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ÉACIDE - EPHREM


E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉACIDE : nom patronymique commun à tous les descendants d’Éaque (Pélée, Télamon, Phocos, Achille).

 

EANUS : selon certaines sources, il s’agirait du nom originel de Janus.

 

ÉAQUE : fils de Zeus et d’Égine, ou de Zeus et d’Europe. Prince de l’île d’Égine, appelée primordialement Œnone. Il se fit remarquer par sa piété et par sa clémence. Devenu le favori des dieux, il fut choisi pour arbitrer une querelle qui s’était élevée entre eux. Il les contenta. Lors d’une terrible sécheresse en Grèce, l’oracle de Delphes le désigna comme l’intercesseur entre les hommes et les dieux et Éaque fit des sacrifices à Zeus Panhellénion, mettant un terme au fléau. Il sauva encore la population menacée de peste et de famine : Zeus changea en humains les fourmis sur un chêne sacré. Il épousa Endéis dont il eut Télamon et Pélée. Il eut aussi un fils avec une néréide : Phocos. On le révérait comme un demi-dieu.

Extrait d'Éaque et ses enfants par Appolodore: Le fleuve Asopos était le fils d'Océan et de Téthys, ou bien, comme le dit Acousilaos, de Péro et de Poséidon, ou bien encore de Zeus et d'Eurynomé. Métopé, la fille du fleuve Ladon, l'épousa et lui donna deux fils, Isménos et Pélasgon, et vingt filles, dont l'une, Égine, fut enlevée par Zeus. Recherchant sa fille, Asopos arriva à Corinthe, où il sut, de Sisyphe, que le ravisseur était Zeus. Asopos le suivit alors, mais Zeus lui envoya sa foudre et le fit retourner dans son cours habituel - c'est pourquoi depuis ce jour le courant de l'Asopos charrie du charbon. Égine fut amenée dans l'île qui se nommait alors Oenone, et qu'on appelle aujourd'hui du nom de la jeune fille ; Zeus s'unit à elle, et engendra un fils, Éaque. Mais Éaque vivait seul dans l'île ; alors Zeus, pour lui donner de la compagnie, transforma les fourmis en hommes. Éaque épousa Endéis, la fille de Sciron ; de leur union naquirent Pélée et Télamon. Mais Phérécyde soutient que Télamon était l'ami de Pélée, non son frère, et qu'il était le fils d'Actaios et de Glaucé, la fille de Cychrée. Éaque s'unit ensuite à Psamathée, la fille de Nérée, qui s'était métamorphosée en phoque pour échapper à ses ardeurs amoureuses ; ils eurent un fils, Phocos.
 Éaque était le plus dévoué d'entre les hommes. À l'époque où la Grèce fut frappée d'une grave sécheresse à cause de Pélops (il avait fait la guerre à Stymphalos, le roi des Arcadiens, sans toutefois réussir à se rendre maître de l'Arcadie : alors il feignit d'offrir au souverain son amitié, puis il le tua, découpa son corps en morceaux qu'il dispersa) - en ce temps-là, donc, les oracles divins dirent que la Grèce serait soulagée des maux qui pesaient sur elle si Éaque priait pour elle. Ainsi Éaque fit des prières, et la Grèce fut délivrée de la sécheresse. Même après sa mort, Éaque reçut les honneurs dans le royaume d'Hadès, et on lui confia les clefs des Enfers.
 Phocos excellait particulièrement dans les concours athlétiques, et pour cette raison ses frères, Pélée et Télamon, complotèrent contre lui. Le sort désigna Télamon ; au cours d'une épreuve gymnique avec Phocos, il lui lança un disque à la tête et le tua ; puis, Pélée et lui emportèrent son corps et le déposèrent dans un bois. Mais le meurtre fut découvert, et Éaque les chassa d'Égine.

 

Extrait du Dialogue des Morts de Lucien de Samosate:(nous rappelons aux lecteurs qu'Éaque détient la clef des enfers)

Ménippe
Par Pluton, Eaque, fais-moi voir tout ce qu'il y a dans les enfers.
Eaque
Il n'est pas facile de te montrer tout, Ménippe ; mais les objets les plus importants, regarde-les. Voici Cerbère que tu connais, et le nocher qui t'a fait passer, puis le lac et le Pyriphlégéthon, que tu as vus en entrant.
Ménippe
Je connais tout cela ; je sais aussi que tu gardes la porte ; j'ai vu également le Roi et les Furies. Mais montre-moi les hommes d'autrefois, et surtout les plus célèbres d'entre eux.
Eaque
Voici Agamemnon, Achille ; puis à côté Idoménée ; ensuite Ulysse, Ajax, Diomède, les plus illustres des Grecs.
Ménippe
Hélas ! Homère, comme les premiers personnages de tes rhapsodies sont couchés là, par terre, méconnaissables, sans forme, simple poussière, restes dérisoires, crânes vraiment sans consistance ! Et celui-ci, quel est-il, Eaque ?
Eaque
C'est Cyrus : puis voici Crésus, et près de lui Sardanapale ; au-dessus d'eux Midas, et là-bas Xerxès.
Ménippe
C'est donc toi, misérable, qui faisais trembler la Grèce, enchaînant l'Hellespont, et voulant faire passer ta flotte à travers les montagnes. Et ce Crésus, comme le voilà ! Quant à Sardanapale, j'ai envie, Eaque, avee ta permission, de lui donner un soufflet.
Eaque
N'en fais rien ; tu briserais ce crâne de femme.
Ménippe
Eh bien ! je veux au moins cracher au visage de cet androgyne.
Eaque
Veux-tu que je te fasse voir les sages ?
Ménippe
Oui, par Jupiter !
Eaque
Le premier que tu vois est Pythagore.
Ménippe
Salut, Euphorbe, Apollon, ou qui tu voudras.
Pythagore
Salut, Ménippe.
Ménippe
Tu n'as plus ta cuisse d'or ?
Pythagore
Non : mais voyons un peu dans ta besace s'il y a quelque chose à manger.
Ménippe
Il y a des fèves, mon ami, mais tu n'en manges pas.
Pythagore
Donne toujours : on a d'autres principes chez les morts, et j'ai appris que les fèves n'ont rien de commun avec les têtes de nos pères.

ÉAQUE : fils d’Héraclès et d’une nymphe. L’oracle ayant prononcé que l’empire des rives de l’Achéloüs appartiendrait au premier qui toucherait terre après avoir passé le fleuve, Polyclée, sœur d’Éaque, simulant un mal au pied, se fit porter par son frère et, s’élançant sur la plage avant qu’il eût débarqué, s’écria que l’empire lui appartenait. Éaque l’épousa.

 

EAU : élément essentiel dans la civilisation celte, l’eau était un principe féminin participant au cycle de la vie, à la connaissance et un lien avec l’Autre Monde. Tous les étangs, les fleuves, les rivières et les sources étaient sous la protection des dieux et des déesses et c’était dans ou au bord de ces eaux qu’avaient lieu la plupart des sacrifices et des initiations.

 

EAU BÉNITE : que l’on retrouve chez la plupart des peuples anciens, fut de bonne heure introduit dans l’église chrétienne. C’est un symbole de purification. Chez les Romains, l’eau lustrale servait aux mêmes usages, on la purifiait en y jetant un tison pris au foyer des sacrifices. On aspergeait d’eau lustrale les enfants aussitôt après leur naissance. On faisait des aspersions d’eau lustrale avec un roseau sur les corps des morts.

 

EBIONITES : hérétiques des premiers temps de l’ère chrétienne, ainsi appelés soit à cause d’un certain juif Ebion, qui aurait été le fondateur de leur secte, soit plutôt, selon l’opinion d’Origène, du mot hébreu Ebion qui signifie pauvre. Les Ebionites étaient des chrétiens judaïsants, ils croyaient à la nécessité de la circoncision, ils accusaient saint Paul d’hérésie et regardaient Jérusalem comme la cité sainte par excellence. Quelques-uns d’entre eux pensaient que Jésus-Christ était né comme les autres hommes. Les Ebionites disparurent vers le Ve siècle.

D’après Epiphane , les ébionites considèrent que Dieu a créé le monde et a donné sa maîtrise  à deux personnages : le Mauvais et le Bon. C’est le Mauvais qui a le pouvoir sur le monde présent et c’est le Bon qui aura le pouvoir pour l’éternité sur le monde futur. Notre monde actuel est caractérisé par le combat entre ces deux princes. Même l’action du Mauvais est gouvernée par la volonté de Dieu qui souhaite mettre à l’épreuve les êtres humains.
Voyant dans Jésus la réalisation de l’attente messianique des juifs dans la continuité de l’Ancien Testament, ils s’opposent vivement à Saint Paul qui est très marqué par la culture héllénistique et à sa conception du salut universel. Les ébionites enseignent en effet que le salut passe essentiellement par le respect de la loi juive.
 

 

EBORACUM : ancien nom de la ville d’York, en Angleterre. Septime Sévère et Constance Chlore y moururent, et Constantin y fut proclamé Auguste par ses soldats. Elle fut la capitale des Brigantes, et, sous les Romains, de la Flavia Cæsariensis. Le confluent des rivières Ouse et Fosse, situé à la frontière du territoire des Parisii et des Brigantes, était un site stratégique pour l'établissement d'une base d'opérations lors de la progression vers le nord de la légion IX Hispana commandée par le légat Q. Petillius Cerialis.
En 71 ap. J.C., une forteresse de 20 ha fut bâtie sur la rive est de la Ouse. Munie d'un rempart de terre puis d'argile, la forteresse fut reconstruite en pierre sous Trajan et renforcée successivement par Septime Sévère, qui en fit son quartier général, et par Constantin Ier au début du IVe siècle.
Le passé de la colonie d'Eboracum, située sur la rive opposée de la rivière Ouse, est moins bien connu, notamment en ce qui concerne l'évolution de son statut politique. Il est cependant certain qu'elle fut élevée au rang de colonie au plus tard en 237 ap. J.-C et qu'elle devint capitale de la province de Britannia Inferior au début du IIIe siècle. L'établissement fut doté de ses propres fortifications seulement au IIIe siècle et renfermait un temple de Sarapis, un mithraeum et d'autres bâtiments publics dont la fonction n'est pas toujours déterminée avec certitude.

                                          
                                                                                   Britannia

       
                      Forteresse romaine d'Eboracum                                   Reste d'une tour d'Eboracum dans l'actuelle York


EBORARIUS : ouvrier spécialisé dans le travail de l’ivoire.

 

ÉBURONS : peuple gaulois du Nord, dans l’actuelle Belgique( provinces actuelles de Limbourg et Liège) et s'étendait jusqu'à Aix-la-Chapelle, qui lutta contre Rome en 53 avant notre ère après s’être allié aux Barbares du roi Ambiorix et aux troupes du roi Catuvolcos. Les Éburons furent écrasés par Jules César. Leur capitale était Atuatuca (Tongres).

Etymologie proposée par des étymologues allemands du mot Eburon : eeb-boeren. Eibe, eebe + Bauer, boer(en) (pluriel). Eibe, eebe = if. Bauer, boer (prononçez bour) = fermier, cultivateur. Donc : les cultivateurs d’if. Les Eburons étaient connus pour la culture de l’if. Cet arbre donne le bois par excellence pour la fabrication des arcs à flèches. Le bois est fibreux, élastique et solide. Le meilleur bois d’if se cultivait dans les régions sableuses, où la croissance est lente et les fibres du bois d’une grande densité. L’if se taille bien. De nos jours, on en fait des haies. Le mot latin pour if est taxus. La région fut appelée Toxandria ou Taxandrie par les Romains. L’if des Eburons était tellement apprécié en Gaule, qui avait son propre if, que cette qualité fut nommée éburo.

 

         

                        Campagne romaine contre Ambiorix et les Eburons                                                     Ambiorix

 

    

                        Territoire des Eburons                                                                    Statère des Eburons

 

 

ECBATANE : capitale de la Médie. Selon Hérodote, elle fut fondée par Déjocès, second roi de Mèdes(-728/-675). Elle se composait de sept enceintes concentriques, dont les murailles, peintes de couleurs différentes, se dominaient l’une l’autre. Dans l’enceinte centrale se trouvaient le temple de Mithra et le palais du roi, construit en bois de cèdre et de cyprès recouvert de lames d’or et d’argent. On y admirait un temple magnifique du Dieu Mithra (Le mithraïsme était au IIIe siècle une religion concurrente du Christianisme). Jusqu'à présent, aucune preuve de l'existence de cette colline Mède à Hagmatana n'a été attestée. Le site n’a pas livré de vestiges ou d'objets très spectaculaires, à part un Rhyton en or de la période Achéménide , en raison de l’utilisation de la brique crue pour la construction. Les seules preuves observées dans la Zone appartiennent à la période d'occupation Parthe (141 av.J.C-224 ap.J.C).

  Elle  restera la capitale des Mèdes jusqu’à la prise de la ville, en -549, par le roi perse Cyrus II le Grand (-558/-528) qui mettait fin au règne du dernier roi mède, Astyage. Les souverains achéménides garderont la ville comme capitale d'été. En -330, le roi de Macédoine Alexandre le Grand s'en empare, ainsi que du trésor de Darius III qui y était gardé depuis la bataille de Gaugamèles. Elle retrouvera une certaine importance sous le roi séleucide Antiochos IV Épiphane (-175/-164), qui la fit reconstruire et lui donna le nom d'Épiphanéa. Elledevint plus tard une capitale des Parthes. Elle s’appelle aujourd’hui Hamadan. Il y avait deux autres Ecbatane, l’une dans la Perside, l’autre dans la syrie, près du Carmel.

La montée en puissance de Cyrus II le Grand:  Cyrus II, prince des Perses, est tout d'abord le vassal du roi des Mèdes Astyage. En 553, il se révolte contre son maître soutenu par les Babyloniens, qui voient là une occasion de saper la puissance du royaume mède qu’ils n’ont jamais pu soumettre à leur empire. Cyrus bénéficie également de complicité dans l’armée mède, si bien que sa révolte réussit et qu’il entre dans la capitale Ecbatane en 550 acclamé par les Mèdes, heureux de se débarrasser d’un souverain despotique peu populaire. Cyrus fédère donc en un seul royaume les Perses et les Mèdes, ce qui double du coup sa puissance.  Face à ce danger, l’Asie mineure s’inquiète et décide de passer à l’offensive sous l’impulsion de son roi le plus puissant et le plus riche, le fameux roi de Sardes Crésus. Crésus a pris soin de consulter un oracle afin de savoir s’il était opportun d’attaquer le premier et l’oracle lui a répondu: « si tu attaques, un grand empire sera détruit », mais sans préciser de quel empire il s’agissait...
    Crésus s’assure l’appui de toutes les forces de la région: les Lécédémoniens, les Egyptiens et même les Babyloniens qui commencent à se rendre compte que leur ancien obligé est devenu un périlleux voisin. Crésus se met donc en campagne, mais le service de renseignement de Cyrus le prévient à temps, et c’est lui qui reprend l’initiative en attaquant la coalition. C’est la bataille de Ptérie en 546. Crésus perd la bataille et s’enfuit vers Sardes, talonné par l’armée perse. La ville est assiégée et prise en 14 jours seulement. Crésus est épargné, mais Cyrus s’empare de son légendaire trésor.
    De 545 à 540, Cyrus entreprend une vaste campagne dans la région de l’Iran actuel et soumet un à un tous les royaumes de la région. Il ne lui reste plus qu’à s’attaquer à l’empire babylonien qui est mûr pour être cueilli.

 

                          

 

      

                                   Ruines d'Ectabane                                                    Rhyton d'Or  de la période Achéménide trouvé à Ecbatane

 

                              

                                                                               

Drachme trouvé à Ecbatane du Roi Parthe

Vologèse IV  (ou III, 147-191)

 

 

ECCLÉSIASTE : un des livres de l’Ancien Testament, composé par Salomon. C’est l’œuvre d’un homme dont la sagesse est à la fois inspirée de Dieu et donnée par l’expérience. Salomon paraît avoir voulu prévenir chez autrui les fautes de sa propre vie. L’Église le regarde comme un livre canonique. Les Septante lui ont donné ce nom (orateur d’assemblée).

Paroles de l'Ecclésiaste 1:

1.1 Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.

1.2 Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

1.3 Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?

1.4 Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.

1.5 Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.

1.6 Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.

1.7 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.

1.8 Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.

1.9 Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

1.10 S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.

1.11 On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

1.12 Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.

1.13 J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.

1.14 J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

1.15 Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

1.16 J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.

1.17 J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.

1.18 Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

 

ECCLÉSIASTIQUE : livre de l’Ancien Testament, le 5ème des livres de la Sagesse. On le lisait dans les réunions religieuses à cause des conseils et des maximes pratiques qu’il renferme. Il est, comme l’Ecsiaste, un livre canonique. Il a pour auteur Jésus, fils de Sirach, au IIIe siècle av. J.-C.

Extrait de l'Ecclésiastique(Siracide), Bible de Jérusalem:

Si 5:1- Ne te confie pas en tes richesses et ne dis pas : "Cela me suffit."
Si 5:2- Ne laisse pas ton désir et ta force t'entraîner à suivre les passions de ton cœur.
Si 5:3- Ne dis pas : "Qui a pouvoir sur moi?" Car le Seigneur ne manquera pas de te punir.
Si 5:4- Ne dis pas : "J'ai péché! que m'est-il arrivé?" Car le Seigneur sait attendre.
Si 5:5- Ne sois pas si assuré du pardon que tu entasses péché sur péché.
Si 5:6- Ne dis pas : "Sa miséricorde est grande, il me pardonnera la multitude de mes péchés!" car il y a chez lui pitié et colère et son courroux s'abat sur les pécheurs.
Si 5:7- Ne tarde pas à revenir au Seigneur et ne remets pas jour après jour, car soudain éclate la colère du Seigneur et au jour du châtiment tu serais anéanti.
Si 5:8- Ne te fie pas aux richesses mal acquises, elles te seront inutiles au jour du malheur.
Si 5:9- Ne vanne pas à tout vent, ne t'engage pas dans tout sentier ainsi fait le pécheur à la parole double .
Si 5:10- Sache être ferme dans ton sentiment et n'avoir qu'une parole.
Si 5:11- Sois prompt à écouter et lent à donner ta réponse.
Si 5:12- Si tu sais quelque chose, réponds à ton prochain, sinon mets la main sur ta bouche.
Si 5:13- Honneur et confusion sont dans la parole et la langue de l'homme fait son malheur.
Si 5:14- Ne te fais pas traiter de médisant et ne sois pas un rusé discoureur; car si la honte est pour le voleur, une dure condamnation atteint le fourbe.
Si 5:15- Dans les grandes comme dans les petites choses évite les fautes et d'ami ne deviens pas ennemi.

 

ECDCA : héros qui séduisit Ébliu, la femme de son père, et s’enfuit avec elle à travers l’Irlande. Ils s’arrêtèrent sur le territoire magique du dieu Oengus qui tua leurs chevaux, puis leur donna en échange un cheval qui devait toujours marcher au pas pour rester en vie. Un arrêt terrassa l’animal qui, en s’effondrant, fil jaillir une source magique sous lui. Ecca fit alors construire une fontaine gardée par une femme avant de régner sur la moitié du royaume d’Ulster.

 

ECDÉSIES : fête en l’honneur de Léto à Phæstos, ville de Crète, en mémoire du changement de sexe d’une fille nommée Leucippe.

 

ECDICIUS : fils de l’empereur romain Avilus et beau-frère de Sidoine Apollinaire, vivait dans le seconde moitié du Ve sicèle. Puissant dans les Gaules par sa richesse, son nom et son caractère, il joua un rôle honorable dans ces temps de bouleversement. En 471, il sauva Clermont assiégée par les Goths. Pendant une de ces famines rendues fréquentes par les ravages des barbares, l’oppression du fisc, le soulèvement des paysans et la dépopulation des campagnes, il entretint à ses frais plus de quatre mille personnes. Nommé patrice par l’empereur Julius Nepos, il alla achever sa vie à Rome.

 

ÉCHANSONS : jusqu’au Ier siècle avant notre ère, les échansons furent généralement des druides qui avaient la garde des boissons fermentées telles que la bière. Sous l’influence des Romains, qui développèrent la vigne en Gaule, la charge d’échanson se laïcisa.

 

ÉCHÉCHIRIE ou ECHECHIRIA: divinitété allégorique qui présidait aux trêves. À l’entrée du temple de Zeus à Olympie, on pouvait voir la statue d’Iphitos couronnée par Echéchirie.

 

ÉCHÉCLEUS : fils d’Actor. Il épousa Polymélé, fille de Phylas.

 

ÉCHÉCLOS : fils d’Agénor. Achille le tua.

 

ÉCHÉDÉMOS : Arcadien. Il accompagna les Dioscures dans leur expédition en Attique. Il était le frère de Marathos( Marathon).

Extrait de la vie de Thésée par Plutarque: Mais Dicéarque raconte qu'il y avait dans l'armée des Tyndarides deux Arcadiens nommés Échédémos et Marathos ; que le premier donna son nom à ce lieu, qui fut d'abord appelé Échédémie, et ensuite Académie ; que le bourg de Marathon prit son nom de Marathos, qui, afin d'accomplir un ancien oracle, s'était volontairement offert pour être sacrifié à la tête de l'armée. Les Tyndarides marchèrent droit à Aphidnai, et, en ayant défait les habitants, ils prirent la ville et la rasèrent. On dit qu'Halycos, fils de Sciron, qui servait dans l'armée des Dioscures, périt dans cette action, et que l'endroit du territoire de Mégare où il fut enterré s'appelle encore, de son nom, Halycos. Héréas ajoute qu'il mourut de la main même de Thésée ; et il cite en preuve ces vers : Tandis qu'aux champs d'Aphidnai, Halycos, plein d'ardeur, Combattait pour les droits d'Hélène prisonnière, De la main de Thésée il mordit la poussière. Mais il n'est pas vraisemblable que, si Thésée eût été présent à cette bataille, on eût pris la ville et fait sa mère prisonnière.

 

ÉCHÉMON : fils de Priam. Il fut tué avec son frère Chromios par Diomède.

Extrait de l'Histoire de la guerre de Troie par Dictys de Crète: Vous eussiez vu alors, de tous côtés, les Troyens et les Ethiopiens éperdus et sourds à la voix de leurs chefs, fuir en désordre, tomber embarrassés par le nombre et la précipitation, et périr enfin écrasés sous les pieds de leurs propres chevaux. Les Grecs, plus animés encore, les poursuivent, achèvent de les disperser, et les massacrent facilement au milieu de la confusion. La plaine autour de Troie est inondée de sang; tous les lieux par où l'ennemi a passé sont jonchés de cadavres et d'armes brisées. Dans cette journée Arejus et Echemon, fils de Priam , furent tués par Ulysse ; Dryops, Bias et Corython, par Idoménée  ; Ilionée avec Philénore périrent de la main d'Ajax Oilée ; Thiestes et Thelestes, de celle de Diomède; l'autre Ajax immola Antiphus, Agavus, Agathon et Glaucus : Astéropée tomba sous les coups du redoutable Achille. Le carnage ne cessa que quand la lassitude et l'épuisement nous forcèrent à nous arrêter.

 

ÉCHÉMOS : fils d’Aéropos. Il succéda à Lycurgue sur le trône d’Arcadie. Il épousa Timandre, fille de Tyndare et de Léda. Il tua Hyllos, fils d’Héraclès, dans un combat singulier lors de l’invasion des Doriens.

Extrait du Tour de la Grèce par Pausanias: Il eut pour successeur Échémos, fils d'Aéropos, petit-fils de Képheus, et arrière-petit-fils d'Aléos. Sous le règne d'Échémos et sous ses ordres, les Achéens remportèrent une grande victoire auprès de l'isthme de Corinthe sur Hyllos fils d'Hercule, qui à la tête d'une armée de Doriens voulait rentrer dans le Péloponnèse. Échémos provoqué par Hyllos à un combat singulier, le tua de sa main; ainsi le rapportent plusieurs historiens, et je crois ce sentiment plus probable que celui de quelques autres, qui disent que ce fut du temps d'Oreste et sous son règne, qu'Hyllos tenta son entreprise sur le Péloponnèse: mais suivant la première opinion, il convient de croire aussi que Timandra, fille de Tyndare, était femme d'Échémos par qui Hyllos fut tué. Échémos eut pour successeur Agapénor, fils d'Ankaios et petit-fils de Lykourgos; il commanda les troupes arcadiennes au siège de Troie. Après la prise d'Ilion, la même tempête qui dispersa la flotte des Grecs, jeta Agapénor et les siens sur les côtes de Chypre: contraint par la nécessité il s'établit à Paphos, et là il bâtit un temple à Vénus; car auparavant cette déesse n'était honorée qu'à Golgoï, petite ville de l'île de Chypre. Ensuite Laodiké fille d'Agapénor envoya un voile à Tégée pour Minerve Aléa: l'inscription portait que Laodiké, par considération pour la célèbre ville de Tégée sa patrie, envoyait de Chypre cette offrande à Minerve. Agapénor n'ayant pu revenir en son pays, l'empire des Arcadiens passa à Hippothoos, qui avait Kerkyon pour père, Agamédès pour aïeul, et Stymphélos pour bisaïeul. Hippothoos ne fit rien de mémorable durant son règne, si ce n'est qu'il transféra le siège de l'empire à Trapézonte; car jusque-là les rois d'Arcadie avaient fait leur séjour à Tégée. Ce prince eut pour successeur son fils Aipytos. Ce fut de son temps qu'Oreste fils d'Agamemnon, averti par l'oracle de Delphes, quitta Mycènes pour se transporter en Arcadie. Aipytos ayant eu la témérité d'entrer dans le temple de Neptune à Mantinée, contre la défense qui subsiste encore aujourd'hui (car les hommes n'y entrent point), il fut privé de la vue, et peu de temps après il mourut, laissant le royaume à son fils Kypsélos. Sous le règne de celui-ci la flotte des Doriens pénétra dans le Péloponnèse, non plus par l'isthme de Corinthe, comme trois générations auparavant, mais en passant par le lieu-dit Rhion. Kypsélos en ayant appris la nouvelle, et songeant à se garantir de l'invasion, donna sa fille en mariage à Kresphontès un des fils d'Aristomachos; par cette alliance il se mit en état de ne rien craindre. Son fils et son successeur fut Holaias; ce prince, soutenu par les Héraclides qui étaient venus d'Argos et de Lacédémone à son secours, ramena à Messène Aipytos, fils de sa soeur. Boukolion, fils de Holaias, succéda à son père; il eut aussi un fils nommé Phialos, qui, pour dépouiller Phigalos fils de Lycaon de l'honneur d'avoir fondé la ville de Phigalie, voulut la faire appeller de son nom Phialie, ce que pourtant il ne réussit pas entièrement. Sous le règne de son fils Simos, une ancienne statue de Cérès surnommée la Noire, fut consumée par le feu, ce que l'on prit pour un présage de la mort du roi, laquelle arriva peu de temps après. Pompos monta sur le trône de son père: il fit fleurir le commerce par l'entremise des Éginètes qui venaient débarquer à Kyllénè, et faisaient ensuite voiturer leurs marchandises en Arcadie sur des mulets; et pour signaler sa reconnaissance envers ces insulaires, il donna le nom d'Aiginétès à son fils. Aiginétès régna donc après lui, et eut pour successeur Polymestor. Ce fut en ce temps-là que les Lacédémoniens, sous la conduite de Charillos, firent pour la première fois une irruption sur les terres des Tégéates. Tout s'arma contre eux, hommes et femmes. Les Lacédémoniens perdirent la bataille, et leur général fut pris avec bon nombre des siens: mais je parlerai plus amplement de Charillos et de son expédition, lorsque j'en serai aux affaires des Tégéates. Polymestor n'ayant point laissé d'enfants, Aichmis lui succéda; il était fils de Briakas frère de Polymestor; car Aiginétès avait eu deux fils, dont Polymestor était l'aîné, et Briakas le cadet. Durant le règne d'Aichmis la guerre éclata entre les Lacédémoniens et les Messéniens. Ceux-ci de tout temps étaient liés d'amitié avec les Arcadiens; c'est pourquoi ils les engagèrent sans peine à se joindre à eux, et à marcher contre les Lacédémoniens sous les enseignes d'Aristodémos roi de Messénie. Aristokratès, fils et successeur d'Aichmis, n'abusa peut-être pas pour une fois de son pouvoir; mais il commit surtout une impiété que je veux raconter. Sur les confins des Orchoméniens du côté de Mantinée il y a un temple dédié à Diane Hymnia, et les Arcadiens ont depuis très longtemps une dévotion singulière à cette déesse, qui avait alors pour prêtresse une jeune vierge.  Aristokratès en étant devenu amoureux, et ne la pouvant faire condescendre à ses volontés, la viola dans le temple même de Diane: son crime ayant été divulgué, les Arcadiens l'assommèrent aussitôt à coups de pierres; et pour obvier à un pareil inconvénient, ils ne donnèrent plus ce sacerdoce qu'à une femme mariée.  Ce prince eut pour fils Hikétas qui fut père d'Aristokratès second. Celui-ci, de même nom que son aïeul, eut une fin toute semblable; car il fut aussi lapidé par les Arcadiens, convaincu de s'être laissé corrompre par les Lacédémoniens, et d'avoir par sa perfidie causé la défaite des Messéniens auprès de la Grande Fosse. Ce dernier crime fit perdre l'empire d'Arcadie aux descendants de Kypsélos.

 

ÉCHÉPHRON : fils d’Héraclès et de Psophis, fille du Xanthe ou d’Éryx. Il était le frère jumeau de Promachos.

 

ÉCHÉPHRON : fils de Nestor.

Extrait de l'Odyssée d'Homère: le plus jeune des fils de Nestor, Pisistrate, qui seul d'entre eux n'a point encore de compagne. Le vieil- lard, avec la reine son épouse, goùte le sommeil dans un asile paisible du palais. Lorsque la fille du matin, l'Aurore aux doigts de rose, parait dans les cieux, le magnanime Nestor se lève, et, sortant de sa demeure, va s'asseoir devant les hautes portes du palais sur des pierres blanches, polies avec soin, et aussi luisantes que des parfums huileux. Jadis Nélée assis y dictait ses arrêts dont la sagesse l'égalait aux dieux : mais, vaincu par la parque, il est dans les enfers ; et maintenant le guide des Grecs, Nestor, tenant le sceptre, occupe cette place. Sortis de leurs appartements, ses fils nombreux et tels que les immortels, Échéphron, Stratie, Persée, Arétus et Thrasymède, se rassemblent autour du vieillard ; le sixième de ses fils, et l'émule des héros, Pisistrate, les joint : ils amènent Télémaque aussi beau qu'une divinité, et le placent auprès de leur père, qui prend la parole : "Hâtez-vous, mes fils, de seconder mes désirs ; je dois accomplir mon voeu et me rendre Minerve propice : car, hier, je n'en puis douter, elle daigna participer à la fête de Neptune. Que l'un de vous aille dans mes campagnes ordonner au pasteur de conduire ici, sans délai, la plus belle de mes génisses; qu'un autre coure au rivage, et m'amène tous les compagnons de Télémaque, n'en laissant que deux pour garder le navire; toi, appelle l'industrieux Laërce pour que l'or entoure les cornes de la victime. Vous cependant, restez auprès de moi ; dites aux esclaves de former les apprêts du sacrifice et d'un festin solennel ; qu'ils apportent des sièges, du bois, et l'eau pure des fontaines." Il dit : tous exécutent ses ordres. La génisse est amenée des champs ; les compagnons de Télémaque viennent du navre; Laërce arrive tenant en main les instruments de son art, l'enclume, le marteau, et de belles tenailles. Pallas vient honorer de sa présence le sacrifice. Le roi de Pylos met l'or entre les mains de Laërce, qui le prépare et en décore les cornes de la génisse : la déesse reçoit cette offrande avec satisfaction. Stratie et le noble Échéphron conduisent par les cornes l'animal mugissant : Arétus sort du palais, apportant d'une main un vase ciselé plein d'eau lustrale, et de l'autre, dans une corbeille, l'orge sacrée : armé de la hache aiguë, le belliqueux Thrasymède est à côté de la victime, prêt à la frapper ; Persée se prépare à recevoir le sang dans une urne profonde. Le vieux Nestor, après avoir répandu sur la génisse l'eau lustrale et posé l'orge sacrée, adresse à Minerve un grand nombre de voeux, et, pour prémices, jette dans le feu le poil enlevé du front de la victime. Alors le fils de Nestor, le généreux Thrasymède, frappe; la hache sépare les tendons du cou.

 

ÉCHÉPOLIS : fils d’Alcathoüs. Il fut tué à la chasse au sanglier de Calydon.

 

ÉCHÉPOLOS : fils de Thalsios, Troyen. Antiloque le tua.

 

ÉCHÉPOLOS : fils d’Anchise, natif de Sicyone. Il donna la jument Æthé à Agamemnon pour s’exempter de le suivre à Troie et pour continuer sa vie de délices car il était comblé de richesses par Zeus.

Extrait de l'Iliade d'Homère:

Ainsi dit le fils de Pélée, et de rapides écuyers se rassemblèrent.
Le premier levé, de beaucoup, fut le roi de
guerriers Eumélos, fils aimé d'Admète, excellent conducteur.
Après lui se leva le fils de Tydée, le robuste Diomède.
Il menait sous le joug les chevaux de Trôs, qu'il ravit
un jour à Énée, sauvé alors par Apollon. Après lui se
leva l'Atride, le blond Ménélas, issu de Zeus. Il menait
sous le joug des chevaux rapides, Aithé, jument d'Agamemnon,
et son propre cheval Podargos, la première
donnée à Agamemnon par le fils d'Anchise, Échépolos,
en présent, pour ne pas le suivre au pied d'Ilion
l'aérée, et rester chez lui avec délices : il avait reçu une
grande opulence de Zeus, et habitait la spacieuse Sicyone.


 

ÉCHESTRATOS : fils d’Agis, père de Labotas, roi de Sparte.

Extrait de la Laconie de Pausanias: Eurysthène, l'aîné des fils d'Aristodème, fut, à ce qu'on dit, père d'Agis, de qui tous les descendants d'Eurysthène tiennent le nom d'Agides. Les Lacédémoniens prirent part, sous son règne, à la fondation de Patras, dans l'Achaïe, en donnant des secours à Patréus, fils de Preygènes, dont cette ville conserve le nom. Ils en donnèrent aussi à Graïs, fils d'Echélatus, fils de Penthilus, fils d'Oreste, qui conduisit par mer une colonie dans le pays situé entre l'Ionie et la Mysie, qu'on nomme encore l'Éolide. Penthilus, aïeul de Graïs, s'était emparé précédemment de Lesbos, île voisine de ce continent. Sous le règne d'Echestratos, fils d'Agis, les Lacédémoniens chassèrent de la Cynurie tout ce qui était en âge de porter les armes, sous prétexte, que des brigands qui se retiraient dans ce pays, venaient ravager l'Argolide, qui appartenait à des Doriens ; et que les Cynuréens y faisaient eux-mêmes ouvertement des incursions. Les Cynuréens sont, dit-on, Argiens d'origine, et ils se donnent pour fondateur, Cynuros, fils de Persée. Peu d'années après cette expédition, Labotas, fils d'Echestratos monta sur le trône. Hérodote, en parlant de Crœsos, dit que Labotas, qu'il nomme Léobotès, eut pour tuteur dans son enfance Lycurgue, le législateur.

 

ÉCHÉTIMOS : sicyonien. Son épouse Nicagora apporta d’Épidaure à Sicyone l’image d’Asclépios sous la forme d’un dragon et porté sur un char tiré par des mules.

Extrait du Tour de la Grèce de Pausanias: En entrant dans le temple d'Esculape par l'autre porte, vous voyez d'un côté Pan assis, de l'autre, Diane (Artémis) debout; et en allant plus avant, Esculape lui-même sans barbe; sa statue, en or et en ivoire, est l'ouvrage de Calamis. Il tient d'une main un sceptre, et de l'autre une pomme de pin cultivé. Les Sicyoniens disent que ce dieu leur fut apporté d'Épidaure sous la forme d'un serpent et sur un char traîné par des mules; il était conduit par Nicagora de Sicyone, femme d'Échétimos et mère d'Agasiclès. Il y a dans ce temple plusieurs petites figures suspendues à la voûte. La femme assise sur le serpent est Aristodama mère d'Aratus, disent les Sicyoniens; ils ajoutent qu'Aratus était fils d'Esculape. Voilà tout ce qu'il y a de remarquable dans cette enceinte. Vous passez de là dans un autre temple consacré à Vénus (Aphrodite); la première statue qui s'offre à votre vue est celle d'Antiope; ses fils en effet étaient Sicyoniens, et, soit à cause d'eux, soit parce qu'elle était venue elle-même à Sicyone, les Sicyoniens disent qu'elle appartient à leur pays. Vous voyez ensuite la statue de la déesse. Il n'entre dans son temple que la Néocore à qui il n'est plus permis d'avoir commerce avec les hommes, et une jeune fille qui est prêtresse pour un an sous le nom de Loutrophore. Tous les autres peuvent de la porte voir la déesse, et lui adresser des voeux. La déesse est assise, et sa statue, en or et en ivoire, est de Canachus de Sicyone, qui a fait l'Apollon de Didyme pour les Milésiens et l'Apollon Isménien pour les Thébains. Elle a le Polus sur la tête; tient d'une main un pavot, et de l'autre une pomme. Les Sicyoniens lui sacrifient toutes sortes d'animaux, excepté des porcs. Ils brûlent les cuisses des victimes et font rôtir le reste avec du bois de genévrier. Ils brûlent avec les cuisses des feuilles de paedéros. Le paedéros est une plante qui croît dans la partie de l'enceinte qui est en plein air, on ne la trouve nulle part ailleurs, pas même dans le reste du pays. Ses feuilles ont la forme de celles du chêne, sont un peu plus petites que celle du hêtre et un peu plus grandes que celles du chêne vert. Elles sont très vertes d'un côté, blanches de l'autre, et ont assez la couleur de celles du peuplier. En remontant de ce temple au Gymnase, vous trouvez à droite le temple de Diane (Artémis) Phéraea dont la statue en bois est, dit-on, venue de Phères. Ce gymnase, qui a été bâti par Clinias, sert encore maintenant pour les exercices des jeunes gens. On y voit une Diane (Artémis) en marbre blanc, qui n'est sculptée que jusqu'à la ceinture, et un Hercule dont la partie inférieure est carrée comme les Mercures (Hermès).

 

ÉCHÉTLOS : guerrier qui combattit dans les rangs des Grecs à la bataille de Marathon sous les habits d’un paysan armé d’un manche de charrue.

 

ÉCHÉTOS : tyran d’une contrée de l’Épire. Connu pour sa cruauté, il fit crever les yeux avec des aiguilles de bronze à sa fille Métope ou Amphissa qui s’était donnée à son amant Æchmodicos. Il la contraignit à moudre des grains de fer, promettant de lui rendre la vue si elle réussissait à en faire de l’orge mondé.

 

ÉCHIDNA : fille de Chrysaor et de Callirrhoé ou de Piras et de Styx. Monstre moitié femme, moitié serpent, terrible par sa cruauté et ses ravages. Typhon la rendit mère de la Chimère, d’Orthros, du dragon à cent têtes qui gardait les pommes des Hespérides, du dragon de Colchide, du Sphinx, de Cerbère, de Scylla, de la Gorgone, de l’Hydre de Lerne, de l’aigle du Caucase qui mangeait le foie de Prométhée et du lion de Némée. Argus Panoptès attaqua Échidna pendant son sommeil et la tua.

 

       

 

ÉCHINADES : nom patronymique des filles du devin Échinos. Leur père ayant oublié le fleuve Achéloüs dans un sacrifice, elles furent changées en îles.

 

                               
                                        Les îles Echinades aujourd'hui. elles ont donné les échinides car on trouve

                                                           dans leurs eaux de nombreux oursins.                                       

 

ÉCHION :(fils de vipère) un des géants qui essayèrent d’escalader l’Olympe.

 

                 

                                                       Zeus combattant les Géants. A droite, Échion

 

ÉCHION : un des cinq guerriers nés des dents du dragon tué par Cadmos. Il survécut et épousa Agavé, fille de Cadmos, dont il eut Penthée. Il aida Cadmos à bâtir la ville de Thèbes.

 

ÉCHIOS : grec, père de Mécistée. Polytès le tua devant Troie.

 

ÉCHIOS : troyen tué devant Troie par Patrocle.

 

ÉCHO : nymphe de la suite d’Héra qu’elle amusait par son babil tandis que Zeus essayait de séduire les nymphes de la déesse. Héra s’en aperçut et la punit en la privant de la parole, la condamnant à ne pouvoir que répéter la dernière syllabe des mots qui frapperaient son oreille. Lors d'une chasse, Narcisse se perdit dans la forêt et dit : "Est-ce qu'il y a quelqu'un?"et Echo ne répondit que la fin de sa phrase : "Il y a quelqu'un". Narcisse appela : "Réunissons nous" et Echo répondit : "Unissons nous". Echo tomba amoureuse de Narcisse, mais il la repoussa. Echo, de tristesse, se transforma en pierre et il ne resta que sa voix. Narcisse voulut boire dans l'eau d'une source et il aperçut sa propre image et tomba amoureux de lui-même. Désespéré de ne pouvoir saisir cet autre lui-même, il mourut car il ne pouvait pas aimer son reflet.

 

                                     

                                                                       Écho et Narcisse de J. Waterhouse

 

                                    

                                                                           Écho et Narcisse de Nicolas Poussin

 

ÉCLAIRAGE : sous l’Ancien Empire, les lampes existaient déjà. Elles avaient été inventées à la période prédynastique et ressemblaient à des bols de pierre ou d’argile dans lesquels trempait une mèche. Avec le temps, leurs formes évoluèrent, mais qu’elles fussent du cuivre, de bronze ou d’argent, leur principe de fonctionnement resta le même. On utilisait aussi la torche dans les galeries de mines et la chandelle de suif lors du travail des décorateurs dans les tombes.

 

               

                   Lampe grecque ( -300/-100)                     Lampe hellénistique (-200/-100)              Lampe romaine( -600)      

 

          

           Lampe sicilienne (-300-100)                       Lampes corinthiennes (-600)                         Lampe grecque( -300)  

 

                 

       Lampe trouvée sur le site de Carthage             Lampe romaine(Carthage)                      Lampe étrusque ( -300)

 

                           

             Lampe romaine(100-200)                    Lampe romaine (200-300)                         Lampe romaine (400-500)

 

                       

                                                                      Lampes byzantines (400-500)

 

           

               

    Lampe égyptienne avec la grenouille                   Lampe d'Alexandrie (-150)                     Lampes israëlites (-1200/-800)

               symbolisant Heket

 

             

               Lampe de Palestine (-4000)                           Lampe d'Israël (100)                           Lampe de Palestine(200)

 

ÉCLECTIQUES : philosophes alexandrins qui faisaient profession de choisir dans les écoles diverses ce qu’ils y trouvaient de sage. Ils sont les héritiers des théoriciens transcendants et les adversaires des sceptiques. Les premiers éclectiques furent Potamon et Ammonius Saccas.

 

ÉCOLE : les écoles dépendaient du palais royal et des temples. Elles formaient les futurs prêtres et scribes. On distinguait les petites écoles et les Maisons de Vie. Ces dernières étaient destinées aux études supérieures. Sous le Nouvel Empire, les scribes recrutés pour accompagner les ambassades ou pour recevoir les hôtes étrangers apprenaient les diverses langues des nations dominantes. Les matières principales dans les écoles, étaient la littérature, la géographie, la théologie, l’histoire naturelle et la médecine. Elles étaient enseignées par des maîtres sévères qui n’hésitaient pas à châtir corporellement les mauvais étudiants.

 

ÉCRITURE : inventée vers 3200 avant notre ère, l’écriture égyptienne s’exprima d’abord par le dessin d’objets simples et d’objets homophones, c’est-à-dire de signes représentant des sons. Elle se perfectionna avec l’emploi de rébus pour noter les termes abstraits. Par le principe du rébus et de l’idéogramme, les Égyptiens inventèrent le phonogramme, le signe n’étant plus alors utilisé que pour sa valeur phonétique. Dès lors, il devint théoriquement possible d’écrire par exemple le mot « demain » en figurant simplement à la suite l’un de l’autre deux dessins représentant conventionnellement le chiffre deux et une main. En pratique, il en fut autrement. Les phonogrammes égyptiens se subdivisèrent en trois classes : les signes unilitères, au nombre de 30, qui servirent à noter une lettre comme les signes de notre alphabet ; les signes bilitères, environ 80, employés par les lettres doubles, comme le X français qui peut se prononcer K + S dans « eXprimer » ou G + Z dans « eXégèse » ; les signes trilitères, au nombre de 50, qui permettaient de noter trois lettres. À ces signes, on en ajouta 100 autres, appelés déterminatifs, qui servaient à identifier des mots différents écrits de manière identique. L’écriture hiératique évolua durant plus de 2 500 ans jusqu’à l’époque saïte. À partir de cette période, se développa la démotique. Mais peu à peu, sous le règne des Ptolémées, hiératique puis démotique furent remplacés par le grec. Le dernier nom de pharaon écrit en hiéroglyphes, sur les cartouches d’Esna, date de 249 ap. J.-C.

 

                  

                Bases simples de l'écriture hiérogyphe                  Tablette de Pylos de la civilisation mycénienne. Ecriture syllabique

 

              

                                Ecriture cunéiforme                                                                 Ecriture copte

 

                               

      Le papyrus du scribe égyptien Ipuwer décrit avec une précision biblique la catastrophe de l'Exode. Ce papyrus est actuellement conservé au Musée de Leiden en Hollande. Découvert près de Memphis, en Égypte, au début du 19ème siècle, il a été traduit en 1909 par un grand égyptologue anglais, Sir Alan Henderson Gardiner, spécialiste de l'écriture hiératique. Le texte de ce papyrus représenté ci-dessous est écrit en cursive égyptienne antique, appelée aussi hiératique, une écriture dérivée des hiéroglyphes sculptés sur les monuments de l'Égypte antique.

ÉCRITURE : chez les Celtes et les Gaulois, l’écriture était considérée comme sacrée. Utilisée par les druides pour le culte et la magie, elle apparaîssait presque essentiellement gravée sur des pierres et des baguettes sous la forme de signes appelés ogams ou runes. Toutefois, dans un but pratique, les Celto-Ligures, les Gaulois et les nations celtes du sud de l’Europe se servirent du grec dans leurs relations diplomatiques et commerciales. L'écriture la plus ancienne est l'oghamique qui doit son nom au dieu Ogme. Elle auait été élaborée à partir du latin en Britannia. Les druides gravaient les ogams sur des baguettes d'if pour faire de la divination.

 

          

         Variante paléographique de l'écriture ibérico-celte                           Ecriture oghamique. ecriture celte.

 

EDESSE: Des textes  désignent la ville comme celle de Rûh, l'une des villes construites après le Déluge. Elle est la capitale d'un important État dès le IIe millénaire, le Hourri. Vers 1200, après la chute de l'Empire Hittite, la ville est rattachée à la principauté néo-Hittite de Karkemish. Au VIIe siècle la ville subit l'invasion Assyrienne d'Assurbanipal (669-626), mais aujourd'hui rien ne permet de l'identifier avec une des nombreuses cités conquises par l'Empereur d'Assyrie. Plus tard lors de la victoire d'Alexandre le Grand (336-323) sur les Perses Achéménides et de sa libéralisation, Urhai est occupée par une population Araméenne. En 303, les Macédoniens reconstruisent la ville et la rebaptisent, Édesse.

 Édesse ur?a (Urfa) en turc était la capitale del'Osroène en Mésopotamie , un petit État d'abord indépendant (132 av. J.-C. - 216 ap. J.-C.), devenu province romaine en 216. Vers 204, Abgar IX se convertit au christianisme, une autre source nous indique que ce fut Abgar V Ukomo qui le premier reçut le baptême (voir ci-dessous). C'est, dans l'histoire du christianisme, le premier roi chrétien. À la suite de cette conversion, le christianisme syriaque se développa autour d'Édesse et de nombreux monastères furent construits, en particulier celui de la colline, le Torâ d-Ourhoï. En 216, sous le règne d'Abgar X Severus Bar Abgar (IX), l'empereur Romain Caracalla s'empara définitivement du petit royaume, des monnaies au nom d'un Ma'Nu IX Bar Abgar(X) Severus et d'un Abgar Farhat Bar Ma'Nu avec sur l'autre face la tête de l'empereur romain Gordien III le Pieux. En 262, le roi des Perses sassanides Chahpuhr I occupa  Édesse puis l'abandonna è l'arrivée de l'armée du roi de Palmyre Odenath II allié de l'empereur Gallien. Dans la ville même existaient des sources (auxquelles les Grecs donnèrent le nom de kallirroé) qui sont encore connues aujourd'hui. Les carpes sacrées toujours élevées dans le bassin (Ayn-i Züleyha), sont la manifestation de la légende du miracle d'Abraham. Selon celle-ci, ce serait à cet emplacement que le roi d'Assyrie Nimrod aurait jeté Abraham dans une fournaise qui se changea aussitôt en eau poissonneuse.

La légende d'Abgar V: Abgar V était lépreux, il entendit parler des miracles du Christ et lui envoya un émissaire Hannan (Ananias) avec une lettre, dans laquelle il demandait au Christ de venir à Édesse pour le guérir. Hannan était un peintre et au cas où le Christ refuserait de venir, Abgar lui demanda de faire le portrait du Seigneur et de le lui apporter. Hannan trouva le Jésus mais il était entouré d'une grande foule et il ne put l'approcher. Il voulut faire son portrait, mais n'y parvenait pas "à cause de la gloire indicible de Son visage qui changeait dans la Grâce". Voyant qu'Hannan désirait le peindre, le Christ demanda de l'eau, se lava et essuya son visage avec un linge et sur ce linge ses traits restèrent fixés. C'est pourquoi cette image est aussi connue sous le nom de "Mandilion" (Mouchoir). Le Christ le remit à Hannan et lui dit de le porter avec une lettre à Abgar. Dans sa lettre le Christ refusait d'aller à Édesse, car il avait une mission à accomplir. Quand Abgar reçut le portrait, il guérit de sa maladie. Sur le portrait miraculeux du Christ, Abgar fit écrire ces paroles : "O Christ Dieu, celui qui espère en Toi ne périra pas". Il fit enlever une idole qui se trouvait dans une niche au-dessus d'une des portes de la ville et y plaça la Sainte Image.

 

          

                             Edesse en Osroène                                                      Le Bassin d'Abraham à Urfa (Edesse)

 

                                                     

                                                                                            Abgar V

 

ÉDESSE: ville antique d'Émathie en Macédoine, et aujourd'hui la capitale du Nome de Pella.

 

                                         

 

 

EDFOU : Ancienne capitale du second nome d'Egypte appelée autrefois Djebaou ("la ville du Flotteur"). ville au sud de Louxor, célèbre par son temple d’Horus construit de 237 à 57 av. J.-C. La ville exista dès l’Ancien Empire et survécut jusqu’à l’époque de la conquête arabe. Le temple d’Horus comprenait un pylône, une cour entourée de portiques, appelée Cour du Peuple. Lors du mois d’épiphi, les prètres introduisaient Hathor et Horus dans le temple. La déesse arrivait de Dendérah et le dieu l’attendait en aval du Nil. À l’intérieur de la salle hypostyle se trouvait la petite bibliothèque liturgique et la Maison du Matin dans laquelle les prêtres se purifiaient. La salle de l’Apparition s’ouvrait à l’est et à l’ouest pour le passage des prêtres : elle était flanquée de la pièce du trésor et du laboratoire de parfumerie sacrée. Après cette salle réservée au culte, il y avait la salle des offrandes, la salle de l’ennéade avec la chapelle du dieu Min et la chapelle pure. Au centre de cet ensemble architectural, le saint des saints contenait le naos et la barque sacrée. Tout autour, le couloir mystérieux desservait les chapelles ; il était lui-même cerné par un colossal couloir d’enceinte.

 

                           

                                                          Entrée du temple d'Edfou avec ses deux pylônes

 

                    

                                          Plan du temple d'Edfou

 

                  

                                                                                                                                  Horus d'Edfou

 

                

                      Naos du temple d'Edfou                                             Edfou au début du dix-neuvième siècle

 

      

              Le temple d'Edfou au dix-neuvième siècle par David Roberts                                              Horus     

 

EDONIDE : pays de l’ancienne Thrace, au pied du mont Edon, entre le Strymon et le Nestos. Elle fut conquise par Philippe, père d’Alexandre. On appelait Edonides les Bacchantes, qui célébraient leurs mystères sur le mont Edon.

 

ÉDONOS : personnage mythologique dont les Édoniens de Thrace tiraient leur origine. Il était frère de Mygdon.

 

ÉDUENS : Gaulois qui avec le peuple des Arvernes dominèrent la Gaule du IIe au Ier siècle avant notre ère. Vivant dans l’actuelle Bourgone, ils perdirent leur liberté après la défaite de Vercingétorix en 52 avant notre ère. Sous le règne de l'empereur Tibère, une révolte éclate chez les Trévire et les Éduens (21 ap. J.-C.). Ils se rallient sous le commandement de Julius Sacrovir, et prennent Augustodunum, mais sont vite matés par Gaius Silius. Les Eduens furent les premiers gaulois à recevoir de l'empereur Claudius la distinction de jus honorum. Le discours d'Eumenius, dans lequel il plaide la restauration des écoles de sa ville natale Augustodunum, montre que la région était négligée. Les Eduens adoptèrent beaucoup de pratiques gouvernementales romaines, comme l'élection de magistrats et autres officiels

Tout comme à Rome, il existait un sénat réunissant les familles aristocratiques éduennes. Seul un membre de chaque famille pouvait y siéger, évitant ainsi la domination d'une seule famille sur la tribu. Au dessus de cette assemblée, le vergobret, élu publiquement par un conseil dirigé par les druides, exerçait ses fonctions pendant un an. Pendant ses fonctions, il lui était interdit de sortir des frontières du territoire éduen. Ainsi, il ne pouvait commander l'armée et donc instaurer une monarchie. Chez les Éduens, il semble que le vergobret exerçait aussi un rôle judiciaire. Les druides occupaient également de hautes fonctions puisque Diviciacos fut l'ambassadeur du peuple éduen au sénat pour demander de l'aide contre l'alliance des Séquanes et des germains d'Arioviste. Il dirigea même la cavalerie éduenne durant la guerre des Gaules.

 

   

                                                                                                                                                  Monnaie éduenne

 

                                   

 

 

EDULICA ou EDUSA : déesse romaine de la nourriture pour les enfants.

 

ÉÉTION : roi de Thèbes en Cilicie . Père d’Andromaque et de Podès. Il fut tué avec ses sept fils par Achille lors de la prise de Thèbes par les Grecs. Achille fit consumer le corps du roi revêtu de son armure sur un immense bûcher, se réservant dans le partage du butin une énorme balle de fer, le cheval Pédasos et la lyre du défunt.

 

ÉGÉE : fils de Pandion et de Pylie. De concert avec ses frères, il prit possession de l’Attique, et obtint en partage Athènes et son territoire, dont les Métionides s’étaient emparés après avoir chassé Pandion. N’ayant pas eu d’enfants de ses deux premières épouses, il alla consulter l’oracle qui lui fit prendre Æthra. Elle était la fille de Pitthée, roi de Troézènes, et mit au monde Thésée. Le bonheur d'Egée fut de courte durée car il dut revenir précipitamment à Athènes où Pallas et ses cinquante fils menaçaient son pouvoir. Il laissa sa femme et son futur fils sur l'île, ayant toutefois pris soin de placer sous un gros rocher son épée et ses sandales afin que plus tard son fils, s'il en était digne, puisse se faire reconnaître. Pitthée fit répandre le bruit que son petit fils n'était nullement le simple fils d'un mortel mais le rejeton du dieu Poséidon. Revenu à Athènes, Egée oublia rapidement Aethra pour Médée qui lui donna un fils, Médos. Quand Thésée revint à Athènes pour se faire reconnaître par son père, Médée la première s'en aperçut et persuada son mari, Egée de se débarrasser de cet inconnu qui risquait de prendre la place de son fils. Thésée réussit à vaincre le taureau sauvage lâché par Héraclès près de Marathon, Médée résolut alors de l'empoisonner mais au cours du banquet, Egée remarqua finalement l'épée dans les mains de Thésée et reconnut ainsi son fils.
Chassée, Médée s'enfuit en Colchide avec son fils et Thésée aida son père à repousser Pallas.Puis il partit pour la Crète pour vaincre le Minautore.A son retour Thésée oublia sa promesse de hisser la voile blanche; Egée, qui scrutait l'horizon, debout sur l'Acropole à l'endroit où se trouve aujourd'hui le temple de la Victoire Aptère, aperçut la voile noire, perdit connaissance et bascula la tête la première dans le vide. Mais, selon certains, il se jeta volontairement dans la mer qui, à la suite de cet événement, fut appelée la mer Egée.

 

                  

                                Égée consule Thémis                                     Thésée et Aethra récupèrent les armes d'Egée d'après La Hire

 

 

ÉGÉENS : « Ceux qui peuplent les îles au milieu de la mer » furent, durant toute la période du Nouvel Empire, les partenaires privilégiés des Égyptiens. À notre connaissance, il n’y a jamais eu de conflits entre ces deux peuples qui échangèrent produits et idées. Les Égéens influencèrent l’art égyptien du décor dans la seconde moitié du IIe millénaire avant notre ère.

 

ÉGÉIDE : nom patronymique des descendants d’Égée et particulièrement de Thésée.

 

ÉGÉON : géant à cent bras et cinquante têtes. Fils d’Ouranos et de Gaïa. Il se révolta avec ses deux frères Cottos et Gygès contre Zeus, mais se dernier l’enchaîna et le précipita au fond d’un abîme avant de le délivrer pour qu’il l’aide dans sa guerre contre les Titans. Dans un combat acharné, les trois géants lancèrent des milliers de quartiers de rocs et vainquirent les Titans.

 

EGÉRIE : nymphe changée en fontaine par Diane. Numa publia qu’elle lui dictait ses lois de la part des dieux, dans leurs entretiens secrets du bois d’Aricie. Près de Rome, le vallon de la Caffarella, se trouvent la grotte et la fontaine d’Egerie. On raconte que le Roi Numa Pompilius avait des rendez-vous fréquents avec elle et l'aurait consultée pour mettre au point sa législation religieuse. Ces réunions avaient lieu à l'endroit où un bouclier sacré était tombé du ciel et Numa avait consacré le bois de Camènes, où vivait Egérie, la nymphe des sources.  Après la mort de Numa, Egérie, inconsolable, s'était réfugiée dans le bois d'Aricie, où elle aurait été changée en une source pour avoir interrompu les rites de Diane par ses lamentations.

 

                                           

                                                                                  Numa et Egérie

 

 

EGESTUA : déesse de la pauvreté que Virgile plaçait à l’entrée du Tartare.

 

ÉGIDE : bouclier de Zeus. Le dieu l’agitait de la main gauche et en faisait jaillir les éclairs. Héphaïstos l’avait fait si solide que Zeus ne pouvait l’entamer avec sa foudre. Egide était le bouclier, offensif et défensif, de Zeus, il symbolise la toute puissance du roi des dieux. Constitué de la peau de la chèvre nourricière de Jupiter, Amalthée, et de la tête de Méduse, il était un talisman protégeant son utilisateur. L’égide est souvent attribué à Athéna, déesse de la guerre et fille de Jupiter. Minerve, divinité d’ordinaire pacifique, empruntait les armes de son père pour partir au combat. Elle protégeait ses soldats, ainsi qu’elle-même, grâce à la magie pétrifiante de la tête de Gorgo fixée sur le bouclier.

L'Égide d'après Homère: «  La précieuse égide, inaltérable et pure,
                                         D'où pendillaient cent franges merveilleusement tressées,
                                         Tout en or fin, et dont chacune valait bien cent bœufs."

Autour de ses épaules, Athéna jette l'égide frangée, redoutable, où s'étalent en couronne Déroute, Querelle, Vaillance, Poursuite qui glace les coeurs et la tête de Gorgo, l'effroyable monstre, terrible, affreuse, signe de Zeus porte-égide.

                                       
                                                       Égide sur un denier de l'empereur Caracalla en 207

 

EGIDIUS ou AEGIDIUS : général gallo-tomain, mort en 464. Né en Auvergne, de la noble famille Syagria, il servit sous Aetius, puis sous Majorien. Après l’assassinat de cet empereur, il entreprit de combattre les chefs barbares qui dominaient partout dans l’empire. En 461, en Italie, le Patrice Ricimer fait exécuter Majorien et proclame Libius Severus à sa place. Ægidius refuse de reconnaître Libius Severus et se rend indépendant en Gaule du Nord. Les Burgondes reprennent le contrôle de Lugdunum et de la vallée de la Saône, isolant Ægidius du Sud de la Gaule.Il gouverna les Francs de Tournay, qui venaient de chasser le roi Childéric, fit la guerre avec avantage à Théodoric, roi des Wisigoths, et se préparait à combattre en Italie le suave Ricimer, lorsque le retour de Childéric le força à lui disputer la Gaule du nord. Battu à Cologne, il se réfugia dans ses vastes propriétés des bords du Rhône, où il mourut l’année suivante. Il eut pour fils le patrice Syagrius.

 

ÉGIEIS : monstre qui vomissait du feu. Fils de la Terre (Gaïa). Il ravagea la Phénicie, la Phrygie, l’Égypte et la Libye. Athéna le tua et couvrit son bouclier de sa peau.

 

ÉGINE : fille du fleuve Asopos. Elle fut aimée de Zeus, qui la visita sous la forme d’une flamme. Asopos, ulcéré par le rapt de sa fille, poursuivit Zeus. Ce dernier le frappa de la foudre, puis il transporta Égine dans l’île d’Œnone où elle mit au monde Aeaque.

 

ÉGINE : île grecque conquise par les Doriens en -1100 qui y introduisirent le culte de Zeus Hellanios . En -950 les colons d'Epidaure la peuplèrent et elle forma une ligue avec Athènes, les Myniens, Hermione, Nauplie, Orchomène, Trézène, Prasiae et les Myniens pour lutter contre la piraterie. Ce fut par Égine, du temps du règne du tyran Pheidon vers -657/-630( probablement inventeur de la monnaie) que le système des pièces de monnaie atteignit l'Europe. Durant deux siècle son système de poids et mesures fut adopté dans le monde grec. Grande exportatrice de parfums et de céramique, elle accumula des richesses inouies. On compait onze esclaves pour un citoyen. Vers -520 commença larivalité entre Egine et Athènes. En 507, Egine apporte son secours à Thèbes contre Athènes. Cette dernière perdit la guerre qui dura de -488 à -481. Malgré son alliance avec Sparte, Egine fut finalement conquise par les Athéniens en 456. En -431, Athènes expulsa tous les habitants de l'île et les remplaça par des Clérouques. Les exilés réfugiés à Sparte reprirent possession de l'île en -405. Egine passa ensuite entre les mains des Macédoniens, puis des Romains et servit de bases à un nombre important de campagnes militaires. Marc-Antoine en fit don à Athènes en -62. Auguste redevint indépendante par la volonté d'Antoine en l'an 11 de notre ère et elle garda plus ou moins son autonomie sous l'empire romain.

 

         

                                    Dracme en argent d'Egine

 

                                   

                                                            Edifié en -448, ce temple d'Egine est dédié à la déesse Aphaia

 

 

ÉGISTHE : fils de Thyeste et de sa fille Pélope. L’oracle avait prédit que cet enfant vengerait Thyeste de son frère Atrée ; Égisthe séduisit plus tard Clytemnestre, femme du fils d’Atrée Agamemnon, et tua ce dernier: Plusieurs années plus tard, sur l'ordre d'Atrée, Agamemnon et Ménélas partirent à Delphes pour retrouver leur oncle Thyeste. Ils le trouvèrent par hasard, le capturèrent et le ramenèrent à Mycènes. Le roi donna alors l'ordre à Égisthe – âgé de sept ans – et qu'il croyait toujours être son fils, d'aller tuer Thyeste dans sa prison. Cependant, au moment de l'acte parricide, Thyeste reconnut l'arme d'Égisthe cachée dans la statue d'Athéna par Pélopée. Il demanda alors à ce dernier de faire venir sa mère et leur révéla le secret de sa filiation. Saisie d'horreur, Pélopée s'empara de l'épée et se tua. Après la mort de sa mère, Égisthe rapporta alors l'épée ensanglantée à Atrée comme preuve de l'exécution, ce qui permit de le tuer quelque temps plus tard alors qu'il était en pleine offrande : la prophétie venait de se réaliser... Il plaça ensuite son père Thyeste sur le trône et bannit ses frères Agamemnon et Ménélas.Quelques années plus tard, Agamemnon, le roi légitime, renversa Thyeste avec l'aide du roi Sparte Tyndare, chassant Thyeste sur Cythère mais épargnant Égisthe et lui pardonnant même.

 Opposé à l'expédition grecque, Égisthe ne suivit pas Agamemnon à la guerre de Troie. Au contraire, celui-ci lui confia même son royaume pendant l'expédition achéenne ! Égisthe profita alors de l'absence du roi pour séduire la reine Clytemnestre et devint son amant. Il régnait désormais sans partage sur Mycènes. La guerre terminée, les deux amants tuèrent le roi et son esclave Cassandre à son retour. Plusieurs versions de la mort d'Agamemnon existent : pour certains auteurs, il aurait été tué dans le Mégaron du palais de Mycènes, ou bien lorsqu'il prenait un bain pour fêter son retour, pour d'autres enfin, le meurtre aurait eu lieu après un banquet bien arrosé. Néanmoins, tous se rejoignent pour affirmer la même volonté des deux amants de se débarrasser du roi gênant. Ils dirigèrent encore la cité pendant sept années avant qu'Oreste , le fils d'Agamemnon, poussé par sa sœur Électre, ne venge finalement son père en les tuant tous deux.

Égisthe vu par Jean Giraudoux: Argos qu'il gouverne avec une autorité féroce vit dans la prospérité sans troubles ni scandales car Egisthe étouffe soigneusement l'émergence de tout ce qui sort de la banalité, grandes passions, grandes pensées grands crimes... Dans l'ombre et sans tapage il fait disparaître les gêneurs et maintient sa ville dans une tranquille médiocrité.
Ses sujets sont à sa botte et il ne les respecte pas beaucoup. Le président dont la carrière dépend de lui est obligé d'accepter pour son cousin un mariage inquiétant. Au lieu de reconnaître sa docilité par la perspective d'une promotion brillante pour la famille, Egisthe, déclare cyniquement qu'il empêchera tous les Théocatoclès de se distinguer de quelque façon que ce soit. Du jardinier le fiancé désigné qu'il traite avec désinvolture il fait aussi ce qu'il veut.

 

               

  Egisthe, croyant découvrir le corps d'Oreste, découvre celui de Clytemnestre         Paestum – Poseidonia : Trésor du Silaris :       

                     d'après Charles Auguste van den Berghe                                         métope d’Oreste tuant Egisthe. Vers 550 -540.

 

   

                                     Thyeste et Égisthe                                                                          Meurtre d'Égifhe

 

 

 ÉGYPTE : l’Égypte actuelle s’étend sur plus d’un million de kilomètres carrés, mais de tout temps la partie « utile » de ce pays a été limitée à la bande fertile de la vallée du Nil, au triangle du delta et à quelques oasis, soit à peu près 40 000 km2. Il y eu des époques où la superficie, presque essentiellement formée de déserts, tripla sous l’action conquérante des pharaons. L’Égypte s’étendit alors de la sixième cataracte, dans l’actuel Soudan, à la région d’Alep, limitée au nord-est par l’Euphrate. Toutefois, ces conquêtes demeurèrent éphémères car elles étaient dictées par un esprit essentiellement défensif et protectionniste. L’Égypte, État centralisateur très fort et d’une stabilité sociale reposant sur une agriculture riche, se suffisait à elle-même. Longtemps protégée des envahisseurs par les déserts libyque et arabique, elle sut exploiter sa position stratégique entre l’Afrique et l’Asie.

 

                                            

                                         

                                            

 

                

 

EILEITHYA : (Séléné) déesse grecque protectrice des naissances, elle fut assimilée à la déesse vautour égyptienne Nékhbert (Nekhbet).

 

           

                                      Eileithya                                                                               Eileithya-Nekhbet

 

 

EILEITHY ASPOLIS ou EL-KAB: nom grec de la ville de Nékheb en Haute-Égypte (actuellement El-Kab) où était adorée la déesse grecque Séléné Eileithya. De nombreuses attestations indiquent que le site est occupé depuis la préhistoire avec des signes d’une industrie épi-paléolithique datant d’environ 7000 ans avant JC, et un important cimetière datant de l’époque Nagada III (vers 3300 avant JC). Il existe également de très nombreux graffiti préhistoriques sur les parois des ouadis environnants.
Sans cesse occupée pendant l’époque pharaonique, la ruine de la cité semble dater du VIIIème siècle, avec l’occupation arabe. Les savants de l’Éxpédition d’Égypte avaient encore pu voir des restes significatifs des temples locaux qui ont depuis disparus et avaient déjà dressé un plan du site. Les chercheurs de sebakh (engrais résultant des restes de briques) ont largement fait disparaître tout ce qui était en briques crues, tandis que les pierres des monuments ont été enlevées pour être réutilisées ; tout ceci a quasiment réduit à rien l’antique cité qui aujourd’hui donne une impression de ruine totale.

La ville proprement dite avait la forme d’un carré massif avec une large enceinte en briques crues , cette dernière probablement érigée par Nectanébo II à la XXXème dynastie( vers 360-343 avant JC). Le cœur de la cité consistait en deux temples massifs. Le plus important était dédié à Nekhbet et érigé en grès; le second à Sobek et à Thot. A l’Est du mur d’enceinte, deux petits temples datant pour l’un de Thoutmosis I, pour l’autre d’un des Nectanebo.
Plus loin, à l’entrée du Ouadi Hilal, on trouve une chapelle reposoir d’Amenophis III , un hémi-spéos (= monument moitié creusé dans la falaise, moitié bâti) Ptolémaïque, et une chapelle du temps de Ramses II.
Il existe également de très nombreuses inscriptions ou stèles gravées sur les rochers le la région.
La nécropole d’El Kab livre des renseignements de première importance sur les débuts de la XVIIIème dynastie. Elle abrite plusieurs tombes comportant des chroniques militaires uniques sur l’expulsion des Hyksos, notamment celle d’Ahmes fils d’Abana et la belle tombe de Paheri.
En effet à la Deuxième Période intermédiaire une famille féodale importante tenait la cité, et semble avoir apporté un soutien sans faille aux princes thèbains dans leur lutte contre les Hyksos, à commencer par Ahmosis (premier roi de la XVIIIème dynastie). Ces princes victorieux leur ont rendu la pareille. Il était en effet capital pour ces souverains de conserver cette ville de Nekhen pour établir la légitimité de leur pouvoir. Voir le très bon site: http://www.osirisnet.net/tombes/el_kab/el_kab.htm
El Kab est en effet la ville symbole de la royauté du Sud, sa déesse tutélaire Nekhbet étant la pendante de la déesse Ouadjit représentant le Nord. La déesse Nekhbet (= celle de Nekhen) était figurée par un vautour blanc. Ces rapaces dont l’habitat se trouve en limite du désert étaient facilement différentiables des aigles ou des milans par le dessous blanc de leurs ailes. Nekhbet sera assimilée à la couronne blanche de Haute Égypte.
Au temps où l’Égypte n’était pas encore unifiée, le rituel de couronnement du roi du Sud se faisait certainement dans le temple originel d’El Kab. A partir de la IIIème dynastie, la capitale de l’Égypte unifiée sera (et sera toujours administrativement) Memphis. L’intronisation du nouveau roi faisait obligatoirement appel aux symboles du Nord et du Sud : la couronne blanche, et aussi certains types de natrons purificateurs de la région.

                                          
                                                                                 Plan d'El-Kab

                                         
                                                                             Temple de Nekbhet à El-Kab

                       
                                                   Scène du banquet funéraire dans la tombe de Paheri à El-Kab

                                        
La suite, en allant vers la gauche.( Tombe de Paheri à El-Kab)
Registre du bas, 2 "Muu" dans un batiment, des étendues d'eau, 2 femmes offrant des vases Nou, Osiris sous un dais et un rectangle entouré d'arbres. 
Registre du milieu, une sorte de plan où figurent des arbres et des batiments. Dans certains batiments se trouvent des divinités.
Ensuite, des hommes tirent un traineau sur lequel se trouve le sarcophage. 
En haut, une barque sur laquelle se trouvent un naos et un braséro. Un des rameurs est accroupi sur l'eau et non pas dans la barque. 
Un homme en prières devant une tombe sur laquelle veille Anubis. 
Une barque transporte un meuble (?) dans lequel se tiennent plusieurs hommes.
 

EISÉTÉRIES : fêtes célébrées à Athènes lorsque les magistrats entraient en charge.

 

ÉITHNÉ : déesse concubine du dieu Dagda avec qui elle eut Oengus le Mac Oc ; elle était l’épouse du dieu Elcmar, frère de Dagda. Grande Mère Divine, elle était l’une des personnifications de l’Irlande (version courante).

 

ELAEOTHESIUM : ce mot d’origine grecque désignait la chambre attenante aux bains dans laquelle étaient conservés les huiles et les parfums. Les baigneurs s’y faisaient oindre et frotter sur une table.

 

ÉLAGABAL ou HÉLIOGABALE (ELAGABALUS, HÉLIOGABALOS) : divinité adorée à Émèse, ville de haute Syrie, figurant le soleil. Elle était représentée par une grande pierre conique noire à l’aspect fuligineux. L’empereur Élagabal, Varius Avitus Bassianus, qui prit le nom de ce dieu, fit porter la pierre à Rome où il lui avait fait bâtir un temple splendide dans lequel il regroupa le feu de Vesta, la statue de Cybèle, le bouclier de Mars et de nombreux autres objets divins. Ce culte ne survécut pas à la mort de l’empereur.

Élagabal était le descendant des Bassianides. Après l'assassinat de l'empereur Macrin en juin 218, Varius Avitus Bassianus se retrouva à la tête de l'empire romain. Il avait quatorze ans. Héliogabale laissa les rênes du gouvernement à sa grand-mère, Julia Moesa, et à sa mère, Julia Soaemias : « Il fut tellement dévoué à Semiamira sa mère, qu’il ne fit rien dans la république sans la consulter. » Ce furent cette emprise féminine, plus que la superstition de l'empereur, ses caprices enfantins, ses dépenses inconsidérées, ses mariages homosexuels, qui horripilèrent les « vieux Romains » et précipitèrent sa chute. L’ambition de sa mère semble si dévorante qu’elle manque de tact envers les lois romaines qui relèguent les femmes à l’arrière-plan ; elle impose même sa présence au Sénat. Ce détail, par dessus tout, choque les contemporains : « lors de la première assemblée du sénat, il fit demander sa mère. À son arrivée elle fut appelée à prendre place à côté des consuls, elle prit part à la signature, c’est-à-dire qu’elle fut témoin de la rédaction du sénatus-consulte : de tous les empereurs il est le seul sous le règne duquel une femme, avec le titre de clarissime, eut accès au sénat pour tenir la place d’un homme. » Héliogabale prend la route de Rome avec une procession qui transporte une pierre noire: le Bétyle d'Émèse sur un char d'or conduit par des chevaux blancs qu'il conduit à reculons jusqu'au Palatin qu'il atteint durant l'été 219. Le bétyle ne portait aucune représentation, seules des irrégularités naturelles de la pierre pouvaient suggérer des images astrales. Cette pierre était de couleur noire, et mesurait sans doute environ un mètre de haut, ordre de grandeur suggéré par plusieurs représentations. C'était peut-être une très grosse météorite, puisqu'on la disait tombée du ciel, ou plus simplement un bloc de basalte. Il contenait la divinité. « Il fit construire et consacra à Héliogabale un temple sur le mont Palatin auprès du palais impérial ; il affecta d’y faire transporter et la statue de Junon, et le feu de Vesta, et le Palladium, et les boucliers anciles, enfin tous les objets de la vénération des Romains ; afin qu’à Rome on n’adorât d’autre dieu qu’Héliogabale. Il disait en outre que les religions des Juifs et des Samaritains, ainsi que le culte du Christ, seraient transportés en ce lieu, pour que les mystères de toutes les croyances fussent réunis dans le sacerdoce d’Héliogabale. » Les religions nouvelles d'Isis, de Sérapis, ou de Cybèle, de Mithra ou des Chrétiens, avaient leurs adorateurs à Rome, sans menacer pour autant le vieux panthéon romain. Mais Héliogabale semble vouloir imposer son dieu comme unique, au-delà de son assimilation à Jupiter. Les Romains furent vraiment scandalisés lorsqu'il enleva la grande Vestale Aquila Severa pour l'épouser, désir de syncrétisme symbolique, « pour que naissent des enfants divins » dira-t-il au Sénat.

 On viole, on tue dans ces banquets démentiels, les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables même, devant une assemblée entrée en transe au son des flûtes et des tambourins. Des dompteurs font entrer des lions dressés pour terroriser les convives, dont beaucoup ne sont là que par la force et afin d’être humiliés par les obscénités auxquelles ils sont contraints de participer. Néron, l’empereur dont la mémoire fut maudite, est battu à plate couture par ce gros adolescent tout-puissant. L’empereur poète, fut-il fou, savait gouverner ; Elagabal, lui, met un ancien cocher de cirque à la tête de la Préfecture du prétoire (seconde charge en termes de pouvoir, sinon de dignité après lui-même), on voit passer dans les couloirs du Palais des travestis, d’anciens esclaves, des gladiateurs promus mignons ou favoris à la faveur d’un beau combat, des coiffeurs habillés de la toge sénatoriale ! Des décrets ridicules sont pris sous l’influence des princesses syriennes, réglant un lourd cérémonial étranger à l’austérité romaine traditionnelle. Ces ridicules ne sont visibles que pour nous, à des siècles d’écart. Mais les milieux patriciens et surtout l’armée acceptent de plus en plus mal ces errances et ces outrances si éloignées de l’idéal augustéen du Prince, premier parmi ses pairs, en vertu et en dignité.

 Après trois années de règne, Héliogabale bénéficie encore du soutien de l'armée. Il le perd par maladresse. En juillet 221, sa grand-mère, Julia Moesa, pressentant que les vices de son petit-fils finissent de le perdre, lui et sa famille, le convainc d'adopter son cousin, Alexius Bassanius  sous le nom de Sévère Alexandre et de l'associer au pouvoir avec le titre de « césar ». Ce jeune homme est l’antithèse d'Héliogabale : sévère, avisé, vertueux, patient et sage. Il parvient à se rendre populaire auprès de la seule force qui compte réellement dans l'Empire : l'armée. Aussi, quand les soldats apprennent qu'Héliogabale cherche à se débarrasser de son cousin et associé, ils commencent à murmurer contre lui. Héliogabale veut faire arrêter les meneurs mais une foule furieuse envahit le palais impérial et massacre l'empereur. Son corps est traîné à travers les rues de Rome, puis la populace tente de jeter le cadavre aux égouts, mais, comme les conduits sont trop étroits, le cadavre de l'empereur est finalement jeté dans le Tibre (11 mars 222).

 

                         

 

                                                                           

 

 

 

ÉLAPHÉBOLIES : fêtes célébrées en l’honneur d’Artémis par les habitants de la Phocide, en mémoire de la victoire que les hommes devaient à leurs femmes.

 

ÉLARA : fille d’Orchomène ou de Minyas. Mère du géant Tityos qu’elle eut de Zeus. Le dieu la cacha dans les entrailles de la terre pour la soustraire à la jalousie d’Héra.

 

ÉLASOS : troyen tué par Patrocle. Troyen tué par Néoptolème. Il était représenté sur le tableau de Polygnote dans la lesché de Delphes.

Extrait de l'Iliade d'Homère: Et, maintenant, quel fut le premier, quel fut le dernier que tu tuas, ô Patroklos, quand les Dieux préparèrent ta mort ? Adrèstès, Autonoos et Ekhéklos, Périmos Mégade et Epistôr, et Mélanippos ; puis, Elasos, Moulios et Phylartès. Il tua ceux-ci, et les autres échappèrent par la fuite. Et alors les fils des Akhaiens eussent pris la haute Ilios par les mains de Patroklos furieux, si Phoibos Apollôn, debout au faîte d'une tour solide, préparant la perte du Ménoitiade, ne fût venu en aide aux Troiens. Et trois fois Patroklos s'élança jusqu'au relief de la haute muraille, et trois fois Apollôn le repoussa de ses mains immortelles, en heurtant son bouclier éclatant. Et, quand il s'élança une quatrième fois, semblable à un Dieu, l'Archer Apollôn lui dit ces paroles menaçantes : "Retire-toi, divin Patroklos. Il n'est pas dans ta destinée de renverser de ta lance la haute citadelle des magnanimes Troiens. Akhilleus lui-même ne le pourra point, bien qu'il te soit très supérieur."

ÉLATHA : roi des Fomores. Père du dictateur Bress. On l’associait à l’art, aux sciences et à la connaissance.

 

ÉLATOS : centaure tué par Héraclès.

 

ÉLATOS : roi d’une contrée d’Arcadie. Fils d’Arcas et de Léanire ou de Méganire ou de la nymphe Chrysopélée. Frère d’Azan et d’Aphidas. Il épousa Laodicé qui lui donna pour enfants : Stymphale, Æpytus, Cylien et Paréos. Il quitta Cyllène et se rendit en Phocide où il protégea les habitants et le temple de Delphes des ravages des Phlégyens. Il fonda la ville d’Élatée.

 

ÉLATOS : un des chefs des Lapithes à Larisse en Thessalie. Époux d’Hippée et père des Argonautes Cænée et Polyphème.

 

ÉLATOS : allié des Troyens. Né à Pédassos. Agamemnon le tua sous les remparts de Troie.

 

ELCMAR : dieu maléfique celte irlandais, frère de Dagda, époux d’Éithné. Trompé par son épouse qui tomba enceinte de Dagda, il tenta d’empêcher la naissance d’Oengus en arrêtant le soleil dans sa course.

 

ÉLÉATES : phylosophes grecs établis à Élée. Ils eurent pour maître Xénophane de Colophon et pour représentants principaux Parménide et Zénon d’Élée. Ils niaient à la fois l’autorité des sens et celle de la raison, croyaient au panthéisme et inventèrent la dialectique. Pour Parménide, deux voies se présentent à celui qui cherche la vérité ; la première est l'affirmation de l'existence de l'Être, voie d'accès à la vérité (l'Être est). En dehors de cette voie, le chemin de l'opinion confuse n'est qu'une non pensée, la doxa ou savoir imparfait.

 

ÉLÉAZAR : c’est-à-dire secours de Dieu, nom porté par un grand nombre de Juifs, dont voici les plus connus :

Éléazar, grand-prêtre, fils et successeur d’Aaron.

Éléazar, l’un des capitaines de David, traversa l’armée des Philistins pour chercher de l’eau à son roi retiré dans la caverne de Hadullam.

Éléazar, grand-prêtre, fils d’Onias, envoya à Ptolémée Philadelphe un exemplaire de la loi et 72 vieillards qui firent la traduction dite des Septante, 277.

Éléazar Macchabée, le dernier des cinq fils de Matathias, tua un éléphant qu’il croyait servir de monture au roi de Syrie, Antiochus Eupator, et périt écrasé sous le poids de l’animal.

Éléazar le martyr(les Macchabées) sous le règne d'Antiochus le grand( -222/-186): Après qu'Éléazar eut répondu de la sorte à Antiochus, les gardes de ce prince le dépouillèrent, le déchirèrent à coups de fouet, et un héraut lui criait en même temps d'obéir au commandement du roi. Mais quoique son sang coulât de tous côtés et que ses os fussent partout découverts , rien n'était capable d'ébranler sa fermeté, et il était aussi tranquille que s'il eût dormi d'un profond sommeil. Il levait seulement les yeux vers le ciel, et son corps ne pouvant plus résister à la violence de tant de douleurs, il tomba par terre sans que son âme en fût abattue. L'un de ces cruels soldats lui marcha sur le ventre pour l'obliger à se lever : mais le saint vieillard méprisant tout ce qu'on pouvait lui faire souffrir demeura victorieux , par sa constance, de la cruauté de ces impies, et les contraignit d'admirer sa résolution et son courage. Sa vieillesse donna de la compassion à ceux qui accompagnaient le roi, et quelques-uns lui crièrent :

« Quelle imprudence vous porte, Eléazar, à souffrir tant de tourments que vous pourriez éviter? Vous n'avez pour vous en garantir qu'à goûter de la chair que l'on vous présente. »

Alors ce véritable serviteur de Dieu , qui s'était tu dans les plus grandes douleurs, prit la parole et répondit :

« Je serais bien indigne d'être descendu d'Abraham si j'étais capable de suivre un aussi mauvais conseil que celui que vous me donnez. Car n'y aurait-il pas de la folie à avoir vécu jusqu'ici dans l'amour de la vérité , et mis toute ma gloire à observer nos saintes lois, pour les abandonner dans ma vieillesse en mangeant d'une viande dont je ne pourrais goûter sans commettre un sacrilège? Dieu me garde d'acheter par un si grand crime la prolongation de ce peu de temps qui me reste à vivre, et de m'exposer par une telle lâcheté à la risée de tout le monde. »

Quand, après avoir fait tout ce que l'on put pour ébranler ce bon vieillard, on vit que sa constance était invincible, on le jeta dans le feu, on le tenailla, et on lui mit dans les narines des senteurs insupportables. Lorsque le feu eut dévoré jusqu'à ses os, et qu'il était près de rendre l'esprit, il adressa sa prière à Dieu en ces termes :

« Seigneur, en qui je mets toute l'espérance de mon salut et qui voyez tout ce que j'endure, vous savez que je ne souffre tant de maux que pour ne pas contrevenir à votre loi. Ayez compassion de votre peuple ; contentez-vous d'exercer sur moi votre justice; purifiez le par mon sang, et sauvez la vie à tous les autres en prenant la mienne. »

Éléazar, un des chefs des Juifs révoltés contre les Romains au Ier siècle de l’ère chrétienne. Il s’établit dans la forteresse inaccessible de Massada, près de la mer Morte, où il fut assiégé, après la ruine de Jérusalem, 70, par le gouverneur Flavius Sylva, il se défendit avec acharnement et, voyant ses fortifications ruinées, il se tua avec tous ses compagnons.

 

                                
                                                                                Le martyre d'Éléazar

 

 

ÉLECTRE : fille d’Océan et de Téthys. Épouse de Thaumas. Mère d’Iris et des Harpies Aello et Ocypète.

 

ÉLECTRE : une des sept Pléiades. Elle apporta le Palladium à Troie et en fit présent à Dardanos. Électre ayant embrassé le Palladium pour implorer le secours d’Athéna, cette dernière (ou Zeus), irritée de ce que l’image avait été souillée par une mortelle qui n’était plus vierge, jeta le Palladium dans les environs d’Ilion où le roi Ilos le plaça dans un temple qu’il fit ériger. Électre s’arracha les cheveux à la chute de Troie et elle fut placée parmi les astres.

 

ÉLECTRE ou Laodicé : fille d’Agamemnon et de Clytemnestre. Sœur d’Iphigénie ou Iphianassa, de Chrysothémis et d’Oreste. Après le meurtre d’Agamemnon, Électre, redoutant pour Oreste un sort identique, l’enleva à la fureur de sa mère et l’envoya chez le roi Strophios à Phanote en Phocide. Devenu adulte, il fut reconnu par Électre grâce à une mèche de cheveux qu’il avait laissée sur le tombeau d’Agamemnon. Tous deux se vengèrent de leur mère. Oreste donna sa sœur en mariage à Pylade. Elle eut pour fils Strophios et Médon.

 

                            
                                       Oreste et Électre                                                             Oreste, Electre et Hermès 
                                                                                                                            sur la tombe d'Agamemnon

 

ÉLECTRYON : fils de Persée et d’Andromède ou de Midée en Argolide. Il épousa Anaxo, fille d’Alcée. Ses fils, à l’exception de Lysinome, furent tués par les Téléboens. Électryon promit la main de sa fille Alcmène à celui qui le vengerait. Ce fut Amphitryon qui l’obtint. Ce dernier tua malencontreusement Électryon.

Extrait de "Toute la poésie":

 Électryon, ainsi, méjuges-tu ton inutilité!
Toi l’érudit, l’ignorant savant de rien
Électryon fils de Persée et d'Andromède, roi de Mycènes
Est-ce donc ta bien aimée, ta fille Alcmène,
Qui te rend si aveugle face à tout

Injuste, malhonnête ici ou ailleurs et partout!
Est ce cela ton secret ! Tare fertile du non sens!
Tare qui eut nourrit les chiens de l'enfer !
Toi, tout comme Amphitryon fils d'Alcée et roi de Tirynthe
Toi tout comme Alcmène, l'épouse d'Amphitryon
Électryon, qu’on eut tissé dans le noir obscure
De nos illusions gemmées de bravoure et de courage!

Ignorance impie toi Électryon
Je jure de te maudire toute ma vie!
Je jure de noyer ta légende dans l’océan de la vérité!
Le tout de la science et de la vérité !

                                             

 

 

ÉLECTRYONÉ : fille du Soleil et de Rhodé. Sœur des Héliades.

 

ÉLÉE : deux villes célèbres portent ce nom, l’une en Asie (Éolide), à l’embouchure du Caïcos ; l’autre en Lucanie, fondée par les Phocéens, et siège de l’école philosophique dite éléatique.

 

ÉLÉLÉIDÈS : surnom donné aux Bacchantes à cause des cris (Eleleu) qu’elles poussaient dans les fêtes de Dionysos.

 

ÉLÉMENTS : feu, terre, air et eau. Les quatre éléments jouèrent un rôle symbolique fondamental dans la civilisation celtique. On les associait à la faune et à la flore, aux points cardinaux, aux signes célestes, aux humains et aux dieux. Les philosophes présocratiques ont imaginé une essence première en toute chose. Héraclite voyait dans le feu l'élément premier à l'origine de toute matière, Anaximène lui envisageait l'air comme essence de toute chose alors que Thalès préférait l'eau.

À l’origine il s’agissait d’une hypothèse de certains philosophes grecs et notamment d'Empédocle d'Agrigente au Vè siècle av J.-C., selon laquelle tous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments.

"Connais premièrement la quadruple racine
De toutes choses : Zeus aux feux lumineux,
Héra mère de vie, et puis Aidônéus,
        
Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s'abreuvent."
Platon, dans le Timée, pense que les quatre Éléments sont faits de particules cubiques (Terre), icosaédriques (Eau), octaédriques (Air), tétraédriques (Feu) (Timée, 56), et la sphère du monde (le Tout) est un dodécaèdre (Timée, 55e-56a). Les Éléments sont donc liés aux surfaces des solides, les quatre polyèdres réguliers alors connus : tétraèdre (pyramide) (Timée, 56b), hexaèdre régulier (cube), octaèdre, icosaèdre ; le Tout est un dodécaèdre (Phédon, 110b ; Timée, 55c). Le Feu, l'Air et l'Eau sont faits de triangles équilatéraux (24, 48, 129 triangles élémentaires scalènes), la Terre de carrés (24 triangles élémentaires isocèles), le Tout de pentagones (12 pentagones irréductibles aux triangles).
Selon Aristote:
  • Le chaud est d'une manière générale un principe d'énergie, d'activité et d'impulsion. Par opposition, le froid est un principe de passivité et de résistance.
  • Le sec est un processus d'analyse, de séparation, d'individualisation, de contraction et de repli sur le détail ou sur soi. Il se déroule dans une atmosphère rigide et cassante, allant aux extrêmes. Par opposition, l’humide est un processus de synthèse, de liaison et de collectivisation, d'ouverture sur la globalité et le collectif. Il est conduit dans une atmosphère de détente et de souplesse.
    Le cinquième élément serait l'Éther.
  •                  

                     

                                                 
                                                                          Les quatre éléments en astrologie

                       
                                                                          Les cinq éléments en sorcellerie

     

    ELENCHUS : grosse perle en forme de poire. Les grandes dames de Rome et les riches courtisanes en raffolaient et en portaient plusieurs à leurs boucles d’oreilles ou attachées à leurs bagues.

     

    ELENCHUS: L’« elenchus » est cette méthode socratique qu’Aristote nomme « peirastique ». Elle suppose qu’une thèse est réfutée quand et seulement quand on peut déduire sa négation « des propres croyances du répondant ».
    Chez Platon, la seule condition requise de la part de l’interlocuteur de Socrate est d’avoir l’honnêteté de dire ce qu’il pense et croît réellement. Par exemple dans le Gorgias: « Calliclès, tu es en train de démolir tout ce qui avait été dit auparavant et n’auras même plus les qualités requises pour chercher avec moi ce qui est vrai si tu te mets à dire des choses contraires à ce que tu penses. »

    L’elenchus est une méthode de réfutation qui ne peut établir qu’une certaine forme de vérité, celle relevant de la cohérence. Si l’ensemble des propositions avancées par l’interlocuteur ne se contredisent pas, et sont donc cohérentes, alors la thèse doit être tenue pour vrai en ce qu’elle vérifie le principe de non-contradiction, critère dirimant de toute cohérence. Quand Platon abandonne cette méthode, c’est que les temps changent dans la cité athénienne : la figure du sophiste émerge. Ce sophiste qui instrumentalise le langage pour en faire un instrument de manipulation et de contrôle des esprits. Pour Platon, le sophiste corrompt le langage et, ce faisant, l’éducation de la jeunnesse (c’est aussi le motif de la condamnation à mort de Socrate).

    ÉLÉOS : la Miséricorde. Déesse qui avait un autel sur le place publique d’Athènes. Ceux qui venaient implorer son secours embrassaient l’autel.

     

    ÉLÉPHANT DE GUERRE : les éléphants furent souvent utilisés par les anciens dans les batailles. Alexandre en ramena de l’Inde. Les Ptolémées et les Séleucides s’en servirent, et le gain de la bataille d’Ipsus fut dû aux éléphants de Séleucus, 301. Pyrrhus en amena en Italie, ils effrayèrent les Romainsà Héraclées, et mirent le désordre dans leur cavalerie par leurs cris et leur odeur. Les Carthaginois en avaient toujours un grand nombre, et Annibal en conduisit 25 en Italie, il perdit le dernier en traversant les marais de Clusium. Les Romains possédèrent des éléphants dans la guerre contre Philippe de Macédoine. Ces animaux étaient ordinairement placés en première ligne. Chacun était dirigé par un cornac à cheval sur le cou de la bête, et chargé d’archers ou de machines de guerre. Ils combattaient eux-mêmes, arrachant les palissades avec leur trompe, renversant les hommes et les foulant aux pieds. Souvent on protégeait leur tête et leur poitrail de plaques de fer. Quelque-fois même on leur donnait une cuirasse complète. Cependant les éléphants étaient peu redoutables pour des soldats expérimentés qui savaient les harceler à coups de flèches, leur lancer des brandons enflammés, les effrayer par le bruit des instruments, et tourner ainsi leur fureur contre l’armée qui les suivait. Aussi les Romains en firent-ils peu souvent usage. Dans les temps modernes, les éléphants de guerre ont continué, jusqu’au XIXe siècle, d’être employés dans l’Inde.

     

                

                                                                                                                    Éléphant de guerre carthaginois 

     

                           
                                              Charge des éléphants puniques à la bataille de Zama d'après Henri-Paul Motte 

     

    ÉLÉPHANTINE : Son nom égyptien Abou vient de Ab qui signifie à la fois « éléphant » et « ivoire ». Il semblerait d'après les textes anciens, que la ville fut un important centre de négoce de l'ivoire originaire d'Afrique. Île septentrionale de la première cataracte du Nil située en face d’Assouan. Dès l'Ancien Empire, les expéditions militaires vers la Nubie partaient de l'île Éléphantine. Fortifiée dès le IV è millénaire avJ.-C., Sount, la « ville des flots » bâtie au sud de l'île, servait dès l'Ancien Empire de poste douanier et de place d'échange commerciale avec le Sud. Les fouilles de ces dernières décennies on permis de dégager les ruines de la cité de l'Ancien Empire qui était abritée derrière une imposante muraille de briques crues.. Auparavant, les Égyptiens y rendaient un culte au prince Hékayeb. Base militaire, capitale du Ier nome de Haute-Égypte, pôle important de l’administration des carrières orientales de granit, elle servit les intérêts des rois Pépi Ier et Sésostris III lors des expéditions en Nubie. Après la prise de Jérusalem et l’arrivée des Perse en Égypte, une colonie juive s’installa sur l’île. On appelait Éléphantine « la ville au cœur du flot », car les théologiens pensaient que le gouffre sacré qui donnait naissance à la crue du Nil se trouvait tout près en amont. La triade vénérée sur cette île était composée du dieu créateur Khnoum, à tête de bélier, de la déesse Satis (Satet) “Maîtresse de l’inondation”, portant une couronne blanche et des cornes de gazelle et, Anoukis (Anouket), à la couronne élargie vers le haut, fille ou soeur de Satis. Dès les premières dynasties, l'île Éléphantine était au pouvoir des nomarques (princes) dont les sépultures, depuis IV è dynastie jusqu'à la XII è dynastie  se trouvent creusées dans le flanc de la colline qui borde la rive occidentale du fleuve.Ce sont des tombeaux rupestres, des hypogées, parfois composés de vastes chambres soutenues par des piliers et colonnes réservés dans la roche comme le tombeau double de Sabni et de Mekhou de la VI è dynastie. Le vaste tombeau de Sarenpout Ier, de la XIIè dynastie, est particulièrement remarquable.

     

                                      

     

                                                    

                                                                                  Le temple de Khnoum à Eléphantine

     

     

    ÉLÉPHÉNOR : fils de Chalcédon et de Mélanippé, ou d’Iménarète, l’un des prétendants d’Hélène. Prince des Abantes d’Eubée, il amena quarante vaisseaux devant Troie et périt de la main d’Agénor. Selon la version de Tzetzès, après la chute de Troie, il se rendit à Othronos dont il fut chassé par un dragon. Il alla alors s’établir à amantis en Illyrie.

     

    ÉLEUCHIE : une des Thespiades. Héraclès la rendit mère de Buléos.

     

    ÉLEUSINIES : fêtes célébrées tous les ans à Éleusis en l’honneur de Déméter et de Perséphone. On leur donnait le nom de mystère ou d’initiation. Déméter y était adorée sous le nom d’Achthéis. Le temple était impitoyablement interdit aux homicides, aux enchanteurs, aux épicuriens et aux étrangers. Les Éleusinies se divisaient en grands et petits mystères. Les premiers avaient lieu au mois de septembre, les seconds en février. On offrait des prières et des sacrifices pendant neuf jours. Les candidats aux mystères portaient à leurs pieds le dioscodion (toison de Zeus). Des ministres appelés hydranoi les assistaient dans leur purification. Un an après cette initiation, les mystes offraient un porc à Déméter et étaient admis à participer aux grands mystères. Le premier jour de cette initiation finale s’appelait Argomos, le second avait le nom d’Haladé Mystæ (la mère des initiés). Les candidats marchaient en procession jusqu’à la mer, le long de deux canaux (Reitoi) qui séparaient le territoire d’Athènes du sol d’Éleusis, et se purifiaient longuement. Au troisième jour, ils jeûnaient. Le soir, ils mangeaient des gâteaux de sésame. Le quatrième jour devait se dérouler la pompe sacrée du Calathos, ou corbeille de Déméter promenée solennellement sur un char. Le cinquième jour était celui des lampadophories (jour des flambeaux) ; les initiés défilaient une torche à la main en mémoire de Déméter cherchant sa fille sur le mont Etna. Le sixième jour, nommé Iacchos, on couronnait de myrte l’image d’Iacchos, fils de Déméter, et on le transportait du Céramique à Éleusis. Dans la nuit du sixième au septième jour, la véritable initiation avait lieu, consistant en scènes fantasmagoriques, en jeux de lumière et de ténèbres, en fracas de portes. On faisait voir aux époptes des fantômes à figures monstrueuses, des lueurs éblouissantes ponctuées par des hurlements et des roulements de tonnerre. Tout à coup les portes s’ouvraient et la statue de la déesse apparaissait au milieu d’une lumière éclatante. On appelait cet instant l’Autopsie, dernière cérémonie de l’initiation, à la fin de laquelle l’hiérophante pronoçait ces mots : « Komæ Ompax » (sens inconnu). Le septième jour, on célébrait des jeux couronnés d’un prix : une mesure d’orge. Le huitième jour, nommé Épidaurion, on initiait les retardaires. Le dernier jour, la fête portait le nom de Plémochoé (vaisseau de terre) : on renversait deux vaisseaux remplis de vin, l’un vers le levant, l’autre vers le couchant. L’hiérophante qui présidait à cette fête devait se vouer au célibat éternel. Assis sur un trône dans le temple, il était assisté du daduque, de l’hiérocéryce et de l’Épithome.

     

    ÉLEUSINES : fêtes célébrées tous les ans en l’honneur de Cérès et de Junon. Elles furent transportées d’Éleusis  à Rome sous le règne d’Adrien vers 120 et abolies par Théodose le Grand en 379.

     

    ÉLEUSIS : bourg de l’ancienne Attique au nord-ouest d’Athènes, près du golfe Saronique. Éleusis fut pillée au commencement de la guerre du Péloponnèse par Archidamos, roi de Sparte, puis par les trente tyrans. Périclès y avait consacré un temple à Déméter, qui fut détruit par Alaric, roi des Wisigoths. Éleusis était célèbre par les « mystères », auxquels on se préparait par le jeûne, la prière et la contemplation. Les initiés s’appelaient époptes ou voyants ; il y avait peine de mort contre celui qui dévoilait les mystères. Les rituels des mystères étaient toujours accomplis par les prêtres de Déméter. Parmi les plus connus d'entre eux, on retrouve Céléos et son fils Triptolème, à qui Déméter avait donné la tâche d'enseigner l'agriculture et de semer le blé sur Terre. Ce prêtre avait aussi institué les Éleusinies, fêtes associées au culte. Parmi les autres premiers prêtres se trouvent Dioclès, Eumolpos et Polyxène. On célébrait le culte dans le télestérion d'Éleusis. Les Grands mystères duraient neuf jours, d’après la durée de l’errance de Déméter à la recherche de sa fille. En septembre, avant l’automne, on se préparait aux cérémonies préliminaires qui se déroulaient à l’extérieur et qui sont donc mieux documentées. La première partie du rituel débutait par une procession durant laquelle on transportait des reliques sacrées (les hiéra) jusqu’à Athènes pour les placer dans l'Éleusinion, un sanctuaire à la base de l'Acropole. Les mystes (candidats dignes des mystères) se plongeaient dans la mer pour se purifier. Une période de jeûne s’écoulait avant que la procession de mystes suivent la statue d'Iacchos, les hiéra et les prêtres en direction d’Éleusis le long de la route sacrée. Dans le télestérion, après avoir rompu le jeûne en consommant le kykéôn (nourriture à base de blé), le rite secret d’initiation avait lieu et les mystes recevaient des révélations des initiés et accédaient au salut et à la vie après la mort.

     

                                                    
                                                              Demeter et Perséphone accueillant une procession

     

                      

                                                                                 Pan d'Éleusis

     
    1: arc de triomphe 2 : puits Kallichoros 3 : grands Propylées 4 : petits Propylées 5 : degrés dans le rocher
    et autel
    6:Télestérion,
    où se passait l'initiation.
    7:Anactoron
    (?)
    8 : Portique dit "de Philon" 9 : espace où sont
    de nombreuses bases inscrites
    10:musée

     

                                                                                                                 

    ÉLEUSIS : fils d’Ogygès ou d’Hermès et de Daïra. Il épousa Cothonée.

     

    ÉLEUTHER : fils d’Apollon et d’Æthusa. Père de Jason. Il fut le premier à élever une statue en l’honneur de Dionysos.

     

    ÉLEUTHÈRE (Saint) : 12ème pape, 177-192, fut aidé par Saint Irénée, docteur de Lyon, dans sa lutte contre les montanistes, et envoya les missionnaires Fugacius et Damien dans la Grande-Bretagne pour y prêcher la foi. On l’honnore le 26 mai. Pape pendant une courte période de paix au temps de la persécution de l'empereur Commode. D'origine grecque, il reçut saint Irénée de Lyon qui n'était encore que prêtre pour aborder avec lui la question de l'hérésie montaniste et la question d'une hiérarchie charismatique et non pas institutionnelle.

     Eleuthère, né à Nicopolis en Grèce, fut d'abord diacre du pape Anicet, et goureras ensuite l'Eglise sous l'empire de Commode. Au commencement de son pontificat, il reçut des lettres de Lucius, roi des Bretons, qui le suppliait de l'admettre ainsi que ses sujets au nombre des chrétiens. Eleuthère envoya donc dans la Grande-Bretagne Fugacius et Damien, personnages doctes et pieux, pour enseigner la foi à ce prince et à sa nation. Ce fut aussi sous son pontificat que saint Irénée, disciple de saint Polycarpe, vint à Rome , où il fut accueilli avec une grande cordialité. L'Eglise Jouit d'une grande paix et d'un profond repos sous Eleuthère, et la foi taisait de grands progrès dans le monde entier, principalement à Rome. Il exerça le pontificat quinze ans et vingt-trois jours, et fit trois ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa douze prêtres, huit diacres et quinze évêques pour divers lieux. Il fut enseveli au Vatican près du corps de saint Pierre.

     

                                                                                       

     

     

    ÉLEUTHÈRE (Saint): il est très difficile de le replacer dans le contexte historique. Il semble  qu'il faisait partie d'un groupe de sept évèques envoyés par Rome au IIIè siècle pour évangéliser le pays. Il ne semble pas qu'il y ait de textes de l'époque qui étayent cette version bien qu'elle soit encore la plus crédible des trois. L'histoireLorsque Denis arriva à Paris, il y eut de nombreuses conversions au christianisme au point que les prêtres des autres religions s'en inquétèrent. Ils demandèrent donc l'intervention de l'empereur Domitien à Rome qui envoya des troupes à Paris. Denis et deux de ses compagnons (saint Rustique et saint Éleuthère) sont arrêtés avec de nombreux chrétiens et présentés au prévôt Sisinnius Fesceninus. Celui-ci leur demande de se soumettre à l'autorité de l'empereur mais les trois prêtres refusent. Les tortures n'y faisant rien, le prévôt ordonne finalement leur exécution au sommet de la butte Montmartre (à l'extérieur de la ville donc). En fait les légionnaires n'attendront pas d'arriver au sommet mais décapiteront Denis à mi-chemin de la pente. Les corps devaient ensuite être jetés dans la Seine mais une femme chrétienne s'en empara (vraisembleblement la Catulla dont il est fait mention dans la légende, voir ci-dessous) et les inhuma selon les rites chrétiens. Selon certains textes, il semblerait qu'un bon nombre de chrétiens fût massacré dans la ville et alentours au moment de l'exécution du saint. La légendeLes détails de l'histoire de saint Denis apparaissent vers le Vè siècle et sont souvent utilisés par la prêtrise parisienne au fil des siècles qui suivent. La version habituelle de la légende est celle qui figure dans la Vie des Saints de Jacques de Voragine (XIIIè siècle). La voici à quelques détails près: Denis, Éleuthère et Rustique sont arrêtés dans une carrière du faubourg Saint-Jacques. Ils sont incarcérés dans la prison de Glaucus (située au niveau de l'actuel marché aux fleurs sur l'île de la Cité). Ils sont ensuite torturés à la pointe amont (est) de l'île puis condamnés à être décapités devant le temple de Mercure (au sommet de la butte Montmartre). Les soldats renonçant à monter jusqu'au sommet exécutent leurs victimes à mi-chemin de la pente (au niveau de l'actuelle rue Yvonne-le-Tac, 18è arrondissement). Une fois décapité, saint Denis se relève, ramasse sa tête et continue à grimper la butte guidé par un ange. Il fait une pause pour laver sa tête à une source puis poursuit sa route jusqu'à l'actuelle ville de Saint-Denis (6 km quand même) où il tombe finalement aux pieds de la veuve Catulla. Celle-ci le fait enterrer et du blé pousse immédiatement sur sa tombe. Sainte Geneviève y fera édifier une basilique au Vè. La basilique Saint-Denis.

     

                      

                     Martyre de saint Denis, saint Rustique,                            Chapiteau de l'arrestation de Denis,     

        saint Eleuthère et sainte Laërtia. Livre d'heures. XIVe.     Rustique et Eleuthère à la basilique Saint-Denis.

     

    ÉLEUTHÈRE : Saint Éleuthère, né aux environs de 456, fut sacré évêque de Tournai à l'âge de trente ans par saint Remi de Reims. C'était en 486. Il dut d'abord affronter une très forte hostilité de la part d'une population redevenue païenne dans le désordre des invasions barbares. Mais Éleuthère arriva à s'imposer par sa patience, ses prières et des miracles. Le lendemain du baptême de Clovis, il baptisa à Tournai un grand nombre de païens.Mais l'hostilité restait toujours latente. Un jour, il fut attendu à la sortie de son église et roué de coups. Il mourut quelques jours plus tard, des suites de ses blessures, le 20 février 531.

     

    ÉLEUTHÉRIES : fêtes en l’honneur de Zeus. On les célébrait à Platée.

     

    ÉLEVAGE : à la fin du Néolithique (6000-5500), les Égyptiens avaient déjà domestiqué la plupart des animaux. L’élevage était d’autant plus important queles déserts n’existaientpas. De part et d’autre de la vallée du Nil s’étendaient des steppes semblables à celles de la Mongolie d’aujourd’hui. Dans ces vastes zones herbeuses, les Égyptiens élevaient pêle-mêle bœufs, gazelles, antilopes, oryx, moutons, porczs et mouflons. À la fin du Moyen Empire, vers 1600 av. J.-C., les Égyptiens renoncèrent à la domestication des animaux sauvages. À cette époque, la steppe avait disparu et le désert progressait rapidement, isolant çà et là quelques terres à pâturage. Vers 2300 av. J.-C., les troupeaux étaient déjà semblables à ceux qu’on rencontre aujourd’hui dans la vallée du Nil. Aux bœufs et aux moutons, dont les Égyptiens faisaient grande consommation, vinrent s’ajouter les chevaux à partir de 1700 av. J.-C., mais ces derniers, appelés « les beaux », ne furent jamais menés à l’abattoir.

    Boeufs: La domestication des animaux en Egypte a probablement débuté dès le Néolithique. Sous l’Ancien Empire (de –2278 à –2260). Ce pays a vu cohabiter deux espèces de bœufs. Le bœuf ioua (ou Bos Africanus de son nom savant) n’était pas un animal de travail. Il était destiné exclusivement à la boucherie. Il semble que les Egyptiens n’aient pas réussi à l’élever et qu’ils l’importaient par bateaux entiers de la Nubie supérieure avant de les engraisser dans des étables. La seconde espèce était celle du bœuf neg, encore présent aujourd’hui dans une grande partie de l’Afrique. Bien acclimatés au climat de la vallée du Nil, ces bœufs paissaient en de larges troupeaux dans les prairies du delta. Pendant les grosses chaleurs, les bergers qui encadraient ces troupeaux les emmenaient se baigner dans les eaux profondes du Nil tout en écartant les crocodiles grâce à des formules magiques.
    Bœufs et vaches supportaient facilement d’être assujettis au travail. Leurs tâches étaient cependant assez strictement réparties. Les vaches tiraient les charrues et labouraient, tandis que les bœufs étaient utilisés comme animaux de trait et déplaçaient les lourds traîneaux chargés de grosses pierres nécessaires à la construction des temples et bâtiments officiels.
    Les manuscrits, peintures murales et sculptures égyptiennes nous ont permis de définir le régime alimentaire des sujets de Pharaon. La base de leur alimentation était constituée de céréales, consommées sous forme de pain, de légumes, de produits laitiers (dont le beurre) et de bière. Ils ne mangeaient pas de la viande tous les jours, et les animaux les plus couramment consommées étaient le mouton, le poisson, les volailles et le porc. Le bœuf était, quant à lui, réservé pour les occasions spéciales : fêtes familiales, fêtes religieuses, etc…
    Les recettes égyptiennes de bœuf sont méconnues. Cependant, on sait qu’ils étaient friands d’épices et qu’ils pratiquaient tant le braisage que les grillades ou la cuisson à la vapeur.

     

          

                 Extension de l'agriculture en 10 000-9500 Av J.-C.                                    Bouvier égyptien conduisant son boeuf

     

                                  

                                                                      Scène champêtre, tombe de Sennedjem

     

    ÉLIACIN : roi de Juda, fils de Josias, fut placé sur le trône par le roi d’Égypte, Néchao, 608 av. J.-C., fait prisonnier par l’armée de Nabuchodonosor et transporté chargé de chaînes à Babylone. Il avait régné 11 ans.

     

    ÉLIDE : pays du Péloponnèse. Sur sa frontière était le mont Érymanthe. Ses villes principales furent Pise, Pylos et Élis. Près de pise se trouvait la célèbre plaine d’Olympie, où la Grèce entière se réunissait tous les quatre ans pour la célébration des jeux olympiques. L’Élide fut d’abord habitée par les Épéens, puis par les Étoliens venus avec les Héraclides.

     

                                                                     

     

                    
                                                                                   Olympie en Élide

     

     

    ÉLIE : prophète hébreu, né à Thisbé, vivait sous le règne d’Achab, vers l’an 900 av. J.-C. Il annonça à l’impie Achab une sécheresse terrible, se retira dans le désert de Kérith, où il fut nourri par des corbeaux, multiplia l’huile et la farine de la veuve de Sarepta, qui l’avait reçu, et ressuscita son fils. Il confondit sur le Carmel 360 faux prophètes qu’il fit mettre à mort par le peuple.Environ six ans plus tard, il met en garde Achab et Jézabel d'un risque de mort violente après que Jézabel ait manœuvré pour s'accaparer la vigne d'un certain Naboth dont elle provoqua la mort par lapidation en le livrant à la foule. Les royaumes d'Israël et de Juda s'allient pour faire la guerre à la Syrie. Au cours d'un combat, Achab est tué. Son fils Achazia lui succède et commet les mêmes fautes aux yeux d'Élie. Sur l’ordre de Dieu, il oignit Hazael, roi de Syrie, Jéhu roi d’Israël et Elisée pour prophétiser à sa place. Sur les bords du Jourdain, il fut enlevé au ciel dans un tourbillon, en laissant son manteau à Elisée.

     

                           

     

     

    ELITOVIUS : chef des Cénomans, il appuya les troupes du roi Bellovèse lors de l’invasion de l’Italie au début du IVe siècle av. J.-C.  Ils seront plus tard les fondateurs de Crémone et de Mantoue. On sait par ailleurs que les Cénomans participèrent au pillage de Rome, avec d'autres peuplades de Gaule, en -390. Plus aucun vestige du passé celtique visible ne subsiste au Mans. La tradition veut que l'oppidum ayant pré-existé à toute ville ait été situé à l'emplacement actuel du vieux-Mans.

     

                                  

     

     

    EL-KAB : voir NÉKHEB et EILEITHYASPOLIS.

     

    EL-KÔLAH : pyramide érigée vers 2800 av. J.-C., elle est située non loin d’El-Kab.

     

                                                                       

     

     

    ELLYCHNIUM : mot grec désignant la mèche d’une chandelle ou d’une lampe à huile. Cette mèche était fabriquée à partir de la moelle d’un roseau ou de fibres de lin, quelquefois de papyrus.

     

    ELPÉ : fille du cyclope Polyphème. Enlevée par Ulysse et rendue à son père par les Lestrygons.

     

    ELPÉNOR : compagnon d’Ulysse. Il fut changé en pourceau par Circé. Rendu à sa forme humaine, il s’endormit sur le toit de la maison de la magicienne et se tua en tombant. Ulysse descendu aux enfers rencontra son ombre qui le supplia de brûler son corps et de lui ériger un monument.

     

                                                  
                                                               L'ombre d'Elpénor apparaît à Ulysse
                                                            Pelike à figures rouges (vers 440 avant JC)

     

     

    ÉLYCÈS : un des compagnons de Phinée. Persée le tua.

     

    ÉLYMOS : troyen. Frère d’Éryx. Fils naturel d’Anchise. Il se rendit en Sicile et s’y établit avec Ségeste sur les bords du Crimisos.

     

    ÉLYSÉES ou CHAMPS ÉLYSÉES : séjour des ombres vertueuses après la mort. Plutarque le plaçait  au centre de la terre. Virgile supposait qu’après un séjour de mille ans dans ce paradis, les âmes buvaient l’eau du fleuve Léthé et venaient habiter d’autres corps. Les murs de l'Élysée, où les vivants ne peuvent pénétrer sans le talisman du rameau d'or, auraient été dressés par Vulcain et les Cyclopes. « pour la description des Champs-Élysées, Virgile ne possédait pas la riche matière de légendes qu'il a utilisée pour le Tartare ; il existait cependant des traditions, surtout celle d'un splendide jardin des dieux, situé aux extrémités de la terre, tantôt au nord, tantôt à l'est, tantôt à l'ouest; Virgile le fait confiner à la partie des Enfers qu'il vient de décrire. La beauté de ce jardin consiste principalement dans la radieuse lumière qui l'inonde ; sur ce fond lumineux, se profilent deux traits, l'un grec, venu peut-être d'un thrène de Pindare dont nous possédons quelques fragments : la joie des sports et des danses en plein air ; l'autre romain, attesté par Lucrèce, Horace et d'autres : les plaisirs simples du repos et du commerce entre amis dans une campagne ombragée et arrosée ».

     

                                 
                                                                  Enfers: Tartare, Styx et Champs Élysées

     

             

    ÉLYSYCES : Celtes qui s’établirent dans la région de Narbonne et de Béziers.

     

    ÉMAIN MACHA : aujourd’hui Navan Port. Capitale des Ulates. Résidence de Conchobar.

     

    ÉMANCIPATION : acte par lequel les anciens Romains plaçaient les enfants hors puissance de la paternelle. En présence de sept citoyens, le père faisait par trois fois la vente fictive de son fils à un ami qui l’affranchissait autant de fois. Dès lors le fils était de la main (e manu) de son père. Sous l’empereur Anastase, il suffit, pour émanciper, d’un rescrit impérial, et, sous Justinien, d’une déclaration du père devant un magistrat. Dans nos lois, l’émancipation est un acte qui donne à un mineur la libre disposition de ses biens et l’affranchit de la tutelle. Sous l’ancien régime, elle avait lieu par lettres royaux, à partir de 17 ans, ou parmariage, comme aujourd’hui.

     

    ÉMATHIDES : nom des Piérides, filles de Piéros, roi d’Émathie.

     

    ÉMATHION : fils de Tithon et de l’Aurore. Frère de Memnon. Il régna sur l’Arabie et fut tué par Héraclès.

     

    EMBAUMEMENT : opération qui consistait à momifier les morts afin que les divers éléments du corps humain ne puissent pas se disperses et disparaître. Par l’embaumement, le défunt pouvait retrouver son intégrité physique dans l’au-delà. Il s’agissait d’abord d’extraire le cerveau par les narines à l’aide d’un crochet de fer, puis on vidait le corps de ses viscères avant de la purger au vin de palme. Le ventre était rempli de myrrhe et d’aromates avant d’être recousu. Venait ensuite la longue immersion du corps préalablement salé dans le natron. Au bout de soixante-dix jours, desséché par ce bain déshydratant, le cadavre subissait un lavage avant d’être enveloppé de bandes de gaze enduites de gomme (lorsque la famille avait les moyens de payer une telle opération). Les bandes pouvaient atteindre plusieurs centaines de mètres. Au fur et à mesure de l’enroulement, des amulettes protectrices étaient glissées entre les épaisseurs de gaze. Avant d’enfermer la momie dans son sarcophage, on recouvrait le visage d’un masque plus ou moins réaliste.

     

                         

     

                                            

     

                                              

     

               

     

     

    EMBAUMEURS : comme tous les corps de métiers égyptiens, celui des embaumeurs était très hiérarchisé. Au sommet de l’échelle, on trouvait le prêtre lecteur chargé d’assurer le rituel d’Osis=ris en récitant les formules religieuses. Sous cet officiant, il y avait le préposé au secret de l’atelier d’embaumement, l’embaumeur d’Anubis, les chanceliers du dieu et les embaumeurs « out ».

     

    EMBOLIARIA : actrice qui intervenait entre les actes d’une pièce de théâtre pour amuser le public.

     

    ÉMER : le Mille-feuille. Fille du roi Forgall le Rusé. Destinée par le roi Conchobar à Cuchulain, elle exigea de ce dernier qu’il cesse ses relations avec la belle Fand.

     

    EMERITI : soldat qui prenait sa retraite. Ce départ ne pouvait être effectif qu’au bout de vingt ans pour une légionnaire et après seize ans de service actif pour un prétorien.

     

    EMÈSE ou EMATH : sur l’Oronte, ancienne ville de la Cœlé-Syrie ou Syrie creuse, aujourd’hui Homs. Elle avait un temple du Soleil, où le dieu était représenté par une pierre noire conique, et dont Héliogabale fut grand-prêtre. Elle eut une influence mineure sous les rois  Sampsigeramos I (-69/-43),  Jamblique I (-43/-31), Alexandre (-31/-29) à la fin de ce règne, elle passa sous administration romaine avec Jamblique II(- 20/11),  Caius Julius Sampsigeramos II( 11-42), Iotape I, fille de Sampsigeramos II,  Aristobulus II, epoux de Iotape I, Caius Julius Azizus (42-54), Caius Julius Sohæmus(54-73), Caius Julius Alexio(73-78), Caius Julius Sampsiceramus III Silas(79-120)...

     

                             

                                     

    Monnaie de L'Empereur Romain Élagabal

    (ou Elagabalus) frappée à Émèse

     

     

    ÉMILE (PAUL) : élève de Fabius Cuncactor. Nommé consul avec Terentius Varron, il ne put juguler la témérité de ce dernier qui livra sans préparation la bataille de Cannes en 216 av. J.-C. contre Annibal. Paul Émile y trouva la mort.

     

    ÉMILE (PAUL) : fils du précédent (230-160 av. J.-C.). Préteur en Espagne, impopulaire, il triompha des liguriens et fut chargé à soixante ans de la guerre contre Persée. Il conquit la Macédoine par la victoire de Pydna en 168, fit prisonnier le roi dans l’île de Samothrace et ramena tant de trésors à Rome que le sénat dispensa les citoyens d’impôts pendant un siècle. Ayant perdu ses deux fils, il ravagea l’Épire, vendit 150 000 Épirotes comme esclaves et emmena en otage 1 000 Achéens.

     

    ÉMILIEN (CAIUS MARCUS AEMILIANUS) : . Gouverneur de Pannonie et de Mésie sous Trebonianus Gallus, il fut proclamé par ses troupes, battit Gallus qui fut massacré avec son fils Volusianus à Interamma. Originaire de la province de Maurétanie (Algérie) où il naquit au début du IIIème siècle, Émilien exaspéré par l'attitude des Goths qui ne respectent par leurs engagements et menacent la Grèce et l'Asie Mineure, franchit le Danube et inflige une sévère défaite aux barbares qui sont mis en déroute. L'armée acclamera le nouvel homme fort et le désignera empereur en 253. La légion balkanique marchera alors sur Rome et fera la jonction avec les troupes de Trebonianus Gallus devant la ville de Spolète en mai 253. L'affrontement n'aura pas lieu. Le vieux sénateur Valérien, admirateur de l'empereur Dèce et fidèle à son successeur légitime Trebonianus Gallus, rejoint l'Italie à la tête des armées de Gaule et de Germanie qui devaient empêcher la prise de pouvoir par Emilien. Arrivé trop tard pour sauver l'empereur déchu, il se fait proclamer empereur par ses troupes devant Spolète toujours aux mains des troupes d'Emilien. Les soldats de l'empereur Gallus, amadoués par les récompenses que le "Vainqueur des Goths", Emilien, avait promises si ils se ralliaient sa cause, l'égorgeront ainsi que son fils Volusien, son héritier, avant le début des combats.

                                                                 



    ÉMILIEN : général romain qui prit le titre d’empereur pendant l’anarchie militaire du règne de Gallien. Il fut d'abord préfet de la poste des trois Gaules, procurateur des trois ports égyptiens de Péluse, Alexandrie et Parætonium, et procurateur des deux ports italiens de Porto et d'Ostie. Il régna sur l’Égypte de 259 à 268. Théodote, le lieutenant de Gallien, le fit prisonnier et on l’étrangla dans sa prison de Rome.

     

    ÉMILIENNE (VOIE) : construite par le censeur Aemilius Scaurus en 110 av. J.-C., elle prolongeait la voie Flaminienne d’Ariminium à Aquilée. Elle donna son nom à la province d’Émilie qu’elle traversait.

     

                             

                                                                                  Voies romaines en Italie

     

     

    ÉMISSAIRE (EMISSARIUM) : du latin emittere, faire écouler. Les Romains appelaient ainsi un canal destiné à faire écouler les eaux d’un lac. Les principaux étaient ceux du lac d’Albe et du lac Fucin. Ce dernier fut exécuté par Claude, et Pline dit que 30.000 hommes y furent employés pendant 10 ans.

     

    EMPALEMENT : selon Diodore de Sicile, les Celtes emprisonnaient les brigands, les voleurs et autres criminels pendant une période de cinq ans. Ce temps écoulé, ils les empalaient en l’honneur de leurs dieux avant de les brûler sur d’immenses bûchers couverts d’offrandes.

     

                                                                  

     

     

    EMPÉDOCLE : philosophe grec, né à Agrigente. Il vécut vers 450 av. J.-C. Chef du parti populaire, il chassa Thrasidée, tyran d’Agrigente, et refusa la souveraineté. Législateur, poète, médecin, il fut regardé comme un magicien et un dieu. Il ne paraissait en public qu’avec un vêtement sacerdotal, les cheveux flottants, portant la couronne. Après la prise d’Agrigente par les Carthaginois, il se retira dans le Péloponnèse. Une tradition rapporte qu’il se jeta dans le cratère de l’Etna afin de cacher sa mort et de passer pour un dieu, mais que le volcan rejeta ses sandales d’airain. Empédocle avait écrit trois poèmes : Sur la MédecineSur la Nature et Sur les expiations. Il nous reste à peu près 500 vers sur les deux derniers. Libre disciple des pythagoriciens et des éléates, il emprunta à ceux-ci leur théorie de la transmigration et aux autres les idées que rien ne vient de rien, que la connaissance humaine est opposée à la connaissance divine et que l’anthropomorphisme est une puérilité.

    Empédocle s'inspira de plusieurs autres philosophes tel qu'Héraclite ou encore de Pythagore ; il est donc appelé " éclectique ".
    Il est célèbre pour sa théorie des quatre éléments : l'air, la terre, l'eau, le feu. Il prit aux Ioniens cette théorie matérialiste ; et aux Eléates, l'idée que ces éléments sont confondus dans l'unité du tout. Celle-ci a connu un certain succès jusqu'à l'époque de la chimie moderne. C'est au milieu de Ve siècle av. J.-C. qu'Empédocle tente de concilier la permanence des substances avec le changement perpétuel des apparences de l'Univers. Pour lui ce qui nous apparaît comme le commencement ou la fin d'un être n'est qu'une illusion ; en réalité, il n'y a rien que mélange, réunion de plusieurs substances. Les éléments dont toutes les choses sont composées consistent en quatre substances différentes incréées et impérissables (eau, terre, feu, air). Les quatre éléments répondent aux apparences et aux états de la matière. Par exemple la Terre est le principe et le support de l'état solide et de la sécheresse. L'Eau, elle, est le principe et le support de l'état liquide et du froid. L'Air, celui de l'état volatil et gazeux. Et enfin, le Feu répond à la fois à la notion de fluide léger, support symbolique de la lumière, de la chaleur, des affinités.Tels étaient, pour Empédocle et ses successeurs, les éléments de l'Univers. Il importe d'observer que si leurs mélanges et leurs combinaisons produisent tous les naturels, les éléments de base, dans le système, ne sont pas susceptibles d'être transformés : ils subsistent par eux-mêmes et ne peuvent se changer les uns en les autres. Cette doctrine a donné naissance à une école médicale, connue sous le nom de Philistion où les propriétés des éléments - le chaud du Feu, le froid de l'Air, l'humidité de l'Eau, le sec de la Terre - sont considérées comme forces actives dont une certaine combinaison dans l'organisme produit, par exemple, la santé, le degré d'intelligence et les divers tempéraments ou caractères. 
    Extrait des fragments d'Empédocle: Car étroitement limitées sont les forces qui sont répandues sur les parties de leurs corps, et nombreux sont les maux qui fondent sur eux et émoussent le tranchant de leurs soucieuses pensées ! Ils ne voient qu'âne faible mesure d'une vie qui n'est pas une vie, et, condamnés à une prompte mort, ils sont enlevés et se dissipent comme une fumée. Chacun d'eux est instruit de cela seulement qu'il a rencontré par hasard au gré de ses errements, et il ne se vante pas moins dans sa frivolité de connaître le tout. Tant il est difficile que ces choses soient vues par les yeux ou entendues par les oreilles des hommes, ou saisies par leur esprit. Toi donc, puisque tu as trouvé ton chemin jusqu'ici, tu apprendras, mais non plus que l'esprit mortel ne possède de force.

     Mais, ô dieux, détournez de ma langue la folie de ces hommes. Sanctifiez mes lèvres et faites couler d'elles un fleuve pur ! Et toi, très courtisée Muse, vierge aux bras blancs, je te supplie de me faire entendre ce qui convient aux enfants d'un jour ! Fais-moi avancer dans ma voie dès la demeure de la Sainteté et pousse mon char docile ! Des couronnes de gloire et d'honneur de la main des mortels ne te forceront pas à les soulever du sol, afin que, dans ta fierté, tu parles au-delà de ce qui est équitable et droit et que tu gagnes ainsi un siège sur les hauteurs de la sagesse. Commence maintenant, considère de toutes tes forces de quelle manière chaque chose est claire. N'accorde pas à ta vue un trop grand crédit en comparaison de ton oreille, et n'estime pas ton oreille qui résonne au-dessus des claires instructions de ta langue ; et ne refuse ta confiance à aucune des autres parties de ton corps par lesquelles il y a un accès à l'intelligence ; mais considère toute chose de la manière qu'elle est claire. 

                                                             

     

    EMPEREUR (impérator) : était le titre d’un magistrat qui avait, dans sa province, le commandement d’une armée, imperium. Il avait le pouvoir absolu que donnent les lois militaires et la présence de l’ennemi. Les soldats sous ses ordres juraient d’obéir à tous ses commandements, jurabant in verba. Souvent les troupes saluaient de ce nom le général après une victoire, et il le gardait comme un titre d’honneur. Auguste s’étant fait conférer à perpétué le pouvoir proconsulaire dans toutes les provinces frontières, et le commandement de toutes les troupes de la république, il se trouva le seul magistrat qui fut in imperio, qui eût la dignité d’imperator. C’est pourquoi ce titre lui fut donné plutôt que celui des autres magistratures dont il était revêtu. Le povoir proconsulaire ou imperium fut l’essence même du pouvoir impérial romain. En effet, aucune des magistratures urbaines, consulat, tribunat, censure ou pontifical, ne donnait le droit de s’entourer d’une garde et de condamner les citoyens à mort. C’est là des droits qui n’appartenaient qu’aux proconsuls dans leurs provinces. Auguste et ses successeurs se bornèrent à rendre le pouvoir poroconsulaire perpétuel et à l’étendre à toutes les parties de l’État. Le peuple romain souffrit à son tour le despotisme que les magistrats républicains avaient fait peser sur les nations soumises. Néron fut un Verrès qui, au lieu de la Sicile, avait Rome et le monde à gouverner.

     

    EMPIRICUS  MARCELLUS (SEXTUS) : philosophe du commencement du IIIe siècle de notre ère. Il était médecin de l’école empirique, c’est-à-dire expérimentale, d’où lui vient son surnom. Il a exposé l’abrégé de la doctrine des sceptiques dans les trois livres de ses Hypolyposes pyrrhoniennes, et a écrit 11 livres contre les Mathématiciens. Il a pour principe qu’il faut éludier les doctrines opposées, en examiner les arguments qui sont d’ordinaire aussi solides d’un côté que de l’autre, et, par conséquent, se garder de nier ou d’affirmer rien. Il a poussé les pyrrhonisme jusqu’à ses dernières limites. Les livres de Sextus Empiricus ont été publiés avec traduction latine par Struve, Kœnigsberg, 1823, et par Bekker, Berlin, 1842.

    Extrait De la Médecine. Notice sur Marcellus ( Louis Baudet): Marcellus, surnommé l'Empirique, naquit vers le milieu du IVe siècle, à Bordeaux peut-être ou à Bazas, mais bien certainement dans la Gaule. L'histoire de ses premières années est demeurée inconnue. A l'exemple de son compatriote Julius Ausonius, qu'il s'était sans doute proposé pour modèle, cet homme, dont Libanius vante les qualités de l'âme non moins que le savoir, et que Suidas appelle « un monde de toute sorte de vertus, ou, pour mieux dire, une vertu vivante, » semble ne s'être adonné à l'étude de la médecine que pour le plaisir d'être utile, et non dans l'intérêt de sa fortune ou de son ambition. Comme il ne faisait pas profession de médecin, qu'il n'en accepta pas le nom, dont il était digne pourtant et qu'on lui donna plus tard, la première moitié de sa vie, partagée entre le travail et les soins qu'il prodiguait sans éclat, s'écoula dans une modeste obscurité. Mais à la fin, son habileté, ses succès nombreux firent du bruit dans le monde : les services qu'il rendit, dans plusieurs maladies graves, à quelques familles considérables par leur opulence ou leur crédit, attirèrent sur lui, non moins que la renommée de son mérite et de sa probité, les regards de l'empereur. Appelé à la cour de Théodose, il fut nommé maître des offices, et il exerçait encore cette charge en 395, la première année du règne d'Arcadius. Mais l'eunuque Eutrope, qui, selon l'expression de Zosime, « dominait cet empereur comme une bête, » déposséda Marcellus de cet emploi, pour le donner à l'Espagnol Osius, son favori, dont Claudien a tracé un si plaisant portrait. Dépouillé de ses honneurs, Marcellus reprit l'exercice de la médecine ; et quelques années après, parvenu à une extrême vieillesse, il rédigea, sous le règne de Théodose II, au commencement du Ve siècle, son traité de Medicamentis, c'est une liste de tous les remèdes qu'il avait pu recueillir dans ses lectures et dans le cours de ses voyages. Les médecins modernes se sont beaucoup moqué de ces remèdes, bien ridicules sans doute pour la plupart, et qui ne devaient leur efficacité qu'au hasard ou à la confiance inspirée par le médecin à ses malades : car il faut croire qu'il en était alors comme aujourd'hui, où c'est souvent encore la foi qui sauve. Quoi qu'il en soit, il est prouvé que Marcellus obtenait de ses traitements d'heureux résultats, et le noble but qu'il se proposait en composant son recueil mérite plutôt des éloges que des railleries. Car ce n'était point par une vaine ambition de gloire scientifique ou littéraire qu'il écrivait ce traité. Après une longue vie consacrée à bien faire, il voulut, avant de mourir, laisser à ses enfants, qu'il n'avait eus que dans un âge assez avancé, et qu'il n'avait pas le temps de former à ses leçons, le secret de continuer ses bonnes œuvres et les moyens d'imiter son exemple. Il faut lire l'épître dédicatoire qu'il leur adresse : la sagesse de ses conseils, l'esprit de bienveillance et de charité toute chrétienne qui respire dans cette belle page, donneront, je crois, une heureuse idée de son caractère : et, si la médecine était mauvaise et prêtait à rire, on reconnaîtra, du moins, que le médecin valait mieux qu'elle, et qu'il avait droit à l'estime des hommes et au respect de la critique.

    Lettre de Marcellus à ses fils: Imitant l'exemple de ces hommes zélés, qui, bien qu'étrangers aux règles de la médecine, ont néanmoins porté de ce côté leurs nobles sollicitudes, j'ai écrit, d'après les empiriques, avec l'exactitude et le soin dont je suis capable, ce livre qui renferme des préparations de remèdes physiques ou fondés sur le raisonnement et des observations recueillies de part et d'autre. Car toutes les recettes utiles à la santé comme à la guérison des hommes, qui m'ont été enseignées par d'autres, ou dont l'efficacité m'a été démontrée par l'expérience, ou que mes lectures m'ont fait connaître, toutes ces notes éparses et détachées, je les ai recueillies, et, comme Esculape les membres déchirés et dispersés de Virbius, je les ai rassemblées en un seul corps. Outre les anciens traités sur l'art de guérir, écrits seulement en latin, tels que les ouvrages des deux Pline, d'Apulée, de Celse, d'Apollinaris, de Désignatianus, et de quelques autres plus voisins de notre époque, personnages illustrés par les honneurs, nos concitoyens et nos ancêtres, tels que Siburius, Eutropius et Ausonius, que j'ai consultés et mis à profit; les paysans et les gens du peuple m'ont appris encore plusieurs remèdes simples et dus au hasard, mais éprouvés par l'expérience. Je me suis fait un pieux devoir, car je connais les besoins de l'infirmité humaine, fils bien-aimés, d'employer mon travail et mes veilles à vous transmettre ces instructions; et je prie avant tout la miséricorde divine que vous ne sentiez jamais la nécessité, pour vous ou pour les vôtres, de recourir à ce recueil ; mais que pourtant, si vous vous trouviez forcés de pourvoir à votre conservation et d'affermir votre santé, vous rendiez grâce alors à mon travail, à mon zèle, qui vous procurera, sans l'intervention du médecin, les secours nécessaires et la guérison. Ces bienfaits de la science, vous devez, par un sentiment d'amour réciproque et de charité humaine, les communiquer à tous les malades, amis, connus ou inconnus, et surtout aux étrangers et aux pauvres, parce que l'assistance qu’on prête à un hôte malade, à l'étranger, à l'indigent, est plus agréable à Dieu et plus honorable aux yeux des hommes. Je vous recommande expressément, quand vous aurez des remèdes à préparer, de ne point les composer sans appeler un médecin, de peur de négligence ou de légèreté. Car, bien que j’aie désigné avec la plus grande attention la nature des drogues et leur dose pour chaque remède; bien que j'aie placé en tête de ce livre les signes des mesures et la valeur des poids d'après la tradition des Grecs et la pratique des anciens médecins, et que j’aie donné cette explication non seulement, en latin, mais en grec, néanmoins il est important que ces mesures soient vérifiées par de plus habiles et souvent corrigées, et que les remèdes, une fois composés ou préparés, soient toujours tenus cachetés : car un accident imprévu ou les efforts secrets de la malveillance pourraient altérer ces préparations bienfaisantes et régulières, faire du remède un poison, d'un mélange salutaire une combinaison mortelle, et on accuserait la médecine, quand la prudence seule aurait été en défaut. En résumé, la composition de mes recettes est bonne, mais j'ai dû vous avertir; que cela suffise : c'est à vous de songer à votre santé et à mes recommandations. J’ai ajouté à cet ouvrage, pour qu’il fut complet, les lettres de ceux dont le zèle a servi d'exemple, comme je l'écrivais tout à l'heure : leur lecture pourra vous donner du goût pour une science nécessaire, et des ressources pour votre conservation. Je me suis amusé aussi a présenter par ordre, en quelques vers, la liste des mixtions et des substances. Ce n'est pas que les vers prêtent quelque valeur au sujet; mais le lecteur qui consultera cet ouvrage se laissera charmer par la poésie et séduire par mes souhaits pour son bonheur. J'ai placé cet opuscule à la fin de ce livre, pour cIore, par un écrit de ma facon; ce recueil rédigé par mes soins, et en même temps, pour que les nombreux feuillets qui le recouvrent cachent aux yeux cet enfantillage.

     

                                                     

     

     

    EMPORÆ : pays de Byzacène, au sud de Carthage, était le lieu de rendez-vous des marchands carthaginois, et des caravanes qui venaient du centre de l’Afrique. Massinissa s’en empara en 193 av. J.-C.

     

    EMPORIUM : marché ou entrepôt fortifié. Il était formé de plusieurs magasins appartenant à des grossistes qui revendaient au détail les produits étrangers arrivant par la mer.

     

    EMPORIUM(L'): L'Emporium est le port fluvial antique de la ville de Rome, constitué de quais et d'entrepôts (horrea), situé entre l'Aventin et le Monte Testaccio , colline artificielle formée par l'amoncellement d'amphores  à huile importées principalement d'Espagne.

     

     EMPORION: Sert à désigner un établissement de commerce grec qui n'a pas le statut de colonie, mais sert simplement de lieu d'échanges. A l'origine, il s'agit d'un quartier populaire caractérisé par une population mêlée. Par extension, le mot en est venu à désigner un espace réservé aux transactions commerciales dans un port marchand, puis, le port dans son ensemble.

     

                                      

                                                                   Emporion (Ampurias) en Catalogne-Espagne

     

     

    EMPORION : partie du port d’Alexandrie où étaient installées les douanes. Les Grecs y élevèrent le temple de Poséidon.

     

    EMPUSE : sorte de vampire qu’Hécate envoyait aux voyageurs afin de les épouvanter. C’était une entité anthropophage qui variait à l’infini ses apparences. Elle avait un pied d’airain et un pied composé d’excréments d’âne.

     

    EMPYRÉE : le plus éclatant du ciel, ou, d’une manière générale, le ciel considéré dans sa splendeur. Ce mot se trouve souvent dans les livres des Pères grecs.

    L'empyrée selon Dante: Le paradis est composé de 9 ciels ou sphères mobiles (7 planètes : le ciel de Lune, le ciel de Mercure, le ciel de Vénus, le ciel du Soleil considéré à l'époque comme une étoile, le ciel de Mars, le ciel de Jupiter, le ciel de Saturne plus le ciel des étoiles et le ciel cristallin). Le ciel cristallin ou premier mobile, règle par son mouvement la révolution de tous les ciels. Les moteurs ou les intelligences motrices en sont les anges. Toutes les âmes sauvées sont dans l'Empyrée, ciel immatériel et immobile, siège de Dieu, mais Dante les rencontre dans un des 9 ciels du Paradis. Ces âmes ne se retrouvent pas dans les étoiles comme dans la théorie de Platon.

                                                 
                                                                     Jérôme Bosch "L'ascension vers l'empyrée"


    ÉNALOS : héros qui sauva sa maîtresse sur le point d’être sacrifiée à Amphitrite et aux Néréides lors de la fondation d’une colonie à Lesbos par les Penthalides. Tous deux furent sauvés par des dauphins.

     

    ÉNARÉPHOROS : fils d’Hippocoon. Il voulut s’emparer de la jeune Hélène, mais Tyndare la confia à Thésée.

     

    ENCARPA : festons décoratifs de fruits et de fleurs utilisés en sculpture et en peinture.

     

    ENCAUSTICA : art de peindre à l’encaustique. Méthode qui consistait à mêler des couleurs à de la cire et de les durcir par le feu après les avoir appliquées avec une brosse sèche.

     

    ENCELADE : fils du Tartare et de la Terre. Géant aux cent bras foudroyé par Zeus, ou écrasé par le char d’Athéna, ou percé par le javelot de Silène. Il fut enterré sur l'île de Sicile, sous le mont Etna. Les éruptions volcaniques de l'Etna passaient pour être la respiration du Géant, de même que les secousses telluriques, provoquées par les mouvements du Géant se retournant sous la montagne.

     

                                                 

                                                                        Le bassin d'Encelade à Versaille.

     

     

    ENCELADE : nom d’un des chevaux de Poséidon.

     

    ENCENS : gomme résine obtenue par incision sur les troncs d’arbres de la famille des térébinthacées burséracées. C’est à partir du carteri (oliban) qu’on recueillait le meilleur encens. On le rapportait du pays d’Oponé, comme la myrrhe et le styrax venaient des pays de Pount et de Koush. Purification, médecine, les gommes servaient à maints usages, mais la plupart étaient brûlées dans des encensoirs ou des vases destinés à la fumigation des temples. Ainsi, le «Boswalia carterii», arbuste buissonnant de 2 à 3 mètres de haut, qui se plaît dans la péninsule arabique, exude au plus fort de la chaleur des gouttelettes de résine blanche. Ce lait qui apparaît sous l'écorce brune de ses branches est appelé «blanc de lait» ou «Leban» en arabe et a finalement donné le nom «Oliban».

     

                                       

                                                                                          Le Boswalia carterii donne l'encens

     

                                                  

                             Les méthodes de récoltes de l'encens n'ont                                                        Encens

                                  pas évolué depuis des millénaires.

     

     

    ENCLOS SACRÉ (voir aussi SANCTUAIRES) : l’enclos sacré celte apparut vers 700 avant notre ère. Il était la représentation de l’espace religieux dans la plupart des peuples indo-européens. Un simple trait sur le sol suffisait à délimiter les dimensions de l’espace sacré. Les druides ou les prêtres le vouaient alors à l’éternité. Au début de la Tène (Ve siècle avant notre ère), les Celtes y adjoignirent une palissade percée de portes sculptées sur lesquelles étaient suspendus des crânes humains. De chaque côté de ces entrées s’accumulaient des armes et des crânes d’animaux. À l’intérieur, on trouvait des fosses à sacrifices, puis le temple carré ou rectangulaire de 4 à 11 mètres de côté.

     

                                                       

                                                            Vestiges découverts dans l'enclos sacré de Tintignac(France)

     

     

    ENDÉIS : fille de Chiron le centaure ou de Sciron, roi de Mégare, et de Chariclo. Femme d’Éaque. Elle mit au monde deux fils, Télamon et Pélée.

     

    ENDOR : ville de Judée, près du mont Thabor (tribu d’Issachar). La pytonisse d’Endor, interrogée par Saül dans sa grotte, évoqua l’ombre du prophète Samuel qui prédit au roi la défaite de Gelboë et sa mort.

     

    ENDYMION : amant de la lune. Il fut condamné par Jupiter à un sommeil perpétuel. Suivant une tradition d’Élide, Endymion était fils d’Æthlios, ou de Zeus et de Calycé, ou de Zeus et de Protogénie. Il avait pour épouse Astérodia ou Chromia, ou Hypérippe, ou Néis. Il succéda à Æthlios et conduisit de Thessalie en Élide une colonie éolienne. Il promit sa couronne à celui de ses fils qui surpasserait les autres à la course. Ce fut Épéos qui l’emporta. Suivant la tradition carienne, Endymion était roi ou berger, ou chasseur. Diane, qui l’aimait, le transporta dans une grotte de la Carie au mont Latmos où elle venait le visiter. On attribuait les éclipses de la lune à ces visites. Ce fut là que la lune (Séléné) lui déroba un baiser alors qu’il dormait.

     

                                       

                                                                   Endymion et Séléné (sarcophage romain)

     

                

                             Séléné et Endymion par Poussin                                                           Endymion et Séléné (le baiser)

     

             

                       Le sommeil d'Endymion par Girodet (1793)                                  Diane et Endymion par Francesco Trévisani

     

     

    ÉNÉADES : descendant d’Énée. Ce nom désigne particulièrement Ascagne.

     

    ÉNÉE : héros troyen.

    a)     Tradition homérique : fils d’Anchise et d’Aphrodite, il fut élevé par Alcathoüs, époux de sa sœur Hippodamie. Bien avant la guerre de Troie, Achille l’attaqua sur le mont Ida et le chassa jusqu’à Lyrnesse. Il vint à la tête des Dardaniens au secours des Troyens contre les Grecs. De même qu’Achille, il était fils d’une déesse et possédait des chevaux divins. Terrassé par un quartier de roc lancé par Diomède, il eut la hanche brisée et fut sauvé par Aphrodite. Apollon, prenant sa forme, le remplaça au combat jusqu’à sa guérison. Pour Homère, Énée n’émigra pas.

    b)    Traditions postérieures : elles nous disent que Chiron le centaure fut le précepteur d’Énée. Dans les combats, il était inférieur à Hector. Il tua vingt-huit ennemis. Époux de Créuse, fille de Priam et d’Hécube, il était détesté par sa belle-famille et surtout par Pâris. À la chute de Troie, il émigra, bâtit plusieurs villes, arriva en Italie où il fonda une ville sur le territoire des Aborigènes en dépit de leur roi Latinus. Cette cité reçut le nom de Lavinium du nom de Lavinia, fille du roi, qu’Énée épousa. Aborigènes et troyens se confondirent et reçurent le nom de Latins. Énée eut à combattre les Rutules commandés par Turnus qu’il vainquit. Il hérita du royaume de son beau-père et régna pendant quatre ans. Attaqué à nouveau par les Rutules et l’armée de Mézence, roi des Tyrrhéniens, il fut tué dans la bataille qu’il leur livra. On ne retrouva jamais son corps.

    Extrait de la prise de Troie par Quintus de Smyrne: Alors le noble fils de l'irréprochable Anchise, après avoir dans la ville du divin Priam soutenu bien des combats par sa force et son courage, après avoir ôté la vie à beaucoup de guerriers, voyant enfin par les mains cruelles des ennemis la ville embrasée, les peuples massacrés, les richesses pillées, les femmes enlevées avec les enfants, perdit l'espoir de sauver sa patrie, et il se résolut à fuir le désastre. Ainsi, sur la mer profonde, un pilote habile évite longtemps le vent et les flots qui se dressent de toutes parts ; mais sous l'effort de la tempête sa main et son coeur faiblissent ; son navire sombre au milieu des vagues ; alors il abandonne le gouvernail, descend dans une barque et oublie son beau vaisseau : ainsi le noble fils de l'irréprochable Anchise, laissant aux ennemis la ville dévorée par les flammes, emmenait à la hâte son fils et son père, l'un que de son bras puissant il avait chargé sur ses larges épaules, car il était accablé par la triste vieillesse, l'autre qu'il tenait par sa petite main et qui précipitait ses pas à ses côtés ; effrayé des rudes travaux de la guerre homicide, et tremblant devant la loi du destin, le tendre enfant se suspendait aux flancs de son père, et ses pleurs coulaient sur ses joues roses. Et le père d'un pas rapide franchissait les cadavres, ou, trompé par les ténèbres, les foulait malgré lui. Cypris guidait sa course, arrachant à la mort son petit-fils, son fils et son époux : c'est pourquoi, sous les pas d'Enée, le feu livrait passage, les flammes du cruel Héphestos s'écartaient, les flèches, les javelots que les Achéens lançaient contre lui dans la bataille douloureuse tombaient inutilement sur la terre. Et Calchas criait d'une voix forte, arrêtant le peuple :
    «Cessez de lancer contre le vaillant Enée les javelots, les flèches homicides ; c'est la volonté des dieux et du destin que, près du Tibre aux larges flots, ce héros parti du Xanthe élève une ville sainte admirée de la postérité ; reine des nations, elle étendra ses limites de l'orient à l'occident. Enée lui-même sera admis par les immortels, car il est le fils d'Aphrodite aux cheveux d'or. Gardons-nous de toucher à ce sage guerrier, qui, sacrifiant l'argent, la richesse et tout ce qui est utile sur la terre étrangère, a préféré sauver son père et son fils ! La même nuit nous a montré ce fils dévoué noblement à son vieux père, et ce père sans reproche devant son fils».
    Extrait de l'Énéide par Virgile:

    Le rapide Zéphire, et les fiers Aquilons,
    Et les vents de l'Afrique, en naufrages féconds,
    Tous bouleversent l'onde, et des mers turbulentes
    Roulent les vastes flots sur leurs rives tremblantes.
    On entend des nochers les tristes hurlements,
    Et des cables froissés les affreux sifflements ;
    Sur la face des eaux s'étend la nuit profonde ;
    Le jour fuit, l'éclair brille, et le tonnerre gronde ;
    Et la terre et le ciel, et la foudre et les flots,
    Tout présente la mort aux pâles matelots.
    Enée, à cet aspect, frissonne d'épouvante.
    Levant au ciel ses yeux et sa voix suppliante :
    «Heureux, trois fois heureux, ô vous qui, sous nos tours
    Aux yeux de vos parents terminâtes vos jours !
    O des Grecs le plus brave et le plus formidable,
    Fils de Tydée hélas ! sous ton bras redoutable,
    Dans les champs d'Ilion, les armes à la main,
    Que n'ai-je pu finir mon malheureux destin !
    Dans ces champs où d'Achille Hector devint la proie,
    Où le grand Sarpédon périt aux yeux de Troie,
    Où le Xanthe effrayé roule encor dans ses flots
    Les casques et les dards, et les corps des héros !»

     

                                

                                                                                Le voyage d'Ené

     

     

    (Fresque de Pompéi, maison de Publius Vedius Siricus)                              Enée et Didon

                             Enée blessé                                                                Par Pierre Guérin (1817)

     

                         

                                             Vénus montrant ses armes à Enée par Nicolas Poussin (1639)

     

         

    Enée et ses compagnons combattant les harpies par François Perrier(1640)                 Enée porte Anchise par Bernin

     

      

    ÉNÉE le Tacticien  ou de Stymphale: écrivain grec du IVe siècle av. J.-C.  Il composa un traité sur l’art militaire dont nous possédons plusieurs chapître : le poliorcetique. Le trente et unième texte nous livre les méthodes utilisées par les agents secrets de l'époque.

    Extrait des lettres secrètes d'Énée: 1. — Pour ce qui regarde les lettres que l’on envoie en secret, il y a différentes manières de les faire parvenir; mais il faut auparavant que ceux qui s’écrivent soient convenus de quelques points. Les exemples suivants sont les plus sûrs à imiter. 2. — On avait mis un livre parmi plusieurs vases et autres effets; on avait fait des points sur les caractères de ce livre, qui, étant rassemblés, composaient tout ce qu’on voulait mander : ces points doivent être petits. Or, le livre étant parvenu à celui à qui on l’avait adressé, il copia de suite, d’une ligne à une autre, d’une page à une autre, tous les caractères qui étaient pointés, et en composa la lettre qu’on eût voulu lui écrire, et dont on avait seulement indiqué les caractères. 3. — Si l’on n’a que peu de choses à marquer à quelqu’un par une lettre, on peut aussi se servir de ce moyen qui ressemble fort au premier. En remplissant une lettre fort longue de plusieurs choses communes, on pourra faire la même chose dans cette lettre, en mettant des marques sur les caractères qui signifieront tout ce que vous voudrez que ces marques soient mises cependant de façon qu’on n’ait pas sujet d’y faire attention; par exemple, servez-vous de points ou de petits traits. De cette manière, personne ne prendra de soupçon; et il n’y aura que celui à qui la lettre aura été envoyée qui pourra la déchiffrer. 4. — Autre manière. Qu’on envoie un homme porter de vive voix des nouvelles indifférentes ou une lettre qui ne contienne que des choses fort ordinaires, mais que l’on mette à son insu dans ses souliers la lettre secrète; et, afin que ni la boue ni l’eau ne gâtent ce qui est écrit, il faut écrire sur du plomb blanchi qui ait été battu fort mince, de crainte que les lettres ne soient effacées. Lorsque l’exprès sera arrivé, que celui à qui il est adressé profite de son sommeil pour découdre ses souliers pendant la nuit, qu’il en tire la lettre, y substitue la réponse, raccommode le soulier, et que, le lendemain, il renvoie cet exprès avec une lettre ostensible. De cette manière, personne, pas même l’exprès, ne saura qu’elle est la ruse qu’on emploie; mais il faut avoir soin que ces coutures soient faites de manière que rien n’y paraisse. 5. — On porta des lettres à Éphèse, et on les fit passer de la manière suivante : on envoya quelqu’un ayant une lettre écrite sur de feuilles, et ces feuilles étaient attachées sur un ulcère que cet homme avait à l’os de la jambe. 6. — On pourrait aussi faire passer des lettres en les pendant aux oreilles des femmes dans de petites plaques de plomb que l’on prendrait pour des boucles d’oreilles. 7. — Un traître s’est aussi servi de ce moyen pour faire passer une lettre dans le camp des ennemis. Entre plusieurs cavaliers qu’on avait envoyés ravager le territoire ennemi, on avait caché une lettre sous l’extrémité de la cuirasse de l’un d’eux, et on avait ordonné à ce cavalier que, lorsqu’il approcherait des ennemis, il se laissât tomber de son cheval, comme malgré lui; qu’il tâchât de se faire prendre, et qu’après être parvenu au camp des ennemis il rendît la lettre à qui elle était adressée. 8. — Un autre, ayant envoyé un cavalier, fit mettre une lettre dans la bride du cheval. 9. — Voici un cas d’une espèce tout opposée. On assiégeait une certaine ville; le porteur de la lettre, y étant entré, ne rendit point la lettre aux conjurés à qui elle était adressée, mais la porta au chef de la ville. Celui-ci, ayant jugé du fait, ordonna à cet homme de la porter à ceux à qui elle était adressée, mais de lui en rapporter la réponse, si ce qu’il lui disait était vrai. L’espion fit ce qu’on lui ordonna. Le magistrat ayant donc reçu la réponse des conjurés, les fit venir, et leur montra leur signature, qu’ils furent obligés de reconnaître. Alors, il lut les lettres devant eux, et les convainquit de leur trahison. Il me semble que ce magistrat fut fort ingénieux à découvrir toute la vérité, en ce qu’il n’avait pas voulu recevoir la lettre de l’ennemi et la regarder comme une preuve; car les conjurés auraient pu nier la correspondance et dire que c’était des embûches qu’on leur tendait. Mais, comme il tenait entre ses mains la réponse qu’ils avaient faite à cette lettre, il découvrit tout le complot et convainquit les conjurés. 10. — On transporte encore les lettres de cette manière Faites sécher une vessie de la grandeur nécessaire. Après l’avoir enflée et bien liée à son col, écrivez dessus avec de l’encre à laquelle vous aurez ajouté un peu de gomme. Lorsque les lettres seront sèches, désenflez la vessie et la faites entrer dans une bouteille; après cela, remplissez cette vessie d’huile, elle s’appliquera parfaitement à l’intérieur de la bouteille; coupez ensuite ce qui déborde la bouteille, appliquez-en le col si bien à celui de la bouteille qu’il n’en paraisse tien, et il ne paraîtra y avoir que de l’huile. 11. — Ceci arriva aussi autrefois. Quelqu’un ayant écrit sur une tablette de bois, l’enduisit ensuite de cire et écrivit après cela d’autres choses sur cette cire : cette tablette étant parvenue à celui à qui elle était adressée, il en ôta la cire et ayant lu ce qui était écrit, il renvoya le porteur avec une réponse écrite de même. 12. — On dit aussi que quelqu’un, après avoir écrit sur une tablette de buis avec une encre très parfaite, en desséchait si parfaitement l’écriture qu’il n’en paraissait plus un trait; ensuite il enduisait cette tablette d’un vernis blanc, et lorsqu’elle était parvenue au correspondant, celui-ci la plongeait dans un vase d’eau, et tout ce qui avait été écrit y paraissait clairement.13. — L’on peut encore écrire ce que l’on veut sur la toile qui sert aux peintres, et, après l’avoir enduite d’un vernis blanc, y peindre un cavalier ou telle autre chose, comme, par exemple, des habillements blancs, un cheval blanc, ou, si vous aimez mieux, de quelque autre couleur, pourvu que ce ne soit pas du noir; il faut ensuite donner ce tableau à quelqu’un pour le porter dans le premier temple qui se trouvera hors de la ville et l’y suspendre comme un don auquel il se croyait obligé par quelque vœu. Lors donc qu’on voudra lire ce qui y a été écrit, il n’y aura qu’à aller au temple, et, reconnaissant le tableau par une certaine marque dont on sera convenu, on l’apportera chez soi et on le trempera dans de l’huile: tout ce qu’on y aura écrit sera lisible. 14. — Voici, enfin, la manière la plus secrète d’envoyer des lettres, mais aussi la plus difficile à exécuter. Percez vingt-quatre trous dans un dé, c’est-à-dire percez quatre de ses faces de six trous chacune; que ces trous marquent les vingt-quatre lettres de l’alphabet grec. Souvenez-vous de quel côté se trouve la première lettre a, et celles qui la suivent immédiatement. Si vous voulez, par exemple, donner l’avis: a? d???µe?? ?pest?sa? (les forces ont manqué), faites passer des fils par ces trous. En passant ces fils, commencez par le côté de l’a et passez le fil par le trou qui marque cette lettre; sautez les lettres suivantes jusqu’à ce que vous soyez venu au côté où est l’?; passez derechef votre fil par le trou de l’? ; sautez ensuite les lettres suivantes jusqu’à ce que vous soyez revenu au d et passez-y votre fil. Laissez encore toutes les lettres qui suivent cette dernière jusqu’à ce que vous ayez retrouvé l' ? et passez-y votre fil comme auparavant. Continuez de même pour les autres lettres de toute la phrase. Par ce moyen, au lieu d’écrire, vous passez des fils par toutes les lettres, comme si tout ce que vous aviez écrit n’était qu’un seul mot. Ce que l’on enverra de cette manière sera donc comme un peloton de fil autour du dé; et il faut que celui qui voudra lire ce qu’on lui marque, écrive successivement sur ses tablettes les lettres désignées par ces trous. La sortie de ces fils doit se faire d’un ordre contraire au premier. Il n’y a aucune difficulté à ce que les lettres se trouveront écrites à rebours sur les tablettes, car cela n’empêchera pas qu’on ne connaisse de quoi il s’agit, quoiqu’il y ait plus d’ouvrage à connaître ce qui a été marqué qu’à le marquer. On fera la même chose, avec encore moins d’embarras, si l’on prend un morceau de bois d’un demi-pied ou d’un tiers, et qui ait autant de trous, et qu’ensuite on passe les fils par ces trous. Toutes les fois qu’il faudra passer le fil par le même trou deux fois de suite, comme lorsque la même lettre se répète, tournez le fil une fois autour du bois avant de le passer une seconde fois dans le même trou. On fera encore la même chose de cette manière : polissez une boule de bois, ou bien un petit bâton; percez ensuite autour vingt-quatre trous (dans une sorte de suite), et afin d’éviter que l’on ne soupçonne quelque chose, percez aussi çà et là quelques trous inutiles au milieu de la boule; passez ensuite votre fil comme ci-devant par les trous disposés de suite. Mais quand il y aura une lettre à marquer deux fois de suite; ayez soin de passer le fil dans les trous inutiles du milieu; après quoi vous le passez de nouveau dans le même trou pour marquer une seconde fois votre même lettre. 15. — On s’est servi encore de cette méthode : ayant écrit sur une carte extrêmement mince des lignes composées de lettres extrêmement fines, on cacha cette petite carte sous la robe du porteur, au-dessus de l’épaule, en repliant la robe. Par ce moyen, cette espèce de lettre pourra être transportée et le porteur éviter tout soupçon, soit qu’il ait mis sa robe, soit qu’il la porte à la main. 16. — On peut donc montrer par des exemples qu’il est très difficile de parer à toutes les ruses qu’on peut employer pour faire parvenir des lettres; car les habitants d’Ilium, qui travaillent depuis très longtemps à découvrir ces sortes de ruses et qui y sont extrêmement attentifs, n’ont pas encore pu empêcher que les Locriens, favorisés de quelques citoyens, n’entrent dans leur ville. 17. — Les anciens se sont aussi servis de cette ruse. Timoxène voulant livrer la ville de Potidée à Artabaze, l’un et l’autre étaient convenus d’un lieu dans la ville, et d’un autre lieu dans le camp, d’où, s’ils avaient quelque chose à se faire savoir, ils devaient se tirer des flèches empennées autour desquelles leurs billets seraient ajustés. Mais il arriva que la fraude de Timoxène, qui trahissait Potidée, fut découverte; car la flèche d’Artabaze ayant blessé un homme de Potidée à l’épaule, une foule de gens s’assembla autour du blessé, et quelqu’un ayant ramassé la flèche, on vit ce qui en était et on l’apporta sur-le-champ aux magistrats. 18. — Histiæus voulant faire savoir quelque chose à Aristagoras, et n’ayant pas d’autres moyens pour le faire, puisqu’il était presque impossible que celui qui porterait la lettre échappât aux gardes distribués sur les chemins, fit raser la tête au plus fidèle de ses domestiques, fit imprimer quelques lettres avec un fer chaud sur la tête de ce chauve, et le tint caché jusqu’à ce qu’une partie de ses cheveux fût revenue: ce qui étant arrivé, il l’envoya à Milet, ne lui donnant d’autre ordre, qu’après qu’il serait arrivé à Ephèse, il allât trouver Aristagoras, et lui dit de sa part de faire raser la tête marquée au fer chaud et de l’examiner: les marques du fer désignaient ce qu’il y avait à faire. 19. — On peut aussi se servir de cet expédient. Il faut convenir auparavant de se servir de points au lieu de voyelles; je veux dire en mettre, autant qu’il en faut pour marquer laquelle des voyelles il faut choisir entre toutes. Par exemple:  "Que Denis le beau", " vienne à Héraclide." On peut s’y prendre d’une autre manière, en substituant quelque autre chose à la place des voyelles. Mais il est nécessaire de faire déposer secrètement les billets qu’on envoie dans un endroit connu du correspondant, afin que, dès qu’il sait que l’exprès est venu dans la ville comme pour y acheter ou vendre quelque chose, il sache que des lettres lui sont arrivées et qu’elles sont cachées dans l’endroit marqué. De cette manière, ni celui qui l’apporte, ni personne, ne saura à qui elle est adressée, 20. — Plusieurs Épirotes se servent de chiens de cette manière ils s’en vont avec un chien en laisse; ils lui attachent ensuite un collier dans lequel on a écrit ce qu’on voulait. mander, et le renvoient. Ce chien ne manque pas de retourner à l’endroit d’où on l’a emmené. On dit que les Thessaloniciens ont inventé cet usage. 21. — Au reste, il faut ouvrir ces sortes de lettres à l’instant même qu’on les reçoit. On avait envoyé une lettre à Astyanax, tyran de Lampsaque, qui l’avertissait de la conspiration par laquelle il périt parce qu’il n’avait pas lu cette lettre au premier moment et qu’il s’occupait d’autres affaires, il fut tué la lettre à la main. Cadmée tomba dans les mains des Thébains par la même négligence; et la même chose arriva à Mytilène dans la Lesbie. 22. — Un pilote de Perse, nommé Glus, allant trouver le roi, devant lequel il n’est pas permis d’avoir aucun écrit en main, et ayant à parler au roi de mémoire sur beaucoup de choses importantes, il en écrivit les principaux chefs sur les membranes de ses doigts. 23. — Le garde d’une porte doit donc être très soigneux sur toutes ces sortes de ruses, de crainte qu’il n’entre dans la ville ou des armes ou des lettres.

     

    ÉNÉE de Gaza : philosophe grec chrétien, sectateur de Platon. Il vécut au Ve siècle. On a de lui un dialogue sur l’immortalité de l’âme et la résurrection des corps, intitulé Théophraste. Comme tous les néo-platoniciens chrétiens, il tient Platon en plus haute estime qu'Aristote, bien qu'il doive sa connaissance de la doctrine de Platon plutôt à l'enseignement reçu dans les écoles de philosophie, qui faisaient une large place aux écrits apocryphes, qu'à une étude directe de ses dialogues authentiques. Comme Synésius de Cyrène, Néménius  et d'autres, il trouve dans le néo-platonisme le système philosophique s'accordant le mieux avec la révélation chrétienne. Mais à la différence de ces derniers, il rejette certaines caractéristiques du système qu'il juge incompatibles avec le dogme chrétien. Il rejette par exemple la doctrine de la pré-existence des âmes (à leur corps), arguant que l'âme avant son union avec le corps aurait été "paresseuse", incapable d'exercer l'une quelconque de ses facultés. De même il rejette la doctrine de l'éternité du monde du fait que le monde étant corporel, il est corruptible quelle que soit la perfection de son "mécanisme".

    Extrait des Dialogues sur l'âme par Énér de Gaza. Dans ce passage deux personnages, Théophraste et Exithéüs:

    EuxithËus. Que tu es heureux, Théophraste. Malgré le nombre et la diversité des opinions professées par les anciens, tu n'en oublies aucune, tu les expliques toutes avec autant de clarté que si tu exposais tes propres idées au lieu de rapporter ce qu'ont enseigné les anciens. Tu parais avoir plus de mémoire qu'Hippias, et être prêt à répondre à toutes les questions . Mais que ferai-je ? Je demeure incertain et je ne sais que devenir. Je me demande qui je dois suivre. Est-ce Héraclite, selon qui l'âme en fuyant dans cette vie y trouve une trêve aux travaux auxquels elle est soumise là-haut ? ou Empédocle, qui précipite l'âme ici-bas en punition de ses fautes? ou bien Platon, selon qui l'âme vient ici-bas tantôt pour subir un châtiment, tantôt pour rendre l'univers parfait, tantôt volontairement, tantôt involontairement, tantôt par contrainte, tantôt de sou propre mouvement? (Car je ne parle point d'Aristote qui, par une sagesse transcendante, refuse à l'âme l'immortalité.) Ces philosophes combattent chacun les opinions de tous les autres, et sont 676 en contradiction, non-seulement les uns avec les autres, mais encore avec eux-mêmes.

    ThÉophraste. Les Académiciens veulent persuader que Platon se contredit : dans ce but, ils transposent à leur gré ses idées et ses expressions, comme ceux qui interprètent arbitrairement les oracles. C'est une grande audace de leur part : car il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais d'homme plus capable que Platon d'exprimer clairement sa pensée. D'autres sectateurs de ce philosophe, rougissant de le voir se contredire, lui imputent un autre tort en essayant de le justifier : car ils donnent à entendre que leur maître est obscur ou cache sa pensée par jalousie. Or aucune de ces deux choses n'est arrivée à Platon. Mais, ceux qui interprètent si subtilement ses écrits ne font pas attention que ce philosophe, introduisant dans la Grèce la sagesse des Chaldéens ainsi que celle des Égyptiens, et révélant les dogmes de Pylhagore, d'Heraclite et d'Empédocle, a exposé dans ses divers dialogues des doctrines fort différentes, afin que ceux qui étudiaient la philosophie dans son école n'ignorassent aucune des opinions professées par les sages des diverses nations : c'est ainsi qu'au sujet de la matière, par exemple, il déclare tantôt qu'elle a été engendrée, tantôt qu'elle n'a pas été engendrée. Les successeurs de Platon, méconnaissant la richesse et la variété de sa doctrine, et d'ailleurs désirant chacun paraître avoir trouvé quelque chose de neuf, se sont combattus les uns les autres, et, s'étant ainsi divisés entre eux, ne suivent pas plus Platon qu'ils ne se suivent les uns les autres.

     

    ENFERS ou HADÈS : les auteurs grecs emploient indifféremment ce mot pour désigner les enfers ou le lieu du séjour d’Hadès. Il n’a presque jamais dans Homère cette dernière signification. Pour nous parler de la demeure d’Hadès, le poète utilise les expressions : maison, portes et résidence, pleines de sous-entendus. Pour Homère, les enfers se trouvaient au-delà du fleuve de Océan, dans la région ténébreuse de l’occident où Hélios n’envoie plus ses rayons. C’est là que se trouve l’Hadès, où le Pyriphlégéton se jette dans l’Achéron, et où coule le Cocyte, bras du Styx. Tout près du rivage, on voit la prairie des Asphodèles où se promènent les morts. Derrière cette prairie se trouve l’Érèbe, l’endroit le plus obscur de ce sombre et terrible royaume.

    Il y a les Enfers, l'Empire des Morts. Là où vont tous les mortels lorsqu'ils quittent la vie et la terre et qu'ils deviennent des Ombres. L'entrée principale des Enfers se trouve dans un petit bois de peupliers noirs, près de la mer. Conduites par Hermès, les Ombres parviennent jusqu'au fleuve " Styx ", au noir bouillonnement, mais dont une partie coule au grand jour, dans la province grecque d'Arcadie. " Styx " dont le seul nom fait trembler les mortels puisqu'il veut dire "destiné"...Charon, passeur de son métier, attend les Ombres. Dans sa barque délabrée, il les fait passer de l'autre côté. Et Charon ne plaisante pas : il repousse à coups de rame ceux qui tentent par la ruse de se faire ramener du côté des vivants. Sitôt débarquées, les Ombres affrontent Cerbère, le monstrueux chien à trois têtes. Il dévore sur-le-champ qui tente de fuir ! On évite autant que possible les trois terribles Erinyes aux cheveux de serpents et aux larmes de sang. Elles pourchassent férocement les pauvres Ombres fraîchement débarquées du Styx. Hadès est là, sur son trône. Il faut passer devant lui, le Seigneur des Enfers, et devant son épouse Perséphone. A droite de Perséphone est assise la vieille Hécate, la déesse des magiciennes, aussi déesse de la lune et maîtresse des démons qui tourmentent les humains sur la terre. Les racines qui pendent de la voûte des Enfers sont parmi les rares plantes qui poussent chez Hadès. Le Maître des Ombres n'aime pas la verdure. Mis à part les asphodèles et les peupliers noirs et blancs, rien ne pousse chez lui. Il supporte à la rigueur l'odeur de la menthe et du romarin que les humains font parfois brûler en son honneur, là haut sur la terre. Le séjour des morts est très bien organisé. Au carrefour de trois routes, on arrive devant les trois juges des Enfers: Minos, Éaque et Rhadamante. C'est là que tout se joue; le sort de chaque ombre se décide. La première route mène aux Asphodèles ceux dont il n'y arien à dire, les moins fortunés, les moins intéressants. Aux Asphodèles, qui pourrait être le nom d'un charmant lieu de vacances, les Ombres errent sans but. Elles ne sont pas tourmentées. Simplement, elles s'ennuient mortellement. Et pour l'éternité, ce qui est encore plus ennuyeux. Beaucoup tenteraient de s'évader si Cerbère ne faisait pas terrible garde. Au-delà des Asphodèles très fréquentées, il y a le fleuve Léthé : ceux qui boivent de ses eaux oublient tout. La deuxième route mène aux Champs Elysées. Ils sont rares ceux qui y parviennent: quelques grands héros qui se sont rendus agréables aux dieux. Le soleil brille toujours, il n'y a pas de nuit parce que les Ombres n'ont pas besoin de dormir. Dans les clairières, on chante et on danse au son de la lyre. Et ceux qui le veulent peuvent même retourner sur terre. La troisième route mène au Tartare. Lieu terrible, lieu de la damnation éternelle. Là se retrouvent tous les méchants et ceux qui ont défié les dieux. On y entre par une grande porte de bronze et les cris des damnés se répercutent sans fin sur les hauts murs qui l'entourent. Nul ne peut s'échapper .Beaucoup de héros de la mythologie s'y trouvent: Prométhée, Sisyphe, Ixion, Tantale, les Danaïdes, et tant d'autres...

     

                                

     

                   
     
    Personnages célèbres de la mythologie dans les enfers: sous un édicule,  hadès  et  perséphone  debout . de gauche a droite, par le haut : mégara  et ses deux fils ;  médée,  thésée  et  pirIthoos;  hector,  andromaque  et  le  petit  astyanax ;  orphée citharède ;  minos,  éaque  et  rhadamante ; une furie  frappe  sisyphe  roulant  son  rocher ;  hermès  psychopompe;  héraclès tient  enchaîné  cerbère  tricéphale ;  une  érinnye  brandit  deux  torches;  tantale  qUe  menace  un  énorme  rochEr  suspendu sur sa tête.
     

     

    ENIANES : tribu de l’ancienne Grèce septentrionale, sur les bords du golfe Maliaque, au Sud de la Thessalie.

    Extrait de Théagène et Chariclée par Héliodore: Nous étions encore en train d'examiner le problème lorsque quelqu'un vint en courant nous prévenir que le chef de la députation sacrée des Enianes se trouvait depuis longtemps à la porte et qu'il invitait, peu aimablement, le prêtre à se présenter pour commencer les cérémonies. Et comme je demandais à Chariclès qui étaient les Enianes, quelle était cette députation sacrée et quel sacrifice ils venaient célébrer : « Les Enianes, me répondit-il, est ce qu'il y a de plus noble dans le pays de Thessalie; ils sont sans conteste grecs, car ils descendent d'Hellen, le fils de Deucalion; ils sont établis le long du golfe Maliaque et sont très fiers de leur métropole, Hypaté, dont le nom, selon eux, signifie qu'elle est «commande » aux autres peuples, mais qui, selon l'opinion commune, a été ainsi nommée parce qu'elle est établie au pied du Mont Oeta. Le sacrifice qu'ils célèbrent et la députation sacrée reviennent tous les quatre ans, en même temps que les jeux Pythiques, qui, comme tu le sais, ont lieu en ce moment; ils sont organisés par les Enianes en l'honneur de Néoptolème, le fils d'Achille; car c'est ici qu'il fut traîtreusement égorgé, au pied même de l'autel d'Apollon Pythien, par Oreste, le fils d'Agamemnon. La députation de cette année surpasse toutes les autres, car l'homme qui la conduit se vante d'être un descendant d'Achille; je me suis trouvé, hier, rencontrer ce jeune homme et, en vérité, il m'a paru bien digne de descendre d'Achille, tant il est beau et grand, et sa race est évidente, rien qu'à le voir. » Comme je demandais en m'étonnant comment un Eniane pouvait prétendre appartenir à la descendance d'Achille, puisque le poème de l'Egyptien Homère nous apprend qu'Achille était de Phthie. » Ce jeune homme, dit Chariclès, soutient que le héros était un pur Eniane, et prétend que Thétis a épousé Pélée sur les rives du golge Maliaque et que la région qui borde ce golfe s'appelait autrefois la Phtiotide, mais que les autres peuples, jaloux de la gloire d'Achille, ont menti pour l'annexer. De plus, ce jeune homme se compte au nombre des Eacides, puisqu'il place au nombre de ses ancêtres Ménesthée, le fils du Sperchéios et de Polydora, fille de Pélée, qui fut l'un des principaux compagnons d'Achille dans l'expédition contre Troie et à qui sa parenté avec Achille valut de commander le premier corps des Myrmidons. Mais il s'attache fermement à Achille et cherche, par tous les moyens, à le naturaliser Eniane, invoquant pour cela, entre autres arguments, ce sacrifice expiatoire offert à Néoptolème, dont l'exécution est confiée aux Enianes, du consentement unanime des Thessaliens, témoignant ainsi qu'ils sont ses plus proches parents. — Personne, dis-je, Chariclès, ne refuse de leur faire ce plaisir ni même de leur passer cette prétention. Fais appeler le chef de la députation, car j'ai une envie folle de le voir.

     

    ÉNIOPÉE : fils de Thébæos. Conducteur du char d’Hector. Diomède le tua.

    Extrait de l'Iliade par Homère: Alors Diomède, quoique seul, s’élance à la tête des combattants, s’arrête devant les chevaux du fils de Nélée, et lui dit ces mots?:«?O Nestor, de jeunes guerriers s’avancent pour te combattre?; cependant la force t’abandonne, et la pesante vieillesse t’accable?; ton écuyer est sans vigueur, et tes chevaux sont tardifs?: viens, monte sur ce char, tu verras quels sont les coursiers de Tros, comme ils savent partout, en courant rapidement dans la plaine, éviter ou poursuivre l’ennemi?; ces coursiers, ministres de terreur, que j’enlevai naguère au vaillant Énée. Confie les tiens à nos deux écuyers?; nous cependant, marchons contre les guerriers troyens, et qu’Hector apprenne aujourd’hui combien ma lance est furieuse entre mes mains.?» Le vieillard ne résiste pas à ce conseil?: leurs écuyers, le fort Sthénélos et le généreux Eurymédon, prennent soin des chevaux de Nestor?; lui monte sur le char auprès de Diomède?; il saisit les rênes brillantes, frappe les coursiers, et tous deux en un instant sont près d’Hector. Le fils de Tydée dirige sa lance contre ce guerrier impétueux?; mais le fer se détourne, et frappe à la poitrine, près de la mamelle, le fidèle écuyer d’Hector, le fils de Thébaios, Éniopée, qui tenait les rênes. Il tombe du char, les chevaux fougueux reculent, et leur guide sent à la fois s’exhaler et son âme et ses forces. Une douleur cruelle déchire le cœur d’Hector à la vue de son compagnon immolé?; mais, malgré la peine qu’il éprouve, il laisse Éniopée étendu sur la terre, et cherche un vaillant écuyer. Ses coursiers ne restent pas longtemps sans guide?; il découvre l’intrépide Archeptolème, fils d’Iphitos, le fait monter sur son char, et lui confie les rênes.

     

    ÉNIOS : chef troyen tué par Achille.

    Extrait de l'Iliade par Homère: À ce discours superbe, le divin fils de Pélée lève sa lance de frêne, et le vaillant Astéropée jette à la fois deux javelots, car il était ambidextre?; de l’un des javelots il frappe le bouclier sans traverser cette armure?; le dard est arrêté par la lame d’or, présent d’un dieu?; de l’autre il effleure la main droite d’Achille, et fait jaillir un sang noir?; le trait, avide de percer le corps du héros, pénètre profondément dans la terre. Alors Achille jette contre Astéropée sa lance rapide, et brûle de l’immoler?; le trait s’égare, frappe la rive escarpée, et jusqu’à la moitié l’arme de frêne s’enfonce sur ses bords. Soudain le fils de Pélée tire le glaive suspendu à son côté, et, terrible, il s’élance sur son ennemi, qui, de sa forte main, ne peut arracher du rivage l’arme d’Achille. Trois fois il l’ébranle, s’efforçant de l’enlever, trois fois sa force le trahit?; enfin à la quatrième fois, il veut, en le courbant, rompre le frêne de l'Éacide, mais Achille le prévient, s’approche, et de son glaive lui arrache la vie?; il le frappe dans le ventre, près du nombril?; les entrailles se répandent sur la terre, et les ombres de la mort couvrent les yeux du héros expirant. Achille, se précipitant sur le cadavre, ravit les armes, et, plein d’orgueil, il s’écrie?:

    «?Reste ainsi sans vie?; certes il est difficile, même pour le fils d’un fleuve, de lutter avec les enfants du puissant Zeus. Tu te vantais d’être issu d’un fleuve au large cours, et moi je me glorifie de descendre du grand Zeus. J’ai reçu le jour du héros qui règne sur les nombreux Thessaliens, Pélée, fils d’Éaque. Éaque est né de Zeus?; ce dieu est plus puissant que tous les fleuves qui se précipitent dans la mer, et sa race l’emporte aussi sur la race d’un fleuve. Voilà près de toi un grand fleuve, voyons s’il peut te secourir. Non, il n’est point permis de le disputer au fils de Cronos?; aussi le fort Achéloos ne tente point de s’égaler à lui, ni même la force du grand Océan, aux profonds abîmes?; c’est de lui pourtant que naissent tous les fleuves, toute la mer, toutes les fontaines, et les sources abondantes?; mais il redoute la foudre du puissant Zeus et le tonnerre retentissant qui gronde du haut des cieux."?

    Il dit, retire du rivage la lance d’airain, et après lui avoir arraché la vie, il laisse étendu sur le sable ce guerrier que baigne l’eau noire du fleuve. Les anguilles et les poissons s’attachent à son cadavre, et dévorent à l’envi la chair de ses flancs. Ensuite Achille poursuit les cavaliers péoniens, qui, sur les bords du fleuve sinueux, s’enfuient épouvantés à la vue de leur chef terrassé dans cet affreux combat par le bras et le glaive du fils de Pélée. Là, il immole Thersiloque, Mydon, Astypyle, Mnésos, Thrasios, Énios, et Ophélestès. Sans doute, le violent Achille renversait encore un grand nombre de Péoniens, si le fleuve, indigné, et sous la figure d’un mortel, n’eût fait entendre cette voix du sein de ses profonds abîmes?:«?O Achille, tu l’emportes sur tous les hommes par tes exploits funestes, car les dieux ne cessent de te protéger?; si le fils de Cronos t’a permis d’exterminer tous les Troyens, du moins exerce loin de moi tes ravages dans la plaine. Mes eaux, dans leur cours fortuné, se remplissent de cadavres?: resserré par la foule des corps, je ne puis rouler mes ondes jusque dans le sein des mers?; toi, cependant, tu ne cesses de tuer. Arrête, suspends tes coups?; moi-même j’en suis saisi d’horreur, chef des peuples.?»

     

    ÉNIPÉE : dieu-fleuve de Thessalie. Aimé de Tyro, fille de Salmonée et d’Alcidice. Poséidon prit la forme d’Énipée pour séduire Tyro et la rendit mère des jumeaux Pélias et Nélée.

    Extrait des Dialogues Marins de Lucien(dans ce texte latin Poséidon est Neptune):

     L'ÉNIPÉE. Ce n'est pas bien, Neptune, car il faut que je te parle franc. Tu m'enlèves ma maîtresse, en prenant ma ressemblance, et tu as ses premières faveurs, mais c'est à moi qu'elle croyait céder, et voilà pourquoi elle se prêtait à tes caresses.
    NEPTUNE. Pourquoi aussi, Énipée
    , faire le dédaigneux et l'insouciant avec une fille aussi belle ? Elle vient chaque jour auprès de toi, toute mourante d'amour, et toi, tu la méprises et sembles prendre plaisir à ses peines. Elle se promène, rêveuse, sur tes bords, elle entre parfois dans tes eaux et s'y baigne, elle souhaite de t'avoir entre ses bras, et tu n'as pour elle que des rigueurs...
    L'ÉNIPÉE. Eh bien ! fallait-il, pour cela, la ravir à ma tendresse, déguiser Neptune en Enipée, et tromper la naïveté crédule de Tyro ?
    NEPTUNE. Ta jalousie vient un peu tard, Énipée, après tes premiers dédains. D'ailleurs le malheur de Tyro n'est pas bien grand, c'est à toi qu'elle a cru accorder ses faveurs.
    L'ÉNIPÉE. Pas du tout, puisqu'en la quittant, tu as dit que tu étais Neptune, ce qui lui a causé beaucoup de peine. C'est donc un vol que tu m'as fait, en jouissant d'un bien qui était à moi, en t'enveloppant de flots d'azur, qui vous ont entourés tous les deux, et en jouant mon rôle auprès de la jeune fille.
    NEPTUNE. Mais tu ne la voulais pas, Énipée !

     

    ENNA : ancienne ville de Sicile, au centre. La mythologie plaçait dans les prairies d’Enna l’enlèvement de Prosperpine par Pluton. En -210, les habitants furent massacrés lors de la deuxième guerre punique. Eunus, chef des esclaves, y commença la première guerre servile, en 133 av. J.-C.

     

                                                   

     

     

    ENNÉADE : la plus ancienne ennéade du panthéon égyptien est celle d’Héliopolis : Atoum, Chou, Tphénis, Geb, Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys, ou grande ennéade. La petite ennéade permit d’intégrer d’autres dieux avec Horus, Thot, Anubis et Maât. Plus tard, un groupe de quinze dieux se créa autour du dieu thébain Amon.

     

                                     

     

     

    ENNÉADES: collection de livres écrits par Plotin et qui contiennent l'essentiel de sa philosophie. Rédigée entre 254 et 270 ap. J.-C., son disciple Porphyre de Tyr, les regroupera par la suite en 54 traités de 6 « neuvaines », et les publiera vers 300 ap. J.-C.

    Extrait  des PRINCIPES DE LA THÉORIE DES INTELLIGIBLES PAR PORPHYRE, DISTRIBUÉS DANS L'ORDRE DES ENNÉADES:

    Les vertus civiles  consistent à être modéré dans ses passions, et à suivre dans ses actions les lois rationnelles du devoir. Le but de ces vertus étant de nous rendre bienveillants dans notre commerce avec nos semblables, elles sont appelées civiles parce qu'elles unissent les citoyens entre eux. « La prudence se rapporte à la partie raisonnable  de notre âme; le courage, à la partie irascible; la tempérance consiste dans l'accord et l'harmonie de la partie concupiscible et de la raison; la justice enfin, dans l'accomplissement par toutes ces facultés de la fonction propre à chacune d'elles, soit pour commander, soit pour obéir . »

    2° Les vertus de l'homme qui tâche de s'élever à la contemplation consistent à se détacher des choses d'ici-bas: aussi les appelle-t-on des purifications. Elles nous commandent de nous abstenir des actes qui mettent en jeu les organes et des affections qui se rapportent au corps. L'objet de ces vertus est d'élever l'âme à l'être véritable. Tandis que les vertus civiles sont l'ornement de la vie mortelle et préparent aux vertus purificatives, ces dernières commandent à l'homme qu'elles embellissent de s'abstenir des actes dans lesquels le corps joue le rôle principal. Aussi, dans les vertus purificatives, « la prudence consiste à ne pas opiner avec le corps, mais à agir par soi-même, ce qui est l'œuvre de la pensée pure; la tempérance, à ne pas partager les passions du corps; le courage, à ne pas craindre d'en être séparé, comme si la mort plongeait l'homme dans le vide et le néant; la justice enfin exige que la raison et l'intelligence commandent et soient obéies. » Les vertus civiles modèrent les passions : elles ont pour but de nous apprendre à vivre conformément aux lois de la nature humaine. Les vertus contemplatives arrachent de l'âme les passions: elles ont pour but de rendre l'homme semblable à Dieu.

    Autre chose est se purifier, autre chose être pur. Aussi les vertus purificatives  peuvent, comme la purification elle-même, être considérées sous deux points de vue : elles purifient l'âme, et elles ornent l'âme qui est purifiée, parce que le but de la purification est la pureté. Mais, « puisque la purification et la pureté consistent à s'être séparé de toute chose étrangère, le bien est autre chose que l'âme qui se purifie. Si l'âme qui se purifie eût  possédé le bien avant de perdre sa pureté, il lui suffirait de se purifier; dans ce cas même, ce qui lui resterait après la purification, ce serait le bien, et non la purification. Mais l'âme n'est pas le bien ; elle peut seulement y participer, en avoir la forme; sinon, elle ne serait pas tombée dans le mal. Le bien pour l'âme, c'est d'être unie à son auteur; son mal, de s'unir aux choses inférieures. » Quant au mal, il y en a deux espèces : l'une, c'est de s'unir aux choses inférieures ; l'autre, c'est de s'abandonner aux passions. Les vertus civiles doivent leur nom de vertus et leur prix à ce qu'elles affranchissent l'âme d'une de ces deux espèces de mal [des passions]. Les vertus purificatives sont supérieures aux premières, en ce qu'elles affranchissent l'âme de l'espèce de mal qui lui est propre [de son union avec les choses inférieures] . Donc, quand l'âme est pure, il faut l'unir à son auteur : sa vertu, après sa conversion, consiste dans la connaissance et la science de l'être véritable; non que l'âme n'ait pas cette connaissance, mais parce que, sans le principe qui lui est supérieur, sans l'intelligence, elle ne voit pas ce qu'elle possède.

    3° Il y a une troisième espèce de vertus, qui sont supérieures aux vertus civiles et aux vertus purificatives, les vertus de l'âme qui contemple l'intelligence. « Ici la prudence et la sagesse consistent à contempler les essences que contient l'intelligence; la justice est pour l'âme de remplir sa fonction propre, c'est-à-dire de s'attacher à l'intelligence et de diriger vers elle son activité; la tempérance est la conversion intime de l'âme vers l'intelligence; le courage est l'impassibilité, par laquelle l'âme devient semblable à ce qu'elle contemple, puisque l'âme est impassible par sa nature. Ces vertus ont entre elles le même enchaînement que les autres. »

    4° Il y a une quatrième espèce de vertus, les vertus exemplaires (??eta? pa?ade??µat??a?), qui résident dans l'intelligence. Elles ont sur les vertus de l'âme la supériorité qu'a le type sur l'image : car l'intelligence contient à la fois toutes les essences qui sont les types des choses inférieures. « Dans l'intelligence, la prudence est la science ; la sagesse est la pensée; la tempérance est la conversion vers soi-même; la justice est l'accomplissement de sa fonction propre; le courage est l'identité de l'intelligence, sa persévérance à rester pure, concentrée en elle-même, en vertu de sa supériorité.

     

    ENNIUS (QUINTUS) : poète latin. Né à Rudiae en Calabre (240-170 av. J.-C.) Centurion pendant la deuxième guerre punique, Caton l’Ancien le remarqua et l’emmena à Rome. Ennius s’établit sur l’Aventin et ouvrit une école. Devenu célèbre, il obtint le droit de cité et mourut à soixante-dix ans. On le porta dans le tombeau des Scipions. Il composa des tragédies, dont un Euripide, et des longues Annales en dix-huit livres, où il chantait en vers l’histoire de Rome. l'apport décisif d'Ennius à la langue latine est l'acclimatation de l'hexamètre grec (le vers épique d'Homère) à la poésie latine. Auparavant, la poésie latine utilise surtout le vers saturnien, bien adapté au lexique latin, mais monotone au point que les auteurs jouaient de l'allitération pour lui donner du relief. Ennius emploie la versification dactylique dans ses Annales, le premier des poèmes patriotiques latins

     

    ENNODIUS (Magnus Félix) : écrivain ecclésiastique, né à Arles, 473-521, d’une illustre famille gauloise, descendant d'Agricola, fut ordonné diacre, malgré lui, à 21 ans, et, selon son aveu, fut quelque temps diacre sans avoir les mœurs. Saint Epiphane, évêque de Pavie, le détermina à changer de conduite, et Ennodius devint un des gardiens des lettres latines et un des protecteurs du peuple contre les Barbares. onseiller de l'évêque Laurent à Milan de 499 à 501. Il composa l’apologie du pape Symmaque, le panégyrique de Thédoric le Grand, et fut appelé vers 511, au siège de Pavie. Envoyé deux fois par le pape Hormisdas près de l’empereur Anastase pour mettre un terme aux dissenssions des deux églises d’Orient et d’Occident, il n’obtint rien et mourut à Pavie. L’Église l’a mis au rang des saints et l’honore le 17 juillet. On a de lui : 9 livres de Lettres, le Panégyrique de Théodoric, un Traité pour la défense du pape Symmaque, la Vie de Saint Epiphane, la Biographie d’Ennodius lui-même, 28 sermonts, et des poésics, hymnes, épithalames, épigrammes ou inscriptions. La meilleure édition des œuvres d’Ennodius est celle de Sirmond, Paris, 1611, in-8°.

    Extraits des oeuvres complètes de Saint-Ennodius par l'Abbé S.Léglise: Ennodius garde le vieux cadre romain des études de grammaire et de littérature, mais il y fait entrer l’éducation morale et la formation de ses jeunes élèves aux vertus chrétiennes. Il renonce à la férule si fort en honneur dans les écoles romaines et prétend faire épouser avec amour la science. Dans ce but il s’ingénie à la présenter sous les charmes les plus séduisants. Mais tout d’abord il s’efforce d’inspirer à ses jeunes élèves l’amour de la vertu. La vertu est la source du talent. Les vertus et les muses sont sœurs, et ne doivent pas être séparées. Les vertus sans les muses manqueront de cette grâce, de cet attrait qui les fait aimer ; les muses sans les vertus perdront toute décence et toute dignité.

    Les arts doivent relever la beauté de la vertu ; ils doivent aussi relever l’éclat de la noblesse. Dans ses lettres, dans ses discours, Ennodius ne tarit pas sur ce sujet; il ne cesse de rappeler aux jeunes héritiers des grands noms romains que, sans l’ornement des arts, sans la culture littéraire, la noblesse de leur race restera abîmée dans les misérables bas-fonds du vulgaire

    Ce culte des belles-lettres, Ennodius le poussait jusqu’à l’enthousiasme. Il va jusqu’à écrire : « C’est une sainte chose que l’étude des lettres. On y apprend à fuir le vice avant d’en avoir l’expérience » (V, 10). C’est le contre-pied de la thèse de Rousseau que les arts ont corrompu les mœurs et fait le malheur de l’humanité. Ennodius, au contraire, attribue aux arts la civilisation du monde (Dict. xii). Il avoue lui-même ingénument que dès sa plus tendre enfance il professa pour les belles lettres un amour passionné (Opusc. v). Dès lors il avait conquis la faveur du public lettré. Il sentait vivement le prix de cette estime et se montra constamment préoccupé de la mériter. Il veillait à ce que rien de négligé ne tombât de sa plume, ou du moins ne circulât dans le public (Epis. V, 17 ; VI, 13).

    Ennodius ne veut pas entrer en discussion sur leur mérite littéraire respectif, car il suffit à sa profession (de diacre) de s’appliquer à la doctrine. Il avoue toutefois ingénument que si lorsque, jeune encore, il était épris de beautés littéraires, quelqu’un l’eût blessé d’un pareil coup de dent, il n’eut pas manqué de fournir la réplique. « Maintenant, conclut-il, mon cher seigneur, portez- vous bien, et songez plutôt à me favoriser de vos enseignements sur les matières ecclésiastiques... Laissons les sujets profanes, semblables par leur frivolité à la trame de Pénélope (II, 6). Les derniers mots de la lettre à Pomère nous révèlent une immense révolution dans la république des lettres : le triomphe de l’esprit chrétien sur le paganisme littéraire.

     Malgré que depuis Constantin la religion chrétienne fut le culte officiel de l’empire, le paganisme restait vivace dans les mœurs romaines. A la fin du Ve siècle le pape Gélase eut toutes les peines du monde à abolir les Lupercales, fêtes païennes que, depuis la fondation de Rome, l’on célébrait dans la ville, le 15 février, en l’honneur de Pan. Il se trouva des Sénateurs chrétiens, entre autres Andromachus, frère de Faustus Maître des Offices, qui en firent des plaintes, et publièrent que les maux du jour venaient de ce que l’on ne célébrait plus ces fêtes païennes. Le pape dut écrire une apologie de son décret, et interdire aux chrétiens de célébrer ces fêtes.

    Le sénat se rendit aux avis de Gélase et abolit les Lupercales. Il dut interdire aussi, au moins pour un temps, les spectacles sanguinaires en usage à l’avènement des consuls.

    Sur la fin de la République les dames romaines étaient, en général, assez savantes pour s’intéresser à l’instruction de leurs fils et la surveiller avec intelligence. Quintilien les invitait expressément à remplir ce devoir, il sentait combien leur concours dans l’œuvre de l’éducation était précieux. Ennodius le sentait aussi et n’avait garde de négliger de si précieuses auxiliaires. Les grandes traditions de vertu et de science des Paule et des Stochie du siècle précédent, étaient encore en vigueur chez les dames romaines. Elpidie, fille du patrice Festus, que Boèce épousa en premières noces, écrivait d’élégantes poésies ; l’Eglise lui doit l’hymne des saints apôtres Pierre et Paul. Lorsque le moine africain, saint Fulgence, à son premier voyage à Rome (500), visita la maison du patrice Symmaque, il y trouva trois femmes aussi distinguées par la culture de leur esprit que par l’éminence de leurs vertus : la veuve Galla, la vierge Proba, consacrée à Dieu dès sa jeunesse et à laquelle Fulgence dédia ses deux traités de la Virginité et de la Prière, et Rusticienne que Boèce épousa après la mort d’Elpidie.

    Parmi ces nobles dames de Rome, Ennodius en désigne deux comme particulièrement dévouées au bien de ses jeunes amis, Barbara et Stéphanie.

     Ennodius avait connu Barbara dans le voyage qu’il fit à Rome vers 505. Béatus logeait sous son toit. Ces deux âmes se comprirent et s’apprécièrent. Dès lors, le diacre de Milan n’écrit plus à Rome sans penser à Barbara; jamais il ne cite le nom de la matrone, sans en faire le plus grand éloge. Les admirables lettres qu’il lui écrit témoignent de la sainte affection qu’il lui avait vouée, et révèlent une de ces grandes figures de Romaine chrétienne, oubliée à jamais dans la nuit de ces temps barbares si Ennodius n’eût buriné d’elle un portrait impérissable. Il veut que Béatus lui communique l’épitaphe de Cynégie qu’il a composée et il ajoute : « Saluez Fidèle, Marcellus, Georges, Solatius, Simplicianus. Dites-leur : Si vous avez à cœur de suivre la sage direction de la matrone Barbara, fréquentez sa maison, ses parents et ses frères. La chasteté y règne et le luxe en est banni. Celui qui tiendrait une autre conduite ne doit pas espérer revenir vers moi » (VII, 29). La noble veuve Stéphanie qu’Ennodius désigne à Ambroise et Béatus aux mêmes titres que Barbara, était sœur de Faustus. Le magnifique éloge qu’il en fait se trouve par là même pleinement justifié. En adressant l’épitaphe de Cynégie au prêtre Adéodat, Ennodius le prie de saluer pour lui la dame Stéphanie ainsi que la dame Sabiana et la dame Fadilla (VII, 28). Ces deux dernières appartenaient donc aussi à la maison de Faustus.

     

                                 
                                                              Livre d'Ennodius                                                                                      Ennodius   

                   

     

    ENNOMOS : devin qui, avec Chromis, emmena les Mysiens au secours des Troyens. Achille l'Eacide le tua.

    Extrait de l'Iliade d'Homère: Pylaiménès, au cœur intrépide, commande les Paphlagoniens, venus du pays des Énètes, où naissent les mules sauvages?; il guide aussi les habitants de Cytoros, ceux qui cultivent les campagnes de Sésame, et les guerriers qui, près du fleuve Parthénios, habitent de riches palais dans les villes de Cromna, d’Igiale, et sur les monts élevés d’Érythine.Les Halizons, sous les ordres d’Odios et d’Épistrophos, ont quitté les terres éloignées d’Alybè, où l’argent naît en abondance.Les Mysiens obéissent aux ordres de Chromis et de l’augure Ennomos, que son art prophétique ne put préserver du trépas?; il périt sous les coups de l’impétueux Éacide, dans le fleuve où ce héros immola tant d’autres Troyens.Accourus de la lointaine Ascanie, et brûlant de voler au combat, les Phrygiens ont suivi Phorcys et le bel Ascanios.Les chefs des Méoniens étaient Antiphos et Mesthlès, tous les deux fils de Talaiménès?; ils reçurent le jour de la nymphe du lac Gygée, et commandent les soldats méoniens, qui naquirent près du Tmolos.

    Aux Mysiens commandaient Chromis et Ennomos, augure. Mais les oiseaux ne lui permirent pas d'éviter la noire divinité et il fut dompté par les mains du rapide descendant d'Eaque, dans le fleuve où celui-ci tua bien  d'autres Troyens.


     

    ÉNOCH ou HÉNOCH : fils de Caïn, bâtit la première ville, Enochia.

     

    ÉNOCH  : 7ème patriarche, fils de Jared, père de Mathusalem, vécut 365 ans, fut transporté au ciel à cause de sa piété, et ne mourut pas. Il existe un Livre d’Énoch que James Bruce rapporta d’Abyssinie en 1769, et que l’Église ne reconnaît pas comme canonique.

     Énoch, âgé de soixante-cinq ans, engendra Metuschélah. Hénoch, après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours d’Énoch furent de trois cent soixante-cinq ans. Hénoch marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. Genèse 5:21-24.

     

                  
                                         Enoch                                                                   Noé, Élie et Énoch    

         

     

    ÉNOCH ou HÉNOCH  (LIVRE): Le livre d'Hénoch est un écrit pseudépigraphique de l'Ancien Testament attribué à Hénoch, arrière-grand-père de Noé. Ecrit en partie en hébreu et en partie en araméen, Il appartient au canon de l'Ancien testament de l'Église éthiopienne orthodoxe mais il est rejeté par les Juifs et n'est pas inclus dans la Bible des Septante. Il a été officiellement écarté des livres canoniques vers 364 lors du Concile de Laodicée (canon 60), et il est considéré depuis comme apocryphe par les autres Églises chrétiennes. Mais il était connu en Occident, au moins indirectement, et on retrouve par exemple son influence sur les passages consacrés au calendrier dans les textes hiberno-latins , comme Altus prosator.

    ÉNODIA : qui a son séjour dans les carrefours. Surnom d’Artémis, d’Hécate et de Perséphone. Les habitants de Colophon lui sacrifiaient pendant la nuit de jeunes chiennes noires.

    ÉNORCHÈS : fils de Thyeste et de sa sœur Dæta. Né d’un œuf, il bâtit un temple à Dionysos

    ENOPTROMANTIE : divination par un miroir magique qui montrait les événements passés et à venir à un enfant ou à une femme à qui l’on avait bandé les yeux.

    ENSEIGNE : signes sous lesquels se rangent les soldats. Chez les Hébreux, chaque tribu avait son enseigne, Juda un lion, Zabulon un navire, etc. Chez les Égyptiens, les enseignes étaient les images des dieux. Chez les Perses, c’était un aigle ou un manteau au bout d’une lance. Les Grecs avaient une multitude d’enseignes, telles qu’un bouclier, un casque, une branche d’olivier, un sphinx. À Rome, l’enseigne de la légion fut d’abord une poignée de foin placée au bout d’une longue fourche ; plus tard, la légion eut pour enseignes des figures d’aigle, de loup, de cheval, de sanglier, et de minotaure, puis un morceau de laine carré ou vexillum pour chaque cohorte, et une main ouverte ou signum pour chaque centurie. Marius remplaça toutes ces enseignes par une seule, l’aigle, qui resta en usage jusqu’à la fin de l’empire. Les Gaulois avaient pour enseignes les bêtes de leurs forêts. Les Francs Saliens une tête de bœuf, les Francs Ripuaires une épée. Les Français ont eu pour enseignes les fleurs de lys jusqu’en 1792, le coq gaulois sous la République, l’aigle sous l’Empire, les fleurs de lys sous la Restauration, le coq gaulois de 1830 à 1852. Le deuxième empire reprit l’aigle qui avait été illustré par les victoires du premier.

     

                                  

                          Enseigne religieuse égyptienne représentant Bastet                       

     

                           

                                                 Enseignes de légions romaines

     

                                                   

                                                          Gordien III (238-244 ap. JC) Avers : Buste lauré drapé et cuirassé.

                                                             Revers : Allégorie de la Fidélité tenant une enseigne manipulaire.

     

                                       

                                                                                      Philippe I (antoninien) 249

     

     

    ENSEIGNEMENT : les Égyptiens pratiquaient le système de l’apprentissage. Dans chaque corporation, les pères enseignaient leur métier à leurs enfants. Dans chaque ville, il y avait des maîtres qui donnaient des leçons aux fils des artisans et des fonctionnaires. Ces cours étaient dispensés dès l’âge de quatre ans, jusqu’à l’âge de dix ans. Les filles n’y avaient pas accès. Dictée et copie tenaient une place essentielle dans cet enseignement qui précédait l’apprentissage d’un métier. Les plus doués et les plus riches avaient la possibilité d’entrer dans les écoles supérieures formant les fonctionnaires ou dans les écoles de prêtres.

     

    ENSEIGNEMENTS : genre littéraire très prisé en Égypte. Parmi les plus connus figurent l’Enseignement de Ptahhotep (Ve dynastie), l’Enseignement d’Anii (XVIIIe dynastie), l’Enseignement d’Aménopé (XXIIe dynastie) et l’Enseignement d’Onchsheshonqy sous les Ptolémées.

     

    ENSEIGNES SACRÉES : protections symboliques portées devant le roi ou le dieu, en cortège. Certaines représentaient les dieux mêmes, d’autres figuraient les emblèmes des nomes.

     

    ENSÉRUNE : site celte, datant du VIe au Ier siècle avant notre ère, dans le languedoc. Sur cette colline entre Béziers et Narbonne, on peut  voir les restes d’un oppidum en pierre sèche et d’un cimetière à incinération (IIIe siècle). Dans les 500 tonnes déjà fouillées, on a découvert des épées, des céramiques, des poteries et de nombreuses agrafes servant de fermoirs sur les ceintures portant les armes.

     

                                                

                                                                                    Oppidum d'Ensérune

     

     

    ENSICULUS : petite épée de bois pour les enfants.

     

    ENTÉDIDÉ : une des filles de Thespios. Héraclès la rendit mère de Mennipidès.

     

    ENTELLE : héros troyen ou sicilien qui donna son nom à la ville d’Entelle en Sicile. Il vainquit Darès au combat du cCeste dans les jeux donnés par Énée.

     

    ENTINOPUS : architecte grec, vivait en 413 ap. l’ère chrétienne. Il fut le premier fondateur de Venise. Lors de l’invasion de Radagaise et des Suève, en 405, il se réfugia au lieu où se trouve maintenant Venise. En 409, les habitants de Padoue  qui fuyaient devant Alaric y bâtirent 24 maisons. En 452, des citoyens d’Aquilée, menacés par Attila, vinrent les rejoindre, et Venise fut dès lors une bourgade de pêcheurs qui devint bientôt florissante.

     

    ENTORIA : fille d’un laboureur qui donna l’hospitalité à Saturne. Elle fut aimée du dieu et eut quatre enfants, Janus, Lymnus, Faustus et Félix. Instruit par l’amant de sa fille dans l’art de cultiver la vigne et de préparer le raisin à condition qu’il garderait pour lui le secret, le laboureur fut lapidé par ceux qu’il avait enivrés. Ses petits-enfants se pendirent de désespoir à l’annonce de sa mort et la peste ravagea Rome. Pour apaiser Saturne et les ombres des défunts, l’oracle donna l’ordre à Lutatius Catulus d’élever un temple sur la roche Tarpéienne.

    Extrait des Oeuvres Morales de Plutarque: L'histoire d'Icare, qui donna l'hospitalité à Bacchus, est rapportée par Ératosthène dans son Érigone. Saturne étant venu loger chez un laboureur, eut commerce avec sa fille Entoria, jeune personne d'une grande beauté. De ce commerce naquirent quatre fils, Janus, Hymnus, Faustus et Félix. Saturne apprit à son hôte l'art de cultiver la vigne et de faire le vin, et le chargea de le communiquer à ses voisins. Icare le fit, et ses voisins, qui n'étaient pas accoutumés à cette boisson, tombèrent dans un sommeil profond. A leur réveil, ils crurent qu'on les avait empoisonnés, et ils lapidèrent Icare. Ses quatre petits-fils se pendirent de désespoir. Les Romains, affligés de la peste, consultèrent l'oracle de Delphes, qui leur dit que ce fléau cesserait lorsqu'ils auraient apaisé la colère de Saturne et les génies de ceux qui avaient péri injustement. Lutatius Catulus, d'une famille patricienne, fit bâtir un temple à Saturne auprès du mont Tarpéien, et y éleva un autel à quatre faces, soit à cause des quatre petits-fils d'Icare, soit par allusion aux quatre saisons de l'année, à laquelle il ajouta le mois de janvier. Saturne plaça tous ses enfants parmi les astres. Trois d'entre eux sont appelés protrygétères, et Janus, qui se lève le premier, est une étoile qui paraît auprès de la Vierge. (Critolaüs, au quatrième livre des Phénomènes célestes.

     

                                                   

     

     

    ENTRELACS : tiges végétales gravées, peintes ou sculptées sur les bijoux, les armes et les monnaies, qui symbolisaient les profusions et les mouvements de la vie.

     

    ENTREMONT : commune des Bouches-du-Rhône au-dessus d’Aix-en-Provence sur laquelle les Gaulois Salyens élevèrent un grand oppidum. On y a retrouvé un bas-relief de cavalier, des têtes coupées sculptées, des têtes casquées et des torses cuirassés.L'antique capitale du monde salyen, dont nous retrouvons les traces au Baou Roux ( à Bouc bel air, à proximité de Cabriès),à Roquepertuse et à l'Infernet, a eu une existence brève. Fondée vers 180 avant notre ère, elle se développa rapidement en profitant du rayonnement économique de la colonie grecque de Massalia. Mais dès 124 avant JC, les Massaliotes appelèrent à l'aide Rome. La cité salyenne succomba à la poussée impérialiste romaine. Aquae Sextiae (Aix) fut créée dans un site mieux abreuvé. Entremont fut abandonné. L'habitat salyen, à Entremont, est particulièrement bien conservé et révèle un caractère méditerranéen. Les maisons les plus anciennes mesurent de 13 à 15 m² et sont construites en pierres liées avec de la terre argileuse. Leur toit est en terrasse. On trouve à Entremont les traces d'un édifice public : une salle hypostyle.(Voir le site de Pierre Noblecourt).

     

                   

                                         Carte d'Entremont                                                      Buste d'un guerrier Salyen

     

                                          

                                                                                Oppidum d'Entremont

     

                                      

                             Reconstitution de deux guerriers Salyens. Le second montre les têtes coupées de ses ennemis.

     

     

    ENVIE  ou BIA ou LA VIOLENCE: fille du géant Pallas et de Styx. On la représentait la tête hérissée de couleuvres et le regard louche. Elle lutte aux cotés de Zeus contre les géants. Elle a pour soeur Nikê (la Victoire, compagne d'Athéna) et pour frère Zélos (l'Ardeur). Avec lui, elle accompagne toujours Zeus, qu'elle aida à enchaîner Prométhée sur le Caucase.

     

                                                                   

                                                                                 Niké soeur d'Envie ou Bia

     

     

    ÉNYALIOS : le belliqueux. Nom employé comme synonyme d’Arès. Les poètes nous donnent Ényalios comme fils d’Arès et d’Ényo ou de Cronos et de Rhéa.

     

    ÉNYO (BELLONE) : déesse de la guerre, épouse ou fille d’Arès dont elle conduit le char. Elle est accompagné d’Éris (la Discorde), de Phobos (l’Effroi), et de Phygé (la fuite). À thèbes et à Orchomène, on célébrait les homoloia en son honneur et en celui de Déméter, d’Athéna et de Zeus. Ényo avait au temple d’Arès, à athènes, une statue exécutée par les fils de Praxitèle.

     

             

                                                     Enyo                                                                     Bellone-Auguste-Rodin-1879  

     

                                            

      Une vue de plus près du théâtre de Marcellus. Il était composé de trois étages d'ordre dorique, ionique et corinthien. Le temple d'Appolon (T. Apollinis Sosiani) est celui à droite. Le temple de Bellone (T. Bellonæ) est à gauche. Sous la république, les sénateurs se réunissaient dans ces deux temples pour décider des triomphes aux vainqueurs. 

          

     

    ÉOCHAID FEIDLECH : roi supprême des Gaëls à Tara, père de la reine Medb. Il perdit sa femme Étaine dans une partie d’échecs contre le dieu Mider. Après de vaines tentatives de vengeance, il eut malgré lui une relation amoureuse avec sa fille, Es, qu’il essaya de tuer.

     

    ÉOCHU AIREM : le Père Puissant . Surnom de Dagda.

     

    ÉOCHU : fils du roi Eochaid mac d’Eirc. Dernier chef des Fir Bolg. Il perdit la vie lors de l’invasion des Tuatha Dé Danann. Son règne fut celui de la prospérité, de la rectitude et du bonheur.

     

    ÉOGAN MOR : fils de Durthacht. Il tua Noisé sur les ordres du roi Conchobar. Pour ses bons services, le roi lui donna Deirdre, mais cette dernière préféra se suicider plutôt que de l’épouser.

     

    ÉOGAN MOR : le Grand Fils du roi du Munster Mog Neid, père de Fiacha Muilléthan.

     

    ÉOLAS : la Connaissance. L’un des trois druides qui initia les Tuatha Dé Danann.

     

    ÉOLE : voir ÆOLUS

     

    ÉOLIE ou ÉOLIDE : ancienne contrée de l’Asie Mineure, au Nord Ouest, entre la Troade au Nord et l’Ionie au Sud. Elle fut peuplée par des colons éoliens qui fuyaient le Péloponnèse envahi par les Doriens. Ils y fondèrent 12 villes unies par un lien fédératif : Cyme ou Cumes, Larisse, Grynia, Néon-Tichos, Myrine, Cilla, Temnos, Elée, Pitane, Notion, Egirousse et Smyrne. Cette dernière devint une possessiondes Ioniens.

     

                                                   

                                                                                                  Éolide

     

                                   

                                                                                   Carte d'Éolide détails

     

                                       

     Tétadrachme d'Éolide: Anépigraphe. Tête de la nymphe Kymé diadémée à droite, les cheveux relevés et coiffés en petit chignon.

     

    ÉOLIENS : une des quatre tribus helléniques. Les Éoliens descendaient d’Æolus, fils d’Hellen. De la Thessalie, ils passèrent en Béotie et dans le Péloponnèse. Chassés par les Doriens, que conduisaient les Héraclides, ils se dispersèrent.

    Extrait de l'Histoire des Grecs: Qu'étaient les Éoliens? Nous ne savons s'il ne faut pas, comme leur nom l'indique , voir en eux un mélange de Pélasges et d'Hellènes fait à des époques inconnues, en divers lieux et dans des proportions différentes. Ceux, en effet, que les anciens appelaient de ce nom, ne paraissent pas avoir été une seule et même tribu, comme le dialecte dit éolien semble moins un rameau distinct de la langue grecque que le mélange de toutes les formes de l'idiome hellénique qui n'étaient ni ioniennes ni doriennes. Il a été en outre reconnu d'une manière certaine que les affinités les plus grandes du latin et du grec se trouvent dans le dialecte éolien, qui, bien plus que les autres, se rapproche de leur type commun et renferme sans doute les éléments de la langue la plus anciennement parlée en Grèce et en Italie.
         On voit les Éoliens s'étendre sur une zone presque partout maritime du Nord-est au Sud-ouest ; on les trouve aux environs du golfe Pagasétique, dans une partie de la Béotie, dans la Phocide, l'Étolie, la Locride, l'Élide et la Messénie. Podalire, Machaon, Philoctète, Odysseos, Nestor et Ajax, fils d'Oïlée, étaient de cette race ; les légendes y rattachent Jason, le grand chef de mer ; le devin Mélampos, qui comprenait le chant des oiseaux et savait guérir les plus cruelles blessures ; le présomptueux Salmonée et son frère, le rusé Sisyphe, fondateur de Corinthe, qui, aux Enfers, doit, en punition de crimes mal définis, poser au sommet d'une montagne un roc énorme, sans cesse retombant ; enfin Athamas, le puissant roi des Minyens, le gendre de Cadmos, qui fut père de Mélicerte, dont le nom rappelle un dieu Tyrien. Athamas fut père aussi de Phrixos et d'Hellé, qu'il voulut immoler et que Zeus sauva en leur envoyant un bélier à la toison d'or pour les transporter hors d'Europe.
         Les Achéens ont une physionomie encore moins distincte. Les anciens les rattachaient aux Éoliens, avec lesquels ils finirent par se confondre, et il n'est nulle part question d'art ou de dialecte achéen. Ils ne formaient donc pas une tribu particulière. Comme les Eoliens encore, ils préféraient les lieux maritimes ; et leur histoire regarde à l'orient. Teucer, un de leurs héros, a le même nom qu'un roi de la Troade, et on trouve des Achéens en Chypre et dans la Crète. Mais ils s'élevèrent à un plus haut degré de puissance, et c'est par eux, à vrai dire, que l'histoire de la Grèce commença.

     

    ÉOS : voir AURORE

     

    ÉPAMINONDAS : général thébain 411-362 av. J.-C. Fils de Polymnis. Malgré sa pauvreté, il reçut une brillante éducation. Il apprit la musique sous la direction de Denys et d’Olympiodore, la danse sous Calliphron, la philosophie pythagoricienne sous Lysis de Tarente, l’éloquence sur l’Agora de Thèbes, la guerre sur le champ de bataille de Mantinée où il sauva la vie de Pélopidas (385). Après la victoire des démocrates exilés en 379, il protégea le parti vaincu. Après la déclaration de guerre en 372 par les Spartiates, Épaminondas vainquit et tua le roi Cléombrote à Leuctres en Béotie (371), malgré des forces inférieures : 6 500 hommes contre 11 000. Épaminondas fit construire Mégalopolis en Arcadie, envahit le Péloponnèse et se trouva face aux deux armées ennemies commandées par le roi de Sparte Agésilas et l’Athénien Iphicrate. Il éleva la ville de Messène, puis retournant à Thèbes pour défendre sa cause, reprit la tête de l’armée. Il parvint à franchir l’isthme malgré la présence de 20 000 ennemis, mais ne put prendre Corinthe défendue par l’Athénien Chabrias. Menacé de tous côtés, Épaminondas se retira en Béotie. En 367, servant comme simple soldat, il sauva l’armée en Thessalie et fut élu pour la troisième fois général en chef avant de battre sur mer l’Athénien Lachès. En 362, nommé pour la quatrième fois à la tête de l’armée, il entra dans le Péloponnèse et remporta sur Agésilas la victoire de Mantinée où il fut blessé mortellement. En expirant, il dit : « Je laisse deux filles immortelles, Leuctres et Mantinée. »

    Extrait d'Épaminondas de Cornélius Nepo: Diomédon de Cyzique mit à l’épreuve l’intégrité d’Épaminondas. À la prière d’Artaxerxès, il avait entrepris de le corrompre par l’argent. II vint à Thèbes avec une grosse somme d’or, et, par un don de cinq talents, il fit entrer dans ses vues le jeune Micythus, qu’Épaminondas aimait alors beaucoup. Micythus va trouver Épaminondas et lui expose le sujet de la venue de Diomédon. « Il n’est pas besoin d’argent, dit Épaminondas en présence de ce dernier : car, si le roi de Perse désire des choses qui soient utiles aux Thébains, je suis prêt à les faire gratuitement ; mais si ces choses leur sont contraires, il n’a pas assez d’or et d’argent pour me séduire ; je ne voudrais point échanger contre tous les trésors de l’univers mon amour pour ma patrie. Toi, Diomédon, qui m’as tenté sans me connaître et qui m’as cru pareil à toi, je ne suis point étonné de ta démarche, et je te pardonne ; mais sors promptement de Thèbes, de peur que, n’ayant pu me corrompre, tu n’en corrompes d’autres. Toi, Micythus, rends-lui son argent ; si tu ne le fais aussitôt, je te livrerai aux magistrats. » Diomédon le priant de faire en sorte qu’il pût se retirer en sûreté et qu’il lui fût permis de remporter les sommes qu’il avait apportées : « Je le ferai, lui dit Épaminondas, non pas pour toi, mais pour moi ; de crainte que, si l’on te vole ton argent, on ne m’accuse de m’en être saisi par un larcin, après l’avoir refusé à titre de présent. » Épaminondas lui demanda où il voulait être conduit, et Diomédon ayant désigné Athènes, il lui donna une escorte, afin qu’il s’y rendit en sûreté. Il ne se contenta pas de cela. Il fit en sorte, par le moyen de l’Athénien Chabrias, dont nous avons fait mention ci-dessus, qu’il pût s’embarquer sans être maltraité. Cette preuve du désintéressement d’Épaminondas nous suffira. Nous pourrions sans doute en rapporter un grand nombre d’autres, mais il faut nous borner, parce que nous nous sommes proposé de renfermer dans ce seul livre les vies de beaucoup de grands hommes, que d’autres écrivains avant nous ont développées séparément, et en plusieurs milliers de lignes.

    Il y avait à Thèbes une loi qui punissait de mort un général, s’il retenait le commandement au delà du terme prescrit. Épaminondas, considérant qu’elle avait été portée pour le salut de la république, ne voulut pas la faire servir à sa perte, et il exerça le commandement quatre mois de plus que le peuple ne l’avait décrété. Quand l’armée fut revenue à Thèbes, ses collègues furent mis ou accusation. Épaminondas leur permit de rejeter toute la faute sur lui, et de soutenir que c’était à cause de lui qu’ils n’avaient pas obéi à la loi. Ce système de défense les ayant mis hors de danger, personne ne pensait qu’Épaminondas répondît à l’assignation, parce qu’il n’avait rien à dire. Mais il comparut en jugement, ne nia aucun des faits dont ses ennemis lui faisaient des crimes, et avoua tout ce que ses collègues avaient dit. Il consentit à subir la peine infligée par la loi ; mais il demanda pour toute grâce à ses juges que, sur sa sentence de condamnation, ils écrivent ces paroles : « Épaminondas a été puni de mort par les Thébains, parce qu’il les a forcés de vaincre à Leuctres les Lacédémoniens, qu’aucun des Béotiens, avant qu’il fût leur général, n’avait osé regarder sur le champ de bataille ; parce que, par un seul combat, il a non seulement sauvé Thèbes de sa ruine, mais encore rendu la liberté à toute la Grèce ; parce qu’il a mis les affaires des deux peuples dans un tel état, que les Thébains ont assiégé Sparte, et que les Lacédémoniens se sont contentés de pouvoir sauver leurs vies ; et parce qu’il n’a pas cessé de faire la guerre qu’il n’ait bloqué la ville en rétablissant Messène. » Quand il eut prononcé ces paroles, une vive hilarité éclata dans toute l’assemblée, et aucun juge n’osa opiner. II sortit ainsi d’une affaire capitale avec la plus grande gloire.

    Sur la fin de sa vie, Épaminondas commandait les Thébains à Mantinée. Comme il pressait trop audacieusement les ennemis dans une bataille rangée, il fut reconnu des Lacédémoniens, qui, faisant uniquement consister leur salut dans sa mort, fondirent tous sur lui seul, et ne se retirèrent, après un grand carnage de part et d’autre, que lorsqu’ils virent Épaminondas même frappé d’un spare lancé de loin pendant qu’il combattait très vaillamment, et tombé mort. Les Béotiens furent un peu ralentis par sa chute ; cependant ils ne quittèrent point le champ de bataille qu’ils n’eussent entièrement défait les troupes qui leur résistaient. Comme Épaminondas sentit qu’il avait reçu une blessure mortelle, et qu’il perdrait la vie dès qu’il aurait extrait la pointe du dard qui lui était restée dans le corps, il l’y garda jusqu’au moment où l’on lui annonça que les Béotiens avaient vaincu. Après qu’il eut appris cette nouvelle : « J’ai assez vécu, dit-il, car je meurs sans avoir été vaincu. » Ayant alors arraché le fer, il expira sur-le-champ.

     

         

       Épaminondas. La bataille de Leuctres (371 av.-J-C) "Le roi spartiate, sûr de lui, aligne uniformément tous ses régiments d'hoplites sur plusieurs centaines de mètres comme le veut la tradition. Epaminondas, conscient qu'en combat frontal en ligne serait suicidaire, va changer les règle de la guerre. Il rompt l'uniformité en renforçant son flanc gauche qui face face au général ennemi Cléombrotos. Il ajoute aux 8 rangs traditionnels d'hoplites, 42 rangées supplémentaires de soldats. Cette formation de combat inédite regroupe 2 400 hommes au lieu des 600 habituels. Une révolution dans la stratégie militaire.

     

                    

                                                                     La mort d'Épaminodas à Mantinée

     

     

    ÉPAPHRODITE : affranchi et secrétaire de Néron. Il l’aida à se tuer et fut condamné à l’exil par Domitien, puis à la mort pour avoir porté la main sur un empereur. Le philosophe Épictète fut son esclave.

    Rejoint et sur le point d'être pris, Néron, qui s'est réfugié dans la maison de campagne de son affranchi Phaon, entre les Voies Salaria et Nomentana, à quatre milles de Rome, s'en fonce un poignard dans la gorge avec l'aide de son secrétaire Epaphrodite. Nous sommes le 11juin 68.

     

    EPARCHIE : dans l’empire d’Orient, subdivision d’un thème ou division militaire –en Russie, diocèse- dans la Grèce moderne, arrondissement ou subdivision d’un nome.

     

    ÉPASNACTOS : César après sa victoire su Vercingétorix fit preuve de clémence et de sens politique, il ménagea les Arvernes et leur rend vingt mille prisonniers, nul doute qu’il voulait s’appuyer sur la partie de l’aristocratie qui lui avait été favorable antérieurement. Les Arvernes retrouvèrent donc un gouvernement dirigé par une assemblée de magistrats et de notables. Ce fut Epasnactos qui prit la tête de Gergovie. Décrit comme un grand ami de Rome par César, il nous est aussi connu par des monnaies marquée EPAD, dont un très grand nombre a été retrouvé à Gergovie.  Ce chef des Gaulois Arvernes est parfois considéré comme un traître car il recruta des Gaulois en Auvergne pour former la première légion romaine des Gaules en 51 av. J.-C. Elle fut surnommée la légion des Alouettes.

    Extrait de la Guerredes Gaules par Aulus Hirtius: En conséquence, il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes et leur accorda la vie sauve, pour qu’on sût mieux comment il punissait les rebelles. Drappès, qui, je l’ai dit, avait été fait prisonnier par Caninius, soit qu’il ne pût supporter l’humiliation d’être dans les fers, soit qu’il redoutât les tourments d’un cruel supplice, s’abstint pendant quelques jours de nourriture et mourut de faim. Dans le même temps Luctérios, dont j’ai rapporté qu’il avait pu s’enfuir de la bataille, était venu se mettre entre les mains de l’Arverne Epasnactos : il changeait, en effet, souvent de résidence, et ne se confiait pas longtemps au même hôte, car, sachant combien César devait le haïr, il estimait dangereux tout séjour de quelque durée : l’Arverne Epasnactos, qui était un grand ami du peuple Romain, sans aucune hésitation le fit charger de chaînes et l’amena à César.

     

    ÉPÉE : arme favorite des Celtes et des Gaulois, l’épée symbolisait la lumière et la force. Dans le cycle arthurien, l’épée Rxcalibur ne peut être utilisée que par un chevalier dont la perfection le destine au trône. Sa forme évolua tout au long de leur histoire. Des origines à 350 avant notre ère, elle était courte et effilée, destinée à frapper d’estoc. À partir de 350, avec l’emploi de plus en plus fréquent des cavaliers, elle s’allongea et s’émoussa pour une frappe de taille. Vers l’an 100, les sabres droits se généralisèrent, handicapant les fantassins. Quand on inhumait un guerrier, son épée était pliée ou brisée, rejoignant ainsi son maître dans la mort.

     

                                           

     Epée gauloise d'Epais-Rhus à fourreau en fer décoré de bandes de tôle de bronz 

    m         p         illée d'un motif végétal

     Epée gauloise d'Epais-Rhus à fourreau en fer décoré de bandes de tôle de bronze
    estampillée d'un motif végétal
       

    ÉPÉOS :  fils de Panopée. Il se rendit avec trente vaisseaux des îles Cyclades à Troie où il construisit sous le patronage d’Athéna le fameux cheval de bois. Les instruments qui servirent à la construction furent déposés dans le temple d’Athéna à Métaponte.

     

    ÉPÉOS : Suivant Homère, Épéos était un guerrier courageux. Il se distingua aux jeux funèbres de Patrocle qu’il remporta sur Euryalos.

    Extrait de l'Iliade par Homère: À l’instant se lève un héros d’une grande force et d’une taille élevée, le fils de Panops, Épéos, habile au pugilat?; il saisit la mule vigoureuse, et s’écrie?:

    «?Qu’il approche celui qui désire cette large coupe?; je ne pense pas qu’aucun des Grecs prétende enlever cette mule en triomphant au pugilat, car je me glorifie d’être le plus fort. N’est-ce pas assez que je ne sois qu’au second rang dans les batailles? Il n’est pas donné à l’homme d’exceller en toutes sortes de travaux. Mais je le déclare, cela s’accomplira?; je déchirerai le corps de mon rival, et briserai ses os. Que ses compagnons se rassemblent en foule autour de lui pour l’emporter quand il sera vaincu par mon bras.?»

     Ainsi parle Épéos, et tous gardent le silence. Le seul Euryale s’avance, semblable à un dieu, Euryale fils de Mécistée, issu du roi Talaïon, et qui jadis se rendit à Thèbes quand on célébrait les funérailles d’Oedipe?: là il vainquit tous les enfants de Cadmos. Le vaillant Diomède l’accompagne et l’encourage par ses discours?; car il désire qu’Euryale soit vainqueur. Il l’entoure d’une large ceinture, et lui donne de fortes courroies, dépouille d’un bœuf sauvage. Les deux rivaux, entourés de leur ceinture, s’avancent dans l’arène?; ils lèvent à la fois l’un contre l’autre leurs bras vigoureux, qui tombent ensemble, et leurs mains pesantes se confondent. Le bruit de leurs mâchoires se fait entendre, et de toutes parts la sueur coule de leurs membres. Mais Épéos se précipite et frappe à la joue Euryale, qui cherchait à l’éviter?; celui-ci ne résiste point à ce coup, et ses membres robustes se dérobent sous lui. Ainsi au souffle frémissant de Borée, le poisson s’agite sur l’algue du rivage, où le recouvrent les vastes flots?; de même s’agite ce guerrier blessé. Alors le magnanime Épéos le prend par la main, et le relève?: les amis d’Euryale s’empressent autour de lui, et l’emmènent à travers le cirque, où ses pieds traînent dans la poussière?; il vomit un sang noir, et sa tête se balance des deux côtés?; enfin il s’évanouit entre les bras de ceux qui le conduisent. Cependant ses compagnons s’emparent de la coupe à double fond.

     Alors le fils de Pélée apporte un bloc, masse telle qu’elle sortit de la fournaise, et que lançait autrefois le vigoureux Éétion?; après qu’Achille eut immolé ce prince, il transporta ce bloc dans ses navires, avec les autres richesses?; maintenant il se lève, et fait entendre ces paroles?:

     «?Approchez, ô guerriers qui voulez tenter la fortune de ce combat?; celui qui sera maître de ce bloc, lors même qu’il posséderait une vaste étendue de champs fertiles, aura du fer à son usage durant cinq années?; pendant tout ce temps ni le laboureur ni le berger n’en manqueront, et ne seront pas obligés d’aller à la ville prochaine?: ce bloc leur en fournira abondamment.?» Il dit?; aussitôt s’avance Polypétès, inébranlable dans les combats?; il est suivi de Léontée, dont la force égale celle des dieux?; d’Ajax, fils de Télamon?; et du noble Épéos. Ils se placent en ordre; d’abord Épéos saisit le bloc, et le lance en le faisant pirouetter dans les airs?; à cette vue une risée générale s’élève parmi les Grecs. Après lui c’est Léontée, rejeton du dieu Arès, qui lance le bloc?; le troisième est le fils de Télamon, qui, d’une main vigoureuse, dépasse les marques des deux premiers?; enfin le fort Polypétès s’empare du bloc?: autant que franchit d’espace la houlette du berger, lorsqu’il la lance en tourbillonnant au milieu de ses génisses, autant dans la carrière Polypétès devance ses rivaux. Tous les soldats applaudissent par leurs cris, et les compagnons du fort Polypétès emportent dans les navires le glorieux prix de ce roi.

     

    ÉPHÈSE : du nom d'Apasa, reine des Amazones. ville d’Asie mineure, en Ionie. Elle fut célèbre dès la plus haute antiquité par le temple d’Artémis qui fut deux fois reconstruit. Le plus ancien était d’architecture égyptienne, long de 140 mètres et large de 73. Le second, à la construction duquel contribuèrent toutes les villes grecques, était un monument d’ordre ionique, et fut regardé comme une des merveilles du monde. On y travailla plus de deux siècles. Il fut brûlé en 356 av. J.-C. par Érostrate qui voulait rendre son nom immortel. Le troisième, œuvre de Chiromocrate, fut orné par les plus grands artistes de la Grèce : Praxitèle sculpta l’autel, Parrhasios et Apelle le décorèrent de peintures. Sa statue d’or d’Artémis et la richesse de son trésor attirèrent les Goths qui le pillèrent en 263 de notre ère. Constantin le fit raser.

     

                   

                                                                                                                                                   Artémis d'Éphèse

     

           

                                                                                                                                Bibliothèque de Celsus

     

                                      

                                                                 Reconstitution d'Éphèse sous l'empire romain

     

              

                 Fresques à l'intérieur d'une maison à Éphèse                                          Victoire ou Nyké à Éphèse

     

                

              Reconstitution du temple d'Artémis(Diane) à Éphèse                                Théâtre yomain d'Éphèse

    Antipater de Sidon, le poète grec qui a établi la "liste" des 7 merveilles du monde antique, considère ce temple comme la plus belle des merveilles :
    "J’ai contemplé les murs de l’âpre Babylone, sur lesquels courent les chars, et le Zeus des rives de l’Alphée, ainsi que les Jardins suspendus, et le colosse d’Hélios, et l'imposant travail des hautes pyramides, et le gigantesque tombeau de Mausole. Mais quand je vis la demeure sacrée d’Artémis, qui s’élève jusqu’aux nues, tout le reste fut rejeté dans l'ombre et je dis : « Vois ! Mis à part l'Olympe, le Soleil n'a encore jamais rien contemplé de tel. »

     

    ÉPHÉSIES : fêtes à Éphèse en l’honneur d’Artémis.

     

    ÉPHÈTES : juges athéniens qui formaient un tribunal criminel auquel on pouvait faire appel des autres sentences. Il fut institué par Dracon et réformé par Solon. Il y avait 51 éphètes, cinq par tribus et un dernier choisi par le sort.

     

    ÉPHIALTÈS: homme d’État athénien qui devint le chef du parti démocratique à partir de 465 av. J.-C. et qui s'opposa à l'aristocrate Cimon. Il profita de l'absence de Cimon, parti pour Sparte avec quatre mille hoplites dont nombre de ses partisans, ou de la chute de popularité de ce dernier lors de son retour honteux, pour mettre en application un certain nombre de réformes radicales nécessaires à l’institution de la démocratie. Il fut soutenu par le jeune Périclès. Il persuada l’Assemblée de voter des lois qui retiraient tout pouvoir à l'Aréopage et lui laissaient simplement la juridiction dans les cas d'homicide ainsi que l'administration des propriétés sacrées. Le pouvoir revint ainsi à la Boulè, à l'Ekklésia et aux cours de justice populaires.

     

    ÉPHIALTÈS(cauchemar) : Trachinien qui dirigea les Perses de Xerxès par un sentier de l’Œta et les conduisit au-delà des Thermopyles, sur les arrières de l’armée de Léonidas (480 av. J.-C.).

     

    ÉPHIALTÈS : un des géants qui firent la guerre aux dieux. Apollon lui creva l’œil droit et Héraclès le gauche.

     

    ÉPHORE : historien grec né à Cymé, en Éolide, vers 360 av. J.-C. Il fut, avec Théopompe, élève d’Isocrate. Il composa une histoire générale en 30 livres, premier essai d’histoire universelle. Nous n’en connaissons que de courts fragments.

    Extrait de la géographie de Strabon:  Ephore signale encore, comme un grand avantage de la Béotie sur les contrées qui l'avoisinent, cette double circonstance qu'elle est seule à être baignée par trois mers à la fois, seule aussi à posséder tant de ports. Et le fait est qu'en même temps qu'elle reçoit par les golfes de Crissa et de Corinthe les marchandises venant d'Italie, de Sicile et de Libye, à l'opposite, c'est-à-dire vers l'Eubée, où son littoral au-dessus et au-dessous de l'Euripe présente en réalité deux côtes distinctes (celle d'Aulis et de Tanagra d'une part, celle de Salganée et d'Anthédon de l'autre), elle se trouve toucher à la fois à la mer qui baigne l'Egypte, Chypre et les îles, et à cette autre mer qui forme sur les côtes de la Macédoine la Propontide et l'Hellespont. Ephore ajoute que l'Eubée, par suite du peu de largeur de l'Euripe, qui a permis de jeter d'un bord à l'autre ce pont de deux plèthres, peut être considérée comme faisant partie de la Béotie. Placée dans des conditions si éminemment favorables, la Béotie, au jugement d'Ephore, semblait naturellement appelée à exercer l'hégémonie sur la Grèce entière, mais, faute d'une culture et d'une éducation philosophique suffisante, les chefs qu'elle se donna successivement ne purent, malgré quelques succès signalés, assurer d'une manière durable sa prépondérance politique. On le vit bien par l'exemple d'Epaminondas, car à peine ce grand homme eut-il succombé, que les Thébains, qui commençaient à goûter les douceurs de l'hégémonie, en furent dépouillés pour jamais. Leur tort avait été (c'est toujours Ephore qui parle), de négliger les belles-lettres et les autres agréments de la vie sociale, pour ne s'attacher qu'aux vertus guerrières. Ephore aurait dû ajouter qu'ici la culture de l'esprit était d'autant plus nécessaire qu'il s'agissait de dominer sur des peuples grecs et non sur des barbares, toujours plus sensibles, on le sait, à la supériorité de la force qu'à celle de l'intelligence. Et c'est ce que les Romains ont bien compris : tant qu'ils n'ont eu à combattre que des peuples plus sauvages qu'eux, ils ont cru pouvoir se passer de ces exercices de l'esprit ; mais quand ils ont commencé à avoir affaire à des nations, à des races plus civilisées, ils se sont appliqués à acquérir aussi la culture intellectuelle, et ont pu prétendre alors à l'empire du monde.

     Au dire d'Ephore, Minos avait voulu se montrer l'émule d'un ancien sage, nommé Rhadamanthe et réputé le plus juste des hommes, lequel passe pour avoir le premier civilisé l'île de Crète en la dotant de lois, de cités, de magistratures, toutes mesures présentées par lui comme des prescriptions de Jupiter. C'est donc encore, ce semble, à l'imitation de Rhadamanthe, que Minos, tous les neuf ans, se retirait sur la montagne, en un lieu dit l'Antre de Jupiter, s'y l'enfermait un temps et en ressortait muni de tables de lois qu'il assurait être les commandements mêmes du dieu, circonstance à laquelle Homère a sans doute voulu faire allusion quand il a dit : «Là siégeait le roi Minos, confident NOVENAIRE du grand Jupiter». En revanche, les témoignages anciens contredisent formellement le jugement que porte Ephore sur Minos ; car ils nous représentent ce prince comme un tyran oppresseur de ses sujets, pressureur de ses voisins, et interprètent dans le sens le plus tragique les traditions relatives au Minotaure et au Labyrinthe et les aventures de Thésée et de Dédale.

    ÉPHORES :( les Surveillants) magistrats de Sparte établis par Lycurgue (selon Hérodote et Xénophon) ou par le roi Théopompe (selon Aristote). Ils avaient le droit d’imposer des amendes et de les faire payer sur-le-champ, d’interdire aux magistrats d’exercer leurs fonctions et de les emprisonner. Au nombre de cinq, on les a comparés aux tribuns de Rome. Le roi Cléomène III abolit leur magistrature. Ces cinq étaient élus pour un an parmi les citoyens sans être rééligibles ; leurs décisions étaient prises à la majorité. Ils représentaient la souveraineté nationale et s’occupaient de la politique étrangère en recevant les ambassadeurs. Ils contrôlaient en outre les hilotes, les périèques, les magistrats et les rois.

     

    EPHRA : ancienne ville de Judée, tribu de Manassée, patrie de Gédéon.

     

    EPHRAÏM :(Double-récompense) deuxième fils de Joseph, donna son nom à une tribu israélite établie entre le Jourdain et la mer, au Sud de la tribu de Manassé, au Nord des tribus de Dan et de Benjamin.

     

    EPHREM (Saint) : (la Harpe du Saint-Esprit)de Nisibe, né vers 320, mort en 378, le plus célèbre théologien de l’Église de Syrie. Disciple de saint Jacques, évêque de Nisibe, et retiré dans la solitude, il passa sa vie à écrire des instructions pour les moines, à prêcher la foule qu’attirait son éloquence vive et poétique, et à composer des commentaires sur l’Écriture sainte et des hymnes. Il refus&a l’épiszcopat et contrefit l’insensé pour échapper à cet honneur, mais il eut, de son temps, une autorité égale à celle des plus grands évêques. Né à Nisibe (Nesaybin actuellement en Turquie) dans la province romaine de Mésopotamie, il fut chassé de la maison par son père, païen intolérant, pour ses "fréquentations chrétiennes". Accueilli par l'évêque du lieu dont il devint le fils spirituel selon l'historien saint Grégoire de Tours, il se convertit au christianisme à l'âge de 18 ans.

    Au physique, saint Éphrem était d'un aspect peu avenant : " Depuis son entrée dans la vie monastique, rapporte son biographe( , jusqu'à la fin de sa vie, il ne mano,ea que du pain d'orge et des légumes secs, quelquefois des légumes verts. Il ne -buvait que de l'eau; son corps était desséché sur ses os, semblable à un tesson d'argile. Son vêtement était formé de nombreux morceaux, couleur de ftimier. Il était petit de taille; son visage était toujours sévère; jamais il ne riait; il était chauve et imberbe
    .Ordonné diacre, il voulut le rester par humilité. Il fonda à Nisibe une école théologique de grand rayonnement. Mais à cause de l'invasion perse qui a envahi cette région, il préféra franchir la frontière et s'installer, avec son école, à Edesse dans l'empire romain. Il fut un grand défenseur de la doctrine christologique et trinitaire dans l'Eglise syrienne d'Antioche. Il composa de nombreux ouvrages, commenta toute la Bible, écrit des poèmes qui remplacèrent les chants des fêtes populaires et répondaient aux chansons des hérétiques qui répandaient ainsi leurs thèses erronées.  "Dimanche et fête, évoque un compatriote, il se tenait au milieu des vierges et les accompagnait de sa harpe. Toute la ville alors se réunissait autour de lui." Ses hymnes inaugurèrent la pratique du chant liturgique. Il est d'ailleurs considéré comme l'un des plus grands poètes de langue syriaque. 
    Ses ouvrages, écrits en syriaque, ont été traduits en grec, en latin et en français. La traduction française a été publiée à Paris en 1840.

     Prière du Carême attribuée à Saint Ephrem:

    Seigneur et Maître de ma vie,
    l’esprit d’oisiveté, de découragement,
    de domination et de vaines paroles,
    éloigne de moi.
    L’esprit d’intégrité, d’humilité,
    de patience et de charité,
    accorde à ton serviteur.
    Oui, Seigneur et Roi,
    donne-moi de voir mes fautes
    et de ne pas juger mon frère,
    car tu béni aux siècles des siècles. Amen.

     

                                              

     

                                          

     

     

     

     

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