’Attique.
COLAXA : femme d’Inachos. Mère de Phoronée et de Mycale.
COLAXÈS : roi des Bisaltes. Fils de Zeus et de la nymphe Hora.
COLCHIDE : pays situé entre le Caucase et le Pont-Euxin. Célèbre par le voyage de Jason et des Argonautes qui s’y étaient rendus pour enlever la Toison d’or. La Colchide appartint aux Perses avant d’être indépendante jusqu’à ce que Trajan la réunît à la province du Pont. Ses villes principales étaient Phasis, Cyta et Dioscurias.

COLIAS : surnom d’Aphrodite, qui avait une statue sur le cap Colias en Attique. À ses côtés étaient placées les images des Génétyllides.
COLIPHIUM : régime alimentaire préparé par les entraîneurs des lutteurs et des athlètes. Il consistait, comme de nos jours, à augmenter la masse musculaire.
COLISÉE : le plus grand amphithéâtre de l’ancienne Rome, fut construit sous Vespasien, de 75 à 78, par 12.000 Juifs, captifs de Jérusalem. On le nomma l’amphithéâtre Flavien. On l’a peut-être appelé plus tard Colisée de sa masse colossalcou parce qu’il était près de la statue colossale de Néron. Placé au centre de la ville, entre les monts Esquilin, Palatin et Cœlius, il avait 190 m. de longueur sur 157 m. 50 de largeur et 49 m. 45 de hauteur. 90.000 spectateurs pouvaient prendre place sur les 80 gradins auxquels conduisaient plus de 100 escaliers. Des chasses, des combats de gladiateurs, des naumachies, y furent représentés. La tradition dit que beaucoup de chrétiens y furent livrés aux bêtes. Détruit par la foudre, par des tremblements de terres, par la main des Barbares, il présente encore un aspect imposant avec les 33 arcades qui subsistent et des parties importantes des galeries. Benoit XVI, au XVIIe siècle, le consacra aux martyrs, en faisant élever une croix au centre et autour de l’arène 14 autels qui forment un Chemin de la Croix.

COLLARE : collier de fer muni d’une chaîne qu’on fixait autour du cour des esclaves qui s’étaient enfuis.
COLLATINE : déesse de la colline du même nom à Rome.
COLLICIAE : gouttière. Elle était construite en tuiles concaves sous les bords du toit d’une maison.
COLLINE PRIMORDIALE : avant la création, le chaos était un vaste abîme aqueux appelé Noun. Puis apparut le premier monticule ou colline primordiale. On trouvait des collines primordiales dans chaque grande ville. Symboliquement, on le représentait par un piédestal flanqué d’un escalier de neuf degrés. Une statuette était placée à son sommet afin de l’identifier au dieu créateur et de le faire participer à la vie éternelle.
COLLUVARIUM : ouverture pratiquée à intervalles réguliers dans un aqueduc. Elle facilitait le travail des nettoyeurs.
COLLYBISTES (COLLYBISTAE) : mot d’origine grecque. Les collybistes, agioteurs, étaient les prêteurs d’argent qui, durant toute l’histoire de Rome, exercèrent leur métier en pratiquant des taux d’usure supérieurs à 20 %.
COLLYBOS : petite monnaie. Ce mot désignait la différence d’argent au change.
COLONATAS : surnom de Dionysos à Sparte sur la colline Colona.
COLONNES : la colonne classique comprend une base, un fût, un chapiteau et un abaque. La colonne simple, fût de bois polygonal, est à l’origine des colonnes de pierre des temples dits protodoriques. Les colonnes palmiformes s’inspirent du tronc de palmier couronné de feuilles, celles appelées campaniformes représentent l’ombelle du papyrus. Lorsque la colonne supporte un chapiteau avec la tête de la déesse Hathor, elle est hathorique. Lotiforme, elle représente le lotus ouvert ou fermé. Peintes en rouge, bleu, vert ou jaune, les colonnes évoluèrent au fil du temps. À la basse époque, elles devinrent composites, mêlant divers décors floraux et végétaux empruntés à toutes les périodes de l’histoire égyptienne. Certaines portaient même des variétés de plantes purement inventées.

La colonne papyrifomre à chapiteau fermé représente originellement une touffe de papyrus liée à boutons non encore ouverts.
La sculpture des différentes tiges de papyrus aura tendance à s'effacer pour laisser plus de place aux textes
La colonne fasciculée a une forme de prisme à seize côtés

Cette colonne, uniquement attestée dans l'Akh-Menou de Karnak, Colonne hatorique
représente des piquets de tente
COLONOS : père d’Ochné, amoureuse d’Eunostos.
COLONTAS : hôte de Déméter, que la déesse fit périr dans l’incendie de sa maison, pour se venger des outrages de sa fille.
Extrait de Darembert et Saglio (1877): Argos est, dans le Péloponnèse, un des plus anciens centres de la religion de Déméter ; elle y remontait aux âges primitifs de la période pélasgique et y avait survécu à l'invasion des Doriens et à leur hostilité. L'institution des Thesmophoria passait pour y avoir été implantée par les filles de Danaos ; et comme on faisait venir celles-ci, avec leur père, d'Egypte ou de Libye, il y avait tout près d'Argos un temple de Déméter Libyssa, dans un lieu que Festus appelle Libycus campus. La ville même renfermait un temple de Déméter Pelasgis, fondé, disait-on, par Pélasgos, fils de Triopas ; dans son enceinte étaient le tombeau de Pélasgos et l'édifice de bronze, chalkeion, qui passait pour renfermer les cendres de Tantale, avec les trois statues de Zeus Mêchaneus, d'Artémis et d'Athéné. Dans un gouffre voisin, on jetait à certaines époques des flambeaux allumés en l'honneur de Coré. On racontait même que Déméter avait honoré Argos de sa visite, et qu'elle y avait reçu l'hospitalité de Mysios et d'Athéras, tandis que Colontas refusait de l'accueillir, et le souvenir de ce passage de la déesse était consacré par le temple sans toit de Déméter Mysia, près de Mycènes, auquel attenait un autre sanctuaire de briques, contenant les images de Déméter, de Coré et de Pluton.
La religion d'Hermioné, l'antique cité des Dryopes, telle qu'elle nous est décrite par Pausanias, présentait une physionomie assez originale et assez intéressante pour que nous en parlions avec quelque détail. Sur le mont Prôn, voisin de la ville, s'élevait un temple de Déméter Chthonia, que la tradition prétendait avoir été fondé par Clyménos fils de Phoronée, et Chthonia, soeur de Clyménos suivant les Hermioniens, fille de Colontas d'après les Argiens. Dans le culte de ce lieu, la Déméter Chthonienne était associée à Clyménos, celui qu'on entend et qu'on ne voit pas, personnage divin dans lequel on reconnaissait Hadès, souverain des régions infernales. La grande fête du sanctuaire était appelée Chthonia et avait lieu en été. Elle consistait en une procession des hommes, des femmes et des enfants, tous vêtus de blanc et couronnés des fleurs d'une espèce d'hyacinthe qu'on appelait cosmosandalon. Cette procession amenait au temple des vaches, qu'on y faisait entrer successivement et dont chacune, les portes fermées derrière elle, était tuée dans l'intérieur à coups de faucille par les vieilles femmes investies de la prêtrise. Celles-ci avaient droit à l'honneur de statues iconiques érigées en avant du temple, et seules étaient admises à contempler le symbole mystérieux de Déméter Chthonia, tenu soigneusement caché aux yeux du vulgaire, probablement un emblème phallique.
COLOPHON : ville de l’ancienne Lydie (Asie Mineure), au Nord Ouest d’Ephèse, près de l’embouchure de l’Halesus. Fondée par les Ioniens, elle reçut une colonie de Crétois. Patrie de Mimnerme et de Xénophane, elle prétendait avoir donné le jour à Homère. On dit que le colophane tirait son nom d’une résine que produisit son territoire.
Extrait des Cités ioniennes: Phérécyde d'Athènes a écrit que l'île était occupée par les Lélèges, les Grecs autochtones auraient été soumis aux Minoens de Crète. Puis ils ont finalement été chassés lors de l'invasion Ionienne. À cette époque Chios intègre une confédération Ionienne regroupant douze cités : Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Smyrne est ensuite rattachée à la confédération et Halicarnasse les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne, elle a pour centre religieux le temple de Poséidon. Â la fin du VIIe siècle elle est l'une des premières villes à battre une monnaie, établissant le sphinx comme son symbole spécifique. Cette tradition sera maintenue près de 900 ans. Vers 700, comme petit à petit toutes les cités d'Ionie, Chios passe sous protectorat des Lydiens.
D'après la tradition, rapportée par Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180, [7, 3, 1]), l'origine et la création de la cité de Colophon sont attribuées à Andrémon, le fils du 17e et dernier Roi d'Athènes, Codros (ou Kodros), qui y établie une colonie. Puis Colophon fait partie d'une confédération Ionienne regroupant douze cités : Chios (ou Chio ou Kios), Clazomènes, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Smyrne (Izmir) est ensuite rattachée à la confédération et Halicarnasse les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne. Elle est surement l'une des plus anciennes cités de cette confédération.
Vers 700, comme toutes les cités d'Ionie, Colophon attire la convoitise de son puissant voisin la Lydie. D'après Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) un de ses Rois, Gygès (687-652 ou 685-644), qui est le premier des Mermnades, débute sa première campagne en s'emparant de la côte Carienne, puis du Nord et du Sud de la Troade et de la Mysie. Il est, semble t-il, aidé au début par les Milésiens qui établissent la colonie d'Abydos sur l'Hellespont. La guerre avec l'Ionie ne se terminera qu'en 604. Grâce à la supériorité de sa cavalerie, Gygès assiège ensuite son ancien allié Milet, puis Smyrne, mais sans succès, par contre il prend Magnésie et Colophon (Selon Hérode, historien Grec, 484-v.425). Toute la région finira par tomber aux mains des Lydiens.
Cette domination va durer près d'un siècle et demi puisque après la défaite du dernier Roi Lydien Crésus (ou Kroisos, 562-546 ou 561-547) devant le Roi Perse Cyrus II (558-528), les riches cités d'Ionie vont passer sous la domination des Achéménides. Elle devra leur payer de lourds tributs, mais en contrepartie les Perses lui laissèrent semble une certaine autonomie. Après les Guerres Médiques (499-479) et les Perses battus, la cité passe sous le contrôle d'Athènes qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire et qui va tirer profit de la région avec, en 478, la fondation de la Ligue de Délos. Cette dernière entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie d'Athènes sur la mer Égée et sa domination sur le monde Grec. Colophon comme beaucoup de villes Ioniennes entre dans la Ligue. Puis, l'Ionie et ses cités subissent les Guerres du Péloponnèse (431-404) où Colophon est alliée à Athènes. Cependant en 412, sur l'instigation d'Alcibiade le Jeune (450-404), elle se révolte avec le reste de l'Ionie, contre Athènes. L'aventure est de courte durée, l'Ionie est ramenée à l’obéissance vers 411/410 par la cité Attique. En 407, le Sparte Lysandre bat la flotte Athénienne à Aigos (Aegos) Potamoi. Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à Athènes lui font défection et se soumettent à Lysandre. En 404 l’hégémonie Athénienne n’est plus et la Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie passent alors de nouveau sous la tutelle des Perses. En 395 le Roi de Sparte Agésilas II (398-360) lance une campagne en Asie Mineure contre le Satrape Perse de Lydie et de Carie Tissapherne (v.413-395). La campagne d’Agésilas II se solde par la libération des cités d’Ionie de la tutelle Perse, dont Colophon. Elles vont ensuite subir la domination de Sparte, mais pour peu de temps. Le climat politique est très tendu et en 387/386, Sparte menacée de tous côtés, conclut la paix d'Antalcidas ou paix du Roi avec les Perses et tous les Grecs. Elle accepte la domination Perse et leur cède des cités Grecques d'Asie Mineure. Après un sursaut de Sparte, en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée. L’hégémonie du vainqueur, Thèbes qui s’ensuit n’a que peu d'impact sur le monde Anatolien. Les Perses, profitant du cahot du monde Grec, reprennent possession de l'Ionie. Leurs nouvelles dominations, physique et politique, sur les cités sont similaires à celles qui précédaient les Guerres Médiques, en particulier sur les très lourds impôts. Il faudra que Colophon attende près un demi-siècle pour être libérée par le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323). Après la mort de ce dernier Colophon suit l'histoire de l'Asie Mineure
Le Régent de Macédoine Perdiccas (323-321) va expulser des colons Athéniens de Samos à Colophon, y compris la famille d'Epicure (Philosophe Grec, v.342-270), qui se joindra à eux après avoir terminé son service militaire. Puis lors de la conquête de la région par le Roi de Thrace Lysimaque (306-281), la cité est détruite. Ses habitants seront chassés vers Lébédos. Colophon ne récupèrera jamais totalement de cette destruction, à l'inverse de Lébédos et perdra de son importance. Lors de la prise de possession de la région par les Romains son nom sera même transféré sur le site du village port voisin.
COLOPHONIA : fille d’Érechthée, roi d’Athènes. Son père la sacrifia pour le salut de l’État.
COLOSSE : les colosses érigés devant les entrées des temples représentaient les dieux et les rois. Ils faisaient parfois l’objet d’un culte.

Colosses de Memnon
COLOSSE : ville ancienne de Phrygie (Asie Mineure), près du confluent du Lycus et du Méandre. Florissante dans l’antiquité, elle se releva du tremblement de terre qui la détruisit en 65. Saint Paul adressa de Rome une Epître à ses habitants.Colosses était autrefois une ville très importante. Xénophon en a parlé comme d’une cité «populeuse, riche et vaste, confirmant ainsi le témoignage d’Hérodote, qui parlait, dès le V è siècle avant J-C, d’une ‘‘grande ville de Phrygie’’. Les villes voisines, Laodicée et Hiérapolis, ses voisines, la supplantèrent et s’enrichirent. Elle était cependant, à l’instar de Laodicée, qui était devenue «l’une des cités les plus riches de l’Asie, renommée pour sa belle laine aux teintes excellentes. Les inscriptions mentionnent des corporations de teinturiers à Laodicée et Hiérapolis et l’adjectif kolossénos désignait une laine teinte à Colosses
COLPTHA : le Fier. Druide servant le roi Cormac Mac Airt. Il fut terrassé par le druide Cennmhar lors de la guerre contre Munster.
COLUBIUM : tunique à manches courtes. Sous la République, les Romains la portaient couramment lors de leurs activités physiques.
COLUM : passoire de jonc, d’osier ou de sparte, ayant la forme d’un cône renversé. Les Romains s’en servaient pour filtrer le vin nouveau après les opérations de pressage.

COLUM CUALEINECHT : Colombe au Visage de Charbon. Colum était l’un des forgerons des Tuatha Dé Danann.
COLUM NIVARIUM : passoire de métal dans laquelle les romains mettaient de la neige et versaient leur vin pour la rafraîchir. La neige était récoltée, tassée et conservée jusqu’à l’été dans des grottes ou des puits profonds. Elle devait être livrée avant l’aube au palais impérial ou chez les riches particuliers. Ce système (la glace remplaçant la neige) fonctionna en Provence jusqu’en 1900 sur les hauteurs de la Sainte-Baume entre Marseille et Toulon.
COLUMBAR : assemblage de planches et de poutres percées de trous correspondant au passage des mains et de la tête. Il était destiné à l’exposition publique des esclaves punis.
COLUMBARIA : ouvertures dans la coque d’un navire pour le passage des rames.
COLUMBARIUM :
1. Colombier ou pigeonnier. Ces édifices attenant aux maisons romaines pouvaient contenir plusieurs milliers de volatiles.
2. Niche d’urne dans un sépulcre. Elle contenait deux urnes insérées dans la maçonnerie en forme de demi-cercle.
3. Niche recevant des urnes funéraires.

COLUMELLE (LUCIUS JUNIUS MODERATUS COLUMELLA) : agronome latin du Ier siècle. Il voyagea dans tous les pays de la Méditerranée et écrivit à Rome De rustica (Sur l’agriculture).
Extrait de l'agriculture par Columelle(Les obligations du père de famille): Toutes ces choses se trouvant ou ayant été ainsi disposées, les soins principaux du maître seront réclamés par quelques autres objets, et principalement par le personnel de son exploitation : il se compose des fermiers et des esclaves, soit libres, soit enchaînés. Il traitera les premiers avec affabilité, se montrera doux, et plus exigeant pour le travail que pour le payement des fermages : cette manière d'agir les blesse moins, et est plus avantageuse en tout. En effet, lorsqu'une terre est soigneusement cultivée, le fermier doit toujours y faire des bénéfices, à moins de force majeure, comme orage ou pillage. Hors ce cas, le fermier n'oserait demander la remise de l'arriéré. Le maître ne doit pas, non plus, être tenace au point de faire remplir strictement en chaque chose les obligations contractées envers lui, telles que le payement des fermages, la livraison du bois et autres menues redevances qu'il a droit d'exiger, mais dont l'acquittement cause au fermier plus de dérangement qu'elles ne lui occasionnent de dépense. En général , il ne faut pas toujours réclamer ce à quoi l'on a droit ; car nos ancêtres regardaient la grande rigueur du droit comme la plus grande des tyrannies. Il ne faut cependant pas montrer trop d'indulgence; car, comme le disait avec raison l'usurier Alphius, les meilleures obligations deviennent mauvaises faute d'être exigées à leur échéance. De nos jours, j'ai entendu dire à L. Volusius, homme consulaire et très riche, que pour un père de famille le fonds le plus productif était celui dont les fermiers étaient du pays, et qui, nés sur cette terre comme sur leur patrimoine, y restant dès le berceau, y avaient contracté de longues habitudes. Assurément, c'est bien mon opinion, qu'il y a de l'inconvénient à changer souvent de fermiers, et que le pire de tous est un fermier citadin qui aime mieux faire cultiver par ses gens que cultiver lui-même. Saserna disait qu'il fallait plutôt attendre d'un homme de ce genre des procès que des fermages; qu'en conséquence, il fallait s'appliquer à retenir des fermiers villageois et diligents, quand nous ne pouvions pas nous livrer nous-mêmes à la culture ni la faire exécuter par nos gens : ce qui n'arrive que dans les cantons en proie à l'insalubrité de l'air et à la stérilité du sol. Au reste, quand l'un ou l'autre inconvénient est médiocre, les soins du fermier tirent toujours moins de produits de la terre que n'en obtient le maître, ou même son métayer, à moins d'extrême paresse et d'infidélité de la part de cet esclave. Mais il n'est pas douteux que le plus souvent ces désagréments ne proviennent de la faute du maître ou ne soient favorisés par lui, puisqu'il lui est loisible ou d'éviter de mettre un tel homme à la tête de ses affaires, ou de lui en retirer la gestion. Toutefois, quand une terre est éloignée au point qu'il soit difficile au propriétaire de s'y transporter, toute espèce de fonds prospérera plus sous des fermiers libres que sous des métayers esclaves : c'est ce qu'on peut dire surtout des terres arables, que le fermier ne saurait dévaster comme les vignes et les arbres. Les esclaves peuvent causer de grands dommages, soit en donnant à louage les boeufs de la terre, soit en les nourrissant mal, ainsi que les autres bestiaux, soit en ne labourant pas à propos, soit en faisant payer plus de semence qu'ils n'en ont confié aux sillons, soit en ne soignant pas, pour les faire prendre, les plantes qu'ils ont mises en terre, soit, lorsque la moisson est portée sur l'aire, en diminuant le produit du battage par fraude ou par négligence : car ils le dérobent eux-mêmes ou bien ils le laissent prendre par d'autres voleurs, ou ils ne le portent pas fidèlement en compte. Il en résulte que le maître-valet et ses gens se comportent mal, et que trop souvent une terre se trouve ainsi décréditée. C'est pourquoi je suis d'avis qu'il faut donner à ferme ce genre de domaine, si, comme je m'en suis expliqué, il doit être privé de la présence du maître.
En quoi les esclaves doivent contribuer à chaque ouvrage: Il faut dire aussi quels sont les travaux auxquels chaque esclave doit contribuer selon sa force et son intelligence. II faut préposer à l'ouvrage des chefs soigneux et sobres : pour cet objet ces deux qualités sont plus importantes que la taille et la force du corps, puisque ce service est un ministère de garde diligente et de capacité. Quoique nécessaires au bouvier, les qualités intellectuelles ne lui suffisent pas, il faut encore que l'ampleur de sa voix et sa stature le rendent redoutable à ses bestiaux. Il doit pourtant tempérer la force par la douceur, et plutôt inspirer la crainte qu'être cruel : ses boeufs ainsi obéiront mieux à son commandement et dureront plus longtemps, que s'il les accablait de travail et de coups. Mais je dirai en son lieu quels sont les devoirs des chefs des travaux et ceux des bouviers ; il suffit maintenant d'avertir que la force et la taille n'importent nullement aux premiers, tandis qu'elles sont indispensables aux derniers. Nous exigeons que le laboureur soit très grand, comme je l'ai dit, pour les raisons que je viens de donner, et parce que parmi les travaux de la campagne le labourage est celui qui fatigue le moins un homme d'une taille élevée, en raison de ce que, travaillant presque droit, il peut s'appuyer sur le manche de sa charrue. La taille du valet de second rang est Indifférente, pourvu qu'il soit assez fort pour supporter le travail. Les vignes demandent des hommes plutôt larges de poitrine et membrus que d'une taille élevée, car ils sont plus propres au bêchage, à la taille et aux autres façons qu'elles réclament. Cette partie de l'agriculture requiert moins de frugalité que quelques autres, parce que le vigneron doit travailler en compagnie et sous les yeux d'un moniteur ; et comme ordinairement l'esprit des mauvais sujets est plus actif, c'est à eux que l'on réserve cette culture, qui demande à la fois de la force physique et de l'intelligence. C'est pourquoi on fait le plus souvent travailler les vignes par les esclaves qui sont à la chaîne. Toutefois, à dispositions égales, un homme honnête s'en acquittera mieux encore qu'un méchant. Je fais ici cette observation pour qu'on ne pense pas que j'aie l'opinion que les champs sont mieux cultivés par le dernier que par le premier de ces hommes ; mais je suis convaincu que, pour ne pas confondre les travaux des gens de la ferme, il faut qu'il y en ait pour tout le monde. La confusion est préjudiciable à l'agriculteur, soit parce que personne ne considère comme sien propre l'ouvrage qu'on lui fait exécuter ; soit parce que chacun, voyant qu'on ne lui tient pas personnellement compte de ses efforts, qui ne sont avantageux qu'à la totalité de ses camarades, se soustrait autant qu'il est possible à l'obligation du travail. On ne peut d'ailleurs constater ce qui a été mal exécuté par chacun quand tous s'en sont occupés. Il est donc à propos de séparer les laboureurs des vignerons, les vignerons des laboureurs, et les uns et les autres des valets de second rang. Les classes ne seront pas composées de plus de dix hommes : c'est ce que les anciens appelaient des décuries, et ils se trouvaient bien de ce mode, qui est avantageusement employé dans le travail, et n'offre pas une foule qui rendrait vaine l'attention du moniteur qui les dirige. En conséquence, si le champ est très spacieux, on distribuera ces classes dans des quartiers distincts, et l'on divisera le travail de manière que les individus ne soient ni seuls ni deux à deux : car les disperser, c'est en rendre la surveillance difficile. Pourtant il ne faut pas élever le nombre à plus de dix par classe, parce que, je le répète, lorsqu'il y a foule, chacun croit que le travail dont il s'occupe n'est pas le sien. L'ordre que j'indique non seulement excite l'émulation, mais fait connaître les paresseux : en effet, quand le travail est animé par l'émulation, la punition infligée aux paresseux paraît juste, et ne saurait exciter de réclamation. Mais, après avoir instruit le futur agriculteur des soins que réclament la salubrité, les chemins, le voisinage, l'eau, la situation de la ferme, la distribution du fonds, les fermiers et les esclaves, la répartition des obligations et du travail, nous arrivons à propos à la culture du sol, sur laquelle nous allons nous étendre dans le livre suivant.
COLUMNA BELLICA : colonne élevée devant le temple de Bellone près de la porte Carmentis à Rome. Au début de la République, il était d’usage de la frapper d’un javelot lors des déclarations de guerre.
COLUMNA COLCHIS : colonne creuse dans laquelle un escalier en spirale permettait d’accéder au sommet. La colonne de Trajan et celle Marc Aurèle étaient de ce type.

COLUMNAE HERCULIS: Colonnes d'Hercule ; cette expression désignait, dans l'origine, deux colonnes eu forme de pyramides que les Phéniciens avaient l'habitude d'élever dans le cours de leurs longs voyages, comme des phares et des bornes qui les aidassent à reconnaître les côtes particulières, dans leurs voyages subséquents ; ils les dédiaient à Hercule et à Astarté, leur soleil et leur lune. On voit clairement ces colonnes dans la gravure ci-jointe, prise d'une monnaie tyrienne, où les deux colonnes avec le phare sur le devant, la conque au-dessous, dont le maître du vaisseau sonnait pour annoncer son arrivée dans le port et l'arbre représentant le pays, expliquent assez la nature de l'objet représenté. Chez les Grecs et les Romains, c'étaient les deux montagnes pyramidales du détroit de Gibraltar, Calpé et Abyla (Gibraltar en Europe et Ceuta eu Afrique), qui étaient nommées les Colonnes d'Hercule, à cause de la ressemblance qu'elles ont de loin avec les colonnes phéniciennes décrites ci-dessus. Ils inventèrent une fable en l'honneur de leur héros pour rendre compte du nom .

COLUMNA MAENIA : colonne érigée sur le forum de Rome. On y attachait les voleurs et les esclaves en fuite pour les châtier.
COLUMNA ROSTRATA : colonne qui était flanquée de rostres de navire. On élevait ce type de colonne après chaque victoire navale.

COLUMNARIUM : taxe romaine d’imposition sur les colonnes que contenait une maison.
COLUMNARIUS : débiteur insolvable qui avait été châtié sur une colonne.
COLYMBAS : une des neuf filles de Piéros, qui, s’étant mesurées aux Muses, furent vaincues et changées en oiseaux.
COLYTTOS : père de Diomos.
COMÆTHO : fille de Ptérélaüs. Elle trahit son père en lui coupant le cheveu d’or auquel sa vie était attachée, et le livra à ses ennemis. Amphitryon, dont elle était amoureuse, la fit tuer.
COMÆTHO : prêtresse d’Artémis et amante de Mélanippe.
COMÆOS : surnom d’Apollon à séleucie.
COMAGÈNE ou COMMAÈNE : l’une des provinces de la Syrie éancienne, au Nord Est, capitale Samosate. Il y eut depuis Pompée des petits princes de Comagène, soumis à Rome. Elle fut réduite définitivement en province par Vespasien en 71.
Extrait de Bérénice par Jean Racine(1670):
ARSACE Vous la verrez, Seigneur : Bérénice est instruite Que vous voulez ici la voir seule et sans suite. La reine d'un regard a daigné m'avertir Qu'à votre empressement elle allait consentir ; Et sans doute elle attend le moment favorable Pour disparaître aux yeux d'une cour qui l'accable.
ANTIOCHUS Il suffit. Cependant n'as-tu rien négligé Des ordres importants dont je t'avais chargé ?
ARSACE Seigneur, vous connaissez ma prompte obéissance. Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence, Prêts à quitter le port de moments en moments, N'attendent pour partir que vos commandements. Mais qui renvoyez-vous dans votre Comagène ?
ANTIOCHUS Arsace, il faut partir quand j'aurai vu la reine.
ARSACE Qui doit partir ?
ANTIOCHUS Moi.
Extrait du Livre des guerres par Procope: Quinze mille hommes de cavalerie persienne commandés par Azaréthez, et un renfort de Sarrasins conduits par Alamondare, entrèrent au commencement du printemps sur les terres des Romains, non pas par la Mésopotamie, comme ils avaient accoutumé, mais par la Comagène, que nous appelons maintenant l'Euphratèse, par où nous n'avions jamais ouï dire qu'ils fussent venus auparavant. Je dirai ici d'où vient le nom de Mésopotamie, et ce qui fut cause que les Perses ne passèrent pas à travers, cette fois-là, pour venir dans l'Empire. 2. Il y a dans l'Arménie à quarante-deux stades de Théodosiopolis, du côté du Septentrion, une montagne qui n'est pas des plus raides, et qui produit deux sources, d'où sortent deux grands fleuves, l'Euphrate et le Tigre. Ce dernier, sans faire de longs détours, et sans s'enfler d'aucune eau étrangère, va droit à la ville d'Amide, et l'ayant arrosée, du côte du Septentrion, il se répand dans l'Assyrie. L'Euphrate coule d'abord proche de sa source, par des passages fort étroits. Puis il disparaît tout à coup, non pas en entrant sous terre ; mais d'une autre façon fort merveilleuse. Il forme sur sa surface, un limon qui a environ cinquante stades de long, et vingt de large. Et qui produit une grande quantité de roseaux, et le durcit de telle sorte, que ceux qui le voient le prennent pour terre ferme ; et y passent à pied et à cheval, sans aucune crainte. Il y a même plusieurs chariots qui le traversent chaque jour, et qui ne l'ébranlent nullement. On a accoutumé de brûler tous les ans les roseaux, de peur qu'ils n'embarrassent le chemin. Comme on y avait mis une fois le feu, le vent un peu plus grand que d'ordinaire, porta la flamme jusqu'à la racine.
COMANA : nom de deux villes en Cappadoce et dans le Pont, où se trouvait un sanctuaire de Bellone.

COMARQUE : le comarque était le chef du village. On doit cette appellation aux Grecs qui administrèrent l’Égypte.
COMBAT : jusqu’au IIIe siècle av. J.-C., il semble que les Gaulois allaient nus au combat, seulement protégés derrière leurs grands boucliers de bois ovales ou hexagonaux, les cheveux serrés en un haut chignon. En 225, à la bataille de Télamon, les Gaulois Boïens et Insubres portaient de longs et larges pantalons et de grandes saies colorées (manteaux) alors que leurs alliés les Gaulois Gésates allaient nus à l’affrontement parés de leurs bijoux. Plus tard, en 217, les Gaulois d’Hannibal se battirent encore nus aux côtés des Celtibériques vêtus d’une longue tunique de lin blanc bordée de pourpre. Au temps de Jules César, les Gaulois combattirent habillés de vêtements à carreaux (surtout rouges), les plus riches portant des cuirasses et des cottes de mailles.
COMÉTÈS : père de l’Argonaute Astérion.
COMÉTÈS : un des Lapithes. Il fut écrasé aux noces de Pirithoüs par un bloc de pierre lancé par Charaxos.
COMISSATIO : réjouissance après la coena (troisième repas). Elle se terminait souvent en orgie pendant la nuit.
COMISSATOR : joyeux compagnons qui participaient aux beuveries après la coena.
COMITIUM : place entourée d’une enceinte attenant au forum romain. Elle était destinée aux comices centuriales et aux procès. Elle fut recouverte d’un toit après la deuxième guerre punique.

En bleu, contours du comitium de la République à Rome
COMM ou COMMIOS : chef des Atrébates, il se battit en Belgique, se rallia à César puis rejoignit les Gaulois révoltés. Il fut l’un des commandants en chef de l’armée de secours gauloise au siège d’Alésia en 52 av. J.-C. Après la reddition de Vercingétorix, il continua la guerre avec le chef des Bellovaques, Correos. Quand la Gaule tomba définitivement aux mains des Romains, il s’installa sur l’île de Bretagne dans le Hampshire et fonda une nouvelle capitale : Cavella Atrebatum.
COMMENTACULUM : baguette que les prêtres romains portaient pendant les processions religieuses.
COMMERCE : jusqu’à l’époque saïte (666 av. J.-C.), le commerce dépendait essentiellement du gouvernement qui, fort des productions de céréales et d’or, en fit l’instrument de sa politique extérieure. De nombreux pays dépendaient des greniers et des mines d’Égypte. À côté de ce commerce d’État, un petit commerce privé exercé par les nomades vivant en bordure du désert était toléré par les fonctionnaires du fisc. La majorité de la population restait soumise au centralisme administratif et il lui était impossible de commercer sans éveiller les soupçons des scribes de l’État. Cependant, l’Égypte avait besoin d’importer le bois du Liban, l’encens, les aromates. Aussi montait-elle des expéditions vers les lointains pays de Pount et de Koush et traitait-elle avec Byblos par l’intermédiaire de commissaires royaux. Les marchands firent leur apparition dans le delta à partir de l’installation des Grecs à Naucratis, puis des Tyriens à Memphis. Peu à peu les comptoirs se développèrent et les premières banques entrèrent en fonction sous les Ptolémées.
COMMODE (MARCUS OU LUCIUS AELIUS AURELIUS ANTONINUS) : fils de Marc Aurèle et de Faustine. Né à Lanuvium le 31 août 161. Féroce dès son plus jeune âge, il monta sur le trône en 180 et s’empressa de traiter avec les Quades et les Marcomans. Ayant échappé à une conspiration tramée par sa sœur Lucila en 183, il se vengea sur les familles nobles et les riches, laissant carte blanche à Perennis et à l’affranchi Cléandre qui tyrannisèrent l’Empire. De son côté, Commode préférait jouer au gladiateur, se produisant dans le cirque, tuant hommes et bêtes avec sa massue d’Hercule, aux applaudissements des sénateurs tremblants. Il changea les noms des mois, de Rome, du sénat. Il laissa égorger ses ministres, fit périr sa sœur , sa femme Crispina, le jurisconsulte Salvius Julianus et après avoir échappé à plusieurs complots, il mourut empoisonné et étranglé sur l’ordre de son amazone Marcia, sa favorite en 192.
Extrait de l'histoire romaine, livre I, par Hérodien: Par tous ces moyens Pérennis se délivra de ceux que Commode ménageait encore, et qui avaient pour lui une tendre affection et une fidélité inviolable. Lors donc qu'il se vit chargé seul du salut du prince, que sa vie fut entre ses mains, et que son crédit et sa puissance n'eurent plus de bornes, il porta ses vues plus loin, et pensa à s'emparer de l'empire. Il fit donner à son fils, qui était encore fort jeune, le commandement des armées d'Illyrie ; et il amassait des sommes immenses, pour corrompre par ses largesses les gardes prétoriennes. Son fils, de son côté, levait des troupes en secret, afin d'être en état de le seconder et de le soutenir, lorsqu'il aurait tué l'empereur. Cette conjuration se découvrit d'une manière fort étrange. Les Romains célèbrent des jeux en l'honneur de Jupiter Capitolin, avec un grand concours de peuple : l'empereur, avec les prêtres qui font des fonctions, préside aux jeux et distribue les prix. Commode étant donc venu pour entendre les plus excellents acteurs, était assis sur son trône ; l'amphithéâtre était rempli ; chacun y était placé selon son rang et sa qualité. Comme on allait commencer, une espèce de philosophe qui était à demi nu, et qui avait un bâton à la main et une besace à son côté, courut tout d'un coup au milieu du théâtre, et faisant signe au peuple de l'écouter : «Il n'est pas temps, seigneur, s'écria-t-il, de s'occuper de jeux, de fêtes et de spectacles ; l'épée de Pérennis pend déjà sur votre tête ; il amasse ici contre vous de l'argent et fait lever des troupes, pendant que son fils tâche de corrompre les armées d'Illyrie : ce n'est point un orage qui se prépare, il est tout formé ; si vous ne le prévenez, c'est fait de vous.» Cet homme se porta à une action si hardie, ou par un mouvement secret qui avait quelque chose de divin, ou pour acquérir de la gloire, et se tirer de l'obscurité dans laquelle il avait vécu jusqu'alors, ou dans l'espérance de recevoir du prince quelque récompense considérable. Commode, à ce discours, demeura interdit ; tout le monde se doutait bien que ces choses pouvaient être véritables, quoiqu'on fit semblant de n'en rien croire ; mais Pérennis, sans s'étonner, fit arrêter ce malheureux, et le condamna au feu, comme un insensé et un imposteur. Les courtisans qui voulaient paraître s'intéresser pour le salut de l'empereur, et qui haïssaient d'ailleurs Pérennis, que sa fierté et ses hauteurs rendaient insupportable, ne manquèrent pas cette occasion, et n'oublièrent rien pour le mettre mal dans l'esprit du prince.
La fin de Commode n'était pas encore venue, la conjuration devait être découverte, et l'attentat de Pérennis et de son fils ne devait pas demeurer impuni ; car, peu de temps après, quelques soldats de l'armée d'Illyrie s'étant échappés sans que le fils de Pérennis en sût rien, apportèrent à Rome des pièces de monnaie que ce jeune homme avait eu l'audace de faire frapper à son coin. Ils trouvèrent moyen de parler à l'empereur, quoique Pérennis fût capitaine de ses gardes ; ils lui montrèrent ces pièces d'argent, et lui découvrirent le détail de la conjuration. Commode leur donna de grandes récompenses, et sans perdre de temps envoya la nuit suivante couper la tête à Pérennis. Il dépêcha vers le fils ceux mêmes qui avaient exécuté le père. Ils arrivèrent eu Illyrie avant qu'on y eût rien appris de ce qui s'était passé, et lui remirent des lettres de l'empereur, qui, après plusieurs démonstrations d'amitié, lui faisait entendre qu'il ne le rappelait à la cour que pour l'élever à une plus grande fortune, et pour le mettre en position de concevoir de plus hautes espérances. Le jeune Pérennis ne se douta point du piège qu'on lui tendait. Il croyait son père encore en vie, et les courriers l'assuraient qu'il les avait chargés de vive voix de presser son départ, et qu'il n'eût pas manqué de lui écrire, s'il n'avait cru que sa lettre serait entièrement inutile après les ordres du prince. Il se laissa donc persuader ; et quoiqu'il n'abandonnât qu'à regret ses projets, il se résolut cependant à partir, se tenant fort du crédit et de la puissance de son père. Il fut tué en chemin, sur les confins de l'Italie, par ceux qui en avaient reçu l'ordre de l'empereur.
Commode créa ensuite deux préfets des gardes prétoriennes, dans la pensée qu'il y avait trop de danger à mettre une charge si importante sur une seule tête, et qu'il valait mieux affaiblir cette puissance en la partageant. Mais ces précautions ne le mirent guère en sûreté. Il se vit peu de temps après exposé à de nouvelles embûches. Un soldat nommé Maternus, coupable de plusieurs crimes, ayant déserté, persuada à quelques-uns de ses compagnons, qui ne valaient pas mieux que lui, de suivre son exemple, et assembla en fort peu de temps un assez grand nombre de bandits. D'abord il courait la campagne et pillait les villages ; mais quand il eut amassé de grandes sommes d'argent, l'espérance de faire fortune attirant tous les jours à sa suite beaucoup d'autres scélérats, il forma un corps qui avait plus l'air d'une armée réglée que d'une troupe de brigands. Ils s'attaquèrent alors aux plus grandes villes. Ils forçaient les prisons, délivraient tous les criminels, leur offraient un asile, et les engageaient, autant pour leur sûreté que par reconnaissance, à prendre parti avec eux. Ils coururent de la sorte les Gaules et l'Espagne ; ils entraient les armes à la main dans les villes les plus riches et les plus peuplées, y mettaient le feu, et se retiraient chargés de butin. Commode ayant été informé de tous ces désordres, écrivit aux gouverneurs des provinces des lettres pleines de menaces ; il leur reprochait leur lâcheté et leur négligence, et leur ordonnait de faire au plus tôt marcher des troupes contre ces brigands. Mais sitôt qu'ils surent les ordres qu'on avait donnés contre eux, ils cessèrent de piller et de courir le pays, se séparèrent en plusieurs petites bandes, et gagnèrent en toute diligence l'Italie par des chemins détournés. Cependant Maternus n'avait plus de vues médiocres, et ne pensait à rien moins qu'à l'empire. Tout lui avait réussi jusqu'alors au-delà de ses espérances ; il voyait bien qu'il s'était engagé trop avant pour reculer, et qu'il fallait pousser sa fortune jusqu'où elle pourrait aller, ou finir avec éclat et en homme de coeur. Ses forces n'étaient pas assez grandes pour les opposer à celles de Commode, et pour lui faire une guerre ouverte ; il savait d'ailleurs que ce prince était aimé du peuple et des soldats prétoriens. Il crut donc qu'il valait mieux avoir recours à l'artifice, et se servir de quelque stratagème. Voici ce qu'il imagina.
Au commencement du printemps, les Romains célèbrent en l'honneur de la mère des dieux une fête, dans laquelle on porte en cérémonie devant son image tout ce que l'empereur et les particuliers ont de plus précieux pour la matière et pour la délicatesse de l'art. Alors on a une liberté entière de faire toutes les folies et toutes les extravagances qui viennent dans l'esprit. On se déguise chacun à sa fantaisie ; il n'est dignité si considérable, personnage si sérieux, dont on ne puisse prendre l'air et les habillements. Maternus trouva ce jour très propre pour l'exécution de son projet ; il crut qu'il pourrait aisément se déguiser avec ses gens en soldat de la garde de l'empereur, se mettre à sa suite comme étant de la cérémonie, et le tuer lorsqu'on y penserait le moins. Mais il fut trahi par quelques-uns de ceux qui avaient son secret, et qui étaient entrés avec lui dans la ville. Ils ne purent se résoudre à avoir pour empereur celui qu'ils avaient bien voulu suivre comme un chef de brigands. Cette pensée leur inspira une secrète jalousie, et ils allèrent découvrir tout ce qu'il avait concerté. On arrêta Maternus avant la fête, et il eut la tête tranchée avec ses compagnons. Commode fit à la déesse des sacrifices en action de grâces, et parut dans la cérémonie avec un air fort gai et fort tranquille. Le peuple, de son côté, redoubla d'allégresse et de joie pour faire sa cour à l'empereur.
 Intaille représentant Commode

Assassinat de Commode par Fernand Pelez (1878)
COMOS : dieu des festins. Il était représenté comme un jeune homme ailé, suivi de Silène, ou des amours, ou d’un cortège de buveurs.
COMPITALIES : fêtes des carrefours en l’honneur des dieux lares et de Mania, la Folie, mère des Iares. Les affranchis et les esclaves organisaient ces fêtes.
COMPLUVIUM : ouverture au centre du toit d’un atrium. Elle permettait de recueillir les eaux de pluie par l’intermédiaire des quatre pentes de tuiles convergeant vers l’impluvium (bassin).
CONAIRE MOR : héros, fils du roi suprême d’Irlande Éterscel et de la concubine Mess Buachalla. Il possédait les dons de voir, d’entendre et de juger. Il eut la vision de sa destinée de roi de Tara et des interdictions liées à sa charge. Ainsi il devait, entre autres, ne pas sortir de la ville pendant la neuvième nuit du mois, ne jamais tuer d’oiseau ou ne pas recevoir chez lui des groupes d’hommes et des femmes pendant la nuit. Après un long règne, les circonstances l’amenèrent à violer les tabous. Destitué, pourchassé, il eut la tête tranchée.
CONALL CERNACH : le Victorieux. Fils de Findchoem, la fille du druide Cathbad, et d’Amorgen, le barde du roi Conchobar. Il enleva la femme du roi manchot Mesgegra de Leinster dont il coupa la tête lors d’une bataille. Ayant extrait la cervelle du crâne royal, il se fabriqua une arme invincible avec la fronde de Cêt.
CONANG : héros qui survécut à l’engloutissement de la ville de Lough Neagh.
CON CETCHATHACH : Conn aux cent batailles. Père de Art. Après avoir interdit les sacrifices humains, ce roi de Tara reçut du dieu Lug la Coupe de la Souveraineté. Son long règne de droiture et de prospérité fut cependant marqué par une année de misère et de malheurs, année pendant laquelle il avait été l’amant de Bécuna la maléfique.
CONCHOBAR MAC NESSA : roi légendaire celte d’Ulster, fils de la reine Ness-Assa la Belette et du druide Cathbad. S’étant lié à sa sœur Deichtire, il eut pour fils Cuchulain. Sa tête se fendit sept ans après avoir reçu la pierre cervelle de Mesgegra lancée par Cêt Mac Dagach.
CONCHOBOR : roi celte d’Irlande qui régna de 21 à 33 ap. J.-C. Il fut l’un des héros des légendes celtes sous le nom de Conchobar.
CONCOLITAN : il fut l’un des trois chefs de l’armée coalisée des Gaulois Taurisques, Lingons, Boïens, Gésates, Anamans et Insubres qui, en 228 av. J.-C., jura solennellement avec Anéroëste et Britomar qu’ »ils ne détacheraient pas leurs baudriers avant d’être montés au Capitole ». Après quelques victoires contre les légions romaines, Concolitan perdit la bataille de Télamon en 225 contre le consul Aemilius. Fait prisonnier, il fut exécuté à Rome.
Extrait de l'histoire de France par Michelet-Lacroix 1880: Plutôt que d’entrer en guerre contre Rome, les Boïes tuèrent les deux chefs et massacrèrent leurs alliés. Rome, inquiète des mouvements qui avaient lieu chez les Gaulois, les irrita en défendant tout commerce avec eux, surtout celui des armes. Leur mécontentement fut porté au comble par une proposition du tribun Flaminius. Il demanda que les terres conquises sur les Sénons depuis cinquante ans fussent enfin colonisées et partagées au peuple. Les Boïes, qui savaient par la fondation d’Ariminum tout ce qu’il en coûtait d’avoir les Romains pour voisins, se repentirent de n’avoir pas pris l’offensive, et voulurent former une ligue entre toutes les nations du nord de l’Italie. Mais les Venètes, peuple slave, ennemis des Gaulois, refusèrent d’entrer dans la ligue ; les Ligures étaient épuisés, les Cénomans secrètement vendus aux Romains. Les Boïes et les Insubres (Bologne et Milan), restés seuls, furent obligés d’appeler d’au delà des Alpes, des Gésates, des Gaisda, hommes armés de gais ou épieux, qui se mettaient volontiers à la solde des riches tribus gauloises de l’Italie. On entraîna à force d’argent et de promesses leurs chefs Anéroeste et Concolitan.
Extrait de l'histoire générale par Polybe(livre II):
Bataille et victoire des Romains contre les Gaulois proche de Télamon.
Le hasard voulut que dans ce temps-là même, Caius Atilius, venant de Sardaigne, débarquât ses légions à Pise, et les conduisît à Rome par une route contraire à celle des Gaulois. A Télamon, ville des Tyrrhéniens, quelques fourrageurs gaulois étant tombés sur l'avant-garde du consul, les Romains s'en saisirent. Interrogés par Atilius, ils racontèrent tout ce qui s'était passé, qu'il y avait dans le voisinage deux armées et que celle des Gaulois était fort proche, ayant en queue celle d'Émilius. Le consul fut touché de l'échec que son collègue avait souffert ; mais il fut charmé d'avoir surpris les Gaulois dans leur marche, et de les voir entre deux armées. Sur-le-champ il commande aux tribuns de ranger les légions en bataille, de donner à leur front l'étendue que les lieux permettraient, et d'aller militairement au-devant de l'ennemi. Sur le chemin il y avait une hauteur au pied de laquelle il fallait que les Gaulois passassent : Atilius y courut avec la cavalerie, et se logea sur le sommet, dans le dessein de commencer le premier le combat, persuadé que par là il aurait la meilleure part à la gloire de l'événement. Les Gaulois, qui croyaient Atilius bien loin, voyant cette hauteur occupée par les Romains ne soupçonnèrent rien autre chose, sinon que pendant la nuit Emilius avait battu la campagne avec sa cavalerie pour s'emparer le premier des postes avantageux. Sur cela ils détachèrent aussi la leur et quelques soldats armés à la légère, pour chasser les Romains de la hauteur. Mais ayant su d'un prisonnier que c'était Atilius qui l'occupait, ils mettent au glus vite l'infanterie en bataille, et la disposent de manière que, rangée dos à dos, elle faisait front par devant et par derrière ; ordre de bataille qu'ils prirent sur le rapport du prisonnier et sur ce qui se passait actuellement, pour se défendre et contre ceux qu'ils savaient être à leur poursuite, et contre ceux qu'ils auraient en tête.
Emilius avait bien ouï parler du débarquement des légions à Pise, mais il ne s'attendait pas qu'elles seraient si proche ; il n'apprit sûrement le secours qui lui était tenu que par le combat qui se donna sur la hauteur. Il y envoya aussi de la cavalerie, et en même temps il conduisit aux ennemis, l'infanterie, rangée à la manière ordinaire.
Dans l'armée des Gaulois, les Gérates, et après eux les Insubriens, faisaient front du côté de la queue, qu'Emilius devait attaquer ; ils avaient à dos les Taurisque et les Boïens, qui faisaient face du côté, par où Atilius devait venir. Les chariots bordaient les ailes, et le butin fut mis sur une des montagnes voisines, avec un détachement pour le garder. Cette armée à deux fronts n'était pas seulement terrible a voir, elle était encore trés propre pont l'action. Les Insubriens y paraissaient avec leurs braies, et n'ayant autour d'eux que des saies légères. Les Gésates, aux premiers rangs, soit par vanité, soit par bravoure, avaient même jeté bas tout vêtement, et, entièrement nus, ne gardèrent que leurs armes, de peur que les buissons qui se rencontraient là en certains endroits ne les arrêtassent et ne les empêchassent d'agir. Le premier choc se fit sur la hauteur et fut vu des cavaliers gaulois et romains. Au cours de la lutte, le consul Attilius, qui payait de sa personne avec une vaillance extraordinaire, trouva la mort et on apporta sa tête au roi des Gaulois.
Malgré cela, la cavalerie romaine fit si bien son devoir, qu'elle emporta le poste, et gagna une pleine victoire sur celle des ennemis.
L'infanterie s'avança ensuite l'une contre l'autre. Ce fut un spectacle fort singulier et aussi surprenant pour ceux qui, sur le récit d'un fait, peuvent par imagination se le mettre comme sous les yeux, que pour ceux qui en étaient témoins ; car une bataille entre trois armées à la fois est assurément une action d'une espèce et d'une manoeuvre bien particulières. D'ailleurs aujourd'hui, comme alors, il n'est pas aisé de démêler si les Gaulois, attaqués de deux côtés, s'étaient formés, de la manière la moins avantageuse ou la plus convenable. Il est vrai qu'ils avaient à combattre de deux côtés ; mais ainsi rangés dos à dos, ils se mettaient mutuellement à couvert de tout ce qui pouvait les prendre en queue, et, ce qui devait le plus contribuer à la victoire, tout moyen de fuir leur était interdit, et une fois défaits, il n'y avait plus pour eux de salut à espérer ; car tel est l'avantage de l'ordonnance à deux fronts. Quant aux Romains, voyant les Gaulois serrés entre deux armées et enveloppés de toutes parts, ils ne pouvaient que bien espérer du combat ; mais, d'un autre côté, la disposition de ces troupes et le bruit qui s'y faisait, les jetaient dans l'épouvante. La multitude des cors et des trompettes y était innombrable, et, toute l'armée ajoutant à ces instruments ses cris de guerre, le vacarme était tel que les lieux voisins, qui le renvoyaient,semblaient d'eux-mêmes joindre des cris à ce concert. Non moins effrayants par leur seule apparence et par leurs cris étaient les guerriers nus alignés en avant, hommes d'une stature exceptionnelle et dans la pleine forme de leur âge ; outre qu'il n'y en avait point dans les premières compagnies, qui n'eût le corps et les bras ornés de colliers et de bracelets d'or. A l'aspect de cette armée les Romains ne purent à la vérité se défendre de quelque frayeur, mais l'espérance d'un riche butin enflamma leur courage.Les archers s'avancèrent sur le front de la première ligne, selon la coutume des Romains, et commencent l'action par une grêle épouvantable de traits. Les Gaulois des derniers rangs n'en souffrirent pas extrêmement, leurs braies et leurs saies les en défendirent ; mais ceux des premiers, qui ne s'attendaient pas à ce prélude, et qui n'avaient rien sui leur corps qui les mit à couvert, en furent très incommodés. Ils ne savaient que faire pour parer les coups : leur bouclier n'était pas assez large pour les couvrir ; ils étaient nus, et plus leurs corps étaient grands, plus il tombait de traits sur eux. Se venger sur les archers mêmes des blessures qu'ils recevaient, cela était impossible, ils en étaient trop éloignés ; et d'ailleurs, comment avancer au travers d'un si grand nombre de traits ? Dans cet embarras, les uns, transportés de colère et de désespoir, se jettent inconsidérément parmi les ennemis, et se livrent involontairement à la mort ; les autres, pâles, défaits, tremblants, reculent et rompent les rangs qui étaient dernière eux. C'est ainsi que, dès la première attaque, furent rabaissés l'orgueil et la fierté des Gésates.Quand les archers se furent retirés, les Insubriens, les Boïens et les Taurisques en vinrent aux mains. Ils se battirent avec tant d'acharnement, que, malgré les plaies dont ils étaient couverts, on ne pouvait les arracher de leur poste. Si leurs armes eussent été les mêmes que celles des Romains, ils remportaient la victoire. Ils avaient à la vérité comme eux des boucliers pour parer, mais leurs épées ne leur rendaient pas les mêmes services : celles des Romains taillaient et perçaient, au lieu que les leurs ne frappaient que de taille. Ces troupes ne soutinrent le choc que jusqu'à ce que la cavalerie romaine fût descendue de la hauteur, et les eût prises en flanc. Alors l'infanterie fut taillée en pièces, et la cavalerie s'enfuit en déroute. Quarante mille Gaulois restèrent sur la place , et on fit au moins dix mille, prisonniers, entre lesquels était Concolitan, un de leurs rois. Anéroeste se sauva avec quelques-uns des siens, en je ne sais quel endroit, où il se tua lui et ses amis de sa propre main. Emilius, ayant ramassé les dépouilles, les envoya à Rome, et rendit le butin à ceux à qui il appartenait ; puis, marchant à la tête des légions par la Ligurie, il se jeta sur le pays des Boïens, y laissa ses soldats se gorger de butin, et revint à Rome peu de jours après avec l'armée. Tout ce qu'il avait pris de drapeaux, de colliers et de bracelets, il l'employa à la décoration du Capitole ; le reste des dépouilles et les prisonniers servirent à orner son triomphe. C'est ainsi qu'échoua cette formidable irruption des Gaulois, qui menaçait d'une ruine entière non seulement toute l'Italie, mais Rome même.
CONCONNÉTODUMNOS : chef gaulois des Carnutes qui, allié à Cotuatos, souleva les habitants de la ville de Genabum (Orléans) contre Rome en 54 av. J.-C.
Extrait des Commentaires sur la guerre des Gaules par Jules César: Quand arrive le jour convenu, les Carnutes, entraînés par Cotuatos et Conconnetodumnos, hommes dont on ne pouvait rien attendre que des folies, se jettent, à un signal donné, dans Cénabum, massacrent les citoyens romains qui s’y étaient établis pour faire du commerce, mettent leurs biens au pillage ; parmi eux était Caïus Fufius Cita, honorable chevalier romain, que César avait chargé de l’intendance des vivres. La nouvelle parvient vite à toutes les cités de la Gaule. En effet, quand il arrive quelque chose d’important, quand un grand événement se produit, les Gaulois en clament la nouvelle à travers la campagne dans les différentes directions ; de proche en proche, on la recueille et on la transmet. Ainsi firent-ils alors ; et ce qui s’était passé à Cénabum au lever du jour fut connu avant la fin de la première veille chez les Arvernes, à une distance d’environ cent soixante milles...
CONCORDE (CONCORDIA) : déesse allégorique romaine. Elle avait plusieurs temples à Rome, dont un au pied du Capitole, fondé par le dictateur Furius Camillus. Sous Constantin et Maxence, il fut détruit par le feu, puis reconstruit. Le sénat y tenait quelques-unes de ses assemblées. Un second temple fut élevé par le préteur Lucius Manlius à l’occasion d’une sédition des armées en Gaule. La Concorde était représentée en matrone, portant dans la main gauche une corne d’abondance et dans la droite une branche d’olivier.

CONCUBINAGE (CONCUBINATUS) : union libre entre les personnes de sexe opposé et de classe différente. C’était pratique courante à Rome.
CONDALIUM : anneau porté à la première articulation du doigt.
CONDATE : mot gaulois qui signifiait confluent. Il était le nom du lieu du confluent du Rhône et de la Saône, du Tarn et de la Dourbie, de l’Ille et de la Vilaine, de la Seine et de la Nohain…
CONDITOR : dieu champêtre romain. On l’invoquait pour la conservation des fruits.
CONDITORIUM :
1. Cercueil de pierre sculpté dans lequel les Romains enfermaient le défunt. Caveau souterrain ou sépulcre, où un cadavre était déposé dans une case, sans être réduit en cendres
2. Entrepôt où étaient rangées les machines de guerre.

CONDYLÉATIS : surnom d’Artémis, adorée à Condyle en Arcadie.
CONFARREARTIO : mariage solennel et religieux chez les Romains. Il avait lieu en présence de dix témoins, du grand prêtre et du flamen dialis. Pendant la cérémonie, on sacrifiait une brebis dont on étendait la peau sur les sièges de la fiancée et du fiancé. Après l’union, la mariée recevait un gâteau de farine.
CONGIARIUM : dont que les rois, les consuls et les empereurs romains faisaient au peuple. Il consistait en une large distribution de vin, d’huile, de sel, de farine et de toutes sortes de denrées alimentaires. Chaque bénéficiaire se rendait près d’une tribune où il était remise une carte sur laquelle on inscrivait le montant du don. Ce dernier était payable sur présentation dans le bureaux du donateur. Le premier donateur fut Ancus Marcus. Un congiarium valait 3,25 l d’une denrée quelconque . Auguste le remplaça par une part d’argent de 250 sesterces.
Extrait de la vie des douze Césars par Suétone, congiarium de Domitien: Le jour des jeux du cirque, pour qu'on achevât plus aisément les cent courses, il réduisit chacune de sept tours à cinq. (8) Il institua en l'honneur de Jupiter Capitolin un concours quinquennal de musique, d'équitation et de gymnastique, et les couronnes y étaient un peu plus nombreuses qu'elles ne le sont aujourd'hui. On se disputait même le prix de prose grecque et de prose latine. Les joueurs de luth, avec ou sans accompagnement de chant, rivalisaient ensemble. Dans le stade, des vierges concouraient pour le prix de la course. Domitien présidait en sandales, vêtu d'une toge de pourpre à la grecque, portant sur la tête une couronne d'or avec les effigies de Jupiter, de Junon et de Minerve. Il était assisté du flamine de Jupiter et du collège des prêtres Flaviens, tous habillés comme lui, à l'exception que son image surmontait leurs couronnes. Il solennisait tous les ans, sur le mont Albain, les Quinquatries de Minerve, pour lesquelles il avait institué un collège de prêtres. Le sort désignait celui qui en serait magister, et qui devait donner non seulement de magnifiques combats de bêtes et des jeux scéniques, mais encore des concours d'orateurs et de poètes. Il délivra trois fois au peuple trois cents sesterces par tête. Il servit un festin splendide pendant la représentation. À la fête du Septimontium, il distribua aux sénateurs et aux chevaliers des corbeilles de pain, et au peuple des paniers remplis de mets dont il mangea le premier. Le lendemain, il fit jeter toutes sortes de présents; et, comme la plupart étaient tombés sur les sièges, il accorda cinquante rations à tirer au sort à chaque tribune de chevaliers et de sénateurs.
CONGIUS (CONGE) : mesure romaine pour les liquides. Elle équivalait à 6 sextali ou à douze heminae, soit 3,25 l.
CONIOS : poudreux. Surnom de Zeus, qui avait un temple sans toit dans la citadelle de Mégare.
CONISALOS : divinité inférieure. Elle accompagnait Priape, Orthanès et Tychon.
CONLE : fils du héros Cuchulain et de la guerrière sorcière Aifé. Il fut tué malencontreusement en Irlande par son père.
CONLE CAEM : le Rouge. Fils du roi suprême de Tara Conn Cetchathach. Il suivit une femme dans l’Autre Monde en se nourrissant d’une seule pomme pendant un mois.
CONNLA : source merveilleuse qui donnait naissance aux sept ruisseaux sacrés d’Irlande.
CONON DE SAMOS : mathématicien d’Alexandrie au IIIe siècle avant notre ère. Il entretint une correspondance savante avec Archimède. Il donna le nom de Bérénice à une constellation. L’histoire du nom de cette constellation est la suivante : La Reine Bérénice II, épouse de Ptolémée Evergète avait fait le vœu d’offrir une mèche de ses cheveux aux Dieux si son mari obtenait la victoire dans sa guerre contre la Syrie. Guerre que Ptolémée avait entreprise pour venger l’assassinat de sa sœur par les Syriens. Quand il revint victorieux en 245, Bérénice se coupa une mèche et la déposa au temple. Le lendemain, la mèche de cheveux avait disparu et Conon déclara qu’il avait pu la voir parmi les étoiles entre la Vierge et le Lion ! Depuis ce jour, la constellation correspondante est connue sous le nom de « Chevelure de Bérénice ». Conon étudia aussi les sections coniques et son travail servit de base aux quatre livres écrits sur les coniques par Apollo,ios de Perga. Conon fut tout au long de sa vie un ami d’Archimède et ils échangèrent de nombreuses idées dans le domaine des mathématiques. Certains prétendent même que la courbe connue sous le nom de « spirale d’Archimède » fut en fait découverte par Conon.
CONQUISITORES : recruteurs qui, au nom du consul, forçaient les citoyens réticents au service militaire à s’enrôler dans l’armée.
CONSECRATIO (CONSÉCRATION) : sous l’Empire, élévation d’un mortel au rang de dieu. Cette cérémonie célébrée en grande pompe concernait les empereurs. Appelée « apothéose », elle consistait à brûler un autel de trois à quatre étages sur le champ de Mars. Décoré de statues, de colonnes et de draperies, cet édifice portait l’image de cire de l’empereur à déifier. Quand le feu prenait, un aigle habilement dissimulé d’envolait de la partie supérieure. Il symbolisait l’âme prenant son essor vers le ciel.

CONSEIL ARMÉ : assemblée gauloise de guerriers qui précédait la déclaration de guerre ou la marche vers un lieu de bataille.
CONSENTES DII : conseil des douze grands dieux autour de Jupiter. Il était composé de six dieux et de six déesses. Il existait aussi un conseil secret que Jupiter consultait lorsqu’il voulait bouleverser l’ordre du monde.
CONSERVATOR, COSERVATRIX : conservateur. Surnom que les Romains donnaient à Jupiter, à Junon et à la Fortune.
CONSEVIUS : « qui propage ». Surnom que les Romains donnaient à Janus et à Ops.
CONSISTOIRE : nom donné au conseil que forma Auguste pour préparer les lois soumises au sénat.
CONSTANCE Ier CHLORE (FLAVIUS VALERIUS CONSTANTIUS CHLORUS) : empereur romain. Né en 250 en Mésie. Petit-neveu de Claude II. Gouverneur de la Dalmatie, on le nomma César lors de la tétrarchie de Dioclétien en 292. Forcé à épouser Théodora, fille de Maximien, il eut le gouvernement de la Bretagne, des Gaules et de l’Espagne. Il écrasa les usurpateurs Carausius et Alectus en Bretagne, repoussa les Alamans et les Francs et devint Auguste en 305 à l’abdication de Dioclétien et de Maximien. Il mourut à Eboracum (York) en 306, lors d’une expédition contre les Pictes.
Temple d'Hadrien à Ephèse
Les quatre socles qui précèdent la façade du temple supportaient les statues
des quatre Empereurs qui régnèrent en même temps: Dioclétien (284-305),
Maximien (286-308), Constance I Chlore (305-306) et Galère (305-311).

CONSTANCE II (FLAVIUS JULIUS CONSTANTIUS) : empereur romain. Né à Sirmium en 317, second fils de Constantin. À Constantinople, il laissa ses soldats égorger ses oncles et ses cousins et reçut dans le partage de l’Empire, en 337, la Thrace, la Macédoine, le Grèce et l’Orient. Il combattit Sapor II, roi des Perses et fut vaincu à Singara en 343. Il lutta ensuite contre les usurpateurs Vétranion et Magnence (350-351). Devenu maître de tout l’Empire, il mourut à Mopsucrène en Cilicie au moment où il allait combattre Julien qui venait d’être proclamé empereur des Gaules (361).

CONSTANCE III (FLAVIUS CONSTANTIUS) : né en Illyrie, général d’Honorius. En Gaule, il vainquit les usurpateurs Constantin et Gérontius, puis fit passer Athaulf et les Wisigoths en Espagne. Il épouse Placidie, sœur d’Honorius en 417, reçut le titre d’Auguste en 418 et mourut en 421.

CONSTANTIN (CAIUS FLAVIUS VALERIUS AURELIUS CONSTANTINUS) : surnommé le Grand Fils de Constance Chlore et d’Hélène, il naquit à Naissus en Dacie (274). Auguste après l’abdication de Dioclétien en 305, proclamé César en 306 par ses soldats, il gouverna avec sagesse et fermeté l’Occident, repoussa les Francs de Gaule et diminua les impôts. Il épousa Fausta et fit périr son beau-père, Maximin. Pour lutter contre Maxence, il s’unit à Licinius qui combattait en Orient Maximin Daia et franchit les Alpes en 312. Il se déclara ouvertement en faveur des chrétiens et mit la croix sur le laborum, son étendard. Maxence fut vaincu près de Turin et se noya dans le Tibre à la bataille du pont Milvius. En 313, Constantin rendit l’édit de Milan qui accordait la tolérance aux chrétiens, mais il donna des garanties aux païens en prenant le titre de grand pontife. Après une campagne contre les Francs, il fit la guerre à Licinius, qu’il vainquit en 314 à Cibalis et à Mardie. En 323, il repoussa les Goths et battit à nouveau Licinius à Andrinople. Licinius fut mis à mort en 324. Seul maître de l’Empire, Constantin favorisa le christianisme. Après la mort de son fils Crispus, il fit exécuter sa première femme, Minervina, faussement accusée par Fausta. Cette dernière périt étouffée dans une étuve. Quittant Rome pour Byzance (330), Constantin réorganisa l’Empire et l’armée. Il combattit encore les Goths sur le Danube et allait entamer la guerre contre le roi des Perses, Sapor II, lorsqu’il mourut à Nicomédie, recevant le baptême le 22 mai 337.
Extrait de l'empereur Constantin et les Juifs par Henrich Graetz: Constantin ne persista pas longtemps dans ces sentiments de justice. A mesure que l’influence chrétienne s’emparait plus complètement de son esprit, il se montrait plus hostile envers les Juifs, pour lesquels le christianisme éprouvait une aversion violente. Hosius, évêque d’Espagne, Sylvestre, évêque de Rome, Paul, devenu plus tard évêque de Constantinople, la nouvelle capitale des Romains, et Eusèbe, l’historien ecclésiastique, ne cessaient d’attiser la haine contre les Juifs, ils les appelaient une secte dangereuse, perverse et sacrilège (feratis, nefaria secta), qu’on devrait exterminer. Défense fût de nouveau faite, à cette époque, aux Juifs d’accueillir des prosélytes ; convertisseurs et convertis furent menacés de châtiments rigoureux (315). Pour les chrétiens, au contraire, l’État encouragea de son appui le développement de l’esprit de prosélytisme, il interdit sévèrement aux Juifs de punir ceux d’entre eux qui manifesteraient le désir d’embrasser la religion chrétienne. Ceux qui se permettront de maltraiter les renégats à coups de pierre ou de toute autre façon seront livrés aux flammes, eux et leurs complices. L’Église s’efforça d’attirer les Juifs à sa doctrine en imposant de lourdes charges à ceux qui restaient fermes dans leurs croyances et en assurant aux apostats des avantages considérables. Pourquoi vous faites-vous tuer pour votre Dieu ? Voyez de combien de malheurs et de douloureuses épreuves il vous accable ! Venez à nous, nous vous nommerons ducs, gouverneurs et généraux. Des Juifs sans honneur et sans conscience se laissaient séduire par ces promesses, et acceptaient le baptême. L’impie Rome ou le fils de ta mère cherche à faire trébucher les fidèles, tel était le texte que les prédicateurs développaient fréquemment à cette époque dans les synagogues. Sur l’ordre de Constantin, les Juifs perdirent leurs privilèges ; cet empereur décréta qu’à l’exception de deux on trois dignitaires, ils seraient tous soumis aux charges municipales.
Constantin, conseillé sans doute par les évêques qui vivaient à sa cour, renouvela contre les Juifs le décret d’Adrien qui leur interdisait l’entrée de Jérusalem ; c’est seulement le jour anniversaire de la destruction du temple et contre le payement d’une somme d’argent qu’ils pouvaient dorénavant aller pleurer, au milieu des ruines du sanctuaire, sur la chute de la ville sainte. Il est très difficile d’admettre, comme l’affirme une légende chrétienne, que cette défense fut promulguée à la suite d’une tentative que firent les Juifs pour reconquérir Jérusalem. Constantin remit également en vigueur une ancienne loi qui défendait aux Juifs de circoncire leurs esclaves. Mais, d’un autre côté, il les protégea par un édit contre les injures et les mauvais traitements des renégats juifs qui s’arrogeaient le droit d’outrager leurs anciens coreligionnaires. Un de ces apostats, Joseph, semble avoir fait beaucoup de mal aux Juifs de la Palestine. Assesseur du patriarche au sanhédrin de Tibériade, il fut délégué dans les communautés de la Cilicie. Là, il se lia avec un évêque, qui lui lit lire le Nouveau Testament. Les Judéens de la Cilicie conçurent des soupçons sur son orthodoxie, et comme ses manières autoritaires et sa sévérité excessive envers les instituteurs et les chefs religieux lui avaient aliéné beaucoup d’esprits, quelques-uns de ses ennemis pénétrèrent un jour à l’improviste dans sa demeure et le surprirent lisant les évangiles. On raconte que, dans leur colère, ils le jetèrent dans le Cydnus, d’où il aurait été sauvé par miracle. Quand il se vit démasqué, il se convertit au christianisme, et, sur les instances de quelques évêques influents, Constantin l’éleva à la dignité de comes et le plaça ainsi au-dessus de la juridiction des tribunaux. Il paraît avoir profité de ce privilège pour faire endurer aux Juifs toutes sortes de vexations. L’empereur l’autorisa également à construire des églises en Galilée, et notamment à Tibériade, à Sépphoris, à Nazareth, et à Capharnaüm. Joseph affirme qu’il a réellement élevé des églises dans ces diverses villes; c’est une pure fanfaronnade. à quoi auraient-elles servi ? Lui-même raconte qu’il a’y avait pas de chrétiens dans cette région, parce que les Judéens ne les y toi& raient pas. En réalité, il essaya seulement d’organiser à Tibériade une sorte de chapelle dans un édifice qui datait de l’empereur Adrien et qui faisait partie du domaine impérial, mais sa tentative rencontra, paraît-il, tant de difficultés de la part des Judéens, qu’il fut obligé de quitter la région et de s’établir à Scythopolis (Betsan).


 Constantin à la Bataille de Milvius
 Constantin et sa mère Hélène
CONSTANTIN II (CLAUDIUS FLAVIUS JULIUS CONSTANTINUS) : empereur romain. Deuxième fils de Constantin, fils aîné de Fausta. Né à Arles en 316, il eut dans le partage de l’Empire les provinces de l’ouest. Attaquant son frère Constant, il fut vaincu et tué près d’Aquilée (340).
CONSTANTIN III ( FLAVIUS CLAUDIUS CONSTANTINUS): Succédant à Marcus et à Gratien, deux autres usurpateurs proclamés et aussitôt assassinés par l’armée de Bretagne, il est proclamé empereur par ses troupes en407. Attaqué de toutes parts, l'Empire romain d'Occidentaux abois envisage de rapatrier les légions encore stationnées aux frontières les plus excentrées pour mieux concentrer ses ultimes efforts militaires sur la défense de l'Italie. Considérant qu'ils n'ont plus rien de bon à attendre de Rome, les soldats de Bretagne ont donc proclamé leurs propres empereurs qui pourraient mieux prendre en compte leurs intérêts et assurer la défense de l'île plus efficacement.Pour aller défendre la Gauleenvahie par les Barbares, il quitte la Bretagne avec toutes ses troupes, laissant celle-ci sans défense. Constantin III s’établit à Trèves, l’empereur Honorius ne conservant sous son autorité que l’Italie et l’Afrique.En 408, il doit déplacer la capitale des Gaules, de Trèves à Arles, et, après avoir résisté à Sarus, envoyé par Stilicon pour réprimer sa rébellion, au siège de Vienne, il étendit son autorité sur l’Hispanie. Fin 409, il ne peut cependant arrêter l’invasion des Vandales, des Alains et des Suèves, qui s’installent en Espagne.En 410, alors qu’il se rend en Italie pour secourir Rome des invasions barbares ou pour y asseoir son autorité, accompagné de son fils Constant, qu’il a fait César dès 408, son général, Gérontius, qui gouverne l’Espagne en son absence, proclame empereur Maxime à Tarragone.Gérontius bat l’armée de Constant devant Vienneet tue celui-ci. Constantin III se réfugie à Arles. Gérontius s’apprête à commencer le siège d'Arles lorsque l’armée d'Honorius, dirigée par le général Constantius (ConstanceIII) survient. Gerontius prend la fuite et Constantin III, après avoir négocié la reddition d'Arles, est livré à Honorius qui le fait exécuter en novembre 411.

CONSTANTIUS GALLUS ( FLAVIUS CLAUDIUS): Fils d'un demi-frère de Constantin I, Jules Constance, il était le demi-frère deJulien et fut, comme celui-ci, élevé à l'écart et dans une situation précaire après l'assassinat de leur père en 337.En 351, l'empereur Constance II l'éleva à la dignité de César, à 26 ans, et l'installa à Antioche, pendant que lui-même demeurait en Occident. Gallus organisa quelques opérations de police en Orient, en particulier contre les brigands d'Isaurie et contre une insurrection juive. Il eut à faire face à des troubles à Antioche, à cause d'une disette. Mais il géra la situation de manière très maladroite et condamna à mort ou laissa assassiner un certain nombre de notables.Constance le rappela en Occident et, sans le laisser présenter sa défense, le fit exécuter en 354 à Flanone, en Dalmatie.

CONSTELLATIONS : les grecs reconnaissaient quarante-huit constellations.
CONSUL : l’un des dieux les plus anciens de Rome. Dieu du conseil. Romulus trouva son autel caché sous terre. Pendant les fêtes de Consus, les ânes et les chevaux portaient des couronnes et étaient dispensés de travail.
CONSUL et CONSULAT : après l’expulsion des rois, 509 av. J.-C., on créa, à Rome, deux magistrats suprêmes de la république, appelés consuls (du latin consulère, veiller à). Nommés par l’Assemblée des centuries, parmi les patriciens d’abord, mais pour un an seulement, ils eurent primitivement la plupart des attributions des rois, le pouvoir exécutifs, le commandement des armées, la convocation du sénat, la présidence des assemblées, la préparation des lois, etc. Ils avaient aussi les insignes de la royauté, moins la couronne, comme la robe prétexte, la chaise curule, un sceptre ou bâton d’ivoire, 12 licteurs, dont les faisceaux étaient d’abord armés de haches, symbole du droit de vie et de mort. Depuis Valerius Publicola, les faisceaux n’eurent plus de haches dans la ville. Mais hors de Rome, les consuls reprenaient leur pouvoir discrétionnaire. On leur devait en public les marques du plus profond respect. Les plébéiens luttèrent longtemps pour arriver au consulat. La loi Licinia leur donna l’une des deux places, 366 av. J.-C.. En 172, on choisit pour la première fois deux consuls plébéiens. Il n’y avait d’abord aucune condition d’âge pour être consul. En 181, il fallait avoir 43 ans et avoir passé par la questure, l’édilité curule et la préture. Un plébiscite de l’an 341 av. J.-C., fixa 10 ans d’intervalles entre deux consulats pour le même homme. Mais il ne fut jamais observé. Les consuls entraient d’abord en charge aux ides de mars (15 mars). Depuis l’an 153, ce fut aux calendes de janvier (1er janvier). Ils donnaient leur nom à l’année (V. Fastes consulaires). Le sénat pouvait investir le consul d’une puissance presque dictatoriale par la formule : « Caveat consul ne quid detrimenti respublica capiat. ». Il pouvait ainsi enlever au consul leur autorité supérieure, en leur ordonnant de nommer un dictateur. Depuis César, sous les empereurs, les consuls n’eurent que des pouvoirs restreints. Leur autorité fut souvent purement honorifique. Ils abdiquaient au bout de quelques mois et on leur substituait d’autres consuls (consuls subrogés). Il y eut jusqu’à 25 consuls dans une seule année. Les deux premiers continuèrent de donner leur nom à l’année. Depuis Dioclétien surtout, les consuls, nommés par l’empereur, restèrent dans une nullité politique complète. Le consulat ne fut plus qu’une charge d’apparat, souvent très onéreuse, car les consuls devaient toujours donner des jeux publics. Justinien cessa de nommer des consuls en 541. Le nom de consul fut encore pris ou donné par quelques empereurs d’Orient. Léon le Philosophe supprima légalement le consulat en 886. On appelait consuls désignés ceux qui, plusieurs mois à l’avance, étaient élus pour être consuls l’année suivante. Depuis César, on donna souvent le nom de consul honoraire à un citoyen qui n’avait pas été consul, pour le faire jouir des privilèges des consulaires.
LISTE DES PREMIERS CONSULS:
CONTARII : soldats armés de longues piques nommées contus.
CONTE : de tradition orale et populaire, le conte fut, dès les origines, le genre littéraire le plus prisé. Toujours écrit en termes simples, il multiplie les répétitions pour mieux accentuer les caractères et les traits des personnages. Les thèmes abordés par le conte sont très divers : sorcellerie, amour, humour, monde des dieux, métamorphoses, aventures exotiques, affrontement avec des monstres. Rares sont les histoires où le Mal n’est pas terrassé par le Bien, où la vérité ne triomphe pas du mensonge. En fait, les contes égyptiens sont comparables aux fables de la Fontaine avec introduction, action et épilogue moralisateur. Tout au long de l’histoire égyptienne, ils se sont transformés au gré des époques et des modes, et certains sont parvenus jusqu’à nous tel le célèbre Ali-Baba et les quarante voleurs revu et corrigé par les Arabes, puis par les écrivains et les cinéastes occidentaux.
La boucle de la rameuse (conte égyptien): Alors Baouefrê se leva pour parler et dit : " Je vais faire que Ta Majesté puisse avoir connaissance d'une autre histoire merveilleuse, qui est arrivée au temps de ton père, le roi Snefrou, juste de voix, et qui fut le fait du prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh … quelque chose qui n'était encore jamais arrivé…Un jour, le roi Snefrou parcourait toutes les pièces de son palais royal, à la recherche de quelque distraction et ne la trouvait point. Il dit alors : " Allez et amenez jusqu'à moi le prêtre-lecteur en chef, le rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh ". Il lui fut amené sur le champ. Sa Majesté lui dit alors : " J'ai parcouru toutes les pièces du palais royal - qu'il soit vivant, prospère et en bonne santé ! - à la recherche de quelque distraction, et ne l'ai point trouvée. " Djadjaemankh lui répondit : " Que Ta Majesté procède donc vers l'étang du Palais royal. Là, on équipera pour toi une barque avec toutes les jolies filles qui appartiennent aux appartements privés de ton palais. Alors le cœur de Ta Majesté ne cessera de se divertir, tandis que tu les contempleras en train de ramer de ci, de là. Tu pourras voir aussi le bonheur des nids que recèle ton étang, tu verras les champs qui le bordent et ses fourrés heureux ; et ton cœur sera distrait à cause de tout cela ". - (Le roi :) " Je vais assurément organiser une partie de bateau. Que l'on m'apporte vingt rames faites de bois d'ébène et recouvertes d'or ; leurs poignées seront en bois de santal, recouvert d'or fin également. Qu'on amène aussi vingt femmes, dont le corps soit des plus beaux, que soit belle aussi leur poitrine, et bien tressée leur chevelure, des femmes que l'accouchement n'a point encore ouvertes ; qu'on leur donne, en même temps, vingt résilles, après qu'elles auront déposé leurs vêtements. " Et l'on agit conformément à tous les ordres qu'avait prononcés Sa Majesté.Les voilà donc qui se mettent à ramer de ci, de là, et le cœur de Sa Majesté était heureux de les voir ainsi. Soudain, l'une d'entre elles, qui était à l'arrière du bateau, se mit à tresser sa natte ; et une boucle d'oreille, en forme de poisson, faite de turquoise neuve, tomba dans l'eau ; alors la jeune fille ne bougea plus, s'arrêtant même de ramer, et ses compagnes de rang firent de même. Sa Majesté dit : " Pourquoi ne ramez-vous plus ? " Elles répondirent : " C'est que notre 'commandant' s'est arrêtée ". Sa Majesté dit alors à celle-ci : " Pourquoi ne veux-tu plus ramer ? " Elle répondit : " Ma boucle d'oreille faite de turquoise neuve est tombée dans l'eau… " Sa Majesté : " Je te la remplacerai ". La jeune fille : " C'est celle-ci que j'aime et non sa semblable ". Sa Majesté dit alors : " Que l'on amène jusqu'à moi le prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh " ; il lui fut amené aussitôt. Sa Majesté lui dit : " Djadjaemankh, mon frère, j'ai agi conformément à ce que tu m'as dit, et le cœur de Ma Majesté s'est diverti à contempler ces rameuses. Mais la boucle d'oreille, faite de turquoise neuve, appartenant au 'commandant', est tombée dans l'eau ; celle-ci s'est alors arrêtée, ne voulant plus ramer. Le trouble a gagné ses compagnes de rang. Je lui ai dit : " Pourquoi ne veux-tu plus ramer ? " Elle m'a répondu : " C'est que ma boucle d'oreille faite de turquoise neuve est tombée dans l'eau ". Je lui ai dit : " Rame donc. Vois, je te la remplacerai. Mais elle m'a dit alors qu'elle préférait celle-ci à une autre semblable ". Alors le prêtre-lecteur en chef, Djadjaemankh, prononça les formules magiques qui étaient de sa connaissance. Il put alors placer la moitié de l'eau de l'étang sur l'autre moitié et il découvrit la boucle d'oreille gisant sur un fragment de roche ; il la prit et la rendit à sa propriétaire. Quant à l'eau de l'étang, qui mesurait primitivement douze coudées de profondeur en son centre, sa profondeur devint de vingt-quatre coudées après qu'elle eut été renversée (une moitié placée au-dessus de l'autre). Puis Djadjaemankh, à nouveau, prononça les formules magiques de sa connaissance et rétablit l'eau de l'étang en sa situation antérieure.Sa Majesté, ensuite, passa un heureux jour en compagnie de toute la maison royale - puisse-t-elle être vivante, prospère et en bonne santé !- et il récompensa le prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh au moyen de toutes sortes de belles et bonnes choseVois, ceci est une histoire merveilleuse qui est arrivée au temps de ton père, le roi de Haute et Basse Égypte, Snefrou, juste de voix, et qui fut le fait du prêtre-lecteur en chef, rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh ". Alors la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Kheops, juste de voix, dit : " Que l'on donne en offrande mille pains, cent cruches de bière, un bœuf et deux mesures d'encens à la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Snefrou, juste de voix. En même temps, que l'on donne un pain, une cruche de bière et une mesure d'encens au prêtre-lecteur en chef, rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh, car j'ai pu constater un exemple de son savoir magique ". Et l'on agit conformément à tout ce que Sa Majesté avait ordonné. ( Textes sacrés et textes profanes de l'Ancienne Égypte II, Mythes, contes et poésies, Traductions et commentaires par Claire Lalouette et préface de Pierre Grimal p. 175-177)
CONTOMONOBOLON : jeu antique qui consistait à sauter avec une perche.
CONTUBERNALES :
1. Soldats romains qui partageaient la même tente. Au nombre de dix, ils étaient sous les ordres du décurion (decanus).
2. Jeunes recrues de la noblesse romaine qui suivaient un général pour s’initier à l’art de la guerre.
3. Couple vivant en concubinage, mais n’étant pas de la même classe sociale. Par exemple, une affranchie et un esclave.
CONTUNERNIUM : chambrée à l’intérieur d’un camp romain pour onze hommes : dix légionnaires et un décurion. Il semble qu’à une époque ultérieure elle recevait huit hommes.
CONTUS :
1. Perche. Au nombre de trois, elles étaient employées à bord des galères. Elles servaient à maintenir le navire loin des rochers.
2. Grande lance des Sarmates. Les Grecs et les Romains l’adoptèrent. Elle était si lourde et si longue: 4 mètres 50 que les cavaliers ne s'en servirent efficacement qu'après l'adoption des étriers inventés par les Parthes et importés par les peuples barbares d'Outre-Rhin.
3. Cadran solaire de forme conique.
CONVECTOR : dieu romain de l’agriculture. Il présidait au transport des gerbes et des grains.
CONVICTOLITAVIS : chef gaulois éduen. Il fut soutenu par les druides à l’élection du vergobret (chef de la nation) contre Cotos dans la ville de Bibracte en 52 av. J.-C. Cette élection provoqua une révolte qui obligea Jules César à trancher en sa faveur. À peine élu, il passa ouvertement en rébellion en s’alliant à Litaviccos.
Extrait de la Guerre des Gaules par Jules César (livre VII): Quoiqu'il crût préjudiciable d'abandonner la guerre et l'ennemi, cependant, comme il savait combien d'inconvénients entraînent de pareilles dissensions, il partit dans la crainte qu'une cité si importante et si étroitement unie au peuple romain, une cité qu'il avait toujours protégée et comblée d'honneurs, n'en vînt aux violences et aux armes, et que le parti qui se croirait le moins fort n'appelât Vercingétorix à son secours ; et il voulait prévenir ce danger. Comme les lois des Héduens ne permettaient pas au souverain magistrat de sortir du territoire, César, ne voulant paraître enfreindre en rien ni leur droit ni leurs lois, prit le parti d'aller lui-même dans leur pays, et cita devant lui, à Décétia (Décize), tout le sénat et les deux prétendants. Presque toute la cité s'y rassembla ; il apprit de quelques personnes appelées en secret, que le frère avait proclamé son frère, dans un temps et dans un lieu contraires aux institutions ; les lois défendaient non seulement de créer magistrats, mais même d'admettre dans le sénat deux personnes de la même famille, du vivant de l'une ou de l'autre. César obligea donc Cotos de se démettre de sa magistrature, et ordonna que le pouvoir fût remis à Convictolitavis que, suivant l'usage de la cité, les prêtres avaient élu avec l'intervention des magistrats.
Tandis que ces choses se passent près de Gergovie, l'Éduen Convictolitavis qui, comme on l'a vu, devait sa magistrature à César, séduit par l'argent des Arvernes, a des entrevues avec plusieurs jeunes gens, à la tête desquels étaient Litaviccos et ses frères, issus d'une illustre famille. Il partage avec eux la somme qu'il a reçue, et les exhorte à se souvenir qu'ils sont nés libres et faits pour commander. "La cité des Héduens retarde seule le triomphe infaillible des Gaulois ; son influence retient les autres nations ; s'ils changent de parti, les Romains ne tiendront point dans la Gaule ; il a quelque obligation à César, qui d'ailleurs n'a été que juste envers lui : mais il doit bien plus à la liberté commune ; car pourquoi les Héduens viendraient-ils discuter leur droit et leurs lois devant César, plutôt que les Romains devant les Héduens ?" Le discours du magistrat et l'appât du gain ont bientôt gagné ces jeunes gens ; ils offrent même de se mettre à la tête de l'entreprise, et on ne songe plus qu'aux moyens de l'exécuter ; car on ne se flattait pas que la nation se laisserait entraîner légèrement à la guerre. On arrêta que Litaviccis prendrait le commandement des dix mille hommes que l'on enverrait à César ; il se chargerait de les conduire, et les frères se rendraient en avant auprès de César. Ils réglèrent ensuite la manière d'agir pour tout le reste.
L'Éduen Éporédorix, jeune homme d'une grande famille et très puissant dans son pays, et avec lui Viridomaros, de même âge et de même crédit, mais inférieur en naissance, que César, sur la recommandation de Diviciacos, avait élevé d'une condition obscure aux plus hautes dignités, étaient venus, nominativement appelés par lui, le joindre avec la cavalerie. Ils se disputaient le premier rang, et dans le débat récent pour la suprême magistrature, ils avaient combattu de tous leurs moyens ; l'un pour Convictolitavis, l'autre pour Cotos. Éporédorix, informé du dessein de Litaviccos, en donne avis à César au milieu de la nuit ; il le prie de ne pas souffrir que des jeunes gens, par des manoeuvres perverses, détachent sa cité de l'alliance du peuple romain ; ce qu'il regarde comme inévitable, si tant de milliers d'hommes se joignent à l'ennemi ; car leurs familles ne pourraient manquer de s'intéresser à leur sort, ni la cité d'y attacher une grande importance.
Tandis que ces événements se passent auprès de Gergovie, les Héduens, aux premières nouvelles qu'ils reçoivent de Litaviccos, ne donnent pas un instant à la réflexion. Les uns sont poussés par la cupidité, les autres par la colère et par cette légèreté qui est si naturelle à ce peuple qu'il prend pour chose avérée ce qui n'est qu'un simple ouï-dire. Ils pillent les citoyens romains, les massacrent, les traînent en prison. Convictolitavis seconde l'impulsion donnée, et précipite la multitude dans les excès les plus coupables, afin que le crime une fois commis, elle ait honte de revenir à la raison. M. Aristius, tribun des soldats, rejoignait sa légion ; on le fait sortir sur parole de la place de Cavillonum ; on force à s'éloigner ceux qui s'y étaient établis pour leur commerce. Harcelés sans relâche sur la route, ils sont dépouillés de tous leurs effets ; ceux qui résistent sont assaillis nuit et jour ; enfin, après beaucoup de pertes de part et d'autres, on excite une plus grande multitude à prendre les armes.
Noviodunum (Nevers), ville des Héduens, était située sur les bords de la Loire, dans une position avantageuse. César y tenait rassemblés tous les otages de la Gaule, les subsistances, les deniers publics, une grande partie de ses équipages et de ceux de l'armée ; il y avait envoyé un grand nombre de chevaux, achetés, pour les besoins de cette guerre, en Italie et en Espagne. En y arrivant, Éporédorix et Viridomaros apprirent où en étaient les choses dans leur pays ; que Litaviccos avait été reçu par les Héduens, dans Bibracte (Autun), ville de la plus grande influence ; que le premier magistrat, Convictolitavis, et une grande partie du sénat s'étaient rendus près de lui ; qu'on avait ouvertement envoyé des ambassadeurs à Vercingétorix, pour faire avec lui un traité de paix et d'alliance. Ils ne voulurent pas laisser échapper une occasion si favorable. Ils massacrèrent la garde laissée à Noviodunum, les marchands et les voyageurs qui s'y trouvaient, partagèrent entre eux l'argent et les chevaux, et firent conduire dans Bibracte, à Convictolitavis, les otages des cités ; puis, jugeant qu'ils étaient hors d'état de garder la ville, ils la brûlèrent, afin qu'elle ne servit pas aux Romains, emportèrent sur des bateaux autant de blé que le moment le permettait, et jetèrent le reste dans la rivière ou dans le feu. Ensuite, levant des troupes dans les pays voisins, ils placèrent des postes et des détachements le long de la Loire, et firent en tout lieu parade de leur cavalerie, pour répandre la terreur et pour essayer de chasser les Romains de la contrée par la disette, en leur coupant les vivres, espoir d'autant mieux fondé que la Loire, alors enflée par la fonte des neiges, ne paraissait guéable en aucun endroit.
On approuve la proposition, et tous prêtent ce serment. Le lendemain, la cavalerie est partagée en trois corps, dont deux se montrent sur nos ailes, tandis que le centre se présente de front à notre avant-garde pour lui fermer le passage. Instruit de ces dispositions, César forme également trois divisions de sa cavalerie, et la fait marcher contre l'ennemi. Le combat s'engage de tous les côtés à la fois ; l'armée fait halte ; les bagages sont placés entre les légions. Si nos cavaliers fléchissent sur un point, ou sont trop vivement pressés, César y fait porter les enseignes et marcher les cohortes, ce qui arrête les ennemis dans leur poursuite et ranime nos soldats par l'espoir d'un prompt secours. Enfin, les Germains, sur le flanc droit, gagnent le haut d'une colline, en chassent les ennemis, les poursuivent jusqu'à une rivière où Vercingétorix s'était placé avec son infanterie, et en tuent un grand nombre. Témoins de cette défaite, les autres Gaulois, craignant d'être enveloppés, prennent la fuite. Ce ne fut plus partout que carnage. Trois Héduens de la plus haute distinction sont pris et amenés à César : Cotos, commandant de la cavalerie, qui dans les derniers comices avait été en concurrence avec Convictolitavis ; Cavarillos, qui, après la défection de Litaviccos, avait reçu le commandement de l'infanterie ; et Éporédorix, que les Héduens, avant l'arrivée de César, avaient eu pour chef dans leur guerre contre les Séquanes.
CONVITIUM : banquet qui ne dérivait pas en débauche ou en orgie.
COON : fils d’Anténor et frère d’Iphidamas. Il blessa Agamemnon qui le tua.
COPA : fille de taverne. Généralement, c’était une danseuse ou une chanteuse faisant partie d’un spectacle.
Extrait de la notice sur la fille d'auberge(copa), poème attribué à Virgile, par Maurice Rat(1935): Une fille d'auberge (copa), qui danse aux crotales et qui chante, invite par un jour chaud d'été le passant à venir boire sous les berceaux de verdure d'un cabaret champêtre, au bord d'un ruisseau qui murmure: elle énumère les plaisirs du lieu, et termine par une conclusion épicurienne, après avoir évoqué la Mort qui nous engage à jouir de la vie. Tel est le sujet d'un poème de trente-huit vers, en distiques élégiaques, attribué par certains critiques à Septimius Serenus, à Valgius Rufus, à Properce ou à d'autres encore, mais que le plus grand nombre des éditeurs estime être de Virgile.
COPADIA : friandises très prisées par les gourmands.
COPHINUS : grand couffin utilisé en jardinage.
COPILL : roi des Gaulois Tectosages qui conclut un traité avec le chef des envahisseurs cimbres, Boïorix, en 102 av. J.-C. Il entra en campagne contre les Romains mais fut rapidement battu par le général Cornelius Sylla qui le fit prisonnier.
COPIS : couteau de chasse à lame recourbée.
COPREA : bouffon de la cour impériale.
COPRÉE : fils de Pélops et père de Périphétès. Après avoir tué Iphitos, il se réfugia à Mycènes où Eurysthée l’accueillit et se servit de lui pour envoyer ses ordres à Héraclès. Poséidon lui donna le cheval Arion.
COPTA : biscuit dur fabriqué sur l’île de Rhodes. Les Romains et les peuples de l’Antiquité les emportaient car ils étaient réputés pour leur longue conversation et leur goût.
COPTE : Égyptien de la période chrétienne parlant la langue du même nom. Le copte dérive de l’alphabet grec auquel ont été ajoutés sept caractères tirés de l’écriture démotique pour transcrire des sons qui n’existaient pas en grec. Le copte fut écrit et parlé dès le IIIe siècle de notre ère. Les premiers textes connus en copte sont des traductions de l’Ancien Testament et des Évangiles. Pendant près de sept cents ans, cette langue évolua sous la main des copistes et des moines attachés aux traditions monophysites, mais les Arabes du Xe siècle mirent un terme définitif à cette évolution en détruisant les monastères, les bibliothèques et les derniers grands ateliers d’écriture copte. Aujourd’hui, le copte se divise en cinq dialectes majeurs : le bohaïrique, le sahidique, le fayoumique, l’assioutique et l’akhmimique. L'étude de la grammaire copte s'appuie sur deux démarches linguistiques, diachronique et synchronique, dont le choix reste sujet à controverse. Les deux démarches partent du principe que l'étude des dialectes permet de remonter à la grammaire copte originelle. À défaut de cette investigation, les chercheurs en sont réduits à ne se focaliser que sur le copte liturgique, qui serait une normalisation plus ou moins arbitraire de la langue copte antique.
Extrait du concile Nicée (325) d'après les textes coptes: Et ces choses, nous les disons au sujet du Père et au sujet du Fils. Quant à l'Esprit-Saint, telle est la - manière dont nous croyons : c'est un esprit divin, un esprit saint, un esprit parfait, un incréé, inaccessible, qui a parlé par la loi, les prophètes et les apôtres, qui est descendu sur le Jourdain. Au sujet de l'humanité du Fils, nous croyons qu'il a reçu un homme parfait de Marie qui a conçu Dieu du Saint-Esprit, non du sperme de l'homme, à Dieu ne plaise ! mais du Saint-Esprit, selon la manière dont il est écrit dans l'Évangile. Il a porté, en vérité, une âme et un corps, et non en apparence et dans l'idée (seule des hommes); car de la sorte, il est venu dé livrer tout l'homme en perfection et il a souffert, et il a été (crucifié, et il est mort), et il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, et il est monté au ciel, et il est assis à la droite du Père, ayant divinisé l'homme qu'il portait au ciel (son humanité), et il viendra juger les vivants et les morts (ceux qui interprètent) quand l'Écriture parle de lui dans les prophéties, comme si c'étaient des paroles regardant une créature, n'ont point saisi la multitude des témoignages. Mais elle parle du Fils de Dieu parfait, et établit ce qui doit faire entendre la perfection de son incarnation.
Nous anathématisons aussi ceux qui ne confessent pas.
COPTOS : aujourd’hui Keft ou Kept. Ville ancienne de la Haute-Égypte , sur un canal à la droite du Nil. Grand entrepôt du commerce de la mer Rouge, à laquelle l’unissaient des routes conduisant à Bérénice et à Myos-Hormos, Dioclétien la détruisit en 296.

Chapelle oraculaire de Cléopâtre VII Porte Ouest du temple dit d'Osiris
COQUUS : cuisinier. Au début de la République, ce mot désignait un particulier qui faisait du pain. Ce ne fut qu’en l’an 568 av. J.-C., au moment de l’apparition et l’officialisation du métier de boulanger, qu’il désigna le cuisinier.
CORACES : nom scythe d’Oreste et Pylade.
CORACLE : embarcation légère à voile carrée dont la coque était faite de peaux cousues.

Les coracles utilisées de nos jours en Asie sont plus petites et construites en osier.
CORANN : druide du roi Conn Cetchathach qui malgré sa science et ses pouvoirs magiques ne put empêcher le départ du prince Conle Caem vers l’Autre Monde.
CORANNIEITS : êtres maléfiaques de petite taille. Malgré la puissance de leurs pouvoirs magiques, ils furent vaincus par les princes Llevelys et Lludd.
CORAX : fils de Coronos et frère de Laomédon. Roi de Sicyone.
CORAX : fils d’Aréthuse. Natif d’Ithaque, il donna son nom au cap nommé Corax.
CORBEAU : oiseau sacré des dieux Bran et Lug, messager des ténèbres et de la lumière. Le corbeau protégeait les vivants et symbolisait la sagesse et la connaissance.

CORBILO : ville gauloise des Namnètes d’Armorique près de l’actuelle Saint-Nazaire. Au IIIe siècle av. J.-C., elle fut un des deux plus grands centres de commerce avec Narbonne grâce à ses navires qui assuraient les liaisons avec l’Irlande et l’île de Bretagne. On venait de tous les coins de la Gaule pour consulter les corbeaux devins élevés par les druides. Ces corbeaux aux ailes blanches réglaient les litiges des particuliers en mangeant ou en renversant les gâteaux qu’on leur offrait.
CORBIS MESSORIA : panier qui servait à mesurer la quantité de blé en épis.
CORBITA : navire marchand qui transportait le blé.

CORBULA : panier employé pour la cueillette des fruits et servant aussi à transporter les plats chauds de la cuisine à la table.
CORBULON (CANAL DE): cet ouvrage creusé dans l'ancien lit d'une petite rivière était particulièrement utile à cette époque où les transferts de troupes du Rhin vers la province romaine de Bretagne étaient fréquents.

Carte du canal de Corbulon : sur près de 34 kilomètres, de 12 à 14 mètres de large
et environ 2 mètres de profondeur et longé par un chemin de halage,
il reliait le Vieux Rhin à l'estuaire de la Meuse, de Matilo à Lugdunum Batavorum, en passant par Forum Hadriani
CORBULON (CNEIUS DOMITIUS CORBULO) : frère de Césonie, la femme de Canigula. Préteur sous Tibère, consul suffectus en 39. Il se montra cruel et cupide comme surintendant des Ponts et Chaussées en Italie. Sous Claude, il vainquit les Chauques en Germanie. Sous Néron, il lutta contre les Parthes en Arménie. Jaloux, Néron le fit mettre à mort à Corinthe en 47, mais il se transperça de son épée.
Extrait des études chronogiques des activités politiques et militaires romaines(livre 2): Corbulon disposait, grâce à sa nouvelle province, d’une solide base arrière. Cependant l’essentiel du ravitaillement était assuré par Trapezus, le grand port du Pont-Euxin oriental, propriété de Polémon II, roi du Pont. Le transport du blé se faisait par mer jusqu’à ce port avant d’être acheminé vers les troupes à l’intérieur des terres. Ce blé provenait du Bosphore Cimmérien.Il faut aussi, c’est très important, rappeler les unités qui étaient sous les ordres de Corbulon pour les conflits avec les Parthes en Arménie. En 55, il est mit à la disposition du légat de Cappadoce les légions III Gallica et VI Ferrata de l’armée de Syrie, mais aussi la IV Scythica que l’on a fait venir de Mésie suivie quelques années plus tard de la V Macedonica tirée de la même province. La XV Apollinaris fera également, vers la fin de la guerre, le voyage de Pannonie jusqu’à la Cappadoce. L’Asie Mineure n’était pas entièrement dépourvue de troupes mais elle dépendait presque entièrement de l’assistance militaire des légions de Syrie et du Bas-Danube. Le problème de la communication et de l’acheminement en toute sécurité des hommes et du matériel est donc extrêmement important. En 63/64, à la demande de Corbulon, le royaume du Pont de Polémon II est finalement annexé et intégré à la province de Galatie. Deux faits nouveaux apparaissent : les Romains contrôlaient directement toute la ligne de communication maritimes entre le Bosphore thrace et l’extrémité orientale du Pont-Euxin, c’est-à-dire jusqu’à la rivière Phasis en Colchide. En contrepartie, cette annexion les amenait à veiller eux-mêmes à la sécurité de ces communications marit L’institution d’une Classis Pontica en mer Noire coïncide justement avec la conversion du royaume de Polémon II en province romaine. Son principal port d’attache est Trapezus. Elle dût être en grande partie constituée des navires de l’ancienne flotte royale pontique. Son rôle était d’assurer la sécurité maritime dans la partie orientale du Pont-Euxin. Nous ne connaissons pas les raisons qui ont poussé Néron à annexer le royaume du Pont. Nous savons que l’Empereur préparait avant sa mort une grande expédition dans le Caucase sans que nous en connaissions précisément ses objectifs. Peut-être s’agissait-il par cette annexion de s’assurer une solide base de départ ? Nous savons grâce à Strabon, que le roi du Pont jouait un rôle très important dans lutte contre la piraterie endémique sur les côtes est du Pont-Euxin. En annexant le Pont, les Romains s’impliquaient directement dans ces régions et prenant, à leur compte, la responsabilité du maintien de l’ordre. L’idée a été avancée que la position de Polémon II fut supprimée parce qu’il échouait dans sa mission de contrôler la piraterie à un moment où les Romains commençaient à utiliser activement ses ports.

CORCYRA ou CERCYRA : fille d’Asopos. Elle donna son nom à l’île de Corcyre. Poséidon la rendit mère de Phéax, qui donna son nom aux Phéaciens.
CORDACA : surnom d’Artémis en Élide. Ce nom est tiré de la danse indécente que des compagnons exécutèrent en son honneur après une victoire.
CORDAX : danse de l’ancienne comédie grecque. Particulièrement indécente, on la dansait en mimant l’ivresse. La nature de cette danse est décrite dans les Satires de Juvénal qui indique « les filles encouragées par les applaudissements tombent à terre avec les fesses tremblantes ».
CORDUS (AULUS CREMUTIUS) : historien romain mort en 25, on le condamna pour avoir loué Brutus et appelé Cassius le « dernier des Romains ». Après un beau discours adressé au sénat, il se laissa mourir de faim.
CORÉ : surnom de perséphone dans les mystères d’Éleusis, où elle apparaît comme la fille de Déméter.
CORÉSIA : surnom d’Athéna, adorée à Corion en Crète.
CORÉSOS : grand prêtre de Dionysos à Calydon, amoureux de Callirrhoé.
Extrait de Pausanias: Comme, Corésus épuisant toutes les prières et les promesses de présents, le sentiment de la jeune fille ne changeait pas, il s’en va (ou, variante, il s’assoit) comme suppliant désormais auprès de la statue de Dionysos. Celui-ci entendit les prières du prêtre, et voilà aussitôt que les Calydoniens, comme sous l’effet de l’ivresse, perdaient la raison, et que la mort succédait à leur folie. »

Corésos et Callirrhoé par Fragonard
CORÉTAS : berger qui découvrit l’oracle de Delphes.
CORÉTHON : un des fils de Lycaon.
CORIA : la déesse des jeunes filles. Surnom d’Athéna en Arcadie et d’Artémis.
CORIALUS : tanneur ou corroyeur.
CORINTHOS : prétendu fils de Zeus. Il donna son nom à la ville de Corinthe ou ce nom fut donné par le fils du roi de Marathon.
CORMA : bière d’orge des Celtes et des Gaulois. Elle était bue pure ou mélangée à du miel.
CORMAC CONLONGAS : fils du roi Conchobar. Il s’exila après le meurtre des fils d’Unesch. S’étant lié avec la fille du roi Éochaid, Étaine, qui mit au monde une fille, il se transforma en lièvre et mourut à Émain Macha dans l’Ulster.
CORMAC MAC AIRT : roi suprême de Tara. Il possédait une coupe qui se brisait lorsqu’on mentait.
CORNE : symbole solaire de la virilité masculine ou lunaire de la toute-puissance féminine.
CORNE D’ABONDANCE : corne remplie de fleurs et de fruits. Selon certaines sources, cette corne est celle qu’Héraclès arracha à Achéloüs ; selon les autres, elle appartenait à la chèvre Amalthée.

Mascaron flanqué de cornes d'abondance
CORNÉLIE (CORNELIA) : la plus jeune des filles de Scipion l’Africain. Née en 189 av. J.-C., elle épousa Sempronius Gracchus, supporta avec courage la mort de ses enfants et mourut vénérée à Misène en 110 av. J.-C.
Cornélie vue par Plutarque: «On raconte qu'un jour il trouva deux serpents dans son lit; que les devins, après avoir attentivement examiné ce prodige, lui défendirent de les tuer ou de les lâcher tous les deux; que par rapport au choix de l'un ou de l'autre, ils lui déclarèrent que s'il tuait le mâle, il hâterait sa propre mort, et qu'en tuant la femelle, il avancerait celle de Cornélie. Tibérius, qui aimait tendrement sa femme, et qui pensait d'ailleurs qu'étant déjà assez âgé, et Cornélie encore jeune, c'était à lui à mourir le premier, tua le mâle et lâcha la femelle: il mourut peu de temps après, laissant douze enfants qu'il avait eus de Cornélie. La veuve se mit à la tête de la maison et se chargea elle-même de l'éducation de ses enfants; elle fit paraître en tout tant de sagesse, tant de grandeur d’âme et de tendresse maternelle, qu'il parut que Tibérius avait sagement fait de préférer sa propre mort à celle d'une femme de ce mérite. Le roi Ptolémée lui ayant offert de venir partager son diadème, avec le rang et le titre de reine, elle le refusa. Dans son veuvage, elle perdit le plus grand nombre de ses enfants, et ne conserva qu'une fille, qui fut mariée au jeune Scipion, et deux fils, Tibérius et Caïus Gracchus, dont nous écrivons la Vie; elle les éleva avec tant de soin, qu'étant, de l'aveu de tout le monde, les jeunes Romains les plus heureusement nés pour la vertu, leur excellente éducation parut encore avoir surpassé la nature. On a reproché a Cornélie d'avoir eu pour ses deux fils plus d'ambition qu'ils n'en avaient eu pour eux-mêmes. Plutarque précise «qu'elle ne cessait de reprocher à ses fils que les Romains l'appelaient la belle-mère de Scipion, et pas encore la mère des Gracques.»

Pierre Peyron (1744-1814) Cornélie,mère des Gracques, 1779
CORNELIE (CORNELIA) : fille de Cinna, elle épousa César en 83 av. J.-C. et donna naissance à Julie (Julia). Elle mourut jeune et César prononça son éloge du haut de la tribune.
Histoire de Jules César par Suétone: César était dans sa seizième année lorsqu'il perdit son père. L'année suivante, il fut désigné pour devenir flaminede Jupiter; et quoiqu'on l'eût fiancé, alors qu'il portait encore la toge prétexte, à Cossutia, d'une simple famille équestre, mais fort riche, il la répudia, pour épouser Cornélie, fille de Cinna lequel avait été quatre fois consul. Il en eut bientôt une fille, nommée Julie. Le dictateur Sylla voulut le contraindre à la répudier, et, ne pouvant y réussir par aucun moyen, le priva du sacerdoce, de la dot de sa femme, de quelques successions de famille, et le regarda dès lors comme son ennemi. César fut même réduit à se cacher, et, quoique atteint de la fièvre quarte, à changer presque toutes les nuits de retraite, et à se racheter, à prix d'argent, des mains de ceux qui le poursuivaient. Il fallut que les Vestales, et Mamercus Aemilius avec Aurelius Cotta, ses parents et ses alliés se réunissent pour obtenir son pardon.
CORNELIE (CORNELIA) : fille de Metellus Scipion. Elle épousa d’abord le fils du triumvir Crassus, puis Pompée en 52 av. J.-C. Belle, intelligente, cultivée, courageuse, elle fut le témoin de l’assassinat de son mari. Elle se réfugia à Chypre, à Cyrène, puis revint vivre à Rome.
Cornélie vue par Lucain dans son livre l'Epopée: Autant Cornélie aurait accepté ce crime horrible, autant elle ne supporte pas de le voir. Elle emplit l’air de sa plainte pitoyable.
"Mon époux, je suis la cause de ta mort, misérable que je suis. L’errance par Lesbos a été pour toi la cause de ce retard mortel. César est arrivé le premier sur les rivages du Nil. Qui d’autre que lui aurait eu le pouvoir de commettre ce crime ? Qui que tu sois parmi les dieux, envoyé contre cette tête, soit que tu t’occupes de la colère de César, soit que tu agisses pour toi-même, tu ne sais pas, cruel, où se trouve le coeur de Pompée. Tu te hâtes et tu portes tes coups là où le désire le vaincu. Il expierait plus que la mort s’il voyait ma tête tomber avant la sienne. Je suis coupable de la guerre, moi qui seule parmi les femmes l’ait accompagné sur mer et dans les camps sans craindre le destin. Je l’ai accepté vaincu, chose que même les rois n’ont pas osé faire. Ai-je mérité, moi, ton épouse, d’être abandonnée en sécurité sur ce navire ? Perfide, tu m’épargnais ? Alors que tu recherchais les destins extrêmes, je n’étais digne que de vivre ? Je mourrai sans avoir besoin d’un roi. Matelots, acceptez que je saute dans la mer ou que j’enroule autour de mon cou un lacet ou un cordage tressé ou alors qu’un digne compagnon de Pompée me transperce de son épée. Il peut fournir à Pompée ce qu’on imputera à César. Cruels, vous me retenez alors que je veux me hâter vers la mort. Tu vis encore, mon époux et déjà Cornélie ne dépend plus d’elle-même. Ils m’interdisent que la mort vienne, on me laisse pour le vainqueur." A ces mots elle glisse dans les mains des siens, on l’emmène tremblante sur le navire qui s’enfuit.
CORNICHE : élément architectural surplombant le haut d’une porte ou d’un monument. Les roseaux tressés dans une gorge ornent la plupart des corniches sculptées par les Égyptiens. Les Romains et es Grecs utilisèrent pluseurs motifs de décorations.
Corniche romaine
CORNICIEN : joueur de cor circulaire appelé cornus.

Corniciens représentés sur la colonne de Trajan
CORNICULARII : sous-officier romain qui était candidat au rang d’officier.
CORNICULIARIUS : officier qui pour son mérite sur le champ de bataille portait sur son casque la petite corne (corniculum). Cet ornement lui permettait d’assister en second le consul ou le tribun et de le remplacer le cas échéant. Selon d’autres sources : sous-officier romain qui était candidat au rang d’officier.
CORNOUAILLES : région du sud de la Grande-Bretagne occupée par les Dumnomiens au temps de la guerre des Gaules.
CORNUS : grand cor circulaire, à l’origine en corne, avec une anse transversale.
CORŒBE : Psamathe, la fille de Crotopos, roi d’Argos, eut d’Apollon un fils, qui fut exposé et déchiré par les chiens. Offensé, Apollon envoya le monstre Pœné (une peste) qui tuait les enfants. Corœbe le tua et se rendit à Delphes pour expier le meurtre du monstre. Il fonda la ville de Tripodiscos, ainsi appelée parce qu’il avait laissé tombé un trépied sur le mont Gérania, endroit où il devait ériger un temple à Appolon, selon les ordres de l’oracle.
CORŒBE: fils de Mygdon, tué par Diomède.
Extrait de la Guerre de Troie par Quintius de Syrme: La ville commençait à être éclairée par les torches ardentes que portaient les Argiens, pour ne plus se méprendre sur les victimes qu'ils voulaient immoler. Alors Diomède rencontrant dans la mêlée Corœbe, fils de Mygdon, lui plonge sa lance dans l'estomac. Ce jeune et trop malheureux guerrier, tombé parmi les morts sur la terre ensanglantée, ne put jouir des délices d'un hymen, que par ses succès contre les ennemis de Troie, il se flattait de faire agréer à Priam.
COROLLA : petite couronne de guirlandes imitant des fleurs. Elles étaient obtenues en collant des raclures de cornes peintes de couleurs vives. Les deux mots corollaire et corolle viennent du latin corolla qui signifiait « petite couronne » ; l’on donnait en effet une petite couronne de lauriers aux acteurs comme gratification. Un corollaire est donc un cadeau donné en plus par le théorème .
COROLLARIUM : guirlande couverte de feuilles légères d’or ou d’argent que les Romains offraient à leurs acteurs favoris.
CORONA CIVICA : couronne romaine qui récompensait celui qui avait sauvé la vie d’un citoyen romain.

CORONA MURALIS : couronne d’or romaine représentant un rempart crénelé. Elle était accordée à celui qui, le premier, réussissait à forcer le mur d’une ville.

CORONA NAVALIS; CLASSICA ou ROSTRATA:Couronne d'or faite pour imiter les éperons des vaisseaux et offerte à l'amiral qui avait détuit une flotte ennemie, et peut-être aussi au matelot qui avait été le premier à l'abordage d'un vaisseau ennemi.

CORONA OBSIDIONALIS ou GRAMINAI : couronne tressée d’herbes accordée aux officiers supérieurs romains ayant réussi à se dégager d’un siège.
CORONA PACTILIS ou PLEXILIS: Guirlande de fête, portée simplement comme ornement sur la tête et composée de fleurs naturelles avec les feuillles attachées aux tiges par lesquelles on les entrelaçait, comme on le voit dans la gravure ci-jointe, qui représente la personnification du Printemps d'après un bas-relief en marbre.

CORONA RADIATA: Couronne décorée tout autour de rayons en saillie, et attribuée proprement aux dieux ou aux héros déifiés ; de là vint qu'elle fut généralement prise par les emperereurs romains ou par quelques autres personnes qui se paraient des attributs de la divinité.

CORONA SUTILIS: Guirlande d'ornement pour la tête, faite de fleurs détachées de leur tige et cousues ensemble. C'était celle que portaient les Salii dans leurs fêtes, et d'abord elle était composée de fleurs de tout genre ; mais plus tard elle le fut seulement de roses : on en choisissait les plus belles feuilles et on les cousait ensemble.

CORONA VALARIS ou CASTRENSIS : couronne romaine représentant les piquets des remparts ennemis. Elle était accordée à celui qui les franchissait le premier.
CORONA TRIUMPHALIS: 1.Guirlande de feuilles de laurier sans les baies portée par le général pendant son triomphe,

2. Couronne d'or, imitant les feuilles du laurier, et tenue au-dessus de la tête du général pendant le triomphe par un officier public.

CORONARIA : femme qui fabriquait des couronnes.
CORONARIUM AURUM : or que les provinces envoyaient à un général pour façonner la couronne d’or du triomphe.
CORONARIUS : marchant de guirlandes et de couronnes.
CORONATUS : personnage qui portait une guirlande ou une couronne.
CORONIS : fille de Phlégyas. Apollon la rendit mère d’Asclépios. Mais averti par un corbeau des rapports amoureux qu’elle entretenait avec Ischys, il envoya Artémis la tuer. Avant la mort de Coronis, il accourut pour sauver l’enfant.

Apollon et Coronis gravure de Daniel de la feuille(qui commet l'erreur de représenter Apolon tuant sa maîtresse)
CORONIS : fille de Coroneus. Ne pouvant échapper à la poursuite de poséidon qui l’aimait, Coronis implora le secours des dieux et fut changée en corneille par Athéna. Elle devint la compagne de cette déesse. Elle surprit Agraulos et ses sœurs ouvrant le panier d’Érich-thonios qu’Athéna leur avait confié avec l’ordre de ne pas regarder ce qu’il contenait. Coronis dénonça les fautives à la déesse qui, n’appréciant pas cette indiscrétion, l’éloigna d’elle et adopta la chouette pour son oiseau favori.
CORONIS : une des Hyades.
CORONOS : fils d’Apollon et de Chrysorthé, roi de Sicyone. Père de Corax et de Laomédon.
CORONOS : fils de Thersandre et petit-fils de Sisyphe. Frère d’Haliartos. Il fonda Coronée.
CORONOS : roi des Lapithes. Fils de Cænée. Père de Léontus. Héraclès le tua pendant la guerre contre le roi des Doriens, Ægimios.
CORONOS : père de l’Argonaute Cænée.
CORPS SANS ÂME : ce corps monstrueux et immortel né de la liaison d’un loup-garou et d’une sirène enlevant les jeunes vierges.
CORREOS : chef des Gaulois Bellovaques qui, après la chute d’Alésia, continua la guerre contre César. E, 51 av. J.-C., il livra une ultime bataille et se battit jusqu’au dernier instant, tuant à lui seul des dizaines de Romains. Les archers le transpercèrent de flèches.
Extrait des Commentaires sur la Guerre des Gaules par Jules César: Après ce succès, César, marchant environné des trophées de sa récente victoire, pensa bien que l'ennemi, abattu par la nouvelle d'un si grand revers, abandonnerait son camp situé à huit mille pas environ du lieu où s'était livrée la bataille. Aussi, et bien qu'il y eût une rivière à traverser, il n'hésita point à la faire passer à l'armée, et marcha en avant. (2) Mais, de leur côté, les Bellovaques et les autres états, instruits de la dernière défaite par le petit nombre de fuyards et de blessés qui avaient pu échapper au carnage à la faveur des bois, voyant que la fortune leur était en tout contraire, que Corréos avait été tué, qu'ils avaient perdu leur cavalerie et l'élite de leur infanterie, qu'enfin les Romains approchaient, convoquèrent aussitôt une assemblée au son de trompe, et s'écrièrent qu'il fallait envoyer à César des députés et des otages.
CORRIGIA : lacet de chaussure. Les lacets étaient quelquefois faits en peau de chien.
CORTINA : peau du serpent Python, placée sur le trépied de la Pythie.
CORITNA : grand chaudron qui servait à faire bouillir les viandes.
CORTINALE : cuve dans laquelle le vin était réduit par la cuisson.
CORVINUS (MESSALA) : Ecrivain et légat romain qui fut l’un des derniers à pacifier la Gaule en 29 av. J.-C.Partisan de Brutus, il fut proscrit (43) par les triumvirs mais, après la bataille de Philippes, il se rallia au vainqueur. Admis dans l'intimité d'Octave, il prit une part active à la bataille d'Actium, guerroya dans les Pyrénées et reçut (27) les honneurs du triomphe, avant d'être (26) préfet de la Ville. Érudit, auteur de discours, de vers légers, il s'entoura de poètes comme Tibulle, Aemilius Macer, Valgius Rufus, Cornelius Severus, Ovide.
Extrait d'une ode d'Horace où le poète invite le général à boire avec lui:
O toi qui comme moi naquis sous Manlius, Que tu portes en ta panse ou les jeux ou les plaintes, Empoignades, folles orgies Ou plutôt, pieuse argile, un facile sommeil, Quelque virtualité qui soit en ton Massique, On t’a choisie pour honorer un jour heureux : Descends, car Corvinus ordonne Que l’on serve aujourd’hui des vins voluptueux. Tout imbibé qu’il soit des discours socratiques, Corvinus n’est pas homme à te manquer d’égards : Même un Caton, à ce qu’on dit, Echauffait son génie en buvant du vin pur.
CORYBANTES : prêtres de Cybèle. Ayant concouru à sauver Jupiter de la gloutonnerie de Saturne et à l'élever, ils reçurent les honneurs divins. Ils avaient même une sorte de suprématie sur les Dactyles et autres divinités secondaires de la Crète. Eux aussi étaient considérés comme des puissances tutélaires. Les premiers, au nombre de trois, apportèrent en Phrygie le culte mystérieux de la déesse. Ils dansaient au son des cymbales et du tambour, aux clameurs des hymnes hurlés et des boucliers entrechoqués. Ils se répandirent à travers la Grèce à l’époque des guerres médiques.
CORYBAS : fils de Jasion et de Cybèle. Époux de Thébé. Il enseigna le culte de sa mère en Phrygie et donna son nom aux prêtres qui servaient la déesse.
CORYCAEUM : pièce dans les gymnases grecs ou les bains romain. Les clients s’y exerçaient (comme les boxeurs de nos jours) à frapper de grands sacs contenant des graines, du son ou du sable.
CORYCIE : nymphe qui eut d’Apollon un fils nommé Lycorée.
CORYDON : un des Géants. Fils du Tartare et de Gaïa.
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