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ÉPICASTE : fille d’Augias. Héraclès la rendit mère de Thestalos.
ÉPICÉA : l’épicéa représentant la première voyelle A correspondait à la lettre ailm. Il était le premier arbre de l’année. Ancêtre du sapin de Noel, il était sous la protection de la déesse Druntia, la reine des druides et la mère du calendrier.

EPICHARIS : affranchie connue par sa participation au complot de Pison contre Néron, en 65. Dégoûtée de la lenteur des conjurés, elle chercha à gagner les commandants de la flotte de Misène, fut dénoncée par l’un d’eux, emprisonnée et soumise aux plus cruelles tortures. Elle s’étrangla avec son lacet, et sut garder, dit Tacite, « à des étrangers, presque à des inconnus, une fidélité inébranlable ; tandis que des hommes libres, des chevaliers, et des sénateurs, avant la moindre épreuves trahissaient à l’envi les plus chers objets de leur attachement. » (Annales, XV, 57).
ÉPICHARME : fils Hélothalès, poète et philosophe grec, né dans l’île de Cos vers 510 av. J.-C., mort vers 430. il passa presque toute sa vie à Syracuse, à la cour du roi Hiéron où il écrivit sa prémière pièce en -488. Il changea les farces grossières des Grecs de Sicile en comédies à partir de 484. À l’imitation des poètes athéniens, il fit descendre les dieux sur scène et représenta Poséidon, Héraclès et Hermès pêchant à la ligne pour approvisionner les festins de l’Olympe. Nous ne connaissons que quelques fragments de son œuvre. On cite de lui quatre textes, dont les deux derniers paraissent seuls authentiques. Dans le premier, il affirme, comme Xénophane, l'Éternité des dieux; les humains, au contraire, sont soumis à un perpétuel changement : Platon, dans le Théétète, fait allusion à cette opinion d'Epicharme. Dans le second, il soutient que, de même que l'art est autre chose que l'artiste, de même le bien doit être une chose en soi, et c'est en s'instruisant dans le bien que l'humain peut devenir bon. Le troisième conclut de l'instinct des animaux que tous les êtres vivants sont doués de raison. Selon le quatrième, chaque être est plus satisfait de lui-même que de tous les autres : le chien s'admire lui-même, et l'humain pense qu'il est ce qu'il y a au monde de plus beau.
Extrait d'Épicharme de Diogène Laërce: Épicharme de Cos, fils d’Hélothalès. Il fut lui aussi disciple de Pythagore. A l’âge de trois mois il fut emmené de Sicile à Mégare, et de là à Syracuse, comme il nous l’apprend lui-même dans ses écrits. Voici l’inscription qui est gravée sur sa statue :
S’il est vrai que le soleil dépasse tous les astres,
Et que la mer a plus de force que les fleuves,
J’affirme que tout autant Épicharme l’emporte en sagesse,
A qui Syracuse sa patrie a donné ces couronnes.
Il a laissé des Commentaires, dans lesquels il traite de physique, de morale et de médecine. Et il a joint à la plupart de ses Commentaires de petits signes par lesquels il montre clairement que ces écrits sont de lui. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
ÉPICLÈS de CRÈTE: Épiclès était un épitomateur du glossateur Bacchéios de Tanagra qui vivait au III è- IIè siècle avant J.-C. Il est donc probable que ce grand érudit alexandrin connaissait lui aussi le traité des Airs, eaux, lieux, bien que l'on n'ait aucun témoignage direct à ce sujet.
ÉPICLÈUS : guerrier lycien, allié des Troyens. Ajax le tua.
ÉPICOURIOS : le sauveur. Les habitants de Bassæ en Arcadie, délivrés de la peste par Apollon, lui érigèrent un temple magnifique sous ce nom. On lui sacrifiait annuellement un sanglier dans ce temple sur le mont Lycée.

Temple d'Épicourios Appolon

Plan du Temple d'Épicourios Appolon
ÉPICTÈTE : philosophe stoïcien, né à Hiérapolis, en Phrygie. Né en 50, moert en 127. À Rome, il fut l’esclave d’Épaphrodite, l’affranchi de Néron, qui lui cassa un jour la jambe. Après la mort de ce dernier, il recouvra sa liberté mais fut compris dans l’édit de proscription de Domitien qui bannissait les philosophes. Épictète réussit cependant à assister aux conférences du stoïcien Musonius Rufus . Par la suite, il est lui aussi affranchi dans des conditions qui restent indéterminées. Il se met alors à l'étude de la philosophie et du stoïcisme en particulier. Mais en 89 ou 91, il doit quitter Rome à la suite d'un édit contre les philosophes, dicté par l'empereur Domitien qui s’accommode mal de l’influence du stoïcisme parmi les opposants à sa volonté de tyran. Se retirant à Nicopolis, en Épire, Épitecte enseigna la philosophie. Épictète subordonne à la morale la physique de Zénon et de Cléanthe aussi bien que leur logique. La philosophie d’Épictète, c’est le stoïcisme d’un esprit ferme et indépendant mis au service d’une âme qui ne veut pas sentir la souffrance. Il n’existe pas d’ouvrage écrit par Épictète. Arrien, son disciple, a rédigé le traité De la vie et de la mort d’Épictète, huit livres de Dissertations sur Épictète et sa philosophie et le fameux Manuel d’Épictète..
Quelques pensées d'Épitècte: SOUVIENS-TOI donc que, si tu crois libres les choses qui de leur nature sont esclaves, et propres à toi celles qui dépendent d'autrui, tu rencontreras à chaque pas des obstacles, tu seras affligé, troublé, et tu te plaindras des dieux et des hommes. Au lieu que si tu crois tien ce qui t'appartient en propre, et étranger ce qui est à autrui, jamais personne ne te forcera à faire ce que tu ne veux point, ni ne t'empêchera de faire ce que tu veux ; tu ne te plaindras de personne ; tu n'accuseras personne ; tu ne feras rien, pas même la plus petite chose, malgré toi ; personne ne te fera aucun mal, et tu n'auras point d'ennemi, car il ne t'arrivera rien de nuisible.
AINSI, devant toute imagination pénible, sois prêt à dire : « Tu n'es qu'une imagination, et nullement ce que tu parais. » Ensuite, examine-la bien, approfondis-la, et, pour la sonder, sers-toi des règles que tu as apprises, surtout de la première, qui est de savoir si la chose qui te fait de la peine est du nombre de celles qui dépendent de nous, ou de celles qui n'en dépendent pas ; et, si elle est du nombre de celles qui ne sont pas en notre pouvoir, dis-toi sans balancer : « Cela ne me regarde pas. »
SOUVIENS-TOI que la fin de tes désirs, c'est d'obtenir ce que tu désires, et que la fin de tes craintes, c'est d'éviter ce que tu crains. Celui qui n'obtient pas ce qu'il désire est malheureux, et celui qui tombe dans ce qu'il craint est misérable. Si tu n'as donc de l'aversion que pour ce qui est contraire à ton véritable bien, et qui dépend de toi, tu ne tomberas jamais dans ce que tu crains. Mais si tu crains la mort, la maladie ou la pauvreté, tu seras misérable. Transporte donc tes craintes, et fais-les tomber des choses qui ne dépendent point de nous, sur celles qui en dépendent ; et, pour tes désirs, supprime-les entièrement pour le moment. Car, si tu désires quelqu'une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras nécessairement malheureux ; et, pour les choses qui sont en notre pouvoir, tu n'es pas encore en état de connaître celles qu'il est bon de désirer. En attendant donc que tu le sois, contente-toi de rechercher ou de fuir les choses, mais doucement, toujours avec des réserves, et sans te hâter.
NE te glorifie jamais d'aucun avantage étranger. Si un cheval disait avec orgueil : « Je suis beau, » cela serait supportable ; mais toi, quand tu dis avec fierté : « J'ai un beau cheval, » sache que c'est d'avoir un beau cheval que tu te glorifies. Qu'y a-t-il donc là qui soit à toi ? L'usage que tu fais de ton imagination. C'est pourquoi lorsque, dans l'usage que tu feras de ton imagination, tu suivras la nature, alors tu pourras te glorifier, car tu te glorifieras d'un bien qui est à toi.
A CHAQUE objet qui se présente, souviens-toi de rentrer en toi-même et d'y chercher quelle vertu tu as pour bien user de cet objet. Si tu vois un beau garçon ou une belle fille, tu trouveras contre ces objets une vertu, qui est la continence. Si c'est quelque peine, quelque travail, tu trouveras le courage ; si ce sont des injures, des affronts, tu trouveras la résignation et la patience. Si tu t'accoutumes ainsi à déployer sur chaque accident la vertu que la nature t'a donnée pour le combattre, tes imaginations ne t'emporteront jamais. SI tu veux que tes enfants et ta femme et tes amis vivent toujours, tu es fou ; car tu veux que les choses qui ne dépendent point de toi en dépendent, et que ce qui est à autrui soit à toi. De même, si tu veux que ton esclave ne fasse jamais de faute, tu es fou ; car tu veux que le vice ne soit plus vice, mais autre chose. Veux-tu n'être pas frustré dans tes désirs ? Tu le peux : ne désire que ce qui dépend de toi.
QUAND tu vois quelqu'un qui pleure, soit parce qu'il est en deuil, soit parce que son fils est au loin, soit parce qu'il a perdu ses biens, prends garde que ton imagination ne t'emporte et ne te séduise en te persuadant que cet homme est effectivement malheureux à cause de ces choses extérieures ; mais fais en toi-même cette distinction, que ce qui l'afflige, ce n'est point l'accident qui lui est arrivé, car un autre n'en est point ému, mais l'opinion qu'il en a. Si pourtant c'est nécessaire, ne refuse point de pleurer avec lui et de compatir à sa douleur par tes discours ; mais prends garde que ta compassion ne passe au dedans et que tu ne sois affligé véritablement. 
ÉPICURE : philosophe grec, né à Gargette, près d’Athènes (341-270 av. J.-C.). Il devint philosophe en lisant les livres de Démocrite et les vers d’Hésiode sur le chaos. Après avoir suivi les leçons de l’académicien Xénocrate, il ouvrit lui-même une école à Mitylène, puis à Lampsaque, et enfin à Athènes. Déconsidéré par les écrivains de son temps, il fut défendu par Diogène Laërce. Il nous reste de lui les Maximes certaines, sur la physique, les phénomènes célestes et la morale, et quelques parties du Traité de la nature. Il divise la philosophie en trois parties : la canonique, étude de l’entendement, de l’origine et de la certitude des idées ; la physique qui embrasse l’étude de la nature et se propose de faire découvrir les secrets de l’univers pour affranchir l’homme de la superstition et de la crainte ; l’éthique qui a pour objet de faire parvenir l’homme au bien-être. Épicure refuse à l’homme la connaissance de la vérité parce que ses idées préconçues le trompent. Selon lui, il n’y a pas de dieu créateur de l’univers, ordonnateur et conservateur, ni de châtiments ou de récompenses, et, si Dieu existe, il est retiré loin de ce monde dans une inaltérable tranquillité.
Extrait des Approches de la philosophie d'Épicure par Michel Liegeois(la Canonique):
1/ La sensation : la sensation est le fondement de toute connaissance, elle naît du contact des corps qui émettent chacun des particules de matière de la même forme et de la même qualité qu'eux, et qui viennent frapper nos sens, provoquer en nous des modifications d'atomes. Ainsi la vue, par exemple, s'explique par le fait que les objets émettent sans cesse de fines particules, des simulacres, "qui se déplacent à une vitesse insurpassable et qui viennent frapper les atomes qui constituent notre âme". C'est dire que la sensation est une donnée brute, antérieure à la raison elle-même qui en dépend; aussi rien ne peut réfuter la sensation qui n'a besoin d'aucune justification. Le témoignage le plus digne de foi est donc celui des sens, et parler des erreurs et des illusions des sens est, à ce niveau, incongru: ce n'est pas notre sensation qui est fausse, mais bien l'opinion que nous y ajoutons. Ainsi voir de loin, selon l'exemple célèbre des Sceptiques, une tour carrée comme étant ronde, est une sensation vraie pour nous, l'erreur consistant à croire que la tour elle-même est ronde. Un même objet peut donner ainsi à des moments différents des sensations différentes qui représentent autant de saisies de l'instant en fonction duquel il faut avoir tel ou tel type d'attitude, l'erreur consistant à ajouter à cet instant des dimensions qu'il n'a pas. Le propre de la sensation est donc de saisir uniquement ce qui est présent pour nous, l'essentiel étant de ne pas y ajouter une opinion dont elle n'est pas messagère. 2/ L'anticipation ou prénotion : la simple sensation ne suffit pas, il faut lui ajouter un autre critère, qui est la prénotion, ou anticipation, ou encore "prolepse". Lorsqu'elle est plusieurs fois répétée, une sensation laisse en nous telle ou telle sorte d'empreinte claire et évidente, une idée : les traits particuliers qui ne se répètent pas disparaissent et seuls les traits communs à toutes les sensations subsistent sous forme d'idée générale. La prolepse nous donne par là la possibilité de devancer la sensation elle-même suivant le type d'empreintes qu'ont laissées en nous des sensations antérieures semblables. Issue des sensations, l'anticipation, en tant que dépassement de l'expérience présente, est une espèce d'idée générale qui doit être confirmée ou infirmée par les sensations elle-mêmes: si la chose conjecturée par l'anticipation ou prénotion se trouve prouvée par l'expérience de la sensation qui la suit, alors elle est confirmée, sinon, elle se trouve infirmée. Lorsque la prénotion porte sur des objets invisibles - le vide par exemple - , il faut faire appel pour prouver sa validité à la notion de non-infirmation - le vide se prouve par cette évidence qu'est le mouvement. Si donc l'infirmation et la non-confirmation sont les critères des choses fausses, la non-infirmation et la confirmation seront ceux des choses vraies. 3/ L'affection : il y a deux sortes d'affections, l'une, conforme à la nature, et qui est le plaisir, et l'autre, étrangère à la nature, qui est la douleur: c'est par elles que l'on doit distinguer ce qu'il faut rechercher et ce qu'il faut fuir, et c'est donc avec elles que commence l'éthique épicurienne. Le sensualisme, dans l'ordre de la connaissance canonique, renvoie à un hédonisme, à une théorie du plaisir, dans l'ordre de l'éthique.
Lettre d'Épicure à Hérodote:
Épicure à Hérodote, salut.
Comme il y a beaucoup de personnes, cher Hérodote, qui ne sont pas en état d’étudier avec soin tout ce que j’ai écrit sur la Nature, ni d’examiner attentivement mes ouvrages plus étendus, j’ai composé un abrégé de toute ma philosophie, afin qu’elles gardent bien dans la mémoire les doctrines principales et puissent, dans la mesure où elles s’appliquent à l’étude de la Nature, y recourir à chaque instant pour les points les plus importants. Et ceux mêmes qui sont suffisamment avancés dans l’investigation de l’univers doivent avoir en mémoire le caractère fondamental de toute la doctrine. Car de la vue d’ensemble nous avons souvent besoin, mais il n’en est pas de même des détails. Il faut par conséquent, d’une part, progresser continuellement dans l’investigation de l’univers et, d’autre part, fixer dans la mémoire autant qu’il est nécessaire pour avoir une vue principale des choses ; et l’on parviendra aussi, une fois que les caractères principaux auront été bien compris et retenus, à une connaissance complète des détails. Car même celui qui est parfaitement instruit tirera de la connaissance complète et précise cet avantage capital de manier les notions avec finesse, en ramenant toutes choses à des éléments simples et à des formules. Car il n’est pas possible de connaître la masse accumulée par l’étude persévérante de l’univers, si l’on n’est pas capable tout à la fois d’embrasser par l’esprit, au moyen de formules brèves, les détails explorés avec soin. Étant donné donc qu’une telle méthode est utile à tous ceux qui s’adonnent aux recherches physiques et que je recommande l’étude constante de la Nature, grâce à laquelle je jouis dans ma vie d’une sérénité parfaite, j’ai composé pour toi cet abrégé et exposé élémentaire de toutes mes doctrines.
En premier lieu, cher Hérodote, il faut découvrir ce qui est à la base des mots, afin que, en y ramenant les opinions ou les objets en discussion ou les sujets de doute, nous puissions juger et que toutes choses ne restent incertaines pour nous et nous obligent à les prouver indéfiniment, ou nous ne posséderions que des mots vides. En effet, il est nécessaire que la signification primitive de chaque mot soit mise en évidence et n’ait plus besoin de preuve, si toutefois nous voulons posséder quelque chose à quoi nous puissions rapporter l’objet en discussion ou le sujet de doute ou l’opinion. Il faut de plus observer d’une manière complète les sensations et les notions réelles, soit de l’esprit soit de n’importe quel critère, de même encore les affections dominantes, afin de pouvoir, à leur aide, donner des indications sur ce qui est en suspens et sur l’invisible.
Ces points étant établis, il convient maintenant de fixer l’attention sur les choses invisibles.
Tout d’abord, rien ne naît de rien, autrement tout pourrait naître de tout sans avoir besoin d’aucune semence. Et si ce qui disparaît était réduit à rien, toutes choses auraient déjà péri, étant donné que celles en lesquelles elles se sont dissoutes n’existeraient pas. L’univers a toujours été le même qu’il est maintenant et sera le même dans toute éternité. En effet, il n’y a rien en quoi il puisse se transformer, car il n’existe rien en dehors de l’univers qui puisse y pénétrer et produire un changement.
L’univers est constitué de corps et de lieu. Que les corps existent, la sensation l’atteste en toute occasion, et c’est nécessairement en conformité avec elle qu’on fait, par le raisonnement, des conjectures sur l’invisible, comme je l’ai dit plus haut. Si, d’autre part, il n’y avait pas ce que nous appelons vide, espace ou nature impalpable, les corps n’auraient pas où se placer ni où se mouvoir, ce qu’ils semblent bien faire. En dehors de ces choses on ne peut rien concevoir, ni par généralisation ni par analogie, qui puisse être pris pour des substances parfaites et non pas pour ce qu’on appelle attributs ou accidents de ces dernières.

ÉPIDAMNIOS : père d’une suivante d’Aphrodite, nommée Hélène.
ÉPIDAOS : fils de Nélée et de Chloris. Héraclès le tua.
ÉPIDAURE : fils d’Argos et d’Évadné. Les Éléens le disaient fils de pélops.
ÉPIDAURE : ville d’Argolide sur le golfe d’Égine. On y trouvait le temple d’Asclépios dans lequel on pratiquait la médecine par les songes car ce dieu était vénéré pour ses dons de guérison. Il avait pour attribut un bâton enroulé de deux serpents, le caducée, qui nous est resté en tant que symbole de la médecine. Ces deux filles : Hygie et Panacée l'assistaient. Leurs noms respectifs ont donné : hygiène et remède universel.. Épidaure, ancienne ville de Grèce, dans l'Argolide, sur la cote nord-est du Péloponnèse, est célèbre par son théâtre, l'un des mieux conservés de la Grèce antique. Cet édifice de 14 000 places assises est l'œuvre de l'architecte Polyclète le jeune. Il est réputé pour ses dimensions et son acoustique parfaites. A partir de l'an 500 av J.-C.., une fête panhellénique avait lieu tous les quatre ans au sanctuaire d'Asclépios, les Asclépiéia, qui combinait épreuves gymniques et musicales. En 243 av-J.-C., Épidaure rejoint la Ligue achéenne. Au cours de l'été 225 av J.-C., elle est prise par lee roi de Sparte Cléomène III. Par la suite, elle devient l'alliée de Rome. En 87 av J.-C., elle est ravagée par Sylla, qui pille le trésor du temple. Le théâtre et le sanctuaire sont pillés en 267 apr. J.-C. par les Hérules, puis en 395 par les Goths d'Alaric I. La ville périclitera dès lors et on la mentionne une dernière fois an l'an 600.
Le Témenos d'Epidaure comprend :
- le temple d'Asclépios (4ème avant JC.)
- la Tholos (4ème avant JC.)
- le Gymnasion (4ème avant JC.)
- le Xenon (hôtel) (3ème avant JC.)
- le temple d'Artémis (5ème avant JC.)
- l'abaton (4ème avant JC.)
- les propylées (4ème avant JC.)
- le théâtre (4ème avantJC.)
- le stade (5ème avant JC.)

Théâtre d'Épidaure

Plan du théâtre d'Épidaure

Asclépios

Temple d' Asclépios
ÉPIDÉMIES : fêtes que les Argiens célébraient en l’honneur d’Héra, et les habitants de Délos et de Milet en l’honneur d’Apollon.
ÉPIDOTE : distributeur de biens. Surnom du sommeil qui avait une statue dans le temple d’Asclépios à Sicyone. Surnom d’un génie adoré par les Lacédémoniens ; il apaisa Zeus Hicésios, que le meurtre de Pausanias avait irrité.
ÉPIGÉE : fils d’Agacléès. Myrmidon, qui, ayant tué son cousin, fut obligé de quitter Budion. Il se rendit chez Pélée et Thétis qui l’envoyèrent avec Achille devant Troie où il fut tué par Hector.
ÉPIGÉES: nymphes terrestres: les Oréades (grotte/montagne), les Napées (vallées, vallons, sous-bois, bosquets): -les Alséides (bocages/sous-bois) -les Auloniades (bosquets/vallée) -les Limniades (fleurs, plantes/près, prairie)
Les Corycides (grottes)
Les Hamadryades (les bois): -les Méliades (frênes) -les Épiméliades (pommiers) -les Hyléores (conifères ex: sapins) -les Hespérides (couchant/jardin avec pommes d’or) -les Dryades (chènes)

Nymphe des bois et Satyre par Nicolas Poussin
ÉPIGONES : descendants. Successeurs des Diadoques. Fils et vengeurs des sept héros qui avaient presque tous succombé devant Thèbes en combattant pour Polynice contre Étéocle. Ces sept Épigones se nommaient Alcméon, Ægialée, Diomède, Promachos, Sthénélos, Thersandre et Euryalos. Ægialée fut le seul chef à succomber dans cette nouvelle guerre qui vit la victoire de l’armée des Épigones sur celle du général thébain Laodamas sur les rives du Glisas.
ÉPILAÏS : Thespiade qu’Héraclès rendit mère d’Astyanax.
ÉPILÉNIES : fête grecque en l’honneur de Dionysos, où on nommait vainqueur celui qui foulerait le plus de grappes.
ÉPIMÉDÈS : nom d’un Dactyle idéen. L’un des héros bienfaisants à Élis.
ÉPIMÉLÈTE: fonctionnaire chargé de services à caractère technique, désigné à Athènes par tirage au sort ou par élection. Il y avait : · l'épimélète des fontaines, chargé de l'entretien des fontaines et des aqueducs ainsi que du respect des lois les concernant · l'épimélète des éphèbes · l'épimélète des gymnases, chargé de leur entretien Les épimélètes de l'emporion qui, au nombre de dix, surveillaient le commerce maritime faisaient appliquer les lois sur les douanes et le commerce maritime. En outre, ils étaient chargés des enquêtes sur les contestations des commerçants et présidaient les tribunaux chargés du jugement de ces litiges.
ÉPIMÉLÈTE : représentant de l’État égyptien sous les Ptolémées. Il était chargé de surveiller les prêtres. Comme ces derniers recevaient un traitement fixe, l’épimélète veillait à ce qu’ils ne détournent pas les dons faits par les fidèles.
ÉPIMÉNIDE : poète et prophète, né à Gnosse, en crète. Selon la tradition, il naît dans une famille de bergers, habitant à l'ombre du palais du roi légendaire Minos. Alors qu'il cherche un mouton égaré, il trouve une caverne dans laquelle il tombe endormi pendant 57 ans (Diogène Laërce). C'est, en fait, la grotte d'un dieu à Mystères, qui lui donne pendant son sommeil la connaissance de la nature et de l'organisme humain, et lui accorde le don de divination. L'épisode inspire à Goethe le poème Le Réveil d'Épiménide Il vécut vers 600 -530 av. J.-C. . Les Athéniens du temps de Solon lors de la 46 ème olympiade cruellement touchés par une peste le firent venir. Il purifia la ville par un sacrifice humain après les sacrilèges commis par les Alcméonides , établit de nouveaux règlements et réconcilia les partis. En partant, il refusa les richesses de ses hôtes et demanda simplement l’amitié d’Athènes pour Gnosse et un rameau d’olivier sacré pour lui-même.
Épiménide à Solon: « Courage, mon ami. Si les sujets de Pisistrate étaient des gens accoutumés à l’esclavage, et n’ayant jamais été régis par de bonnes lois, il conserverait éternellement la tyrannie, et ne cesserait pas d’asservir vos concitoyens. Mais au contraire, ces esclaves sont des gens valeureux qui, se souvenant des préceptes de Solon, seront honteux comme des enfants, et rejetteront la tyrannie. Sans doute Pisistrate s’est emparé de la ville, mais je ne puis croire qu’il pourra transmettre son pouvoir à ses enfants, car il est difficile à des gens qui ont vécu libres, sous de sages lois, de rester longtemps esclaves. Pour vous, ne restez pas errant, venez chez moi, en Crète, où il n’y a pas de tyran redoutable : car je crains, si d’aventure vous rencontrez de ses amis, qu’il ne vous arrive du mal. »
Extrait des 7 sages, Épiménide, par Diogène Laërce: Selon une tradition citée par Démétrios, il était nourri par les muses, il gardait cette nourriture dans l’ongle d’un boeuf et l’absorbait par petites quantités ; il n’en venait aucun excrément et jamais on ne l’a vu manger. Timée le cite (liv. II). D’autres disent qu’en Crète, on lui faisait des sacrifices comme à un dieu et qu’il était un très grand devin. Et il est sûr qu’ayant vu à Athènes le port de Munychie, il déclara aux Athéniens qu’ils ne se doutaient point de tout le mal que ce lieu leur ferait, sans quoi ils le déchireraient à belles dents. Il dit cela bien avant les événements[4]. Il fut le premier, croit-on, à se prétendre Éaque[5], et il prédit aux Lacédémoniens que les Arcadiens les battraient. Il feignait encore souvent d’être ressuscité[6]. Tandis qu’il élevait un temple aux Nymphes (Théopompe, Merveilles), il entendit une voix venant du ciel qui lui disait : « Épiménide, consacre-le à Zeus et non aux Nymphes. » Le même auteur dit que, comme je l’ai indiqué plus haut, il prédit aux Crétois la défaite de Sparte par les Arcadiens : elle fut en effet battue près d’Orchomène. Sa vieillesse aurait eu exactement la même durée que sa léthargie. Voilà tout ce que dit Théopompe. Les gens de Crète l’appelaient Courète (Myronianos, Des Ressemblances). Son corps est conservé à Sparte, en observance d’un oracle.
ÉPIMÉTHÉE :(qui réfléchit après coup) frère de Prométhée. Fils du titan Japet et de Clymène; il créa les animaux. Il épousa Pandore dont il eut Pyrrha. Ce fut lui( ou Pandore) qui ouvrit la fatale boîte offerte par Hermès d’où sortirent les maux qui affligent les hommes. Afin de sauver les hommes de leur dénuement face à ces fléaux, avant que n'arrive l'heure où ils devaient voir la lumière du jour, Prométhée décida de les aider. Ils leur obtint la meilleur part des sacrifices, leur fit don du feu et leur enseigna l'ensemble du savoir qui fonde une civilisation: l'architecture, l'astronomie, les mathématiques, la navigation, la médecine et la métallurgie . Ce fut après cet épisode que Zeus voulant se venger accabla les hommes après avoir prédit que Pandore ouvrirait la boîte. Les dieux changèrent Épiméthée en singe.

Épiméthée crée les animaux Hermès et Épiméthée

Hermès présente Pandore qui tient la boîte à Épiméthée
ÉPINE : elle était le symbole de la chasteté et de la pureté. Le mariage était interdit pendant le mois de l’aubépine, du 13 mai au 9 juin. Cette tradition est encore vivace dans certaines régions de France.
ÉPIONE : qui soulage. Femme d’Asclépios. Mère de Machaon et de Podalire.
ÉPIPHANE (SAINT) de SALAMINE: Saint Epiphane naquit vers l'an 315 (ou 308) dans une modeste famille juive du village de Bésandouch, près d'Eleuthéropolis en Palestine. A la mort de son père, il fut adopté par un docteur de la Loi, Tryphon, qui projetait de lui donner sa fille en mariage. Animé depuis son enfance d'un grand zèle pour l'étude, Epiphane étudia à ses côtés l'Ecriture Sainte et les institutions juives, et acquit la connaissance de cinq langues : le grec, le latin, l'hébreu, le syriaque et le copte, chose fort rare à l'époque. A la mort de Tryphon, il hérita de toute sa fortune. Un jour, alors qu'il était en train de visiter ses terres et passait à cheval à côté d'un moine chrétien, nommé Lucien, ce dernier, rencontrant un pauvre et n'ayant pas d'argent, se dépouilla de son vêtement pour le lui donner, et aussitôt une robe d'une blancheur resplendissante descendit du ciel pour le couvrir. Ce signe vint confirmer l'admiration qu'Epiphane entretenait pour les Chrétiens depuis que, dans son enfance, il avait été sauvé miraculeusement par l'un d'eux de sa monture emballée. Tombant alors aux pieds de Lucien, il le supplia de le baptiser et de l'accepter dans l'ordre angélique. Baptisé, avec sa soeur, par l'Evêque de la cité, il distribua tous ses biens et devint disciple de Saint Hilarion, dont il suivit avec exactitude, pendant tout le reste de sa vie, la stricte discipline ascétique. Les mystères et les figures de l'Ancien Testament prenant tout leur sens dans la lumière du Christ, il s'adonna avec encore plus d'ardeur à l'étude et, avide de connaître le mode de vie des moines d'Egypte, il entreprit un long voyage dans cette terre d'élection de la vie ascétique. Il s'informa aussi sur les doctrines professées par diverses sectes et hérésies qui y pullulaient, rassemblant ainsi les éléments de son traité monumental contre toutes les hérésies, qu'il rédigera au soir de sa vie. Ayant échappé de peu aux entreprises des Manichéens, il rentra en Palestine, après quatre années, et fonda un Monastère près de son village natal, qu'il dirigea en toute sagesse pendant trente ans. On raconte que, par sa prière, il fit jaillir de l'eau de la terre desséchée et que les cellules des Moines furent construites par des Sarrasins qui avaient été témoins de ses miracles. Par l'invocation du Nom du Christ et grâce à son don de clairvoyance, Epiphane chassait les démons qui tourmentaient les villageois et certains de ses moines. Il délivra aussi la contrée d'un lion redoutable mangeur d'hommes et il répandait largement les aumônes; mais c'était surtout par son charisme d'enseignement et d'interprétation des Ecritures qu'il brillait comme un astre sur toute l'Eglise. Ayant quitté son Monastère pour échapper aux honneurs des hommes et parvenu à Chypre, où il eut la grande joie de retrouver Saint Hilarion, Epiphane accepta, sur la pression de ce demier, d'être consacré Evêque de Constantia (Salamine), en 376. Il voyait dans cette élévation non pas une occasion de vaine gloire, mais plutôt un moyen d'échapper aux entreprises des hérétiques semi-ariens fort influents en Palestine. Pendant trente-six ans, il montra un zèle exemplaire dans le gouvernement de son diocèse et la confirmation de la Foi Orthodoxe, tant à Chypre que dans le reste du monde. De nombreux miracles vinrent confirmer de manière éclatante ses vertus pastorales et son amour paternel pour ses ouailles. Sa générosité et ses interventions en faveur de ceux qui étaient victimes de l'injustice lui attirèrent toutefois la haine d'une partie de son clergé, menée par le Diacre Carin, qui l'accusa de dilapider l'argent de l'Eglise. Malgré toutes les entreprises de ce dernier pour diffamer le Saint, Epiphane lui montrait toujours la même bienveillance, et Carin fut finalement châtié par Dieu et périt misérablement. En 382, laissant le gouvernement de son diocèse à Saint Philon de Carpathos, Epiphane se rendit à Rome, en compagnie de Saint Jérôme et de Paulin d'Antioche, dans le but de résoudre en faveur de ce dernier le schisme d'Antioche. Ils résidèrent dans la demeure de Sainte Paule, et le biographe du Saint rapporte qu'il fit là d'éclatants miracles et guérit la soeur des coempereurs Arcade et Honorius. De retour à Chypre, lors d'une terrible famine, il distribua à la population le blé qu'il avait acheté aux accapareurs, avec de l'or reçu à la suite d'une vision. Dans son zèle pour extirper de la théologie chrétienne toute trace d'hellénisme, Saint Epiphane concentra particulièrement ses efforts contre les doctrines d'Origène, alors très en faveur chez les moines de Palestine. En 393, prenant la parole à Jérusalem à l'occasion de la fête de la Dédicace de la basilique de la Résurrection, il proclama qu'Origène était le père de l'arianisme et de toutes les hérésies. Le soir même, le Patriarche Jean, auquel Epiphane reprochait sa sympathie à 1'égard des origénistes, répliqua en attaquant les "anthropomorphistes", c'est-à-dire les adversaires de l'exégèse allégorique de l'Ecriture, prônée par le grand docteur alexandrin. La querelle s'envenima et prit une large ampleur, surtout lorsque Saint Jérôme se rangea aux côtés d'Epiphane contre le Patriarche Jean et son ancien ami, Rufin d'Aquilée. S'éloignant de la cité tourmentée, Epiphane se rendit quelque temps dans son Monastère d'Eleuthéropolis, puis retourna dans son diocèse, sans pour autant abandonner un combat, que son caractère ardent et sa simplicité portaient à des prises de position extrémistes. Le flambeau de la lutte anti-origéniste passa alors à l'Archevêque d'Alexandrie Théophile (401) qui, précédemment disciple d'Origène, en était devenu un ennemi féroce et implacable, en vue d'assouvir sa rancune contre quatre frères de noble origine (appelés les Frères "Longs", à cause de leur haute taille) qui, préférant l'hésychia aux dignités ecclésiastiques, avaient quitté son clergé sans l'autorisation de Théophile, pour devenir moines à Nitrie. Poursuivis par l'Archevêque, ils se réfugièrent à Constantinople, dans l'espoir d'obtenir gain de cause auprès de Saint Jean Chrysostome. Utilisant cette occasion pour accuser Saint Chrysostome, qu'il jalousait, d'être le protecteur de l'hérésie origéniste, Théophile s'adressa à Epiphane. Mal informé de la situation et des motifs réels de Théophile, le vieil Evêque, pensant partir à la défense de l'Orthodoxie, se rendit à Constantinople, après avoir condamné l'origénisme dans un Synode des Evêques de Chypre. Accueilli avec révérence par Saint Chrysostome, Epiphane refusa ces marques d'honneur; il alla demeurer dans une maison privée et procéda à l'ordination d'un Diacre dans un Monastère. Saint Chrysostome lui fit savoir qu'il était très affligé d'apprendre que son frère dans l'épiscopat avait agi ainsi contre les Saints Canons2 et agitait sans raison le peuple contre son pasteur. Saint Epiphane décida alors de prendre le chemin du retour, afin de ne pas être davantage cause de discorde, et il quitta la capitale peu avant le sinistre Synode du Chêne qui déposa de manière inique Saint Jean Chrysostome (403). Il remit son âme à Dieu pendant la traversée (12 mai 403), après avoir exhorté ses disciples à préserver la pureté de la foi et à se garder de l'attrait des richesses et de la calomnie. A l'arrivée du navire à Salamine, une foule immense, tenant des cierges en main, accueillit son pasteur et l'accompagna avec larmes jusqu'à l'église, où pendant sept jours une grande partie de la population de Chypre vint le vénérer.
Extrait de l'Homélie sur l'ebsevelissement du Christ par Saint Épiphane de Salamine: "Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers… Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes… Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plu profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur. Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Eglise… Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort. Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu. Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions. Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort. Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel. Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : "Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri !" et un autre : "Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel !" ; et un autre : "Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…"

ÉPIPHANE (SAINT) : évêque de Pavie (438-497). Élu en 466 à la place de saint Crispin. Il joua un rôle de médiateur entre les chefs romains et barbares. Il jouissait de la plus haute considération auprès des empereurs Sévère, Anthelme et Olybrius, ainsi qu’auprès d’Odoacre qui mit fin à l’empire romain, et de Théodoric, roi d’Italie, son successeur. Il s’interposa entre Anthemius et le maître des milices Ricimer et fut l’artisan de la paix signée par le faible empereur Julius Nepos et le roi des Wisigoths, Euric. En 476, lorsque les fédérés révoltés brûlèrent Pavie, il obtint du roi Odoacre une exemption d’impôt pendant cinq ans et put rebâtir la ville. Envoyé vers Gondebaud, roi des Burgondes, qui avait enlevé 40 000 laboureurs à la Ligurie, il put ramener une partie d’entre eux dans leur pays.ÉPIPHI : mois égyptien consacré à la « Bonne Réunion », c’est-à-dire à la réunion amoureuse d’Hathor et d’Horus. Il fit un long voyage en Bourgogne pour racheter les captifs détenus par le roi Gondebaud, et à son retour il mourut à Pavie en 497, à l’âge de cinquante ans et après trente années d’épiscopat. En 962, son corps fut transféré à Hildesheim en basse Saxe. Saint Ennode, qui fut son successeur après saint Maxime, a retracé les principaux traits de sa vie dans un beau panégyrique qu’il composa en son honneur.
EPIPOLE: citadelle de Syracuse.
Extrait de la Bibliothèque historiquen Diodore de Sicile: Eurymedon et Démosthène arrivent enfin avec une flotte de trois cents dix vaisseaux, qui jettent la consternation dans l'âme des Syracusains. Les Athéniens pénètrent jusque dans la Citadelle de l'Epipole. On vient pourtant à bout de les en chasser avec une grande perte de leur part. L'humidité du lieu où ils campaient au dehors y produit même la peste, et dès lors ils proposent de s'en retourner. Nicias s'oppose d'abord à cet avis, et s'y rend bientôt après.
ÉPIPOLE: fille de Trachion, de Caryste en Eubée. Sous des vêtements d’homme, elle accompagna les Grecs au siège de Troie. Son sexe ayant été découvert par Palamède, elle fut lapidée.
ÉPIRE : d’un mot grec qui signifie continent, par opposition aux nombreuses îles de la côte, pays de l’ancienne Grèce, au Nord Ouest entre l’Illerie au Nord, la Thessalie à l’Est, l’Acarnanie au Sud, la mer Ionienne à l’Ouest. Peuplée par les Pélasges, qui y comptaient quatorze tribus, elle reçut encore Pyrrhus ou Néoptolème, fils d’Achille, chassé de la Phthiotide par les Héraclites, et qui fonda dans le pays des Molosses la dynastie des Eacides. Elle s'allia avec d'autres tribus : Les Chaones et les Thesprôtes. Ces rois, inconnus jusqu’aux guerres médiques, ne jouèrent pas de rôle important jusqu’à Pyrrhus, contemporain des successeurs d’Alexandre. Le premier Roi attesté est Alcétas I (En Grec : ????ta?, 390-370), il est le fils de Tharrhypas (ou Tharypus). Pour une raison que l'on ignore, il est un moment expulsé de son royaume. Il trouve alors refuge auprès du Tyran de Syracuse Denys I l'Ancien (ou Dionysos, 405-367) qui va l'aider à récupérer son trône. Après sa restauration, il devient l'allié des Athéniens et du Tyran de Phères, Jason qui essayait de refaire l'unité de la Thessalie à son compte. En 373, il entre dans Athènes avec Jason, dans le but de défendre le Stratège Timothée, qui, grâce à leur influence, sera acquitté. À la mort d'Alcétas I le royaume est divisé entre ses deux fils : Néoptolème I (ou Néoptolémée) et Arymbas. Ce sont, depuis 80 av. J.C., Adrète, Tarmutas, Alcétas Ier, Eacide, Alcétas II, Pyrrhus II, 295-272, Alexandre II, Pyrrhus III, mort en 229. Dès lors, la race des Eacides étant éteinte, les Epirotes établirent un gouvernement populaire qui fit place à la domination macédonienne. Placé entre l’Italie et la Macédoine, leur pays fut le premier champ de bataille des légions et de la phalang. Saccagé par Paul Émile après la victoire de Pydna, il perdit 150.000 habitants emmnenés en esclavage. L’Epire devint alors une province romaine. ÉPISCAPHIES : fête des barques chez les Rhodiens. Les Molosses étaient également réputés pour leurs chiens de combat que les bergers utilisaient pour garder leurs troupeaux.

Épire Statère d'Alexandre I le Molosse (Épire)
ÉPISCÉNIES : fête des tentes chez les Spartiates.
ÉPISCIRE : fête célébrée à Scyra en Attique, en l’honneur de Déméter et de Perséphone.
ÉPISTOLOGRAPHE : haut fonctionnaire sous les Ptolémées, responsable des édits royaux et de la correspondance privée du souverain.
EPISTOMIUM : robinet d’un conduit d’eau. Il était généralement en bronze ou en argent et sculpté.
ÉPISTOR : troyen tué par Patrocle.
Extrait de l'Iliade par Homère:
Patrocle, pressant ses chevaux et Automédon, poursuivait Troyens et Lyciens, et grand fut son égarement. L'insensé ! S'il avait gardé les instructions du fils de Pélée, certes il aurait échappé à la divinité mauvaise de la mort noire. Mais toujours l'esprit de Zeus est plus fort que celui d'un homme. Même un homme vaillant, il le met en fuite, et lui enlève la victoire, facilement, alors que, lui-même, il l'excite à combattre ! Ainsi, à ce moment même, il mit de l'ardeur dans la poitrine de Patrocle. Alors, quel fut le premier, quel fut le dernier que tu dépouillas, Patrocle, quand les dieux t'appelèrent à la mort? Adreste d'abord, Autonoos, Echeclos, Perimos fils de Megas, Épistor, Mélanippos; ensuite Elasos, Moulios et Pylartès, voilà ceux qu'il maîtrisa. Les autres pensaient chacun à la fuite. Alors Troie aux portes hautes eût été prise par les fils d'Achéens, grâce au bras de Patrocle, — car, autour de lui, devant lui, avec sa pique, il se ruait, —
ÉPISTROPHOS : fils d’Iphito et d’Hippolyte. Avec son frère Schédios, il conduisit les Phocéens sur quarante vaisseaux au siège de Troie. Hector le tua.
Extrait de l'Iliade d'Homère, traduction de Leconte de Lisle(1866): Et je nommerai aussi ceux qui habitaient Argos Pélasgique, et Alos et Alopè, et ceux qui habitaient Trakinè et la Phthiè, et la Hellas aux belles femmes. Et ils se nommaient Myrmidones, ou Hellènes, ou Akhaiens, et Akhilleus commandait leurs cinquante nefs. Mais ils ne se souvenaient plus des clameurs de la guerre, n'ayant plus de chef qui les menât. Car le divin Akhilleus aux pieds rapides était couché dans ses nefs, irrité au souvenir de la vierge Breisèis aux beaux cheveux qu'il avait emmenée de Lymèssos, après avoir pris cette ville et renversé les murailles de Thèbè avec de grandes fatigues. Là, il avait tué les belliqueux Mènytos et Epistrophos, fils du roi Evènos Sélèpiade. Et, dans sa douleur, il restait couché mais il devait se relever bientôt.
ÉPISTROPHOS : chef des Halizones. Il naquit à Alybé et vint au secours de Priam.
ÉPISTROPHOS : fils d’Événos. Frère de Mynès. Il fut tué par Achille dans l’expédition contre Lyrnesse et Thèbes.
Extrait de l'Iliade d'Homère: ils s'appelaient Myrmidons, Hellènes, Achéens — leurs cinquante vaisseaux avaient pour chef Achille. Mais eux oubliaient la guerre au bruit maudit, car il n'y avait personne pour conduire leurs rangs : il restait couché au milieu de ses vaisseaux, le divin Achille aux pieds rapides, irrité à cause de la jeune Briséis aux beaux cheveux, qu'il avait prise à Lyrnessos après bien des fatigues, après avoir renversé Lyrnessos et les remparts de Thèbes — et il avait abattu Mynès et Epistrophos aux nombreux javelots, fils du roi Evénos, descendant de Sélépios. C'est à cause de Briséis qu'Achille restait couché, affligé. Mais il devait bientôt se lever.
EPITALARIA : la déesse qui porte une corbeille. Surnom de Vénus.
ÉPITHALAME : chant nuptial. À l’origine ce n’était que l’acclamation « Ô hymen ! ô hyménée », qui devint plus tard le refrain des épithalames proprement dits. Théocrite a composé l’épithalame de Ménélas et d’Hélène.
Extrait de l'Épitalame de Pélée et de Thétis par Catulle : On y voit Ariane, le coeur gros des fureurs d'un amour indomptable, qui, des rivages de Dia aux flots retentissants regarde s'éloigner Thésée avec sa flotte rapide. Elle le voit ; mais, à peine échappée aux trompeuses douceurs du sommeil, elle n'en peut croire ses yeux, malheureuse laissée seule sur une plage déserte. Cependant le guerrier fuit et frappe les flots de ses rames, et les vents des tempêtes emportent ses vaines promesses. De loin, au milieu des algues, les yeux baignés de larmes, comme la statue de marbre d'une Bacchante, elle voit le parjure, elle le voit, hélas ! et son regard incertain flotte sur les vagues des peines ! Plus de bandeau, dont le tissu subtil retienne ses blonds cheveux ; plus de voile léger qui couvre sa gorge nue ; plus de fine écharpe qui masque les boutons de sa gorge couleur de lait. Elle s'est dépouillée de tous ses ornements ; ils sont tombés à ses pieds, les flots salés s'en jouent. Que lui font son bandeau et son voile flottant au gré des ondes ; dans son délire, c'est Thésée qui remplit toute son âme, tout son coeur, toutes ses pensées. Ah ! malheureuse ! à quel deuil éternel t'a réduite l'Erycine, quels soucis cuisants elle a semés dans ton coeur, depuis le moment où, parti des côtes découpées du Pirée, le fier Thésée entra dans le temple de l'injuste roi de Gortyne. Car on raconte que, ravagée par une peste cruelle, Athènes, pour expier le meurtre d'Androgée, dut prendre l'habitude de livrer l'élite de ses jeunes gens et aussi la fleur de ses vierges pour servir de pâture au Minotaure. Voyant les remparts de son étroite ville dépeuplés par ce fléau, Thésée préféra se sacrifier lui-même pour sa chère Athènes, plutôt que de laisser la ville de Cécrops porter à la Crète ces vivants condamnés à mort. Bientôt, porté sur un léger navire, et secondé par des brises légères, il arrive au palais superbe de l'orgueilleux Minos.
EPITALAMIUM : chant nuptial que les jeunes filles entamaient devant la porte nuptiale de la nouvelle épousée.
ÉPITRAPÉZIOS : nom de la petite image d’Héraclès qu’on plaçait sur la table au moment du repas.
EPITYRUM : plat antique commun à plusieurs régions. Semblable à la tapenade, il était composé d’olives écrasées, d’huile, de vinaigre, de rue, de menthe et d’herbes diverses.
ÉPODE : chez les Grecs, partie d’une ode qui se chantait au milieu du théâtre, lorsque la strophe avait été chantée à gauche de l’antistrophe à droite. On appelait aussi de ce nom une pièce lyrique composée de distiques en vers iambiques, le 1er de 6 pieds, le 2ème de 4 pieds. Explication: En poésie antique, la troisième partie d'un chant divisé en strophe, antistrophe et épode. La troisième strophe de l'ode. Poème composé de deux vers inégaux, alternativement trimètres ou dimètres. La troisième partie du choeur dans la tragédie grecque antique.
ÉPONA : déesse romaine des écuries et des étables. Elle était d’origine gauloise. Selon Servius, elle était née de l’union de Pulvius Stellus avec une jument. Qon image était placée dans les écuries et décorée de fleurs par les palefreniers.

La déesse gauloise Epona et ses chevaux (Thessalonique, IVe siècle après Jésus-Christ)
ÉPOPEUS : fils de Poséidon et de Canacé. Frère d’Opleus, de Nirée, d’Aloeus et de Triops. Suivant Pausanias, fils d’Aloeus et père de Marathon. Après la mort de Corax qui ne laissa pas d’héritier, Épopeus abandonna la Thessalie et se rendit à Sicyone dont il devint roi. Ayant enlevé Antiope, fille de Nyctée, roi de Thèbes, ce dernier lui déclara la guerre dans laquelle tous deux périrent.
ÉPOPEUS : un des Tyrrhéniens qui tenta d’enlever Dionysos. Il fut changé en dauphin.
ÉPOPTES : initiés parvenus aux grands mystères d’Éleusis. En cette qualité, ils avaient le droit de tout voir. Les candidats à l'initiation sont des "mystes" (premier degré d'initiation) ou des "époptes" (degré utime, ne peut être atteint qu'un an plus tard) ; mais mystes et époptes ne sont pas séparés au cours de la célébration des grands mystères. Les mystes sont accompagnés de leurs parrains, les "mystagogues. La procession des mystes et des époptes (entre Athènes et Eleusis) dure neuf jours, et imite la marche de Déméter en colère, à la recherche de sa fille. Cette procession comprenait une dérision des néophytes par les initiés des années précédentes. Comme Déméter, les mystes marchent à la lumière des flambeaux, brandissent des rameaux et portent une statue de Dionysos, en criant "Iacchos, Iacchos" : celui-ci est sans doute destiné à épouser Koré.
ÉPOPTIQUES : les plus hauts mystères d’Éleusis révélés aux candidats qui avaient rempli toutes les épreuves de l’initiation.
ÉPORÉDORIX : (Roi de ceux qui conduisent les chars) chef des Gaulois Éduens, d'abord partisan de Coctos, il finira par rejoindre le vergobret Convictolitavis. Il suivit ce dernier dans la rébellion avec un autre chef, Viridomaros. S’alliant avec le puissant Litaviccos, ils le trahirent presque aussitôt enfaisant leur reddition, les mains tendues à César. Quelques semaines plus tard, après le siège de Gergovie en 52 av. J.-C., ils massacrèrent la garde romaine et les marchands de Noviodunum. On les vit encore parmi les commandants de l’armée de secours au siège d’Alésia. Lors de l’élection annuelle des chefs, s’opposa violemment à son adversaire Viridomaros.
Extrait des Commentaires sur la Guerre des Gaules par Jules César: L'Éduen Éporédorix, jeune homme d'une grande famille et très puissant dans son pays, et avec lui Viridomar, de même âge et de même crédit, mais inférieur en naissance, que César, sur la recommandation de Divitiac, avait élevé d'une condition obscure aux plus hautes dignités, étaient venus, nominativement appelés par lui, le joindre avec la cavalerie. Ils se disputaient le premier rang, et dans le débat récent pour la suprême magistrature, ils avaient combattu de tous leurs moyens; l'un pour Convictolitan, l'autre pour Cote. Éporédorix, informé du dessein de Litavic, en donne avis à César au milieu de la nuit; il le prie de ne pas souffrir que des jeunes gens, par des manceuvres perverses, détachent sa cité de l'alliance du peuple romain; ce qu'il regardé comme inévitable, si tant de milliers d'hommes se joignent à l'ennemi; car leurs familles ne pourraient manquer de.s'intéresser à leur sort, ni la cité d'y attacher une grande importance.
ÉPORÉDORIX : autre chef et lieutenant arverne de Vercintgétorix qui tomba aux mains des Romains à la bataille de la Saône en 52 avant notre ère.
ÉPULONS : prêtres romains nommés à partir de 558 av. J.-C. Ils préparaient les festins sacrés en l’honneur des dieux. Trois à l’origine, ils officièrent à sept (-198) pour servir le banquet divin à Jupiter et aux douze dieux dont les statues étaient placées sur des couches. Jules César porta leur nombre à 10. Sous l'empire, les épulons sont aussi chargés de l'organisation des repas publics donnés par l'empereur, ils étaie,t à nouveau 7.
EQUARIUS :
1. vétérinaire spécialisé dans les soins des chevaux.
2. Garçon d’écurie ou palefrenier.
ÉQUES ou ÉQUICOLES (AEQUI) : ancien peuple du Latium. Leur ville principale était Préneste. Pillards, ils lancèrent plusieurs razzias chez les Romains. En 493 av. J.-C.. Leur principal centre aurait été pris par les Romains vers 484 av-J.-C, ils s’associèrent aux Sabins et aux Volsques pour ravager le Latium. En 473, ils pillèrent le pays des Herniques, alliés de Rome. Ils furent exterminés en 305 après s’être alliés aux Samnites contre Rome. Les survivants à la fin de la période républicaine subsistent sous la dénomination de Aequiculi ou de Aequicoli, organisés en municipium, sur un territoire qui semble comprendre la partie supérieure de la vallée du Salto.

Peuples de l'Italie centrale: les Eques (Equi)
ÈQUES LÉGIONARIUS: Eques legionarius. Cavalier légionnaire, évidemment, comme l'épithète l'indique, distinct des chevaliers et de la cavalerie ordinaire, qui était placée d'habitude sur les ailes et fournie très souvent par les alliés. Le nom porte naturellement à conclure que c'était un corps de cavalerie pesamment armée, comme l'infanterie de la légion. La figure ci-jointe, prise de la colonne de Marc-Aurèle, confirme notre conjecture en montrant qu'à cette époque du moins il y avait une classe de troupes romaines à cheval qui portaient une cuirasse exactement du même genre que les légionnaires de la même période.

ÉQUES SAGITTARIUS : archers à cheval. Ces cavaliers étaient généralement des alliés de l’armée romaine. Cependant, quelques corps romains de ce type apparurent sous l’Empire.

ÉQUESTRE : épithète des divinités qui présidaient aux courses de chars. La Fortune Équestre avait à Rome un temple magnifique que Fulvius Flacus avait fait bâtir auprès la victoire de sa cavalerie sur les Celtibériens.
EQUIRIA : fêtes instituées par Romulus en l’honneur du dieu de la guerre. On y organisait les courses de chevaux au champ de Mars Le 27 février et le 14 mars.
ÉQUITÉ ou ACETIA : déesse romaine de la justice. Emblème de ce qui était juste et droit, elle était représentée sous les traits d’une vierge sévère tenant la corne d’avondance dans le bras gauche et la balance dans la main droite. Déesse de la Justice, de la Loi et de l'Équité, dont les attributs sont deux plateaux suspendus à un fléau, symbole de la « pesée des actes », tenant à la main le glaive du « jugement », représentée les yeux bandés, emblème de « l'impartialité des sentences ».

Thémis, déesse de la justice de la loi et de l'équité

Vespasien et l'Équité. Déesse de l’équité et des échanges fructueux, Acetia est, dans la Mythologie romaine, la déesse de l'équité et des échanges fructueux.
EQUULEUS : instrument de torture semblable au pal.
EQUUS PUBLICUS : cheval octroyé par l’État aux chevaliers romains entrant au service de la cavalerie.
ÉRANANN : héros goïdel (gaël) qui lors de l’invasion de l’Irlande fut tué par un vent magique envoyé par les Tuatha Dé Danann.
ÉRASISTRATE : médecin et anatomiste grec du IIIe siècle av. J.-C., né à Iulis dans l’île de Chios(-325?) mort an Asie Mineure(-250?). Il étudia sous la direction de Chrysippe de Cnide, Métrodore et Théophraste, vécut à la cour de Séleucos Nicator, roi de Syrie, et se fit une grande réputation en guérissant le fils du roi, Antiochos. S’installant ensuite à alexandrie, il abandonna la pratique pour se consacrer aux recherches anatomiques. Celse prétend qu’il disséqua des criminels vivants. Il reconnut que les nerfs ont leur origine dans la substance du cerveau, donna son nom à la trachée-artère. Mais il supposait que l’air remplissait les artères. Nous n’avons plus aucun de ses ouvrages. Dans le domaine de la neuroanatomie, il fut l'un des premiers avec Hérophile à pratiquer les dissections de cadavres humains. Celse et Tertullien l'accusent d'avoir fait la vivisection de criminels c'est probablement une calomnie dictée par des haines de sectes. Il parvint ainsi à distinguer les principales structures de l'encéphale que sont les deux hémisphères du cerveau et le cervelet auquel il attribue un rôle important dans le contrôle du mouvement volontaire et de la coordination motrice. Il montra aussi que les nerfs convergent vers le système nerveux central. Il mit en évidence le rôle sensitif et le rôle moteur des racines postérieures et antérieures des nerfs rachidiens. Pionnier de la méthode comparative, il fut le premier à établir un lien entre le degré de gyrification des circonvolutions du cerveau (cad. son degré de "plissement") des différentes espèces animales et leur degré d'intelligence. Il démontra le rôle primordial du sang dans le corps humain et il fut près de faire la découverte de la circulation sanguine en reconnaissant que le cœur était au centre du réseau des artères et des veines. Sur le plan anatomique, il donna les premières descriptions de la veine cave, des valvules veineuses et des artères pulmonaires et rénales. Érasistrate fut l'auteur d'une théorie concurrente à la théorie des humeurs. Il défendit ainsi l'idée que le système des veines transportait du sang et non le pneuma imaginé par Hippocrate. Ce sang contenant l'esprit vital était acheminé depuis le cœur jusqu'au cerveau où il était transformé en esprit vital, qui était distribué dans le corps via les nerfs (dont il montra qu'ils étaient non pas creux mais formés d'une structure solide tubulaire, aujourd'hui identifiée comme les fibres nerveuses). Toutefois, le rôle des artères dans sa théorie restait de véhiculer l'air, ce qui expliquait selon lui le pouls. Il interprétait donc certains désordres physiologiques comme un excès de sang dans les artères. Cette théorie de la pléthore sanguine se posait en opposition à la pratique des saignées défendue par les autres médecins de l'époque, dont Hérophile. Erasistrate, au point de vue médical, fut l'un des précurseurs de l'école empirique.
Extrait d'un récit de Plutarque: Démétrios apprend que sa fille, mariée à Séleucos, vient d'épouser Antiochos, fils de ce roi, et qu'elle a été proclamée reine des barbares du haut pays . Voici, à ce qu'il paraît, ce qui s'était passé. Antiochos s'était épris de Stratonice, qui était jeune, mais qui avait déjà un enfant de Séleucos. Il était très malheureux et faisait de grands efforts pour dominer sa passion. Finalement, se condamnant lui-même pour ce désir criminel et voyant que son mal était incurable et sa raison vaincue, il cherchait un moyen pour en finir avec la vie et s'éteindre tranquillement, en négligeant le soin de son corps et s'abstenant de nourriture sous le prétexte d'une maladie quelconque. Érasistrate, son médecin, s'aperçut aisément qu'il était amoureux, mais, comme il était difficile de savoir de qui, il passait tout son temps dans la chambre du malade afin de découvrir son secret ; s'il voyait entrer quelque garçon ou quelque femme à la fleur de l'âge, il observait le visage d'Antiochos et examinait les réactions des parties du corps qui sont le plus affectées par les émotions de l'âme. Or, il n'apercevait aucun changement quand d'autres personnes se présentaient, mais lorsque Stratonice, fréquemment, lui rendait visite, soit seule, soit avec Séleucos, il voyait sur le jeune homme tous les symptômes décrits par Sapho : perte de la voix, rougeurs enflammées, obscurcissement de la vue, sueurs soudaines, désordre et trouble du pouls, et à la fin, quand l'âme est entièrement abattue, détresse, stupeur et pâleur. En outre Érasistrate pensa avec vraisemblance que l'amour d'une autre femme n'aurait pas amené le fils du roi à persévérer, dans son silence jusqu'à la mort. Mais il jugeait difficile de parler et de révéler ce secret cependant, confiant dans l'affection de Séleucos pour son fils, il finit par se risquer et dit que la maladie du jeune homme était l'amour, mais un amour impossible et sans remède. " Comment, sans remède ? " s'écria Séleucos stupéfait. Oui, par Zeus, répondit Érasistrate, parce que c'est de ma femme qu'il est épris. "
"Eh bien, Érasistrate, reprit Séleucos, toi qui es son ami, ne céderais-tu pas ta femme à mon fils, et cela quand tu vois que c'est notre seule planche de salut ? " " Mais toi-même, qui es son père, tu ne l'aurais pas fait si Antiochos avait désiré Stratonice. " " Ah ! mon ami, s'écria Séleucos, plaise au ciel qu'un dieu ou un homme puisse bien vite changer sa passion et la tourner de ce côté, car il serait beau pour moi de renoncer même à la royauté par amour pour Antiochos. " Séleucos prononça ces mots avec tant d'émotion et en versant des larmes si abondantes qu'Érasistrate lui prit la main en disant : " Tu n'en pas besoin d'Érasistrate étant père, mari et roi, tu es, du même coup, le meilleur médecin pour ta maison. " Là-dessus, Séleucos, réunissant une assemblée générale, déclara son intention et sa volonté de proclamer Antiochos roi et Stratonice reine de tous les hauts pays, en les mariant ensemble. " Je pense, ajouta-t-il, que mon fils, accoutumé à m'écouter et à m'obéir en tout, ne fera aucune objection à ce mariage, et, si ma femme répugne à cette union contraire à l'usage, je prie mes amis de lui faire comprendre et de la persuader qu'elle doit trouver beau, juste et utile ce que le roi estime tel. " Voilà, dit-on, quel fut le motif du mariage d'Antiochos et de Stratonice."
 
Antiochus et Stratonice( Erasistrate comprend pourquoi Antiochus est malade) Erasistrate Tableau de Jacques-Louis David 1774
ÉRATO : la gracieuse. Nymphe. Femme d’Arcas et prêtresse de Pan chez les Grecs. Elle eut trois enfants : Élatos, Azan et Aphidas. Chez les Romains, elle était la muse de la poésie invoquée par les amants. On lui attribuait l’invention de la flûte et du chalumeau, quelquefois de la lyre, au son de laquelle, elle dansait. Elle était représentée tenant le stylet ou le chalumeau.

Calliope et Erato d'après Pierre-Yves Vigneron Erato par John William Godward(1861-1922)

Eustache Le Sueur "Melpomène, Erato et Polymnie."

La Muse Erato par François Boucher(1703-1770)
ÉRATOS : fils d’Héraclès et de la thespiade Dynaste.
ÉRATOSTHÈNE : mathématicien et géographe grec, né à Cyrène (272-199 av. J.-C.). Il vécut d’abord à Athènes, puis prit, à la demande du roi d’Égypte Ptolémée Évergète, la direction de la bibliothèque d’Alexandrie. Ératosthène fut surnommé Pentathle, titre décerné à l’athlète vainqueur dans les cinq luttes des jeux olympiques. Il mesura la circonférence de la terre en utilisant le degré du méridien. Il inventa un instrument appelé mésolabe pour faire connaître les moyennes proportionnelles et imagina un tableau de chiffres, dit « crible d’Ératosthène », destiné à faire découvrir par exclusion tous les nombres premiers. Il résolut le problème de la duplication du cube. En histoire, il dressa les tables chronologiques des rois égyptiens de Thèbes, écrivit l’abrégé des conquêtes d’Alexandre et la description de la Grèce. Appelé le second Platon, il fut un philosophe illustre. Nous ne possédons plus que quelques fragments de ses œuvres. En 205 avant J.C., le grec ÉRATOSTHÈNE, alors Directeur de la Grande Bibliothèque d'Alexandrie en Égypte, propose une méthode purement géométrique pour mesurer la longueur du méridien terrestre (circonférence passant par les pôles). Il va partir de l'observation d'ombres portées faites en deux lieux, Alexandrie et Syène (aujourd'hui Assouan), éloignés d'environ 800 km (distance estimée d'après le temps mis par des caravanes de chameaux pour relier ces deux villes !), au moment du solstice d'été et à l'heure du midi solaire local. Ce jour-là et à cette heure précise dans l'hémisphère Nord, le Soleil occupe, de tous les jours de l'année, la plus haute position au dessus de l'horizon. Néanmoins, ÉRATOSTHÈNE remarque des différences d'un lieu à l'autre. A Syène (à peu près située sur le tropique du Cancer) le Soleil est à la verticale, si bien que ses rayons pénètrent jusqu'au fond des puits ; quant aux ombres portées des objets verticaux, elles sont parfaitement centrées autour d'eux. Par contre, à Alexandrie, le Soleil n'est plus à la verticale et ces mêmes objets ont une ombre décentrée, très courte. ÉRATOSTHÈNE va mesurer l'ombre d'un obélisque dont il connaît déjà la hauteur, et il va en déduire l'angle que font les rayons solaires avec la verticale : il trouve 7,2°.A partir de toutes ces observations, deux hypothèses s'offrent à lui :
1) La Terre est plate (fig. 2a), mais alors, le Soleil serait suffisamment proche pour que la divergence de ses rayons atteignant des objets éloignés soit significative : en effet, les objets de longueur identique ont des ombres de longueurs différentes et pas d'ombre du tout à l'aplomb du Soleil (angle nul).
2) La Terre n'est pas plate (fig. 2b), sa surface est courbe, et peut-être même sphérique. Seulement, les même résultats peuvent être obtenus avec des rayons solaires tous parallèles : cela implique que le Soleil soit suffisamment éloigné, très, très éloigné.
ÉRATOSTHÈNE opte pour la seconde hypothèse. En effet, les Anciens soupçonnent déjà que la Terre n'est pas plane, cela à partir d'observations diverses prouvant une certaine courbure de sa surface : le navigateur perché en haut de son grand mât aperçoit le premier la côte lointaine ; l'observateur en haut d'une falaise voit plus longtemps le vaisseau qui s'éloigne vers l'horizon que celui resté sur la plage ; l'étoile polaire n'a pas la même hauteur au-dessus de l'horizon en Grèce qu'en Égypte ; enfin, lors des éclipses de Lune, l'ombre de la Terre se projetant sur la Lune révèle une section circulaire. Persuadé que la Terre est sphérique, notre génial ÉRATOSTHÈNE va tracer sa célèbre figure géométrique " éblouissante de simplicité " (fig. 3), laquelle va lui permettre de calculer facilement la longueur du méridien terrestre. Si la Terre est sphérique, en prolongeant la verticale d'Alexandrie (l'obélisque) et celle de Syène (le puits), ces deux verticales vont se rejoindre par définition au centre de la Terre. D'autre part, ÉRATOSTHÈNE sait que la ville de Syène étant située droit vers le sud par rapport à Alexandrie, les deux villes sont à peu près situées sur le même méridien. Les rayons solaires étant effectivement parallèles, l'angle formé par les deux verticales au centre de la Terre est donc identique à celui qu'il a mesuré grâce à l'ombre de l'obélisque (7,2°). La proportion de cet angle en regard des 360° du cercle est la même que celle de la distance séparant les deux villes (à peu près 800 km) par rapport à la circonférence du cercle (ici, le méridien terrestre). Vous devinez la suite : 360° divisé par 7,2° donne 50, et 800 km que multiplie 50 fait bien 40 000 km (longueur que l'on a retrouvée ultérieurement par d'autres procédés).



Le Monde vu par Ératosthène
ÈRE : point de la durée à partir duquel on compte les années. L’ère chrétienne, dont on se sert habituellement en histoire, soit en remontant, soit en descendant les siècles, a été établiee au Vie siècle par le moine Denys le Petit.
Voici le tableau des principales ères :
Ères avant Jésus-Christ
Ère de la création, selon le concile de Constantinople 5508
- selon la chronologie vulgaire 4004
- d’après l’art de vérifier les dates 4963
- des Chinois, selon de Guignes 2697
- d’Abraham, employée par quelques auteurs, d’après Eusèbes 2015
- des Olympiades, employée par Timée et tous les historiens grecs 776
- de la fondation de Rome, selon Varon 753
- de la fondation de Rome, selon les marbres capitolins 752
- des consuls ou de l’établissement de la république romaine 509
- de Nabonassar, roi de Babylone, selon Ptolémée 747
- des Lagides, depuis la mort d’Alexandre 323
- des Séleucides 312
- actiaque ou de l’établissement de l’empire romain 31
Ères après Jésus-Christ
Ère de Dioclétien ou des marthyrs 284
- des mulsumans, datée de l’hégire ou fuite de Mahomet 622
- de Constantinople, établie par l’Église grecque 680
ÉRÈBE : fils du Chaos. Il épousa sa sœur, la Nuit, qui lui donna l’Éther et le Jour. Les anciens considéraient l’Érèbe comme un lieu par lequel il fallait passer avant d’arriver dans le monde souterrain. L’Érèbe peut désigner les Enfers en général.
ERECHTHEE : roi d’Athènes, successeur de Pandion, au XVIe siècle av. J.-C.. Il amena, dit-on, d’Égypte une colonie qui apprit à Triptolème des procédés moins grossiers pour la culture du blé. Il établit les mystères d’Eleusis, immola sa fille Chthonie avant d’aller combattre les envahisseurs venus de Thrace, et périt dans la bataille. Sous son règne, l’Attique reçut Xuthus et son fils Ion, qui y amenèrent une tribu d’Hellènes.
La Légende: La fable lui donne quatre filles, Procris, Créuse, Clithonie et Orithyie, qui s'aimaient si tendrement, qu'elles s'engagèrent par serment à ne pas survivre les unes aux autres. Érechthée, étant en guerre avec les Éleusiens, apprit de l'oracle qu'il serait vainqueur, s'il voulait immoler une de ses filles. Clithonie fut choisie pour victime, et ses sœurs furent fidèles à leur serment. Leur père repoussa Eumolpe, fils de Neptune, mais fut précipité tout vivant dans le sein de la terre que Neptune entr'ouvrit d'un coup de son trident. Les Athéniens mirent Érechthée au nombre des dieux, et lui bâtirent un temple dans la citadelle.
 Ce temple ionique tient son nom d'Erechthée. l'un des premiers roi mythiques d'Athènes. Il s'élève dans la région la plus sacrée de l'Acropole, sur un ancien sanctuaire mycénien. On y célèbrait les cultes les plus anciens d'Athènes, réservés aux seuls initiés. Dans la partie Est du temple était enfermée la statue en bois d'olivier d'Athéna Polias. Chaque année, on la sortait solennellement pour la procession des Panathénées. Le portique des Caryatides, où six gracieuses jeunes filles font office de colonnes, forme une sorte de dais au-dessus du temple-tombeau de Cécrops, le premier roi de la cité.
ÉRECHTHÉION (voir photo ci-dessus): temple situé sur l’Acropole d’Athènes. On y trouvait trois autels consacrés à Poséidon, Boutès et Héphaïstos.
ÉRÉMON : premier roi des Goïdels (Gaël) après l’invation de l’Irlande.
ÉREUTHALION : Arcadien. Fils d’Hippomédon ou d’Aphidas. Il fut tué par Nestor dans un combat contre les Pyliens. Il portait l’armure d’Aréithoüs qui lui avait été donnée par Lycurgue.
ERGASTULARIUS : esclave en chef de l’ergastulum, lieu où les esclaves étaient enfermés.
ERGASTULUM : dépendance d’une ville romaine dans laquelle on enfermait les esclaves punis après le travail. Ces esclaves travaillaient et dormaient avec leurs chaînes aux pieds. Salle dans laquelle on regroupait les gladiateurs.
ERGASTULUS : esclave condamné à l’ergastulum.
ERGATIES : fête à Sparte, en l’honneur d’Héraclès.
ERGIÆOS : descendant de Diomède. À l’instigation de Téménos, il détourna le Palladium que Diomède avait apporté à Argos.
ERGINOS : fils de Clyménos et de Buzygès ou Budéios, roi d’Orchomène. Pour venger la mort de son père tué par Périérès, il fit la guerre aux Thébains et les força de lui fournir un tribut annuel de cent taureaux pendant vingt ans. Mais Héraclès intercepta ses messagers et leur coupa le nez et les oreilles, leur lia les mains derrière le dos et les renvoya à Erginos. Ce dernier marcha à nouveau contre Thèbes. Héraclès le tua. Selon Pausanias, Erginos, vaincu, vécut très vieux. Il se maria très tard et prit part à l’expédition des Argonautes.
L'histoire: Au cours des fêtes de Poséidon à Onchestos, un incident insignifiant offensa les Thébains à la suite de quoi le conducteur du char de Ménoecée lança une pierre qui blessa mortellement le roi minyen Clyménos. Clyménos fut ramené mourant à Orchomène, et, à son dernier soupir, il demanda à ses fils de le venger. L'aîné, Erginos, dont la mère était la princesse béotienne Boudeia rassembla une armée, marcha contre les Thébains et leur infligea une cuisante défaite. Au terme d'un traité garanti par serment, les Thébains s'engagèrent à payer à Erginos d'un tribut annuel de cent têtes de bétail pendant vingt ans pour la mort de Clyménos. Héraclès, à son retour de l'Hélicon, tomba sur les hérauts minyens qui allaient chercher le tribut imposé aux Thébains. Comme Héraclès leur demandait ce qutils venaient faire, ceux-ci lui répondirent avec mépris qu'ils étaient venus pour rappeler une fois de plus aux Thébains qu'Erginos faisait preuve de clémence en ne coupant pas les oreilles, le nez et les mains de tous les hommes de la cité. " Erginos souhaiterait-il vraiment recevoir un tribut de cette nature? " demanda Héraclès, que la colère avait pris. Puis il infligea aux hérauts les mutilations qu'ils avaient eux-mêmes décrites et les renvoya à Orchomène. Lorsque Erginos demanda au roi de Thèbes, Créon, de lui livrer l'auteur de cet affront, celui-ci était tout disposé à obéir car les Minyens avaient désarmé Thèbes; et ceux-ci ne pouvaient guère espérer l'aide d'un voisin ami, dans une si mauvaise affaire. Mais Héraclès persuada à ses jeunes compagnons d'essayer de reprendre leur liberté. Ayant fait le tour de tous les temples de la ville, il arracha les boucliers, les casques, les cuirasses, les épées et les lances qui avaient été dédiés comme butin. Héraclès arma ainsi tous les Thébains en âge de combattre, leur apprit le maniement des armes et prit lui-même le commandement. Un oracle lui avait promis la victoire si la personne la mieux née de Thèbes sacrifiait sa vie. Tous les yeux se tournèrent pleins d'espoir vers Antiponeos, descendant des Hommes Semés. Mais comme il hésitait à mourir pour le bien de tous, ses filles Androcleia et Alcis se donnèrent la mort avec joie.Après quoi, les Minyens marchèrent sur Thèbes, mais Héraclès leur tendit une embuscade dans un défilé étroit, tua Erginos et la plupart de ses capitaines. Cette victoire remportée par Héraclès presque seul, il l'exploita en faisant une descente sur Orchomèné où il abattit les portes, pilla le Palais et obligea les Minyens à payer un tribut double de celui imposé à Thèbes.
ÉRIBÉE : épouse en secondes noces d’Alœus, marâtre d’Otos et d’Éphialtès qui avaient enchaîné Arès.
Arès a subi de grands maux quand Otos et le robuste Éphialtès, fils d'Aloè, le lièrent de fortes chaînes. Il resta treize mois enchaîné dans une prison d'airain. Et peut-être qu'Arès, insatiable de combats, eût péri, si la belle Éribée, leur marâtre, n'eût averti Hermès, qui délivra furtivement Arès respirant à peine, tant les lourdes chaînes l'avaient dompté.
ÉRIBÉE : Amazone vaincue par Héraclès.
ÉRIBÉE: fille d'Alcathoos de Mégare et la mère du grand Ajax.
Extrait de l'un des poèmes(Thésée) de Bacchylide de Cheos: Un navire à la proue azurée, emmenant Thésée ardent au fracas des armes, et deux fois sept beaux enfants, fils et filles des Ioniens, fendait la mer de Crète : dans la voile au loin éclatante s'élançaient les souffles de Borée, par la grâce de l'illustre Athéna à l'égide guerrière. Et Minos sentit son cœur blessé par les redoutables présents de Cypris, la déesse au bandeau d'amour : sa main ne sut pas rester loin d'une vierge ; elle effleura ses joues blanches. Le cri d'Éribée appela le héros à la cuirasse d'airain, issu de Pandion. Thésée la voit : il tourne sous ses sourcils un regard sombre, une douleur cruelle déchire son cœur; il dit : « Fils du souverain Zeus, tu n'es plus en toi-même maître d'un cœur pur : arrête, héros, ta superbe violence.
ÉRIBOTÈS : fils de Téléon. Argonaute. Il possédait de grandes connaissances dans l’art de guérir et sauva Oïlée des suites d’une grave blessure.

Les Argonautes. Cratère Attique 460-430 avant J.-C.
ÉRICHTHONIOS : Héphaïstos, n’ayant pu inspirer de l’amour à Athéna, eut d’elle par la violence un fils, Érichthonios, qui était moitié homme, moitié serpent. Athéna éleva ce fils à l’insu des autres dieux, le fit garder par un dragon, et l’enferma dans une corbeille qu’elle confia aux filles de Cécrops, Agraulos, Pandrosos et Hersé, avec défense de l’ouvrir. Curieuses, celles-ci l’ouvrirent et furent punies de mort, d'après d'autres sources elles furent effrayées par son apparence et se jetèrent du haut de l'Acropole. Érichthonios, après avoir expulsé Amphictyon d’Athènes, se rendit maître du royaume et devint le quatrième roi légendaire d'Athènes. Il eut pour femme la naïade Pasithée, qui lui donna un fils, Pandion. Le premier, il attela quatre chevaux à son char. Il introduisit à athènes le culte d’Athéna et l’usage de l’argent.
Apollodore: Amphictyon chassa Cranaos et occupa le trône ; les uns disent qu'il était le fils de Deucalion, les autres qu'il était né de la terre. Après douze années de règne, il fut chassé par Érichthonios. Certains disent qu'Érichthonios était le fils de Poséidon et d'Atthis, la fille de Cranaos ; mais d'autres qu'il était le fils d'Héphaïstos et d'Athéna, et en voici l'histoire : un jour Athéna se rendit chez Héphaïstos pour se faire forger des armes ; le dieu, qui avait été abandonné par Aphrodite, se prit à désirer Athéna, et, comme elle s'enfuit, il se mit à la poursuivre. Quand, après bien des efforts (car il était boiteux), il réussit à la rejoindre, il essaya de la posséder ; mais Athéna, qui était chaste et vierge, se libéra de son étreinte, et Héphaïstos éjacula sur la cuisse de la déesse. Dégoûtée, Athéna essuya le sperme avec un morceau de laine, qu'elle jeta par terre. Puis elle s'enfuit. Mais de la semence tombée à terre naquit Érichthonios. Athéna l'éleva alors en cachette des autres dieux, avec l'intention de le rendre immortel ; elle le plaça dans une corbeille et le confia à Pandrosos, la fille de Cécrops, en lui interdisant d'ouvrir la corbeille. Mais, poussées par la curiosité, les sœurs de Pandrosos l'ouvrirent, et virent un serpent enroulé autour du nouveau-né. Certains disent que les jeunes filles furent tuées par ce serpent ; or d'autres soutiennent qu'Athéna, en colère, les rendit folles, au point qu'elles se jetèrent du haut de l'Acropole. Érichthonios fut alors élevé dans l'enceinte sacrée d'Athéna. Par la suite, il chassa Amphictyon et devint roi d'Athènes. C'est lui qui fit ériger sur l'Acropole la statue de bois d'Athéna et instituer la fête des Panathénées. Il épousa Praxithée, une Naïade, qui lui donna un fils, Pandion.


Gaïa, Érichthonios et Athéna

Les filles de Cécrops découvrent Érichthonios, Jacob Jordaens, 1635-1640
ÉRICHTHONIOS : Ce roi est-il le même que le précédent? Où était-il lson petit-fils? Les sources sont cofuses. Roi d’Athènes. Fils de Pandion et de Zeuxippe(Apollodore nous dit: Pandion épousa Zeuxippe, la sœur de sa mère, et eut d'elle deux filles, Procné et Philomèle, et deux jumeaux, Érechthée et Butès.) . Frère de Procné, de Philomèle et de Butès. Il épousa Praxithée et eut quatre fils : Cécrops, Pandoros, Métion et Orneus, et autant de filles. Ces dernières moururent pour expier le meurtre d’Eumolpe, fils de Poséidon.
ÉRICHTHONIOS : fils de Dardanos et de Batée. Le plus riche des mortels d’après Homère. Il épousa Astyoché ou Callirrhoé, dont il eut Tros ou Assaracos. Dans ses prairies, paissaient 3 000 juments, tellement belles que Borée s’en éprit. C'est de Tros que dérive le mot Troyen.
Apollodore: D'Électre, la fille d'Atlas, et de Zeus naquirent Iason et Dardanos. Iason tomba amoureux de Déméter ; il tenta de la violer, mais fut foudroyé. Dardanos, attristé par la mort de son frère, quitta Samothrace et gagna la terre d'en face. Elle était gouvernée par Teucer, fils du fleuve Scamandre, et de la Nymphe Idaia ; de son nom, les habitants de la région étaient appelés Teucriens. Dardanos fut accueilli par Teucer, épousa Batia, la fille du roi, et reçut une partie du territoire où il fonda la cité de Dardanos. Quand ensuite Teucer mourut, il appela Dardanie toute la région. Il eut deux fils, Ilos et Érichthonios ; Ilos mourut sans enfants ; le trône revint alors à Érichthonios qui épousa Astyoché, la fille du Simoïs, et engendra Trôs.
ERICIUS : hérisson. Poutre défensive hérissée de pointes de fer qui barrait l’entrée d’un camp.
ÉRIDAN : dieu-fleuve. Fils d’Océan et de Téthys. Il eut pour fille Zeuxippe. La géographie mythologique le supposait à l’extrémité occidentale de la terre, venant du nord et se jetant dans l’océan. Peu à peu on le confondit avec le Pô, le Rhône et le Rhin.
ÉRIGONE : fille d’Icarios. Dionysos la séduisit après avoir pris la forme d’une grappe de raisin. Elle se pendit à la nouvelle de la mort de son père tué par des bergers ivres.
La légende d'après Eratosthène, résumé de l'encyclopédie de la Mort: En Icaria habitait un paysan, nommé Icarios, en compagnie de sa fille Érigone (née avec l'aube) et d'une chienne appelée Maïra (l'Étincelante). Accueillant sans le savoir le dieu Dionysos sous son toit, il lui offre un repas frugal arrosé de lait. En reconnaissance de cette hospitalité simple et cordiale, Dionysos lui donne un plant de vigne et lui apprend à transformer son fruit en vin. Icarios se met donc à cultiver la vigne et à produire du vin. Il place sur son chariot une outre remplie de vin et prend seul la route afin de présenter le don de Dionysos aux bergers de l'Attique. Ceux-ci, ne devinant pas ses effets, en consomment sans mesure et s'enivrent. Ils s'imaginent qu'on leur a donné du poison et tuent Icarios à coups de bâtons en abandonnant son cadavre au pied d'un arbre. Érigone s'inquiète de l'absence de son père pendant des semaines et des mois, mais reconnaît aussitôt dans le hurlement de la chienne un indice de la mort de son père. Elle part avec Maïra à la recherche de son père. Tenant dans sa gueule un vêtement du disparu, Maïra conduit sa maîtresse directement au cadavre d'Icarios. Inconsolable, Érigone se pend à l'arbre qui marque la sépulture de son père. La chienne apaise par sa propre mort les mânes d'Érigone.
D'autres versions montrent Érigone enterrant son père avant de se pendre. Au V° siècle de notre ère, Nonnos de Panopolis reprend le motif épique du mort dont l'ombre errante réclame la sépulture. «Ce n'est point la chienne qui vient alerter Érigone, mais l'âme d'Icarios assassiné qui s'introduit comme une fumée dans la chambre où dort la jeune fille, et lui apparaît sous la forme d'une image onirique. Vêtu d'une tunique ensanglantée, tachée de terre et de poussière, le fantôme tend les bras en direction de la fille, en montrant ses blessures. [...] Au réveil, privée désormais de l'espoir d'être mariée un jour, l'orpheline se déchire les seins avec les ongles et arrache de longues boucles de sa chevelure. Elle erre à la recherche de son père jusqu'à ce qu'un jardinier lui montre la tombe du malheureux. [...] Érigone se jette sur cette tombe qu'elle inonde de ses larmes. C'est alors que la chienne intervient, pour accompagner les gémissements de la jeune fille et partager son deuil Érigone se pend. La chienne tourne autour de l'arbre et du cadavre, éloignant les bêtes sauvages. Demeurée sans manger au lieu où Érigone est pendue, elle aidera enfin les passants qui découvrent la scène à enterrer la jeune fille, en creusant elle-même la terre avec ses pattes, avant de se laisser périr.»

Dionysos, Érigone et Icarios

Érigone Érigone, Louis Antoine Léon Riesener 1808-1878
ÉRIGONE : fille d’Égisthe et de Clytemnestre. Mère de Penthilios. Érigone fut sauvée par Artémis alors qu’Oreste voulait la tuer. Transportée en Attique, elle se consacra au service de la déesse.
ÉRINNE : femme poète, née à Téos, contemporaire et amie de Sapho, mourut à 19 ans, laissant des poèmes que l’on comparait quelquefois à ceux d’Homère. Il reste 4 vers du plus connu, intitulé la Quenouille. Il était écrit dans un dialecte mélangé du dorien et d’éolien.Voici la traduction d'une de ses odes que Stobée nous a conservée et dans laquelle elle fait l'éloge de la ville de Rome :
"Je te salue, ô fille illustre de Mars ! Puissante reine, dont la tête est parée d'une courrone d'or ; Rome, dont l'empire est inébranlable sur la terre, comme l'Olympe dans les cieux !
"A toi seule les destins ont accordé un règne ferme et durable ; ils veulent que sa force, toujours invincible, donne des lois à l'univers.
"Tes fers vont enchaîner au loin le sein de la terre et des mers, tandis que , tranquille, tu gouvernes les villes et les peuples.
"Le temps qui détruit tout, n'altère point ta puissance; la fortune, qui se joue des sceptres, semble respecter les fondemens de ton trône.
"Seule, entre toutes les villes, tu vois chaque année éclore de ton sein une riche moisson de héros pour le soutien de ton empire : ainsi la féconde Cérès couvre tous les ans la terre d'épis dorés pour la nourriture des hommes."
 Siméon Solomon : "Sappho et Erinne dans le jardin de Mythilène" (1864)
ÉRINYES (FURIES) : Leur nom vient de l'ancien grec et signfie persécuter. Malédictions et exécrations personnifiées. Leur nom signifie aussi « espionnes ». Elles portaient également celui d’Euménides, « bienveillantes » ; il était employé par ceux qui les redoutaient.
ÉRINYES (FURIES) : malédictions et exécrations personnifiées. Leur nom signifie « espionnes ». Elles portaient également celui d’Euménides, « bienveillantes » ; il était employé par ceux qui les redoutaient. Ne dépendant pas de Zeus, ces "divinités infernales" habitent Érèbe et elles en sortent quand une malédiction est lancée par quelqu'un et sont chargées de punir les crimes. Si le criminel décède, elles le poursuivront jusque dans le monde souterrain. Justes mais sans merci, aucune prière ni sacrifice ne peut les émouvoir, ni les empêcher d'accomplir leur tâche. Elles refusent les circonstances atténuantes et punissent toutes les offenses contre la société et à la nature tels que le parjure, la violation des rites de l'hospitalité et surtout les crimes ou l'homicide contre la famille. À l'origine, les êtres humains ne peuvent ni ne doivent punir les crimes horribles. Il revient aux Érinyes de poursuivre le meurtrier de l'homme assassiné et d'en tirer vengeance.
Alecto tourmente sans répit tous les criminels, peu importe le crime. Elle ne pense qu'à la vengeance.
Mégère , quant à elle, se doit de semer querelles et mésententes parmi les mortels en répandant entre autre la jalousie, pour ensuite pouvoir punir ceux qui auront succombés. Elle est aussi réputée pour poursuivre les coupables avec encore plus de rage que les autres. Son nom signifie la haine. Tisiphoné (étymologiquement : celle qui punit le meurtre) est imperturbable. Elle fouette des ombres jugées criminelles en les insultant et leur présentant des serpents effrayants. Ses sœurs la secondent dans cette tâche. C'est aussi elle qui transmet la peste et les maladies contagieuses afin de punir les hommes de leurs péchés.

Sarcophage romain. Au centre: Oreste tourmenté par une Érinye et soutenu par Pylade

"Le remord d'Oreste"(harcelé par les Érinyes)(1862) d'après William Frederic Bouguereau (1825–1905)

Les Érinyes: Alecto, Mégère et Tisiphoné Les Érinyes
ÉRIPHYLE : fille de Talaüs et de Lysimaque. Soeur d'Adraste. Épouse d’Amphiaraüs d'Argos, un des sept chefs qui assiégèrent Thèbes. Son mari s’était caché pour ne pas aller au siège, où il savait qu’il périrait. Eriphyle découvrit sa retraite à Polynice pour un collier d’or (le collier Harmonie). Alcméon, son fils, la tua pour venger son père. Sophocle avait composé une tragédie d’Eriphyle, aujourd’hui perdue. L’Eriphyle de Voltaire retrace le meurtre de la mère par le fils.

Polynice offre le collier à Ériphyle
ERMOUTHIS ou RENENOUTET- RENENOUNET(TERMOUTHIS/RENENET/RENOUT) : déesse des récoltes, représentée avec une tête de serpent. Déesse cobra protectrice des greniers et personnification de la fortune. Parfois, on la voit allaiter son fils Népri, le dieu du grain. Le neuvième mois du calendrier égyptien, pharmouti, était le mois de sa fête. Parfois représentée comme la mère du dieu Néhebkaou divinité des forces vitales. Sa fête se déroulait lors du neuvième mois de l'année(mois de Pharmouti).

Renenoutet allaite son fils Népri
, .
Tombe de Ramsès III : le grain et Renenoutet .
ÉROS : le dieu de l’amour. Trois dieux différents portent ce nom. Le dieu élémentaire est le plus ancien ; le second est le dieu décrit par les philosophes et les mystiques ; le troisième est le dieu érotique chanté par les poète érotiques et épigrammatiques. Éros constitue, avec Chaos, Nyx, Gaïa et Érèbe une des cinq divinités primordiales. C'est le seul des trois qui n'engendre pas, mais qui permet à Chaos et Gaïa de le faire. Il est beau, immortel, « dompte l'intelligence et la sagesse ». Dans "Les Oiseaux" d'Aristophane (450 - 385 av. J.-C.), Éros naît aussi de l'œuf, issu de la Nuit aux ailes noires. Il a deux ailes d'or et engendre, avec Chaos ailé et ténébreux, la race des Hommes, avant même celle des Immortels. Dans la Théogonie d'Hésiode et chez les Orphiques, Eros est considéré comme un dieu créateur et l'un des éléments primordiaux du monde. Il était l'objet d'un culte particulier à Thespies, où l'on célébrait en son honneur tous les quatre ans, des Erotidia. C'était un garçon turbulent qui n'avait aucune considération pour son âge ni pour la situation.
Éros l'incorrigible: Eros, pensant tuer le Géant Porphirion, fils de Gaia, lui avait décoché une flèche dans le foie, ce qui transforma sa rage en désir : il tenta de violer Héra après avoir déchiré sa robe. Il fut foudroyé par Zeus mais, seulement blessé, il se releva ; Apollon lui décocha alors une flèche dans l’œil gauche et Hermès l’acheva d’une flèche dans l’œil droit
Résumé de l'histoire d'Éros(Cupidon) et Psyché d'après le conte d'Apulée: Psyché est une jeune fille tellement belle que les hommes s’intéressent moins à la déesse Vénus. Celle-ci envoie alors son fils Cupidon nuire à Psyché, mais il s’en éprend dés le premier regard. Il la cache alors dans sa demeure où elle est traitée en reine mais elle ne connaît pas l’identité de son amant. En effet, il lui a fait promettre de ne jamais chercher à voir son visage, car leur bonheur serait alors brisé. Ainsi, chaque nuit, Éros rejoint Psyché dans son lit et disparaît dès que le jour se lève. Mais une nuit Psyché, poussée par ses sœurs jalouses, enfreint la règle en découvrant le corps d’Éros à la lueur d’une lampe qu’elle tient au-dessus de lui. Éros est éveillé par une goutte d’huile brûlante qui tombe sur son épaule et le blesse.
O lampe maladroite et téméraire ! ô trop indigne ministre des amours ! faut-il que par toi le dieu qui met partout le feu connaisse aussi la brûlure !
Il fuit alors de la chambre en lui disant qu’ils ne pourront plus être ensemble. Réfugié chez sa mère Vénus, elle le tiendra captif. Psyché quant à elle se donne pour but de le retrouver mais Vénus la fera fouetter et torturer par ses servantes avant de lui assigner quatre travaux impossibles. Elle échouera au dernier de ceux-ci, tombant alors dans un sommeil éternel. Jupiter interviendra et fera reconnaître leur union : le courroux de Vénus s'apaisera alors et la mortelle deviendra immortelle. Dans Le Banquet, Platon rapporte six éloges d'Éros prononcés respectivement par Phèdre, Agathon, Pausanias, Éryximaque, Aristophane et Socrate, qui parle au nom de Diotime, une étrangère de Mantinée. Pour Phèdre et Agathon, il n'y a qu'un seul Éros. Alors que Phèdre soutient qu'Éros est le dieu le plus ancien, Agathon maintient qu'il est le plus jeune. Pausanias et Éryximaque estiment, quant à eux, qu'il y a deux Éros, correspondant aux deux Aphrodite – la Céleste et la Vulgaire. Aristophane explique ensuite que la puissance de l'amour réside dans le fait qu'Éros est le seul dieu qui puisse nous permettre de réaliser ce à quoi tend tout être humain, la réunion avec la moitié de lui-même dont il a été séparé par Zeus. Vient le tour de Socrate qui livre la conception de l'amour qu'il a hérité de Diotime.

Éros par Bourguereau Éros (460 avant Jésus-Christ)

Éros et Psyché par Blackeri Edouard Toudouze (1848-1907) : Eros et Aphrodite
ÉROSANTHÉIA : fête du Péloponnèse dans laquelle les femmes se rassemblaient et cueillaient des fleurs.
ÉROSTRATE : Ephésien obscur qui le 21 juillet 356 av J.-C incendia le fameux temple de Diane(Artémis) pour rendre son nom célèbre. Les Ephésiens, aussi fous que lui, défendirent par une loi de prononcer son nom qui, pour cette raison peut-être a été révélé par l'historien Théopompe et les écrits d'Élien, de Solin et de Strabon parvenant jusqu’à nous. Cet évènement arriva la nuit même où naquit Alexsandre.
Érostrate d'après Marcel Schwob(1867-1905).Extrait: La mère d’Herostratos était violente et orgueilleuse. On ne sut point quel était son père. Hérostratos déclara plus tard qu’il était fils du feu. Son corps était marqué, sous le sein gauche, d’un croissant, qui parut s’enflammer lorsqu’on le tortura. Celles qui assistèrent sa naissance prédirent qu’il était assujetti à Artemis. Il fut colère et demeura vierge. Son visage était corrodé par des lignes obscures et la teinte de sa peau était noirâtre. Dès son enfance, il aima se tenir sous la haute falaise, près de l’Artémision. Il regardait passer les processions d’offrandes. À cause de l’ignorance où on était de sa race, il ne put devenir prêtre de la déesse à laquelle il se croyait voué. Le collège sacerdotal dut lui interdire plusieurs fois l’entrée du naos, où il espérait écarter le tissu précieux et pesant qui voilait Artemis. Il en conçut de la haine et jura de violer le secret. Il parut dangereux au collège de la Gerousia, qui surveillait le temple. Le satrape permit qu’on l’exilât dans les faubourgs. Il vécut au flanc du Koressos, dans un caveau creusé par les anciens. De là il guettait, la nuit, les lampes sacrées de l’Artemision. Quelques-uns supposent que des Persans initiés vinrent s’y entretenir avec lui. Mais il est plus probable que son destin lui fut révélé d’un coup. En effet, il avoua dans la torture qu’il avait compris soudain le sens du mot d’Héraclite, la route d’en haut, et pourquoi le philosophe avait enseigné que l’âme la meilleure est la plus sèche et la plus enflammée. Il attesta que son âme, en ce sens, était la plus parfaite, et qu’il avait voulu le proclamer. Il ne donna point d’autre cause à son action que la passion de la gloire et la joie d’entendre proférer son nom. Il dit que seul son règne aurait été absolu, puisqu’on ne lui connaissait point de père et qu’Herostratos aurait été couronné par Herostratos, qu’il était fils de son œuvre, et que son œuvre était l’essence du monde : qu’ainsi il aurait été tout ensemble, roi, philosophe et dieu, unique entre les hommes. L’an 356, dans la nuit du 21 juillet, la lune n’étant pas montée au ciel, et le désir d’Herostratos ayant acquis une force inusitée, il résolut de violer la chambre secrète d’Artemis. Il se glissa donc par le lacet de la montagne jusqu’à la rive du Caystre et gravit les degrés du temple. Les gardes des prêtres dormaient auprès des lampes saintes. Herostratos en saisit une et pénétra dans le naos. Une forte odeur d’huile de nard s’y exhalait. Les arêtes noires du plafond d’ébène étaient éclatantes. L’ovale de la chambre était partagé au rideau tissu de fil d’or et de pourpre qui cachait la déesse. Herostratos, haletant de volupté, l’arracha. Sa lampe éclaira le cône terrible aux mamelles droites. Herostratos les saisit des deux mains et embrassa avidement la pierre divine. Puis il en fit le tour, et aperçut la pyramide verte où était le trésor. Il saisit les clous d’airain de la petite porte, et la descella. Il plongea ses doigts parmi les joyaux vierges. Mais il n’y prit que le rouleau de papyrus où Héraclite avait inscrit ses vers. À la lueur de la lampe sacrée il les lut et connut tout. Aussitôt il s’écria : « Le feu, le feu ! » Il attira le rideau d’Artemis et approcha la mèche allumée du pan inférieur. L’étoffe brûla d’abord lentement ; puis, à cause des vapeurs d’huile parfumée dont elle était imprégnée, la flamme monta, bleuâtre, vers les lambris d’ébène. Le terrible cône refléta l’incendie. Le feu s’enroula aux chapiteaux des colonnes, rampa le long des voûtes. Une à une, les plaques d’or vouées à la puissante Artemis tombèrent des suspensions sur les dalles avec un retentissement de métal. Puis la gerbe fulgurante éclata sur le toit et illumina la falaise. Les tuiles d’airain s’affaissèrent. Herostratos se dressait dans la lueur, clamant son nom parmi la nuit. Tout l’Artemision fut un monceau rouge au centre des ténèbres. Les gardes saisirent le criminel. On le bâillonna pour qu’il cessât de crier son propre nom. Il fut jeté dans les sous-sols, lié, durant l’incendie. Artaxerxès, sur l’heure, envoya l’ordre de le torturer. Il ne voulut avouer que ce qui a été dit. Les douze cités d’Ionie défendirent, sous peine de mort, de livrer le nom d’Herostratos aux âges futurs. Mais le murmure l’a fait venir jusqu’à nous. La nuit où Herostratos embrasa le temple d’Éphèse, vint au monde Alexandre, roi de Macédoine.
 Le temple d'Artémis(Diane)
ÉROTIDES : fêtes en l’honneur d’Éros que les Thespiens célébraient tous les cinq ans.
ÉROTISME : à la vue des jeunes danseuses dévêtues sur les parois des tombes, l’œil du touriste peut se méprendre sur le sens du message délivré par les artistes de l’ancienne Égypte. Jusqu’au XIIIe siècle avant notre ère, être nu ou se montrer nu ne faisait pas partie d’un jeu de provocation mais des habitudes dans un pays aux températures élevées. L’érotisme apparaît dans les fables et les contes sous le calame des scribes qui n’hésitent pas à raconter les aventures amoureuses des dieux et des personnages historiques.
Dans la Gèce antique et jusque au IV ème siècle de notre ère sous la domination romaine, l’érotisme est représenté dans toutes ses formes et notamment celles considérées comme déviantes par la morale judéochrétienne : homosexualité masculine et féminine, zoophilie, flagellation, sado-masochisme. Mais Le christianisme considèrera l’érotisme comme une marque abjecte du polythéisme. Inceste, nudité, homosexualité, sodomie, coït pendant lla période des règles seront illicites. Le plaisir étant le mal, sa représentation artistique fut diabolisée, les artistes mirent alors de côté le nu et les scènes de plaisir.( Voir les travaux de Pierre-Marc de Biasi sur ce sujet).
ERYCINE : surnom de Vénus, du nom de la ville d’Éryx en Sicile. Un temple la consacrait à Rome. Il fut consacré le 18 août 293 avant J.-C pour commémorer la défaite romaine du lac Trasimène.
Le Le Castello Pepoli e Venere. Ce château normand en Sicile fut édifiée sur un rocher isolé à l'emplacement des ruines du temple de Vénus Erycine. A l'intérieur se trouvent un puits sacré, les ruines de Vénus Erycine, une maison phénicienne et des thermes romains.
ÉRYGDUPOS : centaure tué par Macarée aux noces de Pirithoüs.
ÉRYMANTHE (sanglier d’) : animal terrible par sa force et sa férocité. Il fut l’objet du quatrième des travaux d’Héraclès. Descendu de l’Érymanthe, montagne qui se trouve sur les frontières de l’Arcadie et de l’Achaïe, il ravageait le territoire de Psophis. Héraclès le captura au moyen d’un lacet et l’emmena vivant à Mycènes. Eurysthée fut tellement effrayé à sa vue, qu’il se cacha dans un vase d’airain. Capturer vivante une bête aussi sauvage était une tâche d'une difficulté peu commune; cependant, il réussit à la faire sortir de son fourré en poussant des cris puissants, la conduisit dans un trou profond rempli de neige et sauta sur son dos. Il l'attacha alors avec des chaînes et l'emporta vivante sur son dos à Mycènes; mais, lorsqu'il apprit que les Argonautes se rassemblaient pour partir pour la Colchide, il déposa à terre le sanglier et l'abandonna en dehors de la grande place du marché et, au lieu d'attendre de nouveaux ordres d'Eurysthée, qui s'était caché dans sa jarre en bronze, il partit avec Hylas pour se joindre à l'expédition. On ignore par qui fut tué le sanglier qu'il avait capturé, mais ses défenses furent conservées dans le temple d'Apollon, à Cumes.

Héraclès capture le sanglier d'Erymanthe
ÉRYMANTHE : fils d’Apollon. Aphrodite le priva de la vue, parce qu’il l’avait aperçue au bain avec Adonis. Son père, pour le venger, prit la forme d’un sanglier et tua l’amant de la déesse.
ÉRYSICHTHON : fils de Triopas, roi de Thessalie. Tourmenté d’une faim dévorante pour avoir abattu un bois consacré à Déméter(Cérès), il vendit tout ce qu’il possédait pour assouvir son appétit sans cesse renaissant. Sa fille Mestra, à laquelle Poséidon avait accordé le don de se métamorphoser à volonté, pourvut quelque temps à sa subsistance. Il mourut enfin après s’être dévoré les mains.
La légende détaillée d'Après Ovide(Extrait): Un jour, pour se procurer du bois destiné à sa nouvelle salle de banquet, Erysichthon eut l'audace d'abattre un grand chêne d'une forêt consacrée à Cérès. Lorsqu'il donna à ses serviteurs l'ordre d'abattre le chêne, ceux-ci reculèrent devant le sacrilège.Alors Erysichthon saisit la hache et s'attaqua au tron puissant autour duquel les Dryades avaient coutume de se rassembler pour danser. Quand il donna le premier coup de hache, du sang s'échappa de l'arbre et l'on entendit une voix . Cette voix disait à Erysichthon que Cérès le punirait de son crime. C'était en fait Cérès qui ayant pris la forme de Nicippé, prêtresse de la déesse, lui enjoignait avec douceur d'arrêter. Mais il ne s'arrêta pas. Il leva et abaissa sa hache jusqu'à ce que le grand chêne s'abattit sur le sol. Les Driades coururent raconter l'affaire à Cérès. La déesse profondèment offensée dit alors que le coupable subirait un châtiment. Dans son char, elle envoya l'une des Driades dans la région habitée par la Faim avec pour mission de la prier de prendre possession d'Erysichthon.
” Qu'elle veille bien à ce que nulle nourriture ne le satisfasse jamais ! Il doit rester affamé ! ” dit Cérès.La Faim obéit. Elle pénètra dans la chambre d'Erysichthon pendant qu'il dormait et l'enveloppa de ses bras décharnés. Puis le tenant d'une étreinte abominable, elle s'implanta en lui. Alors, il s'éveilla avec un désir dévorant de nourriture. Il ordonna qu'on lui servit au plus vite un repas. Mais plus il mangeait, plus la faim le gagnait. Il était toujours inassouvi. Il ne se rassasiait jamais et il dépensa toute sa fortune en nourriture...

La faim dévorante d'Érysichthon
ÉRYTHIE : île fabuleuse où se trouvait le royaume de Géryon. On l’identifiait avec un lieu situé non loin de Cadix. Satius Sebosus disait qu'à 40 jours de navigation à l'ouest des Gorgones (iles Canaries) se trouvent les 3 iles Hespérides : -Aéglé la blanche. -Aréthuse la noire. -Érythie la rouge. C'est dans cette dernière qu' Hercule aurait lutté contre Géryon, le géant aux 3 corps.
ÉRYTHIE: fille d'Atlas et d'Hespéris ou de Nyx et de l'Erèbe. C'est l'une des Hespérides.

Les Hespérides
ÉRYTHRE : fils de Leucon. Il sollicita la main d’Hippodamie. Il donna son nom à la ville d’Érythres en Béotie.
ÉRYTHRE : fils de Rhadamanthe. Il conduisit les Érythréens de Crète à Érythres en Ionie.
ÉRYTHRES: Description de la Grèce Par Pausanias: Vous trouverez sur le Cithéron dans le pays de Platées, en vous détournant un peu à droite du chemin, les ruines d'Hysies et d'Erythres qui étaient autrefois des villes Béotiennes ; l'on voit encore maintenant parmi ce qui reste d'Hysies un temple d'Apollon à moitié construit, et un puits sacré. Les Béotiens disent qu'anciennement ceux qui avoient bu de l'eau de ce puits, prédisaient l'avenir.
ÉRYX : fils d’Aphrodite et de Butès. Roi d’Érycie en Sicile au temps d’Héraclès. Il avait enfermé l’un des bœufs de Géryon dans ses étables. Héraclès qu’il défia au pugilat le vainquit et le tua.
ÉRYX : ancienne ville Sicile, à l’Ouest, au pied du mont Éryx, aujourd’hui San-Guliano, possédait un temple célèbre consacré à Vénus(Aphrodite). Cependant la première déesse adorée en ces lieux fut Astarté. Les légendes sur sa fondation sont très nombreuses ; commençons pourquoi pas ! par ce que nous rapporte Diodore de Sicile, selon lui ; Eryx était le fils d'Aphodite et Butas (Boutès, Butès) roi de ce territoire. Il fut le fondateur de la cité, et il bâtit dans la citadelle un temple magnifique, bien sûr consacré à sa déesse de mère( une autre source nous explique qu'en réalité sa mère s'appelait Lycaste et qu'ellese faisait surnommer Aphrodite) . Virgile dans l'Enéide fit débarquer sur son rivage Enée, d'ailleurs Anchise son père y mourut et y fut enterré. A l'époque ou Aceste un roi d'origine troyenne régnait sur la cité. On attribua à Enée la construction du temple pour sa mère, ainsi qu'un bois sacré. Ce même Virgile semblait s'appuyer sur les dire, plus anciens de Thycydide, qui affirmait que les Elymes habitants de cette région, étaient d'origine troyenne. À la fin de la première guerre punique, le général carthaginois Amilcar Barca se posta sur la crête et tint trois ans en échec les légions romaines.
Les archéologues donnent l'origine de la création de ce site à un groupe sicano-élyme, quelques ustensiles qui remonterait à l'âge de pierre, ont été retrouvés sur une des pentes du mont ; ou plus tard fut construit le cité. Des bronzes et des céramiques d'origine Elyme, furent retrouvés. Ceux-ci portants des motifs linéaires, datant pour les plus vieux de 900 av. J.-C.. De la présence phénicienne, il nous reste quelques remparts, cette ceinture semblait comporter trois portes ; sur certains blocs de pierre, on retrouvera des marques de carrière puniques. La nécropole retrouvé en dehors de la citadelle, est d'origine Carthaginoise. Des statuettes en terre cuite sont issues de la culture grecque. De la période romaine, on a retrouvé des ruines de thermes. Ces ruines romaines semble être du début de l'époque impériale.
 Eryx(aujourd'hui Erice) Monnaie d'Aphrodite , Tétradrachme de 350 avant JC de la ville de CNIDE
ES : fille du roi Éochaid. Après une relation incestueuse avec son père qui tenta de la tuer, Es épousa le roi suprême d’Irlande Éterscel.
ÉSAÜ : fils aîné d’Isaac et de Rébecca, frère de Jacob. Il fut appelé Esaü, c’est-à-dire homme fait, parce qu’il vint au monde couvert de poils ; ou Edom, c’est-à-dire le Roux, d’où le nom des Edomites ou Iduméens, ses descendants. Il vendit son droit d’aînesse à son frère pour un plat de lentilles. Puis, étant absent au moment où Isaac l’appela pour lui donner sa bénédiction, il en fut frustré par une ruzse de Jacob, et chercha longtemps son frère pour le tuer. Il finit par se réconcilier avec lui et lui céda la terre de Chanaan. Il avait épousé deux chananéennes, Judith et Basemath, malgré laé défense de son père. Il épousa aussi Mahalet, fille d’Ismaël. Ses descendants furent nombreux.
La Bible de Jérusalem, Génèse:
| Gn 27:1- |
Isaac était devenu vieux et ses yeux avaient faibli jusqu'à ne plus voir. Il appela son fils aîné Ésaü : Mon fils ! lui dit-il, et celui-ci répondit : Oui ! |
| Gn 27:2- |
Il reprit : Tu vois, je suis vieux et je ne connais pas le jour de ma mort. |
| Gn 27:3- |
Maintenant, prends tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier. |
| Gn 27:4- |
Apprête-moi un régal comme j'aime et apporte-le moi, que je mange, afin que mon âme te bénisse avant que je meure. - |
| Gn 27:5- |
Or Rébecca écoutait pendant qu'Isaac parlait à son fils Ésaü. - Ésaü alla donc dans la campagne chasser du gibier pour son père. |
| Gn 27:6- |
Rébecca dit à son fils Jacob : Je viens d'entendre ton père dire à ton frère Ésaü : |
| Gn 27:7- |
Apporte-moi du gibier et apprête-moi un régal, je mangerai et je te bénirai devant Yahvé avant de mourir. |
| Gn 27:8- |
Maintenant, mon fils, écoute-moi et fais comme je t'ordonne. |
| Gn 27:9- |
Va au troupeau et apporte-moi de là deux beaux chevreaux, et j'en préparerai un régal pour ton père, comme il aime. |
| Gn 27:10- |
Tu le présenteras à ton père et il mangera, afin qu'il te bénisse avant de mourir. |
| Gn 27:11- |
Jacob dit à sa mère Rébecca : Vois : mon frère Ésaü est velu, et moi j'ai la peau bien lisse. |
| Gn 27:12- |
Peut-être mon père va-t-il me tâter, il verra que je me suis moqué de lui et j'attirerai sur moi la malédiction au lieu de la bénédiction. |
| Gn 27:13- |
Mais sa mère lui répondit : Je prends sur moi ta malédiction, mon fils ! Écoute-moi seulement et va me chercher les chevreaux. |
| Gn 27:14- |
Il alla les chercher et les apporta à sa mère qui apprêta un régal comme son père aimait. |
| Gn 27:15- |
Rébecca prit les plus beaux habits d'Ésaü, son fils aîné, qu'elle avait à la maison, et en revêtit Jacob, son fils cadet. |
| Gn 27:16- |
Avec la peau des chevreaux elle lui couvrit les bras et la partie lisse du cou. |
| Gn 27:17- |
Puis elle mit le régal et le pain qu'elle avait apprêtés entre les mains de son fils Jacob. |
| Gn 27:18- |
Il alla auprès de son père et dit : Mon père ! Celui-ci répondit : Oui ! Qui es-tu, mon fils ? |
| Gn 27:19- |
Jacob dit à son père : Je suis Ésaü, ton premier-né, j'ai fait ce que tu m'as commandé. Lève-toi, je te prie, assieds-toi et mange de ma chasse, afin que ton âme me bénisse. |
| Gn 27:20- |
Isaac dit à son fils Jacob : Comme tu as trouvé vite, mon fils ! - C'est, répondit-il, que Yahvé ton Dieu m'a été propice. |
| Gn 27:21- |
Isaac dit à Jacob : Approche-toi donc, que je te tâte, mon fils, pour savoir si, oui ou non, tu es mon fils Ésaü. |
| Gn 27:22- |
Jacob s'approcha de son père Isaac, qui le tâta et dit : La voix est celle de Jacob, mais les bras sont ceux d'Ésaü ! |
| Gn 27:23- |
Il ne le reconnut pas car ses bras étaient velus comme ceux d'Ésaü son frère, et il le bénit. |
| Gn 27:24- |
Il dit : Tu es bien mon fils Ésaü ? et l'autre répondit : Oui. |
| Gn 27:25- |
Isaac reprit : Sers-moi et que je mange de la chasse de mon fils, afin que mon âme te bénisse. Il le servit et il mangea, il lui présenta du vin et il but. |
| Gn 27:26- |
Son père Isaac lui dit : Approche-toi et embrasse-moi, mon fils ! |
| Gn 27:27- |
Il s'approcha et embrassa son père, qui respira l'odeur de ses vêtements. Il le bénit ainsi : Oui, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ fertile que Yahvé a béni. |
| Gn 27:28- |
Que Dieu te donne la rosée du ciel et les gras terroirs, froment et vin en abondance ! |
| Gn 27:29- |
Que les peuples te servent, que des nations se prosternent devant toi ! Sois un maître pour tes frères, que se prosternent devant toi les fils de ta mère ! Maudit soit qui te maudira, Béni soit qui te bénira ! |
| Gn 27:30- |
Isaac avait achevé de bénir Jacob et Jacob sortait tout juste de chez son père Isaac lorsque son frère Ésaü rentra de la chasse. |
| Gn 27:31- |
Lui aussi apprêta un régal et l'apporta à son père. Il lui dit : Que mon père se lève et mange de la chasse de son fils, afin que ton âme me bénisse ! |
| Gn 27:32- |
Son père Isaac lui demanda : Qui es-tu ? - Je suis, répondit-il, ton fils premier-né Ésaü. |
| Gn 27:33- |
Alors Isaac fut secoué d'un très grand frisson et dit : Quel est donc celui-là qui a chassé du gibier et me l'a apporté ? De confiance j'ai mangé avant que tu ne viennes et je l'ai béni, et il restera béni ! |
| Gn 27:34- |
Lorsque Ésaü entendit les paroles de son père, il cria avec beaucoup de force et d'amertume et dit à son père : Bénis-moi aussi, mon père ! |
| Gn 27:35- |
Mais celui-ci répondit : Ton frère est venu par ruse et a pris ta bénédiction. |
| Gn 27:36- |
Ésaü reprit : Est-ce parce qu'il s'appelle Jacob qu'il m'a supplanté ces deux fois ? Il avait pris mon droit d'aînesse et voilà maintenant qu'il a pris ma bénédiction ! Mais, ajouta-t-il, ne m'as-tu pas réservé une bénédiction ? |
| Gn 27:37- |
Isaac, prenant la parole, répondit à Ésaü : Je l'ai établi ton maître, je lui ai donné tous ses frères comme serviteurs, je l'ai pourvu de froment et de vin. Que pourrais-je faire pour toi, mon fils ? |
| Gn 27:38- |
Ésaü dit à son père : Bénis-moi aussi, mon père ! Isaac resta silencieux et Ésaü se mit à pleurer. |
| Gn 27:39- |
Alors son père Isaac prit la parole et dit : Loin des gras terroirs sera ta demeure, loin de la rosée qui tombe du ciel. |
| Gn 27:40- |
Tu vivras de ton épée, tu serviras ton frère. Mais, quand tu t'affranchiras, tu secoueras son joug de dessus ton cou. |
| Gn 27:41- |
Ésaü prit Jacob en haine à cause de la bénédiction que son père avait donnée à celui-ci et il se dit en lui-même : Proche est le temps où l'on fera le deuil de mon père. Alors je tuerai mon frère Jacob. |
| Gn 27:42- |
Lorsqu'on rapporta à Rébecca les paroles d'Ésaü, son fils aîné, elle fit appeler Jacob, son fils cadet, et lui dit : Ton frère Ésaü veut se venger de toi en te tuant. |
| Gn 27:43- |
Maintenant, mon fils, écoute-moi : pars, enfuis-toi chez mon frère Laban à Harân. |
| Gn 27:44- |
Tu habiteras avec lui quelque temps, jusqu'à ce que se détourne la fureur de ton frère, |
| Gn 27:45- |
jusqu'à ce que la colère de ton frère se détourne de toi et qu'il oublie ce que tu lui as fait; alors je t'enverrai chercher là-bas. Pourquoi vous perdrais-je tous les deux en un seul jour ? Isaac envoie Jacob chez Laban. |
| Gn 27:46- |
Rébecca dit à Isaac : Je suis dégoûtée de la vie à cause des filles de Hèt. Si Jacob épouse une des filles de Hèt comme celles-là, une des filles du pays, que m'importe la vie ? |

Jacob et Esaü par Carl Spitzweg (1848) La Réconciliation
Jacob bénit Esaü
ESCHINE le Socratique : philosophe grec, né à Athènes. Il vécut au IVe siècle av. J.-C. Endetté, il fut expulsé de Syracuse, traité de sophiste par Platon qui lui enleva son unique élève. Il nous reste de lui trois dialogues : Sur la vertu, Éryxias et Axinchos.
Eschine par Diogène Laërce: Eschine, fils du charcutier Charinos ou, dit-on encore, de Lysinios, originaire d’Athènes, fut dès l’enfance laborieux : aussi ne quitta-t-il point Socrate, qui disait de lui : « Seul a su m’estimer le fils d’un charcutier. » Idoménée (Livre de la Prison) dit que c’est lui et non pas Criton qui conseilla à Socrate de s’enfuir. Si Platon attribue le fait à Criton, c’est qu’Eschine était plutôt l’ami d’Aristippe. Eschine fut accusé, particulièrement par Ménédème d’Érétrie, d’avoir fait passer pour siens des discours de Socrate qu’il avait reçus de Xanthippe. De ces discours, ceux qui sont appelés Aképhaloi sont d’un style tout à fait lâche et fort étranger à la vigueur socratique. Pisistrate d’Éphèse dit qu’ils ne sont pas d’Eschine. Des sept dialogues, Persée nous dit qu’ils sont de Pasiphon d’Érétrie, qui les inséra indûment dans les oeuvres d’Eschine. Il aurait fait aussi passer pour siens des ouvrages d’Antisthène, comme le Petit Cyrus, le Petit Héraclès, l’Alcibiade et d’autres. Quoi qu’il en soit, les discours d’Eschine écrits dans la manière de Socrate sont au nombre de sept : Miltiade, le premier, et à cause de cela le plus faible, puis Callias, Axiochos, Aspasie, Alcibiade, Télaugès, Rhinon. Sa pauvreté le fit aller, dit-on, en Sicile auprès de Denys. Ce voyage lui valut le mépris de Platon et la louange d’Aristippe. Il offrit au tyran quelques-uns de ses dialogues, il obtint des présents. Revenu à Athènes, il n’osa pas enseigner la philosophie, parce que Platon, Aristippe et leurs disciples y étaient trop en faveur. Il donna des cours payants, écrivit des plaidoyers pour les plaignants, ce qui fit dire à Timon : « La force d’Eschine, si faible à persuader. » On dit que, fort pressé par la pauvreté, il reçut de Socrate le conseil de se donner en gage pour avoir de quoi manger. Aristippe fut aussi d’avis qu’il était un plagiaire, car il lui disait, un jour où il lisait ses dialogues aux gens de Mégare : « D’où prends-tu tout cela, brigand ? » Polycrite de Mendée, dans son premier livre sur Denys, dit qu’il vécut avec ce tyran jusqu’à la déchéance de celui-ci et jusqu’au retour de Dion à Syracuse. Il affirme que Sarcinos le Tragique était du voyage. On a d’ailleurs une lettre qu’il écrivit à Denys. Il était un orateur moyen, si l’on en juge par son apologie du père du stratège Phéax et de Dion. Il imite de fort près Gorgias de Léontinie. Lysias a écrit un discours contre lui intitulé le Sycophante, d’après quoi on peut voir qu’il fut aussi un orateur. On rapporte qu’il eut un ami nommé Aristote Mythus. De tous les dialogues socratiques, Panétios dit que seuls sont authentiques ceux de Platon, de Xénophon, d’Antisthène, d’Eschine. Ceux de Phédon et d’Euclide lui paraissent douteux ; enfin, il rejette les autres.
ESCHINE : orateur athénien, rival de Démosthène. Il naquit dans le dème de Cothocides vers 389 av. J.-C. et mourut en 314 à Samos. L’orateur Antiphon et le démocrate Eubulos le prirent successivement pour secrétaire. Plus tard, il se fit acteur mais ne parvint qu’à jouer médiocrement les troisièmes rôles. Devenu soldat, il se distingua à Mantinée en 362, à Tamynes en Eubée (368) et reçut une couronne. C’est en 360 qu’il parla pour la première fois à la tribune. Il fut envoyé dans le Péloponnèse pour dénoncer le roi de Macédoine à toute la Grèce et former contre lui une confédération, mais ne trouva que des interlocuteurs indifférents à Mégalopolis ; il changea alors de camp et devint l’agent du roi Philippe qu’il venait d’attaquer. Il fut démasqué par ses collègues, Démosthène le fit accuser de trahison par Timarque, mais Eschine réussit à prouver au peuple que Timarque, par ses mœurs déréglées, était indigne de s’exprimer, le forçant à se pendre de désespoir. Eschine forma alors à Athènes un parti macédonien et défendit l’exilé Antiphon, accusé d’avoir voulu brûler la flotte au profit de Philippe. Puis il prépara la seconde guerre sacrée, la conquête de la Locride, la bataille de Chéronée et l’asservissement de la Grèce. En 338, il attaqua la proposition de Ctésiphon qui demandait une couronne d’or pour Démosthène, mais il perdit face à son rival huit ans après, quand on jugea l’affaire. Eschine préféra dès lors l’exil et passa plusieurs années dans l’Ionie et la Carie. Après la mort d’Alexandre, il alla fonder à Rhodes une école d’éloquence (323). Il nous reste son discours Contre Timarque, l’apologie dans l’affaire de l’ambassade et le discours sur la couronne.
Extrait de la Harangue d'Eschine contre la Couronne (contre Ctésiphon): Vous avez vu, Athéniens, les mouvements et les intrigues de mes adversaires, cette armée de factieux rangés en bataille, les sollicitations employées dans la place publique à dessein d'abolir nos règles et nos usages : pour moi, je viens ici n'ayant de confiance que dans les dieux, dans mes juges et dans nos lois, persuadé qu'auprès de vous la cabale et l'intrigue ne prévaudront jamais sur les lois et sur la justi Je voudrais, Athéniens, que tout fût sagement réglé par les magistrats dans le sénat des Cinq cents , dans l'assemblée du peuple, et qu'on fit revivre les lois de Solon concernant les orateurs : je voudrais que d'abord, sans trouble et sans tumulte, le plus âgé de tous pût jouir de son privilège, monter le premier à !a tribune, et y donner l'avis le plus utile, avec la sagesse, fruit de son expérience; qu'ensuite, chacun suivant son âge, pût, à son tour, exposer son sentiment sur le sujet de la délibération. Par là, je crois, la république serait mieux gouvernée, et les accusations y seraient moins fréquentes. 3. Mais depuis qu'on a aboli les anciens usages regardés de tout temps comme sagement établis ; depuis que plusieurs citoyens ne se font aucune peine d'enfreindre les lois dans les décrets qu'ils proposent; que d'autres, élus proèdres dans vos assemblées par intrigues et non par des voies légitimes, font passer leurs décrets, et, comme si l'administration des affaires n'appartenait qu'à eux seuls, menacent de citer devant le peuple quiconque des autres sénateurs, nommé légitimement par le sort, exerce fidèlement le droit d'annoncer vos suffrages; depuis qu'asservissant les particuliers, et s'érigeant en maîtres dans un état libre, 4. ces audacieux ont anéanti les règlements sages prescrits par les lois, et disposent à leur gré de ceux qui sont consignés dans vos ordonnances : elle ne se fait plus entendre, cette belle et utile proclamation : Qui des citoyens au dessus de cinquante avec veut monter à la tribune ? Qui des autres Athéniens à son tour veut parler au peuple? rien ne peut plus réprimer la licence des orateurs, ni les lois, ni les prytanes, ni les proèdres des assemblées, ni la tribu qui jouit à son tour de la préséance, et qui compose la dixième partie de la ville.

Eschine
ESCHYLE : poète tragique. Il naquit à Éleusis en 525 av. J.-C. et mourut à Géla, en Sicile, en 456. Il combattit à Marathon, à Salamine et à Platée où il puisa son inspiration pour les Perses. Après avoir écrit quelques pièces et acquis un grand renom, il quitta Athènes en 469. D’après Pline l’Ancien, il aurait été tué par la chute d’une tortue enlevée par un aigle. Eschyle changea le dithyrambe en tragédie, la parade de Thespis en une pièce régulière. Il rénova la décoration et l’agencement de la scène, inventa le masque et le manteau tragique, y joignit le cothurne ; il ajouta un personnage à l’unique acteur qui venait faire un récit entre deux chants du chœur, rejetant ainsi le chœur au second plan et faisant du dialogue l’objet principal de la tragédie. Selon les auteurs, il écrivit entre 70 et 90 pièces dont 5 drames satyriques, et obtint entre 13 et 28 victoires. Considéré comme le véritable créateur de la tragédie ; il aura comme successeurs Sophocle et Euripide . Il nous reste de lui 7 tragédies : Prométhée enchaîné, Les Sept contre Thèbes, Les Perses, Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides, Les Suppliantes.
Eschyle d'après Diderot: Eschyle est épique et gigantesque lorsqu'il fait retentir le rocher sur lequel les Cyclopes attachent Prométhée et que les coups de marteaux en font sortir les nymphes effrayées ; il est sublime lorsqu'il exorcise Oreste, qu'il recueille les Euménides qu'il avait endormies, qu'il les fait errer sur la scène et crier. Je sens la vapeur du sang, je sens la trace du parricide, je la sens, je la sens... et qu'il rassemble autour du malheureux prince, tenant dans ses mains les pieds de la statue d'Apollon. Mais de combien d'années a-t-on payé la jouissance de ces beautés ?
Eschyle d'après Victor Hugo: Une sorte d'épouvante emplit Eschyle d'un bout à l'autre ; une méduse profonde s'y dessine vaguement derrière les figures qui se meuvent dans la lumière. Eschyle est magnifique et formidable ; comme si l'on voyait un froncement au-dessus du soleil... Eschyle est le mystère fait homme ; quelque chose comme un poète païen. Son œuvre, si nous l'avions toute, serait une sorte de Bible grecque. Eschyle, illuminé par la divination inconsciente du génie, sans se douter qu'il a derrière lui, dans l'Orient, la résignation de Job, la complète à son insu par la révolte de Prométhée ; de sorte que la leçon sera entière, et que le genre humain, à qui Job n'enseignait que le devoir, sentira dans Prométhée poindre le Droit.
Extrait des Perses d'Eschyle: Le Choeur. Parmi les Perses, on nous appelle les Fidèles. Tandis qu’ils marchent contre la Grèce, nous sommes gardiens de ce riche et superbe palais. C’est à notre expérience que le fils de Darius, Xerxès notre maître, notre roi, a confié le soin de l’empire. Mais quel triste pressentiment! notre âme, intérieurement, s’inquiète sur le retour du roi et de sa brillante armée. L’Asie a vu emmener toutes ses forces; elle soupire après l’élite de sa jeunesse, et nul messager, nul courrier, n’arrive dans cette capitale de la Perse! Les habitants de Suze et d’Ecbatane, ceux que renfermaient les remparts antiques de Cissie, fantassins, cavaliers, gens de mer (quelle masse énorme d’armée!), tous ont quitté leur patrie. Tels sont partis Amistre, Artaphrènè, Mégabate, Astaspe, princes des Perses, rois soumis au grand roi, chefs d’une troupe nombreuse; adroits à tirer de rarc, à manier les chevaux, redoutables à l’aspect, terribles dans les combats, d’un courage insurmontable. Tels sont partis Artembare, ce vaillant chef de cavalerie, Masistre, Imée, cet habile archer, Pharandace et Sosthane, qui dompte si bien les coursiers. D’autres sont venus des féconds rivages du Nil. Tels Susiscane, Pégastagon, que l’Egypte a vu naître, le grand Arsame, qui commandait dans la ville sacrée de Memphis, Ariomarde, gouverneur de l’antique Thèbes. Des marais égyptiens, sont venus des rameurs excellents, innombrables; à la suite du roi , ont marché les efféminés Lydiens; et tous les peuples du continent soumis au satrape Mitragathe, au vertueux Arctée. L’opulente Sardes a vu sortir de son sein des milliers d’hommes, portés sur des chars à double et triple joug, dont la vue seule fait frémir. Les habitants du mont sacré de Tmole, Mardon et Tharybis, ces guerriers infatigables, et leurs Mysiens armés de javelots, se vantaient que bientôt la Grèce esclave ploierait sous leur joug. La riche Babylone a envoyé des troupes de toute espèce; des matelots, des archers fiers de leur adresse. A l’ordre menaçant de leur roi, toutes ront suivi; ainsi avons-nous vu partir la jeunesse florissante des Perses. La terre qui l’a nourrie, la regrette et la pleure. Les mères et les épouses comptent, en tremblant, les jours d’une trop longue absence.
 Eschyle Les Perses d'Escyle
ESCLADOS : Chevalier Noir aux cheveux roux qui gardait la fontaine sacrée armoricaine de Barenton.
ESCLAVAGE : en Grèce, l’esclavage existait dès l’époque héroïque. Sous le nom de Périèques ou de péneste, les esclaves étaient dans un état analogue à celui des serfs au moyen âge, cultivant la terre et donnant une part importante de leurs récoltes aux maîtres. Au temps d’Hérodote, Sparte en possédait 200 000 contre 110 000 personnes libres (citoyens ou métèques, c’est-à-dire étrangers domiciliés). Les principaux marchés aux esclaves se trouvaient à Chypre, Samos, Éphèse et surtout à délos et à Chio où il s’en vendit 10 000 en un jour. L’ « élève » des esclaves était une profession méprisée mais très lucrative. Platon et Aristote admirent que l’esclavage était contraire à la nature humaine mais clamèrent bien haut qu’il était une nécessité.

"Esclaves au travail dans une carrière d'exploitation de l'argile". Céramique, vers 580 av JC
ESCLAVAGE : il n’y eu jamais d’esclaves en Égypte avant les conquêtes de la Nibie et de l’Asie occidentale. Les esclaves de guerre étaient rapidement affranchis et rejoignaient les rangs des basses classes sociales des serviteurs et des paysans.
ESCLAVES : leur nombre s’accrut à l’époque gallo-romaine. Avant le règne d’Auguste, les Gaulois employaient très peu d’esclaves. La plèbe gauloise existante avait un statut qui la rendait moitié libre, moitié asservie. Toutefois cette plèbe pouvait s’enrichir et accéder à la propriété foncière. Source aussi de ravitaillement en esclaves frais, la terrible coutume romaine qui voulait que le père de famille eût sur ses enfants à leur naissance un droit de vie et de mort. De nombreux nouveau-nés étaient exposés, c'est-à-dire abandonnés, et devenaient des esclaves de ceux qui les recueillaient. Parfois même, pour éponger des dettes trop criantes, ou parce qu'il ne pouvait nourrir une famille nombreuse, le père vendait son enfant et savait qu'il le réduisait ainsi en esclavage. Enfin, au commencement de l'histoire de Rome, en un temps de grandes pénuries d'esclaves, la législation imagine, imitant en cela les civilisations orientales, l'esclavage pour dette. Les citoyens incapables de rembourser leurs usuriers, donc insolvables, sont mis aux fers, puis au bout de quelques semaines, ils sont exécutés ou vendus. Au cours des trois Guerres puniques contre Carthage et particulièrement à compter de la seconde guerre, le développement de l'esclavage prit une ampleur croissante. L'afflux exceptionnel des hommes réduits à la servilité transforma profondément la société romaine par l'arrivée de cent mille prisonniers. Après la chute de Carthage en 146 avant J.-C. : cinq cent mille; après la victoire sur la Macédoine : cent cinquante mille; quatre vingt mille en Sardaigne. En cent ans, le nombre des prisonniers des deux sexes atteignit le million d'individus y compris ceux que les pirates et les trafiquants d'Orient et de Grèce apportaient sur le marché. Les esclaves amenés pour être vendus avaient les pieds peints en blanc pour empêcher toute possibilité de fuite. Ils portaient un collier de métal indiquant le nom gravé de leur propriétaire. Un écriteau placé à leur côté indiquait l'origine, l'âge et les aptitudes. Les prix d'acquisition variaient selon les possibilités de l'offre, selon l'âge et le sexe, selon la condition physique, selon la qualification. Beaucoup étaient affectés à l'élevage industriel du bétail du domaine de l'Etat romain, qui nécessitait une importante main d'oeuvre, à la culture des céréales, de la vigne, aux oliveraies, à la coupe des bois, au travail des métaux, à la taille des pierres, à l'entretien des écuries, des serres, des caves, des dortoirs des ouvriers. La condition pénible d'être privé de tout droit fut allégée sous l'Empereur Hadrien (117-138) qui restreignit le droit de vie et de mort qu'un maître avait sur l'esclave et le réduisit à des circonstances précises. Le plus célèbre des esclaves en rébellion contre l'Etat fut Spartacus, mort en 71 avant Jésus-Christ.


ESCULAPE (AESCULAPIUS) : dieu de la médecine à Épidaure dont le culte (Asclépios) fut transporté à Rome. À l’occasion d’une peste, on lui érigea un temple dans l’île du Tibre aujourd’hui remplacé par l’église Saint-Barthélemy. Des coqs et des chèvres lui étaient offerts en sacrifice. Le laurier, le chien (son gardien), la chouette (symbole de la sagesse) lui étaient consacrés. Vêtu d’un manteau à larges plis, il portait une barbe fournie et les cheveux longs.
Légendes et histoires: Asclépios était à Epidaure ce qu'Apollon était à Delphes. Mais il court sur le dieu Esculape plusieurs légendes. La plus ancienne fait appel à la vierge théssalienne Coronis, Fille du roi Phlégyas, aimée du dieu Apollon. De cet amour aurait été concu un enfant, mais elle fut infidèle au dieu en épousant Ischys, sur l'ordre de son père. Apollon, dans sa colère, chatia Ischys d'une flèche tandis qu'Artémis, elle, vengeait, la coupable d'une autre flèche. Au moment où le corps de Coronis était déposé sur le bucher funèbre, pour y être brulé, Apollon arracha du sein de la jeune femme l'enfant qui vivait encore. Cet enfant fut Asclépios. Apollon l'aurait alors confié au centaure chiron, qui aurait élevé l'enfant dans une grotte de Pélion, grotte des centaures, en l'initiant à la musique, la chasse, mais aussi à reconnaître les plantes qui guérissent, ainsi qu'à soigner les blessures et les membres démis. Comme il grandissait, et qu'il était fils de dieu, Athéna lui fit présent du sang de la Gorgone, après qu'elle ait été tuée par Persée. Et il s'aperçut que le sang provenant des veines du côté gauche était un poison violent, mais que celui provenant du côté droit était doué de l'extraordinaire pouvoir de résurrection. Zeus, inquiet de ce renver-sement de la nature, le foudroie, mais il permet que l'on honore son art et son culte dans divers sanctuaires de la Grèce et de l'Asie. Asclépios est aussi le père de la nymphe Hygie, qui devint la déesse de la santé. Parmi ses descendants nommés les Asclépiades, son dix-septième petit-fils ne serait autre qu'Hippocrate lui-même. Selon cette légende, il aurait vécu au XIII ème siècle avant J.C.. Le centaure Chiron, se distinguait des autres centaures, fils de Cronos, par sa bonté et sa sagesse. Il aurait appris l'art de la médecine auprès d'Apollon et d'Artemis, art qu'il transmettra à Asclépios lui-même. Parmi ses élèves, on compte aussi Héraclès, Achille, Jason, Palamède.
Ses principaux sanctuaires étaient Orchomène (Béotie), Trikka (Thessalie), Epidaure (Argolide) et l'île de Cos. Installés dans des sites salubres, près de sources et entourés de bois, ces sanctuaires étaient en même temps des hôpitaux. C'étaient des prêtres qui pratiquaient la médecine sur les conseils du Dieu. On ne quittait le sanctuaire et on ne rétribuait les prêtres que lorsqu'on se sentait guéri. Néanmoins, à ce moment là, on devait écrire sur une plaque de marbre le nom de sa maladie et le remède qui l'avait guérie. Le sanctruaire d'Epidaure fonctionna de 600 avant J.C. jusqu'à 400 après. Sa renommée fut énorme et répandue à travers tout le monde méditerranéen.
"Tous ceux qui viennent à lui, porteurs d'ulcères nés dans leurs chairs, blessés en quelque endroit par l'airain luisant ou la pierre de jet, le corps ravagé par l'ardeur de l'été, ou le froid de l'hiver, tantôt par de doux charmes, tantôt en leur donnant des potions bienfaisantes, tantôt en appliquant à leurs membres toutes sortes de remèdes, tantôt les remettant droits par des incisions."
Esculape
ESCULAPIES : fêtes romaines en l’honneur d’Esculape.
ESNA : au sud de Louxor, elle fut primordialement la cité du dieu bélier Khnoum assisté des déesses Nébout et Neith. Sous les Grecs, elle s’appela Latopolis et on y adorait le poisson sacré Latès. Seule subsiste de nos jours la salle hypostyle du temple, encaissée dans la ville moderne. Ce sanctuaire construit sous la XVIIIe dynastie (1580-1314), amélioré par les Saïtes et entièrement modifié sous Ptolémée VI Philométor (181-145) nous a laissé de remarquables textes sur la création du monde, des hymnes et des traités théologiques dont la plupart ont été gravés sous la domination romaine.

Temple d'Esna
 Pharaoh présente les offrandes à Hathor et Horus Khnoum
ÉSONIDE : nom patronymique de Jason, fils d’Éson.
ÉSOPE : Æsopus, fabuliste grec, né probablement en Phrygie, a vécu au Vie siècle av. J.-C. Sa vie est fort peu connue, et l’opuscule intitulé Vie d’Ésope, attribué au moine bysantin Ptanude, est un tissu de puérilités. On croit qu’il naquit à Amorium, en Phrygie, qu’il fut esclave de Démarque à Athènes, de Jadmon à Samos, et affranchi par ce dernier maître. Envoyé par Crésus, roi de Lydie, en Grèce, il assista à Corinthe au banquet des sept sages, donné par le tyran Périandre. À Delphes, il pénétra les impostures des prêtres, et laissant seulement une offrandreà Apollon, il renvoya à Crésus le don que le roi destiné aux Delphiens. En échange, il leur laissa l’apologue sarcastique des Bâtons flottants. Pour se venger, ils cachèrent dans ses bagages une coupe d’or du temple, le poursuivirent et le condamnèrent comme sacrilège à être précipité de la roche Hyampée. Ésope qu’on a appelé à tord l’inventeur de la fable, a eu des prédécesseurs en Grèce, tels que Hésiode, Archiloque, Alcée. Mais il se dintingua par le choix de ses sujets, l’esprit et la simplicité de ses récits, l’à-propos de ses moralités. Les fables que nous possédons sous son nom lui appartiennent par la donnée. Mais la prose est l’œuvre de certains écrivains du Bas-Empire. Les plus anciennes collections sont celles de Robert Estienne, 1546, de Nevelet, 1610. Les meileures éditions ont été données par Ernesti, Leipzig, 1781. Schœffer, 1810. Coray, Paris, 1810. Halm, Liepzig, 1872. V. Bachet de Méziriac, Vie d’Ésope, Bourg 1632, in-16. Westermann, Vita Æsopi, Brunswick, 1851, in-8°.
Fables d'Esope: le Lion et le rat. Un Lion fatigué de la chaleur, et abattu de lassitude, dormait à l'ombre d'un arbre. Une troupe de Rats passa par le lieu où le Lion reposait ; ils lui montèrent sur le corps pour se divertir. Le Lion se réveilla, étendit la patte, et se saisit d'un Rat, qui se voyant pris sans espérance d'échapper, se mit à demander pardon au Lion de son incivilité et de son audace, lui représentant qu'il n'était pas digne de sa colère. Le Lion touché de cette humble remontrance, lâcha son prisonnier, croyant que c'eût été une action indigne de son courage de tuer un animal si méprisable et si peu en état de se défendre. Il arriva que le Lion courant par la forêt, tomba dans les filets des chasseurs ; il se mit à rugir de toute sa force, mais il lui fut impossible de se débarrasser. Le Rat reconnut aux rugissements du Lion qu'il était pris. Il accourut pour le secourir, en reconnaissance de ce qu'il lui avait sauvé la vie. En effet, il se mit à ronger les filets, et donna moyen au Lion de se développer et de se sauver.
Le rat des villes et le rat des champs. Un Rat de Ville alla un jour faire visite à un Rat de campagne de ses amis, qui lui donna un repas frugal composé de racines et de noisettes. Après le repas, le Rat de Ville prit congé de son hôte, qui lui promit de l'aller voir à son tour. On le régala magnifiquement de confitures et de fromages ; mais le repas fut souvent interrompu par les valets de la maison, qui allaient et qui venaient de tous côtés, et qui causèrent de mortelles alarmes au Rat de Village ; de sorte que saisi de crainte, il dit au Rat de Ville qu'il préférait un repas frugal fait en repos et en liberté, et la pauvreté du Village, à la magnificence des Villes, et à une abondance pleine d'inquiétudes et de dangers.
Le corbeau et le renard. Un Corbeau s'était perché sur un arbre, pour manger un fromage qu'il tenait en son bec. Un Renard qui l'aperçut, fut tenté de lui enlever cette proie. Pour y réussir et pour amuser le Corbeau, il commença à le louer de la beauté de son plumage. Le Renard voyant que le Corbeau prenait goût à ses louanges : " C'est grand dommage, poursuivit-il, que votre chant ne réponde pas à tant de rares qualités que vous avez. " Le Corbeau voulant persuader au Renard que son chant n'était pas désagréable, se mit à chanter, et laissa tomber le fromage qu'il avait au bec. C'est ce que le Renard attendait. Il s'en saisit incontinent, et le mangea aux yeux du Corbeau, qui demeura tout honteux de sa sottise, et de s'être laissé séduire par les fausses louanges du Renard.
 Le lion et le rat Le rat des villes et le rat des champs
ESPÉRANCE : déesse qui consola les hommes après l’ouverture de la boîte de Pandore. Elle avait plusieurs temples à Rome. Elle portait une fleur à la main droite.
ESRAS : l’un des premiers druides initiateurs des Tuatha Dé Danann. Il vivait dans l’île de Gorias.
ÉSUS : Dieu gaulois. Amant de la Grande Déesse. Bûcheron créateur ou guerrier destructeur, il jouait un rôle essentiel sur la croissance de la végétation.

Ésus. Le pilier des nautes
ESSEDARIUS : gladiateur breton qui combattait dans les arènes. Il était monté sur un char fermé (l’essedum).
ESSÉNIENS : secte juive qui comptait 4.000 adeptes au temps de Jésus-Christ. Ils vivaient en commun près de la mer Morte, d’une façon austère, croyaient à l’égalité des hommes et niaient le libre arbitre. Les esséniens se représentent Dieu comme un principe de totalité. L'homme, en tant que chair, est le néant. Ils attachent à Dieu le caractère d'unité, avec les mêmes caractéristiques que le Verbe dans l'Évangile de Saint Jean. Les esséniens, comme les cathares, rejetaient le monde. Ils lui associaient le mal, la corruption, la luxure, le péché. Jusqu'à présent, l'essénisme est la plus plausible origine du christianisme. Et grâce à elle, il y aurait un fort trait d'union entre le judaïsme et le christianisme. Les chrétiens ne seraient autres que des juifs libéraux et réformateurs, dans la prolongation d'Isaïe, de Jérémie, des Proverbes et de la Sagesse – et bien-sûr, de Jésus. D'ailleurs, certains aspects de l'essénisme frappent particulièrement par leur ressemblance avec le christianisme, et l'on ne peut décemment pas prétendre que cela soit dû au simple hasard.De plus, entre la fin de l'essénisme et le début du christianisme, il y a une cohésion évidente. Elle pousserait à prétendre que les esséniens, dès lors qu'ils cessèrent d'être «esséniens», furent «chrétiens». En effet, c'est seulement après 66-70 que le christianisme devint apostolique.

Les ruines du site de Qumrân, probablement cité des Esséniens
ESTHER : juive de la tribu de Benjamin, fille d’Abikaïl, cousin de Mardochée et descendant de Saül, naquit dans l’empire des Perses, pendant la captivité de Babylone. Orpheline de bonne heure et adoptée par Mardochée, elle vivait à Suse dans la retraite, lorsque le roi Assuérus, ayant répudié la reine Vasthi, la choisit pour épouse. Le favori Aman, qui détestait les Juifs parce que leur race était ennemie de la sienne et parce que Mardochée gênait son orgueil, obtint contre eux un ordre de massacre. Esther les sauva. Aman fut mis à mort, et tous les ennemis des Juifs eurent le même sort, au nombre de 75.000. En mémoire de cet évènement, les Juifs instituèrent deux jours de fête appelés Purim, c’est-à-dire jours des sorts. Tel est le récit développé dans le Livre d’Esther, d’où Racine a tiré le sujet de sa tragédie.
Extrait de la Bible:
| 1 |
Le roi et Haman allèrent au festin chez la reine Esther. |
| 2 |
Ce second jour, le roi dit encore à Esther, pendant qu'on buvait le vin : Quelle est ta demande, reine Esther ? Elle te sera accordée. Que désires-tu ? Quand ce serait la moitié du royaume, tu l'obtiendras. |
| 3 |
La reine Esther répondit : Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, ô roi, et si le roi le trouve bon, accorde-moi la vie, voilà ma demande, et sauve mon peuple, voilà mon désir ! |
| 4 |
Car nous sommes vendus, moi et mon peuple, pour être détruits, égorgés, anéantis. Encore si nous étions vendus pour devenir esclaves et servantes, je me tairais, mais l'ennemi ne saurait compenser le dommage fait au roi. |
| 5 |
Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et où est-il celui qui se propose d'agir ainsi ? |
| 6 |
Esther répondit : L'oppresseur, l'ennemi, c'est Haman, ce méchant-là ! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine. |
| 7 |
Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta pour demander grâce de la vie à la reine Esther, car il voyait bien que sa perte était arrêtée dans l'esprit du roi. |
| 8 |
Lorsque le roi revint du jardin du palais dans la salle du festin, il vit Haman qui s'était précipité vers le lit sur lequel était Esther, et il dit : Serait-ce encore pour faire violence à la reine, chez moi, dans le palais ? Dès que cette parole fut sortie de la bouche du roi, on voila le visage d'Haman. |
| 9 |
Et Harbona, l'un des eunuques, dit en présence du roi : Voici, le bois préparé par Haman pour Mardochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la maison d'Haman, à une hauteur de cinquante coudées. Le roi dit : Qu'on y pende Haman ! |
| 10 |
Et l'on pendit Haman au bois qu'il avait préparé pour Mardochée. Et la colère du roi s'apaisa. |
La toilette d'Esther
CHASSERIAU Théodore ; vers 1840

Esther accuse Haman Esther et Assuérus par Poussin (1654)
ÉSYMNÈTE : arbitre élu pour un combat, lors des jeux. Ce nom fut plus tard donné aux chefs élus.
ÉTAINE : second aspect d’Étaine la Poétesse. « La plus belle fille d’Irlande ». Désirée par Midern(Midir) elle provoqua la jalousie de la magicienne Fuamnach, l’épouse du dieu, qui la changea successivement en flaque d’eau, boue sèche, larve, puis insecte(une mouche). Une tempête emporta ce dernier. Au bout de sept ans, Étaine se posa sur le manteau du dieu solaire Oengus. Mais Fuamnach la fit tomber sous la forme d’un ver dans la coupe de la reine d’Ulster qui, l’avalant, tomba enceinte(selon d'autres sources, elle tomba dans la coupe du héro Etar). Courroucé, Oengus coupa la tête de Fuamnach et, au bout de mille douze années, Étaine renaquit sous sa forme humaine.
ÉTAINE : troisième aspect d’Étaine la Poétesse. Épouse du roi Éochaid. Désirée par le dieu Mider, elle s’enfuit avec lui sous la forme d’un cygne.
ÉTAR : roi d’Ulster. Son épouse tomba enceinte après avoir avalé Étaine sous la forme d’un ver.
ÉTARCUMUL : fils adoptif du roi Éochaid et d’Étaine. Dans sa fougue d’adolescent, il provoqua l’invincible Cuchulain au combat. Ne voulant pas faire couler le sang du jeune héros, Cuchulain coupa d’abord d’un coup d’épée l’herbe sous ses pieds, puis il lui tailla ses vêtements et lui rasa les cheveux. Malgré ces semonces, Étarcumul persista à se battre et se fit trancher par le milieude haut en bas.
ÉTENDARDS : portés par les soldats lors des processions ou pendant les batailles, ils tiraient leur origine des emblèmes des nomes. Par exemple, l’ibis pour le XVe nome de Basse-Égypte ou le lévrier pour le XIe nome de Haute-Égypte.
Le roi Narmer triomphant porte la couronne rouge de la Basse-Égypte. Devant lui, on voit ses porte-étendards et deux rangées d'ennemis décapités. Les deux animaux mythologiques, au centre, symbolisent la réconciliation de la Haute et de la Basse-Égypte. En bas, un taureau représentant le roi détruit une forteresse qui a été prise.
ÉTÉOCLE : fils d’Andréos et d’Évippé, ou du fleuve Céphise. Il fut le premier qui éleva un temple aux Grâces, à Orchomène en Béotie.
ÉTÉOCLE : fils d’Œdipe et de Jocaste. Frère de Polynice, avec lequel il s’entendit pour ravir le trône à Œdipe, qui les chargea de malédictions et leur prédit qu’ils s’égorgeraient mutuellement. Craignant la réalisation de ces vœux, Polynice s’exila volontairement chez le roi d’Argos Adraste, et les deux frères conclurent qu’ils se succèderaient alternativement d’une année à l’autre. Dès qu’il prit le trône, Étéocle refusa de le quitter, interdisant à son frère de revenir. Polynice rassembla alors une armée d’Argiens et assiégea Thèbes. Ils s’entretuèrent et Jocaste se suicida sur le corps de ses enfants. Créon, qui succéda à la couronne, fit rendre les honneurs de la sépulture aux cendres d'Étéocle comme ayant combattu contre les ennemis de la patrie, et ordonna que celles de Polynice seraient jetées au vent, pour avoir attiré sur sa patrie une armée étrangère. D'après une autre tradition, suivie par plusieurs poètes tragiques, le corps de Polynice resta étendu dans la plaine sous les murs de Thèbes, et défense fut faite par Créon de lui rendre les moindres honneurs, sous peine de mort.Dix ans plus tard, les fils des chefs grecs tués devant Thèbes entreprirent une nouvelle guerre pour les venger. Ce fut la guerre dite des Épigones ou des Descendants.

Baschet - Oedipe maudissant son fils Polynice (1883)
ÉTÉOCLE : l’un des sept chefs de la première expédition contre Thèbes. Son père était Iphis, roi d’Argos. Frère d’Évadné, épouse de Capanée. Attaquant la porte Neiste à Thèbes, il fut tué par Léadès.
ÉTÉONÉE : fils de Boéthos. Serviteur de Ménélas. Il accueillit Télémaque et Pisistrate dans le palais du roi.
ÉTERSCEL : roi suprême d’Irlande. Époux de Es. Sa concubine Mess Buachalla lui donna un fils, Conaire.
ÉTHAIN : poète officiel du roi Conn Cetchathach.
ÉTHÉMÉ : femme de Mérops, roi de Cos. Artémis la tua parce qu’elle l’avait outragée. Zeus changea son époux en aigle et le mit au nombre des constellations.
ÉTHÉMON : partisan de Phinée. Persée le tua.
ÉTHER : fils de l’Érèbe et de la Nuit. Avec le Jour, il engendra le Ciel, la Mer et la Terre. Avec la Terre, il engendra la Douleur, l’Astuce, la Colère, le Deuil, le Mensonge, le Parjure, la Vengeance, l’Intempérance, la Querelle, l’Oubli, la Paresse, la Peur, l’Orgueil, l’Inceste, le Combat, l’Océan, Thémis, le Tartare, Pontos et les Titans, Briarée, Gygès, Stéropès, Atlas, Hypérion, Cronos, Ops, Monété, Dioné, et les trois Érinyes Alecto, Mégère et Tisiphone. Cependant, dans ses Géorgiques, Virgile le nomme le « père Tout-Puissant » qui descend en pluie bienfaisante dans le sein de son épouse l’attendant avec joie. Par le mot Éther, les Grecs entendaient les Cieux, distingués des corps lumineux.

La Nuit endormie, s’envolant dans l’espace avec l’Ether et le Jour
ÉTHNÉ ATTENCHAITHRECH : fille du roi des Fomores Balor. Elle épousa Cian le Lointain et donna naissance au dieu Lug.
ÉTHNÉ INGUBÉ : épouse de Cuchulain pendant une année.
ÉTHNÉ MUGAIN : épouse du roi Conchobar.
ÉTHNÉ UATHACH : fille de Crimthann le Renard. Pour devenir adulte et se marier, elle se nourrit de la chair de jeunes enfants afin d’accélérer sa croissance.
ÉTIENNE Ier (SAINT) : pape de 253 à 257, il soutint contre saint Cyprien, évêque de Carthage, la validité du baptême administré par les hérétiques. Son pontificat dura trois années, mais il fut fertile en difficultés. Il avait envisagé de rétablir dans leurs fonctions des évêques de Lusitanie (Espagne-Portugal) qui avaient obtenu des certificats de sacrifices pour échapper au martyre. Saint Cyprien de Carthage s'élèva contre lui. Dans le même temps, il eut à combattre le schisme de Novatien en Gaule. Enfin, il retrouva l'opposition de saint Cyprien quand saint Etienne décida que les baptêmes conférés par des hérétiques étaient des baptêmes valides. En fait cela montre que l'Eglise était soucieuse de la primauté de l'évêque de Rome, mais aussi que certains grands évêques craignaient que des hérétiques ou des schismatiques l'utilisent contre eux en la circonvenant. Il subit le martyre sous le règne de Valérien.
ÉTHLYM GLEDDYFCOCH : le Chevalier à l’Épée Rouge. Il vainquit les trois cents gardes du palais de la Reine des Prouesses qui tomba aussitôt amoureuse de lui. Perceval (Pérédur), qui l’accompagnait, terrassa le Serpent Noir et s’empara de la Pierre de Richesse, pierre qu’il donna à Étlym.
ETNA ou AETNA: nymphe sicilienne, fille d’Ouranos et de Gaïa. Démétrios lui donne pour père le cyclope Briarée. Elle eut de Zeus ou d’Héphaïstos les frères Paliques.
ÉTOLIE : contrée de Grèce. L’Étolie était bornée au nord par l’Acarnanie et la Thessalie, à l’est par la Doride et la Locride, au sud par le golfe de Corinthe. Ses habitants, pratiquant le brigandage et la piraterie, défendirent leur indépendance contre les Athéniens, les Macédoniens et les Gaulois. Euripide parle de demi-barbares Leurs principales villes étaient Calydon, Naupacte et Thermos. Ils formèrent une ligue puissante gouvernée par un stratège, une assemblée générale, des Apoclètes ou juges conseillers, un scribe d’État ou Grammate, et des Éphores ou surveillants. Vainqueurs d’Aratos et des Achéens à Caphyes dans la guerre des deux ligues (220-217), les Étoliens furent battus par les Macédoniens, s’allièrent aux Romains et aidèrent Flamininus à Cynoscéphales. S’alliant ensuite avec Antiochos, ils furent défaits aux Thermopyles par Fulvius Nobilior et perdirent leur liberté.

Cales de navires, port antique d'Œniadæ en Étolie
ÉTRENNES : présents offerts au 1er janvier. On prétend que l’origine en remonte au roi Tatius, collègue de Romulus, qui reçut des branches cueillies dans le bois sacré de la déesse Strenua (la Force), d’où le nom des étrennes. Une étymologie plus vraisemblable le fait venir de ce qu’elles n’étaient données qu’aux hommes forts (quia viris strenuis dabantur). Les clients de Rome présentaient des étrennes à leurs patrons. C’était une figue, une datte, une petite pièce de monnaie de cuivre. Auguste, patron de Rome, reçut les étrennes de tous les citoyens, et il avait coutume de rendre le double.Tibère rendait quatre fois la valeur reçue. Puis, fatigué par tant de visites, il supprima les étrennes. Caligula les rétablit et ne rendit rien. Claude renonça de nouveau à cet usage qui reparut après lui et se conserva jusqu’à la fin de l’empire. Les Gaulois adoptèrent les étrennes d’autant plus facilement que les druides avaient coutume de solenniser le 1er janvier en coupant le gui sacré. Les deux fêtes se confondirent, et les étrennes prirent le nom de guilanes ou aguignettes, qu’elles portent encore dans certaines provinces. Les conciles attaquèrent souvent cette coutume païenne qui s’est perpétuée et est permise depuis longtemps.
ÉTRURIE : Étruria, ancienne contrée de l’Italie, aujourd’hui comprise dans le royaume d’Italie, bornée au Nord par la Macra qui la séparait de la Ligurie, à l’Est par l’Apennin qui la séparait de l’Ombrie et de la Sabine, au Sud par le Tibre au-delà duquel était le Latium, et à l’Ouest par la mer Tyrrhénienne. Elle était arrosée par l’Arnus, (Arno), l’Umbro (Ombrone) et le Tibre, et comprenait les lacs de Clusium, Trasimène, Vadimon et de Vulsinies. On y comptait 12 cités ou lucumonies : Arretium, Clusium, Cœre, Cortone, Pérouse, Populonie, Rusellæ, Tarquinies, Véies, Vétulonie, Volaterræ, Vulsinies. D’apère Micali (Histoire des anciens peuples italiens, traduction Raoul Rochette), l’Étrurie fut d’abord peuplée par des Pélasges tyrrhéniens venus de Lydie, qui apportèrent dans ce pays leur religion, le culte du foyer ou de Vesta, et leur industrie qui consistait dans la fabrication des vases dits étrusques, dans la construction des monuments cyclopéens que l’on retrouve en grand nombre à Cortone, à Rusellæ, à Cosa, à Saturnia, et dans l’exploitation des mines. Au XIe siècle av. J.-C. descendirent du Nord kes Rhasénas, mélange de Rhétiens, de Slaves et de Gaulois, qui occupèrent quelques-unes des villes étrusques et se fondirent avec les Tyrrhéniens. Ainsi se forma le peuple des Tusci ou Toscans qui devint le plus puissant de l’Italie. Douze colonies furent fondées dans le bassin du Pô. Douze autres en Campanie, et les flottes toscanes disputèrent aux Phéniciens le commerce de la Méditerranée. L’invasion des Gauloius arrêta cette prospérité. Des colonies de la haute Italie il ne resta que Mantoue, Melpun, Ravenne, Butrium et Ariminum, qui furent cernées et vécurent sous l’épé et la menace des barbares. Les Étrusques de Toscane, amollis par la richesse et le climat, affaiblis par le relâchement du lien fédératif, ne songèrent pas à secourir leurs frères, et, même quand les Gaulois menacèrent Clusium, en 390, les autres cités renoncèrent à la protéger, « parce que, disaient-elles, in avait en tête les Gaulois, avec lesquels il n’y avait ni paix assurée ni guerre déclarée. » Mais un autre danger menaçait l’Étrurie au Sud. Les invasions gauloises n’étaient que des tempêtes passagèrent. La guerre contre Rome fut une lutte constante contre un ennemi qui s’avançait toujours et ne lâchait jamais rien. Les Étrusques donnèrent aux Romains le roi Servius et la famille des Tarquins, qui apportèrent de Tarquinies les robes royales, les chaises curules, les cérémonies religieuses et l’art de creuser des canaux souterrains. Puis Porsebba prit Rome, 507 av. J.-C. Mais 112 ans après, Véies fut prise à son tour, 395, et les Étrusques, battus avec les Samnites dans la guerre de l’indépendance italienne, à Sutrium, à Pérouse, au lac Vadimon, furent soumis, 283. La civilisation de l’Étrurie fut ancienne. Sa religion a exercé une grande influence à Rome, qui lui dut la science des augures, les aruspices, les cérémonies du culte, etc. Au temps des Tarquin, Rome emprunta à l’Étrurie les costumes, les ornements, les jeux, le luxe en un mot, plus tard les vers fescennins ou saturnins. La langue des Étrusques reste encore inconnue. Ils avaient cultivé la poésie. Leur architecture massive a donné naissance à l’ordre toscan. Leurs poteries, imitées des Grecs, sont restées célèbres. On a retrouvé, dans ces derniers temps, un grand nombre de tombeaux, renfermant beaucoup d’objets précieux ou curieux, et l’on commence à mieux connaître cette civilisation, l’une des plus anciennes de l’Italie.
V. Micali et Ottfried Müller, Die Étrusker, Breslau, 1828, 2 volumes in-8°, et Noël des Vergers, l’Étrurie et les Étrusques, 1864, 2 volumes in-8°.

Sarcophage étrusque 520-510 av J.-C

Écriture étrusque Vase étrusque

Musiciens et danseurs étrusques dans la tombe des léopards

Les chevaux de Tarquinia (art étrusque) Tête en argile de femme étrusque
EUBÉE : une des filles du fleuve Astérion, près de Mycènes. Héra fut élevée par elle.
EUBÉE : île de la Grèce, dans la mer Égée. Ses villes principales étaient Chalcis, Érétrie et Caryste. Riche en métaux précieux et en blé, elle fut d’abord peuplée par la tribu des Abantes venus de Phocide, puis par les Ioniens. Les athéniens la possédèrent jusqu’en 404 av. J.-C. Elle passa ensuite aux Spartiates, retourna aux Athéniens avant d’être occupée en partie par les Macédoniens. Tombée aux mains des Romains, elle fit partie de la province d’Achaïe.

Eubée en mauve

Le site antique d'Eretria. Dans l'Antiquité, la cité était une grande puissance maritime où s'épanouissait une éminente école de philosophie. Elle fut détruite en l'an 87 avant J.-C. pendant la guerre qui opposa Mithridate VI au chef romain Sylla.
EUBÉE : fille de Larymnos. Mère du dieu marin Glaucos qu’elle eut de polybe, fils d’Hermès.
EUBULIDE : philosophe grec, né à Milet au début du IVe siècle av. J.-C. Il fut l’ennemi d’Aristote et fonda la dialectique éristique ; il passe pour l’inventeur de plusieurs sophismes, tels que « le Menteur » et six autres mentionnés par Diogène Laërce: le caché, le voilé, l'électre, le cornu, le sorite, le chauve.
Un homme ment et il dit qu'il ment; ment-il ou ne ment-il pas?
Une personne que l'on connaît est voilée; la connaît-on?
Avez-vous perdu vos cornes? Si vous répondez oui, on réplique : Vous en aviez donc?
Combien faut-il de grains de blé pour faire un tas?
Combien faut-il avoir perdu de cheveux pour être chauve?
EUBOTE : Thespiade qu’Héraclès rendit mère d’Eurypyle.
EUCHÉNOR : fils d’Ægyptos. Fiancé de la danaïde Iphiméduse.
EUCLIDE : philosophe grec. Fondateur de l’école de Mégare au Ve siècle av. J.-C. Disciple de Socrate, il accueillit les élèves de ce dernier après sa condamnation. Euclide d'après Diogène Laërce: Euclide était originaire de Mégare, proche de l’Isthme, ou de Géla, selon Alexandros (Successions). Il étudia la philosophie de Parménide, et ses disciples prirent successivement le nom de Mégariques, d’Eristiciens, de Dialecticiens. Ce dernier nom leur fut d’abord donné par Denys de Chalcédoine parce qu’ils composaient leurs entretiens par demandes et réponses. Selon Hermodore, Platon et les autres philosophes vinrent suivre ses leçons après la mort de Socrate, par crainte de la cruauté des tyrans.Il démontrait que le bien est unique, malgré le grand nombre de noms dont on le nomme : prudence, dieu, raison, etc. Tout ce qui n’était pas le bien, il le supprimait comme n’existant pas. Il appuyait ses démonstrations, non pas sur les prémisses mais sur la conclusion du syllogisme. Il supprimait aussi le raisonnement par analogie. En effet, disait-il, ce raisonnement se fait ou par les semblables ou par les contraires : or, dans le premier cas, il vaut mieux raisonner sur les choses mêmes, et dans le second cas, la comparaison est sans objet. Cela lui valut un coup de dents de Timon, qui le raille en ces termes, en même temps que les autres Socratiques :
Je ne me soucie guère de ces bavards, Ni de Phédon, tout grand qu’il soit, ni du disputeur Euclide, qui donna aux Mégariens la rage de disputer.
Euclide eut pour disciple Eubulide de Milet. Voici comment en parle le poète comique :
Le disputeur Eubulide, qui pose des questions cornues Et enroule les orateurs dans de trompeuses raisons, S’en est allé avec la langue bègue de Démosthène. Il semblait en effet que Démosthène ait été son élève et qu’il ait appris de lui à se débarrasser de son impossibilité à prononcer les « r ». Eubulide était ennemi d’Aristote et l’a souvent critiqué. Parmi ses disciples, il faut citer Alexinos d’Élis, un grand querelleur, appelé à cause de cela Elenxinos, et qui eut querelle avec Zénon. Selon Hermippe, il quitta son pays pour enseigner la philosophie à Olympie. Ses disciples lui demandèrent pourquoi il avait choisi ce pays, il répondit qu’il voulait fonder une secte qui prendrait le nom d’Olympique. Mais tous ses disciples, devant le manque de ressources et l’insalubrité du lieu, s’en allèrent, plantant là notre Alexinos, qui resta seul toute sa vie avec un domestique. Plus tard, tandis qu’il se baignait dans l’Alphée, il se blessa à un roseau et se noya. Aussi lui ai-je fait cette épitaphe :
Ce n’est pas un vain mot de dire Que l’homme marqué par le destin, Même nageant, peut avoir le pied percé par un clou, Car cet homme vénérable, Alexinos,
En voulant traverser l’Alphée, Est mort piqué par un roseau.
EUCLIDE : mathématicien à Alexandrie sous le règne de Ptolémée Ier Soter (305-282), il nous a laissé une œuvre en treize volumes sur les éléments, la géométrie plane, la théorie des nombres et la géométrie solide. Euclide initie la méthode axiomatique en construisant la géométrie dans le plan à l'aide d'axiomes et de postulats. Plus clairement, Euclide démontre les théorèmes de géométrie plane à partir de propositions qu'il pose comme vraies (du type : deux quantités égales à une même troisième sont égale entre elles). Euclide fait preuve d'une grande rigueur, très inhabituelle pour son temps. Un des postulats formulé par Euclide, le 5ième postulat, dit aussi postulat des parallèles, a longtemps posé problème. Il affirme que, par un point extérieur à une droite, on peut mener une parallèle à cette droite, et une seule. Jusqu'au XIXè s., certains ont cru que ce postulat était en trop, ie que c'était un théorème que l'on pouvait déduire des autres axiomes et postulats. Mais les travaux de Gauss, Riemann et Lobachevsky ont alors montré que l'on pouvait construire d'autres types de géométrie, où ce postulat était remplacé par un autre : dans la géométrie hyperbolique, par un point extérieur à une droite, il passe une infinité de droites parallèles à cette droite.(voir bibmath.net). Il écrivit aussi Data (avec 94 théorèmes), Sur la division, l'optique et les phénomènes qui a survécu. Les Surfaces, les Porismes, les Coniques, le Livre des Paradoxes et les Eléments de Musique ont tous disparu.
 Euclide Euclide, détail de L'École d'Athènes par Raphaël
EUDÆMON : fils d’Ægyptos. Fiancé de la danaïde Ératé.
EUDORA : fille d’Océan et de Téthys.
EUDORE : fils d’Hermès et de polymélé. Sous les ordres d’Achille, il conduisit les Myrmidons au siège de Troie. Il fut tué par Pyræchme.
EUDOXE : philosophe et astronome grec, né à Cnide. Il vécut au IVe siècle av. J.-C. il suivit d’abord les leçons de Platon, puis fit un voyage en Égypte où il apprit des notions de mathématiques et d’astronomie. Il composa les traités d’astronomie Le Miroir et Les Phénomènes. Pline nous dit qu’Eudoxe donna à l’année 365 jours et un quart. La plus célèbre de ses hypothèses est celle des sphères concentriques, qui partait de l’idée que chaque planète du ciel était formée de sphères concentriques en mouvement. Théorie d'Eudoxe héritée de Parménide: le système solaire est composé de planètes sphériques décrivant des trajectoires circulaires autour de la Terre immobile, centre du monde. Afin que ces trajectoires s'accordent avec les observations (mouvement apparent), Eudoxe imagina pour la Lune, le Soleil et chaque planète alors connue (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne), un système complexe de sphères homocentriques (quatre par planète), d'axes passant par le centre de la Terre, dont l'interaction des mouvements engendrait la trajectoire.
Eudoxe d'après Diogène Laërce: Eudoxe, fils d’Eschine, originaire de Cnide, astrologue géomètre, médecin, législateur. Il apprit la géométrie d’Archytas, la médecine de Philistion de Sicile (cf. Callimaque, Tables). Sotion (Successions) dit qu’il fut aussi disciple de Platon. En effet, âgé d’environ vingt-trois ans, pauvre, mais très désireux de s’instruire, excité par la réputation des socratiques, il vint à Athènes avec le médecin Théomodon, qui l’entretenait (d’autres disent qu’il était son mignon). Descendu au Pirée, il venait à Athènes chaque jour pour entendre les sophistes, et revenait au port chaque soir. Après un séjour de deux mois, il revint dans son pays, puis ayant reçu de l’argent de ses amis, il s’en alla en Égypte avec le médecin Chrysippe, portant à Nectanabis des recommandations de la part d’Agésilas. Nectanabis le recommanda aux prêtres. Il y resta seize mois, ayant fait couper sa barbe et raser ses sourcils, et écrivit, selon une tradition, la Période de huit années. Après quoi, il alla professer la physique à Cyzique et en Propontide, et alla ensuite voir Mausole. Puis il revint à Athènes, où il eut de nombreux disciples, pour fâcher Platon, dit-on, car Platon n’avait pas voulu le garder avec lui. Une tradition veut qu’un jour où Platon recevait à un banquet, ce fut lui qui inventa de disposer les lits en demi-cercles, pour faire tenir tout le nombre des invités. Nicomaque, fils d’Aristote, dit que selon lui le plaisir était un bien. Il fut comblé d’honneurs dans sa patrie, comme le montre le décret qui eut lieu en sa faveur. Mais il fut par surcroît très estimé des Grecs pour avoir écrit des lois pour ses concitoyens (cf. Hermippe, des Sept sages, livre IV) et pour avoir écrit des traités d’astrologie, de géométrie, et d’autres ouvrages mémorables. Il eut trois filles : Achtis, Philtis et Delphis. Ératosthène affirme (livres sur Baton) qu’il a composé des dialogues où il met en scène des philosophes cyniques, d’autres disent qu’il n’a fait par là que traduire en grec des ouvrages écrits par les Égyptiens en leur langue. Il eut pour disciple Chrysippe de Cnide, fils d’Érineus, en matière de théologie, de physique et de météorologie, en médecine il eut pour maître Philistion de Sicile. Et il a laissé de très beaux commentaires. Il eut pour fils Aristagoras dont Chrysippe, fils d’Aéthlios, fut l’élève, auquel on attribue des remèdes de la vue, car il s’occupa de recherches sur la nature.
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Le système géocentrique d'Eudoxe et de Ptolémée dans une représentation datant du 18è siècle
EUDOXE de Cyzique : voyageur grec du IIe siècle av. J.-C. Il fut chargé de missions dans l’inde par Ptolémée Évergète et fit le tour de l’Afrique, de la mer Rouge à Gadès (Cadix). Il essaya sans succès de refaire ce voyage en sens inverse.
EUDOXIE(SAINTE): D’origine samaritaine, la Sainte Martyre du Christ Eudocie vivait à Héliopolis, en Phénicie du Liban, sous le règne de Trajan (96-116). Comme elle était dépourvue de toute connaissance de Dieu, elle s’était laissée entraîner à la débauche et avait livré à la prostitution son corps que le Créateur avait orné d’une rare beauté.Nombreux étaient ceux qui venaient de loin et offraient de fortes sommes d’argent pour jouir de ses charmes, si bien qu’elle avait acquis par ce honteux commerce une immense fortune et elle vécut dans l’insouciance jusqu’au jour où un moine, nommé Germain, qui était arrivé en ville pour affaire, vint loger dans la maison voisine. Le soir, après avoir chanté l’Office dans sa chambre à l’heure prescrite, comme s’il se trouvait dans son monastère, Germain se mit à lire à haute voix un livre qui décrivait le Jugement dernier, les châtiments des pécheurs et les récompenses des justes. En entendant ces terribles paroles, Eudocie fut tout ébranlée, sa conscience s’éveilla de la torpeur dans laquelle l’avaient plongée de si longues années passées dans le péché et elle versa pendant toute la nuit des torrents de larmes. Au matin, elle se précipita vers Germain et, tombant à ses pieds. elle l’implora avec larmes de lui indiquer la voie du salut. Après l’avoir dûment catéchisée, en père spirituel prudent, celui-ci la renvoya chez elle, pour qu’elle éprouve sa résolution pendant une semaine de retraite et de prière. Comme elle priait de nuit en versant quantité de larmes sur sa vie passée, Eudocie vit soudain une grande lumière et l’Archange Michel descendit pour la conduire au ciel où l’assemblée des élus l’accueillit avec joie, alors qu’à l’extérieur le diable, sous la forme d’un être gigantesque, noir et répugnant, accusait Dieu d’injustice pour avoir accepté si rapidement le repentir de cette femme débauchée. Une voix très douce se fit alors entendre du haut du ciel, qui disait : « Tel est le bon plaisir (eudokia) de Dieu : recevoir avec compassion les hommes qui se repentent. » Et, sur l’ordre de Dieu, l’Archange ramena Eudocie dans sa demeure, en lui promettant l’assistance de la Grâce pour les combats qu’elle aurait dès lors à mener contre le péché. En ce temps-là, ayant appris que la belle Eudocie avait rejeté les plaisirs de cette vie et le culte des idoles pour tourmenter son corps par amour du Christ, certains de ses anciens amants la dénoncèrent auprès de l’empereur, l’accusant d’utiliser sa fortune pour construire, dans le désert, des refuges pour les Chrétiens rebelles à son autorité et à la religion de l’Empire. Lorsque le dignitaire envoyé par l’empereur et les trois cents soldats de son escorte voulurent pénétrer dans le monastère de la Sainte, ils en furent empêchés par une force divine et, après avoir tourné autour de l’enceinte pendant trois jours, en cherchant vainement l’entrée, ils furent frappés de mort, à l’exception du magistrat et de trois soldats.Quand l’empereur apprit ce lamentable échec, il envoya son propre fils pour arrêter la Sainte. Mais celui-ci fut frappé par Dieu et mourut après avoir été jeté à bas de son cheval. Sur le conseil d’un ancien amant d’Eudocie, le souverain éploré écrivit alors à la Sainte pour lui demander d’intercéder afin que son fils revienne à la vie. Eudocie lui répondit avec humilité, protestant de son impuissance à accomplir de tels miracles, et elle fit trois signes de croix sur la lettre en la refermant. Dès que le messager apporta la missive au palais devant le cadavre du prince, celui-ci reprit vie, et l’empereur et toute la cour s’écrièrent : « Grand est le Dieu des Chrétiens, qui accomplit de telles merveilles ! » On raconte même que le souverain se fit baptiser avec un grand nombre des siens, et que le prince ressuscité devint par la suite Archevêque de la cité, alors que sa soeur, Gélasia, prenait le voile dans le monastère de Sainte Eudocie. L’empereur Adrien (l17-138), qui prit la succession, était un farouche adepte de l’idolâtrie. Il envoya à Héliopolis un gouverneur, célèbre pour sa cruauté, nommé Diogène, lequel avait été fiancé à Gélasia et que la fuite de sa promise avait mis dans la plus grande haine à l’égard d’Eudocie. Sitôt installé, il envoya cinquante hommes d’armes pour se saisir de la Sainte. Alors que ceux-ci étaient encore en route, le Christ apparut à Eudocie et lui annonça que l’heure était venue pour elle de remporter la couronne du Martyre. Elle se rendit alors dans l’église, prit sur elle une parcelle de la Sainte Eucharistie et, accueillant les soldats avec calme et dignité, elle les suivit sans offrir de résistance. Sur le chemin, un Ange la précédait, tenant un flambeau allumé, sans que les païens s’en rendent compte. Après l’avoir laissée pendant quatre jours en prison, sans recevoir ni nourriture ni boisson, on l’amena au tribunal, le visage couvert, et dès qu’on lui retira ce voile une lueur éclatante en resplendit, provoquant un cri de stupeur dans l’assistance. La Sainte répondit avec audace aux questions du gouverneur et l’invita à mettre son dessein à exécution, sans perdre de temps en de vains interrogatoires. On la somma de choisir entre trois solutions pour avoir la vie sauve : adorer les idoles, revenir à son ancien mode de vie ou remettre sa fortune au trésor public. Eudocie déclara qu’il était absolument exclu pour elle de retourner à sa vie passée, maintenant qu’elle avait connu la vérité, et qu’elle n’était plus maîtresse de l’argent qu’elle avait distribué. Sur lordre de Diogène, quatre hommes se saisirent d’elle et l’accablèrent de coups pendant deux heures entières ; puis, comme ils tentaient de la dénuder afin de l’attacher au poteau de torture, ils trouvèrent sur elle le coffret contenant la Sainte Communion. Lorsque le gouverneur tenta de l’ouvrir, une flamme s’en dégagea, qui consuma tous ceux qui se trouvaient aux alentours et qui laissa Diogène à demi paralysé. Comme il tombait à genoux en priant le dieu Soleil de le délivrer de ce sortilège, un éclair fendit le ciel et le laissa raide mort sur le sol : Pendant ce temps, un Ange rayonnant descendait du ciel et s’entretenait avec la Sainte, après l’avoir chastement recouverte d’un voile. Un soldat qui avait été témoin de cette scène, saisi de repentir, alla la détacher et la pria d’intercéder pour ceux qui venaient d’être frappés par la colère de Dieu, afin qu’ils recouvrent la vie et puissent se repentir. Prise de compassion, Eudocie se mît en prière et aussitôt les morts ressuscitèrent, provoquant la conversion d’une grande partie de la population. La Sainte resta en ville quelque temps pour enseigner le peuple, et elle accomplit encore d’autres miracles, jusqu’au jour où, Diogène étant décédé, un nouveau gouverneur, nommé Vincent, s’installa à Héliopolis, avec la ferme décision d’en finir avec la célébrité importune d’Eudocie. Il envoya des soldats dans sa résidence et ceux-ci lui tranchèrent la tête, sans autre forme de procès, lui offrant ainsi la satisfaction de son désir le plus cher : l’union définitive avec son Epoux céleste. Par la suite, les Reliques de Sainte Eudocie accomplirent de nombreux miracles qui témoignèrent pour des générations de Chrétiens de la puissance du repentir. (voir http://monastere-orthodoxe.chez-alice.fr/sts/stsmars/mars01.html).

EUDOXIE AELIA: épôuse de l'empereur Arcadius en 395. Fille d'un général franc de Théodose Ier, Bauto. Grâce à sa beauté exceptionnelle, elle est choisie par l'eunuque Eutrope afin de diminuer l'influence de Rufin qui souhaitait marier l'empereur à sa fille. Princesse ambitieuse, elle se n'hésite pas à se débarrasser ensuite de celui-ci en 399 afin de dominer elle-même le faible esprit de son époux. Le second à être éliminé est le remuant général goth Gaïnas en 400, dont elle fait massacrer les soldats par la foule, ce qui provoque la fuite de ce dernier. Elle scandalise les chrétiens par son luxe et son amour du faste. Elle en est d'ailleurs blâmée par le patriarche de Constantinople Jean Chrysostome. Elle meurt en octobre 404 à la suite d'une fausse couche.
Eudoxie contre Jean Chrysostome: L’impératrice Eudoxie, qui détenait la réalité du pouvoir, en raison de la faiblesse de l’empereur Arcadius, se sentit visée et conçut contre Chrysostome un profond ressentiment. Un différend d’ordre canonique, survenu entre Chrysostome et Théophile, le puissant patriarche d’Alexandrie, allait causer la perte du gêneur. Chrysostome avait commis l’imprudence d’accueillir des moines alexandrins expulsés d’Égypte par Théophile. On lui en fit grief et l’affaire prit une dimension inattendue. La venue à Constantinople du « pharaon » Théophile en compagnie de nombreux évêques égyptiens, l’argent distribué avec largesse, les appuis dont il disposait dans la capitale, mais aussi le soutien qu’il rencontra auprès de riches dévotes bien en cour, de clercs mondains et de l’impératrice Eudoxie elle-même, aboutirent à la déposition de Jean et à sa condamnation à l’exil (août 403). Mais le triomphe de Théophile et d’Eudoxie fut de courte durée : l’injustice de la condamnation était trop manifeste. La fureur populaire, mais aussi le trouble que produisit dans l’âme superstitieuse de l’impératrice un mystérieux accident survenu dans sa chambre, firent presque aussitôt rappeler l’exilé. Jean fait un retour triomphal, tandis que Théophile et les siens regagnent l’Égypte sous les huées et les menaces. Deux mois plus tard cependant, les réjouissances et les débordements auxquels donnèrent lieu la dédicace d’une statue d’argent d’Eudoxie, à proximité de Sainte-Sophie, provoquèrent la réaction indignée de Chrysostome. L’impératrice y voit un affront personnel et les adversaires de Jean ne se privèrent sans doute pas de la conforter dans cette idée. Son ressentiment s’allie chez elle à la suspicion. Aussi, lorsque, quelques temps après, lors de la fête de saint Jean-Baptiste, Chrysostome commence son homélie par ces mots : « Une nouvelle fois Hérodiade s’emporte ; une nouvelle fois elle danse ; une nouvelle fois elle réclame la tête de Jean sur un plateau », se croit-elle ouvertement visée. Pour abattre cet évêque décidément trop incommode, le parti d’Eudoxie et les ennemis de Jean invoquent de nouveau une règle canonique : il est accusé d’avoir repris illégalement possession de son siège, puisque un concile l’avait déposé. Le faible Arcadius lui demande donc de renoncer à ses fonctions. Chrysostome refuse. Au cours de la vigile pascale du 17 avril 404, tandis qu’il s’apprête à conférer le baptême aux catéchumènes, la troupe intervient, le sang coule dans les piscines baptismales. Les troubles se poursuivent les jours suivants. Jean reste enfermé dans son palais. Enfin, cinq jours après la Pentecôte, le 9 juin, l’empereur lui signifie sa sentence d’exil. Alors commence la longue et pénible marche de Jean Chrysostome vers Cucuse, en Arménie, où il demeura trois ans. Mais, comme ce n’est pas encore assez loin et que l’on vient d’Antioche en pèlerinage pour le voir, ses adversaires obtinrent qu’il soit relégué à Pityonte, sur la côte orientale de la mer Noire. Le 14 septembre 407, avant même d’y parvenir, Jean Chrysostome meurt d’épuisement à Comane, dans la province du Pont.
EUDOXIE (ATHÉNAÏS, AELLIA EUDOXIA) : née à Athènes en 394, morte à Jérusalem en 460. Fille du sophiste Leontius, elle épousa l’empereur d’Orient Théodore II. Accusée d’infidilité par son mari et coupable de violences ordodnnées contre le patriarche de Constantinople salem. Elle avait composé plusieurs ouvrages dont il reste un poème et trois livres sur la vie et la martyre de saint Cyprien.
EUDOXIE (LICINIA EUDOXIA) : elle vécut de 422 à 464. Fille de Théodose II et d’Eudoxie, elle se maria avec l’empereur d’Occident Valentinien III. Contrainte d’épouser le sénateur Maxime, assassin de son mari (455), elle demanda secours à Genséric, roi des Vandales, qui prit Rome et emmena l’impératrice captive en Afrique avec ses deux filles, Eudoxie et Placidie.

EUDROMOS : un des chiens d’Actéon.
EUGÈNE : rhéteur de Vienne, en Dauphiné, fut proclamé empereur par le Franc Arbogast après le meurtre de Valentinien II, 392, battu à Aquilée par Théodose auquel il s'opposait pour des questions religieuses(il avait rétabli l'autel de la Victoire au sénat et la liberté des cultes), il est fait prisonnier et décapité, 394.

EUGUBIUM : aujourd’hui Gubbio, ancienne ville d’Italie (Ombrie), où furent découvertes sept tables d’inscriptions, dont deux en latin et cinq en dialecte ombrien, dites Tables eugunines: Michel Bréal qui les a déchiffrées en 1873-1874. Rédigées en ombrien, elles constituent une espèce de rituel propre a une confrérie religieuse, celle des frères Attidiens.

Table eugunine
EULIMÈNE : fille de Cydon, roi de Crète. Fiancée d’Aptéros.
EUMÉDÈS : fils de Mélas. Il tendit des pièges à Énée. Tydée le tua.
EUMÉDÈS: officier de Ptolémée Philadelphe.
Extrait de la géographie de Strabon: Au delà de l'île Ophiôdès, on voit se succéder un grand nombre de tribus d'Ichthyophages et de Nomades. Puis vient le port de Sôtira, lequel aura reçu son nom apparemment de commandants de vaisseaux reconnaissants, qui, y ayant trouvé un refuge au sortir de dangereuses tempêtes, voulurent consacrer ainsi le souvenir de l'événement. Plus loin un changement très marqué se produit dans l'aspect de la côte et du golfe. La côte cesse d'être âpre et rocheuse ; elle se rapproche de plus en plus de l'Arabie et semble au moment d'y toucher ; en même temps on entre dans des eaux basses dont la profondeur n'est plus que de 2 orgyes et qui présentent à leur surface une teinte d'herbe verte très prononcée due à la grande quantité de mousses et d'algues que la transparence de l'eau laisse apercevoir au fond de la mer dans toute l'étendue du détroit, circonstance au surplus qui n'a rien d'étonnant, puisque la présence d'arbres sous-marins a été constatée dans ces mêmes parages. Ajoutons qu'on y rencontre aussi un très grand nombre de chiens de mer et que le détroit en est comme infesté. Les Taures qu'on relève ensuite sont deux montagnes, qui, vues de loin, offrent effectivement dans leurs contours une certaine ressemblance avec des taureaux. Puis vient une autre montagne que couronne un temple d'Isis, monument de la piété de Sésostris, et qui précède une île toute plantée d'oliviers, souvent couverte par les eaux de la mer. Immédiatement après cette île, est la ville de Ptolémaïs, qui fut bâtie à proximité de la région où l'on chasse l'éléphant par un officier de Philadelphe, nommé Eumédès : envoyé exprès pour préparer cette chasse, Eumédès avait commencé par fermer secrètement au moyen d'un fossé et d'un mur une des presqu'îles de la côte, il avait ensuite désarmé par d'habiles ménagements les populations qui menaçaient de gêner son établissement, et avait réussi ainsi à se faire de voisins malveillants des amis sûrs et dévoués.
EUMÉE : fils de Ctésios, le roi de l’île de syrie. Des corsaires phéniciens l’enlevèrent et le vendirent à Laërte qui lui confia le soin de ses troupeaux.
Extrait de l'Odyssée d'Homère: Eumée était assis, ajustant à son pied la paire de sandales que, dans un cuir de bœuf bon teint, il se taillait. Ses gens étaient partis : trois suivaient la cohue errante des pourceaux ; il avait envoyé le quatrième en ville mener aux prétendants le porc que, chaque jour, ces bandits exigeaient pour faire un sacrifice et manger tout leur saoul. Soudain, les chiens hurleurs, apercevant Ulysse, lui coururent dessus avec de grands abois... Sagement, il s'assit, mais laissa le bâton échapper de ses mains et, devant son étable, il allait endurer le plus triste des sorts, quand, de son pas rapide, Eumée hors de l'auvent accourut derrière eux, si vite que le cuir échappa de ses mains. A grands éclats de voix, sous une pluie de pierres, il dispersa les chiens, puis il dit à son maître : EUMÉE — Vieillard, encore un peu et, d'un seul coup, mes chiens allaient te mettre en pièces ! La belle renommée que tu m'aurais value ! J'ai déjà, grâce aux dieux, trop de maux et d'angoisses !... Ah! mon maître divin ! pendant que, tristement, je vis à le pleurer, il me faut élever ses cochons les plus gras pour que d'autres les mangent... Et lui, toujours errant, il a peut-être faim en quelque ville ou champ des peuples d'autre langue..., s'il vit, s'il voit encor la clarté du soleil !... Mais allons ! vieux, suis-moi ; entrons dans ma cabane; je veux que, de son pain, de son vin, toi aussi, tu prennes tout ton saoul, puis tu me conteras d'où tu viens et les maux que ton cœur endura. Et le divin porcher, le menant à sa loge, le fit entrer et l'installa sur la banquette, qu'il avait rembourrée de brousse et recouverte de la peau bien velue d'une chèvre sauvage : c'était là qu'il couchait, au large et sur le doux. En voyant son porcher le recevoir ainsi, Ulysse, plein de joie, lui dit et déclara : ULYSSE — O mon hôte ! que Zeus et tous les Immortels, exauçant tes désirs les plus chers, récompensent cet accueil de bonté ! Mais toi, porcher Eumée, tu lui dis en réponse : EUMÉE — Étranger, ma coutume est d'honorer les hôtes, quand même il m'en viendrait de plus piteux que toi ; étrangers, mendiants, tous nous viennent de Zeus ; ne dit-on pas : petite aumône, grande joie?... Je fais ce que je puis : tu sais que serviteur vit toujours dans la crainte, quand il faut obéir à des maîtres stupides. Ah ! celui dont les dieux entravent le retour, quels soins et quels égards il aurait eus pour moi ! il m'aurait établi ! maison, lopin de champ et femme de grand prix, il m'aurait accordé tout ce qu'on peut attendre du bon cœur de son maître, après un long travail que bénissent les dieux. Tu vois qu'ils ont béni ce coin où je m'attache. Vieillissant parmi nous, le maître m'eût comblé. Mais, nous l'avons perdu... Ah! qu'Hélène et sa race auraient dû disparaître ! Car lui aussi partit, vers Troie la poulinière, combattre les Troyens pour l'honneur de l'Atride.
EUMÈLE : roi de Patras qui enseigna l’agriculture et l’art de bâtir à Triptolème.
EUMÈLE : fils de Mérops. Père de Méropis, de Byssa et d’Agron. Poséidon le métamorphosa en nycticorax.
EUMÈLE : fils d’Admète et d’Alceste. Il conduisit les guerriers de Phères, de Bœbé, de Glaphyra et d’Iolcos à Troie. Il possédait des chevaux magnifiques. Il épousa Iphthime, fille d’Icarios.
Extrait de l'Iliade d'Homère: Les conducteurs de chars se rassemblèrent. Il y avait là Eumèle, Diomède, Ménélas, Mérion et Antiloque. Nestor, le père d’Antiloque, encouragea son fils en lui disant que s’il avait de moins bons chevaux que les autres, au moins avait-il plus d’expérience dans leur conduite. Il lui indiqua un repère, un tronc sec qu’Achille avait choisi pour borne et lui conseilla de le serrer au plus près. Il ne pourrait pas être rejoint s’il passait sans encombre cet obstacle. Ils tirèrent au sort et se mirent en ordre, Antiloque le premier, puis Eumèle, Ménélas, Mérion et enfin Diomède. Et la course commença. Voyant Diomède en tête devant Eumèle, Apollon lui fit tomber le fouet des mains. Mais Athéna intervint pour le lui redonner. De plus, elle rompit l’attelage d’Eumèle. Antiloque était à la lutte avec Ménélas et commettait même des imprudences. Tous les Grecs assemblés assistaient à la course. Idoménée vit de loin que Diomède avait pris la tête. Ajax ne le croyait pas. Achille interrompit leur querelle. Diomède remporta la course et s’empara aussitôt de son prix. Ensuite Antiloque arriva, suivi de très près par Ménélas. Mérion était le quatrième et Eumèle arriva enfin avec son char accidenté. Achille eut pitié de lui et voulut lui attribuer le deuxième prix. Les spectateurs étaient d’accord mais Antiloque protesta de son bon droit. Achille appréciait le jeune Antiloque et accepta de donner un autre prix à Eumèle. Alors Ménélas se leva pour accuser Antiloque de l’avoir dépassé par traîtrise. Antiloque, qui admirait beaucoup Ménélas, accepta de bon gré de lui donner la jument qui constituait le deuxième prix. Alors Ménélas, dont l’orgueil était satisfait, la lui rendit. Mérion reçut les deux talents d’or du quatrième prix. Et comme la coupe du cinquième prix restait là, Achille alla en faire cadeau au vieux Nestor, trop âgé pour concourir.
EUMÈNE (EUMENIUS) : rhéteur latin. Né à Autun en 250, mort en 315. Secrétaire de Constance Chlore, il nous a laissé un discours : Pro restaurandis scholis et les Panégyriques de Constance et de Constantin, etc.
Extrait du Panégyrique de Constantin Auguste par Eumène: Très auguste Empereur, le jour que Votre Majesté a bien voulu me fixer pour faire entendre ma faible voix est un glorieux anniversaire pour cette ville, et plusieurs personnes viennent de m'engager à tirer de cette circonstance l'exorde de mon discours; j'aurais suivi leurs conseils, si deux raisons ne m'en avaient détourné. Il m'a semblé qu'un homme, arrivé au milieu de sa carrière, ne doit pas avoir la prétention d'improviser, et qu'il convenait de ne faire entendre aux oreilles d'un si grand prince que des choses soumises d'abord à un long travail de pensée et de composition : improviser en présence d'un empereur du peuple romain, c'est ne point comprendre la majesté de l'empire. Puis, un assez grand nombre de personnes redoutent un trop long discours : cette crainte, j'en ai la conviction, n'est point fondée sur l'opinion qu'ils auraient conçue de mon talent, dont je reconnais la médiocrité, mais sur les droits nombreux que vous avez, ainsi que vos collègues, à nos éloges. A mon grand regret, je tromperai leur attente par la brièveté de mon discours : je l'avouerai, j'avais préparé une longue harangue, mais j'aime mieux être court qu'engendrer l'ennui. Aussi j'entre en matière, en limitant même la dédicace de mon discours; et malgré la profonde vénération que je professe pour vous tous, invincibles Princes, dont la majesté est unie par les liens d'une fraternelle autorité, je consacrerai à vous seul, Constantin, mon faible éloge. Nous rendons à tous les Dieux immortels le même culte intérieur, et cependant il est des circonstances où nous les honorons en particulier, chacun dans son temple et dans son sanctuaire : il me sera permis d'imiter cet exemple, et, en payant à tous les princes un culte de pieux souvenir, de réserver spécialement mes louanges pour celui qui nous honore de sa présence.
Extrait du Panégyrique de Constance: Invincible César, si, après un long silence, j'avais seulement à surmonter la crainte que m'inspire ce nouvel essai de ma voix, ce trouble, je l'avoue, ne conviendrait ni à mon âge, ni même à la faible opinion que j'ai de mon talent, surtout après avoir célébré, en présence de votre majesté, les divins prodiges de vos exploits. Tout ce que ce genre d'éloquence exige de soins, de travail, de religieuse sollicitude, je l'ai éprouvé, dans le moment même où je m'exerçais tous les jours à former l'esprit et le cœur de la jeunesse. Si ma parole ne pouvait alors atteindre à la grandeur des premiers services rendus à la république renaissante par votre père et par votre oncle, du moins il m'était possible de les indiquer dans une rapide énumération; mais depuis, j'ai quitté cette ancienne carrière, et j'ai été admis dans l'intérieur de votre palais à la sublime fonction de secrétaire intime, ou bien grâce au repos que m'a accordé votre bienveillance, j'ai pu suivre mes goûts pour la vie des champs : et cependant vous n'avez perdu aucune occasion de venger ou d'agrandir l'Etat. Je ne puis énumérer tant de victoires gagnées par votre valeur, tant de nations barbares écrasées sur tous les points, tant de colons transférés dans les contrées déjà soumises au peuple romain, tant de provinces reconquises, et partout les limites de l'empire romain reculées. A la vue de ces prodiges, la parole me manque, je suis frappé de stupeur, tout m'effraie, la pesanteur d'un esprit dont le repos a diminué la vigueur, et la difficulté d'entreprendre la longue énumération de si glorieux exploits. Une seule chose encourage mes efforts; la présence de César qui m'écoute relève à la hauteur de son sujet mon esprit, quelque énervé qu'il soit par le repos et tout-à-fait inférieur à sa tâche. Je me rappelle surtout que je dois à votre bienveillante protection la faveur d'avoir pu prononcer, en présence de votre auguste père, un discours qui, le premier, me tira de l'obscurité. J'ai la confiance que Votre Majesté n'a point oublié mes éloges : je puis donc ne pas répéter ce que j'ai dit, et commencer mon discours par les faits qui suivirent le premier Panégyrique.
EUMÈNE de CARDIE : secrétaire et lieutenant d’Alexandre le Grand. Il commanda le corps des hétaires, et obtint à la mort du conquérant la Cappadoce et la Paphlagonie. Il joua un grand rôle lors de la succession de l’Empire après la mort du roi en 323 av. J.-C. Il fit élever au trône Arrhidée, le simple d’esprit. Lui-même nommé satrape de Cappadoce, il vainquit Antipater, Néoptolème et Cratère en mai 321 av. J.-C. Il resta fidèle au régent Perdiccas. À la mort de ce dernier, Antigone l’attaqua. Bloqué dans Nora en 320 av. J.-C., il s’échappa et marcha vers l’Euphrate. Trahi par ses soldats, il fut égorgé.
EUMÈNE Ier : roi de Pergame. Il régna de 263 à 241 av. J.-C. Lorsque Philétairos mourut, Antiochos II Theos, roi de Syrie, ne reconnut pas Eumène comme roi, il s'ensuivit une guerre. Il s’allia avec les cités d’Asie Mineure occidentale qui s’opposaient aux syriens et il engagea des mercenaires Galates. La bataille eut lieu dans la plaine de Sardes en 261 av. J.-C au terme de laquelle Antiochos Soter fut vaincu et tué. Eumène fit de Pergame une cité prospère où se développèrent les arts et les sciences.Il laissa le trône à son neveu Attale et mourut d’un excès de boisson.

A droite de la carte, le royaume de Pergame

EUMÈNE II : roi de Pergame. Handicapé par un attentat en 172 avant notre ère., il mena cependant ses troupes contre les Gaulois Galates. Fils d’Attale Ier. Il régna de 197 à 157 av. J.-C. Il s’allia étroitement aux Romains. Pour avoir aidé Flamininus contre Nabis, et Scipion contre Antiochos III le séleucide allié aux cités d'Éphèse, de Tralles et de Telmessos, il reçut la Lydie, la Lycaonie, la Phrygie et la ville de Lysimachie. Il battit Prusias et Pharnace, soutint Antiochos Épiphane, dénonça Persée à Rome, faillit être assassiné à Delphes et eut à lutter contre son frère Attale, soutenu par les Romains. Ami des poètes et des savants, il porta au plus haut la renommée de Pergame qui devînt l'une des cités les plus riches d'Asie Mineure.
 Eumène II

Poste-frontière de la ville d'Hiétapolis fondée par Eumène II
EUMÈNE III ARISTONICOS: fils bâtard du précédent. Il régna un an sous la tutelle de son demi frère Attale III qui légua son royaume à Rome en -133. Refusant cette issue, Eumène entre en guerre contre les Romains qu'il tient en échec durant quatre années avant d'être anéanti avec son armée en -129 par consul Marcus Perperna à Stratonicée du Caïque.

Eumène III
EUMÉNUTHIS : femme de Canopos, pilote de Ménélas. Elle mourut en Égypte avec son époux.
EUMOLPE : Thrace qui s’établit en Attique. Il était barde, guerrier et prêtre. Eumolpe était fils de Poséidon et de Chioné. Sa mère le jeta dans la mer pour cacher sa naissance à Borée son père, mais Poséidon le sauva et le transporta en Éthiopie où il le fit élever par sa fille Benthésicymé. Obligé de quitter l’Éthiopie, Eumolpe se rendit en Thrace avec son fils Ismaros, chez le roi Tégyrios en Thrace, qui donna sa fille pour épouse à Ismaros. Mais Eumolpe conspira contre le beau-père de son fils ; forcé de s’enfuir en Attique, il se réfugia à Éleusis. Dans une guerre contre les athéniens, Érechthée le tua.
EUNAPE : rhéteur grec. Il naquit à Sardes en 347 et décéda en 414 ou 420. Disciple de l'éclectique Chrysanthius, il s'installa en Lydie en 367 pour y exercer le métier de médecin. Partisan du paganisme philosophique et mystique restauré par Julien, et adversaire ardent du christianisme. On a de lui des Vies des philosophes.
Extrait des Vies des plilosophes et des Sophistes par Eunape: Celui qui écrit ces lignes était passé d'Asie en Europe et était arrivé à Athènes, ayant environ seize ans, Prohérésius avait atteint, comme il le disait lui-même, sa quatre-vingt septième année. À cet âge, il avait encore une chevelure très abondante et frisée, toute argentée d'une grande quantité de cheveux blancs; qui la faisaient ressembler à l'écume de la mer. Il avait une telle vigueur d'éloquence, son corps fatigué était si merveilleusement soutenu par la jeunesse de son âme, que j'en vins à le croire exempt de la vieillesse et de la mort, et que je m'attachai à lui comme à un dieu qui, spontanément et sans effort, serait descendu sur la terre. J'avais abordé an Pirée, vers la première veille de la nuit, avec une fièvre violente qui m'était survenue pendant la traversée. Plusieurs personnes qui m'étaient attachées par les liens de la parenté avaient fait aussi le voyage avec moi. À l'heure où noue arrivâmes; avant de remplir les formalités habituelles le patron du navire qui appartenait à des gens d'Athènes, se tendit aussitôt dans cette Ville. À l'endroit où l'on débarquait, stationnaient toujours en grand nombre les partisans déclarés de chaque école. Les autres passagers s'étaient mis en marche. Pour moi qui étais incapable de mettre pied à terre, on me soutint à tour de rôle, et je fus ainsi porte à la ville.
Il était minuit, moment où le soleil rend les ténèbres plus profondes, en se trouvant le plus au Midi. L'astre était entré dans le signe de la Balance, et les veillées devenaient plus longues. Le patron du vaisseau avait été anciennement l'hôte de Prohérésius : il heurta donc à la porte de sa maison, et y introduisit une telle foule d'étudiants qu'à chaque fois que des rixes s'élevaient, à propos de tel ou tel jeune homme, tous les nouveaux venus paraissaient devoir remplir l'école du philosophe. Parmi ceux-là, les uns l'emportaient par la force du corps, les autres, étaient supérieurs par leur richesse, le reste se trouvait dans des conditions moyennes. Quant à moi, tristement disposé, j'avais pour tout bien les livres des anciens dans la mémoire et sur les lèvres. Ce fut bientôt une allégresse complète par toute la maison, des allées et venues d'hommes et aussi de femmes : les uns riaient, les autres échangeaient des plaisanteries. En raison de l'heure, Prohérésius avait fait venir deux de ses propres parents, pour recevoir les arrivants. Lui-même était originaire d'Arménie, de la partie extrême qui touche à ta frontière persane. Quant a ses parents, ils s'appelaient Anatole et Maxime. Ils reçurent les hôtes, les présentèrent aux voisins et les menèrent au bain, avec un certain apparat. Aussi, la jeunesse du quartier ne leur ménageait ni les rires ni les quolibets. Après le bain, tout le monde se retira; mais moi, sous l'influente croissante de mon mal, je me consumais, n'ayant vu ni, Prohérésius ni Athènes, et croyant avoir rêvé de tout ce qui faisait l'objet de mes désirs. Mes compatriotes et les Lydiens étaient fort inquiets; et, cédant à la coutume générale de montrer une complaisance exagérée pour les jeunes gens de mon âge, ils imaginèrent une foule de choses énormes qu'ils grossirent en récits prodigieux, si bien qu'un deuil extraordinaire se répandit dans la ville, comme s'il se fût agi d'une grande calamité.
EUNÉOS : fils de Jason et d’Hypsipyle. Il naquit à Lemnos d’où il envoyait des cargaisons de vin aux Grecs qui assiégeaient devant Troie. Il racheta Lycaon, prisonnier de Patrocle, avec une cruche d’argent.
EUNICE : fille de Nérée et de Doris. Une des trois nymphes qui enlevèrent Hylas.
EUNOME : Eunomius, évêque hérésiarque de Cysique (335-395), membre du parti néo-arien des anoméens. N’acceptant pas l’«homoousios» (c'est-à-dire le fait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont de même essence), il enseigna que le Saint-Esprit est une production du Fils, de même qu’Arius avait enseigné que le Fils était une créature du Père. Il ajoutait que la grâce était irrévocablement acquise aux vrais croyants, c’est-à-dire à ses disciples. Il fut combattu par saint Basile et saint Grégoire de Nysse. Ses disciples, les Eunomiens, s’appelaient aussi Anoméens (dissemblables) et Troglodytes.
Extrait de la Réfutation de la profession de foi d'Eunome par Grégoire de Nysse: Puisque cette doctrine est exposée par la Vérité elle-même, si les inventeurs de ces néfastes hérésies, en vue de rejeter cette parole divine, imaginent quelque chose 'autre, de sorte qu'ils appellent le Père créateur et démiurge du Fils au lieu de Père, le Fils oeuvre, créature et produit, au lieu de Fils, le Saint-Esprit créature de la créature, oeuvre de l'oeuvre, au lieu de Saint-Esprit, et tout ce qui plaît à ces ennemis de Dieu de dire à son propos, nous appelons tout cela un reniement et une apostasie de la divinité qui nous a été révélée dans cette doctrine. Car une fois pour toutes nous avons appris du Seigneur ce sur quoi le regard de notre intelligence doit se porter, ce par quoi notre nature est transformée de mortelle en immortelle, à savoir : le Père, le Fils et le Saint-Esprit . Nous affirmons donc qu'il est redoutable et funeste d'interpréter ces paroles divines de travers, et d'imaginer ensuite à leur place celles qu'on invente en vue de rejeter ces paroles, comme si on corrigeait le Dieu Verbe, qui nous a prescrit de tenir ces paroles dans la foi. Car chacune de ces appellations, comprise en sa signification naturelle, est pour les chrétiens règle de vérité et loi de la piété. En effet, bien qu'il y eût beaucoup d'autres noms par lesquels Dieu était désigné dans les livres historiques, dans les prophéties et dans la Loi, le Christ, notre Maître, les ayant tous négligés, donne ces paroles-ci comme plus aptes à nous acheminer vers la foi en Celui qui est t : il nous montre qu'il suffit de nous en tenir à l'appellation de Père, de Fils et de Saint- Esprit u en vue de l'intelligence de l'Être qui est réellement, qui est en même temps un et non-un.
EUNOMOS : fils d’Architélès. Il servait à table les convives du roi d’Étolie, Œnée. Héraclès, irrité par sa maladresse, le tua d’un coup de poing.
EUNOSTOS : déesse des moulins. Elle présidait à la pesée exacte des farines.
EUNOSTOS (PORT d'ALEXANDRIE): l’Héptastade scinda la baie d’Alexandrie en deux ports, l’Eunostos limen (« le port du bon retour ») à l’ouest et le Megas Limen (« le grand port ») à l’est moins bien abrité mais plus profond. Ces deux bassins communiquaient par deux bras de mer enjambés par deux ponts dans la chaussée.
EUNOSTOS : héros de Tanagra. Fils d’Élinos. Élevé par la nymphe Eunoste. Ayant dédaigné l’amour d’Ochné, fille de Colonos, il fut calomnié par elle auprès de ses frères qui le tuèrent. Plus tard, elle avoua son crime et se précipita du haut d’un rocher.
EUNUQUES : c’est-à-dire gardes du lit, esclaves mutilés destinés au service domestique en Orient. L’usage des eunuques paraît remonter aux premières monarchies despotiques de l’Asie. Sous la domination des Perses, la satrapie de Babylone fournissait annuellement au palais du roi 500 jeunes eunuques. Les Grecs se servirent d’eunuques lorsqu’ils furent en rapport avec l’Asie. Les prêtres de Cybèle étaient eunuques. Après la mort d’Alexandre, les monarchies fondées par ses successeurs prirent les mœurs orientales, et certains eunuques exercèrent sur leur maître et sur leur pays une grande autorité. Rome, comme la Grèce, admit les eunuques, d’abord avec répugnance, puis avec empressement. À Constantinople, Eutrope gouverna sous Arcadius, et Narsès, sous Justinien, eut l’âme d’un grand général dans le corps efféminé et ridé d’une vieille femme.

Jézabel défenestrée par les eunuques de Jéhu - Illustration Gustave Doré
EUPHÉMÉ : nourrice des Muses. Elle avait une statue dans le bois des Muses, près de l’Hélicon.
EUPHÉMOS : Phlégyen. Fils de Poséidon et d’Europe. Il naquit à Panope, sur le Céphise, en Phocide ou à Hyrie en Béotie. S’étant établi à Ténare, il y épousa Laonomé, sœur d’héraclès. Pour pénétrer dans la mer Noire, il faut franchir les Roches Broyeuses (les Symplégades); à cet effet Euphémos lacha une colombe qui franchit la passe dangereuse de justesse : elle y laissa seulement une plume de sa queue. Euphémos avec l'aide de Triton, guidera l'Argo pour sortir du lac Tritonis, au fond du golfe des Syrtes (la Grande Syrte et la Petite Syrte, dans l'Antiquité, sont cette large échancrure entre la Tunisie et la Tripolitaine). Il prit part à la chasse de Calydon et à l’expédition des Argonautes. Ces derniers refusèrent l’hospitalité du dieu marin Triton qui, pour les convaincre, leur offrit une motte de terre. Tous refusèrent, sauf Euphémos, qui avait le pouvoir de marcher sur l’eau. Il s’empara de la glèbe qui lui donnait droit au trône de Libye. Dans les environs de Callisté ou de Théra, Euphémos jeta dans la mer la glèbe qui devint une île d’où devait sortir la colonisation de la Libye par les descendants d’Eumolpe à la dix-septième génération.

Triton et Euphémos aident les Argonautes
EUPHÉMOS: fils du chef troyen Trézène.
EUPHORBE : illustre guerrier troyen. Fils de Panthoüs. Il porta le premier coup à Patrocle. Ménélas le tua. Son bouclier fut suspendu dans le temple d’Héra à Mycènes. Euphorbe se réincarna quelques siècles plus tard dans la personne du philosophe et mathématicien Pythagore (VI siècle av. J.-C.), qui illustrait ainsi ses idées sur la métempsycose et les réincarnations successives.

Combat de Ménélas et d'Hector sur le corps d'Euphorbe,
assiette rhodienne du style des Chèvres Sauvages moyen, v. 600 av. J.-C.,
EUPHORION : fils d’Achille et d’Hélène. Zeus le foudroya dans l’île de Mélos. Les nymphes qui lui rendirent les honneurs funèbres furent métamorphosées en grenouilles.
EUPHORION de CALCIS: poète et grammairien grec né à Chalcis en Eubée autour de 275 av. J.-C. Il étudia la philosophie avec Lakydes et Prytanis, puis devînt un fidèle et éromène du poète Archeboulus. Il passa beaucoup de temps de sa vie à Athènes où il amassa une important fortune. Autour de 221 av. J.-C., il fut invité par Antiochos III à la cours de Syrie et participa ainsi à la formation de la librairie royale d'Antioche. Ayant obtenu le titre de Blibliothécaire, il demeura en Syrie jusqu'à la fin de ses jours. Il a écrit des épopées mythologiques (l’epyllion Thrax), des élégies galantes, des épigrammes et un poème satirique (Arae) après l'affaire de l'Ibis de Callimachus.
EUPOLÉMIE : fille de Myrmidon. Amante d’Hermès dont elle eut Æthalidès.
EUPOLIS : poète athénien de l’ancienne comédie. Il naquit vers 446 av. J.-C. et mourut vers 410. Horace le place au premier rang des anciens comiques, avec Cratinos et Aristophane. Suidas lui attribue dix-sept comédies. Il attaqua hardiment ses contemporains et s’attira par ses satires les colères d’Alcibiade.
EURIC : roi des Wisigoths. Il succéda à son frère Théodoric II qu’il avait fait poignarder en 466. Il conquit toute la Gaule de Toulouse à la Loire et au-delà après la victoire sur les Bretons à la bataille de Déols en 469. Il s'empara ensuite de l'Espagne après avoir soumis les Suèves(476). L’empereur Julius Nepos lui céda toutes ses conquêtes. Euric s'imposa définitivement après la disparition du dernier emperereur romain, Eomulus Augustule. Enfin il prit Arles (480) et Marseille 481. Il mourut en 483. Opposé àux chrétiens, il persécuta ces derniers et fit détruire leurs églises. Il épargna cependant les monuments chrétiens d'Arles où il décéda, laissant le trône à son fils Alaric. Il nous a laissé le Codex Euricianus. Ses deux principles résidences royales furent établies à Toulouse et à Aire-sur-l'Adour(au pied des Pyrénées). Il renforça les places de Carcassonne et de Rennes-le-Château(Reddae).

Solidus d'Euric au nom de Valentinien III
EURIDE : détroit entre l’Eubée et les côtes de Boétie et d’Attique. Il n’a dans sa partie la plus resserrée que 65 mètres de large. On y avait jeté un pont, remplacé aujoud’hui par un palier tournant qui laisee passer les naviresOn appelait euripes les rivières artificielles qui traversaient les parcs et les jardins des Romains, et les canaux qui séparaient l’arène des gradins dans les cirques.
EURIPIDE : poète tragique. Il naquit à Salamine(le jour de la bataille du même nom) en 480 av. J.-C. et mourut en 406. Son père, Mnésarque, était cabaretier, et sa mère, Clito, marchande de légumes. Ayant étudié la peinture, la rhétorique sous la direction de Prodicos de Céos et la philosophie sous Anaxagore, il devint l’ami intime de Socrate. En 455, il débuta dans la carrière dramatique et composa soixante-quinze tragédies, remportant cinq prix. Il nous reste de lui dix-huit tragédies et un drame satyrique. Il fut vivement critiqué par Aristophane. Il devînt cependant rapidement assez populaire. Plutarque, dans sa Vie de Nicias, raconte qu'en 413, après le désastre naval de Syracuse, les prisonniers athéniens pouvant réciter des tirades d'Euripide sont relâchés. Après Oreste, produit en 408, Euripide décide de se retirer en Macédoine, à la cour d'Archélaos. En chemin, il s'arrête quelque temps en Magnésie où on l'honore d'une proxénie. Parvenu à la cour d'Archélaos, il écrit deux pièces, Les Bacchantes et Archélaos. Euripide voulut aller plus loin qu’Eschyle et Sophocle en laissant les dieux dans l’Olympe et en remplaçant le pouvoir mystérieux du destin par le libre jeu des passions humaines. Les Athéniens lui dédièrent en 330 une statue de bronze dans le théâtre de Dyonisos.
Les pièces les plus célébrées de son vivant furent Médée (431 avant JC), Hippolyte (428), Les Troyennes (415), Hélène (412) et Oreste (408). Des thèmes nouveaux, une forme nouvelle avec des actions plus complexes, une liberté dans le traitement des sujets mythiques, une inventivité musicale révolutionnaire caractérisent l'œuvre d'Euripide. Une œuvre nourrie d'un profond pessimisme, habitée par des personnages emportés par une passion unique et qui ne peuvent opposer leur grandeur au destin qui les accable. Euripide n'est pas un poète héroïque mais celui d'une humanité douloureuse, qui analyse lucidement les limites qui lui sont imposées, et transforme ces limites en motifs d'action.
Résumé d'Alceste: Admète est destiné à mourir prochainement. Comme il est encore jeune, il obtient de son protecteur Apollon la permission de se faire remplacer : c'est une autre âme que la sienne qui ira aux Enfers. Alceste se propose donc et Admète réalise trop tard l'ampleur du sacrifice de son épouse. Héraclès survient et demande l'hospitalité. Admète la lui accorde et lui cache le drame qui vient d'avoir lieu. Mais le fils de Zeus apprend bientôt le deuil et, sans rien dire à Admète, va chercher Alceste aux Enfers. Quand Héraclès réapparaît, accompagné d'une femme voilée, il déclare à Admète qu'il vient de gagner cette dernière à un concours d'athlétisme. Héraclès finit par rendre à son ami Alceste qu'il a miraculeusement ressuscitée en la ramenant des Enfers.
Les Suppliantes: Si la pièce n’a pu être datée plus précisément qu’entre 424 et 4164, certains critiques n’hésitent pas à la rattacher directement à la campagne de Delium, en novembre 424, où Athènes subit une lourde défaite contre les Béotiens, et ne peut récupérer les corps de ses morts, car l’armée avait profané un temple, en l’utilisant comme fortification5. Les Suppliantes racontent comment Adraste et les mères argiennes viennent supplier Thésée, le roi d’Athènes, d’intervenir en leur faveur, pour récupérer les corps des sept chefs morts devant Thèbes, lors de l’expédition de Polynice, et que les Thébains refusent de rendre. Le fait qu’Euripide ait choisi de dramatiser un mythe dans lequel les Thébains s'opposent à la restitution des corps de leurs ennemis argiens, pose d’intéressantes perspectives sur la relation entre l’histoire et la tragédie dans la société athénienne. D’autant que les Suppliantes sont l'une des rares tragédies où Euripide présente la cité athénienne dans sa réalité institutionnelle, ce qui justifie sans doute le qualificatif de pièce politique. Mais, même si elle est politique, la tragédie ne redit pas l’histoire politique récente, et l’Athènes dramatique n’est pas la cité de 424.
Extrait: Aethra. - Ces femmes, mon enfant, sont les mères de ceux qui sont tombés autour des portes de Cadmée, des Sept chefs; avec leurs rameaux de suppliantes, tu le vois, elles font un cercle et m’emprisonnent. Thésée.- Et qui est celui qui gémit tristement à nos portes ? Aethra.- Adraste, disent-elles, prince des Argiens. Thésée.- Ces enfants autour de lui, sont-ils les fils de cet homme ? Aethra.- Non, mais ce sont les jeunes enfants de ceux qui ont péri là-bas. Thésée. - Pourquoi sont-ils venus chez nous avec des gestes de suppliants ? Aethra. - Je le sais, mais voici, à présent, mon enfant, ce qu’ils ont à dire.
Les Bacchantes: Dionysos retourne à Thèbes, où il est né, sous les traits d'un mortel, se faisant passer pour un étranger venu de Lydie. Il cherche à se venger du roi Penthée, qui refuse de le reconnaître et de l'honorer comme un dieu. Rapidement, il entraîne les femmes de la cité à sa suite et les emmène dans la forêt, où elles se livrent au culte orgiaque de Dionysos. Parmi elles se trouve Agavé, la mère du roi Penthée. Penthée, lors de son retour à Thèbes, décide d'y mettre bon ordre. Il fait emprisonner l'étranger et les femmes qui l'accompagnent. Les bacchantes sont alors poussées à la folie furieuse par le dieu, elles détruisent et tuent tout ce qui se trouve sur leur passage. L'étranger propose alors à Penthée d'aller se cacher sur le mont Cithéron pour constater de lui-même la colère du dieu. Celui-ci accepte, mais il est découvert par les Bacchantes qui le réduisent en pièces sur l'ordre de Dionysos, Agavé à leur tête. Ce n'est qu'après avoir ramené en triomphe la tête de Penthée au palais qu'elle s'aperçoit avec horreur qu'elle a tué son propre fils.

Euripide et les titres gravés de ses pièces

 Les Troyennes d'Euripide Le Jugement de Pâris (1625) - Rubens
EURIPUS : canal artificiel servant de décoration à une villa romaine ou permettant d’offrir des spectacles aquatiques. Ce nom fut donné au canal que Jules César avait fait construire au cirque Maximus pour protéger les spectateurs des bêtes féroces. Néronle fit combler.
 Au centre, euripus creusé dans le jardin d'une villa à Pompéi
EUROPE : fille de Phénix et de Périmède, ou d’Agénor et de Téléphassa ou d’Argiope. Zeus l’aimait et prit la forme d’un taureau pour se mêler aux troupeaux de Phœnix afin de la séduire et de l’enlever. Europe, frappée de la douceur et de la beauté de l’animal, ne craignit pas de se confier à lui. Elle grimpa sur son dos. Aussitôt, le taureau se précipita dans les ondes de la mer proche et l’emporta en Crète. Dans cette île, elle accoucha de Minos, Rhadamanthe et Sarpédon.

 L'enlèvement d'Europe par Véronèse
EUROTAS : roi de Laconie, fils de Mylès, ou de leélex et de la naïade Éléocharie. Il fit faire d’immenses travaux pour assécher les marais de Laconie.
EUROS : l’un des douze vents primordiaux. Vent d’est. Sur la tour des vents à Athènes, il était représenté couvert d’un large manteau.
EURYADÈS : l’un des prétendants de Pénélope. Télémaque le tua.
EURYALE : l’une des Gorgones. Selon certaines sources, mère d’Orion qu’elle eut de Poséidon.

EURYALE: héro classé parmi les Agonautes et les Epigones.
EURYALE: l'un des fils géant d'Ouranos et de Gaïa. Il fut tué lors de la Gigantomachie.
EURYALE et NISUS: compagnons d'Énée décrits dans l'Énéide de Virgile. Ils périrent dans le Latium.
Résumé: Turnus et ses hommes mirent un soir le siège devant le camp des Troyens. Ces derniers étaient alors un peu désemparés, Énée étant parti rechercher des alliés. Une fois la nuit tombée, Nisus et Euryale décidèrent de sortir du camp afin de prévenir Énée de la situation. Ils sortirent alors du campement en toute discrétion. Par la suite, ils durent traverser le camp des Rutules, qui étaient tous endormis. Ils en profitèrent pour en tuer silencieusement un grand nombre, puis s’enfuirent après qu’Euryale se fut emparé de certaines de leurs armes. Mais, peu de temps après, un groupe de cavaliers ennemis aperçurent Euryale, à cause de son casque qui se reflétait au clair de lune. Nisus parvint à s’enfuir, mais Euryale ne le put, encombré par son butin. Ce dernier fut alors encerclé par ses ennemis. Nisus, s’apercevant que son ami ne l’avait pas suivi, rebroussa chemin, et tua deux Latins en lançant ses javelots. Le chef des cavaliers, Volcens, croyant qu’Euryale était responsable de la mort de ses hommes, menaça de tuer le Troyen. C’est alors que Nisus sortit de l’obscurité, affirmant qu’il avait lui-même tué les deux Latins. Malgré cela, Volcens tua Euryale d’un coup d’épée, puis Nisus vengea son ami en tuant Volcens, et enfin mourut à son tour.

 Euryale et Nisus
EURYALE: Forteresse de Syracuse. Elle considérée comme la plus complexe des réalisations grecque dans ce domaine. Elle se dressait sur la colline d'Epipoles.
EURYALOS : fils de Mécistée. Il était l’un des Épigones qui s’emparèrent de Thèbes. Il se rendit avec Diomède au siège de Troie où il tua les Troyens Opheltios, Drésos, Æsépos, Pédasos.
Extrait de l'Odyssée par Homère: beaucoup de robustes jeunes hommes se levèrent, Akronéôs, Okyalos, Élatreus, Nauteus, Prymneus, Ankhialos, Érethmeus, Ponteus, Prôteus, Thoôn, Anabèsinéôs, Amphialos, fils de Polinéos Tektonide, et Euryalos semblable au tueur d'hommes Arès, et Naubolidès qui l'emportait par la force et la beauté sur tous les Phaiakiens, après l'irréprochable Laodamas. Et les trois fils de l'irréprochable Alkinoos se levèrent aussi, Laodamas, Halios et le divin Klytonèos. Et ils combattirent d'abord à la course, et ils s'élancèrent des barrières, et, tous ensemble, ils volaient rapidement, soulevant la poussière de la plaine. Mais celui qui les devançait [?111?] de plus loin était l'irréprochable Klytonèos. Autant les mules qui achèvent un sillon ont franchi d'espace, autant il les précédait, les laissant en arrière, quand il revint devant le peuple. Et d'autres engagèrent le combat de la lutte, et dans ce combat Euryalos l'emporta sur les plus vigoureux. Et Amphialos fut vainqueur en sautant le mieux, et Élatreus fut le plus fort au disque, et Laodamas, l'illustre fils d'Alkinoos, au combat des poings. Mais, après qu'ils eurent charmé leur âme par ces combats, Laodamas, fils d'Alkinoos, parla ainsi : – Allons, amis, demandons à notre hôte s'il sait aussi combattre. Certes, il ne semble point sans courage. Il a des cuisses et des bras et un cou très vigoureux, et il est encore jeune, bien qu'il ait été affaibli par beaucoup de malheurs ; car je pense qu'il n'est rien de pire que la mer pour épuiser un homme, quelque vigoureux qu'il soit. Et Euryalos lui répondit : – Laodamas, tu as bien parlé. Maintenant, va, provoque-le, et rapporte-lui nos paroles.
Dispute le prix du pugilat avec Épeios par Roberto GIMENO. Les Argonautes: Seul parmi les Argiens Euryalos se lève, homme pareil aux dieus, fils du roi Mécistée issu de Talaos, qui vint jadis à Thèbes afin d'y prendre part aux jeux institués pour Zedipe abattu, et qui lors triompha de tous les Cadméens. Le Tydéide autour d'Euryalos s'empresse ; il souhaite ardemment sa victoire et lui dit des mots encourageants. Il lui lance d'abord sa ceinture d'athlète ; ensuite il lui remet les lanières taillées au cuir d'un boeuf rustique. Ils passent leur ceinture et s'avancent tous deux au milieu de la lice. Face à face, levant leurs redoutables bras, mêlant leurs lourdes mains, l'un sur l'autre ils se ruent. A grand bruit l'on entend leurs mâchoires craquer. De leurs membres partout ruisselle la sueur. Le divin Épéios soudain s'élance et frappe à la joue Euryalos, qui jette autour de lui des regards éperdus et ne peut plus tenir : ses membres éclatants se dérobent sous lui. Comme, sous le frisson de Borée, un poisson, qui sursaute au milieu des algues du rivage, est soudain recouvert par une vague noire : de même, sous le coup, Euryalos sursaute. Le héros magnanime Épéios dans ses bras le prend et le redresse. Ses braves compagnons l'entourent et l'emmènent à travers l'assemblée. Ses pieds traînent à terre, il crache un sang épais et sa tête vacille. Ils l'emmènent, le font asseoir au milieu d'eux ; il est sans connaissance. Ils s'éloignent bientôt en emportant la coupe. Il., XXIII, 653-599.
EURYALOS : héros phéacien qui défia Ulysse à la lutte et l’offensa. Il se réconcilia avec lui et lui fit présent d’une épée.
EURYALOS : fils d’Ulysse et d’Évippé. Télémaque le tua.
EURYALOS ou EURYALUS: antique forteresse de Syracuse en Sicile.
Extrait du Récit d'un voyage autour du monde par Elisée Reclus(1865): Cet ouvrage de défense, dont la construction fut peut-être dirigée par le grand Archimède se compose de deux hautes murailles séparées l'une et l'autre par un fossé de huit mètres de profondeur et percées de chemins couverts où se cachaient les hommes d'armes pour s'élancer sur les assiégeants. La deuxième muraille, qui est la plus élevée, est surmontée de quatre pyramides entre lesquelles étaient placées des machines de guerre.

placées des machines balistiques,
placées des machines balistiques,
les hommes d'armes pour s'élancer sur les assiégeants.
deur et percées de chemins couverts où se cachaient
l'une de l'autre par un fossé de huit mètres de profon
deur
l'une de l'autre par un fossé de huit mètres de profon
deur et percées de chemins couverts où se cachaient
les hommes d'armes pour s'élancer sur les assiégeants.
La deuxième muraille, qui est la plus élevée, est sur-
montée de quatre pyramides entre lesquelles étaient
placées des machines balistiques, de même que des
canons sont placés dans les embrasures des rem-
parts modernes. De ces pyramides de pierre blanche,
où le lézard se chauffe au soleil et qui furtnt autre-
fois rougies du sang de tant de vaillants hommes
construction fut peut-être dirigée par le grand Archi-
mède, se compose de deux hautes murailles séparées
construction fut peut-être dirigée par le grand Archi-
mède, se compose de deux hautes murailles séparées
construction fut peut-être dirigée par le grand Archi-
mède, se compose de deux hautes murailles séparées
construction fut peut-être dirigée par le grand Archi-
mède, se compose de deux hautes murailles séparées |
l'une de l'autre par un fossé de huit mètres de profon
deur et percées de chemins couverts où se cachaient
les hommes d'armes pour s'élancer sur les assiégeants.
La deuxième muraille, qui est la plus élevée, est sur-
montée de quatre pyramides entre lesquelles étaient
placées des machines balistiques, de même que des
canons sont placés dans les embrasures des rem-
parts modernes. De ces pyramides de pierre blanche,
où le lézard se chauffe au soleil et qui furtnt autre-
fois rougies du sang de tant de vaillants hommes,
construction fut peut-être dirigée par le grand Archi-
mède, se compose de deux hautes murailles séparées |
l'une de l'autre par un fossé de huit mètres de profon
deur et percées de chemins couverts où se cachaient
les hommes d'armes pour s'élancer sur les assiégeants.
La deuxième muraille, qui est la plus élevée, est sur-
montée de quatre pyramides entre lesquelles étaient
placées des machines balistiques, de même que des
canons sont placés dans les embrasures des rem-
parts modernes. De ces pyramides de pierre blanche,
où le lézard se chauffe au soleil et qui furtnt autre-
fois rougies du sang de tant de vaillants hommes,
EURYBATÈS : fils de Téléon. Il prit part à l’expédition des Argonautes. Guérisseur habile, il pansa avec succès la blessure qu’Oïlée avait reçu d’un oiseau Stymphalide.
EURYBATÈS : héraut d’Ulysse qui suivit son maître au siège de Troie. Avec Talthybios, il eut pour mission d’enlever Briséis à Achille.
 Eurybatès et Talthybios mènent Briséis à Agamemnon (villa Valmarana) par Tiepolo
EURYBIE : fille de Pontos et de Gaïa. Femme du Titan Crios. Ses enfants furent Astræos, Pallas et Persès.
EURYBIADE : général spartiate qui commanda la flotte grecque à Salamine en 480 av. J.-C. Dans le souci de protéger le Péloponnèse, il voulait abandonner l’Attique et mener la flotte à Corinthe. Thémistocle fut de l’avis contraire et le persuada de livrer bataille.
Extrait de la bataille de Salamine selon Hérodote: Alors, quand Thémistocle revint sur son navire, un Athénien, Mnésiphile, lui demanda ce qu'on avait décidé. Informé par lui qu'on avait résolu de ramener les navires à l'Isthme et de combattre devant le Péloponnèse, il lui dit : « Certes, si les Grecs retirent leurs vaisseaux de Salamine, tu n'auras plus à lutter sur mer pour quelque patrie que ce soit : ils s'en iront tous dans leurs cités et Eurybiade ne pourra pas les arrêter, ni personne au monde, pour empêcher l'émiettement total de l'expédition ; ce sera la perte de la Grèce, faute d'avoir su bien décider. Cependant, si l'on y peut encore quelque chose, va donc essayer de les faire revenir sur leur décision, va voir si par hasard tu ne pourrais pas convaincre Eurybiade de changer d'avis et de ne pas bouger d'ici ».
Thémistocle trouva le conseil excellent et, sans lui répondre, se dirigea vers le vaisseau d'Eurybiade ; là, il déclara qu'il désirait discuter avec lui d'une question d'intérêt général. Eurybiade le pria de venir à son bord lui parler, s'il avait quelque chose à lui dire. Alors Thémistocle vint s'asseoir près de lui et lui présenta comme la sienne l'opinion que Mnésiphile lui avait exposée, non sans la renforcer par bien d'autres arguments, jusqu'à ce qu'il l'eût amené par ses instances à quitter son navire et appeler tous les chefs au Conseil.
Sitôt les chefs réunis, Thémistocle, sans attendre qu'Eurybiade leur eût indiqué le motif de leur convocation, se lança dans un long discours, en homme impatient de leur faire adopter son avis. Mais le chef corinthien, Adimante fils d'Ocytos, interrompit son exposé : « Thémistocle », dit-il, « aux Grands Jeux, qui part avant son tour reçoit des coups ». — « Certes », répondit l'autre pour s'excuser, « mais qui traîne derrière les autres ne remporte pas la couronne. »
EURYCAPYS : fils d’Héraclès et de la thespiade Clytippe.
EURYCLÉE : fille d’Athamas et de Thémisto. Épouse de Mélas. Mère d’Hypérès.
EURYCLÉE : fille d’Ops. Esclave favorite de Laërte. Elle fut la nourrice d’Ulysse et la première qui reconnut son maître à son retour du siège de Troie. Ulysse se présenta dans son palais sous le déguisement d'un vieux mendiant. Son chien Argus mourut de joie en reconnaissant son maître. Il fut aussi reconnu par sa nourrice Euryclée. Car, agenouillée pour lui laver les pieds, ce qui était un signe d'hospitalité, elle découvrit sur le genou du mendiant la blessure qu'Ulysse s'était fait autrefois à la chasse au sanglier. Pour qu'elle ne cria pas son nom, il lui mit violemment la main sur la bouche : il tenait à rentrer discrètement dans Ithaque pour régler ses comptes.

Euryclée lave les pieds d'Ulysse
EURYDAMAS : Argonaute. Fils d’Iros et de Démonassa.
EURYDAMAS : Troyen. Interprète des songes.
EURYDICE : célèbre amante d’Orphée. Elle fut mordue par un serpent en fuyant les assiduités d’Aristée. Après sa mort, Orphée essaya vainement de la ramener des Enfers.
 Eurydice et Orphée par Jean-Baptiste-Camille Corot Eurydice et Orphée par Michel Martin Drolling
 L'ombre d'Eurydice échappant à Orphée.
Christian Gottlieb Kratzenstein-Stub, 1783-1816
EURYDICE : femme d’Amyntas IV, roi de Macédoine, et mère de Philippe II. Après la mort de son mari, elle fit périr son fils aîné Alexandre vers 370 av. J.-C. , en accord avec son gendre Ptolémée. Elle obtint le secours de l’Athénien Iphicrate et mit sur le trône son second fils, Perdiccas, sous la tutelle de Ptolémée.
EURYDICE : fille d’Antipater, elle épousa Ptolémée Ier Soter en 322 av. J.-C., mais fut évincée par sa dame de compagnie, Bérénice, la maîtresse du roi. Elle donna un fils à Soter, Ptolémée Kéraunos, qui ne monta pas sur le trône d’Égypte, et une fille, Ptolémaïs, qui se maria avec Démétrios Poliorcète à Milet.
EURYGANIE : fille de Périphas ou Hyperphas. Selon certaines sources, femme d’Œdipe.
EURYLOQUE : époux de Ctimène, sœur d’Ulysse. Il suivit ce dernier au siège de Troie. Lors du retour, il aborda avec son roi l’île de Circé et fut le seul qui ne fut pas métamorphosé en pourceau car il avait refusé de goûter les breuvages de la magicienne. L’équipage manquant de vivres, Euryloque fit égorger des taureaux d’Apollon sur l'ïle du Soleil(La Sicile). Zeus irrité foudroya le vaisseau. Seul Ulysse put réchapper du naufrage.
Extrait du livre X d'Homère. Éole, Lestrygons, Circé: Alors je divise en deux parties mes guerriers aux belles cnémides, et je donne un chef à chacune d'elles. Moi, je commande la première troupe, et le divin Euryloque marche à la tête de la seconde. J'agite aussitôt les sorts dans un casque afin de savoir quelle troupe irait à la découverte : le sort qui paraît le premier est celui du magnanime Euryloque. Ce héros s'éloigne suivi de vingt-deux Achéens qui nous quittent les yeux baignés de larmes, nous qui poussons de longs gémissements ! Ces guerriers découvrent, au sein d'un vallon, les palais de Circé bâtis en pierres polies et situés sur un tertre élevé. Autour de cette demeure étaient des loups sauvages et des lions que la déesse avait domptés en leur donnant de funestes breuvages. Ces animaux, loin de se précipiter sur mes compagnons, se dressent au contraire pour les caresser de leurs longues queues. Ainsi, des chiens fidèles flattent leur maître quand il revient d'un festin ; car il leur rapporte toujours quelques mets friands : de même ces lions et ces loups aux fortes griffes caressent mes guerriers qui sont cependant effrayés à la vue de ces monstres terribles. La troupe d'Euryloque s'arrête sous les portiques de la déesse à la belle chevelure, et écoute Circé, qui, dans l'intérieur du palais, chante d'une voix mélodieuse en tissant une toile immense et divine, une toile semblable aux magnifiques travaux délicats et éblouissants des divinités célestes. Polytès, l'un des chefs, et celui de tous mes compagnons que j'honorais le plus, parle en ces termes : « Ô mes amis, j'entends une femme, déesse ou mortelle, chanter avec délices dans l'intérieur de ce palais en tissant une grande toile (les parois en retentissent); hâtons-nous donc d'appeler cette femme. » Il dit, et tous mes compagnons élèvent la voix. Circé accourt aussitôt, ouvre ses portes brillantes, nous invite à la suivre, et tous mes guerriers entrent imprudemment dans le palais. Mais Euryloque, soupçonnant quelque embûche, reste seul sous les portiques. Circé les introduit, et les fait asseoir sur des trônes et sur des sièges ; puis elle môle du fromage, de la farine d'orge et du miel nouveau avec du vin de Pramne, et elle ajoute ensuite à cette préparation des plantes funestes afin que mes compagnons perdent entièrement le souvenir de leur patrie. Quand elle leur a donné ce breuvage, qu'ils boivent avec avidité, elle les frappe de sa baguette et les enferme dans l'étable ; car mes guerriers étaient alors semblables à des porcs par la tête, la voix, les poils et le corps, mais leur esprit conserva toujours la même force. Malgré leurs gémissements, ils sont enfermés dans une étable. Circé leur jette pour nourriture des glands, des faines et des fruits du cornouiller, seuls mets que mangent les porcs qui couchent sur la terre. Aussitôt Euryloque accourt vers le sombre navire nous annoncer le triste destin de nos malheureux compagnons. Il veut parler, mais il ne peut proférer une seule parole, tant son âme est émue par la douleur ; ses yeux sont noyés de larmes, et son cœur est plongé dans la tristesse. Après l'avoir interrogé plusieurs fois, Euryloque nous raconte enfin le malheur de nos compagnons : « Nous traversions la forêt, dit-il, comme tu nous l'avais ordonné ; bientôt nous découvrons, au sein d'un vallon, de beaux palais bâtis en pierres polies et situés sur un tertre élevé. Une femme, déesse ou mortelle, chantait d'une voix mélodieuse en tissant une grande toile ; mes compagnons l'appellent à haute voix : elle accourt aussitôt, ouvre ses portes brillantes, et nous invite à la suivre. Tous les Achéens entrent imprudemment dans cette demeure ; mais moi, soupçonnant quelque ruse, je reste sous les portiques. Maintenant tous mes compagnons ont disparu ; aucun d'eux n'est sorti du palais, et pourtant je suis resté longtemps à les attendre l'œil fixé sur la demeure. »
 ULYSSE, ENTRE PÉRIMÈDE ET EURYLOQUE, INVOQUE L'OMBRE DE TIRÉSIAS.
EURYMAQUE : un de ceux qui sollicitèrent la main d’Hippodamie. Œnomaüs le tua.
EURYMAQUE : roi des Phlégyens. Il s’empara de Thèbes après la mort d’Amphion et de Zéthos et détruisit l’enceinte de la ville.
EURYMAQUE: chef des prétendants à la main de Pénélope. Ulysse le tua.
Extrait de l'Odyssée d'Homère: L'ingénieux Ulysse le regarde avec indignation et lui dit : « Eurymaque, quand tu m'apporterais tout l'héritage que tu tiens de tes pères, quand tu m'abandonnerais ta propre fortune et que tu me donnerais encore bien d'autres richesses, je ne retiendrais pas mon bras : car je veux vous faire expier dans le sang tous vos excès et tous vos crimes ! A présent je vous laisse le choix, ou de combattre face à face avec moi, ou de fuir pour éviter la fatale destinée ; mais j'espère qu'aucun de vous n'échappera au trépas ! »
Ces mots portent l'effroi dans le cœur de tous les prétendants et font fléchir leurs genoux. Cependant Eurymaque, prenant une seconde fois la parole, dit à ses compagnons :
"O mes amis, jamais cet homme inflexible ne suspendra ses coups ! Maintenant qu'il a saisi l'arc étincelant et le carquois, il va, du seuil superbe où il est placé, nous accabler de flèches jusqu'à ce qu'il nous ait tous immolés. Eh bien ! ranimons notre courage, et ne songeons plus qu'à combattre. Tirons nos glaives et opposons ces tables à ses traits cruels ; puis fondons sur lui, chassons-le du seuil qu'il occupe et de cette porte qu'il a fermée ; parcourons les rues de la ville en poussant des cris d'alarme, et bientôt cet homme aura lancé ses flèches pour la dernière fois ! »
En disant ces derniers mots, il tire son glaive d'airain à deux tranchants, et fond sur Ulysse en poussant des cris effroyables. Au même instant le héros lui décoche une flèche rapide qui s'enfonce au milieu de sa poitrine et pénètre jusque dans le foie. Eurymaque, en lâchant son épée, chancelle, tombe tout sanglant près de la table, et, dans sa chute, il renverse les mets et les coupes : son front va frapper contre le sol, ses pieds heurtent le siège sur lequel il était assis, la vie l'abandonne, et les ténèbres de la mort couvrent ses yeux.
EURYMÈDE : femme de Glaucos, roi de Corinthe. Mère de Bellérophon.
EURYMÉDON : dont l’empire est très étendu. Un des Cabires, fils d’Héphaïstos et de Cabiro. Frère d’Alcyon.
EURYMÉDON : père de Péribée et roi des géants. Selon certaines sources, père de Prométhée. Il fut l’amant d’Héra avant qu’elle épousât Zeus. Sa fille fut aimée de Poséidon.
EURYMÉDON : fils de Ptolémée. Conducteur du char d’Agamemnon.
EURYMÉDON: fleuve de Pamphylie en Anatolie (actuelle Turquie), qui a donné son nom à la bataille de l'Eurymédon à la fin des Guerres médiques (vers 466 av. J.-C.) au cours de laquelle Cimon vainquit les Perses.
EURYMÉDON: chef militaire athénien qui participa à l'expédition de Sicile en 413 av. J.-C.
EURYMÉDUSE : esclave d’Alcinoüs, roi des Phéaciens, née en Épire. Elle fut la nourrice de Nausicaa.
Extrait de l'arrivée d'Ulysse chez Alcinoüs par Homère: Le divin et intrépide Ulysse suppliait ainsi la déesse Minerve. — Nausica arrive à la ville sur le chariot traîné par de fortes mules. Lorsque cette jeune fille est devant la superbe demeure de son père, elle s'arrête sous les portiques. Les frères de Nausica, semblables aux dieux, s'empressent autour d'elle ; les uns détellent les mules du chariot, les autres portent les riches vêtements dans l'intérieur du palais, et Nausica se dirige vers ses appartements. Une vieille femme d'Épire, la suivante Euryméduse, que naguère dix vaisseaux ballottés par les flots amenèrent en cette île, enflamme le bois dans le foyer : les Phéaciens choisirent Euryméduse pour l'offrir en présent au roi Alcinoüs que le peuple écoute comme un dieu ; ce fut elle qui jadis éleva dans le palais la belle Nausica. Maintenant Euryméduse Dispose le feu et prépare le repas.
EURYMÉDUSE : autre mère des Grâces.
EURYMÉNÈS : fils de Nélée et de Chloris. Héraclès le tua.
EURYNOMÉ : Océanide. Elle et Thétis accueillirent Héphaïstos au fond de la mer. Le dieu avait été chassé de l’Olympe par Héra. Elle s'unit ensuite avec Zeus avec qui elle eut les Trois Grâces(les Chantes). Selon Apollonios, elle partageait avec Ophion le pouvoir sur les géants ; mais tous deux furent vaincus et précipités dans le Tartare. Un temple lui était dédiée près de la ville de Phigalie. L'image de la déesse était fixée à l'autel par des chaînes d'or.

Eurynomé par Elsie Russell Eurynomé
EURYNOMÉ (autre version de la précédente) : surnom d’Artémis à Phigalie en Arcadie. On y adorait une déesse-poisson confondue avec Artémis. Son temple entouré de cyprès ne s’ouvrait qu’une fois par an.
EURYNOMOS : divinité des enfers selon une croyance répandue à Delphes. Il dévorait la chair des morts et n’en laissait que les os.
EURYNOMOS : un des centaures. Il fut tué par Dryas aux noces de Pirithoüs.
EURYPHAESSA : sœur et femme d’Hypérion. Mère d’Hélios, de Séléné et d’Éos.
EURYPYLE : roi de Cyrène. Il se rendit au siège de Troie avec quarante vaisseaux portant les guerriers d’Orménion, d’Astérion et de Titane. Il fut blessé par Pâris ; Patrocle le guérit. Après avoir repoussé une troupe de lions qui attaquaient son armée en Libye, il rejoignit les Argonautes.
Extrait de la République de Platon: Lorsque Eurypyle fut blessé à Troie, une femme lui apporta du vin de Pramnos saupoudré abondamment de farine et de fromage râpé; ce remède semble être tout à fait inflammatoire, mais les fils d'Asclépios ne la blâmèrent pas. - Vraiment, dit-il, voilà un remède bien étrange pour un homme dans cet état. - Non, si tu penses, dis-je, que les disciples d'Asclépios n'employèrent pas, dit on, avant l'époque d'Hérodicos, cette manière de " gérer " les maladies qui constitue la médecine d'aujourd'hui. Hérodicos était pédotribe, et quand il tomba malade, il associa la gymnastique et la médecine, et tourmenta ainsi d'abord surtout lui-même, puis beaucoup d'autres par la suite. - Comment cela ? dit-il. - Parce que, dis-je, il se ménagea une mort lente.
Extrait de l'Iliade d'Homère: Eurypyle renverse le fils du vaillant Dolopion, Hypsénore, prêtre du Scamandre, et que les peuples honoraient comme un dieu. Le noble fils d'Evémon, Eurypyle, s'élance, le glaive à la main, sur ce guerrier, qui fuit devant lui, l'arrête au milieu de sa course, le frappe à l'épaule et lui coupe un bras plein de vigueur, qui tombe ensanglanté dans la plaine : la sombre mort et le destin cruel ferment les yeux du héros troyen.
EURYPYLE: Chef de guerre, fils de Télèphe et d’Astyoché. Le fils d'Achille, Pyrrhus, reçut les deux héros(Ulysse et Diomède) qui venaient le chercher, et partit sans tenir compte des larmes de sa mère Déidamie. A son arrivée sur le rivage de Troie, il se signala en tuant Eurypyle (qui venait d'abattre Machaon), prince mysien allié de Priam, qui s'était beaucoup fait redouter des Grecs.
EURYPYLE : fils de Poséidon et d’Astypalée. Roi de l’île de Cos. Héraclès le tua.
EURYPYLE : fils de Dexamène. Il marcha avec Héraclès contre Troie et reçut, lors du sac de la ville, le coffre contenant la statue de Dionysos qui le rendit fou.
Extrait du Tour de la Grèce par Pausanias: Voici maintenant comme on raconte que cessa cette barbare coutume de sacrifier des hommes à Diane Triclaria. Les habitants d'Aroé en consultant l'oracle d'Apollon, avaient appris qu'un prince étranger leur apporterait un jour une divinité étrangère, et qu'aussitôt on cesserait de répandre le sang humain à l'autel de Diane. Après la prise de Troie, dans le partage qui fut fait du butin, il échut à Eurypyle fils d'Évaimon un coffre où l'on avait renfermé une statue de Bacchus, faite à ce que l'on croyait par Vulcain, et dont Jupiter avait fait présent à Dardanos. (7) Les uns disent qu'Énée prit la fuite si précipitamment qu'il laissa ce coffre, et d'autres assurent que Cassandre le cacha exprès, sachant bien que quelque Grec l'emporterait et qu'il s'en trouverait mal. En effet Eurypyle ne l'eut pas plutôt ouvert qu'à la vue du simulacre de Bacchus, son esprit s'aliéna de sorte que la raison ne lui revenait que par intervalles. Dans cet état, au lieu de faire voile en Thessalie, il prit la route de Kirrha par le golfe de ce nom, et alla droit à Delphes pour savoir de l'oracle par quel moyen il pourrait guérir d'une maladie si fâcheuse. (8) La réponse fut qu'à l'endroit où il trouverait des hommes occupés d'un sacrifice qui lui paraîtrait étrange, il eût à déposer le coffre fatal qu'il avait enlevé, et à y fixer sa demeure. Les vents ayant porté sa flotte jusques dans la rade d'Aroé, il y débarqua, et en mettant pied à terre il vit un jeune homme et une jeune fille que l'on conduisait à l'autel de Diane. Le seul appareil lui fit juger que c'étaient deux victimes que l'on allait immoler. Les habitants de leur côté voyant un prince qu'ils n'avaient jamais vu se souvinrent de la prédiction qui leur avait été faite, et lorsqu'ils aperçurent un grand coffre, ils jugèrent qu'il pouvait bien renfermer cette divinité étrangère qui devait mettre fini leurs maux; c'était en effet l'accomplissement de l'oracle. (9) Eurypyle recouvra son bon sens, on cessa d'égorger des hommes à l'autel de la déesse, et le fleuve changeant de nom suivant l'événement s'appela Meilichos, et non plus Ameilichos. Quelques auteurs attribuent cette aventure non à Eurypyle le Thessalien, mais à un autre Eurypyle fils de Dexaménos, qui fut roi d'Olénos, et qui ayant accompagné Hercule dans son expédition de Troie reçut de lui ce coffre pour présent; pour le reste ils adoptent l'histoire avec toutes ces circonstances. (10) Pour moi, j'ai peine à croire qu'Hercule pût ignorer ce qu'il y avait dans ce coffre, et qu'en ayant connaissance il eût fait un si funeste présent à un prince à qui il avait obligation. Quoi qu'il en soit, ceux de Patras ne connaissent point d'autre Eurypyle que le fils d'Évaimon, et ils l'honorent encore tous les ans sur son tombeau immédiatement après la fête de Bacchus.

Eurypyle (1860), œuvre d'Henri Iselin (1858-1905).
EURYSACÈS : au large bouclier. Fils d’Ajax et de Tecmesse(prise lors d'une bataille contre les Phrygiens). Il reçut le bouclier de son père à la mort de celui-ci. Lui et son frère Philæos cédèrent aux Athéniens l’île de Salamine et reçurent en retour le droit de cité. Eurysacès s’établit à Brauron. Silius Italicus nous apprend qu'Eurysacès aborda l'Ibérie après une tempête et conquit la région de Carthagène.
EURYSACÈS MARCUS VERGILIUS(TOMBEAU): Le tombeau d'Eurysacès est un monument funéraire érigé à proximité immédiate et à l'extérieur de la porte Majeure, à Rome, en l'honneur du boulanger Eurysacès ou Eurysace et de son épouse Atistia, vers -30. C'est un édifice de forme trapézoïdale, constitué de travertin, avec des éléments décoratifs évoquant des mesures à grain ou des récipients pour la fabrication du pain sur les trois côtés subsistants, avec l'inscription répétée : « Est hoc monimentum Marcei Vergilei Eurysacis pistoris, redemptoris, apparet[oris] » (Ce tombeau est celui de Marcus Virgilius Eurisaces, boulanger, entrepreneur et "appariteur").

La Porte Majeure et le tombeau du boulanger Eurysacès à Rome.
EURYSTERNOS : qui a la poitrine large. Surnom sous lequel la Terre avait sur les bords du Crathis, en Achaïe, un temple appelé Gæos.
Extrait du tour de la Grèce par Pausanias: Sur les bords du Crathis d'Achaïe était autrefois la ville d'Aigai, que ses habitants ont dans la suite été obligés d'abandonner, à cause, dit-on, de la faiblesse et de la misère où elle était réduite. Homère fait mention de cette ville dans le discours que Junon tient à Neptune. En effet Neptune était particulièrement honoré dans ces deux villes. En nous éloignant un peu du fleuve et en prenant à droite vous trouverez un tombeau sur lequel est une figure équestre à demi effacée. Il n'y a que trente stades de là à Gaios, un sanctuaire de la Terre surnommée Eurysternos; sa statue est de bois et des plus anciennes. On nomme pour sa prêtresse une femme qui dès ce moment est obligée de garder toujours la chasteté; encore faut-il qu'auparavant elle n'ait été mariée qu'une fois, et pour être assuré de la vérité on lui fait subir une épreuve, qui est de boire du sang de taureau; si elle est coupable de parjure, ce sang devient pour elle un poison mortel. Lorsque plusieurs femmes demandent ce sacerdoce, alors c'est le sort qui en décide.
EURYSTHÉE : fils de Sthénélos et de Nicippe. Roi de Tirynthe, de Mycènes et de Midée en Argolide, il est célèbre par les douze travaux qu’il imposa à Héraclès. Il tenait d’Héra son pouvoir sur le héros. Après la mort d'Héraclès, Eurysthée persécuta ses descendants et les contraignit à quitter Mycènes. Puis, quelque temps après, il marcha sur Athènes qui était l'alliée des Héraclides mais il fut tué au cours d'une bataille par Iolaos, le neveu d'Héraclès.
 Héraclès amenant Cerbère à Eurysthée dans son chaudron. Hydrie (vers 525 avant J.-C.)
EURYTHÈNE(EURYSTHÈNE) et PROCLÈS : fils jumeaux d’Aristodème, un des trois Héraclides ou chefs doriens qui envahirent le Péloponnèse vers 1190 av. J.-C. Ils furent les fondateurs des deux familles royales de Sparte, les Eurysthénides ou Agides et les Proclides ou Eurypontides.
Extrait de la Géographie de Strabon: Dans ces derniers temps Euryclès a bien provoqué encore quelques troubles en Laconie, pour avoir paru se prévaloir outre mesure de l'amitié de César dans l'exercice de sa présidence ou épistasie. Mais cette nouvelle forme de tyrannie fut de courte durée, Euryclès étant venu à mourir, et son fils ayant su se préserver sagement de toute semblable ambition. D'autre part, on vit la république des Eleuthéro-Lacones se constituer alors [avec l'appui des Romains, reconnaissants de ce que] les Périèques et surtout les Hilotes, à une époque où Sparte était encore opprimée par ses tyrans, s'étaient résolûrnent déclarés pour eux. Contrairement à l'opinion reçue, Hellanicus présente Eurysthène et Proclès comme les véritables auteurs de la constitution politique de Lacédémone. Mais Ephore à ce sujet l'accuse de mauvaise foi : à en croire cet auteur, Hellanicus a évité exprès en toute occasion de nommer Lycurgue, pour pouvoir ainsi plus aisément faire honneur de ses travaux aux deux Héraclides, et pourtant c'est à Lycurgue, à Lycurgue seul, que les Lacédémoniens ont bâti un temple et qu'ils adressent leur sacrifice annuel ; les deux Héraclides, au contraire, tout fondateurs qu'ils étaient, n'ont même pas obtenu de transmettre à leurs successeurs les noms d'Eurysthénides et de Proclides. Ce sont les noms d'Agides et [d'Eurynontides], rappelant, l'un, Agis, fils d'Eurysthène, l'autre, Eurypon, fils de Proclès, qui ont prévalu, et pourquoi ? parce que ces princes étaient considérés [comme ayant exercé une autorité] légitime, tandis que leurs pères, pour avoir appelé [les étrangers] dans le pays et n'avoir régné que par leur aide, avaient perdu leur droit au titre d'archégètes, qui autrement ne se refuse jamais aux fondateurs d'Etats.
Extrait de la Laconie de Pausanias: Les Héraclides étant revenus dans le Péloponnèse, sous le règne de Tisamène, fils d'Oreste, Argos et Messène échurent, l'une à Téménos, l'autre à Cresphontes ; quant à Lacédémone, comme Aristodème avait laissé deux fils jumeaux, il y eut deux familles régnantes, la Pythie l'ayant ainsi décidé. Aristodème était mort à Delphes avant la rentrée des Doriens, dans le Péloponnèse. Ceux qui veulent illustrer sa mémoire, disent qu'il fut tué à coups de flèches par Apollon, parce que se rendant à l'oracle de ce dieu, et ayant d'abord rencontré Héraclès, il s'en était rapporté à ce héros sur les moyens de ramener les Doriens dans le Péloponnèse ; mais la vérité est qu'Aristodème fut tué par les fils de Pylade et d'Electre, cousins germains de Tisamène, fils d'Oreste. Les fils d'Aristodème se nommaient Eurysthène et Proclès ; et quoique jumeaux, ils étaient toujours en différent. Cette animosité fut poussée très loin, ils n'en contribuèrent cependant pas moins d'un commun accord à l'envoi de la colonie, qui partit avec Théras, autre fois leur tuteur, fils d'Autésion, et frère d'Argie, leur mère, Théras conduisit cette colonie dans l'île nommée alors Callisté, espérant que les descendants de Membliaros lui céderaient de bonne volonté la souveraineté de cette île, ce qu'ils firent en effet, par la raison que Théras descendait de Cadmos, tandis qu'ils ne tenaient eux mêmes leur origine que de Membliaros, homme du peuple, jadis laissé pour chef par Cadmos à ces nouveaux insulaires. Théras substitua son propre nom à celui de Callisté que portait cette île, et les Théréens lui sacrifient encore maintenant comme à leur fondateur. Proclès et Eurysthène furent bien d'accord, tant qu'il ne s'agit que de témoigner de la bonne volonté à Théras ; mais pour tout le reste, ils furent, divisés d'opinions. Lors même qu'ils se seraient parfaitement accordés, je ne pourrais pas comprendre leurs descendants dans une même liste ; ils ne se trouvèrent pas en effet tellement contemporains, que le cousin régnât avec le cousin, et que leurs successeurs à une même époque, se trouvassent toujours au même degré de descendance. Je ne mêlerai donc pas l'histoire de ces deux maisons, mais je ferai celle de chacune en particulier.
EURYTHÉMIS : fille de Cléobée. Femme de Thestio. Mère d’Althée, de Léda et d’Hypermnestre.
EURYTION : gardien avec le chien Orthos des bœufs de Géryon. Héraclès le tua.

Héraclès tue Eurytion
EURYTION : centaure qui voulut enlever la fiancée de Pirithoüs, ce qui donna lieu au fameux combat entre les Centaures et les Lapithes. Héraclès le tua.

Héraclès, Déjanire et le centaure Eurytion par Hans Rottenhammer(1600)
EURYTOS : géant tué d’un coup de thyrse par Dionysos lors de la Gigantomachie.
EURYTOS : fils d’Hermès et d’Antianire. Frère d’Échion. Il prit part à l’expédition des Argonautes.
EURYTOS : fils de Mélanée et de Stratonice, roi d’Œchalie, en Thessalie. Époux d’Antioche dont il eut Iole, Iphitos, Molion, Clytios et Toreus, il était un habile archer, Il avait reçu un arc d'Apollon et se targuait d'être plus habile que le dieu . Il promit sa fille Iole à celui qui serait plus adroit que lui au tir à l’arc. Héraclès le battit, mais le roi lui refusa le prix de sa victoire lorsqu'il apprit qu'il avait répudié Mégara après avoir tué ses enfants. Eurytos chassa Héraclès du palais avec le soutien de ses fils, hormis Iphitos, fervent admirateur du héros. Quelque temps après, Iphitos soupçonna Héraclès d'avoir volé douze jeunes juments aux puissants sabots et douze vigoureuses mules pleines à son père Eurytos. En vérité, Héraclès avait légalement acheté les bêtes au voleur Autolycos qui avait changé leur apparence par magie. Offensé, Héraclès conduisit Iphitos en haut de la plus haute tour de Tirynthe. Il lui demanda s'il voyait dans la plaine les juments. Il dut reconnaître que non mais Héraclès que la colère avait envahi, atteint à nouveau de la même démence que lui avait jadis inspirée la déesse Héra, le précipita dans le vide et le tua. Voulant se venger de n'avoir pas obtenu la main de Iole, la fille d'Eurytos, qu'il avait gagné dans le concours de tir à l'arc, Héraclès mena une expédition contre le roi. Héraclès remporta la victoire et tua Eurytos ainsi que tous ses fils. Iole, qui tenta de s'enfuir en se précipitant du haut des remparts, fut soutenu dans l'air par le vent qui enfla sa robe, et redescendit sans se blesser. Elle devint la concubine du héros qui l'envoya à Trachis avec d'autres prisonniers.
EUSÈBE (PAMPHILE) : évêque de Césarée en Palestine, né vers 270, mort vers 338, assista au concile de Nicée, 325, où il anathématisa les Ariens, tout en faisant d’abord quelques réserves contre l’administration du mot conssubstantiel dans la confession de foi. Il se rendit cependant, mais saint Jérôme continua à suspecter son orthodoxie. Eusèbe était savant et éloquent. Il a composé : La Chronique, abrégé en deux parties de l’histoire des anciens peuples depuis Abraham jusqu’à l’année 328 zp. J.-C. Cet ouvrage, dont on connaissait déjà une traduction latine, a été découvert à Constantinople dans une traduction arménienne, et publié par Mai et Zohrab, Milan, 1818. L’histoire ecclésiastique, en 10 livres, depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu’à la mort de l’empereur Licinius, 324. Le texte grec de cet important ouvrage, revu par Henri de Valois, a été publié à Paris, 1659, in-folio . Il a été traduit en français par Cousin, 1675. La Topographie de la Terre Sainte, traduit en latin par saint Jérome, publiée dans le texte par Bonfrère, Paris, 1659, in-folio. On a d’Eusèbe divers autres livres ou opuscules moins importants. Les différents ouvrages d’Eusèbe se trouvent réunis dans Patrologie de l’abbé Migne.
Extrait de la Démonstration Évangélique par Eusèbe de Césarée: II( Jésus) voulait qu'ils négligeassent les biens de ce monde, pour s'abandonner à la Providence qui règle tout sur la terre. Il Ies exhortait à s'élever au-dessus des préceptes que Moïse avait donnés aux Juifs. Si ce grand législateur défend de tuer, il s'adresse à un peuple entraîné au meurtre ; s'il les détourne de l'adultère, il parle à des hommes au cœur lascif et dissolu ; il leur recommande de ne pas voler, comme à des esclaves. Mais les disciples du nouveau législateur doivent penser que ces lois ne les concernent pas ; ils estimeront par-dessus tout la parfaite guérison de l'âme, et couperont avec constance au fond de leur cœur, comme à la racine même, les rejetons de la concupiscence. Ils commanderont à leur colère et à toute affection mauvaise, ou plutôt dans la parfaite tranquillité de la partie supérieure de leur âme, ils retiendront leur ardeur el ne regarderont pas une femme avec un mauvais désir; ils ne voleront pas ; au contraire, ils partageront leurs biens avec les indigents. Ils ne seront pas joyeux de ne pas faire injure, mais d'oublier celle qui les a outragés. Pourquoi énumérer ici tout ce que leur maître a enseigné, et ce qu'ils ont appris? Ce maître les exhorte entre autres vertus à aimer tellement la vérité, qu'ils n'aient jamais recours au serment , bien moins encore au parjure; à régler tellement toute leur conduite, qu'elle semble plus digne de foi qu'on serment, et à ne répondre jamais que oui ou non, et n'usant du langage que suivant la vérité.
Je demande maintenant s'il est présumable que les disciples d'une si belle doctrine, qui eux-mêmes l'ont enseignée, aient pu jamais inventer ce qu'ils ont attribué à leur maître.
Est-il raisonnable de supposer un si parfait accord d'imposture entre les douze disciples de choix et les soixante-et-dix autres que Jésus envoya deux à deux devant lui dans les lieux et les contrées qu'il devait parcourir? Pourquoi encore n'ajouter pas foi à cette multitude d'hommes qui ont embrassé cette religion austère, et abandonné leurs biens et ce qu'ils avaient de plus cher, leurs femmes, leurs enfants, leurs familles, pour pratiquer la pauvreté, et qui se sont réunis pour rendre d'une commune voix, en face de l'univers , le même témoignage sur leur maître ?

EUSÈBE de NICOMÉDIE : hérésiatique grec, mort en 342. Évêque de Béryte près de Nicomédie. Il prit la défense d’Arius au concile de Nicée. Relégué en Gaule par l’empereur Constantin Ier, il administra cependant le baptême à celui-ci mourant. Sous le règne de Constantin II, il prit la tête de l'épiscopat de Constantinople (338). Il éleva le futur empereur Julien, fils de sa nièce, Basilina.

1er concile de Nicée, 325, qui condamne Arius
EUTERPE : Muse de la poésie lyrique. Amante du fleuve Strymon dont elle eut Rhésos. Sur les bas-reliefs, on la reconnaît à sa double flûte et des trompettes. Le nom se rapporte à l'idée de joie sensuelle; on le rencontre sous la forme étrusque, Euturpa et Euturpe, sur quelques miroirs antiques, tantôt à titre de Muse, tantôt comme une personnification de la beauté sensuelle et des plaisirs de l'amour.


Les Muses Clio, Euterpe et Thalie
EUTHYCRATE : fils et élève du statuaire Lysippe. Il vécut vers 300 av. J.-C. Parmi ses œuvres, on citait les statues d’Héraclès et d’Alexandre.
Extrait du Dicours aux Grecs de Tatien: Cela m’a excité à vous montrer, d’après ce qui est estimé chez vous, que nous sommes sages, tandis que chez vous il y a beaucoup de folie. Vous qui dites que nous ne faisons que bavarder entre femmes, jeunes gens, vierges et vieillards, et qui nous raillez pour n’être pas avec vous, écoutez quelle frivolité règne chez les Grecs. Oui, la gloire que vous recherchez tant rend bien plus frivoles les pratiques usuelles dans vos mœurs; rien de plus inconvenant que votre gynécée. Lysippe a représenté en bronze Praxilla qui n’a rien écrit d’utile dans ses poèmes, Ménestrate Léarchis, Silanion Sapho la courtisane, Naucydès Erinna la Lesbienne, Boïscos Myrtis, Céphisodote Myro de Byzance, Gomphos Praxagoris, et Amphistrate Clito. Car que dire d’Anyté, de Télésilla et de Nossis ? L’une a été représentée par Euthycrate et Céphisodote, l’autre par Nicérate, l’autre par Aristodote, comme Mnésarchis l’Ephésienne par Euthycrate, Corinne par Silanion, Thaliarchis l’Argienne par Euthycrate. J’ai voulu vous citer ces femmes pour que vous ne vous imaginiez pas que nous faisons rien de nouveau et que, prenant pour comparaison les pratiques que vous pouvez trouver chez vous, vous n’aillez pas railler nos femmes philosophes. Sapho n’était qu’une fille débauchée, ivre d’amour, qui chantait sa propre luxure, tandis que toutes les nôtres sont sages ; nos vierges, leurs quenouilles en main, répètent les paroles divines; cela vaut mieux que les vers de cette femme. Ainsi rougissez de vous montrer les disciples de filles, quand vous raillez celles qui vivent selon notre discipline, avec l’assemblée dont elles font partie. Que vous a appris de respectable Glaukippè, qui mit au monde un enfant monstrueux, comme le montre son effigie de bronze, œuvre de Nicérate, fils d’Euctémon, Athénien? Si elle enfanta un éléphant, était-ce une raison de rendre des honneurs publics à Glaukippé ? Praxitèle et Hérodote vous ont représenté Phryné la courtisane, et Euthycrate a fait le bronze de Panteuchis, qui avait conçu des œuvres d’un séducteur. Bésantis, reine des Péoniens, avait mis au monde un enfant noir; Dinomène s’est appliqué à en conserver la mémoire par son art. Je condamne Pythagore pour avoir représenté Europe assise sur le taureau,et vous pour avoir honoré par son art cet accusateur de Zeus. Je me ris de la science de Micon, qui représenta une génisse, et sur elle une Niké, parce que Zeus ayant enlevé la fille d’Agénor a remporté le prix de l’adultère et de l’incontinence. Pourquoi Hérodote d’Olynthe a-t-il fait l’effigie de Glycère la courtisane et d’Argie la joueuse de cithare? Bryaxis a représenté Pasiphaé, dont vous commémorez la luxure comme si vous souhaitiez que les femmes d’aujourd’hui lui ressemblassent. Il y avait une certaine Mélanippe, pleine de sagesse c’est pourquoi Lysistrate en fit l’effigie; et vous ne voulez pas croire qu’il y a chez nous des femmes qui ont la sagesse en partage!
EUTHYDÈME : sophiste grec, contemporain de Socrate (Ve siècle av. J.-C.). Xénophon rapporte que, dans sa jeunesse, Euthydème, fier de son savoir, méprisait tout le monde, et que Socrate, engageant avec lui une conversation dans la boutique d’un sellier, le confondit et le réduisit à l’humilité.
EUTHYDÈME : roi de Bactriane, de 222 à 195 av. J.-C.Satrape de Sogdiane, il prit le pouvoir après avoir renversé Diodote II. Il étendit la puissance de son royaume jusqu'à l'est de la ville d'Alexandrie Eskhaté (Ousbékistan) . Antiochos le Grand (Megas)le battit sur l’Arios(rivière Han) et le força à rentrer dans sa capitale Lariapsa (212-208 av. J.-C.). Après avoir résisté pendant trois ans dans sa ville fortifiée de Bactres, Euthydème signa la paix avec Antiochos qui lui donna une de ses filles pour son fils. Au nord, Euthydème poussa son extension jusqu'au Kashgar(Turkestan chinois) puis vers le Nord-Ouest de la Chine, s'emparant de Urümqi dans le Xinjiang. Ce sont les premiers contacts entre la Chine et l'Occident. Ainsi les Grecs apprirent à fondre le cupronickel connu sous le nom de cuivre blanc que les Royaumes Combattants chinois utilisaient pour fabriquer leurs armes. Sur la fin de son règne, Euthydème mena des expéditions en Inde.

Tétradrachme d'Euthydème I
EUTHYME : le bienveillant. Héros de Locride. Fils d’Astyclès ou du fleuve Cæcinos. Célèbre par sa force athlétique et son adresse dans la lutte. Il délivra les Témesséens de la cruauté de Polytès auquel ils sacrifiaient annuellement une jeune vierge. Euthyme lutta contre Polytès dans son temple et le vainquit. Il disparut très vieux dans les flots de son père Cæcinos.
EUTHYME LE GRAND: né à Mélitène en Petite-Arméné en 377. Mort en 473. A l'âge de 28 ans, il quitta la prêtrise pour devenir moine dans la laure de Pharân en Palestine où il vécut en ermite avec saint Théocliste. Pour gagner sa vie, il fabriquait des paniers et s' efforçait de vaincre ses passions en veillant et jeûnant régulièrement . Il explorait le désert à la recherche de Dieu, se nourrissant de plantes sauvages et de racines. En 451, au concile de Chalcédoine, il défendit les théories sur la personne du Christ. De nombreux adpetes le rejoignirent dans sa laure(caverne transformée en église). Il n' exigeait pas de pénitences extravagantes, mais leur demandait la fidélité de résidence, le détachement des biens terrestres, la confiance envers la Providence, l' habitude des travaux manuels en dévoluant aux pauvres le superflu, l' interdiction des femmes dans l' enceinte de la laure, et surtout l' humilité et la charité. Il guérit le fils d' un Arabe bédouin païen du nom d' Aspebet qui demanda ensuite avec sa tribu le baptême. Celui-ci prit alors le nom de Pierre et répandit la nouvelle dans toute la Palestine. Certains membres de la tribu bédouine devinrent des disciples de Saint Euthyme et par la suite l' un d' eux devint le successeur de Saint Théoctiste. L' afflux de fidèles et de malades l'obligea à se retirer dans le désert de Ziphon où il créa des églises et convertit des sectataires qui niaient les sacrements et la hiérarchie ecclésiale, ne se fiant qu' à la prière personnelle. Lorsqu' un évêque arien devint pour quelque temps patriarche de Jérusalem, Saint Euthyme n' hésita pas à s' enfuir dans le désert de Ruba avec quelques moines. Il remit sur le droit chemin de l' orthodoxie l' impératrice Eudoxie, veuve de l' empereur byzantin Théodose II, qui demeurait en Palestine. Doutant de sa foi, elle avait envoyé des émissaires à Antioche auprès de Saint Siméon le Stylite qui lui rétorqua : " Pourquoi cherches-tu une eau lointaine, alors que tu as une source près de toi ? Suis les enseignements d' Euthyme et tu seras sauve. " Il mourut le 20 janvier 473 ayant prédit à son disciple Domitien, arménien comme lui, que la laure se transformerait en monastère cénobitique.

Icône grecque XVIIIème siècle: St Antoine, St Euthyme et St Sabas

Monastère cénobitique de Saint-Sabas fondé par un adepte d'Euthyme
EUTROPE : eunuque et ministre de l’empereur Arcadius. Il servit comme esclave chez plusieurs maîtres et devint eunuque du palais, 393. Sa dextérité d’esprit le fit remarquer de Théodose, et, à l’avènement d’Arcadius, il devint grand-chambellan. V. Arcadius, Jean Chrysostôme (saint). Il fut dévcapité en 399.
EUTROPE (FLAVIUS EUTROPIUS) : historien latin qui vécut au IVe siècle. Il participa à l'expédition de Julien (363) contre les Perses et écrivit sous le règne de Valens (avant 368). Gouverneur d'Asie sous Valens, il fut remplacé dans cette fonction par Sextus Rufus en 373 et il termina sa carrière comme préfet du prétoire sous le règne de l'empereur Théodose en 380. Il nous a laissé un Abrégé de l’histoire romaine (Breviarium historiae romanae) de la fondation de Rome jusqu’au règne de Jovien, en dix livres.
EUTYCHÈS : Archimandre(abbé), hérésiarque, fondateur de la secte des Eutychéens ou Eutychiens, 378-454. Il combattit d’abord Nestorius et reçut du pape saint Léon des éloges, 448. La même année, le patriarche d’Antioche, Domnus, Eusèbe de Dorylée et le patriarche Flavien de Constantinople accusèrent Eutychès de nier la coexistence en Jésis-Christ des deux natures, divine et humaine, essentiellement distinctes. Condamné par le concile de Constantinople, Eutychès en appela au pape, qui commença, à examiner le procès. L’hérésiarque obtint de l’empereur Théodose II la convocation d’un nouveau concile à Éphèse. Là, sûr de la majorité, soutenu par le président, Dioscore, évêque d’Alexandrie, il fit excommunier Eusèbe de Dorylée, son accusateur, et même le pape Saint Léon. Flavius, évêque de Constantinople, qui représentait le pape, fut chargé de coups dont il mourut, 449. Ce concile est connu sous le nom de brigandage de Éphèse. Deux ans après, le concile œcuménique de Chalcédoine réhabilita Flavien et condamna Eutychès et ses adhérents, 451. Une commission de 22 évêques fut chargée de rédiger une définition qui fût l’expression fidèle de la vraie foi. Mais l’hérésie d’Eutychès, qui plaisait à la subtilité orientale, ne disparut pas. L’Hènotique ou édit d’union de l’empereur Zénon ne put empêcher les querelles théologiques, qui devinrent souvent des luttes sanglantes dans les grandes villes de l’Empire. Son hérésie s'accrut après sa mort. Ses partisans furent nommés Eutychéens (partisans d'une seule nature ou monophysites) et subsistent encore en Orient, en Égypte et en Abyssinie.
Extrait d'une lettre adressée à l'empereur Léon I(règne de 457 à 474) contre les hérétiques: L'hérésie d'Eutychès s'est efforcée d'amonceler de profondes ténèbres sur les provinces d'Orient, et elle a essayé de dérober aux yeux des ignorants l'éclat de cette lumière qui, selon l'évangile, brille dans les ténèbres, et que les ténèbres ne purent saisir. Mais après que son obscurité a causé sa ruine, voici que de nouveaux disciples viennent prêcher les erreurs du maître. À des époques très rapprochées, la foi catholique, qui est la seule vraie et à laquelle on ne peut ni rien ajouter, ni rien retrancher, eut à repousser les attaques de deux ennemis : le premier, Nestorius, donna naissance au second, Eutychès ; ils voulurent introduire dans l'Église de Dieu deux hérésies contraires, et ils méritèrent ainsi d'être condamnés tous les deux par les apôtres de la vérité, car les erreurs différentes qu'ils professèrent tous deux sont par trop insensées et par trop sacrilèges. Anathème à Nestorius qui crut que la bienheureuse vierge Marie ne fut pas la mère de Dieu, mais seulement la mère de l'Homme, qui divisa la Nature humaine et la Nature divine en deux Personnes, et qui ne comprit pas que dans le Verbe de Dieu et la chair il n'y avait qu'un seul Christ. Il enseignait que le Fils de Dieu et le Fils de l'homme étaient distincts et séparés, tandis que le Verbe, conservant son essence immuable, qui de toute éternité est coéternelle au Père et au saint Esprit, Se fit Chair dans les entrailles d'une vierge et accomplit ce mystère ineffable de telle sorte que par une seule conception, un seul enfantement, et en deux natures réunies en une seule Personne, cette vierge devint à la fois la servante et la mère du Seigneur. Elisabeth, comme le rapporte l'évangéliste Luc, comprit cette vérité et dit à Marie : " Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi :? " (Lc 1,43). Qu'Eutychès soit aussi frappé du même anathème, lui qui, se roulant dans la fange des erreurs impies des anciens hérétiques, adopta le troisième dogme d'Apollinaire. Se refusant ainsi de croire à la vérité du Corps et de l'Âme humains de notre Seigneur Jésus Christ, il affirmait qu'il n'y avait en Lui qu'une seule nature, comme si la Divinité du Verbe S'était commuée en la chair et l'âme d'un homme, comme si sa conception et sa naissance, son enfance et sa croissance, son supplice et sa mort, son ensevelissement et sa résurrection, et son ascension dans les cieux où Il Se plaça à la droite de son Père, d'où Il doit venir pour juger les vivants et les morts, étaient là des actes de sa Nature divine ; ces actes ne présentant aucune réalité sans l'existence véritable de la chair, car la Nature du Fils unique de Dieu est la même que celle de son Père et que celle du saint Esprit ; elle est, comme elles, impassible et immuable, et toutes trois, elles forment l'unité éternelle, indivisible et consubstantielle de la sainte Trinité. Si quelque eutychéen condamne l'erreur d'Apollinaire de crainte d'être convaincu de croire que la Divinité est mortelle et soumise à la souffrance, et cependant ose proférer qu'il n'y a qu'une seule nature du Verbe incarné, c'est-à-dire du Verbe uni à la chair, alors il partage d'une manière évidente les erreurs absurdes de Valentin et de Manichée : il croit que le Médiateur de Dieu et des hommes, que l'Homme Jésus Christ n'a accompli tous ces actes qu'en apparence, qu'Il n'avait point un corps véritable et qu'Il n'a montré à ceux à qui L'ont vu que la forme fantastique d'un corps. Comment peut-on douter que ces mensonges sacrilèges que la religion catholique maudit, et que les sentences des saints pères ont déjà condamnés autrefois par tout l'univers dans les erreurs impies dont ils tirent leur naissance, ne soient contraires et hostiles à la foi que le Symbole de Nicée confirma en ces termes : " Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, Créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un seul Seigneur Jésus Christ, Fils seul-engendré de Dieu, né du Père, c'est-à dire de la substance du Père, Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, non créé, consubstantiel au Père (" homoousion ", comme disent les Grecs), par qui tout a été fait au ciel et sur la terre.
ÉVADNÉ : fille de Poséidon et de Pitane. À sa naissance, elle fut envoyée en secret chez Æpytos, roi de Phæsane en Arcadie qui l’éleva. Apollon la rendit mère de Iamos.
ÉVADNÉ : fille d’Iphis ou de Phylax. Épouse de Capanée. Elle se jeta dans les flammes du bûcher qui consumait le corps de son mari.
ÉVAGORAS I : roi de Salamine, à Chypre. Fils de Nikokleos, roi précédent de Salamine, il se réclamait descendant divin de Teucros, demi-frère de Ajax fils de Télamon, sa famille régnant depuis longtemps sur Salamine, bien que durant son enfance Salamine soit tombée sous la domination phénicienne (ces derniers se partageant Chypre avec les Hellènes) ce qui provoqua son exil. En 410, appuyé par une cinquantaine de partisans, il retourna à Chypre pour reprendre son trône. Il restaura la civilisation grecque après la domination des Perses et reçut Conon après la bataille d’Ægos-Potamos en 405 av. J.-C. Évagoras, Conon et Pharnabaze contribuèrent à la victoire navale de Cnide en 394. Pour l'honorer, les Athéniens érigèrent sa statue à côté de celle de Conon dans le Ceramikeion. Attaqué par Artaxerxès Mnémon, après le traité d’Antalcidas 387, il fut contraint à signer une paix qui ne lui laissa que Salamine (385). Il fut assassiné par un eunuque.
EVAGORAS II : 363-351. Roi de Salamine de Chypre. Il dut se soumettre au souverain Achéménide. En 351, une révolte contre l'autorité d'Artaxerxès III Okhos (358-338), qui avait démarrée de Sidon, gagna Chypre. Elle était menée par le neveu d'Évagoras II, Pnytagoras. Évagoras II, ami des Perses, fut chassé de Salamine. Il se réfugia en Asie Mineure, puis auprès d'Idrieos ( 351-343) souverain de Carie. Pnytagoras ( 351-332) lui succèda et en 350 se mit à la tête de l’insurrection Chypriote contre Artaxerxès III.
Tétradrachme d'Évagoras II
EVAGRE LE PONTIQUE : théologien grec, 345-399. Il naquit probablement à Ibora, petite ville du Pont, et s’acquit dès sa jeunesse une grande réputation par ses polémiques religieuses. Évagre a été ordonné lecteur par Basile de Césarée. L'évêque Grégoire de Nazianze l'ayant ordonné diacre, il l'accompagna à Constantinople, où sa prédication connut un grand succès. Très brillant, Evagre côtoyait les plus hauts personnages de la cour impériale. Il recevait des honneurs partout, et voilà qu’il s’éprit de la femme d’un haut fonctionnaire. Il réalisa alors les dangers et les tentations de la vie. A la suite d’un songe il quitta Constantinople(382) pour échapper aux dangers de toutes espèces auxquels l’exposait cette passion. Ce départ fut pour lui la première phase d’une conversion à la vie ascétique. Il gagna Jérusalem où il fut accueilli par sainte Mélanie l’Ancienne et par Rufin. Mélanie l’engagea à embrasser la vie monastique et à se rendre dans le grand désert d’Egypte. C’est ainsi qu’Evagre passa deux ans à Nitrie, puis quatorze ans dans le désert des Cellules où il se livra à l’ascétisme le plus rigoureux, domptant sa chair par le jeûne et de rudes mortificationsEn Évagre Égypte, il devint disciple de Macaire d’Alexandrie. Il mena jusqu’à sa mort la vie monastique dans le désert de Nitrie, et gagna sa vie en copiant des manuscrits.
Saint Jérôme l’a accusé d’avoir admis les erreurs d’Origène. Tillemont a défendu son orthodoxie. Evagre a composé de nombreux ouvrages, dont plusieurs ne nous sont connus que par des fragments ou des traductions latines. On peut citer : le Moine, dont des fragments ont été insérés par Cotelier dans ses Monumenta Ecclesiæ græcæ, volume III. Une traduction latine par Gennadius du (Gnosticus, sive de eo qui scentiam consequi meruit), etc.
La théologie d’Evagre a eu une influence importante sur la théologie postérieure, influence décisive sur la formation de la doctrine ascétique chrétienne chez les latins via Cassien; chez les grecs tels les Pères neptiques (les Veilleurs), Maxime le Confesseur, Jean Climaque; chez les syriens qui vénèrent Evagre comme le grand Docteur mystique, en particulier les nestoriens, notamment Isaac de Ninive (VIIe s), Joseph Hazzaya (VIIIe s) et Jean Bar Kaldoun (Xe s) pour ne citer que quelques chaînons de cette grande tradition; chez les arméniens où Evagre jouit d’un très grand prestige. Les versions syriaques des oeuvres d’Evagre servent à réaliser des versions arabe et iranienne qui vont porter l’influence de celui-ci jusqu’au coeur de l’Asie. On possède aussi de nos jours certaines parties des textes d’Evagre en géorgien et en éthiopien.
Extraits des Citations de la prière d'Evagre:
1. Si l'on veut préparer le parfum de bonne odeur, on mettra ensemble également, conformément à la loi, l'encens diaphane, la cannelle, l'onyx et la myrrhe. C'est le quaternaire des vertus. Si elles sont entières et égales, l'intelligence ne sera pas trahie. 2. L'âme purifiée par l'accomplissement des commandements rend inébranlable l'attitude de l'intelligence, et apte à recevoir l'état stable cherché. 3. La prière est une conversation de l'intelligence avec Dieu; quelle stabilité ne doit donc pas avoir l'intelligence pour se tendre, sans retour en arrière, vers son Seigneur et converser avec lui sans aucun intermédiaire ? 4. Si Moïse, quand il tenta d'approcher du buisson ardent, en fut empêché jusqu'à ce qu'il eût ôté de ses pieds les chaussures, comment toi, qui prétends voir Celui qui est au-dessus de toute pensée et de tout sentiment, ne te dégages-tu pas de toute pensée passionnée ? 5. Prie d'abord pour recevoir le don des larmes, afin d'amollir par le deuil la dureté inhérente à ton âme, et, en confessant contre toi ton iniquité au Seigneur, obtenir de Lui le pardon. 6. Use des larmes pour réussir en toutes tes demandes, car ton Seigneur est très content de toi quand tu pries dans les larmes. 7. Quand tu verses des fontaines de larmes dans ta prière, ne t'élève pas en toi-même, comme si tu étais au-dessus de la plupart de tes semblables : c'est simplement que ta prière a obtenu un secours pour que tu puisses avec ardeur confesser tes péchés et apaiser le Seigneur par tes larmes. Ne tourne donc pas en passion l'antidote des passions, si tu ne veux pas irriter davantage le donateur de la grâce. 8. Beaucoup de ceux qui pleurent sur leurs péchés, oubliant le but des larmes, ont été pris de folie et se sont fourvoyés. 9. Tiens-toi vaillamment et prie énergiquement; écarte les soucis et les cogitations qui surviennent, car ils te troublent et t'agitent pour énerver ta vigueur. 10. Quand les démons te voient plein d'ardeur pour la vraie prière, alors ils te suggèrent des idées de certains objets soi-disant nécessaires; et puis bientôt ils surexcitent le souvenir qui s'y rattache, en poussant l'intelligence à leur recherche; puis, comme elle ne les trouve pas, elle s'attriste fort et se chagrine. Alors, au temps de la prière, ils lui remémorent les objets de ses recherches et de ses souvenirs, afin que l'intelligence, entraînée à les considérer, perde la prière fructueuse. 11. Efforce-toi de rendre ton intelligence, au moment de la prière, sourde et muette, et tu pourras prier. . 12. S'il te survient quelque provocation ou contradiction et que tu sois irrité et sentes ta colère se porter à rendre la pareille ou à répliquer, souviens-toi de la prière et du jugement qui t'y attend, et aussitôt le mouvement désordonné s'apaisera en toi. 13. Tout ce que tu feras pour te venger d'un frère qui t'aura fait du tort, tout cela te deviendra une pierre d'achoppement au moment de la prière. 14. La prière est un rejeton de la douceur et de l'absence de colère. 15. La prière est un fruit de la joie et de l'action de grâces. 16. La prière est exclusion de la tristesse et du découragement. 17. Va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et puis prends la croix, renie-toi toi-même pour pouvoir prier sans distraction. 18. Si tu veux prier dignement, renie-toi à toute heure; et si tu endures toutes sortes de tracas, accepte cela sagement pour la prière. 19. Toute peine que tu auras endurée avec sagesse, tu en trouveras le fruit au moment de la prière. 20. Si tu désires prier comme il faut, ne contriste personne, sans quoi c'est en vain que tu cours. 21. Laisse ton offrande, est-il dit, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, et étant ensuite revenu, tu prieras sans trouble. Car la rancune aveugle la raison de celui qui prie et enténèbre ses prières. 22. Ceux qui accumulent intérieurement des peines et des rancunes et qui s'imaginent prier ressemblent à des gens qui puisent de l'eau pour la verser dans un tonneau percé. 23. Si tu es un endurant, tu prieras toujours avec joie. 24. Tandis que tu prieras comme il faut, il se présentera à toi des choses telles que tu estimeras tout à fait juste l'usage de la colère. Or il n'est absolument pas de colère juste contre le prochain. Si tu cherches, tu trouveras qu'il est possible de bien arranger l'affaire même sans colère. Use donc de tous les moyens pour ne pas laisser éclater la colère. 25. Prends garde, sous prétexte de guérir un autre, de devenir toi-même incurable et de donner un coup fatal à ta prière. 26. Si tu t'abstiens de la colère, tu trouveras miséricorde; tu prouveras que tu es trop avisé pour t'en faire accroire, et tu seras du nombre de ceux qui prient. 27. Armé contre la colère, tu n'admettras jamais de convoitise; car c'est elle qui fournit matière à la colère, et celle-ci trouble l'oeil intellectuel, saccageant ainsi l'état de prière. 28. Ne prie pas seulement dans les attitudes extérieures, mais-porte ton intelligence au sentiment de la prière spirituelle, avec grande crainte. 29. Parfois, à peine seras-tu en prière, que tu prieras bien; parfois, au contraire, malgré de grands efforts, tu n'atteindras pas le but. C'est pour que tu cherches davantage et qu'après avoir obtenu le résultat, tu le possèdes à l'abri de tout ravisseur. 30. Quand un ange survient, à l'instant tous ceux qui nous tracassent s'éclipsent, et l'intelligence se trouve dans une grande détente où elle prie allègrement. Parfois, au contraire, la guerre habituelle nous presse; l'intelligence se débat sans pouvoir lever le regard. C'est qu'elle a été affectée par ]es passions diverses. Néanmoins, en cherchant davantage, elle trouvera; si elle frappe vigoureusement, on lui ouvrira. 31. Ne prie pas pour l'accomplissement de tes volontés; car elles ne concordent pas nécessairement avec la volonté de Dieu. Mais plutôt, suivant l'enseignement reçu, prie en disant : Que Ta volonté s'accomplisse en moi; et ainsi, en toutes choses, demande-Lui que Sa volonté se fasse, car Lui, Il veut le bien et l'utilité de ton âme, mais toi, tu ne cherches pas nécessairement cela. 32. Souvent, dans mes prières, j'ai demandé l'accomplissement de ce que j'estimais bon pour moi, et je m'obstinais dans ma requête, violentant sottement la volonté de Dieu, sans m'en remettre à Lui pour qu'Il ordonnât Lui-même ce qu'Il savait m'être utile; et pourtant, la chose reçue, grande fut ensuite ma déception de n'avoir pas demandé plutôt l'accomplissement de la volonté de Dieu, car alors la chose ne fut pas trouvée telle que je me l'étais figurée.
Evagre (vitrail à Paris)
 l'Ennéagramme des péchés capitaux selon Evagre
ÉVAGROS : Lapithe tué aux noces de Pirithoüs par le centaure Rhœtos.
ÉVAMÉRION : génie de la guérison souvent représenté à côté d’Asclépios. Il avait une statue à Titane.
ÉVANDRE : fils d’Hermès et d’une nymphe arcadienne, Thémis (Carmenta pour les latins). Il civilisa le Latium du temps de Faunus, le roi des Aborigènes. Ayant bâti une ville du nom de Pollantaea qui fit partie de Rome sur les bords du Tibre, il enseigna l’usage des lettres, les arts, la musique et introduisit les cultes de Pan Lycéen, de Céeès, de Neptune Consus, de la Victoire d’Hercule. Dans ses écrits, Virgile mit Énée et Évandre en rapport à Pollantaea en Arcadie. Cette ville reçut plus tard de l’empereur Antonin des droits et des privilèges. Évandre avait un autel sur le mont Aventin à Rome.
Extrait de la Promenade dans Pallantée de Virgile Aeneis(306-369):
Une fois accomplies les cérémonies religieuses, tous se dirigent vers la ville. Le roi marchait, chargé d'ans; il avait près de lui, pour l'accompagner, Énée et son fils; et la conversation rendait la route moins rude.
8, 310 Énée admire et porte tout autour de lui des regards charmés; les lieux le séduisent; il s'enquiert de tout avec plaisir et écoute les souvenirs qui parlent des héros d'aurefois. Alors le roi Évandre, fondateur de la citadelle de Rome, dit : "En ces bois habitaient les Faunes et les Nymphes indigènes,
8, 315 ainsi qu'une race d'hommes nés du tronc de chênes durs, êtres sans coutumes ni culture, qui ne savaient ni atteler des taureaux, ni amasser des richesses, ni épargner ce qu'ils avaient acquis; la cueillette et la chasse des bêtes sauvages assuraient leur subsistance. Le premier qui vint de l'Olympe céleste fut Saturne,...
...Tu vois aussi ces deux forteresses, aux murs écroulés; ce sont des vestiges rappellant d'antiques héros. La première fut fondée par le dieu Janus, l'autre par Saturne; l'une fut appelée Janicule, l'autre Saturnia". Tout en échangeant ces propos, ils s'approchaient de la demeure
8, 360 du pauvre Évandre, et apercevaient ici et là des troupeaux mugissant en plein Forum romain et dans les élégantes Carènes. Dès qu'ils furent arrivés à sa maison, Évandre dit : "Ce seuil, Alcide le franchit, après sa victoire; ce palais l'accueillit. Aie l'audace, ô mon hôte, de mépriser les richesses, et toi aussi,
8, 365 sois digne du dieu; viens, ne sois pas rebuté par notre pauvreté". Il parla, et, sous les poutres de l'étroite demeure, il introduisit le grand Énée; il le fit reposer sur une couche de feuilles, recouverte de la peau d'une ourse de Libye : la nuit était tombée et enserrait la terre de ses ailes sombres.
D'après l'Enéide de Virgile Evandre qui avait pour mère Carmenta, une prophétesse, et pour père, Echémos, le roi de Tégée en Arcadie avait émigré d'Arcadie soixante ans avant la chute de Troie, soit sous la pression des Argiens, à cause d'un homicide involontaire ou d'une rébellion. Faunus (équivalent italique de Pan, mais qui était un roi humain dans la légende) accueillit Evandre et ses compagnons en Italie et lui offrit la terre pour son royaume. Il n'y avait que des arbres, des pâturages, un peu de bétail et de rares cabanes ; quand il fut arrivé sur le mont Palatin: "Arrête !" lui dit sa mère qui connaissait l'avenir. "Cette campagne sera le siège d'un empire." Le héros de Nonacris (montagne d'Arcadie) obéit à sa mère, la prophétesse. Il enseigna à ces peuples de nombreux cultes, et en particulier celui de Faunus aux deux cornes et celui du dieu aux pieds ailés. Evandre choisit l'actuel mont Palatin et lui donna le nom de Pallentée (en latin Pallenteum), en souvenir de sa patrie (Pallantion), en Arcadie; il ainsi fonda une colonie grecque sur l'emplacement de la future Rome. Evandre était déjà bien âgé quand il accueillit amicalement Enée sur le mont Palatin et fut son hôte lors d'une fête commémorant une visite d'Hercule qui revenait avec les bœufs de Géryon. Evandre avait aussi un fils, Pallas qui fut l'allié d'Enée, dans son combat contre les Rutules. Mais Pallas fut tué par leur chef Turnus; Enée combattit à son tour Turnus, le chef des Rutules, afin d'obtenir la main de Lavinia, la fille du roi Latinos (ou Latinus) et sans doute pour venger Pallas il refusa de l'épargner. C'est sur cette victoire que s'achève le poème de Virgile.(mythologica.fr)

ÉVANGÉLOS : qui apporte de bons messages. Surnom sous lequel le pasteur Pixadaros avait un temple à Éphèse, où il était adoré comme héros, parce qu’il avait découvert le magnifique marbre qui servit à la construction du temple d’Artémis.
ÈVE : dont le nom, en hébreu, signifie Vie, fut la première femme. Formée d’une côte d’Adam et donnée pour compagne au premier homme, elle vécut d’abord avec lui dans le Paradis terrestre. Mais séduite par le démon, qui avait pris la figure d’un serpent, elle mangea du fruit défendu et fut chassée du Paradis avec son époux, qui avait partagé sa faute. Elle donna le jour à plusieurs fils et filles, et mourut, dit-on, à l’âge de neuf cent quarante ans.
 Adam et Eve par le Titien(1550)
 Adam et Eve par Hans Sebald Beham(1543)
ÉVÉRÈS : fils de Ptérélaüs. Dans le combat que lui et ses frères livrèrent aux fils d’Électryon, il échappa seul au carnage avec Licymnios.
EVERRICULUM : filet de pêche semblable à nos filets actuels.

EVHÉMÈRE : philosophe(mythographe) né en 316 av. J.-C., de la cour de Cassandre. Il visita l’Océan Indien, et, à son retour, prétendit avoir découvert dans une certaine île Panchéa l’histoire primitive des dieux. Selon lui, les dieux avaient été des hommes qui, surpassant les autres en force et en habileté, les avaient obligés à se soumettre à leur volonté, puis, aspirant plus haut, s’étaient prétendus doués de facultés surnaturelles. Le roman présente un voyage initiatique qu’il aurait effectué dans une île nommée Panchée où il aurait pu contempler une colonne d’or sur laquelle auraient été racontées les actions, mais aussi la mort de divers hommes portant les mêmes noms que les divers dieux grecs. Ainsi, Zeus aurait été un souverain sage et bienfaisant, Aphrodite une courtisane du roi de Chypre qui en aurait fait une déesse et Athéna une reine guerrière. Ce système fut exposé dans l’Histoire sacrée que traduisit Ennius. Les épicuriens accpetèrent cette façon commode de tout expliquer par l’histoire, et les légendes merveilleuses, les gracieuses fictions que les Grecs avaient placées au berceau de leurs ancêtres furent à jamais flétries. La foi naïve disparut : les savants furent philosophes, le peuple fut grossièrement mystique, mais le paganisme mourut.
Extrait des Dialogues de Voltaire: ÉVHÉMÈRE.Comme je me suis engagé à tout dire, j'ajouterai que tous trouverez dans ce Xénoplion des Gaules un épisode qu'on appelle le Druide savoyard, contre les idées scolastiques des druides, lequel épisode est plein de choses excellentes. CALLICRATE.Qu'est-ce qu'un Savoyard ? ÉVHÉMÈRE.C'est le nom d'un peuple qui habite certaines montagnes des Alpes. CALLICRATE.Et les druides de ces Alpes n'ont pas hrûlé votre Xénoplion? ÉVHÉMÈRE.Non ; ils ont imité les Athéniens, qui, ayant fait mourir So- crate, se sont mis à rire de Diogène. CALLICRATE.Vos Gaulois sont donc aussi une drôle de nation ? ÉVHÉMÈRE.Très -drôle, après avoir été horriblement sauvage, sotte, et cruelle. CALLICRATE.C'est précisément ce qui est arrivé à nos Grecs Pélasges. Et dans la capitale de vos Gaules, qui est, dites-vous, dix fois plus grande, plus peuplée, plus riche qu'Athènes, y a-t- il comme dans Athènes des tragédies, des comédies, des spectacles en musique, des danses semblables à la pyrrhique et à la cordace ? ÉVHÉMÈRE.S'il y en a ! Tous les jours de l'année sont consacrés à ces beaux arts. Les Gaulois ont eu leurs Sophocles, leurs Euripides, leurs Ménandres, leurs Timothées. Ils sont surtout aujourd'hui le peuple de la terre le plus habile dans la danse ; il y a plus de danseurs que de géomètres. Mais il est arrivé dans la métropole des Gaules ce qui arriva il y a quarante à cinquante mille ans dans la ville de Zoroastre, à ce que disent les sages Parsis, qui ne mentent jamais. Le ciel, étant irrité contre la terre, où l'on ne songeait qu'à se divertir, envoya vers le Gange une grosse couleuvre qui était enceinte de dix mille Envies. Elle accoucha, et dès lors les hommes furent malheureux. Il faut qu'il y ait eu plus de cent mille de ces Envies dans la grande ville gauloise...
ÉVIPPOS : fils de Mégarée. Le lion du Cithéron le tua.
ÉVNISSYEN : guerrier habité par le mal. Après avoir semé la discorde entre les Gaëls et les Bretons en brûlant l’aulne de la paix, il se suicida en se jetant dans le chaucron de résurrection qui se désintégra.
EVOCATI :
1. Vétéran qui s’enrôlaient à nouveau dans l’armée. Ils n’étaient plus soumis aux règles militaires et avaient les mêmes avantages que les centurions.
2. Garde qui veillait devant la chambre à coucher de l’empereur. Cette garde fut fondée par Galba et recrutée parmi les jeunes hommes de l’ordre équestre.
ÉVOCATION : art de faire apparaître les dieux ou les morts. Il était possible d’évoquer les dieux nationaux ou les dieux tutélaires, et, dans ce cas, on les invitait à venir s’installer dans sa ville. L’évocation des mânes, acte solennel et courant, avait pour objet de consoler les parents en leur faisant apparaître les ombres des défunts ou servait à tirer les horoscopes.
ÉVOCATION : c’est-à-dire appel, cérémonie religieuse par laquelle les païens appelaient la présence des dieux. Moïse défendit aux Hébreux d’évoquer les morts, et Saül agit contrairement à la loi en faisant évoquer l’âme de Samuel par la pythibusse d’Endor. Dans l’Odyssée, on voit Ulysse évoquer l’ombre de Tibésias. Les Romains évoquaient kes dieux protecteurs d’une ville qu’ils assiégeaient et leur promettaient un temple ç Rome s’ils voulaient renoncer à protéger l’ennemie.
ÉVOPIS : fille de Trézène. Dimœtas, son oncle, ayant découvert qu’elle entretenait une liaison avec son propre frère, la dénonça à Trézène. Elle se pendit de désespoir.
EXACISCULATUS : effraction d’une tombe en s’aidant d’un pic. Durant toute l’antiquité, de nombreuses tombes furent violées pour dérober et revendre les objets précieux qui s’y trouvaient.
EXADIOS : un des Lapithes. Il creva les yeux au centaure Grynée aux noces de Pirithoüs.
EXCALIBUR (KALEDFWLCH) : Dur Éclair ou Dure Entaille. Épée de la connaissance spirituelle et du pouvoir royal qui fut arrachée de son rocher par Arthur. Après la bataille de Camelot (Camlan), le chevalier Girflet ou le chevalier Bedivere la jeta dans un étang où l’attendait la Dame du Lac, Viviane. C'est Robert de Boron qui raconte le premier cet épisode à la fin du XIIè siècle dans Merlin. Le trône du royaume de Bretagne était vacant et convoité par de nombreux nobles qui se battaient fréquemment pour se l'approprier. Devant cette discorde, le magicien Merlin convoque les barons du royaume à Logres pour la veille de Noël. Dans la nuit apparaît mystérieusement un bloc de pierre carré supportant une enclume dans laquelle est plantée une épée. Sur la lame est écrit que celui qui parviendrait à l'en retirer deviendrait le roi de toute la Bretagne. Personne n'y parvient, sauf le jeune Arthur.


EXCUBITORES :
1. Sentinelles civiles ou militaires qui montaient la garde sur les murs d’une cité et devant les édifices publics.
2. Garde impériale du palais.
EXCUBITORIUM : poste de garde. Il y en avait quatorze à Rome, un dans chaque quartier.
EXCURSOR : chaudronnier.
EXECESTOS : tyran des Phocéens qui prétendait connaître l’avenir au moyen de deux anneaux magiques qu’il possédait.
EXODE : D'après le texte, les Hébreux arrivent en Égypte avec Joseph, qui finit par faire venir Jacob, son père, et toute sa famille, après avoir été établi, à l'âge de trente ans, à un très haut poste dans l'administration, l'équivalent de vizir. Ils seraient arrivés 430 ans avant l'Exode, donc aux environs de 1870 avant JC, d'après le livre des Rois. Il est probable que l’exode du peuple hébreu se soit produit entre le règne de Mineptah et l’avènement de Ramsès III (entre 1235 et 1194 av. J.-C.). Il a peut-être été dû à la répression menée par les Ramessides contre les peuples étrangers installés en Égypte et à l’apparition des peuples de la mer qui envahirent le delta entre 1230 et 1160 av. J.-C. Le nom d’Israël apparaît pour la première fois en 1230 av. J.-C. (stèle d’Israël), après le soulèvement et l’anéantissement de la Palestine en 1290.
Extrait de la Bible, Exode 2:
2.1 Un homme de la maison de Lévi avait pris pour femme une fille de Lévi. 2.2 Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu'il était beau, et elle le cacha pendant trois mois.
2.3 Ne pouvant plus le cacher, elle prit une caisse de jonc, qu'elle enduisit de bitume et de poix; elle y mit l'enfant, et le déposa parmi les roseaux, sur le bord du fleuve.
2.4 La soeur de l'enfant se tint à quelque distance, pour savoir ce qui lui arriverait.
2.5 La fille de Pharaon descendit au fleuve pour se baigner, et ses compagnes se promenèrent le long du fleuve. Elle aperçut la caisse au milieu des roseaux, et elle envoya sa servante pour la prendre.
2.6 Elle l'ouvrit, et vit l'enfant: c'était un petit garçon qui pleurait. Elle en eut pitié, et elle dit: C'est un enfant des Hébreux!
2.7 Alors la soeur de l'enfant dit à la fille de Pharaon: Veux-tu que j'aille te chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux, pour allaiter cet enfant?
2.8 Va, lui répondit la fille de Pharaon. Et la jeune fille alla chercher la mère de l'enfant.
2.9 La fille de Pharaon lui dit: Emporte cet enfant, et allaite-le-moi; je te donnerai ton salaire. La femme prit l'enfant, et l'allaita.
2.10 Quand il eut grandi, elle l'amena à la fille de Pharaon, et il fut pour elle comme un fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l'ai retiré des eaux.
2.11 En ce temps-là, Moïse, devenu grand, se rendit vers ses frères, et fut témoin de leurs pénibles travaux. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères.
2.12 Il regarda de côté et d'autre, et, voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien, et le cacha dans le sable.
2.13 Il sortit le jour suivant; et voici, deux Hébreux se querellaient. Il dit à celui qui avait tort: Pourquoi frappes-tu ton prochain?
2.14 Et cet homme répondit: Qui t'a établi chef et juge sur nous? Penses-tu me tuer, comme tu as tué l'Égyptien? Moïse eut peur, et dit: Certainement la chose est connue.
2.15 Pharaon apprit ce qui s'était passé, et il cherchait à faire mourir Moïse. Mais Moïse s'enfuit de devant Pharaon, et il se retira dans le pays de Madian, où il s'arrêta près d'un puits.
2.16 Le sacrificateur de Madian avait sept filles. Elle vinrent puiser de l'eau, et elles remplirent les auges pour abreuver le troupeau de leur père.
2.17 Les bergers arrivèrent, et les chassèrent. Alors Moïse se leva, prit leur défense, et fit boire leur troupeau.
2.18 Quand elles furent de retour auprès de Réuel, leur père, il dit: Pourquoi revenez-vous si tôt aujourd'hui?
2.19 Elles répondirent: Un Égyptien nous a délivrées de la main des bergers, et même il nous a puisé de l'eau, et a fait boire le troupeau.
2.20 Et il dit à ses filles: Où est-il? Pourquoi avez-vous laissé cet homme? Appelez-le, pour qu'il prenne quelque nourriture. 2.21 Moïse se décida à demeurer chez cet homme, qui lui donna pour femme Séphora, sa fille.
2.22 Elle enfanta un fils, qu'il appela du nom de Guerschom, car, dit-il, j'habite un pays étranger.
2.23 Longtemps après, le roi d'Égypte mourut, et les enfants d'Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu'à Dieu.
2.24 Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.
2.25 Dieu regarda les enfants d'Israël, et il en eut compassion.

L'Exode Moïse revient du Sinaï
Découverte de Moïse Les Hébreux traversent la Mer Rouge
EXOMIS : tunique grecque qui s’ouvrait sur le côté droit et laissait une grande partie de la poitrine à nu. Elle fut adoptée par les Romains qui menaient une activité physique.

EXOSTRA : pont jeté d’une tour mobile lors d’un siège.

EXPEDITUS : troupe militaire qui, lors des marches forcées, se déchargeait de son équipement lourd. Ce dernier était transporté sur les chariots.
EXPIATION : cérémonie religieuse destinée à effacer un crime ou à apaiser les dieux. Après avoir commis un crime important, le coupable, pour se purifier, devait avoir recours à des prêtres appelés pharmaques. Ces prêtres l’aspergeaient de sang, lui faisaient porter un collier de figues, le frottaient avec une sorte d’oignon et pratiquaient un certain nombre d’opérations magiques. Le coupable ne pouvait entrer dans les temples et assister aux sacrifices tant que le pharmaque ne l’avait pas déclaré suffisamment purifié.
EXSEQUIAE : funérailles. À Rome, on enterrait les pauvres sans cérémonie pendant la nuit. Au contraire, les riches défunts étaient accompagnés d’un long cortège qu’un entrepreneur (designator) organisait. En tête, une troupe de musiciens jouaient de la longue flûte. Ils étaient suivis par des pleureuses professionnelles lançant des complaintes funèbres et s’arrachant les cheveux. Puis venait le victimaire, chargé d’immoler les animaux favoris du défunt ; il précédait les porteurs d’images et de récompenses du défunt et le cadavre sur sa bière richement décorée, suivis des esclaves et de serviteurs conduisant les animaux destinés au sacrifice rituel, et des parents, des amis et des clients.
EXTIPICIUM (EXTIPISPICINE) : art de consulter la volonté des dieux et de prédire l’avenir par l’inspection des entrailles (exta) des victimes. Les extipices étaient les prêtres de ces cérémonies.
EZÉCHIAS : roi de Juda, fils et succeur d’Achaz, régna de 723 à 694 av. J.-C. il renversa les idoles, battit les Philistins. Profitant de la mort de Sargon II avant la prise de pouvoir de son fils et successeur, Ézéchias demanda à l'Égypte sinon le concours de son armée, du moins l'envoi de chevaux pour combattre l'envahisseur. Pour rompre avec les Assyriens, le roi Ézéchias cessa alors d'envoyer son tribut à Ninive. Pour se préparer à l'invasion punitive assyrienne, Ézéchias fit construire des fortifications, notamment à Ophel, et un tunnel de 533 mètres pour permettre l'approvisionnement en eau depuis la source de Gihon à la cité de David en cas de siège. Après la prise de Lakhish, Sennachérib assiège Jérusalem qui sera finalement écrasé, grâce au secours d’un ange qui tua 185.800 Assyriennes. Ézéchias, attaqué d'un ulcère, était sur le point de mourir, lorsque Dieu, touché de ses prières, lui accorda encore 15 ans de vie. Ézéchias, après sa guérison, composa un célèbre cantique d'actions de grâces qu'Isaïe nous a conservé.
Extrait de la Bible:
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En ces jours-là, Ezéchias fut atteint d'une maladie mortelle. Ésaïe, fils d'Amots, le prophète, vint lui dire : Ainsi parle le Seigneur : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir; tu ne vivras plus. Ézéchias tourna son visage vers le mur et pria le Seigneur. Il disait : S'il te plaît, Seigneur, souviens-toi, je t'en prie, que j'ai marché devant toi avec loyauté et d'un cœur entier, et que j'ai fait ce qui te plaît ! Et Ezéchias se mit à pleurer abondamment. (38.1-3)
| Siège de Lakish par Sénnachérib Tunnel d'Ezéchias à Jérusalem
EZÉCHIEL : c’est-à-dire fortifié par Dieu, l’un des grands prophètes des Juifs, prophétisa de 595 à 574 av. J.-C. Il fut enveloppé dans la captivité de Babylone. On a cru découvrir dans ses allégories, présentées sous une forme imagée qui en augmente la beauté poétique, mais ne contribue pas à les éclaircir, l’annonce du retour des Juifs à Jérusalem, de la reconstruction du Temple, de la venue du Messie, de la conversion des Gentils.
La trentième année, au quatrième mois, le cinq du mois, … le ciel s'ouvrit et je fus témoin de visions divines (Ezéchiel 1,1)... Je regardai : c'était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l'éclat du vermeil au milieu du feu. Au centre, je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l'aspect : ils avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes (Ezéchiel 1, 4-6)... Au-dessus de la voûte qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose qui avait l'aspect d'une pierre de saphir en forme de trône, et sur cette forme de trône, dessus, tout en haut, un être ayant apparence humaine (Ezéchiel 1,26)… je vis quelque chose comme du feu et une lueur tout autour ; l'aspect de cette lueur, tout autour, était comme l'aspect de l'arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C'était quelque chose qui ressemblait à la gloire de Yahvé. Je regardai, et je tombai la face contre terre ; et j'entendis la voix de quelqu'un qui me parlait. Il me dit : "Fils d'homme, tiens-toi debout, je vais te parler." L'esprit entra en moi comme il m'avait été dit, il me fit tenir debout et j'entendis celui qui me parlait. (Ezéchiel 1, 27-28; 2,1)

La vision d'Ezéchel par Raphaël

Le prophète Ézéchiel, par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine.
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