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DA : nom de Déméter chez les Pélasges.

DABNARTI : forteresse de la XIIe dynastie (1991-1786) au nord de la deuxième cataracte. Elle assurait la sécurité des voies de communication menant au Soudan.
DACHOUR ou DAHCHOÛR : vaste nécropole proche de Saqqara qui comprend plusieurs pyramides, dont la remarquable pyramide rhomboïdale à deux pentes de Snéfrou, le temple de l’Est, le temple de la Vallée et la petite pyramide de la Reine. La plus haute des pyramides est celle de Sésostris III.



La pyramide romboïdale de Snéfrou La pyramide Rouge
DACTYLES : prêtres d’Uranus et de la Terre. On les appela Idéens quand ils eurent passés de Phrygie en Crête, sur le mont Ida, où ils élevèrent Jupiter. Leur nom de Dactyles leur vient, peut-être, de leur dextérité dans les travaux qui ont les doigts ou la main pour instrument. Ils pratiquèrent la médecine et les enchantements, découvrirent l’art de travailler le fer et plusieurs instruments de musique. Instituteurs des premiers Grecs comme de Jupiter, ils méritèrent de passer au rang des dieux.
DACTYLES IDÉENS : génies phrygiens. On leur attribue l’invention du travail du fer et de l’airain. Nés de dactylos, ou de Zeus et de la nymphe Ida, ou d’Ægesthios. Ils pratiquaient l’art de la magie et découvrirent les formules d’incantation utilisées à Éphèse. Leur nombre varie selon les sources. À l’origine on en compta trois : Celmis, Damnaméneus, Acmon. Puis ils furent cinq avant d’être dédoublés en cinq dieux et cinq déesses. Plus tard leur nombre passa à cinquante-deux, puis cent.
DACTYLIFORME : adjectirf synonyme de palmiforme. Colonne dactyliforme.
DACTYLIOTHÈQUE : collection de pierres précieuses ; boîte ou étui où les Romains mettaient leurs anneaux.
Extrait de l'Histoire Naturelle par Pline l'Ancien: Une collection de pierres porte le nom étranger de dactyliothèque. Le premier qui en eut une à Rome fut Scaurus, beau-fils de Sylla. Longtemps il n'y en eut pas d'autre, jusqu'à ce que le grand Pompée consacrât au Capitole, entre autres dons, celle du roi Mithridate ; d'après M. Varron et d'autres auteurs de ce temps, elle l'emportait de beaucoup sur celle de Scaurus. Imitant cet exemple, le dictateur César consacra six dactyliothèques dans le temple de Vénus Génitrix, et Marcellus, fils d'Octavie, une dans le temple d'Apollon Palatin.
DADOUCHOS : surnom d’Artémis et de la Lune chez les Orphiques.
DADUQUE : porte-flambeau. Prêtre qui, au cinquième jour des mystères d’Éleusis, conduisait les initiés, avec une torche à la main, au temple de Déméter à Eleusis.
Le daduque était le second personnage dans la hiérarchie sacerdotale d'Éleusis. Son nom vient de l'attribut caractéristique qui le distinguait des autres ministres de Déméter, porte-flambeau. Dans l'exercice solennel de son ministère le daduque portait donc les flambeaux de Cérès. Nous savons aussi que, comme l'hiérophante et les autres prêtres du culte éleusinien, il était revètu d'une robe de pourpre et avait la tête ceinte d'une couronne de myrte': de plus, même en dehors des cérémonies religieuses, il portait ce diadème, qui, à Marathon, fit prendre Caillas pour un roi par les Perses 4. Sur le fameux vase d'Iacchus découvert à Panticapée et conservé à Saint-Pétersbourg, au Musée de l'Ermitages, on voit Eumolpe faisant l'office de daduque auprès de Déméter et de Coré. Cette figure, que nous reproduisons explique d'une manière précise la coiffure caractéristique de cette fonction sacerdotale et aussi la manière dont le daduque portait les flambeaux; mais nous croyons qu'il ne faut pas la prendre à la lettre pour le reste du costume. On sait positivement par d'autres sources que les ministres supérieurs d'Éleusis portaient la STOLA ou robe longues ; il est donc probable que sur le vase la tunique courte aux riches broderies et les endromides ont été données à Eumolpe en imitation du costume thrace et pour rappeler son origine [ELEUSINIA]. On manque presque absolument de notions sur le rôle du daduque dans la célébration des mystères et dans les grandes solennités du culte 7. Suidas le fait prier avec l'hiérophante pour le salut du sénat et du peuple Porphyre, cité par Eusèbe raconte que dans le drame d'une des nuits sacrées des initiations [ELEUSINIA, sect. vil], le daduque faisait le personnage du Soleil, comme l'épibome celui de la Lune, l'hiérocéryx celui d'Hermès, et l'hiérophante celui du Démiurge.
DÆMON : bon génie qui veillait sur chaque individu durant sa vie.
DAGDA : dieu du chêne chez les Celtes d’Irlande, père des premiers dieux. Il incarnait la fécondité, la puissance et la création. Possesseur du chaudron magique, d’une harpe pouvant faire dormir, rire ou pleurer et d’une massue donnant la mort ou la vie, il livra une guerre sans merci au peuple souterrain des Fomores et donna la victoire aux Tuatha Dé Danann.
DAHÆ : ancien peuple scythique, à l’Est de la mer Caspienne, sur les bords de l’Ochus, entre les Derbices au Sud et les Massagètes au Nord.
DAHUD : fille du roi Gradlon de Cornouailles et d’une fée, cette bonne sorcière régna sur la ville d’Ys construite par son père. Elle ensorcelait d’amour des jeunes hommes et les gardait prisonniers. Cependant elle les libéra quelques heures avant l’engloutissement de la cité. Submergée volontairement par les flots, Dahud entra dans un sommeil enchanté, continuant à perpétuer en rêve les plaisirs et les traditions d’Ys.
DAIRA : la savante. Divinité des mystères d’Éleusis. Fille d’Océan et de Déméter. Elle eut d’Hermès Éleusis. Sœur de Styx.
DAIRE : cette affreuse sorcière fut changée en une jeune beauté lorsque Lugaid tomba amoureux d’elle.
DAKKA : temple du dieu Thot érigé par le roi Ergamène d’Éthiopie vers 260 av. J.-C. Il fut embelli par les Ptolémées avant d’être abandonné. Située à 110 kilomètres d'Assouan, sur la rive est du Nil, la forteresse de la ville de Baki (Kouban), édifiée sous Sésostris Ier (XIIe dynastie), faisait partie de la ligne défensive établie entre la première et la deuxième cataracte et protégeait la piste de l'Ouadi Allaqi qui menait à d'importants gisements aurifères. La région était d'importance et Thoutmosis III fit ériger sur la rive gauche un temple en l'honneur de l'Horus de Baki.Le temple de Dakka (la Pselchis grecque) fut élevé au même endroit par le roi nubien Ergamène et par Ptolémée II au moment où ils exerçaient le co-principat sur la Basse Nubie, au IIIe siècle avant notre ère. Il fut à nouveau décoré et agrandi par d'autres Ptolémées et par les empereurs romains Auguste et Tibère.

Temple de Dakka

Temple de Dakka. Offrande de l'oeil d'Horus.
DALLAN : druide aveugle du roi suprême des Gaëls Éochaid. Il utilisa des baguettes magiques d’if pour retrouver Étaine la Poétesse.
DALMATICATUS : « celui qui porte la robe dalmate ». Cette robe ne fut jamais véritablement adoptée par les Romains. Blanche, décorée ded bandes de pourpre, pourvue de manches longues et amples, elle devint l’habit du clergé sous les premiers papes.
DALMATIE : comprise dans l’Illyrie barbare des anciens, la Dalmatie paraît avoir tiré son nom de la ville de Delminium, qui devint (188 av. J.-C.) le chef-lieu d’une confédération formée par plusieurs peuplades, et qui fut détruite par Scipion Nasica (154). Tibère, sous le règne d’Auguste, la réduisit en province (9 ap. J.-C.). Á partir du Ve siècle de l’ère chrétienne, elle fut envahie par les Ostrogoths, par les Grec sous Justiniens, par les Awares, et, enfin, par les Croates, tribus slaves qui se mêlèrent aux indigènes (686).

DAMAGÉTÈS : roi d’Ialyso. Sur l’ordre de l’oracle, il épousa la dernière des filles d’Aristomène.
DAMALMÉNÈS : pêcheur de la ville d’Érétrie. Des années après la chute de Troie, il retira de la mer l’omoplate de Pélops. Cet os devait conjurer la peste qui sévissait en Élide.
DAMAS : elle est une des plus anciennes et une des plus importantes villes d’Orient. Elle fut la capitale d’un royaume rival de celui d’Israël, mais détruit par les Assyriens. Enlevée à l’empire grec par les Arabes, elle devint la résidence des Ommiades, 660-750.

Vestiges du temple de Zeus à Damas
DAMASCIOS : philosophe né à Damas. Il fut le dernier à professer la philosophie platonicienne à Athènes, dont Justinien ferma les écoles. Il se réfugia avec d’autres disciples auprès du roi des Perses Chosroès (529). L'œuvre de Damascios part de la critique de Proclos en direction du dépassement de l'Un vers un Ineffable sans rapport avec ce qui peut être connu. Pour Damascios, l'absolu est par définition sans relations. L'Un, parce qu'il est relatif aux êtres dont il est le principe, n'est donc pas absolu. La notion de principe absolu est donc en elle-même contradictoire. Damascios, dit Pierre Hadot, "refusait de nommer Un le premier dieu. Au-dessus de l'Un, il voulait remonter à l'Indicible. C'est la thèse antiproclienne [contre Proclos] qu'il expose tout au long de son traité Sur les principes. Par là, Damascios se présente comme le fondateur des théologies de la connaissance non objective de Dieu."
Damascios d'après Suidas: « Il est né, nous dit-il, à Damas. » Il étudia la rhétorique à Alexandrie, les mathématiques à Athènes alors que Marinos succédait à Proclos à l'école d'Athènes, il étudia la philosophie avec Zénodote, autre successeur de Proclos. Il retourna à Alexandrie, suivre les cours d'Ammonios, fils d'Hermias, célèbre commentateur ; et il apprit la dialectique auprès d'Isidore de Gaza, néoplatonicien aussi. Élu diadoque (successeur) ou scolarque (recteur) de l'école néoplatonicienne d'Athènes vers 520, succédant à Hégias qui avait laissé tomber la philosophie à un degré d'abaissement qu'on n'avait jamais vu, il est dépouillé de cette fonction par le décret de Justinien en 529, et, quelques années après, arrive le grand événement de sa vie. Frappés dans leurs croyances, dans leur profession, dans leurs moyens d'existence, — car, en fermant l'École d'Athènes à l'enseignement, on en avait confisqué les biens et les revenus, — les maîtres (Damascios, Simplicios de Cilicie, Priscien de Lydie, Eulamios de Phrygie, Hermias de Phénicie, Diogène de Phénicie, Isidore de Gaza), pour échapper aux humiliations et aux haines ardentes qui les poursuivaient, allèrent, et Damascios avec eux, demander un asile à la cour du roi des Perses Khosrô Ier Anushiravan] ; ce prince obtint son retour dans sa patrie en 533. Soit qu'ils n'aient pas trouvé en Perse l'accueil qu'ils avaient espéré, soit plutôt que le regret de la patrie l'ait emporté sur toute autre considération, leur séjour n'y dura que deux années. Mais ces deux ou trois années ne furent pas perdues pour la science.
DAMASCOS : Arcadien. Fils d’Hermès et de la nymphe alimède. Il fonda la ville de Damas en Syrie.
DAMASIOS : troyen tué par Polypète.
DAMASIPPOS : fils d’Icarios. Frère de Pénélope.
DAMASISTRATOS : roi de Platée qui fit ensevelir le père d’Œpide.
DAMASTÈS : célèbre bandit plus connu sous le nom de Procruste. Thésée le tua.
DAMASTOR : un des Géants. Dans l’un des combats contre les dieux, il leur lança le géant Pallas pétrifié par la tête de Méduse.
DAMATRIOS : 10ème mois de l’année grecque, nommé ainsi en l’honneur de Cérès, il correspondait à Juillet.
DAME DE LA FONTAINE : incarnant la connaissance druidique, elle gardait la source de guérison et d’immortalité.
DAME DU LAC : gardienne de l’épée Excalibur après la bataille de Camelot (Camlan).

DAMIA : divinité mystérieuse adorée à Égine, Épidaure et Trézène. Cette déesse présidait à la fructification et à la production. Seules les femmes pouvaient assister à sa fête.
DAMITHALÈS : Grec qui donna l’hospitalité à Déméter.
DAMNAMÉNEUS : nom mystique du soleil dans les formules théologiques de l’école d’Héraclite.
DAMNAMÉNEUS : nom d’un Dactyle idéen.
DAMNO : fille de Bélos. De son union avec Agénor, naquirent Phénix, Isée et Mélie.
DAMON : musicien et philosophe athénien. Il fut le maître et l’ami de Périclès et de Socrate.
DAMON : pythagoricien de Syracuse (vers 400 av. J.-C.). Il se porta caution du retour de son ami Pythias qui avait été condamné à mort, mais avait obtenu de pouvoir aller régler ses affaires avant l’exécution. Pythias revint au jour dit et fut gracié par le tyran Denys.
DAMONA : déesse gauloire des eaux vives, épouse du dieu Borvo.

Autel dédié à Borvo et Damona
DAMONÉ : Danaïde. Femme d’Amyntor.
DAMOPHON : sculpteur messénien du IIe siècle av. J.-C. Il répara la statue de Zeus Olympien, chef-d’œuvre de Phidias.

Sculpture de Damophon ? (Lycosura)
DAMYSOS : le plus agile des géants. Son calcanéum retrouvé par Chiron fut adapté au pied d’Achille et rendit ce héros le plus agile de tous les hommes.
DANA : déesse celte primordiale des Tuatha Dé Danann.
DANACÈ : obole placée dans la bouche des morts. Elle servait à payer Charon, le passeur des enfers.
DANAÉ : fille d’Acrisios, roi d’Argos, et d’Eurydice. L’oracle annonça à Acrisios qu’il mourrait de la main de son petit-fils, si Danaé venait à être mère. Alors il enferma sa fille dans une tour d’airain. Mais Zeus, changé en pluie d’or, pénétra dans la tour et Danaé eut de lui un fils nommé Persée. Acrisios enferma la mère et l’enfant dans un coffre et les jeta à la mer. Ils dérivèrent jusqu’à l’île de sériphos où ils furent accueillis par Dictys qui les conduisit chez son frère, le roi Polydectès. Ce dernier, amoureux de Danaé, envoya son fils Persée chez les Gorgones afin qu’il essaie de s’emparer de la tête de Méduse.

Rembrandt van Rijn "Danae" La pluie d'or sur Danae

Danaé par le Tintoret Danae par Titien
DANAÏDES : nom patronymique des cinquante filles de Danaüs. Obéissant à l’odre de leur père qui leur avait donné des poignards pour tuer leurs fiancés, elles exécutèrent toutes ce crime la nuit de leurs noces, excepté Hypermnestre, Amymoné et Bébrycé qui firent échapper leurs époux. Par ordre de Zeus, les Danaïdes furent purifiées par Hermès et Athéna du meurtre qu’elles avaient commis. Elles furent tuées avec leur père par Lyncée, l’époux d’Hypermnestre. La fable raconte qu’elles furent condamnées dans les enfers à remplir éternellement un tonneau sans fond. À argos, où quatre puits leur étaient consacrés, on leur rendait les honneurs divins.

Danaïdes par WATERHOUSE
DANAÏS : nymphe. Pélops lui fit un fils, Chrysippe.
DANAIIS : fils de Bélos et d’Anchinoé. Frère d’Ægyptos. Père de cinquante filles, il fut le premier à construire un vaisseau à cinquante rames sur lequel il s’enfuit avec ses filles. Il parvint à Rhodes où il consacra une statue à Athéna Lindie et se dirigea ensuite vers le Péloponnèse où il disputa le trône au roi d’Argos, Gélanor. Pour départager les deux concurrents, on lâcha un loup au milieu d’un troupeau de bœufs. Le loup lutta contre un taureau et le vainquit. Le peuple interpréta cette victoire comme favorable à Danaiis et le choisit pour roi. Les cinquante fils d’Ægyptos retrouvèrent cependant la trace de Danaiis et demandèrent ses filles en mariage. Il accepta, demandant à ses filles de tuer leurs fiancés le soir de leurs noces.
DANIEL : prophète hébreu, de la maison royale de David, vivait vers l’an 600 av. J.-C. Emmené fort jeune en captivité à Babylone, il y apprit la langue et les usages des Chaldéens. Il y découvrit l’innocence de la chaste Suzanne, expliqua les songes de Nabuchodonosor, et, dans le festin de Balthasar, les trois caractères mystérieux. Sous Darius le Mède (Cyaxare II) et Curus, il conserva un grand crédit, bien qu’il eut été jeté dans la fosse aux lions. Il a prédit la succession des quatre grandes monarchies et la venue du Messie.

Daniel dans la fosse aux lions par Rubens(1613-1615)
DANIEL (Saint) : 410-470 né près de Samosate en Syrie. Il vécut, pendant 38 ans, sur une colonne aux environs de Constantinople.
DANSE : on distinguait les danses de divertissement et les danses religieuses. Les femmes de la haute société s’adonnèrent aux premières dès le début de l’Ancien Empire. Elles se faisaient accompagner de musiciens et d’hommes et de femmes donnant le rythme par le claquement de leurs mains. Les danses sacrées, peu différentes des précédentes, étaient exécutées lors de l’érection du pilier, djed, à la fête du nouvel an et à la fête de l’ivresse. On dansait aussi lors de la célébration des mystères d’Hathor. Les nains furent les danseurs sacrés qui accompagnaient le lever du soleil. Il y eu aussi des troupes de danseurs professionnels, des acrobates, des ballerines, que les particuliers engageaient le temps d’un banquet.

DANSE (SALTATIO) : on distinguait les danses religieuses composées de mouvements lents et graves autour des autels, les danses gymniques et guerrières, telles que la danse saltatio bellicrepa inventée par Romulus, les danses des mimes et les danses de divertissement données lors des festins.
Elles se composaient presque tout entières de mouvements lents et graves autour de l'autel, sans aucune attitude violente, sans aucune prétention à la souplesse, et elles ressemblaient plus à une marche en cadence accompagnée de musique, qu'à ce que nous appelons proprement une danse. Aussi, chez les Grecs et chez les Romains, des hommes et des femmes libres de tout rang, et même du plus élevé, jouaient leur rôle dans ces pompes, sans que cela nuisît à leur réputation et fût regardé comme au-dessous de leur dignité.
Danses guerrières:
1. Saltatio corybantum. La danse des Corybantes, propre plus particulièrement aux Phrygiens et aux Crétois ; elle tenait le milieu entre les danses religieuses, militaires et mimiques. Ceux qui l'exécutaient étaient armés et bondissaient de côté et d'autre avec des gestes étranges et violents, tout en frappant leurs boucliers et leurs glaives l'un contre l'autre pour imiter le bruit que faisaient les Corybantes quand, en Crète, ils s'efforçaient de couvrir le bruit des cris de Jupiter enfant . On suppose que c'est cette danse que représente le groupe suivant, pris d'un bas-relief au Vatican. L'ensemble de ce qui reste de cete composition est formé de six figures, toutes dans la même attitude que le couple ici représenté ; mais comme les deux figures extrêmes n'ont pas de vis-à-vis, il est évident que ce marbre n'est qu'un fragment, et ce fragment, dans l'origine, faisait partie d'une frise qui comprenait un plus grand nombre d'exécutants.
2.Saltatio Saliorum. Danse qu'exécutaient les Saliens ou prêtres de Mars , dans la cérémonie où les boucliers sacrés (ancilia) étaient portés en pompe à Rome. Nous n'en avons pas de représentation, mais on peut inférer d'un passage de Sénèque , que les mouvements de ces prêtres ressemblaient plutôt à des sauts et des bonds qu'à des pas gracieux ou mesurés : car il les compare au frappement de pieds et aux sauts des foulons (saltus fullonii) sur les étoffes qu'ils sont employés à nettoyer. On déployait dans cette danse une grande force musculaire et beaucoup d'agilité.
3.Saltatio bellicrepa. Danse guerrière romaine, instituée, dit-on, par Romulus, en commémoration du rapt des Sabines, comme cérémonie expiatoire destinée à détourner de son peuple un semblable malheur.

Danse guerrière Danse de divertissement
DAPHNÆA : surnom d’Artémis à Laas en Laconie où s’élevait sa statue en bois de laurier.
DAPHNÆOS : surnom d’Apollon à qui on consacrait le laurier (daphné), symbole de la civilisation. Sous ce nom, il avait un temple dans le bois de Daphné près d’Antioche.
DAPHNÉ : Oréade (nymphe de montagne). Choisie par la Terre, elle présidait aux oracles que cette déesse rendait à Delphes.
DAPHNÉ : fille du dieu-fleuve Ladon, en Arcadie, et de la Terre. Poursuivie par Apollon, elle implora sa mère qui la reçut dans son sein. Pour consoler le dieu, la Terre fit croître un arbre du nom de la jeune fille. De cet arbre toujours vert, Apollon tressa des couronnes.
C'est Parthénios de Nicée, poète du 1er siècle av. J.-C, et tuteur du grand poète latin Virgile, qui, le premier, nous conte l'histoire de Daphné, dans son seul ouvrage qui nous reste, les Erotica Pathemata, ou "passions amoureuses", recueil de quelques amours malheureuses de la Mythologie : "C'est ainsi que l'histoire de Daphné, fille d'Amyclas, est racontée. Elle n'allait jamais dans la cité, ni ne s'associait avec les autres jeunes filles ; mais elle avait des meutes nombreuses, en Laconie et dans les lointaines montagnes du Péloponnèse. Par sa passion de la chasse, elle était devenue chère à Artémis, qui lui avait donné le don de viser juste. Un jour, elle dut traverser l'Elide, et là Leucippe, fils d'Oenomaos, tomba amoureux d'elle ; il résolut de ne pas la courtiser de la manière traditionnelle, mais se revêtit de vêtements féminins et la rejoignit à la chasse. Et il advint qu'elle devint rapidement très attachée à lui, ne voulant pas qu'il s'éloigne, l'embrassant et s'accrochant à lui tout le temps. Mais Apollon était aussi amoureux de la jeune fille, et c'est avec un sentiment de colère et de jalousie qu'il vit Leucippe avec elle ; il lui mit dans l'esprit d'aller se baigner dans un fleuve avec ses suivantes. À leur arrivée, elles commencèrent à se déshabiller, et quand elle virent que Leucippe n'était pas près à suivre leur exemple, elles lui ôtèrent ses vêtements de force et, lorsqu'elles constatèrent qu'elles avaient été trompées et qu'il avait ourdi un complot contre elles, elles plongèrent leurs lances dans son corps. Mais il disparut, par la volonté des dieux. Daphné, qui voyait Apollon s'avancer vers elle, s'enfuit et, comme il la poursuivait, elle implora Zeus d'être soustraite de la vue des mortels. Et l'on suppose qu'elle est devenue l'arbre qui porte son nom en grec, le laurier."

Daphné et Apollon ainsi que le père de Daphné, le dieu-fleuve Pénée. Apollon et Daphné de Bernini (1622-25)
DAPHNÉ : faubourg d’Antioche, sur l’Oronte, était célèbre dans l’antiquité par ses bois de lauriers, ses maisons de campagne et ses fêtes en l’honneur d’Apollon.
DAPHNÉPHORIES : fêtes célébrées tous les neuf ans, à thèbes, en l’honneur d’apollon. Un jeune homme choisi pour sa beauté, la tête ceinte d’une couronne d’or, portait un rameau d’olivier sur lequel s’entrelaçaient des guirlandes de laurier et de fleurs, avec plusieurs globes représentant le système solaire. Un paranymple, tenant à la main une baguette ornée, l’accompagnait. Tous deux étaient suivis par un chœur de vierges, qui chantaient des hymnes. Le cortège se rendait en une marche solennelle au temple d’Apollon.
A Tempé, au lieu même où Apollon s'était couronné et avait coupé la branche de laurier, il y avait un autel. Tous les neuf ans, les Delphiens envoyaient à Tempé une théorie d'enfants nobles, dont l'un, l'Archidaphnéphore, conduisait les autres. Après avoir accompli sur l'autel un pompeux sacrifice, ils tressaient des couronnes, coupaient des rameaux du laurier sacré et revenaient à Delphes en grande pompe. La voie qu'ils suivaient, et dont les étapes étaient régulièrement fixées, était la même qu'avait suivie Apollon Daphnéphoros, la voie Pythias, à travers les pays des Thessaliens, des Pélagoniens, des OEtéens, des OEnianes, des Méliens, des Doriens, des Locriens-Hespériens. Sur leur passage, les populations leur faisaient cortège avec une grande vénération.
DAPHNIS : fils d’Hermès et d’une nymphe. Berger et chasseur sicilien. Il apprit à Pan à jouer de la flûte et inventa la poésie pastorale. Sa mère le déposa nouveau-né dans un bois de laurier consacré à Apollon. Il fut recueilli et élevé par des nymphes et des bergers. Une nymphe, Échénaïs ou Xénée tomba amoureuse de lui et lui fit jurer une fidélité éternelle, sous peine de devenir aveugle s’il manquait à sa parole. Enivré par la princesse Chimæra, il oublia son serment. La nymphe le priva alors de la vue. Devenu aveugle, Daphnis implora Hermès qui le transporta au ciel. Selon une autre source, Piplée ou Thalia, amante de Daphnis, avait été enlevée par des brigands. Daphnis se mit à sa recherche et la retrouva en Phrygie où elle était devenue l’une des esclaves du roi Lityersès. Héraclès l’aida en tuant le roi de Phrygie et délivra Piplée. Les deux amants reçurent en présent le palais de Lityersès.
Pan et Daphnis
DAPHNIS et CLHOÊ: Daphnis et Chloé est présenté sur les manuscrits comme un ensemble de « pastorales de Longus ». Le roman, fortement inspiré par la poésie bucolique, et également par les Idylles de Théocrite, se déroule sur quatre livres. Le sujet de Daphnis et Chloé se distingue des autres romans grecs par son décor bucolique et l’ironie constante qui préside au déroulement de l’action. Celle-ci a lieu dans la campagne, près de la cité de Mytilène. Daphnis est un jeune chevrier, enfant trouvé. Chloé, quant à elle, une bergère, également enfant trouvée. Ils s’éprennent l’un de l’autre mais de multiples rebondissements les empêchent d’assouvir leur amour. C'est avant tout leur éducation sentimentale qui est décrite tout au long de ces péripéties. À la fin du roman, chacun retrouve ses véritables parents, et la noce peut avoir lieu.

Jean Léon Gerôme (1824-1904) : Daphnis et Chloé (1852) François-Pascal-Simon-Gérard, Daphnis et Chloé
DAPHNOMANCIE : divination par le laurier. On jetait une branche dans le feu : si elle pétillait en brûlant, c’était un heureux présage. Dans le cas contraire, une catastrophe était annoncée.
DAPLIDICÉ : l’une des Danaïdes.
DARA : ville de l’ancienne Mésopotamie, près de la frontière de Perse. Justinien y éleva les fortifications et soutint, à cette occasion, contre Chosroès Ier, une guerre, 532-533, dans laquelle Bélisaire commença sa réputation. Les ruines de Dara sont situées à 30 km au sud-est de Mardin sur la route de Nusaybin dans le village de Oguz dont les maisons ont été construites à l'emplacement d'une ancienne forteresse. Jadis, Dara fut un lieu important de la Haute Mésopotamie. Dara prit son nom de Darius Ier, ou en persan original "Darayavaush" qui veut dire "roi". Après qu'Alexandre le Grand eut vaincu les Perses, la région passa sous la domination des Séleucides. Plus tard, Dara tomba aux mains des Romains, des Parthes, des Byzantins, des Sassanides et des Arabes avant d'être incorporée aux territoires turcs. Durant une courte période, Dara fut rebâptisée Anastasiopolis lorsqu'elle fut fortifiée en 506 par l'empereur Byzantin Anastase Ier contre les Perses Sassanides. Les ruines de Dara couvrent une grande superficie. Elles comprennent une prison souterraine et une impressionnante structure monumentale situées sous ce qui était autrefois le palais, des entrepôts, des habitations troglodytiques, de grandes citernes, un arsenal, un pont, des fortifications...
Légende de Saint Barthélémy: Après avoir proclamé le Nom du Christ dans divers lieux, le Saint Apôtre Barthélemy mourut crucifié en Arménie . Les fidèles de l'endroit déposèrent son corps dans un cercueil de plomb et le cachèrent à Urbanopolis. Comme il se produisait continuellement des guérisons auprès de la dépouille du Saint, des foules de Chrétiens accouraient pour recevoir le soulagement de leurs maux corporels et spirituels. Voyant cela, les païens, serviteurs du diable, furent pris de fureur et saisirent la première occasion pour s'emparer du sarcophage contenant la précieuse Relique et le jeter à la mer, avec les restes de quatre autres Martyrs: Papien, Lucien, Grégoire et Acace2. Le sarcophage surnagea néanmoins miraculeusement et transmit en de nombreux endroits la bénédiction du Saint par la présence de son corps. Traversant la mer Noire et l'Hellespont, il passa dans la mer Égée et dans l'Adriatique, pour aller finalement s'échouer sur la côte de l'île de Lipari. Les corps des quatre autres Saints, qui avaient escorté Saint Barthélemy dans toute cette traversée, s'arrêtèrent en des lieux divers, selon le bon vouloir de la Providence: Papien à Amila en Sicile, Lucien à Messine, Grégoire à Colimène en Calabre et Acace à Ascalos.Sous le règne de Théophile l'iconoclaste3, l'île fut prise par les Arabes et désertée par ses habitants. Ayant appris cela, le gouverneur de la ville de Bénévent envoya des Chrétiens d'Amalfi prendre la Sainte Relique, au devant de laquelle il se porta en compagnie de l'Evêque, et il la fit déposer dans une église, où de nombreux fidèles purent profiter de la grâce qui en émanait. Selon d'autres sources, ses Reliques furent tranférées à Martyropolis par St Maruthas vers 410 , puis à Dara, en Mésopotamie, sur ordre de l'empereur Anastase (507), où Justinien fit construire une église en l'honneur du Saint Apôtre. On mentionne en outre leur présence en Phrygie, vers 546. C'est en 580 qu'a dû avoir lieu leur transfert à Lipari.
DARDANARIUS : grossiste qui achetait et spéculait sur les denrées.
DARDANOS : fils de Zeus et d’Électre, fille d’Atlas. Frère de Jasion, d’Aêtion et d’Harmonie. Époux de Chrysé, fille de Pallas, il eut d’elle deux fils : Idæos et Dimas. Ces derniers régnèrent sur le royaume de Pallas en arcadie, puis se séparèrent à la suite d’une famine causée par une inondation. Dimas resta en Arcadie, tandis que Dardanos et Idæos se rendaient à Samothrace où ils fondèrent une colonie. Dardanos poursuivit son voyage et fonda Troie en Phrygie. En secondes noces, dardanos se maria avec Batée, fille de Teucer, qui lui donna deux fils et une fille : Ilos , Érichthonios et Idæa.
DARDANOS : père de Zacynthos.
DARDANOS : fils de Pâris et d’Hélène.
DARDANOS : Thessalien. Il accompagna Protésilas à troie.
DARDANOS : fils de Bias. Achille le tua.
DARDANUM : ville de la Mysie, dans laquelle Sylla imposa à Pithridate un traité onéreux (84 av. J.-C.).
DARDANUS (CAIUS POSTHUMUS): préfet du prétoire des Gaules du début du V e siècle qui se déclara contre Jovin, considéré comme usurpateur de l'autorité impériale, et qui lui fit subir le dernier supplice après qu'il eut été vaincu à Valence par le roi des Goths Athaulf. Celui-ci le captura et le livra au préfet Dardanus. C'est Dardanus qui fit exécuter Jovin à Narbonne en 413, puis envoya à Honorius, alors en résidence à Ravenne, les têtes du supplicié et de son frère SebastianusSelon toute vraisemblance, Dardanus est issu d'un milieu modeste et doit à ses études et à ses capacités le fait d'atteindre le statut de patrice, puis d'accéder au poste de préfet des Gaules par deux fois, une première fois en 401-404 et une seconde fois en 412-413après le transfert en 407 du siège de la préfecture du prétoire des Gaules de Trèves à Arles. il serait à l'origine de la fondation d'un établissement appelée Théopolis (en grec : « Cité de Dieu »), établi sur son domaine, pour laquelle il fit élargir les deux côtés de la route menant à l'actuel village de Saint-Geniez depuis Sisteron et à laquelle il donne des murailles et des portes.
Traduction d'Edouard de Laplane concernant la pierre de Dardanus: " Claudius Postumus Dardanus, homme illustre, revêtu de la dignité de Patrice, ex-consulaire de la province viennoise, ex-maître des requêtes, ex-questeur, ex-prêteur des Gaules, et Nevia Galla, noble et illustre dame, son épouse, ayant fait tailler les flancs de la montagne de chaque côté, ont donné des routes praticables au lieu nommé Théopolis, lieu qu'ils ont fortifié par des murs et des portes. Ce travail à été exécuté dans leur propriété particulière, mais ils ont voulu néanmoins qu'il serve à la protection de tous ; il a été fait encore avec l'aide de Claudius Lepidus, homme illustre, compagnon et frère du sus-mentionné, ex-consulaire de la province romaine, ex-secrétaire de la province de l'Empire, ex-intendant des affaires privées. Afin que leur sollicitude pour le salut de tous et un témoignage de la reconnaissance publique puissent être montrés par cette inscription. "

Pierre de Dardanus
DARÈS : prêtre d’Héphaïstos à troie. Père de Phégée et d’Idæa.
DARÈS : Phrygien. Il servit de guide à Hector. Ayant passé dans le camp ennemi, il fut tué par Ulysse.
DARIUS Ier : fils d’Hystaspe, de la race des Achéménides, 523-485 av. J.-C., devint roi de Perse par la mort du mage Smerdis, qu’il tua, aidé de six seigneurs. Il eut alors à réprimer dans toutes les parties de l’empire de formidables insurrections. Il triompha notamment de Babylone après un siège de vingt mois et grâce au dévouement de Zopyre. Il fit la conquête d’une partie de l’Inde, probablement de Pendjab, et envoya la flotte de Scylax explorer la mer Érythrée. En Occident, il franchit le Bosphore, puis le Danube, ravagea le pays des Scythes, soumit la Thrace et la Macédoine. La révolte de l’Ionie, 504, amena les guerres médiques : la première expédition de Darius fut arrêtée par le désastre de sa flotte au mont Athos, 495. La seconde, par la déroute de Marathon, 490. La troisième, par une révolte de l’Égypte. Il organisa l’empire perse en 23 satrapies ou grandes provinces, ayant chacune un satrape qui rendaqit la justice et levait l’impôt, un générale qui commandait les troupes et un secrétaire royal, qui faisait le service de chancelier. On connaît le règne de Darius par Hérodote et surtout par la grande insceiption trilingue de Behistoun.

Bas relief représentant le roi Darius
DARIUS II : Nothus (le bâtard), auparavant Ochus, roi de Perse (423-404 av. J.-C.), était l’un des 70 fils d’Artaxerxès Ier. Il mit à mort son frère et prédécesseur Sogdien, et livra le pouvoir à sa femme Parysatis. De nombreuses révoltes éclatèrent, et, entre autres, celle d’Amyrtée en Égypte. En 407, il avait donné le gouvernement de l’Asie Mineure à son fils Cyrus le jeune.
DARIUS III : Codoman, roi de Perse, 337-330, régna après Arsès, empoisonné par l’eunuque Bagoas. Il perdit, contre Alexandre le Grand, les trois batailles du Granique, 334, d’Issus, 333, et d’Arbelles, 331. Il fut assassiné dans sa fuite par Bessus (330 av. J.-C.).
DASCYLOS : fils de Tantale, roi de Phrygie, et époux d’Anthémoïsa. Frère de pélops, de Protée et de Niobé.
DASSARÉTIE : région de l’Illyrie barbare, à l’ouest de la Macédoine. Elle avait pour capitale Lychnidos sur les bords du lac Lychnitis.
Extrait de l'Histoire Romaine par Tite Live: Cependant M. Baebius et le roi Philippe, qui avaient, pendant l'hiver, opéré leur jonction dans la Dassarétie et envoyé Ap. Claudius en Thessalie pour faire lever le siège de Larissa, n'avaient pu rien entreprendre à cause de la saison ; ils étaient rentrés dans leurs quartiers. Mais aux premiers jours du printemps ils réunirent leurs forces et descendirent en Thessalie. Antiochus était alors en Acarnanie ; dès leur arrivée, ils attaquèrent, Philippe la ville de Mallée dans la Perrhébie, Baebius la place de Phacium ; Baebius l'emporta presque sans coup férir, et fit avec la même rapidité la conquête de Phaestos. Puis, revenant sur Atrax, il s'empara de Cyrétiae et d'Érition, jeta des garnisons dans toutes les places reconquises et alla rejoindre Philippe sous les murs de Mallée. À l'arrivée de l'armée romaine, les habitants, effrayés, ou espérant obtenir leur pardon, capitulèrent, et les deux armées réunies se mirent en marche pour aller reprendre les places emportées par les Athamans. Ces places étaient Éginion, Éricinion, Gomphi, Silana, Tricca, Mélibée, Phaloria. On investit ensuite Pellinion, où Philippe de Mégalopolis était en garnison avec cinq cents hommes d'infanterie et quarante chevaux. Avant de donner l'assaut, on fit inviter le commandant à ne pas courir les chances d'une lutte désespérée. Sa réponse fut hautaine: "Il aurait pu, dit-il, se fier aux Romains ou aux Thessaliens, mais se remettre entre les mains de Philippe, jamais." On vit bien qu'il fallait employer la force ; mais il parut possible d'attaquer en même temps Limnéion: on décida que le roi marcherait sur Limnéion ; Baebius resta pour assiéger Pellinion.
Tite Live, ab Urbe Condita: Philippe poussait activement sur terre et sur mer ses préparatifs de guerre; il concentrait ses forces navales à Démétriade en Thessalie. Prévoyant qu'Attale et la flotte romaine quitteraient Égine au retour du printemps, il chargea Héraclidas du commandement de ses vaisseaux et des côtes, comme il l'avait fait précédemment; lui-même il s'occupa de rassembler ses troupes de terre, se flattant d'avoir enlevé aux Romains deux puissants auxiliaires, les Étoliens d'une part, de l'autre les Dardaniens, parce qu'il avait fait fermer les gorges de Pélagonia par son fils Persée. Le consul n'en était plus à préparer la guerre; déjà il s'était mis en campagne, et conduisait son armée par le territoire des Dassarétiens, traînant avec lui, sans y toucher, le blé qu'il avait emporté de ses quartiers d'hiver; car le pays suffisait à l'entretien du soldat. La plupart des villes et des bourgades se soumirent volontairement ou par crainte: on en força quelques-unes; on en trouva d'autres abandonnées par les Barbares, qui s'étaient réfugiés dans les montagnes voisines. Le consul s'arrêta quelque temps à Lyncus, près du fleuve Bevus; de là ses fourrageurs allaient piller les greniers des Dassarétiens. Philippe voyait la désolation se répandre autour, de lui, et une terreur profonde s'emparer des habitants; mais ignorant de quel côté avait tourné le consul, il détacha un escadron de cavalerie pour reconnaître la route qu'avaient prise ses ennemis. Sulpicius était dans la même incertitude: il savait que le roi avait quitté ses quartiers d'hiver; mais il ignorait de quel côté il s'avançait, et avait aussi envoyé des cavaliers à la découverte. Les deux détachements, partis de deux côtés différents, après avoir erré longtemps dans la Dassarétie sans connaître leur direction, finirent par se rencontrer. Ils furent avertis l'un et l'autre de l'approche de l'ennemi par le bruit des hommes et des chevaux qu'on entendait de loin. Aussi, longtemps avant d'être en présence, ils s'étaient préparés au combat, et dès qu'ils s'aperçurent, ils se chargèrent avec fureur. Ils se trouvaient égaux en nombre et en courage. C'était, de part et d'autre, l'élite de l'armée, et, pendant quelques heures, ils luttèrent à forces égales. Ce fut la fatigue des cavaliers et de leurs chevaux qui fit cesser le combat sans que la victoire fût décidée. Après une perte de quarante hommes du côté des Macédoniens, et de trente-cinq du côté des Romains, ils s'en retournèrent les uns auprès de Philippe, les autres auprès du consul, sans pouvoir éclairer ni l'un ni l'autre davantage sur leur position respective. On obtint ces renseignements par des transfuges, gens faciles à exploiter pour qui veut surprendre à la guerre les secrets d'un ennemi.
DASYLLIOS : aux pampres touffus. Surnom de Dionysos à Mégare.
DATAME : général perse, connu par une biographie de Cornelius Nepos. Il dompta les satrapes de Paphlagonie et de Cataonie, révoltés contre Artaxerxès. Calmonié, il se souleva à son tour, battit deux généraux du grand roi, et périt assassiné en trahison vers 361 av. J.-C.
DATIS : général de Darius Ier, fils d’Hystaspe, roi de Perse, fut vaincu par Miltiade à Marathon, 490 av. J.-C.
DAULIAS : surnom de Philomèle, reine de Daulis, métamorphosée en rossignol.
DAULIS : nymphe. Fille du Céphise. Elle donna son nom à la ville de Daulis, en Phocide.
DAUNOS : Arcadien. Fils de Lycaon. Frère de Iapyx et de Peucétios. Les trois frères vinrent s’établir à la tête des Illyriens et des Messapiens sur la côte orientale d’Italie d’où ils chassèrent les Ausones.
DAUNOS : roi apulien. Forcé de quitter l’Illyrie, il vint s’établir en Apulie. Il accueillit Diomède et lui donna en mariage sa fille Évippé.
DAUPHIN : les anciens représentaient le dauphin comme le symbole d’une mer calme, de la Méditerranée, d’une expédition heureuse et de la thalassocratie ou puissance maritime. Il était associé à Aphrodite, Téthys, Nérée, Protée, Palémon et à Poséidon dont il était le messager.

DAURBLADA : nom de la harpe magique du père des dieux Dagda dont les sons faisaient rire, pleurer ou dormir.
DAVID : roi d’Israël, guerrier et prophète, naquit à Bethléem. Il gaqrda d’abord les troupeaux de son père, Isaïe ou Jessé. Sacré roi par Samuel, il fut appelé auprès de Saül pour calmer, par les sons de sa harpe, les fureurs de ce prince. Sa victoire sur le géant Goliath excita la jalousie du vieux roi, qui voulut le faire périr, et David dut fuir dans le désert. Après la mort de Saül, tué sur le mont Gelboé, David fut sacré une seconde fois à Hébron, dans la tribu de Juda, 1056. Mais onze tribus obéirent encore pendant sept ans à Isboseth, fils de Saül. Roi de tout Israël. David enleva Jérusalem aux Jébuséens, l’agrandit et y fixa sa demeure : il y transporta l’arche d’alliance. Vainqueur des Philistins, conquérant de Moab, de l’Idumée et de la Syrie, il régna jusqu’à l’Euphrate. Ses succès furent souillés par son adultère avec Bethsabée, dont il fit périr l’époux, Urie. David fut puni par la mort du fils de Bethsabée et par la révolte de son fils Absalon. Il mourut en 1016, âgé de 70 ans. Il avait constitué l’Etat juif, organisé une armée permanente, et préparé la construction du temple qu’éleva son fils Salomon. Il nous reste, sous le nom de David, 150 Psaumes.

Jan Metsys: David et Bethsabée (1562).
DÉAMBULATOIRE : ce couloir à ciel ouvert apparu tardivement dans les temples tels que celui d’Edfou, élevé à la fin du IIIe siècle avant notre ère.
DÉBEN : poids d’argent, de cuivre ou d’or équivalent à 91 grammes.
DÉBORA : prophétesse juive, vivait dans le XIVe siècle av. J.-C. D’après ses inspirations, Barac battit au mont Thabor, Sisara, général de Jabin, roi d’Azor, qui avait réduit les Hébreux en servitude. Le chapitre V du livre des Juges renferme le chant de Débora sur la mort de Sisara, tué par la juive Jahel.
Extrait des Juges:
| Jg 5:1- |
En ce jour-là, Débora et Baraq, fils d'Abinoam, chantèrent, disant : |
| Jg 5:2- |
Puisqu'en Israël des guerriers ont dénoué leur chevelure, puisque le peuple s'est offert librement, bénissez Yahvé! |
| Jg 5:3- |
Écoutez, rois! Prêtez l'oreille, princes! Moi, pour Yahvé, moi je chanterai. Je célébrerai Yahvé, Dieu d'Israël. |
| Jg 5:4- |
Yahvé, quand tu sortis de Séïr, quand tu t'avanças des campagnes d'Édom, la terre trembla, les cieux se déversèrent, les nuées fondirent en eau. |
| Jg 5:5- |
Les montagnes ruisselèrent devant Yahvé, celui du Sinaï, devant Yahvé, le Dieu d'Israël. |
| Jg 5:6- |
Aux jours de Shamgar fils d'Anat, aux jours de Yaèl, il n'y avait plus de caravanes; ceux qui s'en allaient par les chemins prenaient des sentiers détournés. |
| Jg 5:7- |
Les villages étaient morts en Israël, ils étaient morts, jusqu'à ton lever, ô Débora, jusqu'à ton lever, mère en Israël! |
| Jg 5:8- |
On choisissait des dieux nouveaux, alors la guerre était aux portes; on ne voyait ni bouclier ni lance pour quarante milliers en Israël! |
| Jg 5:9- |
Mon cœur va aux chefs d'Israël, avec les libres engagés du peuple! Bénissez Yahvé! |
| Jg 5:10- |
Vous qui montez des ânesses blanches, assis sur des tapis, et vous qui allez par les chemins, chantez, |
| Jg 5:11- |
aux acclamations des pâtres, près des abreuvoirs. Là on célèbre les bienfaits de Yahvé, ses bienfaits pour ses villages d'Israël! Alors le peuple de Yahvé est descendu aux portes. |
| Jg 5:12- |
Éveille-toi, éveille-toi, Débora! Éveille-toi, éveille-toi, clame un chant! Courage! Debout, Baraq! et prends ceux qui t'ont pris, fils d'Abinoam! |
| Jg 5:13- |
Alors Israël est descendu aux portes, le peuple de Yahvé est descendu pour sa cause, en héros. |

Gravure illustration Gustave Doré, la Bible Ancien Testament: Débora chantant son cantique
DÉCALOGUE : ou les dix commandemants de Dieu, loi dodnnée par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï et gravée sur deux tables de pierre, qui furent placées dans l’Arche d’alliance. Le Décalogue est dans le Xxe chapitre de l’Exode.
Texte de l'Exode, les dix commandements:
| 20.2 |
Je suis l'Éternel YHWH, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. |
| 20.3 |
Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. |
| 20.4 |
Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. |
| 20.5 |
Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent. |
| 20.6 |
et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements. |
| 20.7 |
Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain ; car l'Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. |
| 20.8 |
Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. |
| 20.9 |
Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. |
| 20.10 |
Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. |
| 20.11 |
Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour : C'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié. |
| 20.12 |
Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne. |
| 20.13 |
Tu ne commettras point d'assassinat. |
| 20.14 |
Tu ne commettras point d'adultère. |
| 20.15 |
Tu ne déroberas point. |
| 20.16 |
Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. |
| 20.17 |
Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.
Les dix commandements chrétiens:
Premier commandement: Un seul Dieu tu aimeras et adoreras parfaitement.
Deuxième commandement : Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment.
Troisième commandement : Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement.
Quatrième commandement : Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement.
Cinquième commandement : Meurtre et scandale éviteras, haine et colère également.
Sixième commandement : La pureté observeras, en tes actes soigneusement.
Septième commandement : Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement.
Huitième commandement : La médisance banniras et le mensonge également.
Neuvième commandement : En pensées, désirs veilleras à rester pur entièrement.
Dixième commandement : Bien d'autrui ne convoiteras pour l'avoir malhonnêtement. |
DECANUS : (DÉCURION) : ce grade équivalait à celui d’un sergent de nos jours. Il commandait dix hommes.
DÉCANS : les décans naquirent de l’onservations du ciel. Les Égyptiens les répartissaient tout au long de l’année de dix jours en dix jours. On en comptait donc trente-six et à chacun d’eux était associé un génie. Les plus remarquables ont été reproduits sur les murs et les plafonds des temples ptolémaïques et romains.
DÉCAPITATION : Celtes et Gaulois décapitaient les valeureux ennemis morts au combat afin de conserver les têtes, réceptacles de la volonté et de la force . La tête coupée de Bran Bendigeit placée au sommet d’une colline protégeait l’île de Bretagne.
DÉCAPOLE (dix villes) : on donna ce nom à plusieurs divisions territoriales de l’empire romain. La plus connue est la Décapole comprise dans la Palestine IIème au IVème siècle. La Pentapole d’Italie porta aussi le nom de Décapole au milieu du VIIIème siècle.

Villes de la Décapole (en noir)
DÉCASTYLE : monument qui a un portique supporté par une rangée de dix colonnes.
DÉCÉBALE ou DIUPPANEUS : roi des Daces. Il envahit la Mésie sous le règne de Domitien, battit Cornelius Fuscus en 86 et exigea un tribut en 89. Battu par Trajan dabs une première guerre (101-103), puis dans une seconde (104-106), il se donna la mort.

Au pied de l'arbuste, Décébale se suicide(détail de la colonne de Trajan à Rome)

Visage de Décébale sur la rive roumaine du Danube(sculpture du, vingtième siècle)
DÉCÉLOS : homme qui apprit aux Dioscures qu’Hélène avait été transportée à Aphidnes par Thésée.
DÉCEMBRE : était le dixième mois de l’année chez les Romains. Il devint le douzième après la réforme du calendrier par Jules César. Il était plafcé sous la protection de Vesta.
DECEMJUGIS : char tiré par dix chevaux attelés de front. Les empereurs Néron et Trajan conduisirent ce type de char.
DECEMPEDA : baguette de dix pied. Elle était employée par les arpenteurs et les architectes.
DECEMRIS : galère à dix rangs de rames.
DECEMVIRI AGRIS DIVENDIS : ces dix décemvirs étaient chargés de la distribution des terres.
DECEMVIRI LEGIBUS SCRIBENDIS : ces dix décemvirs (commissaires) furent nommés après la chute de la royauté à Rome. Ils remplacèrent les consuls et travaillèrent à l’élaboration d’un code de lois républicaines. Nommés pour un an à partir de 451 av. J. C., et investis du pouvoir souverain pour proposer un code des lois inspiré des modèles grecs. Le premier code qui fut présenté la première année à la sanction du sénat et du peuple était gravé sur dix tables d'airain, auxquelles deux autres tables furent ajoutées par les Decemvirs de l'année suivante, et ce code fut appelé Lois des XII Tables . Les Decemvirs s'étaient de leur propre autorité perpétués dans leur puissance, et en abusaient tyranniquement, lorsque l'indignation publique, excitée par la mort de Virginie, que son père avait poignardée pour la soustraire aux poursuites d'Appius Claudius, le plus impopulaire d'entre eux, amena, l'an 449, l'abolition de cette magistrature et le rétablissement du consulat. On nommait aussi Decemvirs les membres d'un tribunal qui avait sous sa juridiction les ventes à l'encan.

Les décemvirs
DECEMVIRI LITIBUS JUDICANDIS : formés de cinq sénateurs et de cinq chevaliers, ces décemvirs remplaçaient le préfet urbain chargé des jugements quand ce dernier s’absentait de la ville pour des raisons militaires.
DECEMVIRI SACRORUM : décemvirs qui étaient nommés à vie pour interpréter et garder les livres sibyllins. Leur nombre passa à quinze sous Sylla.
DÉCENNALES : fêtes romaines instituées pour Auguste, célébrées par ses successeurs chaque dixième année de leur règne. Elles étaient accompagnées de sacrifices, de jeux, de largesses faites au public.
DÉCENTIUS (MAGNUS) : il reçut le titre de César par Magnence, son frère, en 351. Ayant usurpé le pouvoir, il s'opposa à Constant I et à Constance II. Magnence le chargea de défendre le limes rhénan, Battu , d'abord par les Francs , puis par les Alamans en Gaule, il se réfugia à Sens. A la nouvelle du suicide de son frère à Lyon, il s’étrangla le 18 août 353.

Sesterce de Décentius
DECIMANUS ou DECUMANUS : entrepreneur qui passait un contrat avec l’État romain pour percevoir la dîme (dixième partie des produits des pays soumis) moyennant un pourcentage.
DÉCHACHÉH : nom actuel du village, à 130 km au sud du Caire, sur la rive gauche du Nil, où se trouve une nécropole datant des Ve et VI e dynasties (2550-2280). Cette petite nécropole du Moyen Empire regroupe les tombes des hauts fonctionnaires du vingtième nome. Elle se présente sous la forme d’Hypogées creusés dans la falaise. On distinguera surtout celle d’Inti, décorée d’une scène atypique, de forteresse asiatique assiégée.
DECIANUS : procurateur romain de l’île de Bretagne en 61 de notre ère qui préféra s’enfuir en Gaule après la prise de la ville de Camuladunum (Colchester) par les Celtes Icènes et Trinobantes.
DÉCIATES : tribu celto-ligure qui vivait dans l’arrière-pays d’Antibes.
DECIUS (MUS PUBLIUS) : général qui sauva l’armée du consul Aulus Cornelius Cossus encerclée par les Samnites, puis ayant été nommé consul, il vainquit les Latins à Veseris près du Vésuve avec le consul Titus Manlius Torquatus Imperiosus en 344 av. J.-C. Ce fut lors de cette bataille, qu'àprès s'être voué aux dieux infernaux qu'il se jeta au sein des troupes ennemies et périt.

La mort de Publius Decius Mus vue par Rubens (1617)
DECIUS ou DÈCE (CAIUS MESSIUS QUINTUS TRAJANUS) : empereur romainQ. Né en 199 ou 201 ap. J.-C. dans le village de Budalia près de sirmium en Pannonie. Nommé sénateur, Il se maria dans cet intervalle de temps avec Herennia Etruscilla, prétendument issue de la très vieille aristocratie étrusque. En 245, l'empereur Philippe l'arabe lui confia un commandement sur le Danube. En 248, deux généraux, Jotapien et Patacianus se rebellèrent contre Philippe l'Arabe et prirent le titre d'empereur. Dece fut envoyé à la tête d'une armée pour briser la révolte. Jotapien et Patacianus s'étant fait tués par leurs soldats, Dece marcha contre les Goths. Victorieux, il fut proclamé empereur par l’armée de Qmésie en 249, puis battit et tua Philippe à Vérone. Son règne fut celui de la lutte contre les Goths qui avaient franchi le Danube. Decius fut tué en dcombattant le roi Cniva en 251. Il avait rétabli la censure et ordonné la septième persécution contre les chrétiens. Les persécutions ordonnées en 250 par Dèce furent si violentes qu'elles n'épargnèrent même pas le pape Fabien, l'un des premiers à être martyrisé en janvier 250. Non seulement les chrétiens se terraient ou fuyaient, mais l'Eglise ne put s'afficher au grand jour et elle resta sans Pape jusqu'à l'élection de Corneille en mars 251. Une telle période ne fut nullement propice à la nomination d'évêques et à leur envoi officiel en mission. On garde à Saint-Victor de Marseille le souvenir de deux chrétiens qui moururent martyrs à cette époque-là. Une pièce de monnaie à l'effigie de Dèce a été retrouvée dans leur tombe au-dessus de laquelle Jean Cassien a construit le premier sanctuaire au Ve siècle.

DÉCRETS : au temps des Ptolémées (305-30 av. J.-C.), les décrets sacerdotaux étaient rédigés en trois langues selon leur système d’écriture : grec, démotique et hiéroglyphes. C’est grâce à celui de Rosette que Champollion a découvert le secret de la langue égyptienne.
DÉCUMATE : Terre. Decumates agri. On appelait ainsi la partie de la Germanie située au Nord du haut Danube, dont les Romains prirent possession au Ier siècle de l’ère chrétienne. La propriété en fut abandonnée à des colons gaulois ou à des vétérans de l’armée, moyennant le paiement d’un impôt équivalent au dixième des revenus, de là leur nom. On les protégea contre les incursions des Barbares par une ligne de fortifications qui se prolongeait depuis Ratisbonne, sur le Danube, jusqu’aux environs de Cologne, sur la rive droite du Rhin. Compmrises dans la Rhétie IIe ou Vindélicie, et dans les deux Germanies, les terres Décumates furent de nouveau envahies par les Alemans et les Francs aux IIe et IVe sicèle.
Extrait de la Germanie par Tacite: « Bien qu'ils habitent par delà le Rhin et le Danube, je ne compterai pas les peuples des champs Décumates au nombre des Germains. Gaulois sans scrupules qui ne sont devenus courageux que sous l'aiguillon de la nécessité, ils occupèrent ces terres à la faveur du doute. Mais dans la mesure où nous avons fortifié la frontière et construit une ligne de forts tout autour, on les considère comme une excroissance de l'Empire et une partie de la province. »

DECURIO :
1. Chef de dix cavaliers. Trente cavaliers forùaient une turma.
2. Sénateur dans les colonies ou dans les autres ville que Rome.
DECURIO CUBICULARIORUM : officier impérial attaché au palais. Il avait en charge l’étiquette et l’intendance.
DECURSIO :
1. Manœuvre militaire destinée à la simulation des combats.
2. Parade militaire autour du bûcher d’un général.
DECUSSIS : pièce de monnaie valant dix as.
Decussis (monnaie de gauche) Tripondius et Dupondius à droite.
DÉDALE : l’artiste. Nom de plusieurs artistes qui vécurent à Athènes et en Crète. Le plus connu est fils ou petit-fils de Métion. Il naquit à Athènes et fut contemporain de Thésée. Il fut le premier à créer des automates. On lui attribue aussi l’invention de la hache, de la scie, du niveau, des vergues, des pliants à l’usage des femmes qui célébraient les Panathénées. Il eut trois fils : Scyllis, Dipænos et Icare. Ce dernier inventa les voiles. Son neveu Perdix, Talos ou Circino, mit au point le tour et le compas. Jaloux de sa célébrité, Dédale le tua et se réfugia chez le roi de Crète, Minos, pour lequel il construisit le labyrinthe. Il conseilla à Ariadne de remettre le fil à Thésée. Furieux, Minos le fit enfermer avec son fils Icare, mais tous deux s’échappèrent au moyen d’ailes artificielles. Dédale perdit son fils dans son vol au-dessus de la mer. Il parvint enfin à la ville de Camicos en Sicile où le roi Cocalos le reçut. Minos, qui vint le réclamer, fut étouffé dans son bain. Dédale passa ensuite le reste de sa vie à construire de grands monuments en Sicile et en Sardaigne. On regarde Dédale comme la personnification des progrès de la sculpture et de l’architecture chez les premiers Grecs. Les sculpteurs étaient appelés Dédalides. Socrate se regardait lui-même comme un Dédalide, c’est-à-dire un descendant de Dédale.

Dédale et Icare
DÉDALÉ : mère de Métis, nourrice d’Athéna.
DÉDALIES : fêtes que les Platéens célébraient tous les ans depuis leur retour dans leur patrie. Fête célébrée à Alalcomène dans le plus grand bois de Béotie. Fête en mémoire de la réconciliation entre Zeus et Héra.
DÉDALION : fils de Phosphoros. Frère de Céyx. Père de Chioné. À la mort de sa fille, poussé par le désespoir, il se jeta du haut du Parnasse. Apollon le changea en épervier.
Extrait des Métamorphoses d'Ovide: Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion. "Neuf mois s'écoulent : elle devient mère de deux jumeaux. Fils de Mercure, Autolycus est, comme son père, fertile en ruses, adroit dans toute espèce de vol. Il peut changer le noir en blanc, changer le blanc en noir. Fils du dieu des vers et de l'harmonie, Philammon devient célèbre par ses chants et par sa lyre. "Mais que sert à Chioné d'avoir su plaire à deux immortels ! que lui sert d'être mère de deux enfants renommés, d'être née elle-même d'un père puissant, et de compter le grand Jupiter parmi ses aïeux !
La gloire est-elle donc l'écueil de beaucoup de mortels ! Elle perdit Chioné. Insensée ! elle se préfère à Diane; elle ose mépriser sa beauté. La déesse indignée s'écrie : "Tu ne pourras du moins méconnaître mon pouvoir" ! Soudain elle courbe l'arc vengeur, la flèche siffle, et va percer sa langue criminelle. Chioné veut se plaindre, et fait d'inutiles efforts. Elle perd ensemble et sa voix, et son sang, et la vie. "Ô malheur ! ô nature ! quelle fut alors ma douleur ! Cependant je cherche à consoler un frère qui m'est cher.
Mais, plus sourd à mes discours que ne l'est un rocher au bruit des flots écumants, il pleure sans cesse le trépas de sa fille. Dès qu'il voit son corps dans les feux du bûcher, il veut lui-même y terminer sa déplorable vie. Trois fois il s'élance, trois fois on le retient. Enfin il s'échappe, il fuit à travers les champs, tel qu'un taureau piqué par des frelons. Il presse ses pas dans les lieux mêmes où aucun sentier n'est tracé. Bientôt, il ne paraît plus courir comme un mortel. Ses pieds semblent ailés. Nul ne peut l'atteindre. Le désespoir double sa vitesse : il va chercher la mort. Il arrive au sommet du Parnasse, et se précipite. Apollon a pitié de son sort.
Changé en oiseau, Dédalion se soutient dans les airs. En bec crochu sa bouche est allongée. Ses doigts recourbés deviennent des serres cruelles. Son courage est le même, et sa force est plus grande que son corps. Maintenant, épervier cruel, il fait à tous les oiseaux une guerre sanglante, et leur porte sans cesse le deuil dont il est affligé". Tandis que de son frère, Céyx raconte en ces termes la merveilleuse histoire, Onétor, né dans la Phocide, gardien des troupeaux de Pélée, accourt tout hors d'haleine : "Ô Pélée ! Pélée ! s'écrie-t-il, je vous apporte une nouvelle funeste".
DEFRUTUM : vin nouveau qu’on réduisait de moitié par la cuisson.
DEFTERDAR : officier de Turquie et de Perse chargé de tenir les rôles de la milice et des revenus de l’État.
DEICHTIRE : sœur et cocher du roi Conchobar, elle épousa Fergus Mac Roig, le Gargantua celte, et mit au monde Cuchulain.
DÉICOON : fils d’Héraclès et de Mégare.
DÉICOON : prince troyen. Ami d’Énée. Agamemnon le tua.
DÉIDAMIE : fille de Bellérophon. Épouse d’Évandre. Mère de Sarpédon.
DÉIDAMIE : fille de Lycomède, roi de Scyros. Caché, déguisé en femme, à Scyros, Achille l’aima et lui donna deux fils : Pyrrhus et Oniros.

Achille et Déidamie
DÉILOCHOS : fils d’Héraclès et de Mégare.
DÉIMACHOS : père d’Autolycos, de Déiléon et de Phlogios. Il accompagna Héraclès lors de son expédition contre les Amazones. Laomédon trompa Héraclès en substituant aux chevaux immortels des chevaux ordinaires; Héraclès alors menaça de faire la guerre contre Troie et s'embarqua fort en colère. Il se rendit d'abord dans l'île de Paros, où il érigea un autel à Zeus et à Apollon; puis, à l'isthme de Corinthe où il prédit le châtiment de Laomédon finalement, il recruta des soldats dans sa propre ville de Tirynthe. On n'est pas d'accord quant au nombre des bateaux qu'Héraclès affréta pour mettre le cap sur Troie: certains disent dix-huit longs bateaux à cinquante rameurs; d'autres, seulement six petites embarcations et de maigres forces. Mais, parmi les alliés, se trouvaient Iolaos, Télamon, fils d'Eaque; Pélée; l'Argien Oeclès et le Béotien Deimachos.Héraclès débarqua près de Troie, confia la garde de ses vaisseaux à Oeclès tandis que lui-même, prenant la tête des autres guerriers, donnait l'assaut à la ville. Laomédon, surpris, n'eut pas le temps de rassembler son armée mais il distribua au peuple des épées et des torches et les envoya en hâte sur le rivage pour brûler la flotte. Oeclès résista jusqu'à son dernier souffle, contenant l'ennemi à l'arrière-garde, tandis que ses camarades reprenaient la mer et s'échappaient. Laomédon se hâta alors de revenir dans la ville et, après une escarmouche avec des groupes isolés des forces d'Héraclès, il réussit à rentrer et à refermer les portes de la ville derrière lui. N'ayant pas la patience de faire un long siège, Héraclès ordonna l'assaut immédiat. Le premier à faire une brèche dans le mur et à entrer dans la ville fut Télamon, qui avait choisi l'aile droite, construite par son père Eaque, sachant que c'était là le point le plus faible; Héraclès le rejoignit difficilement et ne put entrer qu'après lui; il devint alors fou de jalousie. Télamon comprit que l'épée qu'Héraclès subitement venait de brandir menaçait sa vie; il eut la présence d'esprit de s'arrêter et de ramasser de grosses pierres tombées de la brèche dans la nuit: " Que fais-tu là? " gronda Héraclès. " Je construis un autel à Héraclès Vainqueur, à Héraclès-qui-Préserve-des-Calamités, répondit l'astucieux Télamon. Je t'abandonne le sac de Troie. " Héraclès le remercia d'un mot et s'élança vers l'intérieur de la ville. Il abattit alors Laomédon et tous ses fils, excepté Podarcès, qui avait été seul à insister pour qu'on donnât les juments immortelles à Héraclès, puis il pilla la ville. Après avoir assouvi sa vengeance, il récompensa Télamon en lui accordant la main d'Hésione à qui il permit de racheter le prisonnier de son choix. Elle choisit Podarcès. " Très bien dit Héraclès; mais auparavant il faut qu'il soit vendu comme esclave. " Ainsi Podarcès fut présenté pour être vendu et Hésione l'acheta en donnant le voile d'or qui entourait son front: ce qui valut à Podarcès le nom de Priam, qui veut dire " racheté "mais c'est une éthymologie assez douteuse . Après avoir brûlé Troie et dévasté ses environs, Héraclès installa Priam sur le trône et mit à la voile, emmenant avec lui Glaucia, fille du fleuve Scamandre. Pendant le siège, elle avait été l'amante de Deimachos et, après qu'il eut été tué dans la bataille elle avait demandé la protection d'Héraclès. Héraclès la conduisit à bord de son navire, tout heureux que la descendance d'un aussi vaillant ami ne fût pas éteinte: en effet, Glaucia était enceinte et donna le jour, à quelque temps de là, à un fils du nom de Scamandre.
DÉIMACHOS : fils de Nélée et de Chloris. Poséidon le tua.
DÉIMOS : le dieu de la terreur. Fils d’Arès et d’Aphrodite. Compagnon de Tisiphone, il habitait à l’entrée du Tartare. Il était l’un des auriges de son père. Quelques auteurs grecs lui donnent Phobos pour frère.
DÉINOMÉ : captive troyenne peinte dans le temple de Delphes.
Extrait du tour de la Grèce par Pausanias: Au-dessus de ces femmes qui sont entre Nestor et Aithra, il y a quatre autres captives, Clymène, Créüse, Aristomaque et Xénodicé. Stésichore, dans ses vers sur la prise de Troie, met en effet Clymène au rang des captives. Le même poète, dans ses Retours, la fait fille de Priam et femme de Critolaüs, fils d'Hicétaon. Je ne connais ni poète ni historien qui ait fait mention de Xénodicé. Pour Créüse, on dit que la mère des dieux et Vénus l'enlevèrent aux Grecs, et lui rendirent la liberté. On croit aussi qu'elle fut femme d'Énée, quoique Leschès et l'auteur des Cypriaques donnent à Énée pour femme Eurydice. Au-dessus de ces femmes vous voyez quatre autres captives sur un lit; elles sont nommées Déinomé, Métioché, Pisis et Cléodicé. Déinomé est la seule qui soit connue; il en est parlé dans ce que l'on appelle la Petite Iliade. Je crois que Polygnote a inventé les noms des trois autres. Epéios est représenté nu, et il renverse les murs de Troie: on voit le fameux cheval de bois; mais il n'y a que sa tête qui passe les autres figures. Polypoitès, fils de Pirithoüs, a la tête ceinte d'une espèce de bandelette. Acamas, fils de Thésée, est auprès, la tête dans un casque avec une aigrette dessus. Ulysse est armé de sa cuirasse. Ajax, fils d'Oïlée, tient son bouclier, et approche de l'autel comme pour se justifier par son serment de l'attentat qu'il allait commettre contre Cassandre. Cette malheureuse princesse est couchée par terre devant la statue de Pallas, elle l'embrasse, elle veut l'emporter, elle l'a déjà ôtée de dessus son piédestal; mais Ajax l'arrache impitoyablement de l'autel. Les deux fils d'Atrée ont aussi leurs casques; Ménélas a de plus son bouclier, sur lequel on voit ce dragon qui parut durant le sacrifice en Aulide, et qui fut pris pour un prodige. Les Atrides veulent délier Ajax de son serment. Vis-à-vis du cheval, auprès de Nestor, Élasus semble expirer sous les coups de Néoptolème; je ne sais quel était cet Élasus, mais il est peint mourant. Astynoüs, dont Leschès fait aussi mention, est tombé sur ses genoux, et Néoptolème lui passe son épée au travers du corps. Néoptolème est le seul Grec qui poursuive encore les Troyens; Polygnote l'a dépeint de la sorte, parce qu'apparemment ce tableau devait servir d'ornement à sa sépulture.
DÉION : fils d’Héraclès et de Mégare.
DÉION : fils d’Éole et d’Énarété, roi de Phocide. Époux de Diomédé. Père d’Astéropée, d’Ænétos, d’Actor, de Phylacos et de Céphale.
DÉIONÉ : amante d’Apollon. Mère de Milétos.
DÉIONÉE: fils d'Éole.
DÉIONÉE : père de Dia, l’épouse d’Ixion. Pour arracher la dot de son beau-père, Ixion l’attira dans sa maison et le fit jeter dans une fosse remplie de charbons ardents où il périt.
DÉIONÉE : fils d’Eurytos d’Œchalie, que Thésée maria à Périgone, fille du brigand Sinis.
DÉIOPÉ : fille de Triptolème. Mère d’Eumolpe.
DÉIOPÉA : nymphe(néréide) d’une grande beauté. Elle appartenait à la suite d’Héra. Cette dernière la promit à Éole s’il consentait à susciter une tempête contre la flotte d’Énée au moment où il allait atteindre les côtes italiennes.
Extrait de l'Enéide par Virgile:
C'est lui que Junon vint alors supplier en ces termes : "Éole, puisque le père des dieux et le roi des hommes t'accorda d'apaiser les flots ou de les soulever à l'aide du vent, -- une race qui m'est odieuse vogue sur la mer Tyrrhénienne, ransportant vers l'Italie Ilion et ses Pénates vaincus. Déchaîne la violence des vents, submerge et engloutis leurs bateaux, ou disperse-les et parsème leurs cadavres sur la mer. Je dispose de quatorze nymphes au corps superbe; la plus belle de toutes c'est Déiopée. Je l'unirai à toi en un mariage stable et je te l'attribuerai en propre, pour que, en échange de tes services, elle passe avec toi toute sa vie et te rende père d'une belle progéniture". à cela Éole répond : "C'est à toi, ô reine, de savoir ce que tu souhaites; mon droit à moi est de recevoir des ordres. C'est toi qui me vaux ce que j'ai de pouvoir, et mon sceptre, et la faveur de Jupiter; c'est toi qui me donnes le droit de m'asseoir aux festins des dieux et ma puissance sur les nuages et les tempêtes".
Déiopéa par Frederiksbor
DÉIOPITÈS : fils de Priam. Ulysse le tua.
DÉIPHOBE : fils d’Hippolyte d’Amyclées. Il purifia Héraclès du meurtre d’Iphitos.
DÉIPHOBE : fils de Priam et d’Hécube. Ami d’Énée. Héros de la guerre de Troie, il commandait le troisième bataillon troyen avec Hélénos et Asios. Il tua Hypsenor et Ascalaphe, le fils d’Arès. Selon Hygin, lui et Pâris tuèrent achille. À la mort de Pâris, il épousa Hélène. À la chute de Troie, sa maison fut dévastée et brûlée par Ulysse et Ménélas. Hélène le poignarda, ou il périt en combattant Palamède, ou Ménélas le tua après l’avoir torturé.
Épitaphe aux héros de Troie par Ausone(extrait):
Livré au supplice par la trahison de la criminelle Laconienne,
le cadavre mutilé, je suis Déiphobe.
Je n’ai pas de tombeau, sinon celui qu’en m’évoquant de leur voix
le pieux Énée et avec lui Virgile m’ont élevé.
Alors je t’ai élevé moi-même un tombeau vide sur le rivage du Rhétée,
et trois fois à haute voix j’ai évoqué tes Mânes...
– A ces mots, le fils de Priam répondit : Tu n’as rien négligé, ô mon ami,
tu t’es acquitté de tout envers Déiphobe et envers l’ombre de son cadavre.
Mais mon destin et le crime funeste de la Laconienne
m’ont plongé dans ces malheurs : elle m’a laissé le tombeau que voici(Énéide)
DÉIPHOBÉ : sibylle de Cumes, fille de Glaucos et d’Hécate, prêtresse d’Apollon. Apollon qui était amoureux d’elle lui accorda ce qu’elle souhaitait : elle demanda de vivre autant d’années qu’elle tenait dans la main de grains de sable qu’elle venait de ramasser, oubliant d’émettre aussi le vœu de garder sa jeunesse. Elle mourut à l’âge de mille ans, sous une apparence affreuse. À l’âge de sept cents ans, elle conduisit Énée aux enfers.
DÉIPHONTÈS : fils d’Antimaque. Époux d’Hyrnétho. Père d’Antiménès, de Xanthippos, d’Argios et d’Orsobie. Il succéda à Téménos sur le trône d’Argos.
DÉIPYLÉ : fille d’Adraste et d’Amphithée. Épouse de Tydée. Mère de Diomède.
DÉIPYLE : fils de Jason et d’Hypsipyle. Frère d’Eunéos.
DÉIPYLE ou DÉIPHILE : fils de Polymnestor et d’Ilione.
DEIRDRE : le Danger. Fille du conteur Fédelmir à la cour du roi Conchobar, elle personnifia l’Irlande. Pour échapper à la convoitise royale, elle s’enfuit avec Noisé le guerrier et ses frères que Conchobar fit assassiner par traîtrise. Dans sa douleur, Deirdre se suicida en se jetant contre un rocher. Ces morts tragiques provoquèrent la colère du druide Cathbad qui fit incendier la ville de Conchobar, Émain Macha.

Les pleurs de Deirdre, gravure de J.H.F. Bacon (1905).
DEIR EL-BAHARI : temple de la reine Hatschepsout. Le « Couvent du Nord » doit son nom au monastère chrétien qui avait été construit sur les ruines antiques au pied de la falaise thébaine. Le temple fut l’œuvre de l’architecte Sénenmout vers 1500 av. J.-C. Une longue rampe venant de la plaine permettait d’accéder à l’enceinte sacrée. Des résineux d’Oponé avaient été plantés dans le jardin de l’esplanade. Au-dessus de celui-ci se dressaient deux terrasses : l’une donnait accès aux sanctuaires souterrains d’Hathor et d’Anubis, l’autre permettait de communiquer avec le sanctuaire souterrain de la reine. Par vengeance, Thoutmôsis III fit marteler les bas-reliefs d’Hatschepsout. Quatre-vingts ans plus tard, Aménophis IV, ayant pris le nom d’Akhénaton, fit détruire les effigies d’Amon et celles des dieux de l’ancienne Égypte.

Tête d'Hatchepsout trouvée à Deir El-Bahari


DEIR EL-MÉDINEH : le « Couvent de la Ville » était l’emplacement du village et du cimetière des ouvriers de la Vallée des Rois. Situé au sud de la nécropole thébaine, il comprenait un temple d’Hathor (transfomé en couvent au temps des Coptes) et de nombreuses tombes. La plupart de ces dernières appartiennent à la XIXe dynastie (1310-1230) et contiennent des vignettes du Livre des Morts. Quelques-unes nous montrent des scènes expressives de la vie quotidienne sous le Nouvel Empire.

Le village


Papyrus de Khâ, architecte à Deir el-Medineh
DÉJANIRE : fille d’Œnée, roi de Calydon, et d’Althée. Sœur de Méléagre. Protégées par Dionysos, Déjanire et Gorgé ne subirent pas le sort de leurs sœurs qui furent changées en pintades par Artémis. Ce fut Déjanire qui, par jalousie, remit à Héraclès, son époux, la tunique empoisonnée par le sang de Nessus qui provoqua la mort du héros. Poussée par le remords, elle se suicida.

Déjanire d'après G. Moreau Déjanire enlevée par Nessus d'après Guido Reni
DEJOTARUS: en celte ce nom signifie "divin taureau". Dieu des Gaulois galates.
DEJOTARUS : tétrarque des Gaulois de Galatie au Ier siècle av. J.-C., époux de Bérénice la fille d'Attale III de Pergame, il s’allia avec les Romains contre le roi Mithridate. Ce qui lui valut en récompense le titre de roi des Galates. Sa présence à Pharsale dans l’armée de Pompée lui coûta ses États, qu’il ne recouvra qu’après la mort de César. Lorsque en 49 av J.-C, la Guerre Civileéclate entre César et Pompée, Déiotarus embrassa le parti de ce dernier et lui fournit un corps de cavalerie. Après sa victoire, César, en représailles, lui ôte la Sophène et une partie de ses anciens États ; il lui conserve cependant le titre de roi. A cette époque, Déiotaros fournit à César des secours considérables en troupes et en argent lors de sa campagne-éclair contre Pharnace II du Pont. Il le reçoit également dans son palais et lui offrit de nombreux présents. Quelque temps plus tard, Castor, le propre petit-fils de Déjotarus- Déjotarus avait fait égorger sa fille et son gendre Tarcondarios - engagea Philippe, médecin du roi, à accuser son maître d'avoir voulu faire assassiner César lorsqu'il l'avait reçu dans son palais. Cicéron qui était lié depuis longtemps avec Déjotarus assura sa défense. La cause fut plaidée à Rome, en 45 av J.-C, dans la maison même de César et Cicéron prononça son célèbre plaidoyer Pro Rege Deiotaro et le roi galate fut innocenté.
Extrait de la Géographie de Strabon: Nous avons dit quelle est la partie de la Galatie qu'occupent les Trocmi. Passons aux Tectosages. Ceux-ci habitent sur les confins de la Grande Phrygie les cantons de Pessinonte et d'Orcaorci. Leur principale place d'armes de tout temps a été Ancyre, dont le nom rappelle une petite ville de Phrygie située près de la frontière lydienne du côté de Blaudos. Quant aux Tolistobogii, ils confinent à la Bithynie et à la Phrygie Epictète et ont pour places fortes Lucéium et Péum, qu servirent à Déjotarus, l'une de résidence, l'autre de gazophylacium ou de trésor.
Le Sangarius passe aussi non loin de Pessinûs. Sur les bords de ce même fleuve s'élèvent les palais des rois phrygiens, ces palais illustrés par le séjour de Midas et plus anciennement de Gordius et de quelques autres encore, et qui, s'ils ne laissent plus deviner ce qu'ils étaient autrefois, c'est-à-dire de véritables villes, ont conservé tout au moins l'aspect de villages, voire de villages un peu plus grands que les bourgs ordinaires. Tel est le cas de Gordium et aussi de Gorbéûs, cette ancienne résidence du roi Castor Tarcondarius, que Déjotarus, après y avoir égorgé ce prince, son gendre, et du même coup sa fille, femme de celui-ci, se plut, non seulement à démanteler, mais à ruiner et à détruire presque de fond en comble.

La Galacie (en rouge)
DEJOTARUS II : fils du précédent. Roi des Gaulois de Galatie, il s’allia d’abord à Antoine, puis se rallia à Octave avant la bataille d’Actium en 31 avant notre ère.
DÉLATEUR (DELATOR) : homme qui vivait en dénonçant et en accusant d’autres citoyens.
DELBAETH : Abîme des Origines. Delbaeth donna naissance à la mère des dieux celtes, au roi du peuple souterrain des Fomores, Élatha, et au Monde Visible.
DÉLIADÈS : fils de Glaucos. Son frère Bellérophon le tua.
DÉLIES : fêtes en l’honneur d’Apollon célébrées tous les cinq ans à Délos. Les théores représentant solennellement les villes participantes prenaient place à bord d’une galère sacrée qui les emmenait à Délos. Conduits par un archithéore, ces élus couronnés de laurier offraient un magnifique sacrifice au dieu dont on retraçait les principaux épisodes de la vie à travers des danses symboliques.
DELMINIUM : ville des anciens Dalmates, dans l’Illyrie barbare des anciens, au Sud-Est de Salone. Elle fut prise et détruite par Scipion Nasica, 155 av. J.-C.
DÉLOS : une des Cyclades. Sortie du fond de la mer par un coup de trident de Poséidon, Délos était vénérée comme le lieu de naissance d’Apollon et d’Artémis. On n’y enterrait pas les morts qu’on transportait dans l’île de Rhenia. Gouvernnée par des prêtres-rois, elle devint tributaire d’Athènes. En 146 av. J.-C., elle donna asile à beaucoup de Corinthiens chassés de leur pays. Ménophane, général de Mithridate, la dévasta et la dépeupla. Tous les cinq ans, des luttes gymniques et musicales s’y déroulaient. Tous les quatre ans, les Athéniens y célébraient la « théorie » fondée par Thésée. Chaque été, Apollon y rendait des oracles qui passaient pour les plus clairs de la Grèce.

Cléopâtre et son mari Dioscoride, L'agora des Compétaliastes riches marchands du 2ème siècle av JC

Le temple dédié à Isis Le temple de Dyonisos et le portique d'Antigone Gonatas
Mosaïque de la Maison des Masques représentant Dyonisos
DELPHICA : table réservée à la boisson. De marbre ou de bronze, entièrement sculptée, elle était l’une des pièces maîtresses du mobilier de luxe.
DELPHES : ville de Phocide, sur le mont Parnasse. Elle dut son importance au temple d’Apollon, près duquel se tenait le fameux oracle. Il était bâti dans la partie supérieure de la ville appelée Pythia et était traversé par les eaux de la fontaine Castalie, laquelle arrosait les temples de Léto, d’Artémis et d’Athéna. Il fut réédifié pour la sixième fois en 548 av. J.-C. aux frais des amphictyons. L’ouverture prophétique, le Pythion, était une longue crevasse dans les roches, surmontée d’un trépied sur lequel la Pythie rendait ses oracles. Les trésors accumulés à Delphes excitèrent maintes fois les convoitises. La ville fut pillée par les Phocidiens pendant les guerres sacrées, par les Gaulois en 278 av. J.-C., puis par les Thraces en 84 av. J.-C. Néron s’empara de toutes ses richesses et de cinq cents statues en 66 ap. J.-C. Delphes possédait le tombeau de Pyrrhus, fils d’Achille, la lesché, portique décoré par le peintre Polygnote. Les Grecs y célébraient les jeux pythiques au printemps de chaque quatrième année. Les amphictyons formant un tribunal prenaient des décrets conservés dans le temple d’Apollon.
Le trésor des Athéniens

Le temple d'Apollon

La Voie sacrée

Le Tholos (Temple d'Athéna Pronoia) 360-350 av I.-C
DELPHINIES : fête célébrée au mois de juin par les Éginètes en l’honneur d’Apollon.
DELPHINIOS : épithète donné à Apollon parce qu’il avait dompté le monstre Delphyné qui gardait l’oracle à Pytho, ou parce que ayant pris la forme d’un dauphin, il précédait un navire crétois se rendant à Delphes.
DELPHINORIUM COLUMNAE : colonne des dauphins dans le cirque. Au même titre que les œufs géants bordant l’extrémité de la spina, les dauphins de marbres qui la surmontaient serfvaient à compter le nombre de tours effectués par les chars lors d’une course (sept tours de piste).
DELPHOS : fils de Poséidon et de Mélantho. Il donna son nom à Delphes.
DELPHOS : fils d’Apollon et de Célæno. Certains auteurs affirment qu’il donna son nom à Delphes. Son fils Pythès régna sur la région du Parnasse et donna son nom à l’oracle de Pytho.
DELPHYNÉ : dragon moitié femme, moitié animal, auquel Typhon confia la garde de Zeus qui avait été vaincu et dépouillé de ses muscles.

DELUBRUM : partie du temple contenant la statue du dieu.
DÉLUGE : cataclysme raconté par la Génèse. Une pluie torrentielle, tombant 40 jours et 40 nuits, submergea les hommes en punition de leurs crimes. Noé seul échappa avec sa famille et les couplesd’animaux qu’il avait embarqués dans l’arche. Selon Usserius, suivi par Bossuetet Daunou, ce mémorable événement eut lieu en 2348 av. J.-C.. Selon l’anglais Clinton en 2482 av. J.-C. Le Chaldéen Bérose rapporte la tradition du roi Xisuthros, qui régna 64,000 ans, et se sauva seul sur un vaisseau au milieu du naufrage général du genre humain. Cette tradition représente une remarquable analogie avec le récit biblique qui nous montre Noé et sa famille échappant seul à la ruine universelle, grâce à l’arche qui les porte sur les eaux. La grèce avait les déluges partiels d’Ogygèset de Deucalion, qu’elle plaçait, le premier au XVIIIe siècle, et le second au XVIe siècle av. J.-C. Des traditions analogues se retrouvent chez divers peuples des deux mondes. On peut consulter Marcel de Serre, Cosmogonie de Moïse, comparée aux faits géologiques, 1838 ; Buckland, Géologie sacrée.

Le Déluge par Gustave Doré
DÉMADE : orateur grec. Il fut l’un des chefs du parti macédonien d’Athènes en 338 av. J.-C. Après la destruction de Thèbes, il empêcha le peuple de livrer à Alexandre, Démosthène et les autres orateurs réclamés par le vainqueur. C’était un être fourbe et cruel. Démade était également connu pour sa cupidité. Sa propension à accepter tous les pots-de-vin offerts par le parti de l'opposition le fit condamner à de fortes amendes à plusieurs reprises, tant et si bien qu'il finit par être privé de ses droits civiques. Rétabli dans ses droits en 322 av J.-C. on rapporte que quand il apprit la mort d'Alexandre le Grand, il se serait exclamé "s'il était mort, le monde serait plein de l'odeur de son cadavre". Il fut envoyé en ambassade auprès d'Antipater, qui approchait d'Athènes. Sur la preuve de ses relations secrètes avec Perdiccas, il aurait été mis à mort à Pella par Cassandre, fils Antipater en 318.
DEMAINÉTOS : surnom d’Asclépios sur les bords de l’Alphée.
DÉMARATE : riche Corinthien. Il vint s’établir à Tarquinies en Étrurie vers 658 av. J.-C. Il fut le père de Tarquin l’Ancien, roi de Rome.
DÉMARATE : roi de Sparte (520-492 av. J.-C.). Écarté du trône par l’influence de son collègue Cléomène qui contestait la légitimité de sa naissance, il se réfugia auprès de Darius Ier, roi de Perse. Il influence Darius en faveur de Xerxès, qui est alors choisi comme successeur, au détriment de son frère Artabazarne . Avant la bataille des Thermopyles, il lui explique quelles sont les particularités de Sparte. Cet épisode, relaté parHérodote, est une source de renseignement précieuse sur la population de Sparte et son système politique. Ayant averti les cités grecques de l'attaque imminente de Xerxès, il est mis à mort.
Extrait des Histoires par Hérodote: Dicéus d'Athènes, fils de Théocyde, banni, et jouissant alors d'une grande considération parmi les Mèdes, racontait que s'étant trouvé par hasard dans la plaine de Thria avec Démarate de Lacédémone, après que l'Attique, abandonnée par les Athéniens, eut éprouvé les ravages de l'armée de terre de Xerxès, il vit s'élever d'Éleusis une grande poussière qui semblait excitée par la marche d'environ trente mille hommes; qu'étonné de cette poussière, et ne sachant à quels hommes l'attribuer, tout à coup ils entendirent une voix qui lui parut le mystique Iacchus. Il ajoutait que Démarate, n'étant pas instruit des mystères d'Éleusis, lui demanda ce que c'était que ces paroles. « Démarate, lui répondit-il, quelque grand malheur menace l'armée du roi, elle ne peut l'éviter. L'Attique étant déserte, c'est une divinité qui vient de parler. Elle part d'Éleusis, et marche au secours des Athéniens et des alliés, cela est évident. Si elle se porte vers le Péloponnèse, le roi et son armée de terre courront grand risque ; si elle prend le chemin de Salamine, où sont les vaisseaux, la flotte de Xerxès sera en danger de périr. Les Athéniens célèbrent tous les ans cette fête en l'honneur de Cérès et de Proserpine, et l'on initie à ces mystères tous ceux d'entre eux et d'entre les autres Grecs qui le désirent. Les chants que vous entendez sont ceux qui se chantent en cette fête en l'honneur d'lacchus. » Là-dessus Démarate lui dit : « Continuez, Dicéus, soyez discret, et ne parlez de cela à qui que ce soit; car, si l'on rapportait au roi votre discours, vous perdriez votre tête, et ni moi ni personne ne pourrait obtenir votre grâce. Restez tranquille, les dieux prendront soin de l'armée. » Tel fut, disait Dicéus, l'avis que lui donna Démarate. Il ajoutait qu'après cette poussière et cette voix, il parut un nuage qui, s'étant élevé, se porta à Salamine, vers l'armée des Grecs, et qu'ils connurent par là, Démarate et lui, que la flotte de Xerxès devait périr. Tel était le récit de Dicéus, fils de Théocydes, qu'il appuyait du témoignage de Démarate et de quelques autres personnes.
DEMARCHOS : Ægyptide tué par la Danaïde Eubulé.
DÉMARQUE : fonctionnaire grec qui convoquait les assemblées du peuple et recueillait les votes.
DÈME : division territoriale en Attique. Chaque tribu renfermait dix dèmes dont le nombre primitif était 100. On en compte 174 au IIIe siècle av. J.-C. À la tête du dème, on trouvait le démarque.
DÉMÉTER : fille de Cronos et de Rhéa. Sœur d’Hestia, de Zeus, d’Héra, de Poséidon et d’Hadès. Mère de Perséphone qu’elle eut de Zeus, et de Despoina et du cheval Arion qu’elle eut de Poséidon. Ce dernier la posséda de force et elle alla cacher sa honte dans une grotte qu’elle quitta sur les instances de Zeus. Perséphone sa fille, ayant été enlevée pour le plaisir d’Hadès, Déméter partit à sa recherche. Elle rencontra Hécate et se rendit avec elle chez Hélios qui lui révéla le nom du ravisseur. Déesse de la terre et des fruits du sol, elle présidait l’agriculture et était considérée comme la déesse de la fécondité.


Déméter, déesse du blé et de la moisson
DÉMÉTER : déesse grecque introduite en Égypte sous les Ptolémées. Elle était considérée comme l’égale d’Isis. Ayant donné aux humains l’agriculture, elle portait le voile, la couronne « calathos » (la mesure à grains), une torche et des épis de blé. On l’honorait lors des fêtes Thesmophories et Démétries.
DÉMÉTRIADE : ville de Thessalie fondée par Démétrios Poliorcète sur le golfe Pagasétique. Elle devint l’un des plus grands ports de la Grèce.
DÉMÉTRIES : fêtes grecques en l’honneur de Déméter et fêtes établies par les Athéniens en l’honneur de Démétrios Poliorcète.
DÉMÉTRIOS : prince macédonien, fils de Philippe III et frère de Persée. Né en 207 av.N J.-C. Son père le donna en otage aux Romains après la bataille de Cynoscéphales en 197. Il s’échappa. À son retour en Macédoine, Philippe le fit mettre à mort (181).
DÉMÉTRIOS DE PHAROS : général de Teuta, reine d’Illyrie. En 229, il livra Corcyre aux Romains et reçut pour prix de sa trahison une partie des États de Teuta. Il commit plus tard des actes de piraterie (219). Poursuivi par Rome, il décida Philippe V à faire alliance avec Annibal et périt devant Ithôme en 214 .
Extrait des stratégies, conflits et batailles de l'humanité par Miltiade(site internet): Les deux consuls sont envoyés, l'un avec une flotte de 200 navires, et l'autre avec le corps expéditionnaire ayant traversé depuis Brindes. Les Illyriens attaquent Epidamme et Corcyre. Cette cité est prise et Issa est assiégée quand la flotte romaine et les forces de débarquement s'avancent devant Apollonie et dispersent les légères birèmes illyriennes. Puis les Romains détruisent leurs châteaux. La reine Teuta est assiégée et doit suivre les prescriptions dictées par Rome et payer une indemnité de guerre. Il n'est plus question de voir la voile d'un navire de guerre illyrien au sud de Lissos, et les cités grecques occupées recouvrent la liberté. Corcyre, Apollonie, Epidamne, les plus importantes places de l'Adriatique entrent dans l'orbite de la république romaine. Ainsi, les Romains, avec réticence, se tournent vers l'Est et prennent ainsi pied sur les côtes de l'actuelle Albanie. Les ports grecs les accueillent comme des sauveurs et recherchent leur protection. Rome est invitée aux Jeux Isthmique dès - 228. Demetrios de Pharos devient le responsable des terres prises à Teuta. Mais il met à profit les troubles causés par la guerre contre les Gaulois de Cisalpine pour inquiéter les cités nouvellement soumises à Rome ; Corcyre, Appolonie ... A Rome, en prévision des "affaires ibériques" à venir, la décision est prise d'en finir. Une expédition est lancée en -221 en Istrie pour nettoyer les repaires de pirates. En - 219, les 2 consuls portent la guerre contre Demetrios. Celui ci a préventivement fortifié Dimale et s'est retranché à Pharos. Les consuls mettent le siège devant Dimale et la cité est prise en 7 jours. Cette brillante entrée en matière précipite la soumission de beaucoup de cités. Les Romains s'attaquent ensuite à Pharos et utilisent la ruse. En débarquant de nuit le gros des troupes sur une partie déserte de l'île et se présentant en petit nombre au port, ils poussent Demetrios à sortir ses troupes pour interdire le débarquement et envoyer des renforts. Les Romains débarqués se glissent entre la cité et le port et prennent à revers les troupes de Demetrios. C'est la défaite totale. Demetrios s'enfuit chez le roi de Macédoine. Pharos est pillée et rasée. Le protectorat de Rome s'étend sur les cités grecques
DÉMÉTRIOS Ier POLIORCÈTE (le preneur de villes) : roi de Macédoine. Il naquit en 337 av. J.-C. Auxiliaire de son père Antigone, il lutta contre les généraux d’Alexandre le Grand et fut battu dans une première guerre par Ptolémée d’Égypte devant Gaza, puis par Séleucos en Babylonie (312-311). Reformant son armée, il enleva la Grèce et Athènes à Cassandre de Macédoine en 307 et remporta la bataille navale de Chypre sur Ptolémée en 306. Il ne put prendre Rhodes (305). Après la bataille d’Ipsos où Antigone fut tué (301), Démétrios réduisit ses conquêtes à quelques places fortes et mena une vie d’aventurier, puis il rentra dans Athènes révoltée et profitant des désordres en Macédoine, s’empara du royaume pour huit ans (295-287). Chassé par Pyrrhus et Lysimaque, il tenta de conquérir des terres en Asie Mineure, mais Séleucos Nicator, son gendre, le vainquit, le prit et le tint enfermé jusqu’à sa mort en 283.

DÉMÉTRIOS II : roi de Macédoine (242-231), fils d’Antigone Gonatas et petit-fils de Démétrios Ier. Il combattit les ligues Achéenne et Étolienne.
DÉMÉTRIOS Ier SOTER (le sauveur) : roi de Syrie, fils de Séleucos II. Epoux de Laodicé V, fille du roi de Macédoine Philippe V. Envoyé comme otage à Rome, il s’évada pour enlever la couronne à Antiochos V (162 av. J.-C.).Son règne connaît une seule véritable action d’éclat avec son intervention à Babylone qu’il délivre de deux tyrans locaux, Timarque et Héraclide, et qui lui vaut de la part des Babyloniens son surnom de Sôter. Le reste de son règne est dominé par sa lutte contre les Macchabées dont il n’arrive pas réellement à venir à bout. Battu par Judas Macchabée, il fut défait et tué dans une bataille par l’usurpateur Alexandre Balas (150).

DÉMÉTRIOS II NICATOR (le vainqueur) : roi de Syrie. Fils du précédent. Il reprit le trône à Alexandre Balas en 146 av. J.-C. avec l’aide de Ptolémée IV dont il épousa la fille, Cléopâtre. Fait prisonnier par les Parthes, il resta dix ans en captivité (143-133) et laissa à son frère Antiochos Sidétès le pouvoir en Syrie. À son retour, il vainquit Sidétès, mais fut battu à son tour par l’usurpateur Alexandre Zébina. Cléopâtre, jalouse de son mariage avec la princesse parthe Rodogune,, la fille de Mithridate roi des Parthes, le fit tuer Alexandre II Zabinas en 125.

DÉMÉTRIOS III EUCÆROS (l’heureux) : roi de Syrie en 95-88 av. J.-C. En 95 av .J.-C., il s'empare de Damas avec l'aide du souverain lagide Ptolémée X et entre en conflit avec les divers souverains du nord de la Syrie : son cousin Antiochos X Eusèbe et ses frères Antiochos XI Philadelphe et, surtout entre 90 et 88 av. J.-C., Philippe I er Philadelphe. Il est vainqueur d'Alexandre Jannée, le roi et grand-prêtre des Juifs, mais doit se retirer de Judée devant l'hostilité de la population. Battu par les Parthes vers 88 av. J.-C., il est fait prisonnier par le roi Mithridate II et meurt en 87.

DÉMÉTRIOS de PHALÈRE : philosophe grec d’Athènes orateur athénien, né à Phalère en 345 av J-C. Disciple et ami de Théophraste, puis avec le poète Ménandre, il fit de la politique. En 318, Cassandre lui confia le gouvernement d’Athènes qu’il garda pendant dix ans. Ses concitoyens lui élevèrent 360 statues.Puis chassé de son pays en 307 av. J.-C., fut accueilli à Alexandrie par Ptolémée Ier Soter dont il devint l’ami. Il fonda le Musée et la Grande Bibliothèque. Ptolémée II Philadelphe, qui le détestait, le fit emprisonner, puis tuer pendant son sommeil en le faisant mordre par un serpent. On lui doit l’idée de la première traduction de la Torah en grec. Il organisa le département de la justice en Égypte en adaptant en grec le droit coutumier égyptien jusqu’alors écrit en démotique.
Extrait de Démétrios par Diogène Laërce: Démétrios de Phalère, fils de Phanostrate, fut le disciple de Théophraste. Orateur à Athènes, il gouverna la ville pendant dix ans, et on lui éleva trois cent soixante statues de bronze, la plupart équestres, ou en char, ou en attelage à deux chevaux. On les acheva en moins de trois cents jours, tant les Athéniens étaient pour lui pleins de zèle. Démétrios de Magnésie, dans ses Homonymes, déclare qu’il commença à gouverner la ville quand Arpalos, fuyant Alexandre, vint à Athènes. Il prit des décisions très nombreuses et très belles, embellissant la ville de quantités d’avenues et d’édifices, bien qu’il fût de basse origine, car il était de la maison de Conon, mais il eut pour maîtresse Lamia, qui était de la ville et de famille noble , et fut le favori de Cléon . Didyme, dans ses Discours sur les Banquets, dit qu’il fut appelé « Beaux Yeux » et « OEil brillant » par une courtisane. On dit qu’il perdit la vue à Alexandrie, mais que le dieu Sérapis la lui rendit, à la suite de quoi il fit des hymnes que l’on chante encore aujourd’hui. Bien qu’il fût fort illustre à Athènes, sa vie fut assombrie par la jalousie qui s’attaque à toutes choses. Quelques-uns ayant en effet conspiré contre lui, il fut condamné à mort par défaut, mais ses ennemis ne purent toutefois se saisir de lui, ils tournèrent leur rage sur ses statues, qu’ils renversèrent, vendirent ou jetèrent à l’eau, ou fondirent pour en faire des pots de chambre. C’est du moins ce que l’on dit. Phavorinos (Mélanges historiques) affirme que les Athéniens firent cela sur l’ordre du roi Démétrios et qu’ils taxèrent d’illégale l’année de son règne. Hermippe dit qu’après la mort de Cassandre, par crainte d’Antigone, il s’en vint chez Ptolémée Sôter, qu’il resta là un assez long temps, et qu’entre autres choses, il conseilla à Ptolé?mée de léguer son royaume aux enfants qu’il avait eus d’Eurydice. Ptolémée ne l’écouta pas, mais donna le diadème au fils d’Eurydice. Après la mort du roi, ce prince le fit garder dans le pays prisonnier en attendant de statuer sur son sort ; Démétrios y vécut découragé et, mordu à la main pendant son sommeil, il y mourut. Il fut enseveli dans le pays de Busirite, près de Diospolis. Et j’ai fait sur lui cette épigramme :
Un serpent a mordu le sage Démétrios
De son venin cruel
Et humide, lui jetant par ses yeux non la lumière,
Mais les ténèbres de l’Hadès.
Il ajoutait à un style philosophique, la force et le ton oratoires. Quand on lui apprit que les Athéniens avaient détruit ses statues, il dit : « Ils n’ont pas détruit ma vertu, qui m’avait valu ces statues. » Il attribuait une grande importance aux sourcils, puisqu’ils peuvent obscurcir toute une vie. Si le riche est aveugle, la fortune, qui lui montre la route, l’est aussi, disait-il. L’éloquence avait selon lui autant de force en matière de gouvernement que le fer en a dans la bataille. Il définit un jeune débauché de la façon suivante : « Voilà un Hermès à quatre côtés : il a un derrière, un ventre, un sexe et une barbe ! » Il conseillait de couper aux hommes bouffis d’orgueil toute leur enflure et de leur laisser leur petit esprit. Il disait aux jeunes gens de respecter trois sortes de personnes : chez eux leurs parents dans les rues, les passants, et dans la solitude eux-mêmes. Selon lui, dans la bonne fortune les amis ne nous quittent que sur notre demande, mais dans la mauvaise, ils s’en vont tout seuls. Voilà les sentences qu’on lui attribue.
DÉMÉTRIOS (autres): autres Démétrios selon Diogène Laërce: On connaît vingt Démétrios : un orateur de Chalcédoine plus âgé que Thrasymaque, le philosophe dont j’écris la vie, un Péripatéticien de Byzance, un nommé Graphicos, orateur habile et poète, un disciple d’Apollonios de Soles, originaire d’ Aspendos, un historien de Calliatos, auteur de vingt livres sur l’Asie et l’Europe, un Byzantin qui écrivit en treize livres la traversée des Galates d’Europe en Asie, et en huit autres livres l’histoire d’Antiochos et de Ptolémée et leur administration de la Libye, un sophiste qui vécut à Alexandrie et écrivit des traités de rhétorique, un grammairien d’Adramyttion, surnommé Ixion pour avoir commis je ne sais quel crime contre Héra, un grammairien de Cyrène surnommé Stamnos, homme de valeur, un noble de Skepsis, riche, très savant, qui ?instruisit son concitoyen Métrodore, un grammairien d’Érytrée, un Bithynien fils du Stoïcien Diphile et élève de Panétios de Rhodes, et un orateur de Smyrne, voilà pour les prosateurs. Parmi les poètes, il y eut un auteur de l’ancienne comédie, un auteur d’épopées, dont il ne reste que ces vers écrits contre des envieux :
Ils méprisent le vivant qu’ils voudraient voir mort,
Et sur l’ombre et la tombe des morts on a vu
Des cités se quereller et des peuples guerroyer.
Un poète de Tarse écrivit des satires, le quatrième était un homme amer qui écrivit des iambes, le cinquième était sculpteur, il nous est cité par Polémon, le sixième enfin, originaire d’Érytrée, est l’auteur de traités variés, dont des livres d ‘histoire et de rhétorique.
DÉMIPHON : roi de Phlaguse, ville de l’Asie Mineure et d'Éléonte. Pour délivrer son pays de la peste, l’oracle lui ordonna de sacrifier chaque année une jeune fille par tirage au sort. Cependant il exempta ses propres filles du tirage. Mastusios, dont le sort avait désigné la fille, se vengea en lui faisant boire dans une coupe le sang des princesses qu’il avait fait égorger. Démiphion le fit jeter avec la coupe à la mer qui depuis porta le nom de Mastusique.
DEMNÉ : fils de Morgan aux Dents Noires et de Coinchend Tête Longue. Ce fut sous ce nom que le dieu cerf, Finn, fut éduqué par les deux druidesses Bodmall et Grise de Luachair pendant son enfance. Avec les armes du forgeron Lochan, il tua la truie géante de Munster avant d’assister le druide Finégas qui devait lui transmettre le savoir. Lors de la cuisson du saumon de la connaissance, il se brûla le pouce. L’ayant sucé, il eut aussitôt la révélation du passé et de l’avenir. Dès lors, il se fit appeler Finn le Brillant.
DEMNOSIA : fille de Priam.
DÉMO : nom de la sibylle de Cumes.
DÉMO : fille de Céléos et de Métanire qui, avec ses sœurs Callidicé, Clisidicé et Callithoé, saluèrent la déesse Déméter assise près de la fontaine Callichoros en Attique.
Extrait par Daremberg et Saglio (1877): Tandis que Déméter est assise auprès du puits, les filles de Céléos, le roi d'Eleusis, viennent y puiser de l'eau. L'hymne homérique les appelle Callidicé, Cleisidicé, Démo et Callithoé ; c'est du moins ce que porte le texte parvenu jusqu'à nous, car celui que Pausanias a eu sous les yeux n'en comptait que trois, et les appelait, d'accord avec Pamphos, Diogeneia, Pamméropé et Saisara. Et cette donnée du nombre de trois est bien celle qui était anciennement consacrée, car les filles de Céléos étaient les types héroïques des trois grands sacerdoces confiés aux femmes dans le culte mystique d'Eleusis . Les jeunes filles abordent l'étrangère, en lui demandant son nom et son pays. Elle répond s'appeler Dôs et avoir été enlevée en Crète par des pirates, des mains desquels elle a fini par s'enfuir, et elle sollicite une hospitalité généreuse. Les filles de Céléos lui montrent alors les demeures des principaux princes d'Eleusis et celle de leur père, où elles vont aller parler à leur mère Métanire, qui recueillera l'étrangère et la prendra pour nourrice de son jeune fils Démophon. La reine consent, et ses filles lui amènent la divine voyageuse toujours inconnue. Mais Déméter reste en proie à son violent chagrin. Son visage, en signe de deuil, est couvert d'un voile, et ce n'est qu'en franchissant le seuil hospitalier de Céléos qu'elle le découvre. Alors, malgré son déguisement, l'éclat de son origine céleste rayonne aux regards de Métanire, saisie d'une crainte respectueuse. La reine cède son propre siège à Déméter, mais celle-ci refuse de s'y asseoir. La déesse reste silencieuse, les yeux baissés, et ne consent à se reposer que lorsque Iambé lui a présenté un siège couvert d'une peau de brebis. Là, le visage caché dans ses mains, muette, immobile, absorbée dans sa douleur, elle refuse tout breuvage et toute nourriture. Chacun s'efforce de la distraire, et Iambé seule y parvient par ses propos joyeux. En voyant un sourire involontaire se dessiner sur les lèvres de la déesse déguisée, Métanire lui offre une coupe de vin, qu'elle refuse encore ; mais elle consent à accepter un breuvage singulier, dont elle donne la formule et qui devient le type du cyceon des mystères. Gerhard a pensé reconnaître cette scène dans la peinture d'un vase à figures noires Iambé, dont on fait une fille de Pan et d'Echo ou bien une esclave thrace, est mise par son nom même en rapport avec le vers iambique et personnifie l'élément comique qui intervenait sous la forme des Gephyrismi dans les Grandes Eleusinies et sous celle des Stenia dans les Thesmophories. Dans un article spécial, il a été déjà montré comment, sous l'influence des Orphiques, elle se transforma dans l'obscène Baubo.
DÉMOCÈDE : médecin grec qui vécut au VIe siècle av. J.-C. Il partit à la cour de Polycrate, tyran de Samos dont il gagna la faveur. Il y retrouve d'ailleurs Pythagore . Après la fin tragique du prince, Darius le réduit en esclavage pour le punir d'avoir changé de camp. Le grand roi s'étant luxé le pied, Démocède put seul le guérir ; il guérit aussi la reine Atossa il fut dès lors rendu à la liberté et comblé de richesses et d'honneurs par ce prince, qui voulut le retenir à sa cour. . Il revint plus tard à Crotone, sa patrie, où il épousa la fille de l’athlète Milon.
DÉMOCHARÈS : orateur athénien (350-275 av. J.-C.). Fils de Lachès. Il fut exilé trois fois sous le gouvernement de Démétrios de Phalère et lors du second séjour de Démétrios Poliorcète à Athènes.
Extrait de l'Histoire (livre XII) par Polybe: « Démocharès, dit Timée, était un infâme prostitué, indigne de souffler le feu sacré, et qui dans sa conduite a surpassé toutes les infamies dont sont pleins les livres de Botrys, de Philénis et d'autres auteurs impurs. » Ce sont là, en vérité, des invectives, des injures que, je ne dirai pas un homme instruit, mais un misérable même, faisant trafic de sa personne, ne se permettrait point. Timée, pour donner quelque poids à ces révoltantes obscénités et à son impudeur, ajoute à ses impostures une imposture nouvelle, en invoquant contre Démocharès un certain poète comique sans renom. Ce qui me fait penser, quant à moi, que Timée en impose ici, c'est que Démocharès, neveu de Démosthène, était bien né et qu'il fut bien élevé ; c'est que les Athéniens ne lui décernèrent pas seulement le titre de général, mais encore d'autres dignités qui certes ne lui eussent jamais été accordées s'il eût été si infâme. En définitive, Timée accuse moins Démocharès que les Athéniens qui poussèrent dans la voie des honneurs un tel homme, et lui remirent la défense de leurs vies et leur gouvernement. Mais il n'en est rien. Autrement ce n'eût pas été le poète Archédique qui seul eût tenu sur Démocharès les propos que Timée lui prête : ces accusations eussent été répétées par beaucoup d'amis d'Antipater, d'Antipater contre qui Démocharès dirigea plus d'une attaque bien faite pour l'irriter, lui, ses successeurs et ses partisans ; elles l'eussent été par des hommes d'un parti opposé au sien en politique, tels que Démétrius de Phalère, par exemple. Car Démocharès ne lui épargna pas non plus d'amers reproches ; il osa dire qu'à la tête des affaires, Démétrius avait signalé son administration par des faits dont un usurier seul ou un artisan pourraient se glorifier peut-être. « Démétrius , disait encore Démocharès, tire vanité de ce que, sous son gouvernement, les vivres sont dans Athènes à vil prix et en grande abondance. Mais cette huître qui, mue par un secret mécanisme, le précédait dans les cérémonies publiques, jetant sa salive; mais ces ânes introduits sur le théâtre (or cela faisait allusion à la honte de la république, qui laissait à la Grèce tous les autres avantages et se réservait d'obéir à Cassandre), il voyait tout cela sans rougir. » Cependant, en dépit de ces terribles attaques, jamais Démétrius ni aucun historien n'a tenu sur Démocharès le langage de Timée.
DÉMOCOON : fils naturel de Priam. Ulysse le tua.
DÉMOCRITE : philosophe grec, né à Abdère vers 460 av. J.-C. Élevé par des mages que Xerxès avait laissés à Abdère, il se mit à voyager, parcourant l’Égypte et l’Asie et se rendant jusqu’en Inde. Il enseignait que le monde est formé d’atomes tourbillonnant dans le vide, que l’âme est un corps très délié et impalpable dans le corps visible, qu’elle ne connaît les choses que par des images qui en émanent. Selon Simplicius, un commentateur d'Aristote, Démocrite admettait deux principes de formation de l'Univers. Le plein, qu'il nomma, à la suite de son maître Leucippe, atomos, c'est-à-dire "indivisible" ; le vide dans lequel se déplacent les particules de matière pure, minuscules, invisibles, indestructibles et infinies en nombre. La diversité de tout ce qui est découle de la multiplicité des formes qui peuvent naître de la combinaison des atomes. Démocrite concevait la création des mondes comme la conséquence naturelle de l'incessant tournoiement des atomes dans l'espace. Les atomes se déplacent au hasard dans le vide, se heurtent mutuellement, puis se rassemblent, formant des figures, qui se distinguent par leur taille, leur poids et leur rythme. Ces figures peuvent elles-mêmes entrer dans la composition d'objets plus complexes. Les différences qualitatives perçues par les sens entre les choses tout comme l'apparition, le déclin et la disparition de celles-ci ne résultent pas de qualités inhérentes aux atomes mais de leur disposition quantitative. Aristote résumait par ces mots l'originalité radicale de la pensée de Démocrite : "Démocrite omet de traiter de la cause finale, et ainsi ramène à la nécessité toutes les voies de la nature". Pour la première fois, un système du monde fut élaboré sans présupposer qu'un esprit eut l'intention de le fabriquer ou de le créer. La théorie atomiste préfigure la pensée moderne, non parce qu'elle utilise le terme "atome", mais parce qu'elle s'efforce de construire la complexité du réel à partir de principes réels. Cause et effet doivent être définis sur le même plan. Par cette détermination d'une causalité homogène, Démocrite et Leucippe ont jeté les fondements de la recherche objective et de l'esprit scientifique.
Quelques citations de Démocrite:
Beaucoup de réflexion et non beaucoup de connaissances, voilà à quoi il faut tendre.
Belle attitude que penser droit dans le malheur! Bien des gens qui paraissaient être nos amis ne le sont pas en réalité; le contraire est vrai aussi. C'est magnanimité que supporter avec calme le manque de tact.
C'est une honte que de se donner beaucoup de mal pour les affaires d'autrui et de négliger les siennes. C'est une sorte d'avidité que de parler de tout sans vouloir rien écouter. Ce qui instruit les sots, ce n'est pas la parole, mais le malheur.
Celui que dominent absolument les richesses ne saurait être homme de bien.
Ceux qui aiment à blamer sont, par nature, peu propre à l'amitié. Contredire et bavarder sans répit, c'est se montrer naturellement incapable d'apprendre ce qu'il faut. Convention que la couleur, convention que le doux, convention de l'amer; une réalité: les atomes et le vide. De petits services accordés au moment opportun sont les plus précieux aux yeux de ceux qui en bénéficient.
Désirer violemment une chose, c'est rendre son âme aveugle pour le reste.
En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond de l'abîme.
DÉMODICÉ : épouse de Créthée. Amoureuse de Phrixus, mais rejetée par ce dernier, elle l’accusa d’avoir attenté à son honneur et obtint de Créthée qu’il fût condamné à mort.
DÉMODOCOS : chanteur aveugle à la cour d’Alcinoüs, roi des Phéaciens. Privé de la vue par les muses, il chanta les exploits d’Ulysse, d’Achille, les amours d’Arès et d’Aphrodite, l’invention du cheval de Troie. Agamemnon le chargea de garder Clytemnestre, selon Eustathe.
DÉMOGORGON : génie de la terre adoré en Arcadie. Ennuyé de n’avoir pour compagnons que le Chaos et l’Éternité, il se fit une petite sphère qui lui servit de moyen de transport et dans son voyage forma le ciel, puis le feu avec le Soleil qu’il maria avec la Terre. De cette union naquit le Tartare et la Nuit. On donne pour enfants de Démogorgon les trois Parques, Éris, Érèbe, Pan et Peitho.
DEMOISELLES : autre nom des neuf vierges qui activaient le feu du chaudron magique de Corridwen par leur souffle.
DÉMOLÉON : centaure tué par Thésée aux noces de Pirithoüs.
Extrait des Métamorphoses d'Ovide:
Démoléon ne supporta pas plus longtemps de voir Thésée
réussir à remporter ses combats et, au prix d'un effort démesuré,
il tenta de déraciner d'un massif boisé un pin chargé d'ans ;
ne pouvant y parvenir, il brisa le tronc qu'il lança sur son ennemi.
Mais Thésée recula, esquivant le projectile qui arrivait,
car, à ce qu'il prétendait lui-même, il avait été averti par Pallas.
L'arbre toutefois ne tomba pas sans produire d'effet, car
il sépara le buste et l'épaule gauche du grand Crantor de son cou.
Cet homme avait été l'écuyer de ton père, Achille, et Amyntor,
le roi des Dolopes, vaincu à la guerre, l'avait confié
au fils d'Éaque, en gage de paix et de fidélité.
Pélée vit de loin son écuyer coupé en deux par cette affreuse blessure,
et dit : “ Au moins, Crantor, le plus cher de mes compagnons,
reçois un hommage funèbre ”. Puis, tendant toutes ses forces,
de son bras vigoureux il lança sur Démoléon un javelot de frêne
qui lui fracassa le thorax, et resta fixé à ses os en vibrant.
De sa main Démoléon extrait le bois, mais non sa pointe :
le bois sort difficilement, la pointe reste accrochée au poumon.
La douleur même lui donnait du courage ; malgré sa souffrance,
il se dresse face à son ennemi et frappe le héros à coups de sabots.
DÉMOLÉON : fils de Phrixus et de Chalciope.
DÉMOLÉON : fils d’Anténor et de Théano. Achille le tua.
DÉMOLÉOS : Grec tué par Énée sur les bords du Simoïs. Sa cuirasse tressée de fils d’or fut donnée par Énée dans les jeux de Sicile, comme deuxième prix.
Extrait de l'Enéide, chant V, par Virgile: Alors le fils d'Anchise, devant tout le peuple régulièrement rassemblé, proclame par la grande voix du héraut Cloanthe vainqueur. Il couronne ses tempes d'un laurier vert ; pour chacun des navires il donne en récompense trois taureaux à choisir, du vin, un grand talent d'argent à emporter. Aux capitaines, il donne en sus des honneurs insignes : au vainqueur une chlamyde d'or : elle est largement bordée d'une pourpre mélibéenne courant en un double méandre ; tissé dans la trame, l'enfant royal, sur l'ida plein de feuillages, force les cerfs rapides de ses javelines, de ses courses, ardent, comme haletant ; descendu d'un trait de l'ida, l'écuyer de Jupiter l'a enlevé de ses serres crochues : les vieillards qui l'escortent tendent en vain leurs mains vers les astres, l'aboiement des chiens se déchaîne contre les vents. Puis celui dont la valeur a conquis la seconde place reçoit une cotte tissée d'une triple epaisseur de mailles d'or poli -Enée lui-même l'avait arrachée à Démoléos, Enée vainqueur aux bords du rapide Sinoïs sous Ilion la haute- parure pour le guerrier, défense dans les combats. Ses serviteurs, Phégée et Sagaris, conjuguant leurs efforts, peinaient à la porter, avec toutes ces mailles, sur leurs épaules ; pourtant jadis Démoléos en était revêtu quand il chassait devant lui en courant les Troyens dispersés. Le troisième prix est constitué de deux bassins de bronze et de coupes d'argent massif avec des figures en relief.
DÉMONASSA : épouse d’Iros, mère d’Eurydamas et d’Eurytion.
DÉMONASSA: mère de Philoctète, épouse de Poéas.
DÉMONASSA : mère d’Ægialée qu’elle eut d’Adraste.
DÉMONASSA : fille d’Amphiaraüs et d’Ériphyle, épouse de Thersandre, mère de Tisaménos. Elle était représentée sur le coffre de Cypsélos.
DÉMONICE : fille d’Agénor et d’Épicaste, amante d’Arès, mère d’Événos, de Molos, de Pylos et de Thestios.
DÉMOPHILE ou HÉROPHILE : la septième des dix sibylles. Elle était de Cumes.
DÉMOPHILE : Danaïde, fiancée de Pamphile.
DÉMOPHON : fils de Céléos et de Métanire l’intervention intempestive ou d’Hippothoon. Exposé au feu par Déméter pour acquérir l’immortalité, il périt par l’intervention intempestive de sa mère.
DÉMOPHON : fils de Thésée et de Phèdre. Roi d’Athènes. Il racheta sa grand-mère Æthra qui était l’esclave d’Hélène. Selon Plutarque, Démophon aima Laodicé et la rendit mère de Munytos qu’Æthra éleva dans le secret. Selon une autre version, Démophon promit à Phyllis, la fille du roi de Thrace Sithon, de l’épouser. Mais il voyagea si longtemps que Phyllis, se croyant oubliée, se donna la mort. Elle fut changée en arbre. Quand il revint, Démophon embrassa le tronc de cet arbre et y fit pousser des feuilles. Lors de l’attaque de Diomède, Démophon tua quelques Argiens et s’empara du Palladium. Pour ces faits, il fut le premier homme jugé par le tribunal criminel d’Athènes. Plus tard Démophon tua Eurysthée à la guerre. Il était représenté dans la Lesché de Delphes à côté d’Hélène et d’Æthra.
Lettre de Démophon à Phyllis: O ma chère Phyllis, les infortunes de Thésée, que tu craignais à tort d’avoir pour beau-père, auraient-elles ébranlé ton amour ?... Quelle honte pour moi !... Un étranger l’a chassé de son trône. Voilà le terme où l’a conduit une longue vieillesse, lui qui, naguère digne émule du grand Alcide, vainquit les Méotides armées de boucliers, lui qui força Minos, son redoutable ennemi, à devenir son beau-père, Minos, qu’avait frappé d’étonnement la fuite du monstre issu de son sang.
Qui le croirait ? On m’accuse d’avoir été la cause de son exil ; et mon frère ne me laisse pas libre de me justifier ou de me taire. «Tandis que tu pressais ton mariage avec ta chère Phyllis, me dit-il, tandis que tu fixais tes feux auprès d’une étrangère, le temps a fui d’une aile rapide, et le jour du deuil a devancé ton retour. Si tu n’as pu prévenir ce désastre, tu peux du moins le réparer. Quel charme trouves-tu donc dans le royaume de Thrace, pour préférer une maîtresse à ta patrie ? » Telles sont les vives remontrances d’Acamas ; tels sont aussi les reproches d’Éthra, qui touche à la fin de sa triste carrière ; elle craint que ses petits-fils ne lui ferment point les yeux, et sans cesse elle m’accuse d’avoir par mes délais occasionné ce malheur. Enfin, te le dirai-je ? lorsque mon navire mouillait dans les eaux de la Thrace, tous deux ils s’écrièrent :
«Que tardes-tu, Démophon ? les vents appellent tes voiles. Songe, songe à tes dieux Pénates. Fais comme celle que tu adores : son amour l’a fixée dans sa patrie. Sans doute elle désiré que tu la rejoignes ; mais elle ne s’engage point à t’accompagner au retour. Elle préfère à ton empire un royaume étranger.
Souvent, je m’en souviens, j’opposai le silence à ces reproches, et je fis des voeux pour que les vents me fussent contraires ; souvent, au moment du départ, t’enlaçant dans mes bras, je voyais avec plaisir la mer enfler ses vagues menaçantes. Non, je ne craindrai pas de le déclarer même devant mon père : « C’est à tes bienfaits que je dis ma liberté. Ce n’est point avec indifférence que je me suis séparé de ma chère Phyllis. Au lieu de me hâter de mettre à la voile, j’ai confondu mes larmes avec les siennes, et, plus d’une fois, occupé de la consoler, j’ai oublié le jour fixé pour mon départ. Enfin, je suis parti avec des rameurs de la Thrace. Phyllis n’avait pu me les refuser ; mais elle leur avait recommandé de conduire lentement mon navire. O mon père, pardonne-moi, cet aveu. Toi-même, souviens-toi de la fille de Minos ; ton coeur n’a pas encore oublié cet ancien amour ; et, toutes les fois que tu regardes les astres, tu te dis en secret : L’étoile qui brille au ciel fut jadis mon amante. Dans la suite, Bacchus te supplia de lui accorder cette épouse chérie ; mais on lui reproche de l’avoir abandonnée.
Ci dessous, détail d'un grand tableau "la prise de Troie" décrit par Pausanias: Toutes ces figures sont au-dessus d'Hélène. A côté d'elle on voit Ethra mère de Thésée qui a la tête rase, et Démophon fils de Thésée, qui autant que l'on en peut juger par son attitude, médite comment il pourra mettre Ethra en liberté. Les Argiens prétendent que de la fille de Synnis il naquit à Thésée un fils qui eut nom Mélanippe, et qui dans la suite remporta le prix de la course, lorsque les Epigones célébrèrent les jeux néméens qui avaient été institués par Adraste.
DÉMOPTOLÉMOS : prétendant de Pénélope tué par Ulysse.
DEMORGORGON : génie, terre, c’est-à-dire génie de la terre. Sale, couvert de mousse, ce vieillard habitait les entrailles de la terre. Ennuyé d’avoir pour seuls compagnons l’Éternité et le Chaos, il s’éleva dans l’air, enveloppa toute la terre et forma ainsi le Ciel. Il créa ensuite le Soleil avec de la boue enflammée, la maria à la Terre, et, de cette union naquirent le Tartare, la Nuit etc. La Discrode, Pan, les trois Parques, l’Erèbe étaient enfants de Démogorgon.
DÉMOSTHÈNE : considéré comme le plus grand des orateurs grecs, Démosthène est né à Péanée en 385 av. J.-C. Formé à l’éloquence par Isée, il débuta sa carrière par un plaidoyer contre ses tuteurs infidèles. En 352 av. J.-C., il s’éleva contre Philippe, roi de Macédoine. En 336, après l’assassinat de Philippe, Démosthène appela les Grecs aux armes, mais Alexandre mit fin à l’insurrection par la destruction de Thèbes. Eschine, chef du parti macédonien d’Athènes, assigna en justice Ctésiphon pour avoir proposé huit ans auparavant d’offrir la récompense d’une couronne d’or à Démosthène. Ce dernier disculpa Ctésiphon par son célèbre discours « Sur la couronne ». En 324 av. J.-C., Démosthène dut quitter Athènes ; il n’avait pas pu payer une amende de cinquante talents pour corruption par le gouverneur de Babylone Harpale. Rappelé par ses concitoyens à la mort d’Alexandre, il dut s’enfuir à nouveau après la défaite de Cranon et s’empoisonna dans l’île de Calaurie en 322. Il nous reste soixante-un discours sous son nom.
Extrait de l'éloge de Démosthène par Lucien: Je me promenais sous le Portique, du côté gauche en sortant, le seize du mois , avant midi : je rencontre Thersagoras Vous le connaissez, je pense. C'est un petit homme, au nez crochu, au teint pâle, mais d'un caractère décidé. Le voyant venir de mon côté : "Thersagoras, mon poète, où vas-tu, d'où viens-ta ? lui dis-je. - De chez moi, répond-il, et je viens ici. - Est-ce pour te promener ? - Sans doute et j'en ai besoin. J'ai passé toute la nuit debout : je voulais célébrer le jour de la naissance d'Homère, en lui consacrant quelques prémices poétiques. - C'est bien fait à toi de payer ainsi le prix de ton éducation à celui qui te nourrit. - Dès que j'eus commencé, le temps a fui si vite, que je suis arrivé jusqu'à midi sans m'en apercevoir, et c'est pour cela que j'ai besoin de me promener, comme je te de disais. Mais je viens ici avant tout, ajouta-t-il, pour adresser mes hommages à ce grand homme (en même temps il me montrait du doigt la statue d'Homère aux cheveux flottants qui est, tu le sais, à la droite du temple des Ptolemées) je viens lui adresser mes vœux, et le prier de m'accorder une heureuse veine poétique. - Plût aux dieux, repris-je, qu'il n'y eût qu'à demander ! Il y a déjà longtemps que j'aurais fatigué Démosthène de mes vœux, en le priant de m'aider à célébrer aussi le jour de sa naissance. S'il ne s'agissait que de souhaiter, je joindrais mes prières aux tiennes, et nous mettrions notre trouvaille en commun. - Pour moi, reprit-il, je ne puis attribuer qu'à Homère la facilité coulante que j'ai éprouvée cette nuit et ce matin. Je me suis senti transporté d'un enthousiasme prophétique et divin. Tu en jugeras toi-même. J'ai pris exprès mon ouvrage sur moi, pour le montrer au premier de mes amis que je rencontrerais de loisir. Il me semble que tu n'as absolument rien à faire. - Tu es heureux, lui répondis-je, de ressembler à ce vainqueur olympique, qui, après avoir remporté le prix de la longue course et lavé la poussière qui le couvrait, s'amusait le reste du temps à regarder le spectacle ou à causer avec un athlète, dans le moment même qu'on appelait les lutteurs au combat. - C'est vrai, dit-il, mais quand on entre dans la carrière, on ne perd pas son temps à causer. - Tu me fais l'effet, lui dis-je, d'un homme qui a remporté le prix de la longue course poétique, et tu veux, je le vois bien, te moquer de celui qui craint d'affronter la fortune du stade. 4. - Vraiment, reprit-il en souriant, que de difficultés tu sembles te créer ! - Mais tu t'imagines peut-être, lui dis-je, que Démosthène n'est rien en comparaison d'Homère. Tu es tout fier de ton éloge d'Homère, et tu crois que celui de Démosthène est peu de chose pour moi. - Tu me calomnies, reprit-il ; je suis loin de vouloir établir de rivalité entre ces deux héros, quoique je me sente pencher vers Homère. - A merveille, répondis-je ; mais moi, penses-tu que je sois moins partisan de Démosthène ?
Extrait de la deuxième Philippique par Démosthène en 344 av J.-C: Quand on vous parle, Athéniens, des actes de Philippe, de ses attentats à la paix jurée, je vois que ces discours vous semblent toujours dictés par une politique juste et humaine ; vous ne manquez pas d'applaudir tous ceux qui accusent Philippe, mais vous ne faites rien, ou à peu près, de ce qui serait nécessaire et un tel langage, cependant, ne vaut d'être écouté que si on l'applique. Hélas ! nos affaires en sont venues à ce point que, plus on convainc manifestement Philippe de violer la paix conclue avec nous et de tendre des pièges à la Grèce, plus il devient difficile de vous donner d'utiles avis. En voici la cause, Athéniens : contre les visées ambitieuses, ce qu'il faut, ce sont des actes, non des paroles ; or, nous, orateurs, nous évitons de proposer ou de conseiller des mesures actives, redoutant d'attirer sur nous votre inimitié ; mais nous énumérons tout ce que fait Philippe. N'est-ce pas révoltant ? disons-nous ; et autres propos de ce genre. Pour vous, qui siégez sur l'Agora, s'il s'agit de parler selon la justice, et de tout saisir nettement, vous êtes mieux disposés que Philippe ; mais, quand il faut arrêter les entreprises qu'il poursuit actuellement, il n'y a plus chez vous qu'une complète inertie. Il en résulte une conséquence nécessaire, et, sans doute même, légitime. Chacun réussit mieux dans ce qui l'occupe et l'intéresse : Philippe, dans les actes, et nous, dans les discours. Ah ! s'il suffisait maintenant encore de faire valoir de plus justes arguments, la tâche vous serait aisée, et n'exigerait nul effort ; mais s'il faut relever l'état présent des affaires, empêcher le mal de grandir à notre insu, s'opposer aux progrès d'une puissance redoutable contre laquelle nous ne pourrions plus lutter, nous devons changer nos habitudes de délibération, et tous, nous qui parlons, vous qui écoutez, préférer à ce qui est le plus facile et le plus agréable, les mesures les meilleures, celles d'où naîtra le salut ! D'abord, Athéniens, s'il est quelqu'un qui se sent en sûreté, tout en voyant le développement de la puissance de Philippe, qui n'en redoute aucun péril pour Athènes, et croit que tous ses préparatifs ne sont pas dirigés contre nous, je m'en étonne, et je vous prie tous de me prêter une égale attention : je vais brièvement vous exposer les raisons pour lesquelles j'augure tout autrement de l'avenir, et vois en Philippe un ennemi. Si mes prévisions vous semblent mieux fondées, suivez mes conseils ; si vous approuvez, au contraire, les hommes pleins d'assurance qui ont foi en lui, vous vous rangerez à leurs avis. Voici donc mes arguments : quels sont les empiètements de Philippe depuis la paix ? Il occupe les Thermopyles et régit la Phocide. Et comment a-t-il usé de ces conquêtes ? Servir les intérêts de Thèbes, et non les nôtres : telle est sa politique. Pourquoi ? c'est que, uniquement occupé de son ambition, qui vise à la domination universelle, peu soucieux de la paix, du repos public et de la justice, il a très bien compris ceci : tel est le tempérament de notre cité que ni promesses, ni actes ne pourraient la décider à sacrifier, pour son intérêt propre, quelques-uns des autres Grecs. Tenant compte, avant tout, de l'équité, répugnant à l'infamie qui suit la trahison, et distinguant clairement ce qu'exige votre dignité, vous lui barreriez la route s'il tentait quelque entreprise de ce genre, comme si vous étiez vous-mêmes en guerre avec lui. Quant aux Thébains, Philippe pensait, et les événements lui ont donné raison, qu'en retour d'un profit personnel, ils le laisseraient tout faire à sa guise, et, loin d'agir contre lui, et de l'entraver, combattraient à ses côtés, s'il leur en donnait l'ordre. Quand nous le voyons, aujourd'hui, étendre ses bienfaits sur les Messéniens et les Argiens, c'est qu'il a d'eux la même opinion. N'est-ce pas là le plus bel éloge qu'on puisse faire de vous, Athéniens ? Tout ce qui se passe prouve que vous êtes jugés seuls incapables de trahir, pour quelque salaire que ce soit, les droits communs de la Grèce, que nulle faveur, nul avantage ne prévaudrait contre votre dévouement à la cause grecque. Et c'est à bon droit qu'il a de vous cette opinion, et une autre toute différente des Argiens et des Thébains, soit qu'il considère le présent, soit qu'il réfléchisse au passé. L'histoire lui apprend que vos ancêtres auraient pu commander à tous les Grecs, en se reconnaissant vassaux du Grand Roi ; mais loin de prêter l'oreille à de telles propositions, qui leur étaient transmises par Alexandre, l'aïeul de Philippe, ils préférèrent abandonner leur pays, affronter toutes les épreuves, et accomplirent ensuite ces exploits que tous essaient de célébrer, sans qu'aucun l'ait pu faire dignement : aussi les passerai-je moi-même sous silence, et avec raison ; car leurs actions sont au-dessus de toute parole humaine. Quant aux ancêtres des Thébains et des Argiens, les uns firent campagne avec les barbares(1), les autres ne les combattirent pas. Philippe sait donc que ces deux peuples s'attacheront à leurs intérêts, sans examiner ce qui serait utile à la cause commune de la Grèce. Votre alliance lui acquérait des amis pour toute entreprise juste ; en s'attachant les Thébains et les Argiens, il assure des complices à son ambition. Voilà pourquoi il les a préférés, et les préfère encore à vous ; et nullement parce qu'ils posséderaient plus de galères que vous, ou que Philippe, satisfait de sa puissance continentale, dédaignerait l'empire de la mer et les ports de commerce ; il n'oublie pas non plus quels engagements il a dû prendre pour obtenir la paix actuelle.

DÉMOSTHÈNE : général athénien pendant la guerre du Péloponnèse. En 425 av. J.-C., il releva de ses ruines Pylos en Messénie. Il fut battu à Délion, en Béotie (424 av. J.-C.). Envoyé au secours de Nicias en difficulté en Sicile, son armée fut écrasée sous les murs de Syracuse. Fait prisonnier, il fut mis à mort en 413 av. J.-C. par les Syracusains.
DÉMOTIQUE : cette écriture naquit en Basse-Égypte et remplaça peu à peu l’hiératique de la Haute-Égypte. À partir des formes figées de l’ancienne écriture, les scribes inventèrent des caractères stylisés et simplifiés, faisant du même coup évoluer la langue de la vie quotidienne depuis l’époque saïte (650 av. J.-C.) jusqu’à l’époque romaine (- 30). Le démotique fut l’écriture des bureaucrates, mais elle permit à quelques écrivains indigènes d’exprimer leur talent à travers des comtes, des légendes et des nouvelles.
DÉMOUCHOS : fils de Philétor. Achille le tua.
DENDÉRAH : créée sous l’Ancien Empire, capitale du VIe nome de Haute-Égypte, Dendérah était la ville de la déesse Hathor. On y célébrait le rituel de l’union du disque lors des fêtes de nouvel an, puis, au mois de Khoïak, la renaissance d’Osiris. Près de 2 800 ans plus tard, sous les derniers Ptolémées, fut construit le temple de la dame de joie : HATHOR ; Cet édifice au porche monumental, à la salle hypostyle avec vingt-quatre colonnes aux trente chapiteaux reproduisant les sistres, et aux douze mystérieuses cryptes, était entouré d’une enceinte de brique. Cette dernière enserrait aussi deux mammisis (celui de Nectanébo Ier et celui de Néron, terminé sous Antonin), une basilique copte, un sanatorium, deux puits sacrés, une chapelle de Montouhotep Qnebhépetrê et le temple où Isis était née. À l’extérieur se dressait le temple du dieu Ihy, le musicien fils d’Hathor.



Façade du temple d'Hathor Colonnes romaines à Denerah

Colonnes hathoriques de la salle hypostyle Bas-relief à Denderah

Zodiaque de Denderah Déesse Hathor, détail d'un chapiteau

Cléopâtre VII et son fils Césarion représentés à Dendérah
DENDROCHRONOLOGIE : méthode qui permet une datation par l’examen des anneaux sur la coupe transversale d’un tronc.
DENIER (DENARIUS) : monnaie romaine en argent. Sous la République, le denier valait 10 as. Sous l’Empire, sa valeur fut portée à 16 as.
DENIER D’OR : cette monnaie valait 25 deniers d’argent.
DENT: il est probable que les anciens Egyptiens aient été les premiers à implanter des prothèses dentaires.
Ainsi le chercheur Junker publie en 1914:« Une autre découverte curieuse plaide en faveur des tentatives à maintenirle corps aussi
intact que possible. Dans un tombeau prés de la réserve de la tête enboué du Nil ont été trouvées deux dents, ingénieusement reliées
entre elles par un fild’or. Cela a probablement été réalisé dans l’intention de donner un soutien à une dentmobile grâce à une dent voisine bien implantée, ou bien l’homme portait-il (vraiment)cette fixation durant sa vie ? Junker date sa trouvaille de la fin de la quatrième dynastie ou du début de la cinquième (2500-2400 avant Jésus-Christ).
DENTARPAGA : instrument de dentiste servant à arracher les dents.
DENTATUS (MARCUS CURIUS) : tribun du peuple. Consul en 290 av. J.-C., vainqueur des Samnites et des Sabins. À nouveau consul en 275, il battit Pyrrhus à Bénévent. Consul pour la troisième fois en 274, il soumit les Lucaniens et les Bruttiens. Devenu très célèbre, il se retira dans une petite ferme. Il avait fait construire l’aqueduc Aniensis Velus et un canal pour assécher les terres du Velinus, près de Réate.
Extrait de "De Viris illustribus" par Aurélius Victor: Marcus Curius Dentatus triompha d'abord des Samnites, qu'il avait soumis jusqu'aux rivages de la mer supérieure . De retour à Rome, «le territoire dont je me suis rendu maître, dit-il au peuple assemblé, est si étendu que bientôt ce ne serait plus qu'une vaste solitude, si je n'avais pris un nombre d'hommes suffisant pour le peupler ; et ce nombre est si grand, qu'ils mourraient tous de faim, si le pays dont je me suis emparé ne suffisait pour les nourrir» . Le second triomphe de Curius fut le prix d'une victoire sur les Sabins ; en troisième lieu, il fut honoré de l'ovation (4) pour celle qu'il avait remportée sur les Lucaniens. Après avoir chassé de l'Italie Pyrrhus, roi d'Epire, il distribua à chaque citoyen romain quarante arpents de terre, et ne s'en réserva pas davantage à lui-même, en disant qu'il n'y avait pas un seul citoyen à qui ce nombre ne dût suffire. Un jour les ambassadeurs des Samnites vinrent lui offrir des présents, et le trouvèrent au coin de son feu, faisant cuire des raves. «J'aime, leur dit-il, à voir ces légumes dans mes pots de terre, et à commander à ceux qui ont de l'or». Accusé un jour d'avoir soustrait une partie de l'argent des ennemis, il présenta à l'assemblée du peuple un vase de bois dont il avait coutume de se servir dans les sacrifices, et jura que de tout le butin qu'il avait fait, c'était le seul objet qui fût entré dans sa maison. Cet illustre Romain employa ensuite les fonds qu'il avait pris aux ennemis à la construction d'un aqueduc qui conduisit les eaux de l'Anio dans la ville. Ayant été élu tribun du peuple, il obligea les sénateurs à confirmer d'avance l'élection des magistrats plébéiens, nommés dans les comices. Pour lui témoigner sa reconnaissance, le peuple lui fit présent d'une métairie dans le voisinage du mont Typhate, et de cinq cents arpents de terre.

Dentatus refusant les richesses par Jacopo Amigoni.
DENTIFRICUM : dentifrice qui avait l’apparence d’une poudre.
DENTISCALPIUM : cure-dents. On en distinguait deux : le cure-dents de qualité supérieure tiré de la feuille de lentisque et celui de qualité inférieure fabriqué à partir de plumes d’oiseau.
DENYS (Saint) : pape, 259-269. En 261, il condamna, dans un concile, l’erreur de Sabellius et obtint des explications satisfaisantes de Saint Denys d’Alexandrie, que l’on accusait d’avoir pêché en sens contraire en combattant la même hérésie. L'empereur Gallien avait restitué à l'Eglise une partie des biens confisqués, notamment les cimetières. Denys dut s'atteler à reconstruire tout ce qui avait été détruit et il réorganisa l'Eglise à Rome (paroisses, sièges épiscopaux suburbicaires aux environs de Rome). Il redonna vie à l'antique tradition de l'Eglise romaine, qui apportait des secours aux chrétiens, où qu'ils se trouvent : un siècle plus tard, saint Basile le Grand rappelle les secours apportés par Denys aux chrétiens de Cappadoce (lettres d'encouragement, contribution financière pour le rachat de prisonniers.Saint Denys est enterré dans les catacombes de de Saint-Calliste.. Il est fêté le 26 décembre.
Denys veut dire qui fuit avec force. Il peut venir de dyo, deux, et nisus, élévation, élevé en deux choses, savoir quant au corps et quant à l’âme. Ou bien il vient de Dyana, Vénus, déesse de la beauté, et de syos, Dieu, beau devant Dieu. Selon d'autres il viendrait de Dyonisia, qui est, d'après Isidore, une pierre précieuse de couleur noire servant contre l’ivresse.
DENYS (Saint) : apôtre de la France et premier évêque de Paris, subit le martyre avec le prêtre Rustique et le diacre Èleuthère sur le Mont des Martyrs (Montmartre), vers l’an 270. Fête le 9 octobre. On l’a confondu quelquefois avec Saint Denys l’Aréopagite, Dagobert Ier éleva =, au VIIe siècle, l’abbaye de Saint-Denis pour honorer les restes des trois martyrs.
Extrait de la Légende Dorée de Jacques de Voragine: Le préfet Fescennius envoyé de Rome à Paris contre les chrétiens, trouva saint Denys qui prêchait au peuple; aussitôt il le fit saisir, souffleter, conspuer, moquer et lier avec des courroies très rudes et comparaître par devant lui avec saint Rustique et saint Eleuthère. Or, comme les saints persistaient à confesser Dieu devant le préfet, voici qu'arriva une daine noble prétendant que son mari Lisbius avait été honteusement trompé par ces magiciens. On envoie chercher cet homme au plus vite et il, est mis à mort en confessant Dieu avec persévérance ; quant aux saints ils sont- flagellés par douze soldats : après quoi on les charge de lourdes chaînes et on les jette en prison. Le lendemain saint Denys est étendu nu, sur un gril de fer, sous lequel brûlait un feu violent, et là il chantait ainsi les louanges du Seigneur : « Votre parole est éprouvée très parfaitement par le feu, et votre serviteur l’aime uniquement. (Ps. CXVIII.) » On le retire pour. le jeter en pâture à des bêtes d'autant plus féroces qu'on les avait laissées plusieurs jours sans manger. Mais quand elles coururent pour se précipiter sur lui, il leur opposa le signe de la croix et les rendit très douces. On le jeta ensuite dans une fournaise; mais, au lieu de lui nuire, le feu s'éteignit. On l’en fit sortir et on le renferma en prison avec ses compagnons ainsi qu'un grand nombre de fidèles. Comme il y célébrait la messe, au moment de la communion du peuple, Notre-Seigneur J.-C. lui apparut environné d'une immense lumière ; puis il prit le pain et lui dit : « Prenez ceci, mon cher, parce que votre plus grande récompense est d'être avec moi. » Après quoi ils furent amenés au juge qui les livra à de nouveaux supplices;. on trancha à coups de hache, devant l’idole de Mercure, la tête des trois confesseurs de la Trinité. Aussitôt le corps de saint Denys se leva, et sous la conduite d'un ange, et précédé par une lumière céleste, il porta sa tête entre les bras, l’espace de deux milles, depuis l’endroit qu'on appelle le Mont des Martyrs jusqu'à celui que, par là providence de Dieu, il choisit pour'), reposer. Or, les Anges firent entendre là des, accords si mélodieux, que, parmi le grand nombre de ceux qui entendirent et crurent en J.-C., Laërtia, femme de Lisbius, dont il a été parlé plus haut, cria qu'elle était chrétienne. Elle fut décapitée à l’instant et mourut baptisée dans son sang.
DENYS l’ANCIEN : tyran de Syracuse (405-368 av. J.-C.). Né en 430, il consacra son règne à combattre les Carthaginois. Une première guerre dans laquelle Carthage prit Géla et Camarine souleva les Syracusains contre Denys (405) ; il réprima la révolte en se montrant cruel. Profitant d'une épidémie de peste dans les rangs des Carthaginois, il conclut avec ces derniers une première trêve, par laquelle il leur laisse la partie occidentale de l'île. En outre, Messine, Catane, Naxos et les Sikèles doivent être « autonomes », c'est-à-dire hors de l'hégémonie de Syracuse. Cependant, le traité conforte la domination de Denys sur Syracuse. Il en profite pour fortifier l'île d'Ortygie, au large de Syracuse, où il bâtit un palais fortifié pour lui-même. Il entoure également Syracuse d'une enceinte. Il encourage la production d'armes et en renforce son armée. Il recrute également des ingénieurs pour inventer de nouvelles armes, comme le gastrophète, ancêtre de l’arbalète. C'est à ce moment, selon Diodore de Sicile que sont inventées des machines apparentées à la catapulte (perceuse de boucliers, littéralement), et issues du gastrophète :l’oxybèle : sorte de grosse arbalète remontée par treuil, et tirant de grosses flèches (600 à 800 g) qui peuvent percer une file d’homme. Sur le même principe, mais avec un projectile différent, le lithobolos envoie des boulets de pierre sur l’ennemi. Une seconde guerre (403) fut marquée par le siège de Syracuse (396). En 399, Messine et Rhégion se décident à prendre les armes contre Denys, sans succès. Le tyran tente alors de se concilier Rhégion par voie matrimoniale, mais son offre essuie un échec. Denys épouse alors une jeune aristocrate de Locres, ce qui isole encore davantage Rhégion, puis une aristocrate syracusaine. Ayant tenté l’aventure en Grèce, il reprit la guerre contre les Carthaginois en 368, année où il mourut. Les Latomies ou Carrières, prisons inventées par Denys, sont célèbres. Il fit vendre Platon comme esclave après l’avoir appelé auprès de lui.

Plan de Syracuse sous le règne de Denys l'Ancien
DENYS LE JEUNE : tyran de Syracuse (368-343 av. J.-C.). fils du précédent, il régna d’abord sous la tutelle de Dion, son beau-frère. Livré aux courtisans malgré Platon qui vint à ses côtés à deux reprises, il exila Dion (360), puis il fut exilé à Locres pendant dix ans. En 347, il revint à Syracuse où Dion, Callippe, Hipparios et Nypsios s’étaient succédé pendant son absence. Chassé une seconde fois par Timoléon, il devint maître d’école à Corinthe.
Extrait de l'Epitoma Historiarum Philippicarum: Denys brûlait de faire disparaître les oncles maternels de ses frères , en tant que rivaux de son pouvoir et exhortant les enfants à la division du royaume.C'est pourquoi, il applique d'abord son esprit dissimulé à se concilier la faveur populaire, pour faire de manière plus excusable ce qu'il avait décidé, dans la mesure où il aurait auparavant fait ses preuves devant tous. Donc, il libère trois mille prisonniers pour dettes, il remet le tribut au peuple pour trois ans, il cherche à séduire les esprits de tous avec n'importe quelles mesures d'apaisement possibles. Alors, s'étant tourné vers le crime projeté, il tue non seulement les parents de ses frères, mais aussi ses frères eux-mêmes , afin de ne pas même laisser la vie en partage à ceux à qui il devait le partage du pouvoir royal, ayant inauguré la tyrannie contre les siens avant de le faire sur les peuples extérieurs. Ayant, ensuite, glissé dans l'apathie après avoir fait disparaître ses rivaux, il devint obèse à la suite de trop grands excès, et contracta une maladie des yeux telle qu'il ne pouvait supporter ni le soleil, ni la poussière, ni enfin l'éclat de la lumière même. Tandis qu'il pense être, à cause de cela, un objet de mépris, sa cruauté est en marche et il ne remplit pas, comme son père, la prison de condamnés pour dettes, mais la cité de meurtres ; devant cela, il ne fut pas plus méprisé que haï par tous. Alors que, de ce fait, les Syracusains lui avaient déclaré la guerre, il hésita longtemps à abdiquer le pouvoir ou à résister militairement. Mais il est poussé à descendre combattre par les soldats qui espèrent du butin et le pillage de la ville. Alors que, vaincu, il avait à nouveau tenté sa chance sans succès, il envoie des émissaires auprès des Syracusains, en s'engageant à abdiquer la tyrannie s'ils lui envoyaient des gens avec lesquels il pourrait faire un accord de paix. Il retient en prison les premiers qui sont envoyés à cette fin, et tous étant de cette façon hors de leurs gardes et ne redoutant rien d'hostile, il envoie l'armée détruire la ville. Il se livre donc, dans la ville même, un combat douteux au cours duquel Denys est repoussé par les citadins qui l'emportent par leur nombre. Comme il redoutait le siège de la citadelle, il s'enfuit silencieusement vers l'Italie avec tout l'attirail royal. Exilé accueilli par ses alliés de Locres , il occupe la citadelle comme s'il régnait de plein droit et se livre à sa cruauté habituelle. Il faisait enlever les épouses des premiers citoyens pour leur déshonneur, ravissait les jeunes filles avant leurs noces et les rendait déshonorées à leurs prétendants ; il chassait tous les hommes les plus riches de la cité, ou bien ordonnait leur meurtre, et s'emparait de leurs biens. Puis, comme les occasions de pillage manquaient, il abuse la cité tout entière au moyen d'un plan retors. 2 Alors que les Locriens étaient pressés par la guerre des Réginates du tyran Léophron, ils avaient fait le vœu de prostituer leurs jeunes filles, le jour de la fête de Vénus, s'ils étaient victorieux. Et, ce vœu ayant été suspendu alors qu'ils faisaient contre les Lucaniens des guerres malheureuses, Denys les appelle en assemblée ; il les exhorte à envoyer au temple de Vénus leurs épouses et leurs filles, les mieux parées qu'ils peuvent : cent d'entre elles, choisies par le sort, s'acquitteraient du vœu officiel, et se tiendraient dans le lupanar pendant un mois en considération du rite religieux ; auparavant, tous les hommes auraient juré qu'il n'y aurait personne pour s'attaquer à aucune d'elles. Et afin qu'il n'y ait pas fraude de la part des jeunes filles qui acquittaient la cité de son vœu, Denys les exhorte à décréter qu'aucune jeune fille ne se marierait avant que celles-là eussent été livrées à leurs maris. La proposition par laquelle on veillait à la fois à un scrupule religieux et à la pudeur des jeunes filles ayant été approuvée, toutes les femmes, parées à grands frais, se dirigent à l'envi vers le temple de Vénus, 7 et Denys, ayant lâché ses soldats, les dépouille toutes et fait son butin des parures des matrones. Il assassine les maris de certaines, les plus fortunés, il en torture certaines pour qu'elles livrent l'argent de leurs maris. Alors qu'il avait régné six ans avec ces procédés, il est chassé par une conjuration de la cité des Locriens , et revient en Sicile. Il y reprit Syracuse, grâce à une trahison, pendant que tous se sentaient en sécurité à cause du long intervalle de paix.
DENYS LE THRACE : grammairien grec, né à Byzance ou à Alexandrie. Disciple d’Aristarque, il vint enseigner les belles-lettres à Rome vers 80 av. J.-C. On a sous son nom un Art de la grammaire,Téchnê Grammatikê dont le modèle comportera huit classes de mots:
- le nom (onoma), qui reprend comme subdivision secondaire la distinction des Stoïciens entre propre et commun.
- le verbe (rhêma)
- le participe (métokhê), ainsi nommé parce qu'il "participe" du nom et du verbe, ayant à la fois une déclinaison et une conjugaison (des voix et des temps)
- l'article (arthron) , qui désigne aussi bien les articulations du corps humain
- le pronom (antônumia) (à la place du nom)
- la préposition (prothésis) (le fait de placer devant)
- l'adverbe (épirrhêma) (ce qui est ajouté au verbe)
- la conjonction (sundésmos) (ce qui lie avec)
On remarque tout de suite, par rapport à nos habitudes, l'absence de l'adjectif et de l'interjection.
DENYS LE PÉRIÉGÈTE : géographe grec né à Charax en Susiane. Il vécut au IIe siècle ap. J.-C. Dans sa Périégèse, il a tracé en vers hexamètres la description du monde connu en son temps.
Extrait de sa géographie: Massalie aussi est Galate. - Or, elle fut fondée par des Phocéens qui fuyaient loin de l'Orient le joug de Cyrus. Massalie a un port contourné, c'est-à-dire circulaire, rond, recourbé sur lui-même ; ou bien cette épithète peut venir de ce que les navigateurs se tournent vers ce port, qui est bon : il se nomme Lacydon On dit qu'autrefois les Massaliens étaient célèbres comme mécaniciens et ingénieurs de constructions navales. - Massalie n'est pas seulement une contrée, c'est aussi une ville des Ligyes, dans les environs de la Celtique ; son nom vient de massai qui en dialecte éolique signifie amarrer, et d'un certain pécheur, halieus. Et en effet, naviguant, dit-on, en ces parages, le pilote des Phocéens fugitifs aperçut en cet endroit un pêcheur et le pria d'amarrer, massai, c'est-à-dire de lier son câble à la terre : de là le nom de Massalie, de massein et halieus. Après les Massaliotes viennent les Ligyes, que Lycophron appelle Ligystins. Ils sont ainsi nommés d'un certain Ligys, qui voulait arrêter Héraclès (Hercule) allant à la conquête des boeufs de Géryon : et alors, à ce que disent les fables, Héraclès manquant de toute espèce d'armes pour se défendre, pria Zeus (Jupiter) de lui venir en aide; le dieu, ayant rassemblé un nuage, en fit pleuvoir des pierres : de là entre Massalie et Rhèginè la plaine de pierres, toute couverte de pierres grosses à remplir la main, qui, selon les savants, seraient des fragments de rochers brisés par des coups de foudre incessants ou des exhalaisons typhoniques : c'est ainsi que de grandes roches plates auraient été mises en menus morceaux, à ce que disent ceux qui laissent la fable radoter à son aise. De ces Ibères d'Europe les Ibères orientaux sont une colonie, comme des Galates européens ceux d'Asie, près d'Ancyre. Celtus et Iber sont fils d'Héraclès et d'une femme barbare, et c'est d'eux que viennent ces peuples, les Celtes et les Ibères. L'Ibérie a la forme d'une peau de boeuf, dont les parties, pour ainsi parler, cervicales tombent, dit-on, sur la Celtique qui y est contiguë à l'Orient. Dans la langue des Romains le nom des Germains s'explique par le mot genuini, parce qu'ils sont de la même race, genus, que les Galates, à qui ils ressemblent par la figure, le genre de vie et les mœurs, l'emportant sur eux seulement par leur naturel farouche, leur taille et la couleur blonde de leurs cheveux. Ils habitent au delà du Rhin, à l'est, après les Celtes. Quelques-uns prennent Germani dans le sens de frères, ce qui en certaine façon revient au sens de genuini.
DENYS D’HALICARNASSE : rhéteur et historien qui s’installa à Rome en 30 av. J.-C. Pendant vingt-deux ans, il travailla sur ses Antiquités romaines. Il nous a laissé un traité De l’arrantgement des mots, une Rhétorique et des essais sur les écrivains grecs célèbres.
Extrait du Jugement de Denys d'Halicarnasse, fils d'Alexandre, sur Thucydide et ses principales qualités: Avant de vous faire connaître mon jugement sur Thucydide, je crois convenable de vous soumettre quelques observations préliminaires sur moi-même et sur la nature de ce traité : certes, ce n'est ni à cause de vous, ni à cause de ces esprits sages, d'un goût toujours infaillible, et pour qui rien n'est préférable à la vérité; mais à causé des hommes remplis d'admiration pour les anciens et de mépris pouf leur siècle : il n'en est que trop parmi nous. Je m'attends bien que plusieurs lecteurs me blâmeront d'avoir osé dire que Thucydide, le prince des historiens, n'est à l'abri du reproche, ni pour le choix du sujet ni pour la manière dont il l'a traité; mais je ne me laisse pas effrayer, parce qu'on m'accusera peut-être de soutenir seul un étrange paradoxe, si je ne crains pas de blâmer quelques pages dans ses écrits, ou de combattre une opinion tellement enracinée dans l'esprit de tous les hommes qu'il est difficile de l'en arracher; enfin, si je rejette le témoignage desorateurs et des philosophes les plus célèbres, qui regardent cet écrivain comme la règle de la composition historique et le parfait modèle de l'éloquence politique : ces assertions n'ont aucun fondement. Pour répondre à un reproche déclamatoire et qui ne peut imposer qu'à la multitude, il suffira de dire que ma vie ne fut jamais souillée par la passion de la calomnie, de la médisance et des attaques injustes : jusqu'à ce jour, je n'ai pris la plume contre personne, excepté dans mon traité sur la rhétorique, pour la défendre contre ceux qui la décrient. Ainsi, je ne viens pas attaquer aujourd'hui le plus célèbre des historiens, avec un acharnement indigne de tout homme d'honneur, et bien éloigné de mon caractère. J'aurais plusieurs observations à faire sur la nature de cet écrit ; mais je me borne à quelques-unes. Ma critique est-elle raisonnable ? Avais-je le droit de l'exercer? C'est une question que vous déciderez, vous et tous les amis de la littérature.
Mon but n'est ni de blâmer avec aigreur dans Thucydide le choix du sujet et le style, ni de recueillir toutes ses fautes, pour les tourner en ridicule ; ni enfin de composer un traité où, sans tenir compte de ses belles qualités, je ne m'attacherais qu'aux expressions qui laissent beaucoup à désirer : je veux plutôt rassembler les traits principaux de son caractère, ceux qui lui sont communs avec d'autres écrivains, et ceux qui lui appartiennent en propre. Pour arriver à ce but, je dois parler non seulement de ses bonnes qualités, mais aussi des défauts qui en sont presque inséparables. Telle est, en effet, la nature de l'homme, que la perfection ne peut se trouver ni dans ses paroles, ni dans ses actions : le plus estimable est celui qui en approche davantage et qui faillit le moins souvent. Voilà le principe auquel le lecteur doit rapporter les observations que je vais lui soumettre. Qu'il ne s'érige point en censeur; mais qu'il réfléchisse au but de cet écrit. Je ne suis pas le premier qui ait traité un semblable sujet. De nos jours, comme dans les siècles passés, plusieurs l'ont fait avant moi. Loin d'obéir à l'impulsion de la haine, ils ne cherchaient que la vérité. Je pourrais en citer un grand nombre ; mais je me contenterai d'Aristote et de Platon. L'un ne crut pas que tout fût parfait dans Platon, son maître ; témoin sa critique sur le système des idées, du bien et du gouvernement ; l'autre reprocha de nombreuses erreurs à Parménide, à Protagoras, à Zénon et à plusieurs philosophes. Personne jamais ne leur en a fait un crime ; parce qu'on sait que les spéculations philosophiques ont pour but la découverte de la vérité, qui seule peut conduire l'homme à l'accomplissement de sa destinée. Si on ne leur a point reproché de soutenir des opinions étranges, s'ils ont pu ne pas tout approuver dans les anciens, pourquoi blâmer un critique dont le but est de faite connaître le caractère de certains écrivains, à moins qu'il ne veuille trouver en eux toutes les qualités, même celles dont ils furent totalement privés ?
DENYS D’ALEXANDRIE : converti au christianisme, il fut le disciple d’Origène. Patriarche(archevêque) d’Alexandrie de 247 à 265. Successeur de l'évêque Héraclas à Alexandrie (247), Denys - dit « le Grand » - est persécuté sous le règne de Philippe l'Arabe(248). Sous Décius, il doit trouver refuge en Libye. Pendant les persécutions contre les chrétiens demandées par Valérien, il est exilé de nouveau en Libye jusqu'à ce qu'il doive sa libération à Gallien (262). À son retour, il doit affronter à Alexandrie une révolution et la peste. Invité au synode d'Antioche (264-265), il est empêché d'y assister en raison de sa vieillesse et il meurt durant le synode. Les œuvres de Denys sont principalement d'intérêt pastoral. Adversaire du sabellianisme, il fut lui-même soupçonné de trithéisme et dut démontrer son orthodoxie dans un traité intitulé Réfutation et Apologie adressé à Denys de Rome.
Lettre du bienheureux Denys, archevêque d'Alexandrie à Basilide: Vous m'avez écrit, mon fils très fidèle et très érudit, pour vous informer de l'heure où l'on doit rompre le jeûne à l'aube de Pâques; car les uns de nos frères, dites-vous, prétendent qu'il faut le faire au chant du coq, les autres, qu'il le faut faire dès la veille au soir; en effet ceux de Rome, dit-on, attendent que le coq ait chanté, tandis que ceux d'ici, le rompent plus tôt. Or vous cherchez à y mettre un terme exact et à fixer une heure fort bien calculée, ce qui est difficile et en même temps peu sûr; en effet, qu'il ne faille commencer la fête et la réjouissance qu'après l'instant de la résurrection de notre Seigneur, en humiliant jusque-là nos âmes par le jeûne, tout le monde en conviendra; vous prouvez d'autre part par les arguments que vous m'exposez et après examen des textes évangéliques, que rien de précis n'y apparaît quant à l'heure où le Seigneur ressuscita : en effet, les évangélistes donnent des temps variés pour les personnes venues au tombeau et ils nous disent qu'elles ont toutes trouvé le Seigneur déjà ressuscité; "dans la nuit du samedi" comme le dit Matthieu; et "de grand matin, quand il faisait encore obscur" comme Jean l'écrit; et "à la première pointe du jour" selon Luc; et "de grand matin, au lever du soleil" selon Marc. Or, à quel moment il est ressuscité, aucun d'eux ne nous le dit clairement mais, que tard dans la soirée du samedi, à l'aube du premier jour après le samedi, vers le lever du soleil du premier jour de la semaine, ceux qui sont venus au tombeau ne l'y trouvèrent plus, ce fait-là est attesté par tous. Ne croyons pas d'autre part que les évangélistes sont en désaccord entre eux et se contredisent; et bien que cela semble être vétilleux que de rechercher pourquoi ils diffèrent sur l'heure, tout en étant tous d'accord que notre Seigneur, la Lumière du monde, S'est levé en cette nuit-là, nous, cependant, cherchons de bon coeur et avec fidélité à accorder leurs dires. Or, voici la teneur du texte de Matthieu : "Tard dans la nuit du samedi, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie Madeleine vint avec l'autre Marie pour voir la tombe; et voici qu'un fort tremblement de terre eut lieu, car un ange du Seigneur descendu du ciel, s'approcha et roula la pierre tombale, et s'assit sur elle; son visage était illuminé comme un éclair et son vêtement était blanc comme la neige; à sa vue les gardiens furent bouleversés de crainte et devinrent comme des morts. L'ange prenant la parole dit aux femmes : "Vous, ne craignez point, car je sais que vous cherchez Jésus, qui a été crucifié. Il n'est point ici, Il est ressuscité, comme Il l'avait dit". Cette parole "tard" certains pourront croire qu'elle signifie le soir du samedi, mais ceux qui en saisissent le sens avec plus de connaissance diront que c'est non point le soir, mais la profonde nuit, le mot "tard", indiquant l'heure tardive et la longue durée du temps; et parce qu'il parle de la nuit et non point du soir, il a ajouté : "à l'aube du premier jour de la semaine". Et elles vinrent sans porter encore les parfums, comme le disent les autres évangélistes, mais pour voir la tombe, et elles trouvèrent le tremblement de terre déjà fait et l'ange assis sur la pierre tombale et entendirent de lui, "Il n'est pas ici, il est ressuscité". De même, Jean dit : "le premier jour de la semaine Marie Madeleine se rendit au tombeau de grand matin, alors qu'il faisait encore obscur et elle aperçut la pierre tombale roulée à l'écart du tombeau". Cependant, "alors qu'il faisait encore obscur" et pendant que le jour pointait, Lui était déjà sorti du tombeau. Tandis que Luc dit : "le jour du sabbat, elles se reposèrent conformément à la loi; et le premier jour de la semaine, à la première pointe du jour, elles se rendirent au tombeau, apportant les aromates qu'elles avaient préparées; et elles virent la pierre roulée à quelque distance du tombeau". Cette "première pointe du jour" indique sans doute l'apparition de l'aube du premier jour de la semaine, car le samedi était tout entier terminé avec la nuit qui le suivait et un autre jour commençait au moment où elles vinrent, apportant les parfums et les aromates, lorsqu'évidemment, il était depuis longtemps ressuscité. Marc suit Luc de près en disant : "elles achetèrent des aromates pour aller L'embaumer; et le premier jour de la semaine, de grand matin, elles se rendirent au tombeau, ou lever du soleil". "De grand matin" dit-il aussi, ce qui équivaut à "la pointe du jour" et il ajouta "au lever du soleil". Il est évident que leur départ et leur marche se fit à la première pointe du jour et de grand matin et elles s'attardèrent dans leur route, autant qu'autour du tombeau, jusqu'au lever du soleil, et c'est alors que le jeune homme vêtu d'une robe blanche leur dit : "Il est ressuscité, Il n'est point ici".
DÉOS : déesse allégorique. Fille d’Arès et d’Aphrodite. Elle avait un temple à sparte et une statue à corinthe. Dans l’Iliade, elle figure sur l’égide d’Athéna et sur le bouclier d’Agamemnon.
DEP : cité antique qui, unie à Pé, forma la ville de Bouto.
DEPONTANI : citoyens romains de plus de soixante ans. Dès cet âge, ils n’avaient plus le droit de voter.
DÉPOUILLES OPIMES : Spolia opima. Trois Romains, Romulus vainqueur d’Acron, roi des Céniniens. Cornelius Cosus, de Tolumnius, roi des Véiens, 438 av. J.-C. et Marcellus, de Viridomar, roi des Gésates, 222, remportèrent les dépouilles opimes, qui consistaient à prendre les armes du chef ennemi qu’ils avaient vaincu et tué. Elles étaient suspendues, à Rome, dans le temple de Jupiter Férétrien.

Romulus, vainqueur d'Acron, porte les dépouilles opimes au temple de Jupiter par Ingres(1812)
DERB FORGAILL : fille du roi du Lochlann, Forgall. Amoureuse de Cuchulain. Reliées par une chaîne d’or, elle et sa servante se changèrent en cygnes pour approcher Cuchulain. Méfiant, le héros belssa Derb en jetant une pierre, puis il la soigna en suçant le sang de la plaie. Cet acte tabou lui interdit désormais d’épouser la princesse. Il envisagea alors de la lier à son meilleur ami Lugaid, mais des femmes jalouses mutilèrent Derb en lui coupant les cheveux, le nez et les oreilles et en lui crevant les yeux. Lugaid en mourut de chagrin.
DERBICES : peuplade scythique qui habitait, au Sud-Est de la mer Caspienne, un territoire compris entre les Dahæ aéu Nord et l’Hyrcanie au Sud.
Extrait de la Géographie de Strabon: Nous mentionnerons, maintenant, pour finir, certains détails tenant évidemment du merveilleux, mais que tout le monde répète au sujet des peuples qui, comme les habitants du Caucase et comme les montagnards en général, sont restés jusqu'à présent dams un état de complète barbarie. Chez les uns, dit-on, une loi expresse a mis en pratique cette pensée d'Euripide (Cresphonte),
«Pleurer sur l'homme à sa naissance, en pensant aux maux au devant desquels il court ; mais, quand l'homme est mort et que ses maux ont cessé, se réjouir et avec des cris d'allégresse accompagner ses restes hors de sa demeure».
Chez les autres, la peine de mort n'est jamais appliquée ; elle ne l'est pas même aux plus grands criminels qu'on se borne à bannir en compagnie de leurs enfants, ce qui est juste l'inverse de ce que pratiquent les Derbices, chez qui les fautes les plus légères sont punies de mort. Les Derbices adorent la Terre et ne sacrifient ni ne mangent les animaux femelles ; chez eux tous les vieillards qui ont passé l'âge de soixante-dix ans sont égorgés et ce sont leurs plus proches parents seuls qui dévorent leur chair ; quant aux vieilles femmes, elles sont étranglées, puis enterrées. Les hommes morts avant d'avoir atteint l'âge de soixante-dix ans ne sont pas mangés non plus, mais enterrés [comme les femmes]. Les Siginni, qui, pour tout le reste, vivent à la façon des Perses, se servent de méchants petits chevaux tout velus, beaucoup trop faibles pour être montés, mais qu'ils attellent à leurs quadriges et qu'ils laissent aux femmes le soin de conduire : elles s'y exercent dès leur enfance et celle qui arrive à savoir le mieux conduire a le droit de se choisir l'époux qu'elle veut. On parle aussi de certains peuples chez lesquels chacun s'évertue à donner le plus possible à sa tête une forrne allongée en se rendant le front assez proéminent pour qu'il puisse couvrir et ombrager tout le menton. Un autre usage propre aux Tapyres, c'est que tous les hommes, chez eux, s'habillent de noir et portent les cheveux longs, tandis que les femmes s'habillent de blanc et ont toutes les cheveux courts. Celui d'entre eux qui est réputé le plus brave a le droit d'épouser la femme de son choix. Enfin, chez les Caspii, il est d'usage d'exposer dans le désert les corps des septuagénaires qu'on a laissés mourir de faim et d'observer de loin ce qui leur arrive : ceux qu'ils ont vu arracher par des oiseaux de proie du lit sur lequel ils gisaient étendus sont considérés par eux comme des bienheureux, ils regardent comme moins fortunés ceux que des bêtes féroces ou des chiens en ont arrachés et comme des réprouvés ceux qu'aucun animal n'a osé toucher.
DERCENNUS : ancien roi des Aborigènes, confondu quelquefois avec Latinus.
DERCETO : mère de Sémiramis, était une divinité de Syrie, adorée à Ascalon, sous le forme d’une femme poisson.
DERCYNOS : fils de Poséidon. On l’appelle aussi Bergion.
DERGDAMSA : Danse Rouge. Il était le druide de la Neid, le roi de Munster.
DERR : temple de Basse-Nubie construit sous le règne de Ramsès II (1298-1235). Sauvetage du temple : le temple a été entièrement scié et ensuite reconstruit. Fait unique, il était à l'origine sur la rive orientale du Nil. Il fut déplacé de 11 km dans le cadre de la campagne de sauvetage des temples nubiens. Construit par Ramsès II, on pourrait le qualifier de mini Abou-Simbel tant il lui ressemble par sa conception.


Ramsès est suivi de Thot, qui écrit son nom sur un fruit en tenant la canne des jubilés dans une main.
Devant lui, Ptah et Sekhmet.

Amon, escorté de Maât. remet à Ramsès l'insigne de son 1er jubilé. Thot, Monthou et Horus évoquent l'entière participation des sanctuaires à cette cérémonie. On notera que Ramsès est agenouillé sur l'insigne de la fête Sed, insigne qui apparait à la fois sur les tiges et dans la main des dieux.

2ème salle - paroi de droite. la barque est portée par 12 prêtres. Le roi ( plus grand et devant) accompagne la barque. Un flabellifère ferme la marche.

A l'entrée de la seconde salle hypostyle, Séchat (Sefekh-Abouy)offre au roi le signe de la fête.
DERRHIATIS : surnom d’Artémis à Derrhion sur la route de Sparte en Arcadie.
DESCENDERIE : couloir incliné qui, à l’intérieur d’une pyramide, même à la chambre du sarcophage.
DÉSERTS : à l’époque préhistorique, les déserts de l’Afrique du Nord n’existaient pas. L’Égypte, la Libye, le Maghreb étaient soumis à un régime de fortes pluies. Puis le climat changea. Peu à peu, forêts et prairies reculèrent devant la progression des déserts. Au début du développement de la civilisation égyptienne, le pays avait déjà cet aspect qu’on lui connaît de nos jours : une riche vallée encaissée entre deux plateaux stériles. Cependant, il y avait encore par endroits assez d’herbes et d’arbres pour que se reproduisent et survivent des animaux sauvages, mais aussi, selon les croyances populaires, des espèces fantastiques. Rouge comme la terre aride, Seth devint tardivement le symbole des déserts en opposition à la terre noire de la vallée identifiée à Isis.
DESIGNATOR :
1. Employé de théâtre qui montrait les places numérotées aux spectateurs munis de billets d’entrée (tessera theatralis).
2. Entrepreneur qui organisait les funérailles d’un défunt.
3. Homme de haut rang qui organisait les courses de chars et distribuait les prix.
DÉSINOR : guerrier troyen qui aida Hector à enlever les armes d’Achille à Patrocle.
DESMONTÈS : Père de Mélanippe.
DESSIN : le dessin était la base même de l’écriture égyptienne. Dès l’époque thinite, vers 3200 av. J.-C., le dessin atteignit sa plénitude à des fins dévocation et d’invocation en combinant la face et le profil, les symboles et les couleurs. Ces canons resteront immuables jusque sous la domination romaine. Le dessin sans perspective, alliant traits et courbes, s’inscrivait toujours dans un plan quadrillé donnant les proportions des sujets à reproduire. La grandeur ou la petitesse du personnage correspondait à sa position sociale dans un monde très hiérarchisé.

Dessin du relief de la bataille de Qadesh
DESULTOR : cavalier et acrobate au cirque.N On le reconnaissait à son petit bonnet appelé le pileus.
DESULTORIUS : cheval dressé pour les numéros de cirque.
DÉTOS et CHALCINOS : descendants de Céphale, dont la famille avait été bannie d’Athènes. Ils rentrèrent en Attique après avoir sacrifié, pour obéir à l’oracle, à l’endroit où ils avaient rencontré un serpent.
DEUCALION : unique survivant des humains lorsque Zeus décida d’anéantir cette race pervertie. D’autres légendes nous disent que Mégaros et les habitants de Delphes parvinrent à se sauver du déluge en se réfugiant sur le mont Parnasse. Deucalion construisit, sur les conseils de son père Prométhée, un vaisseau sur lequel il se réfugia avec sa femme Pyrrha. Le navire flotta au gré des vents pendant huit jours. Au matin du neuvième, il échoua sur le mont Parnasse où siégeaient les Muses et l’oracle de Thémis .Ils se rendirent au sanctuaire de Thémis au bord du Céphise où il firent des offrande à Zeus Phryxios; puis Hermès leur ordonna de jeter les os de leur mère par-dessus leurs épaules pour repeupler la terre. Ayant compris que cela voulait dire les pierres de la terre, ils obéirent, les pierres jetées par Deucalion devinrent des hommes, celles jetées par Pyrrha devinrent des femmes. Deucalion demanda au dieu de repeupler la terre. Quand les eaux se retirèrent, Deucalion quitta le mont Parnasse et bâtit sa maison à Opontes. Il eut six enfants : Hellen, Amphictyon, Protogénie, Thyia, Candybos et Mélantho.

Deucalion et Pyrrha jettent les pierres.
DEUS FAGUS : dieu gaulois du hêtre qui était adoré dans les Pyrénées.
DEUS ROBUR : dieu gaulois du chêne qui était adoré dahns la région d’Angoulême.
DEUS SEX ARBORIS : dieu gaulois des Six Arbres qui était adoré dans les Pyrénées.
DEUSOS : fils du cyclope Argès et d’une nymphe phrygienne.
DEVERRA : déesse romaine du balayage. Elle protéfeait les femmes en couches contre les mauvaises influences de Sylvain. On l’associait dans cette fonction à Intercidona et Pilumnus. Pour représenter cette triaden, trois hommes faisaient le tour de la maison de la femme en couches pendant la nuit. Le premier enfonçait une hache dans le seuil, le second frappait dessus avec une massue et le troisième le balayait. Ce rite avait pour but d’effrayer Sylvain.
DEXAMÈNE : centaure qui habitait Bura, en Achaïe, et possédait de vastes étables à bœufs.
DEXICRÉON : négociant samien. À Chypre, Aphrodite lui conseilla de n’embarquer que de l’eau sur son bateau de marchandises. Les autres capitaines de la flotte se moquèrent de lui . Pendant le voyage, un calme survint et l’eau manqua. Dexicréon échangea alors son eau contre les objets les plus précieux transportés par les bateaux. Reconnaissant, il fit élever une statue à la déesse.
Extrait des Oeuvres morales, questions grecques par Plutarque: Pourquoi adore-t-on à Samos la Vénus de Dexicréon ? On dit que les Samiennes, que l'amour du luxe avait jetées dans la vie la plus licencieuse, furent délivrées de cette espèce de manie par les cérémonies expiatoires qu'employa un charlatan nommé Dexicréon. D'autres disent qu'un pilote Samien de ce nom, que son commerce avait appelé en Chypre; était occupé à charger son vaisseau, lorsque Vénus lui apparut et lui ordonna de ne prendre d'autre cargaison que de l'eau, et de se rembarquer aussitôt. Il le fit, et dès que son vaisseau fut chargé, il mit à la voile. Il survint un grand calme qui retint longtemps les vaisseaux en mer. Ils manquèrent tous d'eau et eurent recours à Dexicréon, qui leur en vendit et gagna par ce moyen beaucoup d'argent. De retour dans sa patrie, il érigea une statue à la déesse, sous le nom de Vénus de Dexicréon. Si ce fait est vrai, il paraît que Vénus voulut moins enrichir un seul homme qu'en sauver un grand nombre par le ministère d'un seul.
DEXIOS : guerrier tué par Glaucos durant la guerre de Troie.
DEXIPPE : trois écrivains grecs ont porté ce nom. Le premier était un médecin du IVe siècle av. J.-C.
Extrait de la Critique par Aulu-Gelle dans les Nuits attiques : Tel est le système que le médecin Eratistrate oppose à celui de Platon. Mais, selon Plutarque dans ses Symposiaques, l’opinion de Platon remonte à Hippocrate ; elle a été adoptée par Philistion de Locres, et Dexippe élève d'Hippocrate, tous deux célèbres médecins de l'antiquité. Quant à l'épiglotte dont parle Eratistrate elle n'est pas établie là précisément pour empêcher que rien de fluide ne glisse dans la trachée-artère : car les liquides sont nécessaires pour alimenter et humecter le poumon. C'est une sorte de régulateur, chargé de rejeter ou d'admettre selon l'intérêt de la conservation. Elle doit bien écarter de l'artère et repousser dans le canal de l'estomac toutes les substances solides mais elle doit aussi diviser les liquides entre l'estomac et le poumon. La part qui doit se rendre au poumon par la voie de la trachée-artère n'y est pas portée précipitamment et d'un seul coup, mais graduellement et peu à peu. L'épiglotte, comme une barrière refoule et maintient ce fluide ; elle détourne le surplus dans l'autre canal qui mène à l'estomac. Le second, fils de Ptolémée, défendit Athènes contre les Scythes et les Goths qui avaient envahi l’Attique (269 ap. J.-C.). Dexippe, général et historien grec, né vers 210. Cet Athénien, qui fut prêtre et archonte éponyme, repoussa l'assaut des Hérules en 267. Il est aussi l'auteur de l'Histoire universelle ou Histoire des temps, composée de 12 livres au moins, panorama d'histoire universelle des origines à 269/270, dans le prolongement des œuvres d'Ephore et de Diodore. Son œuvre servit de modèle aux "Chroniques" byzantines de Jean Malalas (VIe s) et Jean d'Antioche, (VIIe s). Il n'en reste que quelques fragments dans les Excerpta de legationibus.
Le troisième, philosophe alexandrin, écrivit sur les Catégories d’Aristote au IVe siècle ap. J.-C. disciple de Jamblique, auteur d'un traité sur les difficultés que présentent les Catégories d'Aristote. L'ouvrage est écrit en forme de dialogue entre l'auteur et Seleucius, probablement un de ses disciples. Simpliciusnous dit que Dexippe s'était borné à reproduire, sans y rien ajouter, les difficultés signalées par Plutarque, Porphyre et Jamblique.
DEXITHÉA : mère d’Euxanthion qu’elle eut avec Minos.
DEXTRALE : bracelet porté entre le coude et le poignet.
DESTROCHERIUM : bracelet porté au poignet.
DHOUTY : inspecteur du trésor et des travaux publics sous les règnes d’Hatschepsout et de Thoutmôsis III, de 1505 à 1450 av. J.-C. Son tombeau est situé à Drah Abou el-Neggah, dans la nécropole thébaine.
DIA : surnom sous lequel Hébé ou Ganymède avait des temples à Phlionte et à Sicyone.
Extrait de l'article Baccus par Darenberg et Saglio (1877): Macrobe nous apprend que dans la Campanie, et spécialement à Néapolis, Bacchus recevait le nom d'Hébon, et son témoignage est confirmé par les monuments épigraphiques. Ce nom est une forme masculine correspondant à l'Hébé de Phlionte et de Sicyone : il est difficile de croire qu'Hélion n'ait pas été associé à une Hébé, et par conséquent nous constatons ici chez les Grecs de l'Italie une influence positive des formes propres au culte mystique de Phlionte, où la déesse associée à Dionysos prenait, sous le nom de Dia-Hébé, une physionomie interdiaire entre Coré et Ariadne .
Extrait de la Corinthie par Pausanias: En allant de Sicyone à Phlionte par la route la plus courte, si vous vous détournez à gauche, de dix stades au plus, vous arrivez au Pyrée ; c'est le nom qu'on donne à un bois qui entoure le temple de Déméter Prosasia et de sa fille, Korè. Les hommes y célèbrent entre eux les fêtes de ces déesses et laissent les femmes les célébrer de leur côté dans l'édifice nommé le Nymphon, où sont les statues de Dionysos, de Déméter et de sa fille, dont on ne voit que les visages.Titanè est à soixante stades de Sicyone, mais la route est impraticable pour les voitures à cause de son peu de largeur. Après avoir fait vingt stades, autant que je peux l'évaluer, vous traversez l'Asopos, à gauche du chemin, et vous trouvez un bois de chênes verts et le temple des déesses connues des Athéniens sous le nom de Semnae ( Sévères), et des Sicyoniens, sous celui d'Euménides. Ils célèbrent tous les ans leur fête, qui ne dure qu'un jour. Ils leur sacrifient des brebis pleines ; se servent d'Hydromel pour les libations ; et de fleurs, au lieu de couronnes. Ils en font autant sur les autels des Parques qui sont dans le même bois, mais en plein air.

Hébé par Antonio Canova
DIA : fille de Lycaon. Elle donna un fils à Apollon : Dryops.
DIA : nymphe que Pélops rendit mère de Pitthée.
DIACONESSES : veuves ou vierges qui, dans la primitive Église, distribuaient aux personnes de leur sexe les secours spitiruels et temporels. Ordonnées par l’évêque, elles étaient comprises dans le clergé ; toutefois, les conciles des Gaules défendirent, dès le Ve siècle, de consacrer des diaconesses. Il y a encore des diaconesses dans certains pays protestants et aussi dans l’église grecque russe : un hôpital de Strasbourg est desservi par des femmes qui portent ce nom.
DIACONIES : établissements pour les infirmes ou les indigents, desservis autrefois par des diacres ou des diaconesses.
DIACTOROS : le héraut. Surnom d’Hermès. Chez les poètes postérieurs à Homère, cette épithète est donnée surtout à Hermès psychopompe, qui conduit les âmes vers le monde des ombres.

DIAETA : cabine ou tente à l’arrière d’un navire.
DIÆUS : l’un des derniers stratèges de la ligue achéenne. Défait à Leucopetra par Mummius, il se tua à Mégalopolis, 146 av. J.-C.
Extrait de l'Histoire Générale de Polybe: Diæus, nommé stratège par le peuple, se trouvait à Corinthe lorsque Andronidas et quelques-uns de ses amis s'y rendirent de la part de Cécilius. Daeus, en répandant le bruit qu'ils étaient favorables aux ennemis les livra à la fureur de la multitude, et ces malheureux, au milieu de mille outrages, furent enchaînés et conduits en prison. Philon le Thessalien vint aussi faire aux Achéens de bienveillantes propositions. Quelques citoyens les appuyèrent. Parmi eux était un vieillard nommé Stratius, qui, aux pieds de Diæus, le conjura d'accepter les offres de Métellus. Mais Diaeus et les siens, après en avoir délibéré, fermèrent l'oreille aux conseils de Philon. Ils s'imaginèrent que les propositions dont Philon était l'organe n'étaient pas faites dans l'intérêt du salut commun, mais qu'il ne consultait en cela que son utilité personnelle et sa propre sûreté, qu'il plaçait au-dessus de tout : ils tinrent conseil sous l'influence de cette pensée, et de toutes les manières leur conduite fut une faute. Tourmentés par la conscience de leurs crimes, ils ne pouvaient croire qu'il leur fût possible d'obtenir pitié des Romains; et cependant braver tous les périls nécessaires pour sauver la république et le peuple fut une chose à laquelle ils ne songèrent même pas. C'eût été une résolution vraiment digne d'hommes sensibles à la gloire, et qui prétendaient être les chefs de la Grèce. Mais d'où, comment cette idée généreuse serait-elle venue à des traîtres tels que ceux dont j'ai parlé? C'étaient un Diæus, un Damocrite nouvellement rappelé d'exil, à la faveur des troubles publics; un Alcamène, un Théodecte, un Archicrate qui délibéraient ! J'ai déjà dit longuement quels étaient ces hommes, le caractère de chacun, sa conduite, sa vie.
DIAGORAS l’Athée : philosophe grec, né dans l’île de Mélos. Il fut esclave, puis disciple de Démocrite. Vers 415 av. J.-C., il s’enfuit d’Athènes, redoutant d’être condamné à boire la ciguë. Cicéron raconte aussi qu’en allant à Samothrace, Diagoras s’arrêta afin de contempler les ex-voto qui avaient été envoyés par les marins ayant survécu à un naufrage. Dès lors, un homme aurait tenté de coincer Diagoras connu de tous pour son athéisme, en lui disant : « Toi qui penses que les dieux ne s’occupent pas des affaires humaines, ne vois-tu pas, d’après ces peintures, combien sont nombreux ceux qui, grâce à des vœux, ont échappé à la fureur de la tempête et sont parvenus au port sains et saufs ? ». Ce à quoi Diagoras aurait répondu du tac au tac : « Non, car nulle part on n’a peint tous ceux qui ont fait naufrage et ont péri en mer. »
DIALIES : fêtes instituées par Numa en l’honneur de Jupiter vers 700 av. J.-C. et célébrées par le flamen dialis.
DIAMICTON : terme utilisé par les maçons et les architectes latins pour désigner un mur régulier non consolidé par de grosses pierres de taille (diatoni).

DIANCECHT : grand-père du dieu Lug, père du dieu souterrain Cian, des deux Boisseaux Miach et Oirmiach et de Airmed (« celle qui mesure »). Dieu de la médecine et de la chirurgie, il ressuscitait les morts en les immergeant dans l’eau de la Fontaine de Santé. Jaloux du savoir de son fils Miach, il tua ce dernier parce qu’il avait réussi la greffe du bras du dieu roi Nuada. Les Gaulois en firent le dieu de la tradition religieuse. Quand Lug lui demande sa spécialité, il répond : « Tout homme qui sera blessé, à moins qu’on ne lui ait coupé la tête, ou à moins qu’on ait entamé la membrane de sa cervelle ou la moelle épinière, il sera complètement guerri par moi pour le combat du lendemain matin. » C’est d’ailleurs pour cette raison que les Celtes, sur les champs de bataille, coupaient la tête des ennemis vaincus. Le mythe nous apprend que Miach, le fils de Diancecht, était encore plus habile médecin… ce qui lui valut d’être tué par son propre père jaloux.

Lug
DIANE : La déesse Diane est la fille de Latone et de Jupiter. Soeur d'Apollon (Phoébus), elle est née quelques instants avant son frère. Ayant assisté aux souffrances de sa mère, elle eut une telle aversion pour le mariage, qu'elle demanda à son père de lui accorder la virginité pour toute la durée de sa vie, tout comme sa soeurMinerve. On les nomma alors les Vierges Blanches. Cicéron reconnut trois Diane différentes. L’une était fille de Jupiter et de Latone, sœur d’Appolon ; la deuxième, fille de Bacchus et d’Isis ; la troisième, fille de Jupiter et de Proserpine. Déesse d’une grande beauté à la taille élancée, cette vierge assistait Apollon dans ses vengeances, frappant les hommes et les troupeaux d’épidémies cruelles et perçant les femmes de flèches. La Diane arcadienne était la chasseresse possédant des flèches forcées par les cyclopes. Les Romains adorèrent une Diane plus proche de celle d’Éphèse, présidant à la chasse et à la naissance. Elle était représentée couverte d’une tunique courte et chaussée de cothurnes. Ses attributs étaient le carquois, la lance, le cerf et le chien.
Cette déesse est sévère, cruelle. Elle sévit sans pitié contre tous ceux qui ont provoqué son ressentiment. Elle n'hésite pas à détruire leurs moissons, à ravager leurs troupeaux, semer l'épidémie autour d'eux, à humilier, faire périr même leurs enfants. À la prière de Latone, sa mère, elle se joint à Apollon, pour percer de ses flèches tous les enfants de la malheureuse Niobé, qui s'est vantée de sa plus nombreuse descendance. Elle traite ses nymphes avec la même rigueur, si elles oublient leur devoir. Callisto en fit ainsi l'amère expérience.

Diane chasseresse, par Auguste Renoir (1867)

Temple de Diane à Mérida Temple de Diane à Nîmes

Temple de Diane à Evora
DIAPASMA : poudre fine obtenue à partir de fleurs séchées, d’herbes ou de baies dont on se frottait le corps.
DIARIUM :
1. Provisions que les esclaves recevaient chaque jour.
2. Paie ou provisions journalières d’un soldat.
DIARMAID O’DUIBHNE : Oubli. Héros, fils du dieu solaire Oengus. Dans sa quête, il accompagna le dieu Finn et remit sur son trône Gilla le Dur dans le château du Pays sous la Mer.
DIATONI : parpaings. Ces grosses pierres taillées disposées à intervalles rétguliers servaient à consolider et lier les murs. Parpaings, employés dans la construction des murs du genre appelé emplecton. C'étaient d'énormes pierres qui avaient la même largeur que la muraille ; elles ressemblaient à celles qu'on voit marquées F dans la gravure ci-contre, et par conséquent s'étendaient d'une des faces à l'autre étant placées en assises à intervalles réguliers, pour consolider la construction et en lier les parties.

DIBUTADE : potier de Sicyone (époque inconnue) à qui on devrait l’art de modeler en relief. Sa fille ayant dessiné sur un mur le profil de l’ombre produite par son amant, il appliqua, sur l’espace compris entre les lignes de ce contour, de l’argile qu’il fit durcir au feu.

" La jeune corinthienne Dibutade dessinant le profil du berger son amant " par Jean-Baptiste Regnault.
DICÆOS : fils de Poséidon. Il donna son nom à la ville de Dicée en Thrace.
DICASTÈRES : tribunaux grecs dans l’Égypte des Ptolémées.
DICÉ : déesse de la justice. Fille de Zeus et de Thémis, sœur d’Eunomie et d’Iréné. Elle eut pour fille Hésychie, personnification du repos et de la conscience pure. Les tragiques la représentèrent comme une divinité inflexible et pure qui, de son épée aiguisée par Aisa, perce le cœur du mortel injuste. Elle entre dans la maison du coupable, accompagnée de Pœné, déesse qui punit le crime.
DICÉARQUE : philosophe, géographe et historien grec. Disciple d’Aristote. Né à Messine en Sicile, il passa toute sa vie dans le Péloponnèse. Il écrivit une »Vie de la Grèce » et des dialogues philosophiques : les Lesbiaques et les Corinthiaques. Il soutenait que l’âme est mortelle.
Extrait de l'Abstinence par Porphyre: Ce que commente Dicéarque, lorsqu'il dit : voici ce qu'était la vie au temps de Kronos - s'il faut admettre qu'elle a existé autrement que par une vaine rumeur et, laissant ce qui est trop légendaire, restituer la réalité en se fondant sur la raison. En effet tout poussait spontanément, selon toute vraisemblance : car les hommes pour leur part n'apportaient à rien aucun aménagement, parce qu'ils ne connaissaient encore ni l’art de la culture ni absolument aucun autre art. C'est ce qui fit aussi qu'ils avaient une vie de loisirs, exempte de travaux et de soucis, et qu'ils ne connaissaient pas la maladie, s'il faut s'en rapporter a l’avis des médecins les plus distingués, chez qui on ne saurait trouver de plus grand précepte de santé que celui de ne pas éliminer de déchets : or, ils s'en gardaient toujours purs, ne prenant pas de nourriture indigeste, mais digeste, ni, parce qu'elle s'offrait à eux toute prête, plus que leur ration, mais d'ordinaire moins que leur suffisance, a cause de sa rareté. Bien mieux, il n'y avait entre eux ni guerres ni séditions : car nul enjeu important ne leur était proposé dont la conquête méritât qu'on soulève un tel différend. Aussi le plus clair de leur vie se trouvait-il fait de loisir, d'insouciance à l’égard des besoins nécessaires, de santé, de paix, d'amitié. Et il est vraisemblable que cette vie-là ait suscité des regrets chez leurs descendants, qui nourrissaient de grandes ambitions et sur qui les maux s'abattaient en grand nombre. On voit que la nourriture des premiers hommes était frugale et sans apprêt par le mot « assez de glands » qui fut prononcé plus tard et vraisemblablement par celui qui, le premier, voulut que cela changeât. Plus tard apparut la vie nomade ou, s'entourant déjà de biens superflus, on étendait ses possessions ; et on porta la main sur les animaux, dont on vit que les uns étaient inoffensifs et les autres nuisibles et cruels. C'est ainsi qu'on apprivoisa les uns, tandis qu'on s'attaquait aux autres et que la guerre apparut en même temps dans cette même vie. Et ces récits, dit-il, ne sont pas de nous, mais de ceux qui ont écrit l'histoire des temps anciens. Car il s'y rencontrait déjà des biens considérables que les uns avaient à coeur de conquérir, se regroupant et s'excitant mutuellement, et les autres de défendre. Le temps passa ainsi, puis, comme ils progressaient pas à pas dans la connaissance de ce qui paraissait utile, ils en vinrent au troisième mode de vie, la vie agricole.
Voila ce que rapporte Dicéarque, dans son histoire des temps anciens de la Grèce et dans sa description de la vie bienheureuse des plus anciens hommes, vie dont la moindre perfection n'était pas 1'abstinence vis a vis de 1'animal. De là venait qu'il n'y avait pas de guerre, puisque 1'injustice devait avoir été bannie ; ce n'est que plus tard, en même temps que l'injustice envers les animaux, que s'introduisirent et la guerre et les convoitises des uns envers les autres. C'est pourquoi je m'étonne de l'impudence de ceux qui font de l'abstinence des animaux la mère de l'injustice, quand 1'histoire et 1'experience montrent que c'est en même temps que le meurtre des animaux que le luxe, la guerre et 1'injustice se sont introduits.
DICTÉ : nymphe de Crète. Du haut d’une montagne qui garda son nom(mont Dicté), elle se jeta à la mer pour échapper aux poursuites de Minos d’où elle fut sauvée dans un filet. C'est dans une grotte située sur ce mont (grotte de Psychro) que Zeus naquit. Rhéa, sa mère, s'y était réfugiée pour le soustraire à une mort promise par son père, Cronos.
DICTATURE : magistrature romaine établie en 498 av. J.-C. Créée dans les cas graves de crise politique ou militaire et seulement pour six mois, elle conférait le pouvoir absolu à un citoyen nommé dictateur. Vingt-quatre licteurs armés de haches le précédaient. Le dictacteur ne pouvait combattre à cheval et devait nommer un maître de cavalerie. On compte quatre-vingt-huit dictateurs, le premier étant Lurtius en 498 et le dernier César en 44.
DICTYNNIE : nom d’une fête lacédémonienne en l’honneur d’Artémis.
DICTYS : Tyrrhénien que Dionysos métamorphosa en dauphin.
DICTYS : centaure tué par Pirithoüs.
DICTYS : fils de Magnès et d’une naïade. Frère de Polydectès, roi de Sériphos. Il retira des flots le coffre contenant Persée et Danaé, protégea cette dernière de la grossière passion de Polydectès et, avec l’aide de Persée, monta sur le trône de Sériphos.
DICTYS DE CRÈTE : auteur prétendu d’un ouvrage, Ephemeris Belli Trojani, ou journal de la guerre de Troie. Compagnon d’Idoménée, il aurait écrit, en phénicien, ce récit qui, trouvé dans son tombeau, au temps de Néron, aurait été traduit alors en grec par un certain Eupraxis, et en latin par Septimius dans le IIIe ou IVe siècle de l’ère chrétienne. Sous sa forme latine, la seule que l’on possède, l’ouvrage de Dictys de Crète a inspiré les romans du moyen âge. Imprimé, pour la première fois, vers 1475, il a été traduit en français par Achaintre, 1843. Dederich en a donné une excellente édition, Bonn, 1835, in-8°.
Extrait de la Guerre de Troie de Dictys de Crète: Tous les rois de la Grèce qui descendaient de Minos, fils de Jupiter, vinrent en Crète pour y recueillir la riche succession de Crétéus . Ce prince, fils de Minos, avait réglé par son testament qu'il serait fait un partage égal de tout ce qu'il possédait d'or, d'argent et de troupeaux, entre les enfants de ses filles ; et il laissait son empire à Idoménée, fils de Deucalion, son frère et à Mérion , fils de Molus, son neveu, qui devaient gouverner chacun sa part avec un pouvoir indépendant. Entre les princes présents au partage, on distinguait Palamède, fils de Clymène et de Nauplius, et Oeax, appelés Crétéides , avec Ménélas, fils d'Aerope et de Plisthène, qu'Anaxibie, sa soeur, épouse de Nestor, et Agamemnon, son frère aîné, avaient chargé de les représenter dans l'assemblée des héritiers. On connaissait moins ces derniers comme fils de Plisthène, mort à la fleur de son âge et sans avoir rien fait de mémorable, que comme petits-fils d'Atrée. Ce prince, en effet, touché de compassion pour la faiblesse de leur âge, les avait recueillis au-près de lui, et s'était chargé de leur donner une éducation conforme à leur naissance. Ils se conduisirent tous dans cette occasion avec la grandeur et la générosité qu'on devait attendre de personnes de leur rang. A la nouvelle de leur arrivée, tons les descendants d'Europe, dont le nom était en grande vénération dans l'île , se rendirent auprès d'eux, les saluèrent avec bonté et les conduisirent au temple. Là, après un sacrifice solennel où furent immolées suivant l'usage, nombre de victimes on leur servit un repas splendide, et on les traita avec autant d'abondance que de délicatesse. Les fêtes continuèrent les jours suivants. Les rois reçurent les témoignages de l'affection de leurs amis avec joie et reconnaissance; mais ils furent encore plus frappés de la magnificence du temple d'Europe. Ils ne pouvaient se laisser d'examiner, dans le plus grand détail, les riches présents envoyés de Sidon à cette princesse par son père Phénicie et par ses nobles compagnes, et qui faisaient l'ornement de ce bel édifice. Dans le même temps, Alexandre de Phrygie, fils de Priam, accompagné d'Énée et de plusieurs de ses parents, se rendait coupable d'un grand attentat à Sparte et dans le palais de Ménélas, où il avait été reçu comme hôte, et traité tomme ami. Aussitôt après le départ du roi, épris d'amour pour Hélène, qui surpassait en beauté toutes les femmes de la Grèce , il l'enleva, et avec elle tous les trésors qu'il put emporter. Cette princesse fut accompagnée dans sa fuite par Aetra et Clymène, parentes de Ménélas, attachées à son service. La nouvelle du crime commis par Alexandre contre la maison de Ménélas parvint bientôt en Crète; et la renommée, qui se plaît ordinairement à grossir les objets, publia que le palais du roi avait été détruit, son empire renversé, et répandit d'autres bruits aussi funestes.
DIDI : plante qui donnait une couleur pourpre. En la broyant et en la mélangeant à de la bière, Rê abusa Hathor furieuse contre les hommes. Prenant la potion pour du sang, la déesse la goûta, la trouva bonne et but 7 000 cruches de bière, tombant inconsciente et oubliant l’humanité qu’elle devait détruire.
DIDON ou ÉLISSA : deux mythes concernent ce personnage :
a) Élissa, fille de Mutto, roi de Tyr, sœur de Pygmalion, épousa son oncle Acerbas, prêtre d’Héraclès qui était très riche. Devenu roi à la mort de son père, Pygmalion égorgea Acerbas en espérant s’emparer de ses trésors, mais Élissa fit embarquer les richesses sur un vaisseau ainsi que de lourds sacs de sable qu’elle ordonna de jeter à la mer. Les hommes crurent que le trésor était perdu à jamais et, craignant la colère de Pygmalion, ils unirent leur destin à celui d’Élissa. La jeune veuve aborda l’île de Chypre où, par ordre de l’oracle, le prêtre de Zeus se joignit à elle. Elle fit enlever quatre-vingts jeunes filles au service d’Aphrodite pour les marier à ses compagnons de fuite et atteignit les côtes de l’Afrique où elle acheta autant de terrain qu’elle en pourrait entourer de la peau d’un bœuf : elle découpa de fines lanières qui, jointes bout à bout, délimitèrent un espace considérable. Elle appela ce lieu Byrsa (cuir de bœuf), mais préféra un autre endroit pour bâtir sa ville. Son choix fut déterminé lorsqu’elle trouva sur le sol une tête de cheval, symbole de la puissance de l’esprit guerrier. Ainsi fut fondée la ville de Carthage. Le roi Iarbas la demanda en mariage. Elle refusa, mécontentant ses sujets qui risquaient de se détacher d’elle. Alors, feignant d’accepter l’union et de vouloir apaiser les colères par un sacrifice, elle fit élever un immense bûcher, y monta, et se tua d’un coup de poignard.
b) Selon Virgile, Didon, fille de Bélos, s’était enfui avec sa sœur Anne pour échapper à la cruauté de Pygmalion. Elle fonda Carthage, épousa Sichée qui mourut très tôt. Énée aborda à son tour les côtes de l’Afrique et inspira une passion violente à Didon qui entreprit de l’attirer par tous les moyens en se servant de sa sœur Anne. Surpris par un orage qu’Héra avait envoyé alors que le couple chassait, Didon et Énée se retrouvèrent dans une caverne et s’aimèrent. Le roi Iarbas, jaloux de cet amour, se plaignit à Zeus. Le dieu envoya Hermès pour ordonner à Énée de quitter Carthage. Malgré les pleurs, les reproches et les prières de Didon, il s’embarqua pour l’Italie. Alors Didon fit élever un bûcher sous prétexte de guérir sa passion par un feu magique, et se tua d’un coup de poignard.

La mort de Didon par Voué(1642) La mort de Didon, par Augustin Cayot(1711)
DIDOUFRI : roi de la IVe dynastie, vers 2600 av. J.-C.
DIDOUMÈS DJEDHETEPRÉ et DIDOUMÈS DJEDNEFERRÉ : ces deux rois régnèrent successivement dans le sue de l’Égypte, vers 1750-1720 av. J.-C., alors qu’au nord du pays les Hyksôs s’emparaient du delta.
DIDYMÆOS : surnom d’Apollon à Didyme, ville fondée par des colons de Delphes. Son oracle portait auparavant le nom des Branchides et était d’origine ionienne. Le temple fut saccagé par l’armée de Darius.
DIDYME : grammairien d’Alexandrie, contemporain de Cicéron et d’Auguste. Il appartenait à l’école d’Aristarque. Compilateur infatigable, il a laissé 3 500 ou 4000 traités, tous perdus aujourd’hui.
DIDYME : ville d’Asie Mineure sur la côte de la mer Égée, célèbre par un oracle d’Apollon.

Temple d'Apollon à Didyme.
DIDYMÉ : cette courtisane fut l’une des nombreuses maîtresses de Ptolémée II Philadelphe dans la première moitié du IIIe siècle avant notre ère.
DIEUX : les Celtes et les Gaulois honoraient des milliers de dieux et de déesses. Il y avait autant de divinités que d’arbres, de sources, de lacs, de montagnes et d’animaux. En cela, ils étaient proches des Indiens d’aujourd’hui, eux-mêmes descendants des Indo-Européens, du point de vue de la mythologie. Les grands dieux celtes et gaulois avaient les mêmes faiblesses que les dieux du panthéon grec, mais contrairement à ces derniers, leur champ d’activité et leurs fonctions religieuses étaient bien plus vastes et en perpétuelle évolution. Il faut y voir une conséquence du refus des druides de l’écrit et du matérialisme si chers aux Grecs. Les images des divinités firent leur apparition après la conquète romaine car, dans un souci de pacification et d’éradication des anciens cultes celtes, les Romains s’efforcèrent d’imposer leurs dieux en les associant aux dieux des vaincus.
DIGESTE ou PANDECTES : recueil de décisions rendues par les jurisconsultes romains, publié par Justinien en 533. Il contient en 50 livres la substance de 2.000 traités. La plupart des jurisconsultes cités appartiennent à la période qui s’étend d’Adrien à Alexandre Sévère. Composé en 3 ans par Tribonien et 16 autres rédacteurs, le Digeste fut traduit du latin en grec sous le nom de Pandectes. Un manuscrit trouvé à Amalfi, en 1137, est gardé aujourd’hui à Florence.
DIL : druide, père de Moncha. Il offrit cette dernière au roi du Munster Éogan le Grand. De cette union naquit Fiacha Muilléthan.
DIMACHAERI : gladiateur qui combattait afvec deux épées.
DIMANCHE (Le) : (du latin dies magna, ou, selon l’étymologie généralement reçue, de dies dominica, jour du Seigneur) a été consacré, dès l’origine du christianisme, à la célébration des fêtes religieuses et au repos. Constantin, en 321, interdit tout travail, sauf celui de la campagne. Ce dernier fut même défendu, en 538, par le 3ème concile d’Orléans. Les prohibitions relatives au dimanche se renforcèrent jusqu’au XIIIe sicèle où on commença à se relâcher de l’antique sévérité. Après l’apparition du protestantisme, il y eut comme un retour à la règle : on sait qu’en Angleterre, aux États-Unid, etc., le repos du dimanche est strictement observé. Il en fut de même en France jusqu’à la Révolution. E, 1814, sous la Restauration, une ordonnance fit revivre les anciennes prescriptions, elle tomba en désuétude après 1830. Un décret de 1852 a seulement interdit les travaux publics le dimanche et les jours fériés, à moins d’urgente nécessité.
DIMAS : fils de Dardanos et de Chrysé.
DÎME ou DÎXME : dixième partie des fruits de la terre que les Juifs étaient tenus de consacrer à Dieu et à ses lévites. Les chrétiens suivirent l’exemple des Israélites, mais il y eut pour eux d’obligation formelle à cet égard qu’à partir de Charlemagne, 794. La dîme ne tarda pas à être levée sur les produits des animaux et de l’industrie humaine comme sur les fruits du sol. Jusqu’en 1789, on distingua les dîmes ecclésiastiques des dîmes inféodées. Celles-ci étaient perçues par des laïques et à leur profit, soit par une usurpation sur l’Église, soit par une concession du clergé, qui les leur abandonnait en fiefs. Les dîmes se levaient de différentes manière et selon les occasions. La Révolution les a supprimées avec tous les droits féodaux.
DIMEH : ville grecque du Fayoum. De nos jours, elle a été reprise par le désert.

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