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CORYDOS : surnom d’Apollon sur la côte de Corone.

 

CORYMBUS : couronne de lierre et de grappes portée par les adeptes de Bacchus.

 

CORYNÉTÉS : qui porte une massue. Surnom de Périphétès et d’Aréithoüs.

 

CORYPHÆA : qui habite le sommet de la montagne. Surnom d’Artémis sur le mont Coryphæon près d’Épidaure.

Extrait de la description de la Grèce par Pausanias: Tous les serpents, et principalement l'espèce qui est d'une couleur roussâtre, sont consacrés à Esculape, et ne font aucun mal aux hommes. Ces derniers ne sont connus que dans le pays d'Épidaure. D'autres pays ont aussi des animaux qui leur sont particuliers. On ne trouve que dans la Libye des crocodiles de terre ayant jusqu'à deux coudées de long. C'est de l'Inde seule qu'on apporte différentes choses, entre autres, des perroquets. Quant à ces serpents énormes qui ont trente coudées et plus de long, tels qu'on en trouve dans l'Inde et dans la Libye, les Épidauriens en font une espèce particulière de reptiles qu'ils distinguent des serpents. Si vous montez le mont Coryphaius, vous apercevrez sur la route un olivier qu'on nomme l'olivier tordu. On dit que c'est Héraclès qui lui a donné cette forme en le tordant avec ses mains. Était-ce pour marquer les bornes de l'Argolide et du pays des Asinéens? C'est ce que j'ignore, car le pays ayant été dépeuplé, il n'est plus possible de reconnaître positivement les limites, ni là, ni ailleurs. On voit sur le sommet de la montagne le temple d'Artémis Coryphæa dont Télésille parle dans ses vers. En descendant à la ville d'Épidaure, vous trouvez un champ planté d'oliviers sauvages; on le nomme l'Hyrnethium. Voici ce que les Épidauriens en disent, et ce me semble, avec assez de vraisemblance. Cisus et les autres fils de Téménos savaient que le plus grand chagrin qu'ils pussent faire à Deïphonte, était de le séparer d'Hyrnétho par quelque moyen que ce fût; Agræus, le plus jeune d'entre eux, ne voulut prendre aucune part à ce complot : ses frères Cérynès et Phalces vinrent donc à Épidaure, et laissant leur char sous les murs, ils envoyèrent un héraut prier leur tour de venir leur parler, Hyrnétho s'étant rendue à cette invitation, ils lui dirent beaucoup de mal de Deïphonte, et la supplièrent de revenir avec eux à Argos, lui promettant entre autres avantages un époux meilleur à tous égards que Deïphonte, et qui règnerait sur un pays plus riche et plus peuplé. Hyrnétho, irritée de ces propos, leur rendit la pareille en disant qu'elle était très satisfaite de son mari, qu'il n'avait donné, comme gendre, aucun sujet de plainte à Téménus, dont ils devaient eux-mêmes passer pour les assassins bien plutôt que pour les fils. Sans lui répondre, ils la saisissent, la mettent sur leur char, et s'en vont. Quelqu'un des Épidauriens s'empressa d'informer Deïphonte que Cérynès et Phalcès emmenaient Hyrnétho malgré elle. A l'instant Deïphonte se mit à leur poursuite, et les Épidauriens, à la nouvelle de cette violence, accoururent à son secours. Il atteignit d'abord Cérynès qu'il tua d'un coup de lance; mais, comme Phalcès tenait Hyrnétho, il n'osa pas le frapper, de peur de le manquer et de tuer sa femme. Il le joignit donc corps à corps en cherchant à la lui arracher des mains : Phalcès ne voulant pas céder, la retint avec violence, et comme elle était enceinte, il la tua. Bientôt s'apercevant de ce qu'il vient de faire, il s'enfuit en grande hâte sur son char, pour prendre l'avance et échapper aux Épidauriens, qui se rassemblaient de toutes parts. Deïphonte et ses enfants (car il avait déjà eu d'Hyrnétho trois fils, Antimène, Xanthippe, Argius, et une fille nommée Orsobia, qui fût mariée dans la suite à Pamphyle, fils d'Ægimius, transportèrent le corps d'Hyrnétho dans ce champ qui prit avec le temps le nom d'Hyrnethium. Ils lui érigèrent un monument héroïque, et entre autres honneurs qu'ils lui décernèrent, ils statuèrent que personne ne pourrait emporter chez soi, ni employer à quelque usage que ce fût, les branches qui tomberaient, soit des oliviers sauvages, soit des autres arbres dont ce champ était planté, et qu'on les laisserait sur la place comme consacrées à Hyrnétho. On voit à peu de distance de la ville le tombeau de Mélisse, épouse de Périandre, fils de Cypsélus, et celui de Proclès, père de Mélisse, et tyran d'Épidaure, ainsi que Périandre son gendre était tyran de Corinthe.

 

                                                               

 

 

CORYPHÉ : fille d’Océan. Zeus la rendit mère d’Athéna Coria.

 

CORYPHÉE : chef du chœur dans les tragédies et comédies grecques.

 

CORYTHALIA : surnom d’Artémis à Sparte.

 

CORYTHOS : fils de Zeus. Époux d’Électre, fille d’Atlas. Père de Jasion et de Dardanos. Il fut roi d’Étrurie et fonda Cortone.

 

CORYTHOS : fils de Pâris et d’Œnone. Son père le tua parce qu’il courtisait Hélène.

 

CORYTHOS : roi d’Arcadie. Il éleva Télèphe, fils d’héraclès.

 

CORYTHOS : Ibérien. Favori d’Héraclès. Il aurait inventé le casque.

 

CORYTHOS : fils de Marmaros. Il tua Pélatès aux noces de Pirithoüs.

 

CORYTHOS : Lapithe. Le centaure Rhœtos le tua aux noces de Pirithoüs.

 

COS : pierre à aiguiser que les rémouleurs grecs ou romains enduisaient d’eau et d’huile.

 

COSCINOMANTIE : divination au moyen d’un crible qu’on faisait tourner, suspendu à un fil ou posé sur une pointe.

 

COSCONIUS (CAIUS) : préteur pendant le consulat de Cicéron (63 av. J.-C.), proconsul de l’Espagne ultérieure. Il fut l’un des commissaires chargés d’exécuter la loi agraire de César.

Extrait de l'histoire de Rome par Appien: Cnéius Pompée, de son côté, avait réduit les Marses, les Marrucins, et les Vestiniens. Ailleurs Caius Cosconius, autre préteur romain, avait pris et incendié Salapie, fait rentrer Cannes dans l'obéissance, mis le siège devant Canuse, et livré une sanglante bataille aux Samnites qui étaient accourus au secours de cette place. Dans cette action il y eut beaucoup de morts de part et d'autre, et Cosconius, vaincu, fit sa retraite sur Cannes. Un fleuve le séparait de Trébatius, général des Samnites. Celui-ci lui fit dire, ou de passer le fleuve pour en venir aux mains avec lui, ou de s'éloigner pour le laisser passer lui-même. Cosconius prit ce dernier parti : mais pendant que Trébatius passait, il lui tomba dessus, le battit, et, comme il fuyait vers le cours d'eau, il lui fit perdre quinze mille hommes, et Trébatius se réfugia à Canuse avec les restes de son armée. Cosconius, après avoir ravagé les terres des Larinates, des Vénusiens, et d'Asculum, entra dans le pays des Pédicles et, en deux jours, il les eut soumis.

 

CORMETAE : femmes de chambre romaines qui assistaient et paraient les matrones au moment de la toilette.

 

COSMÉTAS : l’ordonnateur. Surnom de Zeus à Sparte.

 

COSMOGONIES : les Égyptiens pensaient que l’univers avait émergé des flots. Une île limoneuse, au-dessus des eaux, telle était la représentation de la création. Les eaux s’appelaient Noun. Elles demeurèrent inertes et sans vie jusqu’au jour où le dieu créateur se créa en leur sein. Cette version des origines était la plus courante, mais il en existait d’autres. Pour les Hermopolitains, sur cette île ou colline primordiale, un œuf mystérieux fut déposé par Thot. Il contenait le soleil qui, au jour de l’éclosion, s’élança dans le ciel. Les mêmes Hermopolitains imaginèrent que l’île pouvait être un calice de lotus aux pétales clos qui, en s’ouvrant, libéra le soleil. À Héliopolis, les théologiens du delta, plus évolués, conçurent Atoum, le dieu né du néant, à travers lequel tout fut créé. De leur côté, les Memphites croyaient que le responsable de la création était Ptah qui, se servant de son cœur et du verbe, engendra les principes de vie et la matière.

Comparaiqon avec la tradition hindoue: Ainsi dans la tradition hindoue telle que la rapportent Les Lois de Manu, au commencement, du milieu des ténèbres le Bienheureux créa l’eau pour émettre sa semence qui devint un œuf d’or. A l’intérieur de cet œuf il s’engendra lui-même en tant que Brahma et y demeura le temps d’une grossesse. À la naissance de Brahma, l’œuf se fendit en deux parts : l’une était d’or, l’autre d’argent.La part d’or constitua le Ciel, la part d’argent forma la Terre. De la membrane extérieure de la coquille naquirent les montagnes, de la membrane interne, les nuages et le brouillard, de ses veines enfin, jaillirent les rivières et les fleuves.

 

COSMOGRAPHIE : à l’origine, les Égyptiens concevaient le monde comme un continent (l’Égypte) traversé par le Nil et entouré par le Grand Océan circulaire. Au-dessus de cette terre reposant sur quatre supports, il y avait le ciel séparé par l’air (Chou). Les découvertes que firent les Égyptiens et les contacts qu’ils eurent avec les autres peuples ne firent que repousser les limites de cette terre sans changer le concept primordial.

 

).COSSUS (SERVIUS CORNELIUS) : consul en 428 av. J.-C., puis tribun consulaire en 426, maître du dictateur Marcus Aemililus Mamercinus. Il tua en combat singulier le lare ou lucumon Tolumnius, roi des Véiens, et remporta les secondes dépouilles opimes (trophées de guerre conservés et considérés comme sacrés).

 

COSSUTIA : première femme de César, elle était fort riche. Il la répudia à l’âge de 17 ans, pour épouser Cornelia.

 

                                                    

                                                                         Monnaie attribuée à la famille de Cossutia

 

 

COTHONÉE : femme d’Éleusis. Mère de Triptolème.

 

COTHURNES : hauts brodequins de cuir qui enveloppaient les pieds. Montant jusqu’au bas des mollets, ils se laçaient par-devant. Les cothurnes des acteurs de théâtre avaient une semelle de plusieurs centimètres pour accroître leur taille.

 

                                                   

                                                                                           La muse de la tragédie, Melpoméné, chaussée de cothurnes

 

 

COTOS : chef de la cavalerie gauloise éduenne de Vercingétorix. Il tomba entre les mains des légionnaires de César à la bataille de la Saône en 52 av. J.-C.

Extrait de la Guerre des Gaules par Jules César: César demeura plusieurs jours à Avaricum, et y trouva une grande abondance de blé et d’autres vivres ; il permit ainsi à son armée de se remettre de ses fatigues et de ses privations. On était déjà presque à la fin de l’hiver ; la saison invitait à se mettre en campagne, et d’ailleurs César avait résolu de marcher à l’ennemi, pour le faire sortir de ses marécages et de ses forêts, ou bien l’y assiéger, quand une députation de nobles héduens vient le trouver pour implorer son aide dans des circonstances particulièrement critiques : « La situation est des plus graves : alors que l’antique usage veut qu’on ne nomme qu’un magistrat suprême, qui détient pendant un an le pouvoir royal, deux hommes exercent cette magistrature et chacun d’eux se prétend légalement nommé. L’un est Convictolitavis, jeune homme riche et de naissance illustre ; l’autre est Cotos, issu d’une très vieille famille, jouissant d’ailleurs d’une grande influence personnelle et ayant de nombreux parents ; son frère Valétiacos a rempli l’année précédente la même charge. Tout le pays est en armes ; le sénat est divisé, le peuple est divisé, les clients des deux rivaux forment deux partis ennemis. Si le conflit dure, on verra les deux moitiés de la nation en venir aux mains. Il dépend de César d’empêcher ce malheur par une enquête attentive et par le poids de son intervention. »  César pensait qu’il y avait des inconvénients à interrompre les opérations et à abandonner l’ennemi ; mais il savait aussi quels maux engendrent les discordes et il ne voulait pas qu’une si grande nation, et si étroitement unie à Rome, que personnellement il avait toujours favorisée et comblée d’honneurs, en vînt à la guerre civile, et qu’alors le parti qui se croirait le moins fort demandât du secours à Vercingétorix : il jugea donc qu’il fallait d’abord parer à cela, et comme les lois des Héduens interdisaient à ceux qui géraient la magistrature suprême de franchir les frontières, voulant éviter de paraître porter atteinte à la constitution du pays, il décida de s’y rendre lui-même, et il convoqua tout le sénat et les deux compétiteurs à Decize. Presque toute la cité y vint ; il apprit que Cotos était l’élu d’une poignée d’hommes réunis en secret ailleurs et à un autre moment qu’il ne convenait, que le frère avait proclamé l’élection du frère, alors que les lois interdisaient que deux membres d’une même famille fussent l’un du vivant de l’autre, non seulement nommés magistrats, mais même admis au sénat. Il obligea Cotos à déposer le pouvoir, et invita Convictolitavis, qui avait été nommé, conformément aux usages, sous la présidence des prêtres et alors que la magistrature était vacante, à prendre le pouvoir.

La proposition est approuvée : on fait prêter à tous le serment. Le lendemain, les cavaliers sont répartis en trois corps et deux apparaissent soudain sur nos flancs tandis que le troisième, en tête de la colonne, s’apprête à lui barrer la route. Quand César apprend la chose, il ordonne que sa cavalerie, également partagée en trois, coure à l’ennemi. On se bat partout à la fois. La colonne fait halte ; on rassemble les bagages au milieu des légions. S’il voyait nos cavaliers en difficulté ou en dangereuse posture sur quelque point, César faisait faire front et attaquer de ce côté-là ; cette intervention retardait la poursuite des ennemis et rendait courage aux nôtres, qui se sentaient soutenus. Enfin les Germains, sur la droite, avisant une hauteur qui dominait le pays, bousculent les ennemis qui s’y trouvaient ; ils les poursuivent jusqu’à la rivière, où Vercingétorix avait pris position avec son infanterie, et en font un grand carnage. Voyant cela, les autres craignent d’être enveloppés et se mettent à fuir. Partout on les massacre. Trois Héduens de la plus haute naissance sont faits prisonniers et conduits à César Cotos, chef de la cavalerie, qui avait été en conflit avec Convictolitavis lors des dernières élections ; Cavarillos, qui avait été placé à la tête de l’infanterie héduenne après la défection de Litaviccos, et Eporédorix, qui avant l’arrivée de César avait dirigé la guerre des Héduens contre les Séquanes.

 

COTTE DE MAILLES : inventée par les Syriens vers 1600 avant notre ère, elle fut adoptée par les Égyptiens vers 1500. La cotte de mailles égyptienne se compose d'une veste en cuir à manches courtes garnie de plaques de métal.

 

COTTIUS MARCUS JULIUS : roi des Gaulois Ségusiens et de douze tribus ligures des Alpes. Vers l’an 15 av. J.-C., il se soumit à l’empereur Auguste à qui il éleva un arc de triomphe à Suze, puis il fit bâtir une large route à travers les Alpes. Appelée la route du roi Cottius, c’est aujourd’hui la route du Mont-Cenis. Son fils, également nommé Marcus Julius Cottius, lui succède, l'empereur Claude lui octroyant le titre de rex. Après sa mort (56 apr. J.-C.), ses États furent réunis à l'Empire, formant plus tard la plus grande partie de la province des Alpes Cottiennes.

 

COTTOS : frère d’Égéon et de Gygès. Géants qui avaient cinquante têtes et cent bras et avec l’aide desquels les dieux parvinrent à repousser les Titans qui assiégeaient l’Olympe.

Tableau des Géants nés de l'union de Gaia et d'Ouranos:

Titans : Océan, Coios, Crios, Hypérion, Japet et Cronos
Titanides : Théia, Rhéa, Thémis, Mnémosyne, Phoibé, Téthys
Cyclopes : Brontès, Stéropès, Arghès
Géants aux cent bras (Hécatonchires) : Cottos, Briarée, Gyès

 

COTUATOS : chef gaulois des Carnutes qui, allié à Conconnétodumnos, souleva les habitants de la ville de Genabum (Orléans) en 54 av. J.-C.

Extrait des commentaires sur la Guerre des Gaules par Jules César: « Quand arrive le jour convenu, les Carnutes, entraînés par Cotuatos et Conconnetodumnos, hommes dont on ne pouvait rien attendre que des folies, se jettent, à un signal donné, dans Cénabum, massacrent les citoyens romains qui s’y étaient établis pour faire du commerce, mettent leurs biens au pillage ; parmi eux était Caïus Fufius Cita, honorable chevalier romain, que César avait chargé de l’intendance des vivres. La nouvelle parvient vite à toutes les cités de la Gaule. En effet, quand il arrive quelque chose d’important, quand un grand événement se produit, les Gaulois en clament la nouvelle à travers la campagne dans les différentes directions ; de proche en proche, on la recueille et on la transmet. Ainsi firent-ils alors ; et ce qui s’était passé à Cénabum au lever du jour fut connu avant la fin de la première veille chez les Arvernes, à une distance d’environ cent soixante milles.  »

 

COTULA : petite mesure de capacité qui valait un demi-sextarius. Elle était elle-même divisée en douze parties dont chacune représentait une once (oncia). Les médecins romains l’utilisaient pour peser les quantités nécessaires à la fabrication des poudres. Mesure correspondant à 26 cl.

 

COTYS  : roi de Paphlagonie au IVe siècle av. J.-C. Il se souleva contre Artaxerxès II et s’allia à Agésilas.

 

COTYS I : roi de Thrace. Il régna de 382 à 358 av. J.-C. et s’opposa aux Athéniens.  Il s'empara du Mont Sacré de la Thrace avant de conquérirla Chersonèse en 359. Après s'être allié avec le roi de Macédoine Philippe II, il fut assassiné par deux de ses conseillers qui étaient des élèves de Platon.

 

                                                              

 

 

COTYS II: Thrace, roi des Odryses de 185 à 165 av J.-C. Allié de Persée de Macédoine, il vainquit les romains commandés par le consul Licinius Crassus à la bataille de Callinicus en 171. Vaincu à son tour par les romains à la bataille de Pydna, il envoie une ambassade à Rome(167) pour demander la libération de son fils. ayant obtenu satisfaction auprès du Sénat, il s'alliera définitivement avec la République Romaine.

 

COTYS IV : roi des Odryses, en Thrace, de 57 à 48 av J.-C. Il s'empara de l'état des Besses en achetant pour 300 talents la neutralité de Pison, préteur en Macédoine. Puis il s'allia à Pompée contre César en envoyant 500 hommes commandés par son fils Saladès.

 

COTYS VII: Thrace, roi des Astéens et des Odryses  de 31 à 18 av J.-C. Fils de Saladès II et père de Rhescuporis II. Auguste le couronna roi après la bataille de Philippes en 42.

 

COTYS VIII : fils du roi de Thrace Rhœmétalcès. Co-roi des Sapéens et des Odryses de 12 à 19.  Il fut dépouillé par son oncle Rhescuporis qui le fit périr. Cultivé et d'une grande éducation, Cotys fut loué par Ovide qui lui adressa la neuvième élégie de son second livre.

 

COTYS IX: fils de Cotys VIII, co-roi des Sapéens et des Odryses avec son cousin Rhémétalcès II de 19 à 38, puis roi de Sophérie de 38 à 54. Sur l'insistance de l'empereur Claude, il refusa de régner sur la Grande Arménie.

 

COTYS: rois du Bosphore cimériens dont les règnes s'échelonnent ainsi:

  Cotys I, de 45 à 69.

  Cotys II, de 123 à 131.

  Cotys III, de 228 à 233.

 

COTYTTO : déesse de l’impudicité adorée en Thrace, puis en Phrygie, à Athènes, à Corinthe, en Sicile et à Rome. Ses prêtres s’appelaient baptes.

 

COUDÉE : du latin cubitus, coude, mesure de longueur. Chez les Grecs, elle valait 0,522 mètre, chez les Romains, 0,444 mètre. En France, la coudée valait 1 pied 10 pouces. C’est encore une mesure de longueur chez plusieurs peuples musulmans d’Afrique et d’Asie, mais elle varie dans les différents pays. 

 

COUDRIER : les druides taillaient leur baguette magique dans le bois de coudrier(noisetier).

 

                                                                    

 

 

COUPE : avant le mythe du Graal, la coupe sacrée des Celtes contenait la vérité.

 

COURONNE : la couronne était un emblème et une protection. Les deux principales couronnes étaient la blanche et la rouge. Réunies en pschent, elles donnaient au pharaon le pouvoir sur la Haute et la Basse-Égypte. Les autres couronnes étaient le khepresh de guerre, l’atef d’Osiris et le némès, étoffe recouvrant la tête et retombant de part et d’autre du visage sur les épaules. Coiffer les couronnes lors des cérémonies consistait à parer les statues des dieux.

 

                       

                                                                                     Dieux couronnés

 

                         

                La couronne rouge au Temple de Karnak                                      Osiris    couronné

 

                                                                   

 

 

COURONNES ( voir CORONA) : on distinguait différents types de couronnes :

La couronne triomphale (corona triumphalis), qui était parfois en or, en feuilles de laurier d’or ou en feuilles de laurier naturel dans les baies.

La couronne de myrte (corona ovalis), en forme de guirlande, qui était octroyée à un général qui avait été ovationné.

La couronne de feuilles d’olivier (corona oleagina), obtenue par tout militaire qui, par ses conseils, avait permis de triompher sur le champ de bataille.

La couronne de gazon (corona obsidionalis), très convoitée et offerte à un général qui, à la tête d’une armée de secours, réussissait à délivrer une autre armée romaine assiégée ou encerclée.

La couronne de fleurs sauvages (corona graminea), obtenue pour les même raisons que la précédente.

La couronne civique (corona civica), de feuilles de chêne et de glands, qui était obtenue par le soldat romain qui sauvait son camarade et tuant l’adversaire.

La couronne murale (corona muralis), en forme de tour et de rempart, qui était donnée au soldat parvenant le premier au sommet d’un mur fortifié d’une ville assiégée.

La couronne d’or ornée de palissades (corona castrensis ou vallaris), obtenue par le soldat qui, le premier, pénétrait dans un camp ennemi.

La couronne navale (corona navalis, classica ou rostrata), faite d’une succession de petits rostres, offerte au général qui avait détruit une flotte ennemie.

La couronne radiale (corona radiata), surmontée de rayons, attribuée aux dieux, aux héros déifiés et aux empereurs élevés au rang de dieu.

La couronne festive (corona pactilis ou plexilis), de fleurs naturelles et de feuilles, que les convives portaient lors des banquets.

La couronne de fleurs cousues (corona sutilis) d’apparat qui, tardivement, fut faite essentiellement de roses.

La couronne de la nativité (corona natalitia), que les Romains suspendaient à la porte d’entrée quand un enfant venait de naître.

La couronne longue (corona longa), faite d’une guirlande de fleurs que les particuliers portaient autour de la poitrine, de l’épaule à la hanche, lors des fêtes.

 

COUTEAU : contrairement aux Germains qui l’employaient au combat, le couteau était pour les Gaulois et pour l’ensemble des peuples celtes un instrument de sacrifice. Fédelmid était le nom du couteau de Conchobar. Les premiers couteaux étaient en silex.

 

                        

                          Couteau égyptien de 3300 av J.-C.                                          Couteau gaulois en fer      

         Découvert à Gebel el Arak, manche en ivoire, lame en silex

 

                                         

                                                                                 Couteau romain en bronze

 

COVINUS : char de guerre armé de faux que les Belges et les Celtes d’Armonique utilisaient à la guerre. Les Romains l’adoptèrent et en firent un véhicule de transport.

Extrait des commentaires sur la Guerre des Gaules par Jules César:  Livre V. Deuxième expédition en Bretagne (54 avant J.-C.) César débarque de nouveau en Bretagne et repousse une seconde fois les Bretons. Puis il répare ses bateaux endommagés par une violente tempête. La lutte reprend et, malgré la résistance des Bretons qui possèdent des chars de guerre et combattent habilement, les Romains franchissent la Tamise, obligent les différentes tribus à faire leur soumission, et rentrent en Gaule.

 

CRAGALEUS : fils de Dryops. Il fut choisi pour départager Apollon, Athéna et Héraclès au sujet de la possession de la ville d’Ambracie, en Épire. Se décidant en faveur d’Héraclès, il provoqua la colère d’Apollon qui le changea en rocher.

Extrait de la mythologie(Voyage en Grèce): Fils de Dryops, il habitait près des bains d'Héraclès. Vieillard que ses compatriotes considéraient comme un homme juste et plein de sens. Un jour qu'il faisait paître ses vaches, Apollon, Artémis et Héraclès l'abordèrebt pour le prendre comme arbitre de leur différent à propos d'Ambracie, ville d'Epire. Apollon disait que la ville lui revenait parce qu'il avait pour fils Méaneis qui régna sur les Dryopes., conquit par les armes l'Epire toute entière et eut comme enfants Eurytos et Ambracie, à qui la ville doit son nom. Lui-même, Apollon, avait rendu d'immenses services à cette ville. C'est en effet sur son ordre que les Sysiphides vinrent donner une issue heureuse à la guerre que les Ambracides soutinrent contre les Epirotes. C'est pour obéir à ses oracles que Gorgos, le frère de Cypsélos, amena de Corinthe un peuple de colons pour les conduire à Ambracie. C'est d'après ses oracles que les Abracites se soulevèrent contre Phalaecos devenu tyran de la ville, et c'est durant cette révolte que Phalaecos perdut un grand nombre de ses partisants. C'est lui-même, Apollon, qui très souvent mit un terme à la guerre civile, à la Discorde à laquelle il substitua l'Ordre, l'Equité et la Justice. C'est pour cela qu'aujourd'hui encore on le célèbre dans les fêtes et les festins sous le nom de Sauveur Pythien. Artémis de son coté, était prête à apaiser sa querelle avec Apollon, et ne voulait Ambracie que si son frère y constentait, et ce parce qu'au temps où Phalacos régnait en tyran, personne n'osait le tuer. Artémis fit paraître devant lui un lionceau alors qu'il était à la chasse. Il ne l'avait pas plutôt prus dans ses mains que sa mère accourut de la forêt pour tuer le roi. Les Ambracites lui vouèrent un culte sous le nom d'Artémis Reine et érigèrent une statue de la Chasseresse, auprès de laquelle ils placèrent une statue de bronze de la bête. Quant à Héraclès, il s'efforçait de prouver qu'Ambracie et l'Epire toute entière étaient son fief. Tous les peuples qui lui avaient fait la guerre, y compris les Epirotes, Héraclès faisait bien voir qu'il les avait dompté. De plus, un peuple de colons de Corinthe expulsa les premiers occupants et fonda Ambracie. Hors tous les corinthiens descendent d'Héraclès. Cragaleus écouta jusqu'au bout ces discours et reconnut que la ville appartenait à Héraclès. Mais Apollon courroucé le toucha de sa main et le transforma en rocher à l'endroit même où il se trouvait. Les Ambraciotes orffrent des sacrifices à Apollon Sauveur mais ils reconnaissent comme patron de la ville Héraclès et ses enfants. Quant à Cragaleus, on lui offrait des sacrifices funéraires après les fêtes d'Héraclès.

 

CRAGOS : fils de Trémitos et de la nymphe Praxidicé.

 

CRAMBIS : un des deux fils de Phinée et de Cléopâtre. Il fut privé de la vue par son père.

 

CRANÆA : surnom d’Athéna sur une colline d’Élatée, en Phocide.

 

                                                            

 

 

CRANAOS : roi de l’Attique à l’époque du déluge de Deucalion. Époux de pédias, fille de Ménys. Père de Cranaé, de Cranæchmé et d’Atthis. Détrôné par Amphictyon, il mourut en exil chez les Lampréens.

 

CRANTO : fille de Nérée et de Doris.

 

CRANTOR : Lapithe. Le centaure Démoléon le tua.

 

CRANTOR : philosophe, né à Soles, en Cilicie. Disciple de Xénocrate et Polémon. Il vécut vers 300 av. J.-C. Chef à Athènes de l’ancienne Académie, il s’occupa surtout de philosophie pratique.

Extrait de la vie des philosophes les plus illustres par Diogène Laërce: Quoique Crantor fût en estime à Solès sa patrie, il la quitta pour aller à Athènes, où il eut Xénocrate pour maître et Polémon pour condisciple. Il a composé des commentaires qui contiennent jusqu'à trente mille versets. Il y a des auteurs qui en attribuent une partie à Arcésilas. On dit que, sur ce qu'on lui demanda pourquoi il s'était attaché à Polémon, il répondit qu'il n'avait jamais entendu personne parler avec plus de force et de gravité. Étant tombé malade, il se retira dans le temple d'Esculape et s'y promenait. A peine y fut-il, qu'on y courut de toutes parts, dans l'opinion qu'il s'était choisi cette retraite, non tant par rapport à sa maladie, qu'à dessein d'y établir une école. Arcésilas y vint aussi pour le prier de le recommander à Polémon, malgré la profession qu' Arcésilas faisait d'être attaché à Crantor, comme nous le dirons en parlant de lui ; et Crantor lui-même étant rétabli fut étudier sous Polémon ; [25] ce qui ne contribua pas peu à augmenter l'estime qu'on avait pour lui. On dit que Crantor laissa tout son bien à Arcésilas; il montait à la valeur de douze talents ; et Arcésilas lui ayant demandé où il voulait être enterré, il lui répondit : « Il convient d'être mis dans le sein de la terre, notre amie. » On dit aussi qu'il a composé des ouvrages poétiques; et qu'il les mit cachetés dans le temple de Minerve, dans sa patrie. Le poète Théétète a fait son éloge en ces termes : Agréable aux dieux et plus agréable encore aux Muses, Crantor mourut avant sa vieillesse.  Toi, terre, reçois le dépôt sacré de son corps, et le conserve en paix dans ton sein. Crantor admirait Homère et Euripide plus que tous les autres poètes, et disait qu'il est fort difficile d'écrire dans le genre propre et d'exciter en même temps la terreur et la pitié, citant là-dessus ce vers de la tragédie de Mlérophon : Ô malheur ! Quel malheur l que de maux doivent souffrir les mortels ! Antagoras rapporte aussi ces vers d'un poète sur l'amour, comme s'ils avaient été faits par Crantor : Mon esprit incertain ne sait que décider. Amour, dis-moi quelle est ton origine ? Es-tu le premier de ces dieux que l'ancien Érèbe et la majestueuse Nuit engendrèrent sous les flots de l'océan?  T'appellerai-je le fils de Vénus, de l'Air ou de la Terre ? Tu apportes aux hommes des biens et des maux ; la nature t'a donné une double forme. Ce philosophe avait un génie propre à inventer des termes. Il disait que la voix des acteurs tragiques n'était point rabotée et sentait l'écorce; que les vers d'un certain poète étaient pleins d'étoupes, et que les questions de Théophraste étaient écrites sur des écailles d'huître. On fait cas d'un ouvrage qu'il a écrit sur le deuil. Il mourut d'hydropisie, avant Polémon et Cratès. Voici l'épitaphe que je lui ai faite : Crantor, tu meurs du plus triste des maux, et tu descends dans les gouffres de Pluton. Tu te reposes heureusement dans ce séjour, mais lu laisses ton école veuve, aussi bien que ta patrie.

 

CRANUS : fils de Janus et de Crané. Il institua une fête en l’honneur de sa mère, à laquelle il dédia un temple sur les bords du Tibre.

 

CRASSUS (LUCIUS LUCINIUS) : jurisconsulte et orateur romain (150-91 av. J.-C.). Consul en 95, censeur en 92, il fit fermer les écoles des rhéteurs. Elève de Lucius Coelius Antipater, il prit part à la fondation de Narbo(Narbonne). Il rédigea la lex lucinia mucia qui refusait la citoyenneté romaine à certaines cités italiennes et latines, provoquant ainsi le début de la guerre sociale. Son assassinat mit fin à ses projets. Immensément riche, il fut le premier à introduire les colonnes en marbre dans son atrium.

 

CRASSUS (MARCUS LICINIUS) : né en 115 av. J.-C., mort en 53, il alla se cacher en Espagne après le meurtre de son père et de son frère proscrits par Marius. Accueilli par Sylla, il fut nommé préteur en 71 et battit Spactacus à plusieurs reprises. Consul avec Pompée en 70. Censeur en 67. Il donna sa démission parce qu’il ne pouvait s’entendre avec son collègue Catulus. Après s’être rendu caution de César pour 20 millions de sesterces, il forma avec lui et Pompée le premier triumvirat en 59. Gouverneur de Syrie, avide de gloire et de richesses, n’écoutant pas les conseils de prudence du tribun Ateius Capiton, il voulut conquérir l’Orient jusqu’à l’Inde. Quelques victoires en Mésopotamie l’encouragèrent à s’aventurer dans la plaine entre l’Euphrate et le Tigre. Cerné par les Parthes, près de Carrhes, il vit périr son fils et 30 000 légionnaires. Le général ennemi le tua lors d’une entrevue en 53 av. J.-C.

Inventeur des sapeurs pompiers à des fins personnelles: Crassus envoyait ses esclaves pompiers  sur les lieux de l’incendie. Là, il offrait au propriétaire affolé d’acheter l’édifice sur le champ pour une fraction de son prix. Si le propriétaire acceptait, les esclaves de Crassus éteignaient le feu. Par contre, si le propriétaire refusait, Crassus laissait brûler l’édifice jusqu’au sol. Crassus parvint ainsi à devenir le plus grand propriétaire de terrains à Rome. Ambitieux politicien , il utilisa une partie de sa richesse pour supporter Jules César contre Cicéron.

 

                                                              

 

 

CRASSUS (PUBLIUS) : fils du triumvir Marcus Licinius Crassus. Il fut l’un des brillants tribuns, puis légat, de Jules César pendant la guerre des Gaules. En lançant sa cavalerie, il permit à César de remporter la bataille de Cernay en Alsace, le 14 septembre 59 av. J.-C., contre les Suèves d’Arioviste. En Aquitaine, Crassus renforce son armée en mobilisant des vétérans résidant à Toulouse et à Narbonne, assiège les Sotiates dans leur capitale et en obtient la reddition. Il défait ensuite les Vocates et les Tarusates, soutenus par un contingent de Cantabres venus d’Espagne, et assure ainsi à Rome la soumission de l’Aquitaine. A la tête de ses mille cavaliers gaulois, il rejoignit son père qui voulait soumettre les Parthes. Il mourut à la bataille de Carrhes entre l’Euphrate et le Tigre en 53 av. J.-C(9 juillet). Sa tête fut plantée sur une pique et promenée devant son père qui mourut le lendemain.

 

CRASTIA : surnom d’Athéna à Sybaris.

 

CRATÆIS : magicienne. Mère de Scylla.

 

CRATÈRE : lieutenant d’Alexandre le Grand qui devint prostate (régent) de l’empire  à la mort du conquérant en 323 av. J.-C. À ce titre, il exerça les fonctions royales en Égypte et sur tout l’empire au nom d’Arrhidée qui était dans l’incapacité de gérer l’État. Il fut chargé de gouverner, avec Antipater, la Macédoine, la Grèce, l’Illyrie. Il contribua à étouffer le soulèvement des Grecs et fut vainqueur à Crannon. qu'Alexandre confie le troisième corps d'armée en 325, lors du retour dramatique de l'expédition, lequel revient par le nord (Afghanistan et est de l'Iran actuel). Il rejoint Alexandre à Harmozia (en face du détroit d'Ormuz) qui lui montre sa faveur en le mariant à une princesse achéménide, Amestris fille d'Oxyartès le frère de Darius III, à Suze. Puis il est chargé avec Polyperchon de ramener les vétérans, dont les Argyraspides, en Macédoine. Il entra dans la coalition contre Perdiccas et fut tué en Cappadoce dans un combat contre Eumène de Cardia en mai 321.

 

CRATÈS  d’Athènes : poète de l’ancienne comédie. Il vécut vers 450 av. J.-C. Il excellait dans les scènes joyeuses. Il mit le premier des ivrognes en scène. Arcésilas de Pitane et Bion de Borysthène furent ses disciples.

 

CRATÈS de Thèbes : philosophe cynique du IVe siècle av. J.-C. disciple de Diogène. Il portait des haillons et se moquait des railleries du peuple. Digne de langage, sévère pour lui-même comme pour les autres, il prêchait l’honnêteté. Il fut le maître de Zénon. On a sous son nom des lettres.

Extrait de Cratès le cynique par Diogène Laërce: Cratès fils d’Ascondos était de Thèbes. Il fut lui aussi un des disciples réputés du philosophe cynique. Hippobote affirme qu’il fut disciple aussi de Bryson d’Achaïe. On lui attribue les vers suivants :

Besace est au milieu d’une fumée couleur de vin,

Une belle et large cité, mais sale et sordide

Où ne vient aborder ni parasite sot,

Ni gourmand attiré par les fesses des prostituées.

Elle est riche en thym, en ail, en figues et en pain,

Nourritures qui ne suscitent aucune guerre entre les hommes,

Et l’on n’y prend point les armes, ni pour l’argent ni pour la gloire.

Il fit encore un éphéméride très connu, qui commence ainsi :

Donne à ton cuisinier dix mines, à ton médecin une drachme,

A ton flatteur cinq talents, à ton conseiller de la fumée,

A ta courtisane un talent, à ton philosophe un triobole.

On l’appelait « crocheteur de serrures », parce qu’il s’introduisait dans chaque maison pour y faire des remontrances. Il a écrit encore ces vers :

J’ai ce que j’ai appris, ce que j’ai gagné par mon esprit,

Et par la pratique des muses, tout le reste est vanité.

Il disait que la philosophie lui avait donné

Une mesure de fèves et l’absence de soucis.

On lui attribue encore ce mot :

La faim tue l’amour, sinon c’est le temps,

S’ils ne suffisent pas, il reste le lacet.

Il avait quarante ans au cours de la cent treizième olympiade. Antisthène (Successions) dit que c’est pour avoir vu dans une tragédie Télèphe portant dans un corbillon une pauvre nourriture qu’il devint adepte de la secte cynique. Il vendit son patrimoine (car il était du nombre des gens riches), réunit ainsi environ deux cents talents et les partagea entre ses concitoyens[2]. Il prit la philosophie si au sérieux que le poète comique Philémon parle de lui en ces termes :

En été, il portait un épais manteau,

Pour ressembler à Cratès, et en hiver des haillons.

Dioclès affirme que c’est Diogène qui lui conseilla de laisser ses terres aux moutons et de jeter à la mer tout l’argent qu’il possédait...Il lui arrivait souvent de donner des coups de bâton à ses parents qui venaient le voir pour essayer de le détourner de sa nouvelle vie, et il restait inébranlable. Démétrios de Magnésie raconte qu’il déposa son argent chez un banquier, à cette condition que si ses fils vivaient comme tout le monde il le leur rendît, mais que s’ils s’adonnaient à la philosophie, il le distribuât au peuple, car s’ils philosophaient, ils n’auraient besoin de rien. Ératosthène raconte qu’ayant eu un fils d’Hipparchia, dont je parlerai, fils nommé Pasiclès, il le mena quand il fut adulte dans la maison d’une prostituée, il lui dit que c’était là le mariage que lui conseillait son père, car, disait-il, l’amour des femmes mariées est tragique, et cause d’exil et de meurtre : l’amour des prostituées est plaisant au contraire, car de la débauche et de l’ivresse, il n’engendre que la folie. Il eut un frère, Pasiclès, qui fut disciple d’Euclide. Phavorinos rapporte un bon mot de lui dans le deuxième livre de ses Commentaires : « Comme il intercédait auprès du maître de gymnastique en faveur de quelqu’un, il lui toucha les fesses, et comme l’autre s’en indignait, il lui répondit : « Eh bien ! est-ce qu’elles ne sont pas à toi aussi bien que tes genoux? » II prétendait impossible de trouver quelqu’un qui fût à l’abri de toute critique, comme dans une grenade il y a toujours quelque pépin pourri. Un jour où il avait mis le joueur de cithare Nicodromos en colère, il reçut de lui un coup de poing sur la figure. Il se mit alors un écriteau sur le visage avec ces mots : « C’est Nicodromos qui m’a fait cela. » Il poursuivait à dessein les prostituées, pour recevoir leurs injures, et s’entraîner à les supporter. Démétrios de Phalère lui ayant envoyé du pain et du vin, il l’injuria en lui disant : « Plût au ciel que les fontaines donnassent aussi du pain !», car il ne buvait que de l’eau. Les agents de la police d’Athènes lui reprochaient de porter un vêtement de toile, il leur répondit : « Je vous montrerai que Théophraste porte le même », et comme ils ne le voulaient point croire, il les conduisit chez le barbier, et leur montra Théophraste (qu’on avait revêtu d’un linge pour le raser). Il fut fouetté à Thèbes par le maître de gymnastique (d’autres disent à Corinthe par Euthycrate), et comme on le traînait par les pieds, il disait sans se donner de souci le vers connu :

Il le prit par le pied, et le traîna hors du sanctuaire.

Dioclès, de son côté, prétend qu’il fut ainsi traîné par Ménédème d’Éretrie pour la raison suivante. Ce Ménédème était très beau et passait pour être le mignon d’Asclépiade de Phlionte. Cratès lui toucha les fesses et lui dit : « Asclépiade est là-dedans. » Ménédème se mit fort en colère, et le traîna par les pieds, sur quoi Cratès aurait dit le vers rapporté plus haut. Zénon de Citium dit dans ses sentences qu’il doubla son manteau d’une peau de mouton sans se soucier de sa laideur. Il était en effet fort laid à voir, et quand il se mettait nu au gymnase, on riait de lui. Il avait coutume de dire en levant les mains : « Courage, Cratès, aie confiance en tes yeux et en tout ton corps, car bientôt tu verras tous ces gens qui se moquent de toi en proie à la maladie, alors ils t’envieront et blâmeront leur paresse. » Il disait qu’il fallait tant faire de philosophie, qu’on voie enfin que les généraux ne sont que des meneurs d’ânes. Il soutenait que les gens qui fréquentent les flatteurs sont aussi seuls et perdus que des agneaux au milieu des loups. Car ils ne sont pas avec des amis ni des compagnons, mais avec des ennemis. Se sentant mourir, il chantait sur lui-même les vers suivants :

Tu t’en vas donc, mon cher bossu,

Tu t’en vas donc vers les enfers tout voûté par la vieillesse !

L’âge l’avait en effet tout courbé. Alexandre lui demanda un jour s’il voulait qu’il relevât sa patrie. « Pour quoi faire ? répondit-il, il y aura bien un second Alexandre pour la détruire ; d’ailleurs mon pays, c’est l’obscurité et la pauvreté, que la fortune ne peut m’enlever, et je suis concitoyen de Diogène, qui est à l’épreuve de toutes les attaques. »

Ménandre le cite lui aussi dans sa pièce des Jumeaux ; il écrit :

Tu te promèneras avec moi, vêtu seulement d’un manteau,

Comme Cratès était accompagné de sa femme,

Lui qui maria sa fille à cette condition

Qu’on la prît d’abord à l’essai trente jours.

CRATÈS de Mallos : critique grec. Il vécut au IIe siècle av. J.-C. Il fonda l’école grammaticale de Pergame. Envoyé en ambassade à Rome en 156, il y donna des leçons publiques de grammaire et de littérature. Il composa un commentaire en neuf livres sur Homère.

 

CRATINOS d’Athènes dit l'ANCIEN : poète de l’ancienne comédie (525-430 av. J.-C.). Il institua le premier à Athènes la comédie politique dont il fit une arme terrible, et poursuivit surtout Périclès de ses invectives. Il fit jouer 24 pièces et remporta 9 victoires aux concours.

Extrait du dictionnaire des auteurs grecs et latins par William Smith:  Cratinos est l'un des poètes comiques athéniens les plus célèbres de la Comédie ancienne par l'élévation et la perfection qu'il atteignit au cours d'une vie qui dura 97 ans. Les dates de sa naissance et de sa mort peuvent être déduites à partir des circonstances suivantes : en l'année 424 av. J.- C, Aristophane représenta ses Cavaliers, pièce dans laquelle il nous montre Cratinos sous l'apparence d'un vieillard chevrotant, errant avec sa couronne défraîchie, et qui semble pour le moins négligé par ses anciens admirateurs au point qu'il s'avère incapable d'apaiser la soif dont il souffre . Cette attaque provoqua la colère de Cratinos qui mit alors toutes les forces qui lui restaient pour écrire une comédie intitulée le Flagon qui fut  jouée l'année suivante, et qui obtint le premier prix, devant le Connos d'Ameipsias et les Nuées d'Aristophane . Aristophane indique dans la Paix, écrite en 419, que Cratinos était mort à cette date . Lucien nous indique que Cratinos aurait vécu 97 ans. Il serait donc né aux alentours de 519 av. J.- C. Si nous devons nous fier aux grammairiens et aux chronographes, Cratinos n'aurait entamé une carrière dramatique qu'à partir d'un âge fort avançé. Selon l'auteur anonyme sur la comédie , il gagna sa première victoire après la  quatre-vingt-cinquième Olympiade, c'est-à-dire, au plus tard en 437, alors qu'il avait déjà plus de 80 ans. Cette date est douteuse à plus d'un titre et elle est probablement erronée.  Ainsi, dans un fragment, on peut lire que Cratinos blâme le retard pris par Périclès pour élever les Longs Murs : or nous savons que ces remparts étaient terminés en 451 av. J.- C. De plus, il apparaît évident que de nombreux autres fragments appartiennent à une période largement antérieure à la quatre-vingt-cinquième Olympiade. On sait que Cratès, le poète comique, joua dans les pièces de Cratinos bien avant de commencer sa carrière d'auteur dramatique ; or Cratès débuta en 449 - 448 av. J.- C. De fait, nous pouvons sans beaucoup d'hésitation préférer la date fournie par Eusèbe  , bien qu'il se soit manifestement trompé en joignant le nom de Platon (le Comique) à celui de Cratinos. D'après ce témoignage, Cratinos aurait commencé à représenter ses pièces en 454 - 453 av. J.- C. durant sa soixante-treizième année.De sa vie, nous ne savons pas grand chose. Le nom de son père était Callimédès, et lui même fut taxiarque . Dans cette source, il est décrit comme un homme d'une poltronerie sans nom. Le peu de considération que témoigne Suidas envers Cratinos n'est guère corroboré par d'autres auteurs et il est certain que si telle avait été la réalité, Aristophane ne serait pas privé de critiquer son confrère. En fait, Suidas a dû mal interprêter un passage d'Aristophane , lequel passage concerne un autre Cratinos, un poète lyrique. L'autre reproche fait par Suidas à Cratinos, c'est celui de l'intempérance, trait de caractère confirmé par de nombreux passages d'Aristophane, mais aussi par la confession de Cratinos lui-même, qui en parle avec un brin d'autodérision dans  son ??t??? (voir sur ce point Meineke. Cratinos représenta vingt et une pièces et obtint neuf victoires . Cratinos était assurément un poète de la Comédie ancienne. Il lui donna son caractère particulier, et, contrairement à Aristophane, il n'assista pas à son déclin irrésistible. Avant lui, les poètes comiques se contentaient du minimum pour exciter le rire des spectateurs : or Cratinos fit de la comédie une arme terrible d'attaque personnelle, hissant le poète comique au niveau de censeur sévère des vices privés et publics. Un auteur antique anonyme dit que Cratinos fit œuvre de salubrité publique en jetant à la vindicte populaire les personnalités les plus contestables . Il n'a jamais égalé Aristophane dans l'art de faire de la satire une jubilation verbale : ses critiques étaient formulées d'une manière un peu plate  . Comme Aristophane le fit pour Sophocle, il n'hésita pas à se lancer dans de vibrants éloges à Cimon . Par contre, Périclès fut l'objet de ses attaques incessantes.

 

CRATINOS le JEUNE:  il fut un comique athénien de la Comédie moyenne, et un contemporain de Platon le philosophe ,  et de Corydos . Il fut actif au milieu du IVe siècle av.J.-C., au moins jusqu'en 324 . Peut-être vécut-il jusqu'au temps de Ptolémée Philadelphe , mais c'est hautement improbable.  Il se peut que que quelques pièces attribuées à Cratinos l'Ancien soient de lui.

 

CRATIPPE : philosophe de Mitylène, qui vécut au Ier siècle av. J.-C. Il était péripatéticien et eut pour élève le fils de Cicéron. L’Aréopage le pria d’ouvrir une école à athènes. César le fit nommer citoyen romain.

Extrait du temps des généraux: Cornélie fit venir de Mitylène ses domestiques et ses effets les plus précieux; les Mityléniens vinrent saluer Pompée et le prièrent d'entrer dans leur ville ; mais il le refusa et leur dit de se soumettre au vainqueur avec confiance : « Car, ajouta-t-il , César est bon et clément. » Se tournant ensuite vers le philosophe Cratippe , qui était descendu de Mitylène pour le voir, il se plaignit de la Providence divine et témoigna quelques doutes sur son existence. Cratippe, en paraissant entrer dans ses raisons , tâchait de le ramener à de meilleures espérances; il craignait sans doute de se rendre importun en le contredisant mal à propos. Car, aux doutes que Pompée élevait sur la Providence, Cratippe pouvait répondre en lui montrant que dans le désordre où la république était tombée, elle avait besoin d'un gouvernement monarchique. Il aurait pu lui dire encore : « Comment et à quelle marque pourrions-nous croire, Pompée, que si la victoire s'était déclarée en votre faveur, vous auriez usé mieux que César de votre fortune ? » Mais laissons là ces questions , comme toutes celles qui regardent les dieux.

Extrait de la Divination par Cicéron: Voyons maintenant ce que dit notre excellent ami Cratippe : «S'il est vrai que de la fonction dévolue aux yeux les yeux seuls peuvent s'acquitter et, d'autre part, qu'ils peuvent quelquefois ne pas remplir leur office, on est en droit de dire qu'avoir fait usage, ne fût-ce qu'une fois, de ses yeux pour voir les choses comme elles sont, c'est avoir montré qu'on possédait le sens de la vue et qu'on pouvait par lui avoir des perceptions vraies. De même si, en l'absence d'une faculté divinatoire, la divination est impossible, quelqu'un qui possède cette faculté peut bien se tromper quelquefois et prendre le faux pour le vrai, mais il suffit, pour qu'on puisse tenir pour établie l'existence d'une faculté divinatoire, qu'une prophétie ait été, ne fût-ce qu'une fois, reconnue véridique dans des conditions permettant d'exclure l'hypothèse d'une coïncidence fortuite. Or il y a d'innombrables exemples de cette sorte, il faut donc admettre la possibilité de la divination.» Démonstration élégante et brève en vérité, mais, comme Cratippe énonce deux propositions arbitraires, si disposés que nous soyons à nous montrer conciliants, nous ne pouvons en aucune façon lui accorder qu'il a établi sa thèse. Si, dit-il, les yeux nous trompent quelquefois, comme il arrive aussi qu'ils voient juste, ils ont la faculté de voir, de même il suffit qu'un devin ait aperçu, ne fût-ce qu'une fois, ce qui serait, pour qu'on doive lui attribuer, même quand il se trompe, une faculté divinatoire.

 

CRATOS : la force. Fils du Titan Pallas. Il trahit les siens pour porter secours à Zeus.

 

CRATYLE : philosophe grec du Ve siècle av. J.-C. Il fit connaître les doctrines d’Héraclite à Platon. Cratyle soutenait, comme Protagoras, qu'il est impossible de tenir un discours faux, car tenir un tel discours c'est dire ce qui n'est pas. Le discours exprime donc selon lui toujours l'être.

 

CRÉATION : voir COSMOGONIES.

 

CREDNÉ CERD : spécialiste de la métallurgie du bronze du temps des Tuatha Dé Danann, Credné fondit des épées, des lances et des haches lors de la préparation de la guerre contre les Fomores.

 

CREMIUM : petit fagot de bois à brûler que les boulangers utilisaient pour chauffer leur four.

 

CRENAEUS : Lapithe tué par Dryas aux noces de Pirithoüs.

 

CRÉNÉES : nymphes qui présidaient aux sources.

 

                                            

 

 

CRÉON : fils de Thoas ou de Sisyphe, ou de Lycæthos, ou de Ménécée. Roi de Corinthe. Il maria sa fille Glaucé ou Créuse à Jason. Il mourut dans l’incendie de son palais.

 

CRÉON : fils de Ménécée, roi de Thèbes. Le sphinx ayant jeté l’épouvante dans la ville, Créon promit le trône et la main de Jocaste à celui qui triompherait du monstre. Œdipe fut le vainqueur. Créon reprit le pouvoir après qu’Œdipe eut perdu la vue, puis une seconde fois après la guerre des sept chefs. Il fit enterrer vive Antigone qui avait enfreint l’ordre de ne pas donner de sépulture aux ennemis, mais fut contraint par Thésée à revenir sur sa décision.

Extrait de l'interrogatoire dans Antigone par Sophocle:

Créon

Toi qui baisses le front, reconnais-tu les faits ?

 

Antigone

Oui, je les reconnais.

 

Créon

Connaissais-tu l’édit Que j’avais promulgué ?

 

Antigone

                                        Oui, c’était l’évidence.

 

Créon

Ainsi, tu as osé enfreindre l’ordonnance.

 

Antigone

Oui, car ce n’est point Zeus qui l’avait proclamé.

La Justice qui siège auprès des Infernaux

N’a jamais rédigé ces lois parmi les hommes.

Je ne croyais pas que l’édit eût permis

De s’en prendre si fort aux lois issues des dieux,

Ces lois non écrites, ces lois inébranlables,

Qui ne datent ni d’hier, ni d’aujourd’hui,

Et dont nul ne sait d’où même elles ont surgi.

Désobéir aux dieux par crainte d’un mortel

Ne m’eût-il pas livré à leur sainte vengeance ?

Que je dusse mourir, j’en avais conscience.

Si je meurs avant le temps qui m’est imparti,

Pour moi, c’est tout profit ! Quand on vit pour souffrir,

Le trépas m’apparaît comme une délivrance.

Par contre, elle eût été une affreuse torture

Si j’avais dû laisser un corps sans sépulture,

Oui, le corps de celui que ma mère mit au monde.

Ah ! tu dois penser que ma folie est profonde.

Mais sur la folie, tu n’as rien à m’envier.

 

Le Coryphée

Je reconnais en toi le caractère entier

De ton père et sa force intraitable ! Ah ! jamais

Vous ne voulez céder à la fatalité.

 

Créon

Sache cependant que de telles volontés

Sont celles qui rompent malgré leur âpreté,

Comme le fer massif qu’on jette dans le feu

Et qui, en durcissant, finit par éclater.

Un simple bout de frein peut de même calmer

Le cheval emporté. Non, l’orgueil est folie

Pour qui dépend d’autrui. Cette fille savait,

Ô suprême insolence, qu’elle enfreignait la loi.

Son forfait accompli, voyez son impudence :

Elle se glorifie et ricane à la fois.

À l’entendre parler, de nous deux l’homme

Ce serait elle si, en toute impunité,

Je la laissais croire en son triomphe absolu.

Non ! Bien qu’elle fût ma nièce, plus proche encore

Que tous ceux de mon sang, ni elle, ni sa sœur

N’éviteront la mort. Oui, celle-là aussi,

Je l’accuse d’avoir comploté avec toi

Cette inhumation : qu’elle vienne en ces lieux !

Je l’ai vue tout à l’heure, elle semblait hagarde,

L’œil sans expression. C’est toujours comme ça !

Ceux qui sont dans l'ombre fomentent des complots,

Et se dénoncent par leur agitation.

Mais je déteste aussi cette autre vision :

Celle du criminel surpris en plein forfait,

Et qui ose en tirer une gloire sans nom.

 

Antigone

Je suis entre tes mains, que te faut-il encore ?

Plus que ma  mort ?

 

Créon

                                Oui, rien de plus, ton châtiment.

 

Antigone

Alors, pourquoi tarder ? Tes propos m’exaspèrent,

Et mon seul désir, c'est qu'aucun d'eux ne me plaise.

De même, tout en moi semble te révulser.

Ne vais-je pas gagner la gloire la plus digne

En donnant à mon frère une humble sépulture ?

Et tous ceux qui sont là approuveraient mon acte,

Si la crainte ne les réduisait au silence.

Car la tyrannie possède cet avantage,

Et elle en a beaucoup, c’est de faire et de dire

N'importe quoi...

 

Créon

                             Toi seule a de telles pensées.

 

Antigone

Ils pensent comme moi mais ils n’en disent rien.

 

Créon

Ne rougis-tu pas de t’écarter du commun.

 

Antigone

Non, je ne rougis pas de célébrer mon frère.

 

Créon

Or son adversaire n’était-il pas son frère ?

 

Antigone

Bien sûr, par mes parents il était bien mon frère.

 

Créon

C’était l’outrager que d’honorer l’autre aussi ?

 

Antigone

Il n’a plus ces pensées maintenant qu’il est mort.

 

Créon

C’est le mettre pourtant sur le rang d’un impie.

 

Antigone

Cet homme était son frère et non pas un esclave.

 

Créon

L’un tuait la cité, l’autre la défendait.

 

Antigone

Hadès veut simplement voir accomplir ces rites.

 

Créon

Tu mettrais le bon au même rang qu’un méchant ?

Non, ce n’est pas cela que notre homme mérite.

 

Antigone

Chez les morts, ces idées ont-elles toujours cours ?

 

Créon

L’ennemi même mort reste un vil compagnon.

 

Antigone

Je ne partage pas la haine, mais l’amour.

 

                                  

                                                                            Créon amène ses filles à Oedipe

 

 

CRÉON : roi de Thèbes. Père de Mégare, femme d’Héraclès. Lycos le tua.

 

CRÉON : fils d’Héraclès et de la thespiade Eumidé.

 

CRÉONTIADÈS : fils d’Héraclès et de Mégare, fille de Créon.

 

CREPIDA : sandale souple d’origine grecque, munie d’une semelle épaisse, dont la pièce de cuir montante était percée d’œilletons dans lesquels passait la lanière d’attache.

 

                                                                  

 

 

CREPITACULUM : petit hochet cerclé de grelots que les parents offraient à leur enfant.

 

                                                                         

 

 

CREPITUS : claquement des doigts pour appeler les esclaves.

 

CREPUNDIA :

1.     Ensemble de jouets de petites tailles pour les enfants.

2.     Amulette ou médaille que les Romains et les Grecs attachaient au cou des enfants.

 

                 

 

 

CRÈS : fils de Zeus et d’une nymphe idéenne. Père de Talos. Il donna son nom à l’île de Crète.

 

CRÉSIOS : Crétois. Surnom sous lequel Dionysos avait à Argos un temple dans lequel on montrait le tombeau d’Ariadne.

 

                              

 

 

CRESPHONTE : Héraclide. Fils d’Aristomaque. Époux de Mérope. Père d’Æpytos. Roi de Sténycléros en Messénie. Il périt dans une émeute.

 

CRÉSUS : habitant d’Ionie. Il bâtit avec Éphésos le temple d’Artémis à Éphèse.

 

CRÉSUS : roi de Lydie, de la famille des Mermnades. Il naquit vers 591 av. J.-C. Succédant à son père Alyatte, il soumit Éphèse, plusieurs colonies grecques, l’Asie Mineure jusqu’à l’Halys et fut considéré comme le roi le plus riche de son temps. Attaqué par Cyrus, il fut vaincu à la bataille de Thymbrée (548), assiégé et pris dans Sardes, sauvé par son fils jusqu’alors muet, qui cria son nom comme un soldat allait le frapper, épargné et admis par Cyrus au nombre de ses conseillers. Il suivit Cambyse en Égypte.

 

                                  

                          Frans Francken le Jeune : "Crésus montrant ses trésors à Solon" (1620 - 1630) peinture sur bois.

 

                                                               

                                                                         Hecté en or du temps de Crésus

 

 

CRÈTE : la Crète commerça avec l’Égypte dès 2550 av. J.-C. Ainsi en témoignent les vases crétois découverts dans la tombe du roi Ouserkaf, premier roi de la Ve dynastie. Les échanges s’amplifièrent à partir de la XIIe dynastie, vers 1900 av. J.-C. Dès lors les Crétois, appelés « Keftious », devinrent les partenaires privilégiés de l’Égypte et, sous la XVIIIe dynastie, certains d’entre eux s’installèrent sur les rives du Nil comme potiers.

 

                                                 

 

                                

 

                                   

                                                                             Knossos reconstitution

 

 

CRÉTÉ : fille d’Astérion. Épouse de Minos. Mère de Pasiphaé.

 

CRÉTÉ : fille de Deucalion et sœur d’Idoménée.

 

CRÉTÉ : nymphe qui donna son nom à l’île de Crète.

 

CRÉTÉE : fils de Minos et de Pasiphaé ou de Crété. Père d’Aéropé, de Clymène, d’Apémosyné et d’Althémène.

 

CRÉTHÉE : fils d’Éole et d’Énarété. Époux de Tyro et père d’Éson, de Phérès, d’Amythaon, d’Hippolyte et de Talaiis.

 

CRÉTHON : fils de Dioclès. Il fut tué avec son frère Orsiloque par Énée devant Troie.

 

CRÉUSE : fille d’Océan et de Gaïa. Naïade. Mère d’Hypsée, roi des Lapithes, et de Stilbé, qu’elle eut de Pénée.

 

CRÉUSE : fille d’Érechthée et de Praxithée. Épouse de Xouthos. Mère d’Achæos et d’Ion. Créuse était la sœur de Procris et d'Orithyie, et elle aussi connut l'infortune. Un jour, alors qu'elle cueillait des crocus sur une falaise de l'Acropole creusée d'une grotte, un jeune homme divinement beau l'enleva et l'emmena dans la caverne. Cet homme qui lui donna un enfant, était Apollon, et, lorsque vint le moment de le mettre au monde, elle se rendit seule dans la grotte et y abandonna l'enfant. Elle revint quelque temps après, mais l'enfant avait disparu sans laisser de traces. Elle se maria alors avec un étranger, nommé Xouthos, qui désirait passionnément avoir un fils. Mais ils n'eurent pas d'enfant. Ils se rendirent alors à Delphes pour demander au dieu s'ils pouvaient encore espérer un enfant. Ayant laissé son mari en compagnie des prêtres, Créuse monta au sanctuaire où elle rencontra un bel adolescent. Aprés quelques paroles échangées, elle apprit qu'il s'appelait Ion et qu'il avait été abandonné puis recueilli par la Pythonisse, la prêtresse d'Apollon. Créuse raconta son histoire en cachant, naturellement, que c'était la sienne. Ion, choqué par les propos tenus par la jeune femme, fut alors enlacé par Xouthos qui venait d'apprendre par l'oracle que Ion était son fils. Apparue, à son tour, la vieille prêtresse qui tenait dans ses mains deux objets : un voile et un manteau de jeune femme, avertit Xouthos que le prêtre voulait lui parler. Xouthos partit, Créuse reconnut ses propres vêtements et les montra à Ion qui comprit alors qu'il venait de retrouver sa mère. La mère et le fils se regardèrent, Ion avec une joie parfaite, Créuse avec un extrême étonnement.

 

CRÉUSE : fille de Priam et d’Hécube. Épouse d’Énée. Mère d’Ascagne ou Iule. Elle suivit son époux après la chute de Troie, mais elle disparut. Énée, qui la rechercha, rencontra son ombre qui, lui prédisant son avenir, lui dit qu’elle était retenue par la Grande mère des dieux.

 

                                             

                                                          La mort de Créuse d'après Jean François de TROY

                                                              

                                               Enée retrouve l'ombre de Créuse par le Maître de l'Enéide(émail 1530)

                                                          
CRÉUSE : fille de Créon ou de Glaucos, roi de Corinthe. Fiancée à Jason, elle subit la vengeance de Médée qui lui envoya, comme cadeau de noces, une cassette d’où sortit un feu qui embrasa le palais. Créuse se précipita dans une fontaine et périt sans pouvoir éteindre le feu qui la dévorait.

 

CREUX BEURNICHOT : cavité située sur la commune de Chenôve en Côte d’Or où ont été retrouvés 12 squelettes, des céramiques et 30 statères d’or. On suppose qu’il s’agit d’un massacre rituel celte.

 

CRI : c’était par des messages criés que l’alerte était donnée à travers toute la Gaule. Le cri fut l’un des fléaux de l’île de Bretagne. Ce cri qui naissait au cœur de la nuit chaque 1er mai tuait les enfants dans le ventre des mères, rendait fous les adolescents et affaiblissait les guerriers.

 

CRIASOS : fils d’Argos et d’Évadné. Roi du Péloponnèse.

 

CRIBLUM ou CRIBUM : crible ou tamis. Ils étaient faits de parchemins percés de trous, de crins de cheval (origine gauloise), de toile (origine espagnole), de papyrus ou de joncs entrelacés (origine égyptienne). Les Romains employaient deux types de tamis pour leur farine. Le cribum excussoria pour le tamisage ordinaire et le cribum pollinaria pour obtenir la fleur de farine.

 

CRIDEN BEL : Cœur-Bouche. Poète druide des Tuatha Dé Danann. Il dérobait régulièrement le tiers de la nourriture destinée au dieu Dagda. Pour mettre fin à ces vols, le dieu cacha trois pièces d’or dans ses aliments et le druide s’étouffa.

 

CRIMISOS : dieu-fleuve. Sous la forme d’un ours ou d’un chien, il fit un enfant à Égeste : Aceste ou Égestos.

 

CRINACOS : fils de Zeus et père de Macarée. Il fut le premier à prendre possession de l’île de Lesbos.

 

CRINALE : large peigne qui servait à maintenir les cheveux au-dessus de la nuque.

 

                                          

 

 

CRINO : épouse de Danaüs.

 

CRINO : fille d’Anténor. Elle était représentée sur le tableau des Troyennes captives, à Delphes.

 

CRIONTIOS : père de Lycomède. Roi de Scyros.

 

CRIOPHOROS : le porteur de bélier. Surnom sous lequel Hermès avait un temple à Tanagra, ville qu’il avait délivrée de la peste en portant un bélier sur ses épaules autour de son enceinte.

 

                                                             

 

 

CRIOS : un des Titans. Fils d’Ouranos et de Gaïa. Époux d’Eurybie. Père de Pallas et de Persée.

 

CRISIA : fille d’océan et de Téthys.

 

CRISOS : fils de Phocos. Époux d’Antiphatée et père de Strophios. Il fonda la ville de Crisa.

 

CRISTA : aigrette fixée à un cimier de casque militaire.

 

                                                            

 

 

CRISTATUS : casque qui était surmonté d’une aigrette.

 

CRITIAS : disciple de Socrate, ami d’Alcibiade, il naquit vers 450 av. J.-C. Professant l’athéisme, il fut chassé d’Athènes et vécut en Thessalie. Quand Lysandre prit la ville (404), il rentra à Athènes et devint l’un des trente tyrans. De tous, il fut le plus rapace et le plus cruel. Il fit mourir son collègue Théramène et fut tué en voulant reprendre le Pirée à Thrasybule. Il avait composé des élégies et des traités sur les mœurs et les institutions grecques.

 

CRITOBULÉ : maîtresse d’Arès. Mère de Pangée.

 

CRITOGNATOS : chef gaulois ou druide de haut rang dans l’armée de Vercingétorix. Il fit preuve d’un grand fanatisme lors d’un discours qu’il prononça à Alésia contre la capitulation en 52 av. J.-C.

Extrait des commentaires sur la guerre des Gaules par Jules César(livre VII): « Cependant les Gaulois assiégés dans Alésia, voyant que le jour où ils attendaient du secours était expiré, et que tout leur blé était consommé, ignorant d'ailleurs ce qui se passait citez les Héduens, s'étaient assemblés en conseil et délibéraient sur le parti qu'ils avaient à prendre. C'était [Critognatos] un Arverne d'une naissance élevée et qui jouissait d'une haute considération. « Je ne parlerai pas, dit-il, de l'avis de ceux qui appellent du nom de capitulation le plus honteux esclavage ; et je pense qu'on ne doit, ni les compter au nombre des citoyens, ni les admettre dans cette assemblée. Je ne m'adresse qu'à ceux qui proposent une sortie, et dont l'opinion, comme vous le reconnaissez tous, témoigne qu'ils se souviennent encore de notre antique valeur. [...] Lorsque quatre-vingt mille hommes auront péri dans cette tentative, quel courage pensez-vous que conservent nos parents et nos proches, s'ils ne peuvent, pour ainsi dire, combattre que sur nos cadavres ? [...] Quel est donc mon avis ? De faire ce que firent nos ancêtres dans leurs guerres, bien moins funestes, contre les Cimbres et les Teutons. Forcés, comme nous, de se renfermer dans leurs villes, en proie à la disette, ils soutinrent leur vie en se nourrissant de la chair de ceux que leur âge rendait inutiles à la guerre ; et ils ne se rendirent point. [...] Mais que demandent les Romains ? Que veulent-ils ? L'envie les amène contre tous ceux dont la renommée leur a fait connaître la gloire et la puissance dans la guerre ; ils veulent s'établir sur leur territoire, dans leurs villes, et leur imposer le joug d'une éternelle servitude. Car ils n'ont jamais fait la guerre dans d'autres vues. Que si vous ignorez comment ils se conduisent chez les nations éloignées, voyez cette partie de la Gaule qui vous touche ; réduite en province, privée de ses droits et de ses lois, soumise aux haches romaines, elle gémit sous le poids d'un esclavage qui ne doit pas finir. »

« Les avis ayant été recueillis, il fut arrêté que ceux qui, à raison de leur santé ou de leur âge, ne pouvaient rendre de service à la guerre, sortiraient de la place, et qu'on tenterait tout avant d'en venir au parti proposé par Critognatos. On décida toutefois que, si l'on y était contraint et si les secours se faisaient trop attendre, on le suivrait plutôt que de se rendre ou de subir la loi des Romains. Les Mandubiens, qui les avaient reçus dans leur ville, sont forcés d'en sortir avec leurs enfants et leurs femmes. Ils s'approchent des retranchements des Romains, et, fondant en larmes, ils demandent, ils implorent l'esclavage et du pain. Mais César plaça des gardes sur le rempart, et défendit qu'on les reçût. »

 

CRITOLAIIS : fils d’Hicétaon. Époux d’Aristomaque.

 

CRITOLAIIS : philosophe, né en Lycie. Il succéda à Ariston de Céos à la tête de l’école péripatéticienne d’Athènes. Il fut envoyé en ambassade à Rome avec Carnéade et Diogène et y donna des leçons. Caton demanda au sénat de les renvoyer au plus vite en Grèce (154 av. J.-C.)

 

CRITOLAÜS : dernier stratège de la ligue Achéenne, successeur de Diæus(147 av. J.-C.). Il mena les Grecs contre les Romains, marcha sur les Thermopyles au printemps de 146 pour punir Héraclée et soulever le reste de la Grèce. Repoussé par Métellus et battu à Scarphée, Locride, il mourut dans la mêlée.

Extrait de l'histoire générale de Polybe: Voici donc comment s'acheva la ruine de l'Achaïe. Tandis que Sextus se rendait à Tégée et convoquait les Lacédémoniens pour qu'ils réglassent d'un commun accord avec les Achéens les réparations dues pour leurs anciennes injures réciproques, et qu'ils suspendissent les hostilités jusqu'à ce que Rome eût envoyé des commissaires chargés de tout arranger, les partisans de Critolaüs se réunirent et décidèrent que lui seul se rendrait à Tégée, et que les autres s'abstiendraient d'y paraître. Critolaüs arriva à Tégée que déjà Sextus désespérait de le voir; et dans l'entrevue qui eut lieu avec les Lacédémoniens, il ne consentit à aucune proposition, répétant qu'il n'avait pas le pouvoir de traiter sans l'agrément du peuple, et qu'il soumettrait ces questions à la prochaine assemblée, qui devait se tenir dans six mois. Sur cette réponse, Sextus qui voyait clairement le mauvais vouloir de Critolaüs, et qu'irritaient ces difficultés, renvoya les Lacédémoniens chez eux et retourna en Italie, convaincu de la folie et de la perversité du traitre. Dès que Sextus fut parti, Critolaüs se mit à parcourir les villes pendant l'hiver, en réunissant partout des assemblées, sous le prétexte qu'il désirait leur exposer ce qu'il avait dit aux Lacédémoniens et aux Romains à Tégée, mais en réalité afin d'accuser Rome, et de leur traduire d'une manière défavorable le langage de Sextus. Il éveillait ainsi dans le peuple la haine et la colère. Il donna en même temps ordre aux gouverneurs de ne point sévir contre les débiteurs, de ne pas recevoir ceux qu'on amènerait pour dettes en prison, de différer le payement des dettes jusqu'à la fin de la guerre. Grâce à ces mesures populaires, tout ce que disait Critolaüs fut regardé comme exact. Le peuple se montra disposé à faire ce qu'il voulait; incapable de prévoir l'avenir, il se laissait prendre à l'amorce de cette générosité et du bonheur actuel qu'elle lui procurait. IV. Quintus Cécilius, alors en Macédoine, informé de ces menées et des troubles qui bouleversaient le Péloponnèse, envoya comme députés Cn. Papirius, Aulus Gabinius et C. Fannius. Ils arrivèrent précisément à l'époque où les Achéens étaient réunis à Corinthe, et introduits dans l'assemblée, ils tinrent un langage modéré comme avait fait Sextus. Ils mirent tous leurs soins à les empêcher d'en venir à une rupture ouverte avec Rome, soit au sujet des Lacédémoniens, soit par leurs dispositions hostiles à l'égard des Romains eux-mêmes. Mais à ces mots le peuple ne sut plus se contenir ; il fit entendre des murmures, et au milieu de cris tumultueux chassa les députés. L'assemblée était ce jour-là composée d'un plus grand nombre d'artisans et d'ouvriers de bas étage que de coutume; et d'ailleurs, si toutes les villes étaient en proie à de fanatiques fureurs, Corinthe l'était plus qu'aucune autre, sans distinction de classes. Quelques hommes seulement osèrent approuver les discours des députés ; mais Critolaüs qui, comme à souhait, avait rencontré l'occasion favorable, et qui voyait la multitude hors d'elle-même partager son délire, s'éleva hautement contre les magistrats, poursuivit de ses sarcasmes ses ennemis politiques, et insulta sans pudeur les députés de Rome. Il dit qu'il voulait bien être l'ami des Romains, mais non pas leur esclave. Puis, donnant un libre cours à sa colère, il s'écria que si les Achéens se montraient braves, ils ne manqueraient pas d'alliés, ni de maîtres, s'ils étaient lâches. Voilà par quels discours, débités avec la hardiesse et l'art d'un charlatan, il excita, souleva les masses; il fit même entendre qu'il ne donnait pas de tels conseils sans avoir pris les mesures nécessaires, et que quelques rois et certaines républiques seconderaient ses efforts.

 

CRITOMÉDIE : Danaïde. Femme d’Antipaphos.

 

CRITON : philosophe athénien. Disciple et ami de Socrate, il lui offrit vainement les moyens de s’évader après sa condamnation et lui ferma les yeux après sa mort. Il écrivit dix-sept dialogues.

 

CRIXUS : esclave gaulois, lieutenant de Spartacus. Il se sépara de lui pour piller et se venger, mais fut vaincu et tué près du mont Garganus par le consul Gellius. Spartacus lui fit faire de magnifiques funérailles.

Extrait de la guerre de Spartacus (73-72 avant J.C):  Les instigateurs de l'évasion étaient Spartacus, un Thrace de naissance libre qui avait servi comme auxiliaire dans l'armée romaine, avait déserté et, repris, avait été réduit en esclavage, Crixus et Oenomaüs, des Gaulois, eux aussi , croit-on, esclaves de fraîche date. Les évadés se réfugièrent sur les pentes du Vésuve. Le pouvoir ne prit l'affaire au sérieux à Capoue et à Rome, où les esprits étaient préoccupés par les événements d'Espagne et d'Orient, que lorsque des milliers d'esclaves eurent rejoint les évadés. Comme d'habitude dans ce genre de situation, le Sénat se contenta d'envoyer des cohortes d'auxiliaires dont elle confia le commandement au préteur Claudius Glaber. Celui-ci bloqua les révoltés : il savait qu'ils étaient mal armés et dépourvus de vivres ; il suffisait donc d'attendre que la faim les réduisît à se rendre. C'était sans compter sur la forte personnalité de Spartacus, qui n'était pas seulement doué d'une force herculéenne mais aussi d'une intelligence très pragmatique : il comprit qu'il ne pouvait affronter en bataille rangée même les troupes médiocres du préteur. Les assiégés remarquèrent que les Romains ne gardaient pas la position du côté d'un à-pic qu'ils jugeaient impraticable. C'est de ce côté que Spartacus fit descendre ses hommes, de nuit, à l'aide d'une échelle fabriquée avec des sarments de vigne, contourna les positions romaines et, profitant de l'effet de surprise, les mit en déroute.Après ce succès, Spartacus, qui vit ses effectifs augmenter, organisa des raids pour assurer la subsistance de ses hommes et pour s'emparer des armes nécessaires pour combattre les troupes que ne manquerait pas d'envoyer Rome. Il s'empara en même temps d'un butin qui allait lui servir ultérieurement de monnaie d'échange pour satisfaire les besoins d'une véritable armée. De fait les préteurs envoyés pour mettre fin à cette rébellion qui menaçait les riches propriétés des grands propriétaires terriens -des sénateurs- furent successivement tous battus. Ce n'était plus une simple révolte à laquelle Rome devait faire face mais une guerre qu'il fallait soutenir. Les insurgés divisèrent leurs forces en deux (Oenomaüs avait été tué) : Crixus, avec vingt mille ou trente mille hommes, gagna la Lucanie tandis que Spartacus, avec des forces plus importantes encore se dirigea vers le Nord pour gagner la plaine du Pô après avoir traversé le Picenum. Les historiens modernes s'interrogent sur les raisons de ce partage. S'agit-il d'un différend entre les chefs, Crixus et ceux qui le suivaient jugeant suffisant de vivre sur le pays en le pillant, Spartacus nourrissant des projets plus ambitieux ? Les avis divergent . Il se peut que Spartacus ait pensé reconduire ses hommes dans leurs pays puis qu'il renonça à ce projet pour engager une action beaucoup plus hardie et dangereuse pour Rome, soulever partout sur son passage les masses serviles et ranimer les sentiments d'hostilité des peuples d'Italie encore sous le coup de la guerre sociale, appelée aussi guerre des alliés , qui avait duré deux ans de 90 à 88. Dans ce cas les deux chefs se seraient partagé la tâche. Le Sénat, alarmé, chargea les consuls Gellius et Lentulus de la guerre avec deux légions chacun. Gellius, au Sud, vainquit Crixus et anéantit les deux tiers de son armée, Lentulus devait arrêter Spartacus dans sa progression. Après la défaite de Crixus, Spartacus vainquit d'abord Lentulus puis il se retourna contre Gellius, dont il dispersa l'armée. Puis il honora les mânes de Crixus par des jeux funèbres au cours desquels, suprême humiliation pour Rome, il contraignit trois cents soldats romains prisonniers à se battre et à se tuer entre eux. Il paracheva ses succès en mettant en déroute le gouverneur de la Gaule cisalpine Caius Cassius. Rome pouvait tout craindre, comme au temps d'Hannibal. Mais Spartacus, dont les forces, pourtant, avaient grossi -il aurait disposé de cent vingt mille hommes- renonça, on ne sait pourquoi. Ce qui est sûr, c'est que malgré les apparences, sa situation n'était pas aussi favorable qu'on pourrait le penser. Le soutien de l'armée de Crixus lui faisait désormais défaut, les peuples italiens ne bougèrent pas, ayant obtenu ce qu'ils désiraient, le droit de cité, et méprisant les esclaves, le long de l'Adriatique il traversait des régions où les lois agraires des Gracques avaient permis le développement de propriétés de dimensions modestes où travaillaient des esclaves mieux intégrés, non pas des masses serviles comme en Campanie ou en Sicile, promptes à la sédition. Nulle part Spartacus ne put trouver un lieu où s'installer de façon durable, jamais il ne put réunir des forces comparables à ses prédécesseurs siciliens . Pour marcher sur Rome avec une chance de victoire décisive, il lui eût fallu disposer de troupes mieux armées et mieux entraînées. Il renonça ou remit à plus tard. Dans sa marche vers le Sud, il triompha encore une fois des deux armées réunies des consuls dans le Picenum, ce qui mit fin à la campagne de 72, et il rassembla ses forces dans le Bruttium, en instituant la ville de Thurii sa capitale. La carte dit assez qu'il s'était enfermé comme dans une sorte de nasse.

 

CROBYLE : façon d’arranger les cheveux à Athènes. Elle consistait à relever tous les cheveux au sommet de la tête pour les attacher en nœud ou les plaquer sous un bandeau.

 

CROCALÉ : fille d’Isménos. Nymphe d’Artémis.

 

CROCÉATAS : surnom de Zeus dans la ville de Crocée en Laconie.

 

CROCODILE : animal sacré à Crocodilopolis, il était associé au dieu Sobek. Les Égyptiens le croyaient allié de Seth, car nombreux furent les imprudents qui périrent dévorés sur les bords du Nil. En fait, le crocodile se nourrissait presque essentiellement de poissons. Adoré aussi à Kôm Ombon il était détesté à Éléphantine.

 

                            

                                                Crocodiles du Nil

 

CROCODILOPOLIS : ville du Fayoum, capitale du XXIe nome de Haute-Égypte. On y adorait le dieu Sobek. Son représentant, le crocodile apprivoisé par les prêtres, portait des boucles d’oreilles en or, des bracelets aux pattes, des pierres précieuses. À sa mort, comme tous les animaux sacrés, on le préparait pour l’autre monde en l’embaumant avant de le déposer dans un cercueil. Fondée sur l’ancienne ville Shédit, Crocodilopolis prit le nom d’Arsinoé sous les Ptolémées.

 

     

 

 

CROCOS : amant de Smilax. Les dieux, ou Hermès qui l’avait tué en jouant au disque, le métamorphosèrent en pied de safran.

 

CROCOTA : robe de couleur safran portée par les riches femmes grecques aux fêtes dionysiaques, adoptée par les Romaines et les prêtres de Cybèle.

Extrait de la réponses des Haruspices par Cicéron: Ils eurent tous, je ne dirai pas un juste motif, car il n'en est pas qui nous donne le droit de nuire à la patrie : mais enfin ils eurent un motif puissant; ils furent animés par ce désir de la vengeance qui caractérise une âme forte et courageuse. Mais Clodius, comment est-il devenu tout à coup partisan du peuple? Une robe de couleur de safran(crocota dans le texte en latin), une coiffure, une chaussure de femme, des rubans de pourpre, une harpe, l'infamie, l'inceste, voilà les causes de ce changement. Si les femmes ne l'avaient pas surpris dans ce déguisement honteux, si la bonté des servantes n'avait pas facilité son évasion d'un lieu où il n'avait pas droit d'entrer, le peuple romain n'aurait pas cet homme populaire, la république serait privée d'un tel citoyen. C'est pour cet excès d'extravagance que, dans ces discordes sur lesquelles les dieux daignent nous donner leurs avertissements, il a été choisi parmi les patriciens, quoiqu'il lui fût moins permis qu'à tout autre de devenir tribun.

 

CRŒSMOS : nom d’un Troyen tué par Mégès.

 

CROIX (CRUX) : la croix était érigée pour la peine capitale. Le condamné y était attaché ou fixé avec des clous, puis abandonné jusqu’à sa mort.

 

                                               

                                                                       La crucifixion par Grunewald (1515)                               1511515, Crucifixion, by Grunewald 5, Crucifixion, by Grunewald  1515, Crucifixion, by Grunewald  

 

CROM CRUAICH : la Courbe du Tertre. Statue de pierre située dans la plaine des Lamentations au centre de l’Irlande. Honorée par les druides tout au long de l’histoire celte, elle aurait été détruite par saint Patrick au Ve siècle av. J.-C.

 

CROM DARAIL et CROM DÉROIL : ces deux druides moururent lors du siège de Tara. Le premier tomba accidentellement à l’extérieur des remparts et le second bascula à l’intérieur après avoir jeté le mauvais œil sur les Ulates qui cernaient la ville.

 

CROMOS : fils de Poséidon. Il donna son nom à la ville de Cromyon près de Corinthe.

 

CROMOS : un des fils de Lycaon. Il donna son nom à la ville de Cromyon, en Arcadie.

 

CRONIOS : fils de Zeus et de la nymphe Himalie.

 

CRONIOS : un des prétendants d’Hippodamie. Œnomaüs le tua.

 

CRONOS (SATURNE) : fils d’Ouranos et de Gaïa. Frère des Titans. Après avoir émasculé son père au moyen d’une faucille de diamant qu’il avait reçue de sa mère, il le détrôna avec l’aide de ses frères et régna sur l’Olympe. Les Cyclopes et les Hécatonchires ayant été tirés du Tartare par les vainqueurs, Cronos les y replongea. Il épousa ensuite sa sœur Rhéa, mais comme Ouranos et Gaïa lui avaient prédit qu’il serait détrôné par l’un de ses enfants, il les avalait dès leur naissance et fit ainsi disparaître Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon. Zeus fut soustrait à sa voracité par Rhéa. La déesse fit appel à Métis, fille d’Océan, qui fit prendre à Cronos un émétique violent. Le dieu rendit les enfants qu’il avait avalés et Zeus les commanda pour faire la guerre aux Titans qui combattaient des hauteurs de l’Othrys. Il semble qu’à l’origine, les Crétois lui sacrifiaient des enfants. Le culte du dieu exclu de l’Olympe ne jouit jamais d’une grande popularité en Grèce. À Athènes, il avait un temple près de l’Acropole.

 

                                                       

                                                             Saturne dévorant l'un de ses enfants par Goya

 

 

CROTALES (CROTALUM) : instrument de musique dans le culte de Cybèle. Il était fait de deux pièces de bois articulées que les adeptes faisaient claquer avec leurs doigts en produisant un bruit semblable à celui des castagnettes espagnoles.

 

                                            

                                             Danseur aux crotales

 

CROTALIA : boucles d’oreilles fantaisie en pendentif, avec deux perles en forme de poire. Elles produisaient un bruit à chaque mouvement de tête.

 

CROTALISTRIA : femme qui jouait des crotales.

 

CROTON : ancien héros italiote qu’Hercule tua par accident. Il donna son nom à l’actuelle ville de Crotone.

 

CROTOPOS : fils d’Agénor, roi d’Argos. Père de Psamathe.

 

CROTOS : fils de Pan et d’Euphémé, nourrice des Muses avec lesquelles il fut élevé. Fameux chasseur, il inventa l’art de battre la mesure et l’enseigna aux Muses. Zeus le plaça parmi les constellations sous le nom du Sagittaire.

 

CRUACHAM : capitale celte du roi Ailill et de la reine Medb, aujourd’hui Croghan dans le comté de Roscommon.

 

CRUC GALARUS : le Tertre Douloureux. Lieu sous lequel vivait un serpent monstrueux qui gardait la pierre magique en présence de laquelle on pouvait réaliser tous ses vœux de richesse. Ce serpent fut tué par Perceval (Pérédur).

 

CRUCIARIUS : condamné exécuté au supplice de la croix.

 

CRUMENA : bourse de cuir qui était portée pendue au cou.

 

CRUNNIUC : veuf misérable qui se lia d’amour avec la déesse Macha. Devenu riche et reconnu de tous, il proclama que sa femme courait plus vite que les chevaux du roi, la forçant à courir alors qu’elle était enceinte. Cet effort fit accoucher Macha dans la douleur de deux jumeaux. Elle se vengea en jetant un sort sur l’humanité qui dut souffrir les douleurs de l’enfantement durant quatre jours et cinq mois.

 

CRUSTAE : figures en bas-relief appliquées sur la vaisselle.  Forme de mosaïque.

 

                                     

 

 

CRUSTARIUS : artiste spécialisé dans le dessin des crustae pour la vaisselle d’or et d’argent. Ces artistes travaillaient directement pour les boutiques (crustariae tabernae) vendant les produits de luxe.

 

CRUSTULUM : tartelette qu’on offrait aux enfants.

 

CRYPTA :

1.     Sorte de cloître formé de galeries couvertes dans lesquelles on entreposait les produits de la ferme pour les préserver des intempéries.

2.     Qu’elle soit grecque ou romaine, l’ancienne crypta (crypte) était avant tout un lieu de repos et un refuge contre la chaleur. Les prétoriens de Rome possédaient une crypte affectée à leur camp. L’empereur Adrien la fit démolir. La gravure ci-jointe, avec celle qui suit, donnera une idée exacte de la nature de l'ancienne crypta. Elle représente le plan d'un édifice public construit par la prêtresse Eumachia à Pompéi, et consistant en une crypta, un porticus et un chalcidicum.

 

                                                                                          

 

 

CRYPTE : elles apparurent tardivement dans les temples. On y conservait les statues sacrées et les objets précieux du culte.

 

                       

            Crypte romaine de l'église St Pierre-le-Jeune à Strasbourg                               Crypte de Saint-Denis

 

CRYTIDAS : chef sicilien tué par Héraclès.

 

CTÉATOS : frère d’Eurytos. Fils d’Actor ou de poséidon et de Molioné.

 

CTÉSIA : qui procure le gain. Surnom d’Aphrodite, déesse des hétaïres.

 

CTÉSIAS : médecin et historien grec, né à Cnide. Il vécut au Ve siècle av. J.-C. Médecin d’Artaxerxès II, il put consulter les archives de la Perse et écrivit une Histoire de la Perse en vingt-trois livres.

Extrait de l'histoire de l'Inde par Ctésias: Le fleuve Indus coule entre des montagnes et traverse des plaines. Le roseau que l'on appelle roseau indien croît dans ces montagnes. Il est si gros que deux hommes auraient de la peine à l'embrasser entre leurs bras; il est aussi haut que le mât  d'un grand navire. Il y en a de plus grands et de plus petits, comme cela est naturel dans une montagne d'une vaste étendue. Parmi ces roseaux, les uns sont mâles, les autres femelles. Le mâle n'a point de moelle et est très fort ; la femelle en a.

VII. La martichore  est un animal de l'Inde, qui a la face de l'homme, la grandeur du lion et la peau rouge comme le cinabre. Elle a trois rangées de demis, les oreilles semblables à celles de l'homme, et les yeux d'un bleu tirant sur le vert comme l'homme; sa queue ressemble à celle du scorpion de terre. Cette queue renferme un aiguillon qui a plus d'une coudée de longueur ; il est à l'extrémité de la queue, tel que celui du scorpion. Mais indépendamment de celle aiguillon, il en a encore d'autres de chaque côté de sa queue. Si on s'approche de la martichore, elle frappe de son aiguillon. Celui qui en est percé meurt sans pouvoir l'éviter. Si on l'attaque de loin, elle dresse en devant sa queue et lance son aiguillon, tel qu'une flèche qu'un arc fait partir. Si on l'attaque par derrière, elle lance son aiguillon en ligne directe environ à la distance d'un  plèthre. Tout animal qu'elle frappe meurt, excepté  l'éléphant. La longueur de ce trait est d'environ un pied ; sa grosseur celle du plus petit jonc. Le nom de martichore signifie en grec anthropophage. En effet, si elle dévore des animaux, elle dévore un plus grand nombre d'hommes. Elle combat avec ses ongles et avec ses aiguillons : ceux-ci renaissent, ajoute Ctésias, après avoir été lancés. Ces animaux sont en grand nombre dans l'Inde. On les chasse monté sur des éléphants, et du haut de ces éléphants on leur lance des dards, ou on leur tire des flèches.

VIII. Après avoir remarqué que les Indiens sont très justes, Ctésias parte de leurs mœurs et de leurs usages. Il fait aussi mention d'un territoire sacré  qui est dans un lieu inhabité. Les Indiens donnent à ce lieu le nom de Soleil et de Lune, ils l'honorent sous cette dénomination. On y arrive de la montagne Sardo en quinze jours. Le soleil est toujours rafraîchissant en ces lieux pendant trente-cinq jours, afin que l'on puisse assister à la fête et s'en retourner sans être brûlé par ses ardeurs. Il n'y a dans l'Inde ni éclairs, ni tonnerre, ni pluies, mais des vents considérables, accompagnés de tourbillons qui emportent tout ce qui se rencontre sur leur passage.

IX. Dans la plus grande partie de l'Inde le soleil est froid à son lever et pendant la moitié du jour; mais le reste de la journée il est très chaud. Ce n'est pas l'ardeur du soleil qui rend noirs les Indiens; ils le sont naturellement. Il y a parmi eux des hommes et des femmes très blancs, quoique en petit nombre. Ctésias dit qu'il a vu deux femmes et cinq hommes blancs.

 

CTÉSIBIOS : mécanicien grec, né à Alexandrie. Il vécut au IIe siècle av. J.-C. et inventa une clepsydre, les orgues hydrauliques. Il se servit de l’élasticité de l’air comme d’une force motrice. C'est très certainement avec le perfectionnement de la clepsydre qu'il connaît une grande renommée. Créée en Egypte, la clepsydre était constituée d'un réservoir plein d'eau se vidant par une ouverture dans le bas, dans un deuxième récipient. Ce système était peu précis car plus le niveau de l'eau dans le premier récipient baisse, plus le filet d'eau qui coule est faible : le flux d'eau est donc irrégulier.Ctésibios propose donc d'ajouter un troisième récipient entre les deux déjà existants. Ce vase intermédiaire est maintenu à niveau constant grâce à un trop pUne variante comporte une sorte de flotteur qui obture plus ou moins l'ouverture du premier récipient à mesure que le deuxième récipient se remplit. Ainsi, lorsque l'eau atteint un certain niveau dans le deuxième récipient, l'ouverture dans le premier récipient est totalement fermée. Et lorsque le deuxième récipient se vide, le flotteur libère à nouveau cette ouverture, et le niveau remonte. Ainsi, le niveau de l'eau du deuxième récipient reste constant conséquence, le flux d'eau passant du 2e au 3e récipient est constant. Cette clepsydre est donc beaucoup plus fiable. Ce système est toujours utilisé aujourd'hui, dans les chasses d'eau et les carburateurs d'automobile, par exemple.

 

                                                              

 

 

CTÉSIOS : du foyer domestique. Surnom de Zeus et d’Hermès comme protecteurs de la propriété.

 

CTÉSIOS : fils d’Orménos. Père du porcher Eumée.

 

CTÉSIPHON : orateur athénien du IVe siècle av. J.-C. Il proposa de décerner une couronne d’or à Démosthène, fut accusé d’illégalité par Eschine, défendu par Démosthène et acquitté.

HARANGUE D'ESCHINE SUR LA COURONNE, ou CONTRE CTÉSIPHON (extrait): Vous avez vu, Athéniens, les mouvements et les intrigues de mes adversaires, cette armée de factieux rangés en bataille, les sollicitations employées dans la place publique à dessein d'abolir nos règles et nos usages : pour moi, je viens ici n'ayant de confiance que dans les dieux, dans mes juges et dans nos lois, persuadé qu'auprès de vous la cabale et l'intrigue ne prévaudront jamais sur les lois et sur la justice. Je voudrais, Athéniens, que tout fût sagement réglé par les magistrats dans le sénat des Cinq cents . Dans l'assemblée du peuple, et qu'on fit revivre les lois de Solon concernant les orateurs : je voudrais que d'abord, sans trouble et sans tumulte, le plus âgé de tous pût jouir de son privilège, monter le premier à !a tribune, et y donner l'avis le plus utile, avec la sagesse, fruit de son expérience; qu'ensuite, chacun suivant son âge, pût, à son tour, exposer son sentiment sur le sujet de la délibération. Par là, je crois, la république serait mieux gouvernée, et les accusations y seraient moins fréquentes. 3. Mais depuis qu'on a aboli les anciens usages regardés de tout temps comme sagement établis ; depuis que plusieurs citoyens ne se font aucune peine d'enfreindre les lois dans les décrets qu'ils proposent; que d'autres, élus proèdres dans vos assemblées par intrigues et non par des voies légitimes, font passer leurs décrets, et, comme si l'administration des affaires n'appartenait qu'à eux seuls, menacent de citer devant le peuple quiconque des autres sénateurs, nommé légitimement par le sort, exerce fidèlement le droit d'annoncer vos suffrages; depuis qu'asservissant les particuliers, et s'érigeant en maîtres dans un état libre, 4. ces audacieux ont anéanti les règlements sages prescrits par les lois, et disposent à leur gré de ceux qui sont consignés dans vos ordonnances : elle ne se fait plus entendre, cette belle et utile proclamation : Qui des citoyens au dessus de cinquante avec veut monter à la tribune ? Qui des autres Athéniens à son tour veut parler au peuple? rien ne peut plus réprimer la licence des orateurs, ni les lois, ni les prytanes, ni les proèdres des assemblées, ni la tribu qui jouit à son tour de la préséance, et qui compose la dixième partie de la ville . Dans cet état des choses, au milieu de ces désordres qui sont tels que vous le voyez vous-mêmes, la seule partie d'autorité, sans doute, qui vous reste, c'est le droit de poursuivre les infracteurs des lois. Si vous vous dépouillez de ce droit essentiel, ou si vous permettez qu'on vous en dépouille, je vous avertis que bientôt, sans vous en apercevoir, vous aurez livré votre autorité entière à un petit nombre d'ambitieux. 6. Car, vous le savez, Athéniens, il est parmi les peuples trois sortes de gouvernements; la monarchie, l'oligarchie et la démocratie : les deux premiers soumettent les hommes aux volontés de ceux qui commandent; le troisième les assujettit à la loi. Qu'aucun de vous n'ignore donc, et que chacun se convainque avant tout, que, lorsqu'il monte au tribunal pour juger une infraction contre la loi, il va prononcer dans ce moment même sur sa propre liberté. Aussi le législateur , persuadé que le maintien des lois est le salut de l'état démocratique, a-t-il placé ces mots à la tête du seraient des juges, Je jugerai suivant les lois . Pleins de ces réflexions, vous devez haïr tout citoyen qui propose des décrets contraires aux lois, ne regarder comme légère aucune de ses fautes, les punir toutes avec rigueur comme infiniment graves, sans écouter ni les sollicitations des généraux qui, depuis longtemps, se liguent avec les orateurs pour affaiblir la constitution de l'état, ni les prières de ces étrangers, que des ministres reconnus coupables font monter à la tribune, pour se dérober par leur crédit à la sévérité de la justice : et comme, dans la guerre, chacun de sous rougirait de quitter le poste où l'aurait placé son général ,il faut qu'aujourd'hui vous rougissiez de quitter le poste où vous ont placés les lois, les lois qui vous constituent en ce moment défenseurs de la liberté publique: Souvenez-vous encore que ceux des citoyens qui sont venus ici pour nous entendre, que ceux qui sont retenus ailleurs par des occupations personnelles, vous ont tous confié et ont déposé entre vos mains les intérêts du gouvernement. Par égard pour vos concitoyens, par déférence aux lois, par respect pour votre serment, annulez en ce jour, si je vous démontre que Ctésiphon a proposé un décret contraire aux lois, contraire à la vérité, nuisible à l'état, annulez de pareils décrets, affermissez dans votre ville l'autorité populaire, punissez des ministres qui ne craignent pas d'agir contre les lois, contre la république en général, et contre chacun de vous en particulier. Si vous m'écoutez dans cet esprit, vous ne déciderez rien, sans doute, qui ne soit conforme à la justice, à votre serment, à vos intérêts propres et à ceux de la république entière. Je pense, Athéniens, d'après ce que je vous ai dit, vous avoir donné une idée suffisante de la cause : je vais dire un mot des lois touchant les comptables, que Ctésiphon a violées dans son décret.
On a vu, dans les derniers temps, des citoyens revêtus parmi nous d'importantes magistratures, et chargés d'administrer nos finances, gagner, après une gestion infidèle, les orateurs du sénat et du peuple ,
prévenir de loin les comptes par des proclamations et des éloges mendiés : ce qui, dans l'examen des magistrats comptables, embarrassait les accusateurs, et plus encore les juges.  Plusieurs de ces magistrats, convaincus d'avoir détourné les deniers du trésor, échappaient à la rigueur des jugements, et cela devait être. Les juges auraient rougi, je pense, que le même homme, dans la même ville, peut-être dans le cours de la même année, proclamé solennellement sur le théâtre, honoré par le peuple d'une couronne d'or, pour sa vertu et son intégrité, sortit des tribunaux, quelques mois après, condamné et flétri pour ses malversations. Les juges consultaient donc, en donnant leurs suffrages, l'honneur du peuple, . et non le crime du coupable. Frappé de ces abus, un des nomothètes [6] porte une loi fort sage, qui défend expressément de couronner un comptable.

 

CTÉSIPHON : Ville royale et capitale orientale de l’empire séleucide située un peu en aval de la confluence du Tigre et de la Diyala, en Irak actuel, à quelque 90 km au nord de Babylone. La ville fut fondée par Séleucie I, sur le site probable d’Opis, selon un plan hippodamien avec deux grandes places. L’axe central était constitué par un canal. Au nord s’élevait la quartier officiel qui comportait un théâtre et une agora bordée par un long bâtiment servant aux archives qui fut incendié en 140-130 av. J.-C. Les archéologues y ont retrouvé près de 30 000 empreintes de sceau qui scellaient les papyri. Sous le règne d’Antiochos I, Séleucie accéda officiellement au rang de cité royale et on ordonna à la population civile de Babylone de s’y installer. La ville bénéficie d’une certaine autonomie puisqu’elle élit un sénat. Après la conquête parthe, vers 141, la ville demeura prospère. C’était même selon Pline et Strabon l’une des trois grandes métropoles de l’Antiquité avec Rome et Alexandrie. La ville était alors peuplée de quelques 600 000 habitants. Ctésiphon est mentionnée pour la première fois comme un camp militaire grec, en face de Séleucie. En 129, lorsque les Parthes s’emparèrent de Séleucie, ils établirent un cantonnement à Ctésiphon. Au cours des guerres contre Rome, pour des raisons stratégiques, les Parthes firent de Ctésiphon leur capitale, au détriment de Séleucie, fonction qu’elle devait conserver sous les Sassanides. En 115, Trajan s’empara de la ville après la fuite de Pacoros. La fille d’Odorès et le trône en or furent capturés. A l’époque d’Ardéchir I, Ctésiphon fut fondée à proximité immédiate de Séleucie du Tigre. Elle a été identifiée avec Veh-Ardeshir, « la belle ville d’Ardéchir », également appelée Koke par les Araméens ou encore Nouvelle Séleucie. Cette nouvelle ville s’élevait sur l’ancienne nécropole parthe selon un plan irrégulier qui contraste avec le plan hippodamien de Séleucie. Ici, il n’y a plus de séparation fonctionnelle : échoppes d’artisans et maisons résidentielles sont confondues.

 

                      

 

CTÉSIPPOS : fils d’Héraclès et de Déjanire, ou d’Astydamie. Père de Thrasyanor.

 

CTÉSIPPOS : fils de Polythersès. Prétendant de Pénélope. Le berger Philétios le tua.

 

CUBA : déesse romaine qui présidait au coucher des enfants.

 

CUBICULARIUS : esclave romain dont le rôle principal consistait à annoncer l’identité des personnes qui rendaient visite à son maître.

 

CUBICULUM :

1.     Chambre meublée dans la maison d’un particulier.

2.     Loge de l’empereur au cirque ou à l’amphithéâtre.

 

                                    

                                                                      Cubiculum de la villa des Mystères.

 

CUBITAL : oreiller qui recevait le coude d’une personne à demi allongée, par exemple au moment du repas.

 

CUCHULAIN : le Chien de Culann. Héros celte d’Ulster, fils de trois pères : Lug le divin, Conchobar l’humain et Amorgen le poète (selon d’autres sources : fils adoptif de Ness, ou fils adoptif de Findchoem ; fils de Conchobar et Deichtire ; fils de Deichtire et de Fergus Mac Roig). Initié, invincible, il possédait une lance magique infaillible. Associé au culte solaire, Cuchulain se battit contre les incarnations lunaires, gardiennes du territoire de Curoi Mac Daere, le dieu de la mort. Dans sa quête guerrière, il affronta le monstre du lac, les trois Pales (spectres) des marais de Froide Lune, les trois Pales des marais de la Plaine de Breg et les trois fils de Musique au Grand Poing.

 

CUCULLUS :

1.     Feuille de papier roulée en forme d’entonnoir par les apothicaires et les marchands de Rome pour envelopper les produits en poudre.

2.     Capuchon de certains vêtements portés par les esclaves, les paysans, les pêcheurs et les ouvriers.

 

                                     

 

 

CUCUMA : récipient à eau dans lequel on faisait les décoctions.

 

CUCURBITA : gourde obtenue à partir d’un potiron évidé, ou gourde en général.

 

CUDO : casque léger et rond de cuir sans ornement. Il était porté par les soldats romains peu armés.

 

                                                                         

 

 

CUILL : Fils du Noisetier. Il régna en Irlande avant l’arrivée de la nation des Gaëls (Goïdels).

 

CUISSE : chez les Celtes et les Gaulois la cuisse jouait un grand rôle dans l’initiation ou la guérison. On plaçait le novice ou le malade sous ou sur la cuisse d’un druide avant de prononcer les formules adéquates. Ainsi la légende celte nous raconte que Llew Llaw Gyffes retrouva sa forme humaine sur la cuisse du magicien Gwyddyon.

 

CUIVRE : connu dès l’époque badarienne, vers 5000 avant notre ère, il fut employé industriellement à partir de la période thinite, vers 3200 av. J.-C. À Saqqara, dans les tombes royales, on en a trouvé sous forme de couteaux, épingles, vases, ciseaux, épées et outils. Liminerai de cuivre fut exploité au Sinaï et, à partir de 1600 av. J.-C., importé de Syrie et de Chypre.

 

CULANN : forgeron du royaume de Conchobar. Il fut l’un des initiateurs de Cuchulain.

 

CULCITA : matelas pour un sofa. Les matelas inventés par les Gaulois vers le IIe siècle av. J.-C. étaient remplis de plumes, de laine ou de bourre.

 

CULEUS :

1.     Sac large en peau de porc que les Romains utilisaient pour le transport du vin ou de l’huile.

2.     Mesure romaine qui équivalait à 20 amphores ou 525,25 l.

3.     Supplice romain pour les parricides : on jetait le condamné, qui était enfermé dans un sac, à la mer.

 

CULTE DES MORTS : les tombes préhistoriques contenaient déjà de nombreuses provisions pour le défunt. Renouvelées par les descendants directs, elles devinrent avec le temps et la multiplication des décès des charges trop lourdes pour les vivants. De ce constat, naquit l’idée d’un culte funéraire sophistiqué, qui évolua très rapidement dès la IVe dynastie, vers 2700 av. J.-C. Le culte des morts était un service offert pour leur entretien afin qu’ils ne fussent pas anéantis par les forces hostiles. Ce service comprenait les aliments déposés chaque jour sur la table d’offrande du mastaba, puis plus tard dans des chapelles. Lors de la fête ouag, ou fête des morts, on faisait des offrandes particulières. Pour remédier à la défaillance du culte rendu par les vivants, on écrivit la formule funéraire près de la porte d’entrée des tombes, elle devait faire apparaître au son de la voix de celui qui la lisait les aliments nécessaires à la survie du défunt. D’autres formules protégeaient le mort dès l’entrée de la tombe, mais malgré ces précautions les pillards pouvaient mettre fin à la  vie du défunt dans l’autre monde. Aussi faisait-on appel aux forces magiques des amulettes afin de détourner la convoitise des voleurs. Sous le Bas-Empire, le culte des morts perdit beaucoup de son importance et les Égyptiens se contentèrent de verser de l’eau tous les dix jours dans les chapelles funéraires. Ce geste symbolique, accompagné du nom du défunt prononcé à haute vois, suffisait à redonner vie dans l’au-delà, qui n’était plus le merveilleux paradis des ancêtres, mais un monde triste et froid.

 

                                        

              

       

 

 

CULTER COQUINARIS : couteau de cuisine ou couteau à sacrifice(il avait alors la lame d'un couperet) employé par le culturarius (assistant du prêtre) pour couper la gorge d’une victime à sacrifier.

 

                                                             

 

 

CULTER TONSORIUS : couteau ou rasoir à barbe utilisé par les barbiers de Rome. Il était très pointu car il servait aussi à l’entretien des ongles.

 

                                                         

 

 

CULTER VENATORIUS : couteau de chasse à large lame.

 

                                                   

 

CULTURAIUS : assistant d’un prêtre. Il était chargé de couper la gorge de la victime sacrifiée avec un couteau.

 

CULULLUS : vase cultuel employé par les pontifes et les vestales.

 

CUMERA : panier ou récipient muni d’un couvercle convexe. Les Latins y conservaient leurs grains.

 

CUNARIA : nourrice qui était engagée à la naissance d’un enfant.

 

CUNAXA : ville de l’ancienne Babylone, près de la rive gauche de l’Euphrate, sur les confins de la Mésopotamie. Célèbre bataille, 401 av. J.-C., entre Artaxerxès II et son frère, Cyrus le Jeune, qui y fut tué.

 

                                      

 

                                                

                                                                                    Bataille de Cunaxa

 

CUNÉIFORMES (CARACTÈRES) : on nomme ainsi les caractères de plusieurs anciennes écritures orientales, en forme de clou ou de coin. Ce genre d’écriture fut employé par les Assyriens, Chaldéens, les anciennes populations de la Susiane et de la Médée et enfin par les Perses, qui simplifièrent beaucoup. L’étude des cunéiformes, inaugurée par Niebuhr au XVIIIe siècle, poussée plus loin par Burnouf, Lassen, Rawlinson, Oppert, Spiegel, de Soulcy, a  permis de déchiffrer avec certitude un nombre considérable d’inscriptions et de reconstituer des périodes de l’histoire et des civilisations inconnues.

 

                                    

 

                              

 

CUNEUS :

1.     Divisions contenant les différentes rangées de sièges dans un théâtre ou un amphithéâtre.

2.     Casier à amphores sur lequel on déposait le vin à vieillir.

 

CUNICULARII : soldats du génie dont le rôle consistait à miner et saper les fortifications d’une ville.

 

CUNINA : déesse romaine qui prenait soin des enfants au berceau.

 

CUNOBÉLINOS : roi des Belges de l’île de Bretagne de 10 av. J.-C. à 50 après. Reconnu par les Romains, il inspira Shakespeare pour la pièce Cymbeline écrite en 1609.  Cunobelinos, qui hérite de Tasciovanos, est considéré par les Romains, au regard de sa puissance, comme le roi des Bretons : Britannorum Rex. Son autorité s'étend peu à peu sur une grande partie des Cantiaci, et commence à inquiéter sérieusement les descendants de Commios qui règnent sur le tribu voisine et hostile : les Atrebates. Le pays de Cunobelinos est extrêmement riche en céréales et en produits de la mer. Cette richesse apparaît très nettement dans les pièces d'or frappées à Camulodunum et à Verulamium, et permet aux Bretons de cette contrée d'entretenir des relations commerciales florissantes avec Rome et les autres pays de la Méditerranée Le règne de Cunobelinos dure près de 30 ans, et est marqué par une très grande stabilité économique et politique. Cependant, la fin de son règne est troublée par des manoeuvres subversives de la part de son fils Adminios, que Cunobelinos est contraint de chasser et d'exiler. Celui-ci se rend aussitôt à Rome auprès de l'empereur Caligula et lui offre la soumission des Trinovantes. L'empereur fou fait alors des préparatifs pour une expédition militaire en Bretagne, groupe une flotte à Boulogne, fait tirer quelques jets de catapulte vers la mer, ramasse comme trophée quelques coquillages, et finalement annule cette expédition en proclamant quand même qu'il avait soumis l'Océan.

 

                                                             

                                                                                   Monnaies de Cunobélinos                               

 

CUPA : bloc de bois en hêtre ou en orme. Il servait d’essieu aux deux roues de pierre qui écrasaient les olives.

 

CURCOG : fille à la mèche blonde du dieu solaire Oengus. D’après la légende, elle se convertit au christianisme.

 

CURÈTES : prêtres qui, au nombre de neuf, célébraient en Crète les fêtes de Zeus et de Rhéa. Ils rendaient un culte guerrier au son des cymbales d’airain et des épées frappées sur des boucliers. les Curètes sacrés, au nombre de trois, aidèrent Rhéa à enlever Zeus à Cronos et le cachèrent dans une grotte de l’Ida.

 

CURIE : l’une des divisions politiques de l’ancien peuple romain, il y en avait 30, dix par tribu. Il paraît que les curies ne renfermaient que les gentes patriciennes. Lors de la division du peuple en classes et en centuries, les comices par curies (comitia curiata) perdirent de leur importance, et, sous la république, on ne les réunissait que pour donner l’imperium, par une loi curiate, aux magistrats élus par les centuries, ou pour les adoptions, la ratification des testaments, etc.

  

CURIE (CURIA) : à l’origine, salle dans laquelle les Romains se réunissaient pour parler affaires, la Curie devint le siège du sénat. À Rome, il y avait plusieurs curies, mais les sénateurs se réunissaient principalement dans la curia Hostilia.

 

                                                

                                                                                             Curia Julia

 

                          

                                                   Curia Hostilia                                                         Curia Hostilia

 

 

CURIO (CURION) : prêtre nommé par les membres de sa corporation. Chacune des trente curies romaines avait un curio considéré comme un chef. À la tête de ces prêtres, on trouvait le curio maximus.

 

CURION (CAIUS SCRIBONIUS CURIO) : tribun en 90 av. J.-C. Il servit en Grèce sous Sylla, fut préteur en 82 et consul en 76. Il combattit les Dardaniens et les Mésiens en Macédoine, triompha en 71. Se déclarant contre César par amitié pour Cicéron, il prit la charge de grand pontife en 57 et mourut en 53.

 

CURION (CAIUS SCRIBONIUS CURIO) : fils du précédent, ami de Cicéron. Prodigue et débauché, il épousa Fulvie, aussi dévoyée que lui. Préteur en Asie, puis tribun en 50, il s’opposa à César, mais ce dernier paya ses dettes et se l’attacha. Nommé propréteur en Sicile (49), il chassa les Pompéiens, passa en Afrique et fut vaincu et tué par le roi Juba.

 

CURIOSOLITES : Gaulois qui vivaient sur la côte nord de l’Armorique.

 

                                                               

                                                                                Monnaies curiosolites      

 

CURITIS OU QUIRITIS : déesse qui porte la lance. Surnom de Junon à Faléries. Pour les Romains, la lance était le symbole de la puissance absolue.

 

                                                                             

 

 

CURNAN LE SIMPLE : annonciateur de catastrophe, Curnan le prophète fou avait prédit l’engloutissement de la ville celte irlandaise de Lougt Neagh.

 

CUROI MAC DAERE : dieu de la mort des Celtes Tuatha Dé Danann.N Il était considéré comme le roi du monde. Enfermé au centre d’un territoire ceinturé d’une palissade surmontée de sept têtes, d’un mur gigantesque percé d’une seule entrée fermée par huit barrières et gardée par dix guerriers. Ayant dévoilé à son épouse Blathunait le secret de vie de son âme et l’endroit où elle se trouvait (au cœur d’une pomme cachée dans l’estomac d’un saumon qui apparaissait tous les sept ans), il permit à son rival Cuchulain de parvenir jusqu’à son lit et eut la tête tranchée.

 

CUROTROPHOS : qui nourrit des enfants. Surnom de Déméter, d’Artémis, de la Paix, de Gaïa, de Léto et de Brimo.

 

CURRICULUM : course courue par un char dans le cirque.

 

CURRUS : char romain à deux roues. Il transportait deux personnes et était tiré par deux, trois ou quatre chevaux.

 

                                        

 

 

CURRUS FALCATUS : char de guerre muni de lames de fer fixées à l’extrémité du timon et de l’essieu.

 

CURRUS TRIOMPHALIS : char triomphal. Il était réservé au triomphe d’un général romain. En forme de godet, il était décoré de sculptures en ivoire.

 

                                                         

 

 

CURTIUS (LACUS) : ancienne fontaine profonde de Rome qui existait au milieu du Forum. Suivant Tite Live, tirait son nom de Curtius Metius, guerrier sabin, qui, poursuivi par Romulus, se précipita avec son cheval dans ce marais et fut sauvé par ses compatriotes, ou de Curtius Marcus, chevalier romain, qui, vers 362 av. J.-C. se précipita tout armé dans un gouffre formé subitement vers le milieu du Forum. Il se referma aussitôt. Le lieu fut appelé Curtius lacus, et on y éleva un petit autel.

 

                                             

                                                                                Stèle trouvée sur le Curtius lacus

 

   

CUSCRAID : fils du roi Conchobar ; changé en lièvre, il trouva la mort avec son frère à Émain Macha.

 

CUSPIS :

1.     Pointe de fer défensive fixée en haut des enseignes romaines.

2.     Extrémité pointue du trident de Neptune.

 

CUSTODES : agents scrutateurs dans les comices. Ils comptabilisaient les votes à l’ouverture des urnes et les pointaient sur une tablette.

 

CYAMITÈS : ancien héros de l’Attique, auquel on devait la culture des fèves. Il avait un temple sur la voie sacrée d’Athènes à Éleusis.

Extrait du tour de laGrèce par Pausanias(livreI): Tombeaux. Acestium. Enceinte de Lacius. Phytalus. Cyamites. Harpale. Céphale. Après le tombeau de Céphisodore vous trouvez celui d'Héliodore d'Halae, dont on peut voir le portrait peint dans le grand temple d'e Minerve (Athéna). On a aussi enterré là Thémistocle, fils de Poliarchus, descendant à la troisième génération de Thémistocle, qui combattit sur mer contre Xerxès et les Mèdes. Je passerai sous silence ses autres descendants pour m'arrêter à Acestium, fille de Xénoclès, fils de Sophocle, fils de Léon ; tous les ancêtres d'Acestium avaient été Dadouques, à commencer par Léon son bisaïeul. Elle vit, durant sa vie, cette dignité passer successivement à Sophocle son frère, à Thémistocle son époux, et à Théophraste son fils, ce qui fut un grand bonheur pour elle. En avançant un peu, vous trouvez l'enceinte consacrée au héros Lacius qui a donné son nom au bourg des Lacides ; le tombeau de Nicoclès de Tarente, le plus célèbre de tous les Citharèdes ; l'autel de Zéphyre et un temple de Cérès (Déméter) et de sa fille ; Minerve (Athéna) et Neptune (Poséidon) y sont honorés conjointement avec elles. C'est dans cet endroit, dit-on, que Phytalus donna l'hospitalité à Cérès (Déméter), qui pour le récompenser lui fit don du figuier. L'inscription suivante qu'on lit sur le tombeau de Phytalus en fait foi : Le héros Phytalus reçut jadis ici sous son toit la vénérable Cérès (Déméter) ; la déesse fit alors connaître pour la première fois le fruit divin connu par les mortels sous le nom de figue. On rend à la race de Phytalus des honneurs éternels en mémoire de ce don. Avant de traverser le Céphise, on trouve le tombeau de Théodore, le meilleur acteur tragique de son temps, et sur les bords même du fleuve les statues de Mnésimaché et celle de son fils, qui se coupe les cheveux en l'honneur du Céphise. L'usage d'offrir sa chevelure aux fleuves est très ancien dans la Grèce, comme nous l'apprend Homère, qui dit que Pelée avait fait voeu qu'Achille, à son retour de Troie, couperait ses cheveux en l'honneur du fleuve Sperchée. En traversant le Céphise vous trouvez d'abord l'autel de Jupiter (Zeus) Milichius où Thésée, qui avait tué divers brigands, entre autres Sinis son parent du côté de Pitthée, se fit purifier par les descendants de Phytalus. Là sont encore tes tombeaux de Théodectes le Phasélite, de Mnésithée qui fut, dit-on, un excellent médecin, et érigea aux dieux diverses statues parmi lesquelles on en voit une d'Iacchus. Sur la route est un petit temple nommé le temple du Cyamites. Je ne saurais dire si ce Cyamites est le premier qui ait semé des fèves (Cyames) ; ou si les Athéniens ont fait honneur de l'invention de cette culture à un héros, ne pouvant pas l'attribuer à Cérès (Déméter), comme le savent ceux qui ont vu les mystères d'Éleusis ou qui ont lu les vers d'Orphée. Sur cette route sont aussi des tombeaux dont deux se font remarquer par leur grandeur et leur beauté. L'un a été érigé, à un Rhodien établi à Athènes. L'autre a été construit par le Macédonien Harpalus, qui, ayant déserté du service d'Alexandre, s'embarqua et passa d'Asie en Europe. Les Athéniens, chez qui il s'était rendu, l'ayant fait arrêter, il corrompit avec de l'argent différentes personnes, entre autres les amis d'Alexandre, et parvint à s'évader. Il avait épousé précédemment Pythionice, dont l'origine m'est inconnue, mais qui avait été courtisane à Corinthe et à Athènes. Il en était si éperdument amoureux, que, l'ayant perdue par la mort, il lui fit ériger un tombeau qui surpasse en beauté tous ceux qu'on avait bâtis anciennement dans la Grèce. Vous verrez aussi là un temple dans lequel sont les statues de Cérès (Déméter), de sa fille, de Minerve (Athéna) et d'Apollon ; il avait été érigé dans le principe à Apollon tout seul. On dit que Céphale, fils de Déion, ayant tué Procris son épouse, fut exilé d'Athènes et alla demeurer à Thèbes. Il aida Amphitryon à subjuguer les Téléboens, et s'établit le premier dans l'île qui prit de lui le nom de Céphallénie. Dix générations après, Chalcinus et Daetus ses descendants s'étant embarqués, allèrent à Delphes demander à l'oracle les moyens de rentrer à Athènes. La Pythie leur ordonna d'offrir un sacrifice à Apollon dans l'Attique, à l'endroit même où ils verraient une trirème courir sur la terre. Lorsqu'ils furent arrivés vers le mont Poecile, ils aperçurent un serpent qui se hâtait de regagner son trou ; ils offrirent sur le lieu même un sacrifice à Apollon, et se rendirent à Athènes, où ils furent admis au nombre des citoyens. Vous trouvez ensuite un temple d'Vénus (Aphrodite), et devant ce temple un mur de pierres non taillées, qui mérite d'être vu.

 

CYANÉ : nymphe d’une fontaine de Sicile. Déméter y trouva la ceinture de sa fille. Suivant Diodore, Hadès fit jaillir cette source à l’endroit où il descendit sous terre avec Perséphone.

 

CYANÉ : fille de Liros. Épouse d’Éole.

 

CYANÉE : fille du Méandre. Mère de Caunos et de Byblis, qu’elle eut de Milétos.

 

CYANIPPE : roi d’Argos. Fils ou frère d’Ægialée.

 

CYATHOS : la coupe. Fils d’Archétélès et échanson d’Œnée. Lors d’un festin à Phlionte, il commit l’erreur de verser sur les mains d’Héraclès une eau destinée à lui laver les pieds. Le héros le frappa d’un doigt à la tête et le tua.

Extrait de la Corinthie par Pausanias(livre 2):  Les Phliasiens racontent aussi qu'Héraklès à son retour de la Libye, d'où, il avait apporté les pommes des Hespérides, vint à Phlionte pour quelque affaire particulière, Oenée, qui lui avait donné précédemment sa fille en mariage, y vint de l'Etolie ; un jour qu'il mangeait chez Héraklès, ou qu'Héraklès mangeait chez lui, le jeune Cyathos, son échanson, ne versant pas à boire au gré d'Héraklès, ce héros le frappa d'un de ses doigts à la tête. Ce jeune garçon mourut sur-le-champ, et les Phliasiens consacrèrent à sa mémoire un édifice qui est vers le temple d'Apollon : on y voit deux statues en marbre, représentant Cyathos, qui offre une coupe à Héraklès.

 

CYATHUS : mesure pour les liquides et les matières sèches. Elle valait un douzième de sextarius (VOIR SEXTARIUS).

 

CYAXARE : roi des Mèdes, succéda à son père Phraorte, en 633 av. J.-C., le vengea, en battant les Assyriens, mais fut rappelé du siège de Ninive par l’invasion des Scythes, qui ravagèrent ses Etats et lui imposèrent tribut pendant 28 ans. Il finit par les chasser. Il eut aussi une guerre à soutenir contre Alyatte, roi de Lydie, puis, avec le secours du roi de Babylone, il prit et détruisit Ninive, vers 625. Il mourut en 595 et eut pour successeur Astyage. Cyaxare habitua ses troupes è combattre à pied pour résister aux Assyriens. Il fut le premier à séparer les peuples d’Asie en différents corps de troupes et assigna aux lanciers, à la cavalerie, aux archers, chacun un rang à part. Avant lui les soldats combattaient pêle-mêle. Il crée une infanterie, soit lourde avec la lance et l’épée, soit légère avec l’arc et le bouclier d’osier. Quant è la cavalerie, c’était une tradition mède d’où sa grande efficacité. En même temps, il soumit ses troupes à une discipline sévère.

 

CYBÈLE : la Terre. Cette déesse phrygienne, législatrice, inventrice des flûtes, des tambours, de l’art vétérinaire et de la médecine, devint l’une des plus importantes divinités de Rome après la mort de César. Des saints eunuques la représentaient, propageaient son culte chez les riches Romains en entretenant la confusion de mystères empruntés à la Grèce et à l’Asie. Ses adorateurs se flagellaient en public. Certains d’entre eux appelés les « métragyrtes » (moines mendiants) se livrèrent à tous les vices avant d’être fustigés par Rome. Pour consacrer un pontife romain au culte de Cybèle, on le revêtait des habits pontificaux avant de le faire descendre dans une fosse couverte d’une planche percée de trous. Sur cette planche, un taureau orné de guirlandes était égorgé, son sang coulant sur le pontife qui s’en frottait les yeux, le nez, les oreilles et la langue. Cette cérémonie de purification portait le nom de « taureaubole » ou de « criobole ».

Elle avait un grand nombre de sanctuaires dans toute la partie occidentale de l'Asie Mineure, notamment sur le mont Ida, et à Pessinonte, où était un oracle célèbre. Son culte se répandit largement dans la Grèce continentale où l'on donnait à ses sanctuaires le nom de métroon (Olympie, Athènes, Le Pirée, etc.), et où se constituèrent de tous côtés des associations religieuses en son honneur. La grande fête annuelle de Cybèle comprenait des cérémonies symboliques où l'on figurait toute l'histoire des amours de la déesse, la douleur, la mutilation, la mort et la résurrection d'Atys; des processions de corybantes, qui promenaient par les bois la statue de Cybèle; des courses orgiaques, des danses extatiques, etc., tout cela évoquant l'agonies la mort de la végétation, puis son retour enchanteur. Au culte de Cybèle étaient voués de nombreux groupes de prêtres ou prêtresses.
En certains pays, par exemple à Pessinonte, ils formaient de puissantes corporations sacerdotales. Cybèle avait aussi ses prêtres populaires: les Galles ou prêtres eunuques qui se multiplièrent surtout à l'époque romaine, et les métragyrtes ou prêtres ambulants qui promenaient des statues de la déesse en disant la bonne aventure. Les instruments du culte étaient le couteau sacré, le cor, la flute phrygienne, les cymbales, les castagnettes, le tympanon.

     

                                          
              François-Edouard Picot : Cybèle protège contre le Vésuve les villes de Stabiae, Herculanum, Pompéi et Résina 
      

CYBIARIUS : marchand de poisson salé.

 

CYCHRÉE : roi de Salamine. Fils de poséidon et de Salamis. Père de Glaucé qui épousa Télamon. Il délivra l’île de Salamine du dragon qui la ravageait. Selon une autre source, il était lui-même surnommé « le dragon » à cause de sa férocité.

Extrait d'un texte d'Apollodre: Télamon s'arrêta à Salamine, chez Cychrée, le fils de Poséidon et de Salamine, elle-même fille d'Asopos. Cychrée était devenu le roi de l'île pour avoir tué un serpent qui la dévastait ; n'ayant pas de descendants, à sa mort il laissa le trône à Télamon. Il épousa Périboéa, la fille d'Alcathoos, lui-même fils de Pélops. Un jour, il pria Héraclès qu'il lui naisse un garçon ; à ses prières aussitôt un aigle apparut ; c'est pourquoi, l'enfant qui vint au monde fut appelé Ajax. Télamon combattit contre Troie aux côtés d'Héraclès ; comme récompense, il obtint Hésioné, la fille de Laomédon, qui lui donna un fils, Teucros (Teucer).

Extrait de l'Attique par Pausanias (livre I): Pour en revenir à mon sujet, on voit à Salamine, d'une part, un temple d'Artémis, de l'autre, le trophée de la victoire que les Grecs durent aux conseils de Thémistocle, fils de Néoclès, et le temple de Cychrée. Les Athéniens racontent que durant le combat naval contre les Mèdes, un serpent se montra au milieu de leurs vaisseaux et que l'oracle leur dit que c'était le héros Cychrée. Devant Salamine est une île nommée Psyttalie où débarquèrent, dit-on, environ quatre cents barbares. Les Grecs y passèrent après leur victoire et les tuèrent tous. Excepté quelques statues en bois du Dieu Pan, d'un travail très grossier, cette île n'offre rien de remarquable.

 

CYCINNIS : satyre de la suite de Bacchus. Il donna son nom à la cycinnis, danse dont il était l’inventeur.

 

CYCLADATUS : portant la cyclas. Partie d’un vêtement féminin adopté par les hommes aux mœurs efféminées tels que l’empereur Caligula.

 

CYCLADES : nymphes qui refusèrent de sacrifier à Poséidon et furent changées en rochers dans la mer Égée.

 

CYCLAS : draperie longue, ample et transparente que les femmes jetaient autour de leur corps. Elle était bordée d’une bande de couleur pourpre brodée d’or.

 

CYCLE : groupe de poèmes qui se rattachent à un même sujet ou à un même personnage. Chez les Grecs, les grammairiens d’Alexandrie donnaient le nom de poètes cycliques à ceux qui avaient célébré les faits de l’histoire primitive jusqu’à la guerre de Troie. Les plus célèbres furent Pisandre de Camiros, Antimaque, Arctinos de Milet, etc.

 

CYCLE : du grec xúx?o?, cercle, période de temps au bout de laquelle certains phénomènes célestes se reproduisirent dans le même ordre, comme le cycle solaire, période de 28 ans, le cycle lunaire, période de 19 années lunaires, le cycle pascal, période de 532 années, à la fin de laquelle le fête de Pâques revient au même jour le dimanche etc.

 

CYCLOPES : qui ont un œil rond.

1)    Les cyclopes d’Homère. Ils formaient un peuple de pasteurs anthropophages et se distinguaient par leur taille gigantesque et leur aspect repoussant. Possédant un seul œil, ils étaient féroces et sauvages. Après avoir été chassés par les Phéaciens, ils s’installèrent en Trinacrie, au sud-ouest de la Sicile. D’autres sources les font habiter près de l’Etna.

2)    Les Titans. Fils d’Ouranos et de Gaïa. Foudres personnifiées et serviteurs de Zeus. Ils étaient au nombre de trois : Argès (l’éclair), Stéropès ou Astéropès (la foudre) et Brontès (le tonnerre). Gardés sous terre par le monstre Campé, ils furent délivrés par Zeus et aidèrent ce dernier dans sa guerre contre les Titans. Ils donnèrent la foudre et l’éclair à Zeus, un casque à Hadès et un trident à Poséidon. Apollon les tua de ses flèches parce qu’ils avaient forgé la foudre avec laquelle Zeus fit périr Asclépios.

3)    Les aides-forgerons d’Hadès. De la confusion née des légendes des Cyclopes homériques et des Titans, naquit la troisième race des Cyclopes qui étaient représentés comme des forgerons qui travaillaient l’airain pour les dieux et les héros, sous l’Etna ou sous les îles de Lipara, résidence du dieu Hadès.

 

              

                       Ulysse et Polyphème - Jordaens Jacob vers1633

 

CYCNOS : fils d’Apollon et de Thyrie, fille d’Amphinomos. C’était un chasseur d’une grande beauté habitant entre Pleuron et Calydon. Cycnos chargea son seul ami, Phylios, d’exécuter trois travaux dangereux : de tuer un lion sans armes de fer, de prendre vivants trois vautours monstrueux et de conduire de sa main un taureau jusqu’à l’autel de Zeus. Phylios réussit, mais il refusa, suivant la volonté d’Héraclès, de céder à son ami le taureau qui lui avait été donné en récompense. Désespéré de ce refus, Cycnos se précipita dans le lac de Canope. Sa mère se donna aussi la mort. Et tous deux furent changés en cygnes par Apollon.

 

CYCNOS : fils de Poséidon et de Calycé, ou d’Harpalé, ou de Scamandrodicé. Ayant été exposé sur le rivage de la mer après sa naissance, il fut trouvé par des pêcheurs qui, voyant descendre un cygne sur sa tête, l’appelèrent Cycnos. Il devint roi de Colone en Troade et épousa Proclée, fille de Laomédon. Il eut pour enfants Ténès et Hémithée. Après la mort de Proclée, il se maria avec Philonomé, fille de Craugasos, qui s’éprit de son beau-fils, puis, se voyant rejetée par ce dernier, le calomnia. Cycnos enferma Ténès avec sa sœur Hémithée dans un coffre et les jeta à la mer. Lorsqu’il apprit la vérité, il tua Philonomé et se rendit chez son fils qui, parvenu sur la côte de Ténédos, était devenu roi.

 

CYCNOS : fils d’Arès et de Pélopie. Bandit de grand chemin, il arrêtait tous les voyageurs qui se rendaient à Delphes et leur enlevait les offrandes destinées au temple d’Apollon. Héraclès le tua en combat singulier.

 

CYCNOS : fils d’Arès et de Pyrène. Héraclès le tua. Il fut changé en cygne après sa mort.

 

CYCNOS : fils de Sthénélos, roi des ligures. À la mort de son ami Phaéton, il éprouva tant de chagrin qu’Apollon, touché, le changea en cygne et le plaça parmi les astres.

 

CYCNOS : fils d’Ocitos et d’Aurophité. Il prit part à la guerre de Troie.

 

CYDON : fils d’Apollon ou d’Hermès, ou de Tégéatès et d’Acacallis. Premier roi de Cydonie.

 

CYDRAGORE : fille de Plisthène. Mère de Pylade et d’Astydamie.

 

CYDROLAOS : fils de Lesbos ou de Macarée. Il fut le premier à s’établir à Samos.

 

CYGAIOS : chef sicilien tué par Héraclès.

 

CYGNE : symbole de la pureté, de la lumière et de la féminité chez les Celtes, le cygne avait un caractère sacré qui le rendait intouchable. Étaine la troisième et Mider le roi du Monde Invisible se changèrent en cygnes pour échapper à la fureur du roi Éochaid.

 

                                                    

 

 

CYLARABÈS : fils de Sthénélos, roi d’Argos.

 

CYLINDRUS : rouleau de bois ou de pierre que les Anciens utilisaient pour égaliser les sols.

 

CYLLABAROS : amant d’Ægialé, femme de Diomède. Il conspira contre ce dernier et le força à fuir en Italie.

 

CYLLAROS : jeune centaure. Époux d’Hylonomé. Il fut tué aux noces de Pirithoüs.

 

CYLLAROS : nom du cheval de Castor.

 

CYLLEN : fils d’Élatos. Il donna son nom au mont Cyllène, en Arcadie.

 

CYLLÈNE : nymphe que Pélasgos rendit mère de Lycaon.

 

CYLLÈNE: C'est là que Maïa donna naissance à Hermès Il avait à son sommet un temple dédié à Hermès. L'adjectif « cyllénien » est l'une des épithètes du dieu, et les poètes grecs et romains appellent souvent la lyre« cyllénienne », pour rappeler qu'elle est son invention.

 

                                                           

 

 

CYLLÉNOS : un des Dactyles idéens à Milet.

 

CYLLOPODION : boiteux. Surnom d’Héphaïstos.

 

CYMATOLÉGÉ : fille de Nérée et de Doris.

 

CYLON : athénien, gendre de Théagène, tyran de Mégare (660-610 av. J.-C.) Il voulut s’emparer du pouvoir en occupant l’Acropole avec ses partisans pendant la grande fête de Zeus. Assiégés, les rebelles manquant de vivres furent massacrés et Cylon périt près de l’autel des Euménides, ou selon d’autres sources il s’échappa.

Extrait des Oeuvres Morales par Plutarque:  Cylon, riche Athénien qui aspirait à la tyrannie, s'était emparé de la citadelle d'Athènes, aidé des troupes de son beau-père, tyran de Mégare.  Les citoyens en firent aussitôt le siége et la reprirent. Cylon trouva le moyen de s'évader, et ceux de son parti se réfugièrent auprès de l'autel des Euménides. On les en fit sortir avec la promesse de leur conserver la vie. Dès que les Athéniens les eurent entre les mains, ils les firent mourir. 

 

CYMATIUM : moulure d’architecture sur les corniches et les frises.

 

                                                                        

 

CYMBA : petite barque de rivière. En forme de croissant, elle pouvait contenir un ou deux rameurs.

 

CYMBALE (CYMBALUM) : instrument de bronze formé de deux profondes demi-coupoles que le joueur frappait l’une contre l’autre. Les cymbales étaient surtout utilisées par les adorateurs de Cybèle et de Bacchus.

 

                                                                    

                                                                     Cymbale de bronze dédiée à Korè(490 av J.-C)

 

 

CYMBALISTA : joueur de cymbales.

 

CYMBALISTRIA : joueuse de cymbales.

 

CYMBIUM : vase large et peu profond à deux anses. Il servait à boire.

 

                                                             

                                   Tête voilée de Vesta à gauche ; derrière la kylix ou le cymbium (vase à deux anses à boire)

 

CYMÉ : Amazone. Elle donna son nom à la ville de Cumes.

 

CYMÉLOS : Lapithe. Nessos le tua aux noces de Pirithoüs.

 

CYMO : fille de Nérée et de Doris.

 

CYMODOCÉE : fille de Nérée et de Doris.

 

CYMOPOLIE : fille de Poséidon. Épouse de Briarée.

Extrait de la Théogonie d'Hésiode: Quant au valeureux Briarée, le bruyant Neptune en a fait son gendre ; il lui a donné pour épouse sa fille Cymopolie. Lorsque Jupiter eut chassé du ciel les Titans, la vaste Terre, s'unissant au Tartare, grâce à Vénus à la parure d'or, engendra Typhoë, le dernier de ses enfants : les vigoureuses mains de ce dieu puissant travaillaient sans relâche et ses pieds étaient infatigables ; sur ses épaules se dressaient les cent têtes d'un horrible dragon, et chacune dardait une langue noire ; des yeux qui armaient ces monstrueuses têtes, jaillissait une flamme étincelante à travers leurs sourcils ; toutes, hideuses à voir, proféraient mille sons inexplicables et quelquefois si aigus que les dieux même pouvaient les entendre, tantôt la mugissante voix d'un taureau sauvage et indompté, tantôt le rugissement d'un lion au coeur farouche, souvent, ô prodige ! les aboiements d'un chien ou des clameurs perçantes dont retentissaient les hautes montagnes.

 

CYMOTHOÉ : fille de Nérée et de Doris.

 

CYNÉTHOS : un des fils de Lycaon.

 

CYNÉTHOS : poète grec, né à Chios. Il mêla ses vers à ceux d’Homère. On lui attribue l’hymne à Apollon.

 

CYNIOS : surnom d’Apollon chez les Cynides.

 

CYNIQUES : secte de philosophes grecs. Leur nom vient du mot grec désignant le chien ou du quartier d’Athènes où ils se réunissaient : Cynosarge. Ils méprisaient les convenances sociales. Leur chef fut Antisthène. Ils se confondirent par la suite avec les stoïciens.

 

CYNNA : amazone qui donna son nom à la ville de Cynna.

 

CYNOCÉPHALE : singe adoré en Égypte depuis la plus haute Antiquité. Animal du dieu Thot, dieu de la sagesse, on le représenta perché sur les épaules d’un scribe à partir du Nouvel Empire (1580 av. J.-C.).

 

                                                

                                                                                  Cynocéphale face à Thot

 

CYNOPOLIS : située à 187 kilomètres au sud du Caire, la ville de Cynopolis était sous la protection des chiens dont on a retrouvé de nombreuses momies sur la rive droite du Nil.

 

CYNORTAS : fils d’Amyclas et de Diomédé. Frère d’Hyacinthe. Père d’Œbalos ou de Périérès. Après la mort de son frère aîné, Argalos, il devint roi de Sparte.

 

CYNOS : fils d’Opus. Père d’Hodœdocus et de Larymne. Il donna son nom à la ville de Cynos en Locride.

 

CYNOSCÉPHALES : têtes de chiens. Lieu-dit de Thessalie célèbre par la victoire et la mort de Pélopidas combattant Alexandre de Phères (365 av. J.-C.) et par la victoire de Flamininus sur Philippe V de Macédoine en 197 av. J.-C.

La Bataille: Les deux adversaires allaient vers Scotusa pour chercher de la nourriture, mais étaient incapables de se voir, à cause des collines. Les deux armées se heurtèrent près de Phère où les premiers accrochages de cavalerie furent en faveur de Flamininus. Une forte giboulée interrompit ces premiers combats. Le lendemain matin, un épais brouillard s'était levé. Philippe reprit malgré tout sa marche et ses troupes se perdirent, se retouvant sur la colline Cynoscéphales. Flamininus envoya alors sa cavalerie qui parvint sur le camp macédonien. Il envoya ensuite 500 cavaliers et 2 000 fantassins en renfort, forçant Philippe à reculer plus haut sur la colline. Le commandant des mercenaires de Philippe, Athenagoras, chassa les Romains de la hauteur, et apprenant qu’ils étaient en déroute, Philippe décida à regret de faire descendre ses troupes dans le champ au pied de la colline. Flamininus positionna ses troupes en face d'eux, gardant son aile droite en réserve et ses éléphants devant, prenant la tête de l’aile gauche. Flamininus joignit les renforts envoyés précédemment et se heurta aux phalanges formant l’aile droite de Philippe. Voyant la menace, il fit avancer son aile droite vers le haut de la colline et près du sommet elle rencontra les Macédoniens qui n’avaient pas pu se mettre en ordre de bataille. Les éléphants les bousculèrent et en arrivant derrière les phalanges les désorganisèrent. Alors les Romains, beaucoup plus mobiles (organisation de la légion en manipules) les massacrèrent et les firent prisonniers. Philippe s’enfuit.

 

CYNOSURE : nymphe du mont Ida. Elle fut chargée de l’éducation de Zeus qui la plaça parmi les étoiles de la Petite Ourse.

 

CYNOSURO : fils d’Hermès. Il donna son nom au mont Cynosure en Arcadie.

 

CYNTHIA et CYNTHIOS : du Cynthe (mont de Délos). Surnom d’Artémis et d’Apollon.

 

CYNURE : fils de Persée.

 

CYPARISSE : fils de Minyas. Frère d’Orchomène. Il donna son nom à la ville de Cyparisse, en Phocide.

 

CYPARISSE : fils de Télèphe ou d’Amyclées. Aimé d’Apollon ou de Zéphyre. Il fut changé en cyprès à cause du chagrin qu’il éprouvait de la perte de son cerf favori.

Sur l'île de Chios, dans une vallée nommée Carte, vivait un cerf merveilleux, protégé par les nymphes. Il était plus beau que les mots peuvent le dire. Il avait sur la tête une paire d’andouillers géants, très ramifiés et couverts d’or brillant. Des couronnes de diamant pendaient de son cou puissant, et ses oreilles étaient constellées de pierres précieuses. Le cerf n'avait aucune crainte de l'homme. Il entrait librement dans les habitations des gens, et tendait la tête pour que tous l’atteignent et le caressent. Tous les habitants l'aimaient, mais Cyparisse l’aimait plus que tous. Il était le jeune fils du roi de Chios, et l’ami bien-aimé d’Apollon, le lanceur de flèches. Cyparisse conduisait le cerf à des riches prairies, et à des sources fraîches d’eau cristalline. Parfois il pendait des couronnes de fleurs parfumées à ses grands andouillers, et d’autres fois il bondissait, à califourchon sur la bête magique, riant à travers la vallée fleurie de Carte. Il était midi, par une chaude journée d’été. La chaleur était insoutenable. Cherchant un abri des rayons impitoyables du soleil le cerf se coucha à l'ombre, s’abritant sous quelques épais buissons. Comme le peut seulement le hasard, Cyparisse était parti chasser non loin de là. De loin, et couvert de feuilles, le cerf ressemblait à tout autre. Cyparisse était un bon chasseur, et dès qu'il entrevit le cerf caché il lança sa lance avec précision. Il ne savait pas que l’animal qu’il avait mortellement blessé était le cerf sacré. Mais lorsqu’il s’approcha et réalisa ce qu'il avait fait, l’horreur remplit son coeur. Accablé de chagrin, il décida de mourir le long de son ami à bois.

 

                                                

                                                                            
Apollon, Hyacinthe et Cyparisse

 

CYPHOS : fils de Perrhæbos. Il donna son nom à la ville de Cyphos.

 

CYPRIA, CYPROGÉNÉIA ou CYPROGÉNÈS : de Chypre. Surnom d’Aphrodite que certaines sources font naître à Chypre où son culte était en l’honneur.

 

CYPSÉLOS : fils d’Æpytos. Père de Mérope. Roi de Basilis en Arcadie.

 

CYPSÉLOS : fils d’Éétion et de Labda. Il reçut son nom du coffre (kypsélè, en grec) dans lequel sa mère l’avait caché pour le soustraire aux poursuites des Bacchiades. Il eut pour fils Périandre et Gorgos. Tyran de Corinthe, il envoya une statue d’or et un palmier d’airain à Olympie où il fit construire un édifice pour déposer son trésor.

 

 

CYRÈNE : Cyrène est fondée par des Grecs venus de Théra (Santorin)sur les conseils de l'oracle de Delphes, conduits par Aristote (ou Battos Ier) de Théra vers -630. Après plusieurs essais infructueux, ils s'installent en un lieu aux terres riches « où le ciel est percé » (signe de pluies abondantes). La dynastie royale des Battiades règne de Bathios Ier jusqu'à l'assassinat d'Arcésilas IV en -440 et l'établissement de la démocratie. La fondation de la ville est racontée dans le Livre IV des Histoires d'Hérodote. La Cyrénaïque devient une partie de l'empire des Ptolémées( vers 321 av J.-C) depuis Alexandrie puis de l'Empire romain en 96 av J.-C. La ville est le lieu de naissance de savants comme Erasthotène, de poètes comme Callimaque, de philosophes comme Carnéade, Arété et surtout Aristippe de Cyrène, fondateur de l'École hédonistesdite des Cyrenaïques. Les habitants de Cyrène à l'époque de Sylla(vers -85) sont divisés en quatre classes : citoyens, fermiers, étrangers résidents et les Juifs, qui constituent une minorité agitée. Lucllus est envoyé par Sylla pour mettre fin aux troubles des Juifs en Cyrénaïques. En -74, Cyrène devient une province romaine et les Juifs, qui avaient disposé d'une égalité des droits sous les Ptolémées sont dès lors opprimés par la population grecque. Ils se révoltent une première fois en 88. En 117, sous Trajan, les Juifs de Cyrène se soulèvent en même temps que leurs coreligionnaires d'Egypte et de Chypre. La révolte est réprimée par Marcus Turbio. On compte plus de 200 000 morts selon Dion Cassius. La Libye est tellement dépeuplée qu'on installe de nouveaux colons selon Eusèbe de Césarée . Quant à la population d'origine juive elle disparait presque totalement. On ne relève en effet à Cyrène que quelques inscriptions juives très isolées jusqu'à la fin de l'Antiquité après cette révolte.

 

                                      

 

                                   

                                                                          Temple d'Apollon à Cyrène

 

CYRÈNE : fille d’Hypsée ou de Pénée et de Chlidanope. Apollon l’enleva, la conduisit en libye et en fit son amante. De cette union, naquit Aristée.

 

CYRÈNE : amante d’Arès. Mère de Diomède.

 

CYRNOS : fils d’Héraclès. Il donna son nom à l’île de Cyrnos (la Corse).

 

CYRNOS : fondateur de Cyrnos en Carystie, où il s’établit après avoir recherché Io.

 

CYRUS : fondateur de l’empire des Perses, était fils du perse Cambyse et de Mandane, fille d’Astayage, roi des Mèdes. C’est l’un des plus grands noms de l’antique Orient. Mais sa vie est mal connue. Elle est entourée de fables, et il est bien difficile de concilier les récits d’Hérodote, de Ctésias, de Xénophon, de la Bible. Hérodote lui-même déclare qu’il a choisi le plus vraisemblable de quatre récits différents. Sa narration n’en est pas moins trop souvent fabuleuse. Suivant ce dernier, Astyage, effrayé par un songe, ordonna la mort de son petit-fils, au moment de sa naissance. Harpagus, chargé de cette mission, donna l’enfant à un berger, qui, au lieu de l’exposer aux bêtes féroces, l’éleva comme son fils. Plus tard, Astayage reconnut la fraude, mais croyant que le danger n’existait plus pour lui, il renvoya l’enfant à ses parents, et punit cruellement Harpagus. Excité secrètement par ce dernier, Cyrus, à la tête des Perses belliqueux, qui ne voulait plus obéir aux Mèdes efféminés, marcha contre Astyage, le défit et lui enleva la couronne, vers 559 av. J.-C. L’empire Médo-Perse était fondé. Suivant Ctésias, il n’y avait aucun lien de parenté entre Cyrus et Astyage, qui aurait été également détrôné et épargné par le vainqueur. Dans son roman moral de la Cyropédie, Xénophon, qui veut donner le spectacle d’un grand et bon roi, raconte l’enfance de Cyrus, élevé par son père, à la manière frugale des Perses, et donnant plus tard à la cours d’Astyage des leçons de tempérance, de force et d’esprit. Plus tard, il aurait commandé les armées d’Astyage et de son oncle, Cyaxare II, auquel il aurait paisiblement succédé . Ce qui paraît certain, c’est que Cyrus, de l’illustre famille perse des Achéménides, réunit les forces des Perses et des Mèdes, et, à leur tête, soumit toute l’Asie occidentale, de l’Indus à la mer Égée, de l’Oxus à la mer Érythrée. Il eut surtout à combattre les Lydiens et Babyloniens. Crésus, vaincu à Thymbrée, 554, fut pris à Sardes, les lieutenants de Cyrus achevèrent la soumission de l’Asie Mineure, en attaquant les villes grecques, tandis qu’après avoir réprimé une révolte des Mèdes, il marchait vers Babylone. Il battit le roi Nabou-Nahid, et son fils Bel-sar-oussor (Balthazar), pénétra dans la ville par le lit de l’Euphrate, et mit fin au second empire de Babylone, 538. Puis Cyrus permit aux Juifs captifs à Babylone, de retourner à Jérusalem et d’y rebâtir leur temple, 526. Suivant Hérodote, Cyrus mourut dans une guerre contre les Massagètes et leur reine Tomyris. Suivant Ctésias, dans une expédition contre les Derbices, mais après avoir partagé ses États entre ses fils ; Cambyse et Tanyoxarès. Xénophon le fait mourir paisiblement dans son lit, après avoir adressé les plus sages recommandations à ses enfants. Son vaste empire avait été divisé en 120 satrapies, et Cyrus avait eu soin de séparer le pouvoir militaire des fonctions purement civiles. On place la mort de Cyrus vers 519. Au temps d’Alexandre, on voyait son tombeau à Pasargades.

Extrait de l'histoire d'Hérodote: « L’empire d’Astyage, fils de Cyaxare, détruit par Cyrus, fils de Cambyse et celui des Perses, qui prenait de jour en jour de nouveaux accroissements, lui firent mettre un terme à sa douleur (liée à la mort de son fils Atys). Il ne pensa plus qu’aux moyens de réprimer cette puissance avant qu’elle devînt plus formidable."

Edit de Cyrus le Grand: "Je suis Cyrus, roi du Monde, grand roi, puissant souverain, roi de Babylone, roi de la terre d'Akkad et de Sumer, roi des quatre points cardinaux, fils de Cambyse, grand roi d'Anshan, petit-fils de Cyrus, grand roi, roi d'Anshan, fondateur d'une lignée royale, celui dont Bel et Nabou chérissent le règne, celui dont le règne réjouit leur cœur. Lorsque j'entrai dans Babylone avec l'esprit le mieux disposé, j'installai mon pouvoir dans le palais royal au milieu de la plus complète satisfaction et d'un regain de joie. Marduk, dieu suprême, fut à l'origine de l'attachement des Babyloniens à ma personne. Chaque jour je n'oubliais pas de lui rendre grâce. Mon armée s'installa sans difficulté au milieu même de Babylone. Je ne laissai aucun de mes soldats semer la terreur sur la terre d'Akkad et de Sumer. Je gardai à l'esprit les besoins de Babylone et de ses nombreux lieux de culte pour leur assurer une vie paisible. Je supprimai le joug malséant qui pesait sur les Babyloniens. Je redonnai vie à leurs habitations laissées à l'abandon. Je mis un terme à leur malheur. Considérant mes actes, Marduk, suprême souverain, se réjouit, accordant sa bénédiction à ma personne ainsi qu'à celle de mon fils Cambyse, chair de ma chair, ainsi qu'à mon armée; et pour notre part, nous rendîmes grâce à sa glorieuse divinité. Tous les rois sédentaires assis sur leur trône partout à travers le monde, de la mer supérieure à la mer inférieure, et tous les rois nomades de la terre occidentale, tous me payaient un impôt important et baisaient mon pied dans ma ville de Babylone. Je restaurai et confortai partout les divinités dont les cultes avaient été abandonnés sous la domination des Tigris, dans les villes d'Ashur et Suse, à Agade, Eshnuna, Zamban, Meurnu, Der, et jusque sur la terre de Gutium. Je rassemblai tous les habitants et relevai leurs maisons. Conformément au souhait de Marduk, le Dieu Puissant, je laissai sans les inquiéter demeurer dans leurs temples les divinités de Sumer et d'Akkad que Nabonide, causant alors la fureur du dieu des dieux, avait fait entrer dans Babylone. Puisse chacun des dieux dont j'ai conforté le culte intercéder quotidiennement en ma faveur auprès de Bel et de Nabou, pour prolonger mes jours; et puissent-ils parler de moi en ces termes: « Fasse que Cyrus, le roi pieux et son fils Cambyse... "

 

                                                      

                                                                         Cyrus II le Grand et les Hébreux

 

CYRUS LE JEUNE : fils de Darius Nothus, roi de Perse, de Parysatis, fut gouverneur de l’Asie Mineure, et soutint les Spartiates contre Athènes, à la fin de la guerre dy Péloponnèse. À la mort de son père, il conspira contre son frère, Artaxerxès Mnémon, et ne dut la vie qu’aux larmes de sa mère. Remis à la tête de son gouvernement, il demanda l’appui de Sparte, recruta des auxiliaires parmi les aventuriers grecs que la fin de la guerre laissait sans emploi. Et avec 13.000 Grecs, commandés par Cléarque, avec une armée de 100.000 Barbares, sous les ordres d’Ariée, il partit de Syrie jusqu’à l’Euphrate, dévoila seulement alors ses projets ambitieux et rencontra son frère à Cunaxa, à vingt lieues de Babylone. Il fut vaincu et tué par Artaxerxès lui-même, 401 av. J.-C. Les Grecs seuls restèrent victorieux à l’aile où ils combattaient et commencèrent alors leur fameuse retraite.

    

CYTHÉRÉE : surnom d’Aphrodite, d’après l’île de Cythère où elle toucha la terre pour la première fois après sa naissance de l’écume de la mer.

 

                                               

                                                                   Naissance d'Aphrodite par Botticelli

 

CYTISOROS : fils de Phrixos et de Chalciope ou Iophossa.

 

CYTOROS : fils de Phrixos et de Chalciope. Il donna son nom à la ville de Cytore en Paphlagonie.

 

CYTOS : fils de Zeus et de la nymphe Himalie.

 

CYZICOS : fils d’Æneus et d’Ænété, ou d’Apollon et de Stilbé. Roi des Dolions à Cyzique, sur la Propontide. Obéissant à l’ordre de l’oracle, il reçut les Argonautes. Ces derniers reprirent la mer pour la Colchide, mais une tempête les ramena sur les côtes de Cyzique dans la nuit. Les Dolions les prirent pour leurs ennemis, les macriens. Au cours de la bataille, Jason tua Cyzicos.

 

 

 

 

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