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GABAA - GYTHIUM


G

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GABAA, GABAATH ou GEBA : (aujourd’hui Gib), ville de la tribu de Benjamin (Palestine), à 8 km au Nord de Jérusalem. Détruite par les Israélites, pour venger le déshonneur du lévite d’Ephraïm. Victoire de David sur les Philistins. Patrie de Saül. Eléazar, fils d'Aaron, mourut, et on l'enterra à Gabaa, ville de Phinées, son fils, auquel elle avait été donnée, dans la montagne d'Ephraïm.
Extrait du Dénouement de la Persécution par l'abbé Augustin Lemann: Sennachérib est donc en marche sur Jérusalem. Tout tremble, tout plie devant son innombrable armée. Déjà, elle a franchi le Jourdain et pénétré dans les tribus du nord. Par un mouvement rapide, elle s'est même portée du côté de l'ouest et du sud-ouest de la Palestine, pour empêcher tout secours du côté de l'Égypte. La voici maintenant qui remonte ; elle se dirige vers Jérusalem enserrée comme dans un filet. L'épouvante est dans la ville sainte. C'est en vain qu'Isaïe a fait retentir cette annonce au nom du Seigneur :

N'aie pas peur, ô Mon peuple qui habite Sion, De cet Assyrien qui te frappe de la verge,

Et qui lève sur toi son bâton, comme autrefois en Égypte.

Un tout petit délai encore, Et Ma colère sera passée, Et Mon courroux s'apprête à les détruire...

Rien n'y fait, l'effroi ne se calme pas ; Ezéchias, le saint roi, lui-même est atterré ! Et Sennachérib poursuit sa marche. L'inondation monte, monte ; elle a atteint les frontières de Benjamin. Sennachérib est à Aïath, plus qu'à six heures de Jérusalem ! Il passe à Magron, il dépose ses bagages à Machmas. Ils en passent le défilé ; ils bivouaquent à Gaba. Rama est dans l'épouvante. Gabaath, patrie de Saül, est en fuite. Pousse des cris de détresse, fille de Gallim ! Ceux de Laïs sont entendus à Anathoth. Madmêna a émigré, les habitants de Gabim ont pris la fuite. Plus qu'un jour pour faire halte à Nobé ! Il est signalé. Le voici qui apparaît. Il est en vue de la ville sainte. Regardez-le !

Extrait du lévite d'Éphraïm de Jean Jacques Rousseau: A Dieu ne plaise, dit le Lévite , que je loge chez un peuple infidèle , et qu'un Cananéen donne le couvert au ministre du Seigneur. Non, mais allons jusques à Gabaa chercher l'hospitalité chez nos freres. Ils laissèrent donc Jérusalem derrière eux; ils arrivèrent après le coucher du soleil à la hauteur de Gabaa, qui est de la Tribu de Benjamin. Ils se détournerent pour y passer la nuit , et y étant entres , ils allèrent s'asseoir dans la place publique ; mais nul ne leur offrit un asyle , et ils demeuroient à découvert .
A Dieu ne plaise, dit le Lévite , que je loge chez un peuple infidèle , et qu'un Cananéen donne le couvert au ministre du Seigneur. Non, mais allons jusques à Gabaa chercher l'hospitalité chez nos freres. Ils laissèrent donc Jérusalem derrière eux; ils arrivèrent après le coucher du soleil à la hauteur de Gabaa, qui est de la Tribu de Benjamin. Ils se détournerent pour y passer la nuit , et y étant entres , ils allèrent s'asseoir dans la place publique ; mais nul ne leur offrit un asyle , et ils demeuroient à découvert .
Les apprêts de la guerre qu'on alloit entreprendre commencèrent par un ferment solemnel de mettre à mort quiconque negligeroit de s'y trouver. Ensuite on fit le dénombrement de tous les Hébreux portans armes, et l'on choisit dix de cent, cent de mille, et mille de dix mille, la dixieme partie de peuple entier, dont on fit une armée de quarante mille hommes qui devoir agir contre Gabaa, tandis qu'un pareil nombre etoit charge des convois de munitions et de vivres pour l'approvisionnement de l'armée . Ensuite le Peuple vint à Silo devant l'arche du Seigneur, en disant; quelle Tribu commandera les autres contre les enfans de Benjamin? Et le Seigneur répondit; c'est le sang de Juda qui crie vengeance; que Juda fait votre chef.

Les farouches enfans de Jemini, qui n'avoient pas ignore l'assemblée de Malpha, ni la révolution qu'on y avoir prise, s'étant prépares de leur cote , crurent que leur valeur les dispensoit d'être justes . Ils n'écouterent point d'exhortation de leurs freres ,et , loin de leur accorder la satisfaction qu'ils leur devoient , ils sortirent en armes de toutes les villes de leurs partages , et accoururent à la défense de Gabaa , sans se laisser essayer par le nombre, et résolus de combattre seuls tout le peuple réuni. L'armée de Benjamin se trouva de vingt-cinq mille hommes tirant l'epée, outre le habitans de Gabaa, au nombre de sept-cents hommes bien aguerris , maniant les armes des deux mains avec la même adresse et tous si excellens tireurs de fronde qu'ils pouvoient attendre un cheveu , sans que la pierre déclinât de cote ni d'autre.
L'armée d'Israel s'étant assemblée et ayant élu ses chefs vint camper devant Gabaa , comptant emporter aisément cette place . Mais les Benjamites étant sortis en bon ordre , l'attaquent , la rompent , la poursuivent avec furie , la terreur les précede et la mort les suit. On voyoit les forts d'Israel en déroute tomber par milliers sous leur epée , et les champs de Rama se couvrir de cadavres, comme les fables d'Elath se couvrent des nuées de sauterelles qu'en vent brûlant apporte et tue en un jour. Vingt-deux mille hommes de l'armée d'Israel périrent dans ce combat : mais leurs freres ne se découragerent point, et se fiant à leur force et à leur grand nombre encore plus qu'a la justice de leur cause, ils vinrent le lendemain se ranger en bataille dans le même lieu.

Comme ils marchoient donc vers Gabaa, les Benjamites firent une sortie par toutes les portes, et tombant sur eux avec plus de fureur que la veille, ils les désirent , et les poursuivirent avec un tel acharnement, que dix-huit mille hommes de que guerre périrent encore ce jour-la dans l'armée d'Israel. Alors tout le peuple vint derechef se prosterner et pleurer devant le Seigneur , et jeûnant jusqu'au soir , ils offrirent des oblations et des sacrifices.. Dieu d'Abraham , disoient-ils en gémissant, ton peuple , épargné tant de fois dans ta juste colere , périra-t-il pour vouloir ôter le mal de son sein ? Puis , s'étant présentes devant l'Arche redoutable , et consultant derechef le Seigneur par la bouche de Phinées fils d'Eléazar, ils lui dirent : marcherons-nous encore contre nos freres , ou laisserons-nous en paix Benjamin? La voix du Tout-Puissant daigna leur répondre: Marchez, et ne vous fiez plus en votre nombre, mais au Seigneur qui donne et ôte le courage comme il lui, plaît: Demain je livrerai Benjamin entre vos mains.

A l'instant ils sentent déjà dans leurs cœurs l'effet de cette promesse . Une valeur froide et sure succédant à leur brutale impétuosité les éclaire et les conduit. Ils s'apprêtent posément au combat , et ne s'y. présentent plus en forcenés , mais en hommes sages et braves qui savent vaincre sans fureur , et mourir sans désespoir. Ils cachent des troupes derrière le coteau de Gabaa , et se rangent en bataille avec le reste de leur armée, ils attirent loin de la ville les Benjamites , qui, sur leurs premiers succès, pleins d'une confiance trompeuse sortent plutôt pour les tuer que pour les combattre ; ils poursuivent avec impétuosité l'armée qui cède et recule à dessein devant eux ; ils  arrivent après elle jusqu'ou se joignent les chemins de Béthel et crient cri s'animant au carnage; ils tombent nous comme les premieres fois. Aveugles, qui dans l'éblouissement d'un vain succès ne voient pas l'Ange de la vengeance qui vole déjà sur leurs rangs , arme du glaive exterminateur.

Mais les forts d'Israël ayant apperçu le signal , firent face à l'ennemi en Baha1-Tamar. Les Benjamites , surpris de voir bataillons d'Israël se former, se développer, s'étendre , fondre sur eux , commencèrent à perdre courage , et tournant le dos , ils virent avec effroi les tourbillons de fumée qui leur annonçoient le désastre de Gabaa . Alors frappes de terreur à leur tour , ils connurent que le bras du Seigneur les avoit atteints, et fuyant en déroute vers le désert, ils furent environnes , poursuivis , tues, foules aux pieds; tandis que divers detachemens entrant dans les Villes, y mettoient à mort chacun dans son habitation.
En ce jour de colere et de meurtre, presque toute la Tribu de Benjamin, au nombre de vingt-six mille hommes, périt sous l'epée d'Israel ; savoir , dix-huit mille hommes dans leur premiere retraite depuis Menuha jusqu'a l'Est du coteau , cinq  mille dans la déroute vers le désert , deux mille qu'on atteignit pris de Guidhon , et le reste dans les places qui furent brûlées , et dont tous les habitans hommes et femmes , jeunes et vieux , grands et petits , jusqu'aux bêtes , furent mis à mort , sans qu'on fit grace à aucun: en sorte que ce beau pays, auparavant si vivant, si peuple , si fertile, et maintenant moissonnés par la flamme et par le fer, n'offroit plus qu'une affreuse solitude couverte de cendres et d'ossements.

Six cents hommes seulement, dernier reste de cette malheureuse Tribu échapperent au glaive d'Israel, et se réfugierent au rocher de Rhimmon , ou ils resterent caches quatre mois, pleurant trop tard le forfait de leurs freres , et la misère ou il les avoit réduits. 

                                                                      
                                                                                            Gabaa, les ruines et la ville actuelle                                           

GABALUS : se disait de quelqu’un qui méritait l’empalement.

 

GABATA : à l'origine écuelle puis plat luxueux pour le service chez les Romains. Dans les textes de la fin de l'antiquité le mot est quelquefois appliqué au plateau d'une lampe en métal précieux, telle qu'on en suspendait dans les églises.

 

GABIA ou GABINA : surnom de Junon adorée à Gabies, capitale des Volsques. La Diane de Gabies(autre divinité honorée dans cette ville) est une statue de femme drapée représentant probablement la déesse Artémis, qui est traditionnellement rattachée au sculpteur Praxitèle.

Extrait de la Géographie de Strabon: Généralement pourtant ces dernières localités, ainsi que les places situées sur la voie Latine même ou au delà de cette voie, se trouvent comprises dans les limites de l'ancien territoire des Herniques, des Aeques et des Volsques et ont eu les Romains pour fondateurs. A gauche de la voie Latine, entre cette voie et la voie Valérienne, Gabies s'offre à nous la première : située sur la voie Prénestine, à égale distance de Rome et de Préneste, à 100 stades à peu près de l'une et de l'autre, cette ville possède dans ses environs la carrière de pierres qui fournit le plus abondamment aux besoins de Rome.

 

GABINIUS (AULUS) : 100-  48 av. J.-C. Il dépensa rapidement sa fortune dans les plaisirs, puis rechercha les charges publiques pour la rétablir. Tribun en 66, il demanda des mesures décisives contre les pirates et fit donner, malgré les sénateurs, des pouvoirs extraordinaires à Pompée. Resté à Rome, il ne cessait d’attaquer le luxe de Lucullus, pendant que lui-même faisait bâtir à Tusculum, avec les profits de sa charge, une splendide demeure. Après une campagne en Orient, il fut nommé préteur, 61, et consul en 58. Allié de Clodius, il contribua à l’exil de Cicéron, puis entra en lutte avec le fougueux tribun. Gouverneur de Syrie, il se déclara en faveur d’Hyrcan contre son neveu Alexandre, battit ce dernier, confirma Hyrcan dans le grand-pontificat à Jérusalem, donna au gouvernement une forme aristocratique et divisa Judée en cinq districts. Gabinius allait soutenir Mithridate le Parthe contre son frère Orodès, lorsqu’il marcha contre l’Égypte, afin de rétablir sur le trône Ptolémée Aulètes, que recommandait Pompée, et qui lui avait promis 10.000 talents. Malgré les décrets du sénat et les oracles contraires, il s’empara de l’Égypte et s’enrichit scandaleusement, 56-55. À son retour, il battit de nouveau le juif Alexandre près du mont Thabor. Mais il fut rappelé et remplacé par Crassus, 54. On l’accusa de lèse-majesté, mais il fut acquitté après avoir corrompu une partie de ses juges. Accusé d’avoir accepté illégalement les 10.000 talents de Ptolémée, il fut condamné à l’exil malgré l’éloquence de Cicéron, et forcé de vendre tous ses biens pour payer les énormes restitutions qu’il devait faire. En 49, il fut rappelé par César, commanda en Illyrie, après Pharsale, et mourut à Salone, où les pompéïens l’assiégeaient en 48.

 

                                    

    Tétradrachme d'Antioche, émise par le proconsul Aulus Gabinius                                                  Aulus Gabinius

 

GABRIEL : archange dont le nom signifie force de Dieu, l’un des principaux messagers célestes, apparut à Daniel, à Zacharie, à la vierge Marie. Les musulmans croient qu’il a apporté le Coran à Mahomet. La congrégation de Saint-Gabriel, fondée à Bologne en 1644, avait pour but de donner l’instruction religieuse aux enfants et aux ignorants.  Les apparitions de l'Ange Gabriel sont relativement régulières et ce depuis presque 5000 ans, puisque son nom est d'origine sumérienne, zone géographique qui a révélé aux archéologues les premières représentations d'Anges, comme par exemple dans la ville d'Ur où une silhouette humaine ailée, gravée dans la pierre, verse de l'eau dans la coupe du roi. « La racine sumérienne du mot Gabriel est GBR et signifie "gouvernorat" ou "gouverneur" » explique Malcolm Godwin, tout en ajoutant : « certains spécialistes disent que cela veut aussi dire Gibor, c'est-à-dire "puissant" ou "héros"». Peu importe. Les prêtres sumériens parlaient déjà de Gabriel sous le nom de Gabr, ou Gbr, un esprit qui dépendait de la déesse Ninhursag, source de toute vie, accouchant des planètes et toujours représentée avec une couronne de feuilles sur la tête, et une branche fleurie dans la main en signe de fertilité, sorte de précurseur sumérien de Marie. Les textes cunéiformes sur les tablettes d'argile qui nous sont parvenues la décrivent comme une déesse solitaire qui, pour s'isoler du brouhaha des autres dieux et de la chaleur, décida un beau jour de créer un jardin rafraîchissant dans la plaine d'Edinu ( Eden). Elle demanda au Dieu des Ténèbres ( qui ne se déplace que la nuit donc ) d'ouvrir le sol afin que de l'eau fraîche puisse y couler et fertiliser huit graines de petits humains qu'elle avait plantées là, histoire de passer le temps. Le Dieu s'exécuta, ouvrit la terre, fit jaillir des sources, et très vite la plaine d'Edinu se transforma en un vaste jardin luxuriant. On se trouve ici bien avant les textes hébreux de la Genèse. Les témoignages archéologiques de cette époque lointaine appellent Ninhursag la « Dame de la Montagne » ou encore « la Dame de la Vallée », le suffixe hursag désignant toujours un territoire géographique, plus généralement une plaine, sumérienne, présentera ( elle aussi ) Gabriel comme le gardien ou le gouverneur, du jardin d'Eden ! De plus, dans un autre texte cunéiforme, on retrouve également un premier au point que les monarques sumériens se flattaient sur leurs tablettes d'avoir été nourris à son lait. Plus tard, à la suite d'une mésaventure similaire à celle de la pomme du jardin d'Eden, Ninhursag décida de confier la surveillance de son jardin d'Edinu à l'esprit Gabr. L'ancestrale tradition hébraïque, suivant de très près la déesse messager divin nommé Gaga, qui effectue des aller-retours entre les humains et les dieux, prédécesseur d'Hermès. Gaga aussi délivre souvent ses messages dans des jardins. Dans sa célèbre compilation des légendes juives, Louis Ginzberg rapporte même l'histoire suivante qui confirme le côté « jardinier » de Gabriel : 

« Lorsque Dieu a convoqué le groupe des Anges sous le contrôle de Michaël et qu'Il a demandé leur opinion sur la création de l'homme, ils ont répondu avec défiance :

"Qu'est-ce que l'homme pour qu'il vous préoccupe tant ? Et le fils de l'homme pour que vous le visitiez ?"

Alors Dieu étendit son petit doigt et tous furent consumés par le feu, à l'exception de leur chef Michaël. Et le même destin emporta le groupe d'Anges sous le commandement de l'Archange Gabriel  de la destruction ».

Selon d'autres textes hébraïques encore plus anciens, Gabriel servit de témoin à Eve lors de son mariage avec Adam. D'après les musulmans en revanche, ce dernier demanda alors à Dieu la permission de construire un sanctuaire, identique à celui qu'il avait vu au Paradis, afin qu'Eve et lui pussent Le prier et Lui rendre hommage. Une fois cette première église  Kabba  achevée, Gabriel descendit du Ciel pour expliquer à Adam combien de tours il devait effec­tuer autour de ce sanctuaire afin de rendre un hommage parfait au Seigneur, car, lui dit-il « au Paradis, les Anges tournent autour de son Trône dans un cercle infini et éternel ». (voir la biographie de l'Archange Gabriel par Pierre Jovanovic)

      
                               
L'annonciation de la naissance de Jésus à Marie par l'archange Gabriel

       
  
 
Son nom signifie "Miséricorde de Dieu".
C’est un ange de compassion et de pardon mais aussi des révélations et des bonnes nouvelles. Il est cité dans l’Ancien et le Nouveau Testament ainsi que dans le Coran et toujours considéré comme le Messager de Dieu révélant sa volonté.
Dans l’Ancien Testament, il annonce une prophétie sur la durée de l’exil de Jérusalem (Livre de Daniel,VIII,15-26).
Dans le Nouveau Testament, il annonce la naissance de Jean-Baptiste à Zaccharie (Evangile selon Saint-Luc, I, 19 et 26) et la naissance de Jésus à Marie (Evangile selon Saint-Luc, I, 26-31).
Dans le Coran, il révèle les Ecritures saintes au prophète Mahomet.

GADITANUS : surnom d’Hercule adoré à Gadès (Cadix), ville où se trouvait son tombeau. Le temple élevé en son honneur était interdit aux femmes.

 

GAÉ BOLGA : la lance dans le sac. Arme secrète que la magicienne Scatach offrit à Cuchulain. Cette lance avait la particularité de s’ouvrir et de libérer des pointes destructrices en pénétrans dans le corps d’un adversaire.

 

GAÉLIQUE : langue dérivée du celte. Elle est encore parlée en Irlande, en Écosse et dans l'île de Man. Aux VIe et Ve siècles avant notre ère, il ne devait pas y avoir de différences entre le celtique parlé en Irlande et celui en usage dans l'île de Bretagne : l'évolution en deux groupes distincts s'est faite après l'arrivée des Celtes dans ces îles, au contact des populations autochtones d'une part, et, pour les Brittones, des Gaulois du continent, de l'autre.

 

                                                        
                                                                                   Croix gaélique

 

                                           

                                                            Répartition par densité de la langue gaélique

 

 

GAËLS ou GOÏDELS : Celtes d’Irlande, d’Écosse du Nord et de l’île de Man. Partis d'Irlande au V ème siècle avant J.-C, ils se répandirent sur les îles britaniques. Le nom « Gaël » a été adopté en 1810 à partir du gaélique écossais "Gaidheal" (en irlandais "Gael" et vieil irlandais "Goidhel"-"Goídeleg") pour désigner un montagnard. Mais si l'on se réfère à l'énumération des invasions, 5 races auraient occupé successivement l'Irlande :
- Les Partholon (" venus par la mer ")
- Nemed (" sacré ")
- Fir Bolg (" peuple de Bolg ")
- Tuatha Dé Danann (" peuple de la Déesse Dana ")
suivis enfin au VIIIème siècle avant J.-C. par les Gaëls (ou Goidels) qui constituent les ancêtres guerriers des Irlandais actuels. D'après certaines études, ils auraient débarqué dans le sud-est de l'Irlande en 1700 av-J.-C.

 

GAESUM : lance lourde grecque. Entièrement en fer, elle fut aussi utilisée par les Romains et les Carthaginois. Toutefois, Ce mot, d'origine celtique, et qui fut emprunté aux Gaulois par les Germains, désigne les javelots des peuples celtiques, en particulier  ceux qui habitaient la région des Alpes. Chaque guerrier en portait deux, ce qui indique que leur poids ne devait pas être très considérable . Le gaesum était l'arme celtique par excellence, comme le pilum était celle des Romains et la sarissa celle des Macédoniens. Il était tout en fer ; du moins les textes ne font-ils pas mention d'une hampe en bois à laquelle il aurait été fixé. Athénée dit que les Romains empruntèrent le gaesum aux Ibères.

 

                                   
                                                                       Le pilum dérivait du gaesum

 

 

GAÏA : la terre personifiée. Elle est largement évoquée dans la Théogonie d'Hésiode : au commencement est le Chaos, une profonde crevasse, suivi par Gaïa et Éros. Les hymnes homériques la nomment mère antique de toutes choses et épouse d’Ouranos. Dans Hésiode, elle apparu après le Chaos et mit au monde le Ciel, puis les montagnes et Pontos. Elle eut ensuite du Ciel : l’Océan, Coeos, Crios, Hypérion, Japet, Thia, Rhéa, Thémis, Mnémosyne, Phœbé, Téthys, Cronos, les Cyclopes et les Hécatonchires. Ouranos, ayant emprisonné ces derniers dans le Tartare, la Terre remit à Cronos la faux qui devait les venger. Du sang d’Ouranos tombé sur la Terre, naquirent les Érinyes, les géants et les Mélies. La Terre eut ensuite, de Pontos, Nérée, Thaumas, Phorcys, Céto et Eurybie. Les grecs lui donnaient aussi pour enfants Hyllos, Anax, Antée, Éros, le dragon Ladon, Python et Typhon. Dans Eschyle, elle est la mère de Zeus, par identification avec Rhéa qui n’existait pas à l’origine. Suivant les orphiques, elle est fille de Rhéa. La Terre dont les vapeurs prophétiques inspiraient les devins était une déesse fatidique. Elle fut la première à avoir un oracle à Delphes. On s’adressait à elle en invoquant les puissances magiques enfouies dans le sol. Au gré des traditions tardives, elle se confond, notamment chez les poètes, avec d'autres puissances fécondatrices, telles la déesse-mère phrygienne Cybèle (plus fréquemment assimilée à la Rhéa grecque) ou la déesse du foyer Hestia ou Vesta (notamment dans les Fastes du poète latin Ovide). Eschyle considère pour sa part qu'elle ne fait qu'une avec Thémis  et les traditions orphiques la désignent volontiers sous le vocable de Chton en tant que puissance infernale.

Extrait de la Création du monde par Jean-Pierre Vernant d'après l'oeuvre d'Hésiode: « D’abord vint à l’être Khaos, mais ensuite Gaia et Éros, le plus beau des dieux immortels. Que vient faire Eros dans ce trio ? Il ne préside pas, chez les dieux, à l’accouplement des deux sexes pour enfanter une nouvelle génération d’êtres divins. Khaos et Gaia, quand ils produisent à la lumière d’autres entités cosmiques, n’ont personne à qui s’unir. Ils n’ont pas de partenaire sexuel. Sont-ils même véritablement sexués ? Khaos est un nom neutre. Il n’enfante pas. A partir de lui viennent à l’être Erebos et Nux. Gaia est un terme féminin. Elle enfante, elle met bas. Mais le sexe masculin n’existant pas encore, Gaia n’est pas confinée dans la pure féminité. Au reste, quand elle engendre, c’est sans cette tendresse amoureuse qui relève d’Aphrodite, comme son privilège, le lot qui lui a été réservé, pour accoupler les deux sexes. Non seulement Gaia ne saurait s’unir à un mâle qui n’existe pas encore mais elle tire de son propre fond ses deux futurs partenaires masculins, Ouranos et Pontos. Elle devait donc les contenir virtuellement dans l’intimité de sa nature féminine. Nux, elle aussi, enfante seule, « sans coucher avec personne ».
Extrait des Métamorphoses d'Ovide:
Avant la mer, la terre et le ciel qui recouvre tout ; la nature, dans le monde tout entier,
montrait un seul visage, qu'on nomma Chaos : et ce n'était qu'une grossière masse informe, 
un entassement de choses inactives et en désaccord.
Jusqu'ici, il n'y avait aucun Titan pour fournir la lumière au monde, et Phoebe ne grandissait pas son croissant
La terre n'était pas suspendue, et l’air la baignait.
Son poids n'était pas équilibré, et Amphitrite n'avait pas étendu ses bras le long des côtes ; quand il y avait la terre,
il y avait la mer et l'air, ainsi la terre était chancelante, l'onde non navigable, l'air dénué de lumière;
il ne restait rien et les uns étaient un obstacle pour les autres, parce que dans un seul corps
le froid combattait le chaud, l'humide le sec, le mou le dur, le léger le lourd.
Un dieu, avec l'aide de la nature poussant, ordonna cet univers.

De fait, il sépara le ciel de la terre, la terre de l'eau et le ciel fluide de l'air épais.

Après avoir retiré les éléments dissociés de cette masse, il les attacha à leur place grâce à la paix harmonieuse.

 

                      

 

                 
                                                                                                                                   Gaïa et les deux satyres

 

GAÏNAS : chef goth au service de l’empire romain, obtint un grade élevé(général) sous Théodose I (qui l'envoya combattre l'usurpateur Eugène en 394)  et Arcadius. Il accompagna Stilicon et Eutrope dans leur expédition en Grèce contre Alaric, fut chargé par lui d’aller punir les intrigues du ministre Rufin et fit égorger celui-ci à Constantinople, 395. Il partagea le pouvoir avec le nouveau ministre Eutrope, puis se sépara de lui et contribua à sa ruine, 399. Il  réunit alors son armée au rebelle Tribigilde, son compatriote, et, à Charcédoine, força l’empereur Arcadius à accepter ses conditions. Gaïnas, qui était arien, réclama une église à Constantinople pour ses coreligionnaires. Le 12 juillet 400, à la demande de saint Jean Chrysostome, puis par Synésios de Cyrène, excitée ensuite par l'impératrice Eudoxie qui le trouve trop dangereux, la populace massacre un contingent de troupes de Gaïnas qui, paniqué, se retire en Thrace. Un autre général goth, Fravitta est envoyé à sa poursuite, mais Gaïnas est tué près du Danube par le chef hun Uldin qui renvoie sa tête à Constantinople le 12 décembre 400.

Détails extraits des Invasions barbares: A la fin de l'hiver ou au début du printemps 400, Trigibild se rend à Thyatire par la lydie supérieure, au nord de l'hermus. C'est là que Gaïnas jette le masque et rejoint Trigibild. Ce dernier regrette de ne pas avoir pillé la cité de Sardes, capitale de la province de Lydie, à 50 km au sud de Thyatire, cible dépourvue de toute protection. Dans la seconde moitié de mars 400, Trigibild échoue dans sa tentative de pillage de Sardes, les pluies rendant le fleuve Hermus infranchissable pour les Goths. Après cet échec en Asie, les deux chefs Goths décident de passer en Europe. Trigibild se dirige vers les Dardanelles, Gaïnas vers le bosphore. Ils occupent ces positions à la mi-avril 400. Gaïnas demande alors une entrevue avec l'Empereur Arcadius, se méfiant des hauts fonctionnaires qui appartenaient tous au parti anti-goth d'Aurélien. L'entrevue se déroule à Chalcédoine. Césaire (Kaisarios), frère du préfet du prétoire Aurélien, lui-même ancien préfet du prétoire collégialement avec Eutychien jusqu'à la chute d'Eutrope, facilite l'organisation de la rencontre entre Arcadius et Gaïnas. A l'inverse de son frère, Césaire est assez favorable aux Goths, comme l'était Eutrope. La rencontre à Chalcédoine entre Arcadius et Gaïnas se tient dans l'église de sainte-euphémie. C'est un triomphe complet pour Gaïnas, qui s'impose à Arcadius. Il obtient peut-être un grade supérieur dans l'armée et le consulat pour 401. Surtout, le parti anti-gothique de ses ennemis est décapité et perd toute influence sur la marche des affaires. Césaire, plus favorable aux Goths, succède à son frère Aurélien et retrouve sa charge de préfet du prétoire. On remet à Gaïnas ses plus farouches adversaires : Aurélien -consul en 400 , saturnin(us) -ancien consul en 383, Jean –confident d'arcadius. Les Goths sont autorisés à passer librement en Europe et s'installent à Constantinople. La capitale de l'orient est occupée militairement par un ennemi en arme, mais l'évènement ne fait que peu de bruit - infiniment moins que le sac de Rome en 410. Après un simulacre d'éxecution, les otages sont exilés. Une fois l'accord conclu, Trigibild passe les Dardanelles et arrive en Thrace. Gaïnas passe le Bosphore et s'installe à Constantinople. Trigibild est tué peu après son passage en Thrace, dans des circonstances non-élucidées. Si l'accord semble être au profit de Gaïnas, l'Asie Mineure, peut-être la partie de la plus riche et la plus peuplée de l'Empire, se débarasse des Goths. L'Orient préserve les bases de sa souveraineté économique et militaire avec cet abandon de l'Asie par les Goths. 

Les motivations de Gaïnas semblent claires : maintenir le parti anti-gothique à l'écart du pouvoir, s'imposer à Arcadius, et devenir l'un des premiers personnages de l'état. Selon les sources antiques, Gaïnas répartie les soldats de Constantinople dans des garnisons hors de la ville, la laissant sans défense. Il parait cependant douteux que toutes les troupes romaines ainsi que les troupes palatines chargées de la protection de l'Empereur soient placées hors de la capitale. Zosime par la suite indique qu'il restait des troupes dans la ville, et le stationnement dans des garnisons hors de Constantinople était la situation normale, et ne résulte pas d'une décision de Gaïnas. Il n'est cependant pas douteux que les troupes gothiques sont bien plus nombreuses que les troupes romaines qui pouvaient s'opposer à eux.
La cohabitation entre des guerriers Goths hostiles accompagnés de leurs familles et la population de Constantinople va aboutir à une révolte de cette dernière, dite "anti-germanique". Heurts et incompréhensions se développent rapidement. Dans un premier temps, les Goths, chrétiens ariens, demandent qu'une église de la ville leur soit remise pour être consacrée arienne. Jean chrysostome, évèque de Constantinople, et tenant de l'orthodoxie chrétienne, s'y oppose de toutes ses forces. A cela s'ajoute des rumeurs selon lesquelles les Goths tentent de piller les banques et de confisquer les coffres des changeurs. L'échec de leur tentative pour mettre la main sur l'or de la capitale impériale provoquent leur fureur. Un incendie suspect menace alors le palai de Constantinople.
Au début du mois de Juillet 400, une partie des Goths décident de quitter la ville avec leurs familles en secret, sans susciter la suspiçion des autorités ou de la population, afin d'éviter de nouveaux revers, ou plus probablement dans le but de mettre leurs familles à l'abri. Les Goths, même bénéficiant d'une grande supériorité numérique par rapport aux soldats impériaux, devaient en effet s'inquiéter du sort de leurs familles dispersées dans Constantinople, source par ailleurs de tensions croissantes et de heurts avec la population de la ville.
Gaïnas et une partie des siens quittent la ville sans encombres, et s'installent près de l'église de saint jean l'apôtre, à 7 miles de la ville (soit 10 km ½ ). Le 12 juillet, des incidents aux portes révèlent cependant à la population de Constantinople que les Goths tentent de s'esquiver secrêtement avec leurs familles. En l'absence de Gaïnas, le malaise général quant à la présence des Goths dans la ville se mute en une chasse à l'homme. Des échauffourés s'ensuivent aux portes de la ville entre Goths et habitants de Constantinople. Alors que le désordre atteint son paroxysme aux portes, les Goths se trouvant encore dans l'enceinte de la ville se rendent compte que la foule de leurs adversaires est très mal armée, et principalement composée de civils et non de soldats réguliers. Ces Goths tentent donc d'organiser une résistance, et leurs compatriotes déjà hors des murs de la ville reviennent sur leurs pas pour leur porter secours. Gaïnas est peut être du nombre. Mais les habitants de Constantinople, craignant le retour des barbares qui avaient déjà quitté la ville et venaient prêter main forte à leurs compagnons en difficulté réussissent à fermer les portes de la ville, provoquant l'échec de la contre-attaque des Goths.
Une partie des Goths, ceux qui n'ont pas encore quitté Constantinople, se trouve ainsi bloquée dans la ville, en proie à une population hostile. Ces goths se réfugient dans l'église des chrétiens (probablement l'église où Jean Chrysostome fait dire la messe en langue gothique). Par crainte du sacrilège ou en raison de difficultés à les déloger, le toit de l'édifice est défoncé et on y lance des brulôts. L'incendie de l'église cause la mort de 700 Goths. 7.000 auraient péri dans la révolte de la ville. 

 Gaïnas laissa donc dans la ville des barbares dont le nombre l'emportait dans une large mesure sur celui des hommes chargés d'assurer la protection de la cour, se retira dans un faubourg distant de 40 stades de la ville [...]. Comme il s'approcha du mur [...] les garde stupéfaits poussèrent des cris; un tumulte général s'en étant suivi, on entendait les plaintes des femmes, et ce n'était que gémissements confus, comme si la ville était déjà prise, jusqu'à ce que, tous s'étant rassemblés, ils se dressèrent ensemble contre les barbares qui se trouvaient dans la ville, les massacrèrent avec des épées, des pierres et tout ce qui leur tombait sous la main, puis se précipitèrent vers la muraille, lancèrent de concert avec les gardes tout ce qu'ils trouvaient contre les hommes qui entouraient Gaïnas et les arrêtèrent dans leur attaque contre la ville. Mais quand la ville eut échappé de cette manière au danger, les barbares acculés par ceux qui se trouvaient à l'intérieur, au nombre de plus de 7.000, s'emparèrent de l'église des chrétiens qui se trouve près du palai impérial et se firent ainsi un asile pour assurer leur salut; l'Empereur voulut que même là on les massacrât, et que l'endroit ne suffise pas à les faire échapper au juste châtiment de leur audace. Or l'Empereur donna ces ordres, mais absolument personne n'osa mettre la main sur eux et les arracher de l'asile, par crainte de se heurter à quelque résistance de leur part; il parut donc judicieux qu'en démolissant le toit à l'endroit situé au-dessus de la table de ce qu'on nomme l'autel, on donne aux hommes désignés pour ce travail la possibilité de lancer sur eux des morceaux de bois enflammés et de les brûler tous jusqu'au dernier en recourant sans discontinuer à ce procédé; c'est ce qu'on fit, et les barbares furent exterminés, mais les plus dévots des chrétiens estimèrent qu'on avait osé commettre un grave sacrilège au milieu de la ville." (Zosime, Histoire Nouvelle, 5,19,2-5). 

Gaïnas suite à la révolte reprend sa guerre en Thrace mais les villes ont été fortifiées et sont défendues par les milices. Toute nourriture a été rentrée dans les villes. Gaïnas, poussé par la famine et regrettant d'avoir abandonné les riches provinces d'Asie, où il compte de plus de nombreux partisans Goths, il décide de repasser en Asie par l'Hellespont. Le gouvernement de constantinople par l'intermédiaire de Jean Chrysostome tente une ambassade avec Gaïnas qui échoue après ces évènements. Gaïnas est déclaré ennemi de l'Empire.
Fravitta, un Goth, est désigné par Arcadius pour combattre Gaïnas. Fravitta s'est distingué dans le passé dans sa lutte contre le brigandage des Isauriens dans les années 395, et contre la piraterie en Cilicie, Palestine et Phénicie avec le grade de Magister Militium per Orientem. Il est présenté comme un civilisé et comme un grec, c'est à dire polythéiste. Pour sa guerre contre Gaïnas, il obtient le grade de Magister Militium Praesentalis à l'été 400. Veillant à ce que ses troupes soient opérationnelles, il fait construire en partie une flotte navale, composée de Liburnes, des navires légers à 30 rameurs (triacontères). Il complète sa flotte avec des navires stationnés à Constantinople, et se tient face à Gaïnas de l'autre côté de l'Hellespont.
Gaïnas lui, n'a que des radeaux à opposer à la flotte de Fravitta. Poussé par la famine, il tente malgré tout de débarquer en Asie. L'effet combiné des vents et surtout du courant en direction de la mer égée rend la manoeuvre de radeaux de Gaïnas très difficile. L'endroit où les Goths font selon toute vraisemblance leur tentative de traversée ne comprend que 1.6 km de largeur, mais est également l'endroit où le courant est le plus fort. Le 23 décembre 400, la flotte de Fravitta disperse et coule sans mal les radeaux de Gaïnas.

Le général des Romains croisa [...] avec ses navires dans les parages des territoires de l'Asie en guettant nuit et jour les entreprises des barbares; mais Gaïnas, par manque de vivres, supportait avec peine de temporiser; après avoir coupé du bois dans la forêt de la Chersonèse, il en adapta une pièce à l'autre avec un soin extrème, construisit des radeaux capables d'accueillir des hommes et des chevaux, y embarqua les hommes avec leurs chevaux et les laissa emporter par le courant; il n'était en effet pas possible de les diriger en droite ligne avec des rames ni de les soumettre d'aucune manière à l'art des pilotes, vu qu'ils avaient été improvisés sans aucun art, par brusque décision d'un barbare. Lui-même resta sur la terre ferme avec l'espoir de reccueillir aussitôt le bénéfice de la victoire, comme si les Romains n'allaient paraître aucunement capables de combattre ses hommes; cela n'échappa pas à la perspicacité du général des Romains qui, au contraire, ayant prévu la manoeuvre, fit avancer ses navires à quelques distances de la terre; lorsqu'il vit les radeaux des barbares emportés au gré du courant, il prit lui-même l'initiative d'attaquer l'embarcation qui venait à sa rencontre en première ligne; comme il disposait d'un navire muni d'une étrave d'airain, il l'assaille en ayant l'avantage de son côté, l'éperonne, accable simultanément les occupants en leurs lançant des traits, et le coule avec ceux qui s'y trouvent. Lorsque les équipages des autres bateaux virent leur général et l'imitèrent, ils abattirent les uns en les perçant de traits, cependant que la mer engloutissait les autres qui étaient tombés des embarcations, si bien qu'aucun pour ainsi dire ne put échapper à la mort." (Zosime, Histoire Nouvelle, 5,21)

Fravitta n'ose pas mettre en jeu ses troupes contre Gaïnas sur la terre ferme et le laisse partir vers le Nord. Cette passivité après sa victoire navale est source de critique à son égard. Les ennemis de Fravitta sont les romains hostiles aux barbares, partisans du préfet du prétoire Aurélien, qui relèvent la tête depuis la révolte de Constantinople. Mais dans un premier temps, ils ne peuvent entamer son crédit, et Fravitta et nommé consul pour l'année 401. Gaïnas se dirige alors vers la Thrace extérieure, et tente de regagner le Danube. Il fait massacrer les soldats réguliers qui se trouvaient encore dans ses troupes, de crainte qu'ils ne le trahissent et ne retournent à l'Empereur Arcadius, ou pour être plus libre de ses mouvements. Il est finalement massacré quelques jours plus tard, près de la frontière danubienne par les guerriers de Uldin, le roi des Huns. Amical avec l'Empire, Uldin fournit des mercenaires dans les périodes difficiles, ainsi que la tête du révolté, envoyée à Constantinople. 

                            
                                                     Armée de Stilicon, d'Eutrope et Gaïnas assiégeant une ville

GALAAD : héros arthurien. Galaad est le plus jeune des Chevaliers de la Table Ronde. Fils de Lancelot du Lac, il incarne l'archetype du Chevalier religieux décrit par Chrétien de Troyes sous le nom de Galaad le Chaste. Il apporte le prolongement du cycle arthurien car au-delà de la mort d'Arthur, il est le seul chevalier à obtenir au terme de sa quête le privilège d'entrevoir la révélation du Saint Graal. Galaad est parfois assimilé à Perceval ou Parsifal, dont le courage et la pureté sont évoqués dans le célèbre Opéra de Richard Wagner. La pureté de son âme lui permet d’approcher et de contempler le Graal.

Résumé d'un texte tardif: Lorsque sire GAUVAIN fit le voeux de trouver le Graal par lui-même , la plupart des chevaliers de la table ronde firent de même , en dépit des efforts du roi Arthur pour les dissuader d'entreprendre ce qui pouvait être leur quête finale  . Bien qu'ils partirent dans différentes directions , Galahad était en compagnie de PERCEVAL et de BORS  lorsqu'il trouva le Graal . Ensemble , ils avaient reçu le sacrement de JOSEPH D'ARIMATHIE , qui avait dit à Galahad de porter une lance sanglante au château du roi pêcheur et de la frotter sur le corps et les membres du chef estropié . Une fois cette tâche accomplie , et le roi ayant retrouvé la santé , Galahad eut une vision du Graal . Quand il fit une prière "pour quitter le monde " , une voix lui expliqua comment son âme vivrait une autre vie avec le Christ lorsque sa prière serait exaucée .Après cela , plusieurs miracles se produisirent et sire Galahad fut même obligé de devenir roi , position qu'il occupa un certain temps , tout en attendant patiemment que sa requête soit satisfaite . Lorsque Joseph d'Arimathie finalement revint , Galahad fut autorisé à quitter le monde . Joseph permit d'abord au pur et humble chevalier de tenir le Graal quelques instants , puis Galahad s'agenouilla pour implorer sa délivrance , son âme s'échappa soudain de son corps , "et une multitude d'anges la portèrent au ciel " .

 

                                

                                 Galaad et Merlin

 

GALAGADREIZ : le Combattant. Seigneur du château du Chagrin (Moreiz) en Armorique. Lanzelet, héro celye initié par la fée des eaux le tua en même temps que le comte de Limors.

 

GALATÉE : Néréide. Aimée d’Acis. Ce dernier périt écrasé sous un rocher lancé par Polyphème. Elle le changea en fleuve.Dans la mythologie grecque, la légende de Pygmalion et de Galatée est associée à l'île de Chypre. Elle est principalement racontée par Ovide dans ses Métamorphoses. Acis était un jeune berger de Sicile, fils de Faunus et de la Nymphe Symaéthis qui fut aimé de la Néréide Galatée "plus blanche que la feuille du troène, plus fleurie que les prés émaillés. Sa taille est plus élancée que l'aulne; son sein a plus d'éclat que le cristal".Mais le cyclope Polyphème à l'œil unique était son rival en amour.Un jour, il surprit les deux amants sous un abri et écrasa Acis sous un rocher de l'Etna.Inconsolable, Galatée pria les dieux de transformer le sang pourpre qui coulait du corps de son malheureux amant en un fleuve; les eaux du fleuve se jettent dans la mer proche, Acis viendrait ainsi, pour toujours et à tout moment, la rejoindre. Un fleuve, au pied de l'Etna, porte aujourd'hui son nom et en souvenir de ce berger, les villes voisines de la riviera des Cyclopes prirent aussi son nom (Aci Trezza, Aci Castello).

 

                     

                          Anne-Louis Girodet-Trioson                                  Galatée par Gustave Moreau
                            Pygmalion et Galatée, 1819

                                           
                                                                  Alcis et Galatée par Nicolas Poussin (1627)

 

GALATÉE : fille d'Eurytos ou d’Eurythios. Femme de Lampros. Elle vivait en Crète. Son époux, qui désirait un fils, lui ordonna de tuer l’enfant qui viendrait à naître si c’était une fille. Elle accoucha d’une fille et décida d’élever son enfant sous le nom masculin de Leucippe. Tout alla bien pendant des années, mais lorsque sa fille atteignit l’âge de sa puberté et dévoila son sexe, craignant la colère de Lampros, Galatée se précipita au pied des autels de Léto et supplia la déesse de changer le sexe de son enfant. Léto exauça sa prière. Une fête annuelle dans la ville de Phæstos rappelait le jour où la jeune fille avait dépouillé les vêtements de son sexe pour revêtir les habits d’homme.

 

GALATES : Gaulois qui envahirent l’Asie Mineure au IIIe siècle avant notre ère. De Gaule cisalpine, des troupes celtes  prirent la route des Balkans, ils  traversèrent la Macédoine et gagné la Grèce, pillant au passage le temple de Delphes, lors de la Grande expédition. Ils fondèrent la Galatie entre la Cappadoce, la Lycaonie, la Phrygie, la Bithynie et la Paphlagonie. Les Galates, commandés par Lutérios et Léonorios, arrivent dans ce pays vers 278 av. J.-C. à l’invitation du roi Nicomède I de Bithynie afin de combattre Antiochos I, roi séleucide. Leur appui lui assura le trône, et il leur donna en récompense des terres situées au sud de son royaume, sur les bords du Sangarius Ce peuple était formé de trois tribus : les Tolistoboïens avec pour capitale Pessimonte, les Tectosages (capitale Ancyre) et les Trocmes (capitale Tavium). Chacune d’elles était gouvernée par quatre chefs élus (les tétrarques) qui s’appuyaient sur une assemblée générale de trois cents membres. Ils furent vaincus par le consul romain Manlius Vulso en 189-188 avant notre ère. Les Galates luttent contre Mithridate, roi du Pont et lui détruisent un corps d'armée en -73. La réorganisation administrative de l'Asie Mineure par Pompée confie le pouvoir à trois princes, sous la surveillance du Tolistobogien Déiotaros, qui est fait roi (66 av. J.-C.) Une nouvelle réorganisation aura lieu par Antoine, agrandissant le territoire de la Galatie, mais confiant le pouvoir à des hommes sûrs, étrangers aux familles régnantes (37/36 av. J.-C.)

Extrait des Galates par Strabon: Donc les Galates sont au sud de la Paphlagonie : de leurs trois peuples deux, les Trocmes et les Tolistobogiens, doivent leurs noms à d'anciens chefs ; le troisième, les Tectosages, a gardé celui d'un peuple celtique. Les Galates occupèrent cette contrée après avoir longtemps erré et fait des incursions dans les pays soumis aux rois Attaliques et Bithyniens, lesquels enfin leur cédèrent de bon gré la région dite depuis Galatie et Gallogrèce. Leur principal chef au moment de leur passage en Asie paraît avoir été Léonnorios. Les trois peuples parlaient la même langue, et sur tous les autres points, il n'y avait entre eux aucune différence. Chacun de ces peuples se divisa cependant en quatre parties qui s'appelèrent tétrarchies, ayant chacune son tétrarque, un juge unique, un seul chef militaire, sous l'autorité du tétrarque, et deux sous-chefs militaires. Les douze tétrarques avaient un conseil de trois cents membres, qui se réunissaient dans un lieu appelé Drynémétum. Le conseil connaissait des affaires de meurtre, les autres étaient du ressort des tétrarques et des juges. Telle était autrefois la constitution de la Galatie. De nos jours, le pouvoir passa aux mains de trois chefs, puis de deux; et enfin d'un seul, qui fut Déjotarus, lequel eut pour successeur Amyntas. Maintenant les Romains possèdent avec la Galatie tout le pays qui fut soumis à Amyntas, et ils en ont fait une seule province.

Les Trocmes occupent les terres voisines du Pont et de la Cappadoce, et ce sont les meilleures de la Galatie. Ils ont trois places fortes ceintes de murs, Tavium, qui est le marché du pays, où se trouve une statue de Jupiter, colosse d'airain,et une enceinte consacrée à ce dieu, laquelle est un lieu d'asile; Mithridatium que Pompée donna à Bogodiatare, après l'avoir ôté au royaume du Pont ; la troisième de ces places est, si l'on veut, Danala, où eut, lieu l'entrevue de Pompée et de Lucullus, le premier venant pour prendre la suite de la guerre, l'autre lui remettant le commandement et partant pour son triomphe. Voilà donc la partie du pays occupée par les Trocmes. Quant aux Tectosages, ils habitent dans le voisinage de la grande Phrygie, les cantons de Pessinonte et d'Orcaorces. Leur place forte était Ancyre, dont le nom est aussi celui, d'une petite ville phrygienne, près de la Lydie, aux environs de Blaude. Les Tolistobogiens sont limitrophes des Bithyniens et de la Phrygie dite Épictète. Leurs places fortes sont Blucium et Pèium ; l'une fut la résidence royale de Dejotarus, dans l'autre était gardé son trésor.

Pessinonte est le principal marché de ces contrées, ce qui tient à ce que cette ville possède un sanctuaire de la Mère des dieux, objet d'une grande vénération : la déesse y est appelée Agdistis. Anciennement les prêtres étaient des espèces de dynastes, qui avaient les profits de la grande prêtrise; aujourd'hui leurs honneurs sont bien amoindris, mais le marché subsiste. La pieuse magnificence des rois Attaliques avait embelli l'enceinte sacrée en y élevant un naos (chapelle) et des portiques en marbre blanc. Les Romains eux-mêmes avaient contribué à l'illustration de ce sanctuaire, en faisant transporter chez eux la statué de la déesse, conformément aux oracles sibyllins, comme ils avaient fait déjà l'Asclèpios (Esculape) d'Épidaure. Il y a aussi une montagne qui domine la ville, c'est le Dindyme, d'où est venu à la déesse le surnom de Dindymène, comme des monts Cybéles lui est venu celui de Cybélè. Tout près de Pessinonte coule le fleuve Sangarios, sur lequel sont les anciennes habitations des [rois] Phrygiens Midas, Gordios qui est antérieur, et de quelques autres; elles ne conservent pas de traces de ce qu'elles furent des villes, mais ce sont des bourgades un peu plus grandes que les autres. Tels sont Gordium et Gorbéûnte, résidence du roi Castor Saocondarios, gendre de Dejotarus qui l'y égorgea avec sa propre fille, ruina la forteresse, et dévasta la plus grande partie des habitations.

 

                                                 

                                                                                        Galacie

 

GALAXIE : nom grec de la Voie lactée. C’est par là que les héros entrent dans le ciel et se rendent au palais de Zeus. À droite et à gauche sont les palais des dieux les plus puissants. D’après la mythologie grecque, notre galaxie a été créée par les Dieux de l'Olympe. On dit que c’est Zeus, profitant du sommeil se son épouse, qui a placé son fils illégitime, Héraclès, sur le sein de la divine Héra, afin que son lait maternelle le rende immortel. Lorsque Héra s’est éveillée, elle a repoussé cet enfant inconnu, laissant son lait se propager dans le ciel pour former une traînée blanche : notre galaxie, la Voie lactée.

En réalité, en cosmologie, une galaxie est un assemblage d’étoiles, de matière noire, de gaz et de poussières en gravitation. Les scientifiques admettent que l’Univers, créé selon la théorie du Big Bang, comporte plusieurs centaines de milliards de galaxies. C’est l’astronome américain Edwin Hubble qui a mis en évidence l’existence des galaxies dans les années 1920.

 

                                                 
                                                                                      La Voie lactée

 

GALAXIES : fêtes en l’honneur Dad la mère des dieux. On donnait en offrande une bouillie ou gâteau d’orge cuit avec du lait (gala).

 

GALBA : roi des Suessions (région de Soissons) qui, en 58 av. J.-C., prit le commandement des armées belges après la défaite d’Arioviste face à César. Durant l'hiver de l'an -57, une vaste coalition regroupant tous les peuples du nord des Gaules (à l'exception des Rèmes qui étaient des alliés de Rome depuis longtemps) vit le jour. Forte de près de 300 000 hommes, cette coalition se mit en marche sous les ordres de Galba, roi des Suessions. Ils envahirent le pays des Rèmes, firent le siège de Bibrax, un oppidum situé sur la colline du Vieux-Laon près de Saint-Thomas, à un douzaine de kilomètres au sud-est de Laon. César vint à la rescousse de ses alliés et força la levée du siège avec à peine 80 000 hommes sous son commandement.

Extrait de la Guerre des Gaules par Jules César: Les Suessions étaient les voisins des Rèmes ; ils possédaient un très vaste territoire, et très fertile. Ils avaient eu pour roi, de notre temps encore, Diviciacos, le plus puissant chef de la Gaule entière, qui, outre une grande partie de ces régions, avait aussi dominé la Bretagne ; le roi actuel était Galba. C’est à lui, parce qu’il était juste et avisé, qu’on remettait, d’un commun accord, la direction suprême de la guerre. Il possédait douze villes, il s’engageait à fournir cinquante mille hommes. Les Nerviens en promettaient autant : ils passent pour les plus farouches des Belges et sont les plus éloignés ; les Atrébates amèneraient quinze mille hommes, les Ambiens dix mille, les Morins vingt-cinq mille, les Ménapes sept mille, les Calètes dix mille, les Véliocasses et les Viromandues autant, les Atuatuques dix-neuf mille ; les Condruses, les Eburons, les Caeroesi, les Pémanes, qu’on réunit sous le nom de Germains, pensaient pouvoir fournir environ quarante mille hommes...

... César reçut la soumission des Suessions, qui donnèrent comme otages les premiers personnages de la cité et deux fils du roi Galba lui-même, et livrèrent toutes les armes que leur ville renfermait puis il marcha sur les Bellovaques. Ceux-ci s’étaient rassemblés, emportant avec eux tout ce qu’ils possédaient, dans la ville de Bratuspantium ; César et son armée n’étaient plus qu’à cinq mille pas environ de cette place, quand tous les anciens sortirent de la ville et, tendant les mains vers César, puis usant de la parole, firent connaître qu’ils se remettaient à sa discrétion et n’entreprenaient pas de lutter contre Rome. César avança sous les murs de la ville et y campa et cette fois les enfants et les femmes, du haut des murs, bras écartés et mains ouvertes suivant leur geste habituel de supplication, demandèrent la paix aux Romains. 
 

               
                 Campagne contre les Belges en -57                                                        Monnaie suessione

 

 

GALBA (PUBLIUS SULPICIUS MAXIMUS) : né en 250, mort en 190 av. J.-C. Consul en 211, on l’envoya en Macédoine où il prit sans risque avec sa flotte l’île d’Égine qu’il donna aux Étoliens(210). En 210 et 206 av. J.-C. il fut nommé proconsul en Grèce. Il combattit Philippe de Macédoine jusqu’en 204. Dictateur en 203, il fut nommé une seconde fois consul en 200 et repartit à la guerre en Macédoine. Il débarqua aux environs d'Apollonia, pour envahir la Macédoine par l'ouest, Philippe V fut battu à Ottolobus, puis se retira rapidement en Illyrie. Bien que la campagne ait été considérée comme un succès militaire mineur, elle  décida les Étoliens de s'allier avec Rome.En 197 et 196 av. J.-C., il fut l'un des de dix commissaires sénatoriaux chargés d'étudier les institutions grecques. Enfin en 193 av. J.-C.,  il acheva sa carrière comme ambassadeur auprès d'Antiochos III.

 

GALBA (SERVIUS SULPICIUS) : tribun militaire (né en 190, mort en 135 av. J.-C.) sous Paul Émile dont il fut l’adversaire. Il exerça les fonctions de préteur en Espagne. Il combattit les Celtibères et les Lusitaniens. Ayant signé un traité de paix qui prévoyait une distribution de terres à ses ennemis de la veille, il les fit égorger par milliers. Cité en justice en -149 pour ces faits et 150 autres actes de perfidie par le tribun Scribonius, il acheta les juges et fut acquitté malgré l'acharnement de Caton

 

GALBA (SERVIUS SULPICIUS) : empereur romain. Galba naquit à Terracine, au bord de la mer Tyrrhénienne, lieu de villégiature élu entre tous par l’aristocratie romaine, le 24 décembre de l'an 3 av. J.-C. Adopté par sa belle-mère, il prit le nom de Lucius Livius Ocella. Livie lui légua 50 millions de ses terces que Tibère ne lui paya pas. Sa richesse n’en fut pas moins énorme. Il épousa en premières noces Mummia Achaïca, qui prétendait descendre de Pasiphaé, puis il se remaria avec Livia Ocellina(Livie la donatrice). Enfin, il épousa Lépida qui lui donna deux fils(cette dernière et ses enfants ne vécurent pas longtemps). Il ne chercha pas à se remarier, peut-être en raison de son homosexualité, qui était notoire selon Suétone. Consul en 33, commandant des armées de Germanie en 39, il rétablit la discipline et, à l’avènement de Claude, reçut le proconsulat d’Afrique. En 61, il eut le gouvernement de l’Espagne et évita de se compromettre. À la nouvelle de la révolté de Vindex (mars 68) apprenant que Néron voulait le faire assassiner, il se fit proclamer empereur  grâce à l’appui de Nymphidius, préfet du prétoire. Le sénat, le 11 juin 68, lui conféra la dignité impériale à la mort de Néron. Loin de satisfaire les espoirs des Romains, il laissa ses affranchis Vinius et Lacon se disputer le pouvoir. Sans jugement, il fit mettre à mort le préfet du prétoire Nymphidius et égorger la légions des soldats de marine. Pour assurer son pouvoir, le vieil empereur fit choix d'un héritier en la personne de Pison, qu'il présenta aux prétoriens comme son successeur futur (12 janvier 69). Déçu, son allié Othon se laissa proclamer empereur par quelques centurions. Alors que Galba se dirigeait vers le Forum, ses gardes l’abandonnèrent, sa litière fut renversée et les révoltés le mirent en pièce (16 janvier 69).

Extrait de la vie des Douze Césars par Suétone: Des prodiges frappants et réitérés avaient annoncé à Galba, dès le commencement de son règne, la fin tragique qui l'attendait. Tandis que sur sa route on immolait de ville en ville des victimes de tous côtés, un taureau frappé d'un coup de hache rompit ses liens, se précipita sur son char, et, se dressant sur ses pieds, le couvrit de sang. Au moment où Galba en descendait, un garde, pressé par la foule, faillit le blesser de sa lance. À son entrée dans Rome et dans le palais, la terre trembla, et fit entendre une espèce de mugissement. Ensuite vinrent des présages encore plus manifestes. Il avait choisi dans son trésor un collier garni de perles et de pierres précieuses pour en décorer sa statuette de la Fortune à Tusculum. Mais, pensant que ce collier était digne d'un lieu plus auguste, il le dédia à la Vénus du Capitole. La nuit suivante, il rêva que la Fortune se plaignait d'avoir été frustrée de l'offrande qu'il lui destinait, et le menaçait de lui retirer aussi ses dons. Effrayé de ce songe, il envoya, dès le point du jour, préparer un sacrifice, et courut lui-même à Tusculum. Mais il n'y trouva qu'un feu éteint sur l'autel, et à côté, un vieillard en habit de deuil, portant de l'encens dans un bassin de cristal, et du vin dans une coupe de terre. On remarqua aussi, aux calendes de janvier, que la couronne tomba de sa tête pendant qu'il faisait un sacrifice, et que les poulets s'envolèrent quand il prit les auspices. Le jour de l'adoption de Pison, lorsqu'il allait haranguer les soldats, on avait oublié de mettre, selon l'usage, le siège militaire devant son tribunal, et, dans le sénat, sa chaise curule se trouva placée de travers...

...Il arrivait précédé d'une réputation d'avarice et de cruauté, parce qu'en Espagne et dans les Gaules il avait frappé d'impôts considérables les villes qui avaient hésité à suivre son parti. Il en avait même puni quelques-unes en détruisant leurs murailles, et condamné au dernier supplice leurs chefs et les agents du fisc avec leurs femmes et leurs enfants. Il avait fait fondre une couronne d'or de quinze livres tirée d'un ancien temple de Jupiter, que la Tarragonaise lui avaient offerte, et exigé le paiement de trois onces qui manquaient au poids...

...On dit qu'il était fort gourmand, et qu'en hiver il mangeait même avant le jour. Sa table était si abondante, que la desserte était portée de main en main autour de la salle et distribuée aux officiers de service. Sa passion pour les hommes s'adressait exclusivement à l'âge mûr et à la vieillesse. On prétend que lorsqu'en Espagne Icelus, l'un de ses anciens mignons, vint lui annoncer la mort de Néron, non seulement il le serra dans ses bras devant tout le monde, mais il le pria de se faire épiler sur-le-champ et le conduisit à l'écart.

Il périt dans la soixante-treizième année de son âge, le septième mois de son règne. Le sénat lui avait décerné, dès qu'il l'avait pu, une statue qui devait être élevée sur une colonne rostrale dans l'endroit du Forum où il fut égorgé. Mais Vespasien cassa le décret, croyant que Galba avait envoyé d'Espagne en Judée des assassins pour se défaire de lui.

 

               

   

 

GALBANATUS : homme qui portait des vêtements de couleur jaune, couleur prisée par les femmes. Sous-entendu : homme efféminé.

 

GALBANUM : vêtement de couleur jaune porté par les hommes efféminés.

 

GALBANUM : plante utilisée par les Grecs, puis les romains, à des fins thérapeutiques. Appelée férule gommeuse, elle était importée d'Asie Mineure et de Perse. C'est sa  férule gommeuse qui a donné le nom de galbanum. Les anciens l'utilisaient autrefois comme remède contres les affections respiratoires, les flatulences et les coliques, mais ces usages internes ont été aujourd'hui abandonnés.

 

                                                   

                                                                                    Galbanum

 

GALEA : casque de cuir à couvre-nuque que portaient les soldats romains. Les gradés avaient droit au panache de plumes d’oie diversement colorées. À l’époque de Camille, ce mot désignait n’importe quel casque de cuir ou de fer.

 

                                                               

 

                                                                   

 

GALÉOS ou GALÉOTÈS : lézard. Fils d’Apollon et de Thémisto. Il régna sur les Hyperboréens. Obéissant à la voix de l’oracle, il se rendit en Sicile et y éleva un temple en l’honneur d’Apollon.

 

GALÉOTES : devins et interprètes des songes en Sicile.Hybla était la ville de toute la contrée où il se trouvait le plus de ces galéotes. Ils se disaient les descendants de Galéos et d'Apollon. Cicéron raconte que la mère de Denys de Syracuse, le futur tyran, avait fait le songe qu'elle accoucherait d'un satyre. Les Galéotes qu'elle alla consulter lui répondirent que cet enfant serait l'homme le plus heureux de la Grèce.

Extrait d'Histoire diverses par Elien: Un jour que Denys, fils d'Hermocrate, traversait un fleuve, le cheval qu'il montait s'abattit dans la boue. Denys fit un saut, gagna le rivage, et il s'en allait, laissant là son cheval sur lequel il ne comptait plus; mais comme l'animal le suivait en hennissant, Denys retourna sur ses pas. Pendant qu'il saisissait les crins et qu'il se préparait à remonter, un essaim d'abeilles vint se jeter sur sa main. Les Galéotes, consultés sur ce prodige, répondirent qu'il présageait que Denys serait roi.

 

GALÈRE (CAIUS GALERIUS VALERIUS MAXIMIANUS) : empereur romain. Né en 250. Fils d’un berger des environs de Sardique en Dacie, il entra dans l’armée où il gravit les échelons jusqu’au plus haut grade d’officier. En 292, Dioclétien l’adopta et le nomma César(293). Il lui donna sa fille Valeria en mariage et le gouvernement de l’Illyrie et de la Thrace. Il mèna plusieurs campagnes sur le Danube contre les Sarmates, les Carpes et les Bastarnes de 294 à 296. Après trois piètres campagnes contre les Perses, il remporta une grande victoire qui se solda par la paix. Très critique à l'égard de la religion chrétienne, il approuve, sinon encourage, la mise en place de la grande persécution décrétée en 303 par son supérieur, l'empereur Dioclétien. En 305, il réussit à faire abdiquer Dioclétien et devint Auguste, nommant Césars deux de ses proches, Maximin Daza et Sévère. Galère devînt ainsi l'Auguste à la tête de la partie orientale de l'Empire, le 1 mai 305On entra dès lors dans une période de troubles. Constantin avait été proclamé empereur par ses soldats. Maxence et son père Maximien avaient pris le titre d’Augustes en Occident. Après la défaite et la mort de Sévère (307), Galère attaqua l’Italie, mais ne put vaincre l’empereur Licinius. Il entama alors de grands travaux, creusant des canaux et défrichant des forêts. Son désir tardif de paix et une affreuse maladie(gangrène généralisée) le décidèrent à publier un édit de tolérance à l’égard des chrétiens (310). Il mourut le 30 avril 311 à Sardique. on l'enterra à Felix Romuliana (actuelle Gamzigrad, en Serbie). Aussitôt Licinius fit périr sa femme et son fils.

 

            

 

            
 Gamzigrad-Romuliana est un ensemble palatial et commémoratif de la période romaine tardive, construit à la fin du IIIe et au début du IVe siècle à la demande de l’empereur Galerius Maximianus. Les fortifications massives du palais sont une référence au fait que les empereurs de la tétrarchie étaient tous des chefs militaires de haut rang. Les relations spatiales et visuelles entre le palais et l’ensemble d’édifices commémoratifs, où se trouvent les mausolées de l’empereur et de sa mère Romula, sont uniques.

   

GALERICULUM(voir galerus) : bonnet de fourrure.

 

GALERITUS(voir Galerus) : qui porte un bonnet de fourrure comme les premiers habitants du Latium. Ce mot devint synonyme de « mal vêtu » ou « vêtu comme un paysan ».

 

GALERUM (voir l'article suivant) : perruque de faux cheveux.

 

GALERUS : bonnet de fourrure surmonté d’une pointe en bois d’olivier entouré d’une touffe de laine. Il était porté par les pontifes et les prêtres saliens. Le sens propre de ce mot, qui a probablement la même origine que galea, correspond à peu près à celui du français calotte; mais il a pris, avec le temps, des acceptions assez diverses'.  Virgile nous montre les anciens habitants du Latium partant en guerre avec des calottes fauves faites de peaux de loup. Stace, décrivant les guerriers arcadiens, dit que les uns ont revêtu des casques, tandis que les autres ont gardé la coiffure de leur pays, le galerus arcadius. Frontin appelle encore galericulum le petit casque des vélites, qui était probablement en cuir`. A l'époque classique, le galerus est la coiffure des paysans, que l'on qualifie pour cette raison de galeriti. Le laboureur, aux champs, porte un galerus, qui le protège contre le soleil?; le chasseur en campagne revêt une calotte de martre . Les poètes latins appellent aussi quelquefois galerus le pétase de Mercure. Des représentations de calottes rustiques, fort analogues à celles qu'on porte de nos jours, se voient sur les monuments qui représentent des scènes de la vie agricole et pastorale. Galerus comme galea désigne des calottes de cuir que l'on portait à la guerre, tantôt sous le casque, tantôt à l'exclusion de toute autre coiffure . Le galerus désigne aussi le bonnet fait de la peau d'un animal immolé que portaient les flamines. Les athlètes et les gymnastes portaient une calotte pour préserver leurs cheveux de la poussière. Les vases grecs dont les sujets sont relatifs aux jeux palestriques, en offrent des exemples. Sur un de ces vases on distingue les détails de cette calotte, faite de deux pièces, et fixée sur sa tête par une mentonnière . On a cru reconnaître une calotte plus petite et tout à fait adhérente sur la tête de quelques athlètes dans la mosaïque des thermes de Caracalla. Le galerus des gladiateurs n'est mentionné que dans un passage de Juvénal1°, qui causait déjà de l'embarras à ses scholiastes. Les uns y voyaient un couvrechef, les autres, un objet couvrant l'épaule. Cette dernière interprétation a été reprise par Comme le galerus le plus rustique et sans doute aussi le plus ancien était fait d'une peau d'animal sur laquelle on laissait la fourrure, on en vint â donner ce nom aux perruques, calottes recouvertes de cheveux postiches, connues des Grecs avant les Romains et plus anciennement encoredes peuples orientaux.

 

    

 

 

GALICIENS, GALICE : Gaulois de la Gaule Ibérique qui vivaient dans l’actuelle Galice en Espagne. La Galice doit son nom aux Gallaeci, nom donné par les auteurs anciens aux peuples de cette région (en fait d'une zone allant jusqu'au fleuve Douro). La Gallaecia devint une province romaine dotée d'une certaine autonomie avec ses propres capitales (Braga, Lugo et Astorga). Au cours des dernières décennies de l'Empire romain d'Occident, au début des grandes invasions germaniques, les Suèves, un peuple établi entre le Rhin et le Danube, arrivèrent à la péninsule ibérique en 409 avec d'autres tribus germaniques. Le royaume suève dura presque deux siècles (409-585) avant d'être intégré au royaume wisigoth. En 425-426, les Vandales, un autre peuple germanique, refoulèrent les Suèves et s'établirent également en Galice. Après une époque initiale de conflits, Galiciens, Suèves et Vandales s'allièrent et fondèrent un royaume qui dura un siècle et demi. Puis, le roi wisigoth Léovigild annexa, en 585, le royaume suève de Galice, qui devint alors une unité administrative du royaume wisigoth.

 

                                                                

 

 

GALIEN (CLAUDE) : célèbre médecin. Né à Pergame en 131. Il étudia la médecine dans un grand nombre de villes et devint médecin de l’école de gladiateurs de Pergame. En 167, il s’établit à Rome et se fit rapidement une renommée. Galien aurait aimé étudier l’anatomie, mais la dissection des cadavres humains était interdite par le droit romain, à défaut, il a travaillé sur des porcs, des singes et d’autres animaux. Les restrictions légales qui lui étaient imposées l’ont conduit à concevoir un assez grand nombre d'idées erronées sur l’anatomie. Par exemple, il pense qu’un réseau de vaisseaux sanguins situés à l'arrière du cerveau, le rete mirabile, existe chez l'homme, mais en réalité on ne le trouve que chez l’animal. Marc Aurèle(169) et Septime Sévère comptèrent parmi ses patients. Ses confrères jaloux l’appelaient « diseur de paradoxes ». Il quitta Rome ravagée par la peste et mourut en Sicile en 200. Il fut le meilleur anatomiste de l’époque impériale et écrivit plus de cinq cents traités sur la médecine et la chirurgie et deux cent cinquante autres sur des sujets divers. Son savoir fut exploité par les Arabes jusqu’au XVIe siècle. "les lésions des fonctions viennent des parties malades qui les produisent; les maladies des parties organiques lèsent les fonctions." A partir de là son diagnostic repose sur l'étude des symptômes. Contrairement à Hippocrate sa thérapeutique repose sur l'emploi des contraires: "contraria contrariis curantur"; les plantes médicinales tenant dans l'arsenal thérapeutique une place de choix, cette partie de la pharmacopée garde encore le nom de "pharmacie galénique". Dans son schéma de physiologie humaine Galien reprend la théorie des humeurs d'Hippocrate qui repose sur les 4 éléments (eau, air, terre, feu) qui, combinés aux 4 qualités physiques (chaud, froid, humide, sec), influent sur lesquatre humeurs: le sang, la bile, la pituite et l'atrabile. il y ajoute les quatre tempéraments qui classent les hommes en sanguins (chaleureux et aimables), flegmatiques (lents et apathiques), mélancoliques (tristes et déprimés) et colériques (emportés et prompts à réagir). Galien fut également admiré par ses contemporains pour les idées qu'il développe en philosophie. Dans son traité De l'utilisation des parties du corps humain, il suivit l'approche d'Aristote selon laquelle il n'y a rien dans la nature qui soit inutile. Il est vitaliste et admet qu'une force vitale appelée "pneuma" émanation de la divinité, gouverne le corps comme elle gouverne le monde.
Selon Galien l'essence de la vie "pneuma" se manifeste sous trois formes principales:
- Le "pneuma physique" ou esprit naturel siège dans le foie; centre de la nutrition.
- Le "pneuma psychique" ou esprit animal siège dans le cerveau; il occupe le centre des sensations et de l'intelligence.
- Le "pneuma zootique" ou esprit vital siège dans le coeur et les vaisseaux; qui est le centre des pulsations. A quelques réalités près, ce système que Galien voulait logique et simple, apparaît confus et surtout entaché d'erreur.

 

                     

                                                                                                                       Galien soigne Marc-Aurèle

 

 

GALILÉE : nom de l’une des quatre parties de la Palestine, après la captivité de Babylone. Elle comprit les territoires des anciennes tribus d’Aser, de Nephtali, de Zabulon, et d’Issachar. Elle avait pour bornes : la Phénicie, à l’Ouest ; le Liban au Nord ; le Jourdain et le lac de Génézareth, à l’Est ; le torrent de Kison, au Sud ; elle renfermait les monts Thaboret Gelboë. La partie méridionale s’appela Galilée inférieure, le nord fut la Galilée supérieure ou des Gentils, parce qu’elle renfermait beaucoup de païens. Les villes principales étaient : Sepphoris, Nazareth, Cana, Capharnaüm, Gabara, Jotapata, Gischala, Tiberias, Nain, Endor, Béthulie, Bethsan, etc. La Galilée, pays fertile, en vignes et en oliviers, fut le principal théâtre des prédicateurs de Jésus-Christ, ce qui le fit appeler par les Juifs le Galiléen . Les apôtres étaient de Galilée. Gouvernée par Philippe, fils d’Hérode, donnée par Caligulaà Hérode-Agrippa, elle fut réduite en province romaine avec le reste de la Judée, 44. Elle fit plus tard partie de la Palestine première. Montagneuse et verdoyante, baignée par le Jourdain et bordée par le lac de Tibériade, sa population à l'époque du Christ était faite de pécheurs, d'éleveurs de troupeaux, de vignerons et autres cultivateurs d'oliviers, de fruits, de céréales. C'est le tétrarque Hérode Antipas (celui-là même qui fera emprisonner puis décapiter Jean le Baptiste) qui administre la Galilée à l'époque de Jésus et avant le début de la vie publique du Christ, nous n'avons pas d'élément pour juger si des révoltes vinrent troubler son administration de la province. En tout cas la révolte de Judas le Galiléen reprendra lors de la révolte de 68, mais sera plus rapidement apaisée qu'à Jérusalem, en particulier grâce à la sagesse de son gouverneur, le jeune Josèphe (l'auteur des mémoires sur la "guerre des Judéens" (et non des Hébreux). Durant la période romaine, la province de Palestine fut divisée en trois régions, la Judée, la Samarie et la Galilée, qui est la plus large région, située au nord. Suite à la destruction du Temple de Jérusalem en l'an 70, la Galilée devint le centre spirituel du judaïsme. Elle abrita le Sanhédrin. Dans ses collines furent rédigés la Mishna et le Talmud. De nombreux rabbins y vécurent et y sont enterrés, tels Rabbi Ishmaël.

 

                                  

 

 

GALINTHIAS ou GALANTHIS: fille de Prœtos, de Thèbes. Amie d’Alcmène. Cette dernière étant grosse d’Héraclès, les Parques et Ilithyie s’assirent à sa porte, les mains jointes pour l’empêcher d’accoucher. Elles obéissaient à la haine d’Héra. Cependant Galinthias, soupçonnant quelque maléfice en voyant ces vieilles femmes accroupies, s’écria qu’Alcmène venait de mettre au monde un enfant et trompa les alliées d’Héra qui se retirèrent, rompant ainsi, le charme. L’amante de Zeus fut délivrée du poids de sa grossesse. Les déesses irritées se vengèrent sur la malheureuse Galinthias et la métamorphosèrent en belette ou en chat. Hécate, émue, fit de ce chat son ministre.

 

                             
                                                                                   Les Parques

 

GALLICAE : souliers gaulois. Ce mot donna « galoches ». Chaussures basses à semelle épaisse et à l’empeigne découverte, elles furent adoptées à Rome un peu avant l’époque de Cicéron.

 

GALLIEN (PUBLIUS LICINIUS EGNATIUS GALLIENUS) : empereur romain. Né en 232. Fils de Valérien. Nommé César à l’avènement de son père (253). Rome devant combattre sur deux fronts, il fut décidé que Valérien xommandât les armées d'Orient et Gallien celles d'Occident. La situation était catastrophique. Les Francs et les Alamans envahirent la Gaule en 254 puis provisoirement repoussés au-delà du Rhin. Dans le même temps, les Goths refont attaquèrent dans les Balkans, annexèrent la Dacie (Roumanie), incendièrent Athènes et finirent par traverser le Bosphore en 257 pour envahir l'Asie Mineure. Gallien Il était en Gaule avec son général Postumus lorsque son père fut pris, tué et empaillé par les Perses en 260. Le général Ingenuus, commandant des légions de Pannonie (Yougoslavie), profita alors de la mort de Valérien le Jeune, fils aîné du co-empereur, pour se révolter et se faire proclamer empereur par ses troupes. Gallien dut donc abandonner la défense du Rhin pour combattre l'usurpateur qui menaçait l'Italie, laissant les portes de la Gaule grandes ouvertes aux Francs et aux Alamans qui déboulèrent à travers les provinces et franchirent les Pyrénées, ravageant tout le nord est de l'Espagne  et détruisant la ville de Tarragone. Après tous ces évènements tragiques, Rome ne fut plus en mesure de payer ses armées et ses fonctionnaires, d'autant plus que la peste faisait de nombreux ravages dans l'empire et que la Gaule se déclara indépendante après la trahison du général Postumus(260). 
  Vivant dans le luxe et organisant des fêtes somptueuses, il laissa l’Empire se détériorer et les Trente Tyrans (une vingtaine en réalité) se partager les provinces. Il vainquit les Germains à Ravenne (262) et donna le titre d’Auguste à Odenath (264) qui combattait les Perses. Puis il battit les Hérules en Grèce (267) avant de marcher contre le général rebelle Aureolus qu’il vainquit près de l’Adda. Il allait l’assiéger lorsque des conspirateurs de son camp l’assassinèrent (268).

A sa décharge, Gallien fut, tout comme Auguste et Hadrien, un amoureux de la Grèce et d'Athènes dont il était un des archontes éponymes. Il semble avoir cherché à revenir(malgré ses excès) vers l'Empire humaniste des Antonins en essayant de maintenir la balance égale entre les deux parties de l'Empire. Adepte de la philosophie néoplatonicienne. Il s'entoure d'un cercle néo-platonicien des plus brillants dont le philosophe Plotin est le chef. Ce dernier est le compagnon et le conseiller de l'empereur ainsi que de sa femme Salonine et des milieux de la Cour. Mais Ses convictions intimes ne sont pas évidentes à percer : Démeter est sa divinité préférée et il se fait initier aux mystères d'Éleusis, renouant avec une tradition qui avait cours sous les Sévères.

Extrait de l'Histoire Auguste par Trebellius Pollion: Voici encore une lettre qu’écrivit Gallien à l’occasion de Claude; il avait appris par des employés des vivres qu’il était indigné de la mollesse dans laquelle le prince était plongé: « Rien ne m’a plus péniblement affecté que ce que vous m’apprenez dans votre rapport: que Claude, notre parent et notre ami, sur des insinuations mensongères pour la plupart, s’irrite et s’indigne contre moi. Je vous en prie donc, mon cher Venustus, si vous voulez me donner une preuve de votre attachement, faites en sorte que Gratus et Herennianus l’apaisent, sans que les soldats sachent rien de ce qui se passe. Car ces Daces sont déjà mécontents, et cela pourrait les aigrir encore davantage. Moi-même, je lui ai envoyé des présents: faites qu’il les reçoive de bonne grâce. Il faut, en outre, qu’il ignore que je suis informé de ses dispositions à mon égard, de crainte que me croyant moi-même irrité contre lui, il ne se jette dans quelque parti extrême. Voici ce que je lui ai envoyé: deux coupes garnies de pierreries, de trois livres; deux autres vases d’or, également de trois livres, et enrichis de pierreries; un plat d’argent, de vingt livres, où sont ciselées des grappes de lierre; un autre orné de pampres, de trente livres; un autre avec des branches de lierre, de vingt-trois livres; un autre encore, qui représente une pêche, de vingt livres; deux cruches d’argent de six livres, incrustées d’or, et plusieurs autres vases d’argent plus petits, le tout pesant vingt-cinq livres; dix coupes d’Égypte, diversement travaillées; deux chlamydes bordées de vraie pourpre; seize robes de différents genres; une tunique blanche demi soie, à la manière des Parthes, de trois onces; trois paires de nos chaussures parthiques; dix ceintures dalmatiques; un manteau dardanien; un autre d’Illyrie; un autre avec capuchon; deux autres à longs poils; quatre mouchoirs de Saraptène; cent cinquante valériens d’or; trois cents triens de Saloninus."

Extrait de la vie des deux Gallien par Trebellius Pollion: Dans le même temps, Émilien prit en Égypte le titre d’empereur, et, s’étant emparé des magasins de blé, réduisit par la famine un grand nombre de villes; mais Théodote, général de Gallien, l’attaqua, le fit prisonnier, et l’envoya vivant à l’empereur. Ce qui avait déterminé en faveur d’Émilien les soldats qui étaient cantonnés sur les frontières de la Thébaïde, c’étaient les débauches de Gallien et les infamies de toute sorte où il restait plongé. Tout entier aux plaisirs et à la bonne chère, il gouvernait la république, comme les enfants, dans leurs jeux, s’amusent à faire les princes et les rois. Aussi les Gaulois qui, outre qu’ils sont naturellement inconstants, ne peuvent longtemps supporter les princes débauchés et indignes de la vertu romaine, appelèrent à leur tour Postumius à l’empire leur choix fut facilement approuvé par les armées, qui voyaient avec indignation leur empereur uniquement occupé de ses plaisirs. Théodote marcha contre lui, et assiégea la ville où il était renfermé. Les Gaulois la défendirent avec courage, et, tandis que Gallien faisait le tour des murs, il fut atteint d’une flèche. Postumius conserva sept ans le pouvoir impérial, et défendit vaillamment les Gaules contre toutes les incursions des barbares. Gallien, contraint par ces revers, fit la paix avec Aureolus, pour tourner tous ses efforts contre Postumius néanmoins la guerre traîna en longueur, il y eut divers sièges et divers combats, et les succès furent partagés. Ajoutez à ces maux que les Scythes avaient envahi la Bithynie, et détruit des villes. Enfin ils mirent le feu à Astacum, qui fut ensuite appelée Nicomédie, et y firent d’horribles ravages. Dans cet ébranlement de l’univers, comme si tout conspirait à la ruine de la république, il y eut aussi en Sicile une espèce de guerre d’esclaves, et l’on eut de la peine à réprimer les entreprises des brigands. Or, tout cela ne venait que du mépris qu’inspirait Gallien; car rien n’encourage plus l’audace des méchants, ni l’espérance des gens de bien, qu’un prince qui est craint pour sa cruauté ou méprisé pour sa dissolution. Sous le consulat de Gallien et de Faustinus, au milieu de tant de guerres et de tant de désastres, il y eut aussi un affreux tremblement de terre, et pendant plusieurs jours le ciel fut obscurci par d’épaisses ténèbres; on entendit, en outre, un bruit de tonnerre, qui venait, non des régions de l’air, mais des entrailles de la terre beaucoup d’édifices furent engloutis avec leurs habitants, et il y eut grand nombre de gens qui moururent de frayeur. Ce désastre fut encore plus affreux dans les villes de l’Asie. Les secousses se firent sentir à la fois à Rome et dans la Libye : la terre s’entrouvrit en un grand nombre de lieux, et il jaillit de ses crevasses de l’eau salée. La mer envahit même plusieurs villes. Pour apaiser les dieux, on consulta les livres Sibyllins, et l’on fit, ainsi qu’ils l’ordonnaient, un sacrifice à Jupiter Sauveur. En effet, Rome et les villes de l’Achaïe avaient été, en outre, frappée d’une peste si terrible, que, dans un seul jour, elle enlevait cinq mille personnes. Ainsi la fortune épuisait sur nous à la fois toutes ses rigueurs des tremblements de terre, des abîmes qui s’ouvraient, la peste en diverses régions à la fois, ravageaient l’empire romain; Valérien gémissait dans la captivité, les Gaules étaient en grande partie envahies, Odenat livrait des combats, Aureolus opprimait l’Illyrie, Émilien était maître de l’Égypte. Pour comble à tant de calamités, les Goths, et Clodius, dont nous avons parlé plus haut, s’emparèrent des Thraces, ravagèrent la Macédoine, assiégèrent Thessalonique, et nulle portion de l’empire n’était en repos, nulle part ne brillait la moindre lueur de salut. Or, nous ne nous lassons point de le dire, tous ces maux nous venaient du mépris qu’inspirait Gallien, le plus débauché des hommes, et qui, si les dangers ne l’avaient quelque peu tenu, se serait vautré dans toutes les infamies. Ces Goths furent vaincus par les habitants de l’Achaïe, commandés par Martianus, et se retirèrent. Mais les Scythes, autre peuple du même pays, ravageaient l’Asie. C’est à l’époque de cette invasion que le temple de Diane d’Ephèse, dont la richesse est si universellement connue, fut pillé et livré aux flammes. On rougit de rapporter les misérables plaisanteries de Gallien au milieu de ces calamités qui affligeaient le genre humain. Lorsqu’on lui annonça la défection de l’Egypte, on assure qu’il dit: « Quoi donc? ne pouvons-nous nous passer du lin d’Égypte! » Lorsqu’il apprit que l’Asie était dévastée à la fois et par le choc des éléments et par les incursions des Scythes: « Eh bien, dit-il, ne pouvons-nous nous passer de fleur de nitre? » A la nouvelle que la Gaule était perdue pour l’empire, il dit en souriant: «C’en est donc fait de la république, si elle n’a plus les casaques gauloises? » C’est ainsi qu’en perdant l’une après l’autre les diverses parties du monde, il plaisantait comme s’il n’avait perdu que les produits les plus vils. Aucun genre de calamités ne devait manquer au règne de Gallien : Byzance, cette ville si célèbre par ses guerres navales, cette clef de la mer du Pont, fut saccagée par les soldats de Gallien, à tel point que pas un seul habitant n’échappa à leur barbarie, et qu’il ne s’y trouve plus d’autres familles anciennes que celles dont le nom s’est perpétué par des gens que des voyages ou le service militaire ont alors sauvés de ce désastre.

 

    
                   
Arc de Gallien à Rome

 

 

GALLIZÉNAÉ :(vierges prêtresses des navigateurs) druidesses ayant des pouvoirs surnaturels. Au nombre de neuf, elles avaient fait vœu de chasteté en se retirant dans l’île de Sein pour servir la déesse Gallizénaé que les anciens assimilaient à Déméter ou à Coré. Elles calmaient les tempêtes, prédisaient l’avenir et changeaient de forme, passant de l’état d’être humain à celui d’animal. La première mention de leur existence remonte à Artémidore (125-27 av. J.-C.). Strabon écrit que leur île est interdite aux hommes, mais que ces femmes viennent sur le continent pour rencontrer leurs maris. Il rapporte une coutume selon laquelle chaque année, elles retirent le toit de leur sanctuaire et le remettent dans la même journée. Celle qui fait tomber son fardeau est massacrée par les autres.

 

GALLUS (CAIUS SULPICIUS) : général et orateur romain, astronome, commandant de la XXII è légion contre Persée(roi de Macédoine), gouverneur de l’Espagne en 170 av. J.-C. Préteur en 169 en Macédoine, sous Paul Émile, il rassura les légionnaires troublés par une éclipse de lune en leur expliquant le phénomène avant la bataille de Pydna (168). Consul en 166, il battit les Liguriens et triompha à Rome. En 164 av. J.-C., il est envoyé comme ambassadeur en Grèce et en Asie, où il tient une réunion à Sardes pour étudier les charges apportées contre Eumène II de Pergame par les représentants de diverses villes d'Asie mineure.

 

                                                

                         Cirque lunaire de Supicius(baptisé par les astronomes en mémoire de Gallus Caius Sulpicius)

 

GALLUS (CAIUS CORNELIUS) : poète élégiaque latin, ami de Virgile. Né à Forum Julii (Fréjus) en 62 av. J.-C. Il s’attacha à Octave qui le nomma pour distribuer les terres cultivées aux vétérans en 41. Il suivit Octave à Actium, puis en Égypte qu’il eut en charge après la mort d’Antoine et de Cléopâtre. Il réprima la révolte des Thébains et remit en vigueur l’agriculture. Disgracié en 26, condamné à l’exil par le sénat, il se suicida.

Extrait des Bucoliques de Virgile:

Permets-moi, Aréthuse, ce dernier effort.
Je dois écrire quelques vers pour mon Gallus mais des vers dignes d'être lus par Lycoris elle-même :
qui refuserait des vers à Gallus ?
...Gallus, quelle est cette folie? dit-il, Lycoris, ton cher souci,
en a suivi un autre à travers les neiges et les camps hérissés.
Mais lui, plein de tristesse : " Vous chanterez pourtant, Arcadiens,
mon infortune à vos montagnes, vous, Arcadiens, qui seuls savez chanter.
Oh ! que doucement reposeraient alors mes os,
si jamais votre flûte chantait mes amours !
Ici sont de fraîches fontaines, ici de molles prairies, Lycoris,
ici un bocage : ici avec toi je consumerais mes jours.
Loin de la patrie (puissé-je ne pas le croire!)
ah! cruelle que tu es, tu vois seule et sans moi, les neiges des Alpes et les frimas du Rhin!
Ah ! puissent ces frimas ne point te faire de mal!
puissent les âpres glaçons ne point couper tes pieds délicats!

GALLUS (AELIUS) : préfet de l’Égypte sous Auguste de -27 à -25. L’empereur le chargea d’explorer l’Arabie en 24 av. J.-C qui tourna au désastre. Gallus compta sur l'aide des Nabatéens pour s'emparer de cette région riche en épice et propice pour le commerce par sa côte sur la Mer Rouge. A la tête la XXII légion Déiotariana et de la III légion Cyrenaica, soit un peu plus de dix mille soldats, Gallus, après avoir été trahi par son guide, le nabatéen Syllaeus, vit ses effectifs fondre en l'espace de six mois, anéantis par la soif et les maladies. Gallus se replia sur Alexandrie avec quelques centaines d'hommes.

Extrait de la Géographie de Strabon: Ce qui nous a encore beaucoup appris sur les curiosités de l'Arabie, c'est la récente expédition des Romains, expédition entreprise de nos jours et commandée par Aelius Gallus. César Auguste avait confié à Gallus la mission de sonder les dispositions des Arabes et d'explorer en même temps leur pays, ainsi que le pays des Ethiopiens, leurs voisins. Frappé de la proximité où est par rapport à l'Ethiopie la Troglodytique, laquelle confine d'autre part à l'Egypte, frappé en même temps du peu de largeur du golfe Arabique à l'endroit où il sépare l'Arabie de la Troglodytique, Auguste avait songé à négocier une alliance avec les Arabes ou à s'assurer la soumission de ce peuple par les armes. Une autre raison l'avait déterminé, c'est qu'il avait entendu vanter la richesse séculaire de ce peuple, qui échange ses parfums, ses pierres précieuses, contre l'or et l'argent des autres nations, sans jamais rien dépenser ni rien écouler au dehors de ce qu'il a ainsi reçu en paiement ; il avait donc tout lieu d'espérer trouver dans les Arabes ou bien des amis riches capables de l'aider de leurs trésors, ou bien de riches ennemis faciles à vaincre et à dépouiller. Et ce qui achevait d'exalter sa confiance, c'est qu'il croyait pouvoir compter sur l'amitié des Nabatéens, qui lui avaient promis de l'assister dans toutes ses entreprises.
 Voilà sur quelles assurances Auguste fit partir l'expédition de Gallus ; mais celui-ci se laissa tromper par le ministre du roi nabatéen Syllicus, qui, après lui avoir promis de lui servir de guide en personne, d'assurer ses approvisionnements et de lui prêter en tout un loyal concours, ne fit, au contraire, que le trahir, ne lui indiquant jamais la route la plus sûre, soit pour sa flotte le long des côtes, soit pour son armée dans l'intérieur des terres, engageant l'armée dans des chemins impraticables par exemple, ou bien l'amenant, après d'interminables détours, dans des lieux où tout manquait, engageant de même la flotte, au bout d'une longue côte droite et dépourvue d'abris, au milieu de bas-fonds hérissés de rochers à fleur d'eau, où le danger du flux et du reflux, toujours si redoutable pour les vaisseaux romains, se trouvait singulièrement aggravé. La première faute avait été de construire des vaisseaux longs, alors qu'il n'y avait point de guerre maritime engagée et qu'on ne pouvait guère s'attendre à en voir éclater une : car les Arabes, qui ne sont rien moins que belliqueux sur terre en leur qualité de marchands et de trafiquants, sont naturellement sur mer encore moins hardis. Gallus n'y avait pas songé et avait fait construire jusqu'à quatre-vingts birèmes, trirèmes et phasèles à Cléopatris, sur le vieux canal du Nil. Plus tard seulement il reconnut son erreur, et, s'étant commandé cent trente transports, il s'y embarqua avec dix mille hommes environ, tous fantassins, tirés des légions romaines et des troupes auxiliaires d'Egypte, lesquelles lui avaient fourni notamment cinq cents Juifs et mille Nabatéens aux ordres de Syllaeus. Après quinze jours d'une traversée pénible et malheureuse, il arriva à Leucécômé, qui est le grand marché des Nabatéens : il avait perdu une bonne partie de ses embarcations (quelques-unes même avec leur équipage), mais du fait de la mer uniquement et à cause des difficultés de la navigation ; l'ennemi n'y avait été pour rien, et la responsabilité de ce désastre incombait tout entière à Syllaeus, qui, méchamment, avait affirmé que la route de terre jusqu'à Leucécômé n'était point praticable pour une armée, quand les caravanes exécutent sans cesse entre Pétra et Leucécômé le voyage d'aller et retour sans accident et en toute sécurité, et cela avec un nombre d'hommes et de chameaux qui ne diffère en rien de l'attirail d'une armée véritable.
 Du reste, si pareille trahison avait pu se produire, c'est que le roi Obodas, par une négligence commune à tous les rois arabes, s'occupait à peine des affaires publiques, et surtout des affaires militaires, se reposant sur son ministre Syllaeus du soin de les conduire et de les administrer. Mais, maintenant, quand je réfléchis aux procédés de Syllaeus et à sa façon d'user en tout et toujours de ruse et de perfidie, j'ai idée qu'il s'était pro-posé pour but, en guidant les Romains dans leur expédition et en les aidant à réduire quelques-unes des forteresses et des tribus de l'Arabie, d'explorer le pays pour son propre compte et d'en rester seul maître quand la faim, la fatigue et les maladies, jointes au bon effet de ses ruses et machinations, l'aurait débarrassé de la présence de ses alliés. Et de fait, quand Gallus atteignit Leucécômé, son armée était déjà très éprouvée par la stomacaccé et la skélotyrbé, maladies du pays, causées, dit-on, par la mauvaise qualité des eaux et des herbes, et caractérisées, la première, par une altération des gencives, et la seconde, par une sorte de paralysie des membres inférieurs ; aussi, fut-il obligé, après avoir passé l'été à Leucécômé, d'y rester encore tout l'hiver pour laisser à ses malades le temps de se remettre. D'habitude les marchandises étaient transportées de Leucécômé à Pétra, d'où elles gagnaient Rhinocolura, ville phénicienne voisine de la frontière d'Egypte, pour être expédiées de là dans toutes les directions, mais aujourd'hui la plus grande partie des marchandises gagnent Alexandrie par la voie du Nil : on les amène par mer de l'Arabie et de l'Inde jusqu'à Myoshormos, on leur fait ensuite traverser le désert à dos de chameaux, jusqu'à une ville de la Thébaïde, Coptos, qui est située sur le canal du Nil, [puis] de là, on les dirige sur Alexandrie.
 Gallus put enfin quitter Leucécômé et se remettre en route avec son armée ; mais telle était la sécheresse du pays qu'il traversait, qu'il dut faire porter l'eau à dos de de chameaux : c'était encore là un méchant tour de ses guides, et qui retarda singulièrement son arrivée dans les Etats d'Arétas, parent d'Obodas. Celui-ci du moins l'accueillit avec bienveillance, il alla même jusqu'à lui offrir de riches présents ; mais Sylloeus, par ses trahisons, trouva moyen de lui susciter des embarras, même sur cette terre amie. Ainsi l'armée mit trente jours à la traverser, ne trouvant sur son passage, à cause des mauvais chemins qu'on lui avait fait prendre, que de l'épeautre, de rares palmiers et du beurre au lieu d'huile. La contrée qu'elle dut franchir tout de suite après celle-là n'était peuplée que de nomades et constituait dans sa majeure partie un vrai désert : on l'appelait l'Ararène, et elle avait pour roi Sabus. Egaré encore une fois par les fausses indications de ses guides, Gallus employa cinquante jours à traverser ce désert et à atteindre la ville de Négrana et l'heureuse contrée qui l'entoure. Le roi du pays s'était enfui, et sa ville fut enlevée d'assaut. Six jours après, l'armée arrivait au bord du fleuve de [...], les Barbares l'y attendaient et lui livrèrent bataille : dix mille des leurs succombèrent et du côté des Romains deux hommes seulement furent tués ; mais ces Barbares sont très peu belliqueux de leur nature, et rien n'égale la maladresse avec laquelle ils manient leurs différentes armes, l'arc, la lance, l'épée, la fronde, voire même la hache à double tranchant qui était l'arme du plus grand nombre. Plus loin Gallus prit la ville d'Asca que son roi avait également abandonnée ; puis, marchant sur Athrula, il s'en empara sans coup férir, y mit garnison et s'y approvisionna largement surtout en blé et en dattes ; après quoi il poussa en avant jusqu'à Marsiaba, chez les Rhammanites, nation qui avait alors pour roi Ilasar. Il attaqua cette ville et la bloqua six jours durant, mais le manque d'eau lui fit lever le siège. Il n'était plus là qu'à deux journées de marche du pays des Aromates, à ce que donnaient à entendre les rapports des prisonniers. Son expédition, par la faute de ses guides, lui avait donc pris six grands mois. Il comprit, en effectuant son retour, ce qui s'était passé, et parce qu'on finit par lui révéler la trahison de Syllaeus, et parce que, pour revenir, il ne suivit pas les mêmes chemins. Ainsi, en neuf jours, il avait regagné Négrana où s'était livrée la bataille, une autre marche de onze jours l'amena à une localité dite des Sept-Puits parce qu'il s'y trouve effectivement ce nombre de puits, et de là, traversant une contrée parfaitement paisible, il atteignit le bourg de Chaalla, et, plus loin, sur le bord d'une rivière, celui de Malotha. Il eut ensuite à franchir un désert, mais un désert où se trouvaient encore quelques puits ou aiguades, et finit par atteindre Egracômé, localité maritime dépendante du territoire d'Obodas. Or tout ce voyage de retour s'était effectué en soixante jours, quand l'aller avait pris six mois. D'Egracômé, il fit repasser le golfe à son armée, atteignit Myoshormos en onze jours, franchit rapidement l'espace qui le séparait de Coptos, et, avec tous les hommes [valides et] transportables qui lui restaient, s'embarqua sur le canal pour Alexandrie. Il avait perdu tout le reste non par les coups de l'ennemi (les différents combats ne lui ayant coûté en tout que sept hommes), mais par le fait des maladies, des fatigues, de la faim, et des fautes volontaires de ses guides, lesquels furent cause en somme que l'expédition ne profita pas autant qu'elle aurait dû à la connaissance géographique du pays. Quant à Syllaeus, le vrai coupable, il subit sa peine à Rome : malgré ses protestations de dévouement, il fut convaincu, non seulement de trahison dans cette dernière circonstance, mais de maint autre méfait antérieur, et eut la tête tranchée.

GALLUS (CESTIUS) : général romain. Gouverneur de la Syrie en 64. Au soulèvement des juifs contre le tyran Gessius Florus(66), il réussit à conquérir Beït-Shéarim « la ville nouvelle » aussi appelée Bezetha, dans la vallée de Jezreel, siège du Sanhedrin à cette époque, mais fut incapable de reprendre le Temple de Jérusalem. Il tenait la Galilée mais échoua en voulant prendre la ville de Gabaon. A la tête d'une armée réduite des deux tiers, il se réfugia à Antioche où il mourrut en 67. Néron le remplaça par Vespasien.

Extrait de la bible: Pendant que Cestius était à Jérusalem, comme il voyait la province toute disposée à la révolte, il voulut savoir le nombre des Juifs qui étaient venus à la fête de Pâque, afin qu'il pût mander à Néron que cette nation n'était point aussi méprisable qu'il le croyait. Il pria donc les pontifes de compter les agneaux que l'on immolait pour la Pâque, depuis trois heures du soir jusqu'à cinq. Il n'y avait que les Juifs seuls qui en immolassent, et il n'y avait parmi les Juifs que ceux qui étaient purifiés qui en mangeassent: Un agneau servait quelquefois pour vingt personnes et jamais pour moins de dix. On compta donc les agneaux, et on en trouva deux cent cinquante-cinq mille six cents;  ce qui, à ne prendre que dix personnes pour chaque agneau, faisait deux millions cinq cent cinquante-six mille personnes. Peu de temps après le retour de Cestius, les Juifs se révoltèrent et prirent les armes.

Cestius en étant informé, s'avança vers la Palestine avec une puissante armée. Il réduisit d'abord la Galilée par Cesennius Gallus, qu'il y envoya, il prit Lidda et Joppé en chemin faisant, et vint camper près de Gabaon, à deux lieues de Jérusalem. Les Juifs quittèrent la fête des tabernacles qu'ils célébraient alors, et vinrent fondre sur Cestius avec tant de vigueur et d'impétuosité, qu'ils ébranlèrent l'armée romaine et faillirent de la rompre. Cestius demeura trois jours en cet endroit, et à Béthoron, environné de Juifs et en danger de n'en pas sortir sans perte. Mais Agrippa ayant envoyé de sa part offrir aux Juifs la paix et le pardon, s'ils voulaient quitter les armes, cela mit lit:division parmi eux, et Cestius, profitant de l'occasion, les poussa si vivement, qu'il les rompit et les poursuivit jusqu'à Jérusalem.

Il demeura trois jours campé en un lieu nommé Scopos, ou la Guérite, à un grand quart de lieue de la ville, sans l'attaquer néanmoins ; comme s'il eût cru que les Juifs se rendraient d'eux-mêmes. Le quatrième jour, qui était le 30 d'octobre, il s'avança en bataille, et donna un tel effroi aux séditieux, qu'ils se renfermèrent dans la dernière enceinte de la ville, et dans le temple, lui abandonnant le reste où il mit le feu. On convient que s'il eût donné ressaut à l'heure même, il aurait emporté la ville, et aurait fini la guerre dès ce jour-là. Mais il en fut détourné par plusieurs de ses officiers, qui av,aient été gagnés par Florus, comme le croit Josèphe.Les cinq jours suivants, il chercha quelque endroit des murailles qu'il pût forcer; mais il n'en trouva point, les séditieux faisant bonne garde partout. Le sixième jour, qui était le 5 de novembre, il fit donner un grand assaut contre une des portes du temple; ce qui remplit les séditieux d'un tel efroi, qu'ils étaient prêts à abandonner la ville et à se retirer, et que le peuple, qui désirait la paix, se disposait à ouvrir la porte aux Romains. Mais tout d'un coup Cestius, qui ne connaissait point son avantage, fit cesser l'assaut ; et, sortant de la ville, s'en retourna à son camp de Scopos. Les séditieux le poursuivirent et lui tuèrent dans sa retraite beaucoup de gens de pied et de cheval.
Le lendemain il décàmpa de Scopos, pour regagner son premier camp de Gabaon ; mais il fut toujours suivi par les Juifs, qui, le prenant en queue et en flanc, lui tuèrent un grand nombre de soldats, et lui prirent la plus grande partie de son, bagage. Il demeura deux jours à Gabaon, sans savoir à quoi se résoudre. Enfin le troisième, qui était le 8 de novembre, voyant que le nombre des Juifs croissait toujours, il se mit en chemin, abandonnant le bagage, et faisant tuer toutes les bêtes de somme, à la réserve de celles qui portaient les machines, et les javelots. Les Juifs le poursuivirent, mais assez faiblement, jusqu'à une descente fort étroite, où ils l'attaquèrent de front et de tous côtés. Le combat dura jusqu'à la nuit. Les Romains y perdirent quatre mille hommes de pied, et près de quatre cents chevaux. La nuit donna lieu aux Romains de se retirer à Béthoron.
Mais Cestius se voyant environné par les Juifs de tous côtés, ne jugea pas à propos d'attendre le jour pour décamper ; il partit la nuit même, et laissa dans Béthoron quatre cents hommes, avec ordre de monter sur les plates-formes des maisons, et de crier par reprises, comme les sentinelles, durant la nuit, afin que les Juifs crussent que toute l'armée y était encore. Le lendemain au matin, les Juifs tombèrent sur ces quatre cents hommes, les taillèrent en pièces et se mirent à poursuivre Cestius. Mais il avait fait tant de diligence, qu'ils ne le purent atteindre. Il leur abandonna ses machines, dont ils firent dans la suite grand usage durant le siège de Jérusalem. Cestius ne survécut guère à cette déroute. Il mourut l'année suivante, 67 de Jésus-Christ.

 

GALLUS (CAIUS VIBIUS TREBONIANUS) : empereur romain, il commandait l’armée de Mésie dont il était le gouverneur lorsque, à la mort de Decius (Dece) qu’il avait trahi, il faut proclamé empereur par ses soldats (251). Afin de calmer les esprits et éviter les suspicions, il s’associa avec Hostilien, fils de Decius, signa un très mauvais traité avec les Goths et revint à Rome où il nomma empereur son fils Volusianus après l’assassinat d’Hostilien. La peste ravagea alors l’Empire. Les Goths réapparurent en Illyrie. Ils furent repoussés par Émilien que ses soldats proclamèrent empmereur (253). Trébonien chargea Publius Licinius Valerianus de réprimer cette usurpation. Mais avant de parvenir en Mésie, les soldats de ce dernier le désignèrent empereur. Les armées des empereurs étaient face à face près de Terni en Italie lorsque les soldats tuèrent Gallus et son fils.

 

     

                                                              Trébonien- Trebonianus Gallus Caius Vibius

 

 

GALLUS (FLAVIUS CONSTANTINUS) : neveu de Constantin le Grand et frère de Julien. À cause de sa santé fragile et de sa débilité, on l’épargna lors du massacre de sa famille par les fils de Constantin. En 351, il fut nommé César par Constance II et gouverna l’Orient avec dureté. Il rançonnait et faisait exécuter sans jugement les notables d'Antioche. Il avait même fait assassiner le conseiller que l'empereur, méfiant, avait envoyé en Orient pour enquêter sur ses agissements. Ayant remporté quelques succès militaires contre les Perses, il éveilla la méfiance de l’empereur qui le rappela, le fit juger et décapiter en 354. D'autres sources nous indiquent que Gallus, convoqué à Milan pour décider des répartitions des charges impériales, il fut capturé sur le chemin et égorgé par les eunuques de l'empereur(décembre 254).

 

                                                           

 

 

GAMAL : druide qui gardait les portes de Tara.

 

GAMALIEL(RABBAN) : petit-fils de Hillel, haute autorité du Judaïsme pharisien( Son approche était considérée comme plus tolérante que celle de l’école rivale, celle de Shamaï. Après la destruction du temple de Jérusalem en 70 de notre ère, la Maison de Hillel (Beth Hillel) l’emporta sur celle de Shamaï (Beth Shamaï). Comme toutes les autres sectes juives avaient disparu avec le temple, la Maison de Hillel devint le porte-parole du judaïsme.), Tanna de la Mishna, docteur de la loi, membre du sanhédrin, homme savant dans la théologie grecque, d’un caractère doux et conciliant, empêcha les Juifs de faire mourir saint Pierre, fit donner aux chrétiens le corps de saint Etienne et fut le maître de Saint-Paul. Une tradition fort douteuse le représente comme un disciple secret du christianisme, et assure qu’il fut baptisé avec son fils et Nicodème.

Extrait des Actes des Apôtres: « un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit: Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens. Car, il n'y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes: il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l'époque du recensement, et il attira du monde à son parti: il périt aussi, et tous ceux qui l'avaient suivi furent dispersés. Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre Dieu. »

 

                                

                   Gamaliel enseigne à ses disciples 

 

                                           

 

 

GAMÉLIOS : surnom des divinités qui président au mariage : Zeus, Héra, Aphrodite, Artémis.

 

GANEA : auberge servant aussi de bordel. Polybe nous apprend qu'au II° siècle avant J.C. on ne demandait qu'un demi-as pour solde de tout compte dans une auberge de la Gaule Cisalpine et l'on a retrouvé sous un bas-relief grossier du I°siècle de l'empire, un dialogue fort instructif entre un client et une aubergiste d'Isernia, dans le Samnium :
"- Hôtesse, comptons.
- Tu as un setier de vin.
- Pour le pain, un as, pour le pulmentarium (bouillie ou gâteau de farine), deux as.
- D'accord.
- Pour la fille huit as ;
- Pour cela aussi, d'accord.
- Du foin pour le mulet, deux as."

 

                               

                                            Pour huit as: la grande chevauchée dans une chambre de Ganea

          

 

GANEO : dévoyé. Homme qui fréquentait la ganea.

 

GANYMÈDE : fils de Tros, le fondateur de Troie et de la nymphe Callirrhoé, arrière-petit-fils de Dardanos et donc descendant de Zeus. Frère d’Ilos et d’Assaracos. Le plus beau des mortels selon Homère. Il fut transporté dans le ciel et servit d’échanson(évinçant Hébé de cette fonction) à Zeus qui en avait fait son amant. En compensation, Zeus offrit quatre magnifiques chevaux à Tros. Selon d'autres traditions le roi des dieux offrit une coupe en or fabriqué par Héphaïstos. Face à la jalousie d'Héra qui voulait renvoyer Ganymède parmi les mortels, Zeus le plaça dans le ciel sous la forme de la constellation du Verseau. Apollodore le fait fils de Tros et de Callirrhoé ; Pindare lui donne Laomédon pour père ; Tzetzès le fait naître d’Ilos tandis qu’Hygin lui donne pour père Érichthonios.

 

                                  

                                                                     Ganymède d'après Thorvaldsen

 

                 

                            L'enlèvement de Ganymède                           Pierre Julien (1731-1804), Ganymède et l’aigle de Jupiter

 

 

GANYMÈDE : eunuque égyptien, gouverneur d’Arsinoé, sœur de Cléopâtre, fut l’un de ceux qui luttèrent contre César, en 48 av. J.-C., devint général des Égyptiens après l’assassinat d’Achillas, assiégea César dans Alexandrie et lui fit courir de grands dangers. On ne sait ce qu’il devint.

Extrait de l'Histoire des Romains de Victor Duruy: De l'intérieur du palais, Pothin entretenait d'actives communications avec les assiégeants ; César le fit tuer, et resserra plus étroitement Ptolémée. L'eunuque Ganymède, confident de Pothin, parvint cependant à s'échapper avec la plus jeune soeur du roi, Arsinoé ; il la conduisit au camp, où elle fut saluée du nom de reine. Ganymède, homme actif et intelligent, profita pour lui-même de la faveur des soldats ; il leur fit tuer Achillas, prit sa place, et crut avoir trouvé un infaillible moyen de détruire l'armée romaine en coupant les aqueducs qui fournissaient de l'eau à leur quartier et en faisant arriver, à l'aide de machines, l'eau de la mer dans leurs citernes. Mais ils creusèrent des puits, et attendirent patiemment les secours demandés par César au gouverneur de l'Asie, Domitius Calvinus.
 C'était un habile homme, ferme et juste, qui, nommé à ce poste après Pharsale, avait déjà tout réorganisé. Il put envoyer au dictateur une légion par terre et une autre par mer, qui fut jetée par les vents à l'ouest d'Alexandrie. César, avec quelques vaisseaux, alla chercher la seconde, et au retour battit Ganymède qui lui barrait le passage. L'eunuque répara ses galères, en construisit d'autres, et s'obstina à vouloir fermer la mer pour affamer les Romains. En face de la ville s'étendait l'île de Pharos, qu'un môle joignait au rivage ; César l'attaqua et réussit à s'en emparer. Mais les Alexandrins continuèrent bravement leurs efforts pour détruire sa flotte, et il se trouva un jour si pressé qu'il n'échappa qu'en se jetant à la mer, où l'on veut qu'il ait tenu d'une main, au-dessus de l'eau, ses Commentaires, en nageant de l'autre. Encore une légende à supprimer : César n'avait certainement pas emporté ses manuscrits pour un combat dans le port d'Alexandrie.

GAOS : amiral perse, gendre de satrape Tiribaze, fut envoyé par Artaxerxès II contre Evagoras de Chypre, 386 av. J.-C., le battit près de Citium, puis se révolta et fut soutenu par l’Égyptien Achoris et les Lacédémoniens. Il fut assassiné.

Extrait de l'Histoire Universelle par Diodore de Sicile: Évagoras comptant sur toutes ces forces se présenta hardiment devant l'ennemi. Comme il avait dans son armement beaucoup de ces barques légères dont les corsaires sont usage, il les mena d'abord au devant des vaisseaux de charge qui portaient les provisions des ennemis de sorte qu'il en coula à fond quelques-uns, il en prit d'autres et empêcha les derniers de rejoindre leur flotte. Il arriva de là que les vaisseaux de guerre des Perses, ayant déjà débarqué un grand nombre de soldats dans l'île de Chypre, ces derniers tombèrent en peu de jours dans la disette par la crainte qui empêchait les entrepreneurs des vivres d'en approcher. La faim produisit bientôt la révolte. Les soudoyés des Perses se soulevèrent contre leurs capitaines et en ayant tué quelques-uns ils remplirent tout le camp de sédition et de désordre. Ce ne fut pas sans beaucoup de peine que les officiers principaux et le lieutenant général nommé Gaos apaisèrent ce tumulte. Ils ramenèrent toute la flotte vers les côtes de la Cilicie, où ils se pourvurent abondamment de tout ce qui leur était nécessaire. A l'égard d'Évagoras, le roi Acoris lui avait envoyé de l'Égypte de l'argent et des provisions en abondance. Mais comme il sentait que son armée navale était trop inférieure à celle des ennemis, il fit équiper encore soixante vaisseaux et en demanda cinquante autres à Acoris : de sorte que sa flotte entière montait à deux cents voiles. Il la prépara à de vrais combats de mer par des exercices violents et périlleux, et auxquels il donnait peu de relâche. Ce fut sur la confiance qu'il s'était procurée à lui-même, par ces préparatifs, que la flotte du roi de Perse passant à la hauteur de Citium ville de Chypre,  Évagoras à la tête de la sienne se jeta sur elle et tombant en bon ordre sur des vaisseaux mal arrangés et qui ne s'y attendaient pas, il eut d'abord tout le succès dû à une attaque bien disposée : il sembla même s'assurer la victoire dès le premier moment. En effet il coula à fond une partie des vaisseaux ennemis et se rendit maître de l'autre. Cependant Gaos et les autres officiers perses ayant eu le temps de se reconnaître, formèrent une véritable défense et ayant rendu peu à peu le combat égal, le désavantage passa à la fin du côté d'Évagoras. Il commença à céder et bientôt après toute la flotte ennemie tombant sur la sienne lui fit perdre un grand nombre de vaisseaux et le mit en fuite.

  Les Perses abordés à Citium y firent à leur aise le débarquement de leurs troupes de terre et de mer et y établissant leur place d'armes, ils partirent de là pour Salamine qu'ils assiégèrent par mer et par terre. Teribaze d'abord après le gain de la bataille navale repaira en Cilicie, et allant ensuite à la Cour, il annonça au Roi la nouvelle de la victoire que sa flotte venait de remporter et reçut de lui deux cents talents pour la continuation de cette guerre. Évagoras qui avant le combat de mer s'était encouragé par quelque avantage qu'il avait eu sur des troupes nouvellement débarquées, fut extrêmement abattu par la défaite qu'il venait d'essuyer sur mer et qui avait été suivie sur le champ du siège de sa capitale où on l'enfermait.  Cependant résolu de se défendre jusqu'à la fin, il confia la garde de la ville et de l'île entière à son fils Pythagoras et lui-même accompagné de dix galères partit la nuit à l'insu des ennemis et arriva en Égypte, où ayant abordé le roi Acaris, il le pressa vivement de s'intéresser à cette guerre et de lui prêter de puissants secours contre le roi de Perse, qui n'était pas moins l'ennemi de l'Égypte que de Chypre même.

Gaos général de la flotte et qui avait épousé la fille de Téribaze, craignant d'être enveloppé dans les accusations faites contre son beau-père et de succomber avec lui, conçut le dessein d'assurer sa vie et sa fortune par des entreprises nouvelles. Ainsi ayant de son côté la faveur des soldats et beau-coup d'argent, il communiqua aux principaux chefs le projet d'abandonner le Roi. [4] En même temps il députa vers Acoris roi d'Égypte des hommes alliés, par lesquels il lui fit offrir ses services contre le roi de Perse. En même-temps il écrivit aux Lacédémoniens des lettres dans lesquelles il parlait fort mal de son Roi et leur promettait de grosses sommes pour leur aider à reprendre sur la Grèce l'autorité qui leur était due et dont ils jouissaient auparavant. [5] Les Spartiates n'avaient point perdu de vile leur ancienne domination et ils excitaient eux-mêmes dans les villes des séditions à la faveur desquelles ils paraissaient vouloir les assujettir. D'un autre côté se voyant déshonorés par le reproche qu'on leur faisait d'avoir sacrifié la liberté des Grecs de l'Asie, dans le traité qu'ils avaient conclu avec le roi de Perse, ils auraient voulu se laver de cette tache et ils ne cherchaient que le prétexte ou l'occasion de rompre avec lui. Ainsi ils acceptèrent volontiers l'alliance que Gaos leur proposait.

 

GARAMAS : fils d’Apollon et d’Acacallis ; héros éponyme des Garamantes. Le poète Callimakhos (Callimaque) a rendu hommage à la grâce des blondes Amazighes( les Garamantes) dansant en l’honneur d’Apollon.

"Grande fut la joie au cœur de Phoibos,
Quand venu le temps des fêtes carnéiennes,
Les hommes d’Enyô, les porte-ceinturons,
Firent un chœur de danse, parmi les blondes Libyennes
Jamais Apollon ne vit chœur plus vraiment divin ;
Jamais le dieu n’accorda tant à nulle cité
Qu’il fit à Cyrène".


 

GARANCE : La garance des teinturiers (rubia tinctorum L .) est l’une des plus anciennes plantes tinctoriales employées, vraisemblablement dès le néolithique. Originaire de Perse, elle est cultivée dès l’Antiquité au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen, puis acclimatée dans le sud de la France et en Alsace-Lorraine. C’est la seule plante à donner un vrai rouge. Les pigments que contient sa racine sont si puissants que la garance teinte le lait et jusqu’aux os des animaux qui la consomment.

Substance végétale connue des Égyptiens. Elle entrait dans la coloration des vins qu’ils produisaient.

 

                                                        

 

 

GARGAM : dieu boiteux d’Armonique. Ce géant inspira vraisemblablement Rabelais lorsqu’il écrivit Gargantua.

 

GARGOUILLE : la gargouille-lion égyptienne remplissait les mêmes fonctions que les gargouilles de nos cathédrales les jours de pluie. Mais elle jouait aussi un rôle protecteur contre les entités mauvaises venant de l’au-delà.

 

                                                         

                                                             Gargouille sur un mur du temple de Dendérah

 

 

GARUM : sauce salée, à base de sang et d’entrailles de poisson de mer. Il en existait une grande variété.

 

                                       

                                            Atelier de fabrication de garum à Baelo Claudia près de Cadix(Espagne)

      Les cuves profondes de deux mètres contenaient la saumure où macéraient les maquereaux qui allaient donner le garum.

 

GAUCHE : la gauche, orientée à l’est, était liée à la lune, à l’intuition et à la connaissance.

 

GAUGAMÈLE : grande plaine de l’Assyrie ancienne, près d’Arbelles, célèbre par la victoire d’Alexandre sur les Perses, 331 av. J.-C. Alexandre avait laissé quelques jours de repos à ses hommes avant l'affrontement. L'armée Perse, forte de 56 000 soldats d'infanterie, 35 000 cavaliers, 200 chars scythes et 15 éléphants de guerre allait affronter les redoutables Macédoniens dont les troupes atteignaient 40 000 soldats à pied et 7000 cavaliers. Les forces du Satrapes Mazaeus avaient incendié toute les terres jouxtant l'armée ennemie. Même reposés, les grecs auraient faim. Il faut dire que les forces grecques sont inexpérimentées, c'est une armée affaiblie par les défaites. Le 20 septembre, Darius avait envoyé une troisième proposition de paix aux envahisseurs encore rejettée. Les armes vont sceller leurs destins. Le messager a informé le général que les grecs étaient à 40 km et avancaient vite. A 10 km de Gaugamele ils ont monté une palissade pour se protèger. Alexandre a peur, on ne l'a jamais vu aussi prudent en trois ans de batailles, trois ans pendant lesquels il s'est approprié des terres que les perses détiennent depuis des siècles... Avant-hier Mazaeus a déclaré que l'ennemi marchait sur l'armée Perse et à rejoint cette dernière. Hier des cavaliers grecs ont reconnu le terrain à bonne distance. Ils ont vu que l'armée Perse adoptait toujour la même formation : au centre se trouve Darius et la Cour entourés des gardes Perses, des Indiens, des Cariens déportés et des Archers Mardiens. Derrière eux, sous le commandement, on retrouve les Babyloniens, les contingents de la mer Rouge et les scytes. A l'aile gauche, les cavaliers et chars scytes sont prets à l'assaut.A droite il y a les cavaliers de Cappadoce et d'Arménie et enfin un regiment d'éléphants protège le roi. Après une nuit à attendre l'ennemi, on a invoqué Mithra déesse du soleil et les perses sont sur  le pied de guerre à l'aube de ce 1er octobre. L'armée macédonienne apparait en ordre de bataille au bout de la plaine sabloneuse. Elle soulève une immense gerbe de poussière. Alexandre a étendu ses troupes sur des centaines de mètres pour ne pas être débordé par les ailes. Au centre se trouvent les phalanges à pied equipées de leurs fameuses lances à pointe en bronze sous le commandement de Craterus. Sur l'aile droite on apercoit l'infanterie derriere ses boucliers commandées par Nicanor, fils de Parmenion suivie d un regiment de cavalerie lourde et un de cavalerie légère commandée par Alexandre et par le frère de Nicanor: Philotas. L'aile droite est composée de cavalier Thraces et Thessaliens commandés par Parménion. A l'arrière, pour parer un eventuelle contournement, l'infanterie légère grecque reste embusquée. Avant l'affrontement, Darius déclare: "Si l'esprit humain est capable de comprendre les signes de l'assistance divine alors les dieux sont avec nous. Nous avons récemment provoqué la panique chez les Macédoniens et l'ennemi paralysé par la peur a jetté ses armes. Le panthéon de l'empire perse va donner à ces fous ce qu'ils méritent. Leur chef n'a pas acquit une once de sagesse. Comme un animal sauvage il ne voit rien, mais la proie qu'il pourchasse va refermer sur lui le piège qui fera du prédateur une proie de choix. " Et puis tout s'accélère les chars perses partent a l'assaut, les phalanges se forment , les soldats et les chevaux viennent s'empaler dessus, l'ennemi vocifère , des cris, des arment s'entrechoquent, des hommes tombent, des boucliers tombent. La cavalerie grecque charge, des chevaux s'effondrent sur le flanc, la poussière, le ventre, la tête, les cavaliers branlent sur leur monture certains restent accrochés par l'étrier jusqu'a ce qu'ils tombent enfin la poussière partout de la poussière et du sang. Les cavaliers de Mazeus parviennent a rompre les lignes hellènes , mais il ne prend pas l'ennemi à revers, il se contente d'aller dévaster le camps grec. La bataille est longue et difficile, les guerriers perse ne sont pas expérimentés, il quittent le champs de bataille extenués ils abandonnent leur empereur. Sur cette plaine sablonneuse s'éteint le plus grand empire que la région n'ai jamais connue pour laisser place a un royaume encore plus grand.

GAULANITIDE : l’une des provinces de la Pérée, dans l’ancienne Palestine, à l’Est du Jourdan et du lac de Tibériade. Ville principale Gamala. C’est aujourd’hui le Djolân.

 

             

                                                                           Bataille de Gaugamèle

 

 

GAULE : la Gaule était le plus vaste territoire des nations celtes. Elle s’étendait de la Belgique au nord de l’Italie. Au IIe siècle av. J.-C., quinze à seize millions d’habitants y vivaient, ce qui faisait d’elle le pays le plus peuplé de la terre. Après le réajustement de ses frontières par les fonctionnaires romains et l'hécatombe provoquée par les guerres et les épidémies, il fut recensé une population de 7 millions d'habitants. À l’avènement d’Auguste, devenue romaine, elle fut partagée en quatre provinces : l’Aquitaine, la Belgique, la Lyonnaise et la Narbonnaise. C'est vers 250 av J.-C. que les auteurs latins utilisent le mot Gaulois pour désigner les Celtes habitant la Gaule et la Galacie. On l'associera à "gallus" qui désigne le coq, animal devenu le symbole des Français. Les Gaulois étaient formés d'une multitude de tribues centrés autour des cités réunies en confédération. Aristote vers -360 nous décrit le territoire des futurs gaulois et le circonscrit dans un espace s'étendant de l'Atlantique au Danube. Au milieu du premier siècle avant l'ère chrétienne Jules César divise la Gaule transalpine en trois parties : la Celtique, l'Aquitaine et la Belgique. La conquête de ces trois parties s'étendra du III è au I er siècle avant J.-C. En -12, Auguste instaura la première « institution » supra-provinciale de l'Empire avec le « conseil des trois Gaules » (concilium trium Galliarum) réunissant chaque année les représentants des cités de la Gaule lyonnaise, de la Gaule aquitaine et de la Gaule belgique à Lugdunum pour célébrer le culte impérial. A l'époque de l'invasion de la Gaule par Jules César, Il semblerait qu'en Gaule celtique entre Seine et Garonne, les Celtes utilisaient une langue du groupe celtique continental, tandis que les Aquitains au sud de la Garonne auraient parlé une langue issue du proto-basque, et qu'enfin les Belges se seraient plutôt exprimés pour la majorité d'entre eux dans un dialecte du proto-germanique.

 

                     

 

            

 

                                                 

                                                                      La Gaule à l'avènement de Clovis

 

GAULOIS : habitants de la Gaule. Ils formaient le plus puissant des peuples celtes. Le terme de Gaulois désigne les populations protohistoriques de Celtes qui résidaient en Gaule, (Gallia en latin), c'est-à-dire approximativement sur les territoires actuels de la France, de la Belgique, de la Suisse et de l'Italie du Nord, probablement à partir du premier âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.). Les Gaulois étaient divisés en de nombreux peuples qui se comprenaient entre eux, qui pensaient descendre tous de la même souche et qui en connaissaient la généalogie. À ces liens de filiation, réels ou mythiques, qui leur créaient des obligations de solidarité, s'ajoutaient des alliances qui mettaient certains d'entre eux dans la clientèle d'un autre pour former des fédérations comme celles des Arvernes et des Éduens. Chacun de ces peuples était divisé en "civitas" identifiées par un chef-lieu et un territoire appelé en latin "pagus", lui-même subdivisé en "vicus" correspondant à peu près à nos cantons.

 A la ville comme à la campagne, les maisons gauloises ne comprennent souvent qu’une seule pièce. Toute la famille y vit réunie. Le mur était de pierre ou d’argile, aux toits de chaume ou de roseaux. Les garçons portent des pantalons : les braies. Pour le haut, ils mettent des tuniques et des capes. Les filles s’habillent de tuniques brodées, agrafées avec une fibule.

 Lorsqu'une certaine « barbarisation » de l'Empire a lieu au III siècle, des traits de civilisation qui sont demeurés en vigueur depuis la période de l'indépendance s'introduisent à leur tour dans la culture impériale : le manteau gaulois qui donne son surnom à l'Empereur Caracalla  n'a pu être remplacé par le mode de vie du conquérant romain. Dans nombre de domaines ayant trait à l'artisanat, où les Gaulois excellent, leurs inventions s'imposent : c'est le cas, notamment, du tonneau qui s'impose face à l'amphore plus fragile et de moindre contenance. Le matelas inventé dans la région de Toulouse sera adopté par toutes les civilisations, ainsi que l'archaïque moissonneuse-batteuse, la charrue à roue et le conditionnement des viandes en charcuterie. La cotte de mailles est adoptée par les Romains dès les premiers siècles de la République, jugée plus pratique que les cuirasses grecques, tandis que le casque impérial gaulois est adopté par les légionnaires au Ier siècle avant J-C, tout comme les braies pour les travaux dans les champs en périodes froides ou les braies courtes pour les soldats d'Occident. La technique "à la cire perdue" a été inventée par les Gaulois. Le modèle à reproduire est façonné en cire puis recouvert d'argile (le moule). Pendant la cuisson, la cire fond et s'échappe par des trous (évents) qu'on a aménagés. Le métal en fusion est alors versé dans le moule d'argile où il occupe la place laissée libre par la cire. Après refroidissement, on casse le moule d'argile pour extraire l'objet fondu. On ne peut donc couler qu'un seul exemplaire de chaque modèle avec cette technique. L'objet démoulé peut alors être repris pour le limer, le marteler, le recuire si nécessaire. Ensuite, on  peut décorer l'objet en le gravant, le ciselant ou l'émaillant.
Pour les objets importants (grandes statues), afin d'éviter de grosses coulées de bronze, la forme n'est pas faite entièrement en cire mais d'abord en argile qui est, elle même, recouverte d'une couche de cire. La coulée de bronze va ainsi s'effectuer à la place de la cire, entre la forme en argile de l'objet et le moule en argile.
Les Gaulois apprécient beaucoup le bronze car à l'état neuf il prend la couleur de l'or. Le bronze reste très utilisé à l'âge du fer pour fabriquer les fibules, les bracelets, les broches, les éléments de char. Les Gaulois pratiquent aussi l'étamage qui consiste à recouvrir un métal d'une couche d'étain pour empêcher l'oxydation.

Reflexions sur notre passé, extrait d'un texte de Charle Magne(pseudo): Lorsqu’on y réfléchit, il semble aller de soi qu’en l’absence de passé il n’y a pas d’avenir, car l’on est alors plongé dans un éternel présent où les événements ne se succèdent plus, mais s’agglomèrent dans un chaos dépourvu de sens. Ce monde de l’instant sans hiérarchie du temps, s’oppose à celui où s’épanouit la conscience historique des individus, elle-même forgée par les grands moments de l’histoire, par les souvenirs accumulés au sein des communautés naturelles, par le rythme des saisons et des fêtes sacrées.

 Or, il est manifeste que les castes politiques et médiatiques des social-démocraties, tentent de vider les nations européennes de leur mémoire collective. Elles veulent par ce moyen, créer des sociétés atemporelles, qui rabaisseront leurs « sujets » à une masse atomisée dépourvue de repères, de pôles de résistance. En cela, elles rejoignent une fois de plus l’un des buts naguère poursuivis par le communisme : « l’abolition de l’histoire » que les élites gouvernantes considèrent comme une étape préalable à la formation de sociétés mondialisées, déracinées, sur lesquelles elles régneront sans partage. Pour les mondialistes la mémoire des peuples doit d’autant plus être abolie, qu’elle s’oppose directement à leur utopie. C’est la raison pour laquelle l’on assiste périodiquement à des attaques concentrées sur tel ou tel épisode fondateur de l’histoire des européens. L’hédonisme mercantiliste, le village planétaire, le règne de l’instant, encouragés par les médias et les tenants du pouvoir, auront également de graves conséquences sociales et comportementales. De larges couches de la population seront (ou sont déjà) dans l’incapacité de se remémorer des événements importants de leur vie intellectuelle et collective, de les situer avec précision dans une chronologie, de les juger. Elles seront placées dans un état d’hébétude psychologique, propice à l’expansion du mondialisme rêvé par les élites occidentales. Elles seront surtout le jouet de toutes les formes de manipulation d’un pouvoir devenu total.

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                                                                            Village Gaulois

   

     

 

GAULOIS (LANGUE) : Le gaulois fait partie du groupe celtique continental (appartenant à la famille indo-européenne), langue dérivée du celte des origines, elle appartient à la branche brittonique de Grande-Bretagne et de Bretagne. On ne connaît encore que peu de choses de la langue gauloise, dont les attestations sont très parcellaires, et généralement recueillies sur des objets votifs, à l'exception de trois pièces majeures : les plombs du Larzac, de Chamalières et de Lezoux. On a aussi retrouvé un grand calendrier à Coligny, dans l'Ain, comportant de nombreux mots gaulois. Les Gaulois, de tradition orale, n'utilisaient pas un alphabet propre, mais ont emprunté celui des Grecs, des Étrusques ou des Romains.

 

                                                              

                                                                        Peson avec inscriptions gauloises

 

                                  

 « Martialis, fils de Dannotalos, a offert à Ucuetis ce bâtiment, et cela avec les forgerons qui honorent Ucuetis à Alésia »
L'inscription a été découverte en 1839. Elle est datée du premier siècle ap. JC. La traduction définitive de l'inscription a été adoptée en 1979 seulement. Il s'agit en réalité de la plus longue inscription en langue gauloise découverte. Elle est particulièrement intéressante à plus d'un titre. Mais pour ce qui nous préoccupe dans ce post, il s'agit bien d'une preuve archéo qui permette de situer Alésia à Alise.

 

GAUSAPE ou GAUSAPUM : étoffe de laine introduite à Rome sous le règne d’Auguste. À longs poils d’un côté et unie de l’autre, on l’utilisait pour de nombreux usages. Habit de couleur jaunequ'on remettait aux soldats prisonniers.

 

GAUVAIN : chevalier de la Table ronde. Héros du cycle arthurien (voir GWALCHMAI). Gauvain est le fils aîné du roi Lot d’Orcadie et d’Anna (parfois appelée Morgause) qui est la demi-sœur d’Arthur. Gauvain est donc le plus âgé des neveux d’Arthur. Il aida son oncle dès le début de son règne, notamment contre la rébellion des grands seigneurs qui refusèrent qu’Arthur soit leur roi.  Parmi ces seigneurs se trouvait le père de Gauvain, qu’il provoqua en duel pour l’obliger à reconnaître la légitimité d’Arthur, ce qu’il réussi brillamment. Peu de temps après, n’ayant pas de fils, Arthur désigna Gauvain comme héritier du trône ce qui marqua le début d’une longue entente entre les deux individus qui restèrent proche jusqu’à la mort de Gauvain. En effet, Gauvain faisait partie du cercle « d’intime » pour Arthur, et passa beaucoup de temps avec lui. Gauvain était aussi un des amis les plus fidèles de Lancelot, et ils vécurent un grand nombre d’aventures ensemble. Néanmoins, Gauvain jura de tuer Lancelot lorsque se dernier tua accidentellement Gaheriet (le frère cadet de Gauvain) sans le reconnaître pour délivrer la reine Guenièvre. A la suite de cette épisode Gauvain fit jurer à son oncle de partir en guerre contre Lancelot sur ses terres (en Bretagne actuelle) pour venger la mort de ses frères (qui trouvèrent la mort à la même bataille que Gaheriet). La guerre s’éternisant, Gauvain décida de provoquer Lancelot en duel, et mourut peu de temps après sur le chemin du retour (Arthur ayant appris que Mordred avait pris la tête de son royaume, il repartit dès que le duel fut finit), grièvement blessé par Lancelot. Gauvain est l’un des personnages centraux de la légende arthurienne. Plusieurs caractéristiques le démarque des autres chevaliers de la Table Ronde. Il est notamment dit, que le roi Lot avait désiré que son fils aîné soit l’un des plus forts chevaliers de son temps. C’est pourquoi il alla voir une sorcière, alors que Gauvain n’était encore qu’un bébé, pour qu’elle lui octroie une particularité ou un don. Et elle fit en sorte que sa force suivait la course du soleil : le matin Gauvain avait la force d’un homme, et plus le soleil montait dans le ciel, et plus il devenait fort, jusqu’à ce que le soleil atteint son zénith, puis sa force diminuait jusqu’au soir où il redevenait normal. Ce don faisait de Gauvain le plus fort chevalier de la lignée d’Arthur et le plaçait comme l’un des plus redouté de toute la Table Ronde. De plus, Arthur fit lui aussi un don à Gauvain : le roi remporta suite à un combat (contre le duc Frolle d’Allemagne) une épée particulièrement solide et tranchante du nom de « marmiadoise » qu’il donna à son neveu. Elle était considérée comme l’une des plus précieuses de ce temps, car il est dit que s’était celle qu’avait portée Hercules pour conquérir la toison d’or, et qu’elle brillait d’un éclat incroyable.

                                 

         
                                           Gauvin et le prêtre      

GAWFYL : être étrange qui dans le cycle arthurien des origines avait la faculté de déformer ses lèvres jusqu’à ce que l’une lui recouvre la tête et l’autre la poitrine et le ventre.

 

GABINIUS (AULUS)(voir article plus haut) : né en 100 av. J.-C. Tribun en 67. Il demanda d’intervenir contre les pirates et fit  adopter, en tant que tribun de la plèbe, la Lex Gabinia qui donne à Pompée les pouvoirs extraordinaires pour mener cette lutte en 67 av .J.-C.  malgré l’opposition du sénat. Préteur en 61, consul en 58, allié de Clodius Pulcher, il contribua à l’exil de Cicéron. Gouverneur de Syrie,  proconsul, il sort vainqueur d'un affrontement avec le roi des juifs Aristobule il se déclara en faveur d’Hyrcan II, ethnarque des Juifs. Après cette victoire, il divisa la Judée en cinq districts. Il marcha ensuite sur l’Égypte, contre la promesse de 10 000 talents (250 tonnes d’or), afin de rétablir Ptolémée Aulète sur son trône. Il s’empara de l’Égypte contre l’avis du sénat, puis battit le Juif Alexandre près du mont Thabor. Rappelé à Rome (54), on l’accusa de lèse-majesté. Acquitté après avoir corrompu les juges, il ne put réussir à gagner un second procès sur la question des 10 000 talents perçus illégalement. Malgré la défense éloquente de Cicéron, l’appui de César et de Pompée, on le condamna à l’exil apèrs la vente de tous ses biens. En 49, rappelé par César, il commanda l’Illyrie et mourut en 48 à Salone, ville dans laquelle les Pompéiens l’assiégeaient.

 

                                            

                                                            Tête de Gabinius

 

                                        
                                             Tétradrachme d'Antioche, émise par le proconsul Aulus Gabinius

 

GÉANT VERT : armé d’une massue, le Géant Vert incarnait la force brute à l’état pur, le chaos des origines et l’éternité.

 

GÉANTS : La Bible fait  mention d'un peuple de géants. Ils habitaient la terre promise avant l'arrivée de Moïse : Og, roi de Basan, l'un d'eux, n'avait pas moins de neuf  coudées. Homère les présente comme des hommes de taille gigantesque( Cyclopes et Phéaciens) qui vivaient sous la domination d’Eurymédon dans la partie occidentale de la Sicile. Ils périrent de la main des dieux, irrités de leur orgueil et de leurs crimes. Chez hésiode, ils ont une origine divine. C’est le sang d’Ouranos qui les produisit en tombant sur la terre. Ovide nous les présente comme des êtres monstrueux, la tête hérissée d’une noire chevelure, la partie inférieure du corps arrondie en queue de dragon couverte d’épaisses écailles. Postérieurement, on leur donna des ailes.

 

                             

Le Cyclope Polyphème, fils du dieu de la Mer Poséidon et de la Nymphe Thoosa, dévorera six membres de l’équipage d’Ulysse avant de s’en prendre au héros. Ulysse l’enivrera, l’aveuglera avec un épieu chauffé et lui volera ses moutons.

 

                                                             

                                                                                Héra et les Géants

 

GEB : fils de Shou et Tefnout ,dieu de la terre, parèdre de la déesse du ciel, Nout. Il était l’un des quatre éléments qui formèrent le monde. Les théologiens du Bas-Empire rapportaient que Geb avait enlevé de forcela royauté de son père Chou devenu trop vieux. Geb était généralement représenté allongé sur le dos, portant souvent la couronne de la Basse Egypte. Dans ses représentations, on le trouvait en compagnie de Nout, la déesse du ciel. En général, sa peau était verte. L’oie, présente dans son hiéroglyphe était son animal représentatif. Souvent il apparaît sur les sarcophages avec Nout tandis que le dieu de l’air, Shou, vient interrompre leur étreinte. Sa peau était souvent verte, indication sur son rôle de dieu de fertilité et la végétation. L'oie était son animal sacré et son symbole dans les hiéroglyphes. Geb a aussi dit emprisonner les âmes des morts, les empêchant de passer à la vie d'outre-tombe. On a dit le rire de Geb pour causer des tremblements de terre. Geb, désireux de succéder à son père sur le trône d’Egypte, vola l’uraeus, gage du pouvoir du pharaon. Voulant ainsi montrer qu’il pouvait gouverner, il échoua en se faisant blesser par le cobra uraeus. Râ le soigna et Geb fut tout de même considéré comme un bon successeur à Shou.

 

                 

 

 

GEBEL : pour l’ancien Égyptien, le djebel était tout ce qui se trouvait au-delà de la limite des cultures du Nil. Il le représentait par le signe de la montagne : trois sommets ronds précédés par des cols, et l’associait à l’horizon, aux mines, aux nécropoles et à tous les noms des pays et des villes étrangers à l’Égypte.

 

GEBEL El-Arak: Les objets trouvés dans cette partie de l'Egypte correspondent à la période dite « protodynastique » antérieure à 3185 avant Jésus-Christ et précèdant l'époque thinite (les dates restant approximatives). Elle se confond avec la culture dite « Nagada III ».

 

                                           

   Egypte, culture de Nagada III : le couteau de Gebel el-Arak. Les deux faces de la poignée sont en ivoire d'hippopotame et la lame est en silex.

 

GEBEL SILSILEH(Khenou ou Kheny) : la Montagne de la Chaîne du fait de la chaîne qui y était tendue en travers du Nil pour empêcher la navigationSite englobant les plus importantes carrières au sud de Louxor près desquelles Horemheb fit creuser un spéos. Un peu au sud de ces carrières, furent érigées les chapelles de Séthi Ier et de Ramsès II. Dès le Moyen-Empire on l'utilise pour les revêtement de grès des constructions. Hormis le temple de Philaé, tous les matériaux de construction des temples de Haute-Égypte proviennent de cette carrière, qu'il s'agisse de la nécropole thébaine depuis le temple de Montouhotep II aux constructions des temples de Dendérah, Karnak, Akhénaton, Louxor, Edfou, Kôm Ombo et Esna.

Extrait d'un travail qui défie l'imagination par Jean-Pierre Lastrajoli: Arrivés le 18 février à Ghébel-Silsileh, "vastes carrières où je me promettais une ample récolte. Mon espoir fut pleinement réalisé, et les cinq jours que nous y avons passés ont été bien employés. Les deux rives du Nil, resserré par des montagnes d’un très beau grès, ont été exploitées par les anciens Egyptiens, et le voyageur est effrayé s’il considère, en parcourant les carrières, l’immense quantité de pierres qu’on a dû en tirer pour produire les galeries à ciel ouvert et les vastes espaces excavés qu’il se lasse de parcourir."

 

                                              

                                             

                                                      

 

 

GEBEL TOURAH : de cette carrière située au sud du Caire, furent tirées la plupart des pierres employées pour le revêtement des pyramides et à l'édification des tombeaux de l'Ancien et du Moyen empire.

 

GÉDÉON : juge d’Israël, vivait au XIVe siècle av. J.-C. Inspiré par Dieu, il délivra ses compatriotes di joug des Madianites. Il se montra brave et prudent, parfois cruel, mais toujours désintéressé. Le livre des Juges raconte ses exploits.

 

GÉDROSIE : (aujourd’hui Mekran), dans le Béloutchistan, ancienne province de l’empire des Perses, entre la mer Erythrée au Sud, l’Indus à l’Est, l’Arachosie et la Drangiane au Nord, la Carmanie à l’Ouest. Habitée des Ichtyophages et des Gédroses, ceux-ci comprenaient les Arabites, les Orites, les Pasires, les Musarnéens et les Rhamnéens.  Elle avait pour capitale Pura. Sur les côtes vivaient des peuples peu nombreux et pauvres, les Ichthyophages. À l’Est, le pays des Orites produisait beaucoup d’aromates. La capitale était Poura. Elle faisait partie de la 14 ème satrapie de Darius. L’armée d’Alexandre y souffrit beaucoup de la chaleur et de la famine; en 325 av. J.-C., de retour d'Inde, il traversa la Gédrosie par le désert côtier du Makran, région particulièrement inhospitalière, couverte de marécages salés et comptant peu d'oasis. Cette terrible traversée, qui dure deux mois de la vallée du Purali jusqu'à Pura, aurait coûté la vie à 6000 de ses soldats. Les combats contre les habitants de la région furent d'une violence extrême. Alexandre divisa ses troupes en trois corps, un dirigé par Ptolémée, un autre par Léonnatos et le troisième par lui-même.

Extrait d'un texte de Pierre Briant: « Dans la première partie du voyage, Alexandre et Néarque se heurtent à des populations barbares, voire « sauvages ». Il ne semble pas y avoir trace de présence de l’Etat central jusqu’à Pura, résidence officielle de la Gédrosie. Ce n’est qu’en arrivant réellement en Carmanie que les marins de Néarque eurent la certitude d’être revenus dans un pays civilisé. Dans la première partie du voyage jusqu’au premier contact en Carmanie, la côte est inhospitalière, ne comprend ni halte ni port, les mentions relatives au commerce sont fort rares. » La plupart des soldats du troisième groupe moururent de soif en traversant la Gédrosie à cause de la chaleur torride de cette région. Alexandre fut obligé de se rendre à Pura – ville appelée actuellement Fahradj, située à quelques kilomètres à l’est de Bam - et de se diriger ensuite vers Persépolis après avoir traversé le fleuve Halilroud et l’actuelle ville de Sirdjân.

Extrait de l'Ariané et de la Carmanie par Strabon: Au-dessus de la côte des Ichthyophages est la Gédrosie, contrée moins torride que l'Inde, mais plus chaude que le reste de l'Asie. Très pauvre aussi en céréales et très dépourvue d'eau, si ce n'est dans la saison d'été, elle n'offre guère plus de ressources que la côte des Ichthyophages. Ce qu'elle produit le plus, c'est le nard et la myrrhe, que les soldats d'Alexandre, pendant leur marche à travers ce pays, arrachaient pour s'en faire des abris et des lits, heureux de pouvoir avec ces plantes aromatiques parfumer l'air et le rendre plus respirable et plus salubre. Alexandre avait choisi exprès l'été pour opérer son retour de l'Inde : il savait qu'en cette saison il pleut dans toute la Gédrosie assez pour grossir les rivières et pour remplir les citernes et les aiguades, tandis qu'en hiver on y manque d'eau. C'est dans le nord de la Gédrosie, dans la partie qui avoisine les montagnes, qu'il pleut l'été ; mais, comme ces pluies grossissent les rivières jusqu'à les faire déborder, les grandes plaines qui descendent vers la mer se trouvent arrosées aussi, et toutes les citernes, toutes les aiguades en demeurent alimentées pour longtemps. Le roi s'était fait précéder dans le désert de mineurs chargés de rechercher ces différents puits et de fourriers ayant mission de préparer les étapes de l'armée et les stations de la flotte.
 Il avait en effet divisé ses forces en trois corps : à la tête du premier, il traversa toute la Gédrosie sans jamais s'éloigner de la mer de plus de 500 stades, pour assurer les communications de sa flotte avec la côte, et en longeant parfois la mer elle-même là où elle est bordée de falaises presque impraticables. Il avait fait partir le second corps avant le premier, sous la conduite de Cratère, avec ordre de s'engager dans l'intérieur des terres, mais de se diriger, tout en se battant et en disputant le pays pied à pied aux indigènes, vers le même point qu'Alexandre se proposait d'atteindre avec le premier corps. Quant à la flotte, confiée, comme on sait, à Néarque et à l'archikybernète Onésicrite, elle dut, tout en demeurant libre de se choisir les stations les plus commodes, suivre tous les mouvements de l'armée et se régler sur la marche d'Alexandre.
 Or Néarque lui-même nous apprend que le premier corps, sous le commandement du roi, était déjà en marche, quand, à l'époque du lever acronyque des Pléiades, c'est-à-dire en automne, il donna à la flotte le signal d'appareiller, sans pouvoir attendre que les vents favorables eussent commencé à souffler, parce que les Barbares les serraient de près et menaçaient de les forcer dans leurs positions, le départ du roi ayant réveillé chez eux l'audace et l'amour de l'indépendance. - Parti des bords de l'Hydaspe, Cratère traversa l'Arachosie et la Drangiane et parvint à gagner la Carmanie. Mais Alexandre eut beaucoup à souffrir, ayant trouvé partout sur sa route le sol le plus pauvre et le plus aride. Ses approvisionnements tirés de fort loin étaient nécessairement irréguliers et insuffisants, et son armée ressentit souvent les horreurs de la faim. De plus, les bêtes de somme vinrent à manquer, et il fallut abandonner une bonne partie des bagages sur les routes et dans les différents campements que l'on quittait. L'armée dut son salut aux palmiers dont le fruit et la moelle les nourrit. On s'accorde à attribuer à un sentiment d'ambitieuse rivalité l'obstination que mit Alexandre à prendre cette route, bien qu'il sût parfaitement à quoi s'en tenir sur les difficultés qu'elle présentait : il voulait prouver au monde que, dans les mêmes déserts où la renommée nous montre Sémiramis et Cyrus, après leur désastreuse campagne de l'Inde, se sauvant à grand'peine, Sémiramis avec vingt, Cyrus avec sept compagnons seulement, lui, Alexandre, saurait faire passer une armée innombrable et surmonter à sa tête tous les obstacles, et quels obstacles l'on va en juger.
 Le manque de vivres n'était pas la seule difficulté contre laquelle il fallût lutter, il y avait encore l'extrême élévation de la température, la profondeur et la chaleur du sable, et la rencontre de temps à autre de hautes dunes, dans lesquelles on avait, outre la peine de retirer ses jambes de l'espèce de mer mouvante où l'on enfonçait à chaque pas, l'ennui de toujours monter et descendre. Il fallait, en outre, pour gagner les puits, éloignés les uns des autres de deux, de quatre, voire même quelquefois de 600 stades, faire de très longues étapes et le plus souvent des marches de nuit. Ajoutons que l'on dut plus d'une fois camper à 30 stades des puits pour éviter aux soldats emportés par la soif des excès dangereux. On en avait vu beaucoup, en effet, quand ils trouvaient de l'eau, s'y jeter tout armés et boire à même, jusqu'à ce qu'ils coulassent au fond asphyxiés : au bout d'un certain temps leurs cadavres tout gonflés reparaissaient à la surface et en surnageant infectaient l'eau généralement peu profonde de ces fontaines. D'autres, épuisés par une longue marche en plein soleil et consumés par la soif, tombaient le long de la route sans avoir le courage de se relever, et, bientôt pris d'un tremblement général analogue au frisson de la fièvre, avec crampes dans les bras et dans les jambes, ils mouraient sur place. Il y en eut aussi qui, s'étant écartés du chemin que suivait l'armée, s'endormirent vaincus par le sommeil et la fatigue, et qui, au réveil, après s'être épuisés à chercher leur route ; succombèrent à la fois au besoin et à la chaleur, ou n'échappèrent qu'au prix des plus cruelles souffrances. On perdit beaucoup de monde encore et beaucoup de matériel une nuit que l'armée fut surprise endormie et presque submergée par un torrent : une bonne partie des équipages du roi notamment fut emportée. Une autre fois, ce furent les guides eux-mêmes qui se fourvoyèrent et qui engagèrent l'armée trop avant dans les terres : déjà l'on avait perdu de vue la mer, quand le roi, s'étant aperçu de la faute commise, s'élança aussitôt de sa personne à la recherche du rivage et ne s'arrêta qu'après l'avoir atteint et s'y être assuré en creusant de la présence d'eau potable. Il envoya alors à l'armée l'ordre de rejoindre et ne la laissa plus s'écarter du rivage pendant les sept jours de marche qui suivirent, toute cette partie de la route s'étant trouvée abondamment pourvue d'eau. Ce n'est que le huitième jour qu'il s'en écarta de nouveau pour s'enfoncer dans l'intérieur.
 N'oublions pas de dire aussi qu'il y a dans ce pays un arbuste assez semblable au laurier, et que toutes les bêtes de somme qui en mâchaient seulement quelques feuilles mouraient dans les convulsions de l'épilepsie et l'écume à la bouche ; qu'on y rencontre également en très grande quantité certaine plante rampante, certaine épine, avec des fruits couchés semblables à des concombres, et pleine d'un suc si âcre que quelques gouttes tombant dans l'oeil soit d'un homme, soit d'un animal, suffisaient à le rendre aveugle ; qu'enfin beaucoup de soldats périrent étouffés en voulant manger des dattes vertes. Un autre danger dont l'armée eut à se préserver fut la morsure des serpents, car partout dans les dunes croît une herbe sous laquelle les serpents se glissent et se tiennent cachés, et quiconque était piqué mourait infailliblement. Enfin, les Orites passent pour imprégner de poisons mortels les flèches dont ils se servent et qui sont faites de bois durci au feu. Ptolémée, blessé par une de leurs flèches, était en danger de mort, dit-on, quand Alexandre eut un songe : il crut voir pendant son sommeil un homme s'approcher de lui, cet homme tenait à la main une racine avec sa tige et ses feuilles, et, en la lui montrant, il lui recommandait d'en exprimer le suc et d'en faire une application sur la plaie du blessé. A peine réveillé, Alexandre, se rappelant toutes les circonstances de son rêve, s'était mis en quête de la précieuse racine, et, l'ayant trouvée (sans grand'peine du reste, car elle croît fort abondamment dans ces déserts), il en avait fait usage avec succès pour Ptolémée et pour d'autres blessés. De leur côté, les Barbares, frappés de la découverte miraculeuse de ce contre-poison, étaient venus en foule apporter leur soumission au roi. Il est probable que quelque indigène, instruit des propriétés de cette plante, avait livré son secret à Alexandre, mais par flatterie on crut devoir ajouter un peu de merveilleux à la réalité. Parvenu enfin à la capitale de la Gédrosie, soixante jours après son départ de chez les Orites, Alexandre y fit reposer quelque temps son armée, puis il se remit en route pour la Carmanie.
 Tel est le côté méridional de l'Ariané par rapport au littoral proprement dit et à la partie de la Gédrosie et du territoire des Orites située immédiatement au-dessus. Le reste de la Gédrosie (et ce n'en est pas la moindre partie) remonte assez avant dans l'intérieur pour toucher aux confins de la Drangiane, de l'Arachosie et des Paropamisades, tous pays pour lesquels, à défaut de renseignements meilleurs, nous suivrons les indications d'Eratosthène. Déjà, au sujet de l'Ariané, Eratosthène s'exprime ainsi : «Bornée à l'est par l'Indus, l'Ariané l'est encore au sud par la Grande Mer, au nord par le Paropamisus et les montagnes qui lui font suite jusqu'aux Pyles Caspiennes, enfin à l'ouest par le prolongement de la ligne de démarcation qui déjà sépare la Parthyène de la Médie et la Carmanie de la Paraitacène et de la Perse». Or, d'après cette délimitation, on peut prendre pour la largeur de l'Ariané les 12 ou 13 000 stades que mesure le cours de l'Indus depuis sa sortie du Paropamisus jusqu'à son embouchure. Quant à sa longueur, on peut, en partant des Pyles Caspiennes et en empruntant les distances du Recueil des Stathmes d'Asie, l'évaluer de deux manières : jusqu'à Alexandrie dite d'Arie il n'y a qu'une route, qui part des Pyles Caspiennes et traverse la Parthyène, mais, parvenue à Alexandrie, cette route bifurque, et, tandis que l'une des branches, continuant droit par la Bactriane et la traversée de la montagne, vient tomber auprès d'Ortospana chez les Paropamisades à cette espèce de carrefour que forment les trois routes venant de Bactres, la seconde branche se détourne un peu de l'Arie, pour courir au sud dans la direction de Prophthasia en Drangiane, puis, repartant de là, gagne la frontière de l'Inde et la rive même de l'Indus. Naturellement cette seconde branche, qui traverse la Drangiane et l'Arachosie et qui peut mesurer en tout 15 300 stades, est un peu plus longue que l'autre. Retranchons de ce total 1300 stades [pour la différence des deux branches], le reste (soit 14000 stades) représentera assez exactement la longueur de l'Ariané en ligne droite, puisque [nous avons dit que l'Ariané avait la figure d'un carré] et qu'il est notoire que son côté maritime ne mesure guère moins de 14000 stades aussi, en dépit de certains calculs exagérés qui l'évaluent à 16 000 stades (dont 6000 attribués à la Carmanie), calculs dans lesquels on a dû faire entrer en ligne de compte ou toutes les sinuosités des golfes ou la partie de la côte de Carmanie qui se trouve en dedans du golfe Persique. Du reste, ce nom d'Ariané s'étend encore par delà les limites indiquées ci-dessus et s'applique non seulement à une partie de la Perse et de la Médie, mais à une partie aussi de la Bactriane septentrionale et de la Sogdiane, car les populations de ces différents pays parlent à peu de chose près la même langue.

                                                 

                  
                                                                                  
Désert de Gédrosie

                               

GEHENNE : Le Guei Hinnom, Vallée de Hinnom, vallée voisine de Jérusalem, au Sud. Elle séparait le territoire de la tribu de Judas de celui de la tribu de Benjamin. Au temps des prophètes,  Isaïe y promit au roi d'Assyrie sa dernière demeure, et prophétisa qu'après la délivrance de Sion, les cadavres des ceux qui s'étaient élevés contre YHWH bruleraient en permanence Le roi Salomon y érigea desautels aux idoles moabites et ammonites; le roi Josias,  profana le lieu en y répandant des ossements humains. Elle fut souillée par des sacrifices d’enfants offerts à Moloch, puis abandonnée. On y jeta les cadavres des malfaiteurs et les immondices : de là son nom de Trophet (horreur). Elle était pour les Juifs un symbole de l’Enfer: la Géhenne acquiert dans la littérature juive ultérieure, tant apocalyptique que rabbinique et chrétienne, une dimension métaphorique, devenant un lieu de terribles souffrances, puis de demeure après la mort pour les pécheurs. Elle fut également réputée pour être le lieu de réclusion des lépreux et pestiférés.

Le Livre d'Énoch décrit un Sheol divisé en quatre compartiments: dans le premier, les justes accomplis attendent avec allégresse le Jour du Jugement, dans le second, les personnes modérément bonnes attendent leur récompense, dans le troisième, le Guehinnom(Gehenne), les pécheurs sont punis et attendent leur jugement lors de la résurrection, le quatrième étant un lieu de tourments et d'opprobre éternels pour ceux qui ne méritent même pas la résurrection. La Kabbale décrit également l'âme dans la Géhenne, se "cassant" comme la flamme d'une chandelle en allume une autre : une partie de l'âme est purifiée et "remonte" au créateur, l'autre revient dans le monde des vivants afin de réparer les fautes antérieurement commises. La Géhenne en Islam est synonyme d'enfer. C'est un lieu chaotique où un feu éternel de température 70 fois supérieure à celle de la plus chaude des flammes de la Terre, brûle les mécréants pour l'éternité, et les musulmans désobéissants pour un certain temps propotionnel à leur désobéissance en Allah, puis ces musulmans sortiront de la Géhenne pour le Paradis.
Extrait de Gehenne! Répond!:
Imagine ce Feu se convulser, entrer en ébullition et s'irriter, regardant de loin les créatures, les désirant ardemment, sifflant dans leur direction, tiré par son gardien et bondissant de colère sur les créatures à la suite de la Colère de son Seigneur contre celui qui a contrevenu à Son commandement et Lui a désobéi.
Imagine le bruit de ta respiration, son aspiration et son expiration et le halètement de sa gorge. Tes oreilles en seront pleines et tes entrailles se soulèveront de frayeur et d'effroi. Les créatures fuiront pour échapper au souffle [de l'enfer] sur leurs visages. C'est le Jour où les uns appelleront les autres. En entendant le ronflement de son souffle, ils feront demi-tour et tomberont sur leurs genoux, tels des cadavres, autour de la Géhenne et verseront des larmes.
Imagine ce choeur de sanglots des créatures sous son souffle haletant, ces injustes appelant, dans leur malheur, criant qu'ils sont perdus. Chaque élu, chaque véridique, ceux sur lesquels Allah  - qu'Il soit exalté -
a jeté son dévolu, les martyrs, ceux qu'Il a choisis, et les hommes du commun des mortels, tous appelleront : Nafsi ! Nafsi !Mon âme ! Mon âme !

  

                   La vallée de la Gehenne

 

GÉIS(irlandais)GEAS(gallois) : lois spirituelles et temporelles édictées par les druides. On ne pouvait les transgresser qu’une fois par an lors de la fête du clan. Non écrites, les géis étaient en perpétuelle évolution et s’adaptaient selon les évènements politiques, sociaux ou culturels.

Irlande : Un  géis peut être comparée à une malédiction ou, paradoxalement, un cadeau(à condition de bien en gérer les conséquences).

Si quelqu'un en vertu d'un geis viole les tabous, il tombe dans  le déshonneur, voire il risque  la mort. D'autre part, le strict respect de son Géis est censé apporter la puissance.

Souvent, ce sont les femmes qui  jettent les Geasas(pluriel de géis) sur les hommes. Dans certains cas, la femme se révèle être une déesse ou une détentrice de pouvoirs magiques. La geis  joue souvent un rôle clé dans les contes de héros, comme celui de Cúchulainn dans la mythologie celtique irlandaise.

Traditionnellement, le destin de héros se réalise en raison de viol des règles imposées par les Geasas, , soit par accident, ou parce qu’ils sont placés dans une position où ils n'ont pas d'autre choix que de violer une géis. . Par exemple, Cúchulainn a  cette géis : de ne jamais manger de la viande de chien, et il est également lié par un geis qui l’oblige à manger toute la nourriture offerte par une femme. Quand une sorcière lui offre de la viande de chien, il est obligatoirement condamné.

Plus récemment : Dans une courte histoire fantastique 1964 "Une affaire d'identité" par Randall Garrett , l'un des personnages, un psychopathe meurtrier par nature, est mentalement retenu par un sort appelé GEAS "qui l'oblige à limiter ses activités à celles qui ne sont pas dangereuses pour ses semblables ».

Jack Chalker  se sert du geas dans  son livre une jungle d'étoiles:

Charles Stross l’utilise également dans la Jennifer Morgue

 De même Terry Pratchett.

Plus récemment dans les jeux de rôle de Donjons et Dragons, le geas est devenu une quête obligatoire.

 

GÉLANOR : fils de Sthénélos, roi d’Argos vers 1576-1572 av.J.-C . Il fut le dernier des Inachides. Il disputa le pouvoir à Danaüs(Danaos) qui l’emporta.

La légende: Danaos annonça qu'il avait été choisi par les dieux pour devenir roi d'Argos. Gélanor aurait certainement gardé son trône, en dépit des déclarations de Danaos qui prétendait posséder l'appui d'Athéna, si à ce moment-là n'était descendu de la montagne un loup audacieux qui attaqua un troupeau au pâturage non loin des murs de la ville, tuant le taureau chef du troupeau. Ils considérèrent cet incident comme un présage indiquant que Danaos prendrait le trône par la force si on lui résistait et ils convainquirent Gélanor d'abandonner son trône sans résistance.Danaos, persuadé que le loup n'était autre qu'Apollon déguisé, lui dédia le fameux temple d'Apollon Lycien à Argos, et il devint si puissant que tous les Pélasges de Grèce s'appelèrent Danaens. Il construisit aussi la citadelle d'Argos et ses fils y apportèrent d'Egypte les Mystères de Démèter et les enseignèrent aux Pélasgiennes.

 

GÉLASIA : une des Grâces. Son nom se trouve sur un vase peint, avec ceux de Comasia et de Léchoris.

 

GÉLASIA: soeur de Sainte Eudocie, elle prit le voile par amour de Dieu. L'empereur Adrien (l17-138), qui prit la succession, était un farouche adepte de l'idolâtrie. Il envoya à Héliopolis un gouverneur, célèbre pour sa cruauté, nommé Diogène, lequel avait été fiancé à Gélasia et que la fuite de sa promise avait mis dans la plus grande haine à l'égard d'Eudocie.

 

GÉLASE Ier :né en Kabylie. Conseiller de Félix III, il fut le 49 ème pape de 492 à 496. Romain de naissance mais se disant berbère. Il parvint à conserver l’indépendance entre le roi Théodoric et l’empereur de Constantinople. Il défendit les droits de la suprématie de Rome contre le patriarche de Constantinople. Il supprima la dernière fête païenne qui subsistait encore, celle des Lupercales et lui substitua sans doute la fête chrétienne de la Chandeleur. Au moins trois saints différents sont nommés Valentin, tous trois martyrs. Leur fête a été fixée le 14 février par décret du pape Gelase I, aux alentours de 496. Ses enseignements sur le péché originel, sur la double nature, humaine et divine, du Verbe et sur la primauté du Siège Apostolique ont marqué dans l'histoire de l'Eglise.

 interdiction faite aux évêques de se rendre à la cour de Ravenne sans l’autorisation pontificale ; de réclamer des clercs d’autres diocèses ; instauration d’un contrôle pontifical strict de la gestion temporelle des évêques ; jugement des prélats dilapidateurs auxquels un administrateur est imposé, ainsi qu’aux évêchés en vacance de siège. Rappel des évêques d’Italie et de Sardaigne au respect de la hiérarchie.
 Les actes principaux de Gélase:  Défense renouvelée aux clercs de se livrer au commerce, de se marier, impossibilité à ceux insuffisament instruits d’être promus à l’ordre supérieur ; détermination du nombre de diacres selon l’importance de chaque ville (3, 5 ou 7) ; approbation par l’évêque du postulant aux ordres, alors que l’on procédait souvent par acclamation du peuple, et prescription au clergé d’effectuer lui-même l’enquête préalable. Droit assuré aux clercs, victime d’une sanction de leur évêque, de s’adresser directement au Pape.
  Interdiction aux diacres de consacrer la Sainte Hostie, pratique introduite sous les persécutions, et aux prêtres de conférer le sacerdoce sous peine d’excommunication. L’évêque seul également peut donner la Confirmation, réconcilier les pénitents, imposer le voile aux vierges consacrées ou aux veuves, consacrer une nouvelle église.
  Déclaration contre l’exclusion perpétuelle des pénitents et des excommuniés qui sont invités à introduire dans l’année leur demande de pardon et de réintégration.
  Prescription faite à toute personne qui érige une église nouvelle de la doter d’une terre dont les revenus serviront à subvenir à ses besoins de la manière suivante : un quart pour l’évêque, un quart pour les pauvres et les voyageurs, un quart pour les clercs, un quart pour les bâtiments et hospices. Cette pratique durera jusqu’au début du VII-1 siècle. Chaque fondation doit recevoir nécessairement l’autorisation du Pape.
  Rappel aux femmes de leur incapacité à remplir une fonction sacrée. A la correspondance il faut joindre les nombreux traités, commencés sous le règne de ses prédécesseurs, qui traitent du schisme de l’évêque Acace, du pélagianisme, de la fête païenne des lupercales, toujours célébrée à Rome, et que Gélase supprime pour la remplacer par la Saint-Valentin.

En ce qui concerne Acace, son parti semblait diminuer la parfaite divinité du Christ et voulait faire rentrer les hérétiques dans l’Église en demandant à la foi commune de célébrer le Christ, non en sa divinité substancielle, mais seulement en sa ressemblance avec le Père Éternel. Et Gélase de répondre avec l’Évangile que Jésus est Dieu, tout comme le Père Éternel.  Comme ses devanciers, il professe la doctrine de Saint-Augustin dans les questions de la grâce, sans insister sur les problèmes de la prédestination et des diverses efficacités de la grâce divine. Gélase déclare risible la prétention de Constantinople à une autorité religieuse égale à celle de Rome. Il rappelle la primauté romaine sur toute la chrétienté et sur tous les sièges épiscopaux : "Ce n’est pas par des décisions des conciles que l’Église de Rome a été mise au-dessus des autres Églises, mais elle a obtenu cette primauté par la parole du Seigneur, notre Sauveur, dans l’Évangile : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Le premier siège de l’apôtre Pierre est donc l’Église romaine !". Après avoir ainsi proclamé le droit divin de la primauté pontificale, il soutient partout, avec la plus grande énergie, que le Pape est qualifié pour juger seul tous les évêques, y compris les patriarches, sans le concours d’un concile, sans avoir à tenir compte de décisions conciliaires, et sans qu’il puisse être fait appel de son jugement. Donc le Pape, quelle que soit sa dignité ou son indignité personnelle, ne peut jamais être soumis à un tribunal humain. Il distingue les bons et les mauvais conciles. Les premiers se reconnaissent par leur conformité aux Écritures, à la doctrine des Pères de l’Église, ainsi qu’aux règles ecclésiastiques reçues par toute l’Église. Notons enfin que, dans le domaine de la liturgie, les oraisons gélasiennes contiennent le texte le plus ancien sur l’Assomption de la Vierge.
Une vingtaine de lettres authentiques, un sacramentaire qui regroupe les formules liturgiques de l'Eglise latine, un traité des deux natures en Jésus-Christ et une soixantaine de "canons" sont l'œuvre qu'il nous laisse.
Célèbre par sa doctrine et sa sainteté. Pour que l’unité de l’Église n’ait pas à souffrir de l’autorité impériale, il illustra le premier à fond les propriétés des deux pouvoirs et leur liberté réciproque; avec une extrême charité, poussé par les besoins des indigents, pour pouvoir soulager les pauvres, il mourut dans la plus grande pauvreté.

 

                      

                       Gélase I, Charlemagne et Grégoire I

 

 

GÉLON : fontaine d’Asie Mineure, à Célènes en Phrygie. Elle avait le pouvoir de faire rire. Une fontaine voisine nommée Clæon faisait pleurer.

 

GÉLON : né en 540 av. J.-C, tyran de Géla et de Syracuse, d’une noble de famille de Géla, en Cisile, l’un des gardes du tyran Hippocrate, devint chef de sa cavalerie, soutint ses enfants(dont il était le tuteur) contre le peuple, mais s’empara lui-même du pouvoir, vers 491 av. J.-C. Allié au parti oligarchique de Syracuse, il s’empara de cette ville, 484, et en augmenta beaucoup la population et la puissance. Il offrit ses secours aux Grecs contre Xerxès, à condition qu’il aurait le commandement. Ses offres furent rejetées. Mais il vainquit, près d’Himère, la grande armée des Carthaginois, probablement alliés des Perses. Hamilcar fut tué avec 150.000 hommes, dit-on, 480 av. J.-C. Les Carthaginois s’humilièrent, Gélon leur imposa comme condition de paix l’abolition des sacrifices humains, et avec leurs dépouilles, put orner Syracuse et envoyer de magnifiques offrandes à Delphes. Il passa pour un prince doux et modéré. Plus tard le républicain Timoléon, libérateur de Syracuse, épargna la statue de Gélon. Il mourut en 478.

 

GÉLONOS : fils d’héraclès et d’Échidna. Il s’établit en Scythie et fut à l’origine de la nation des Gélons.

 

GÉLOSCOPIE : divination par le rire. Le procédé permettait de découvrir le caractère de quelqu’un et ses penchants bons ou mauvais.

 

GÉMEAUX : Gemini, le troisième des douze signes du Zodiaque qui représente Castor et Pollux(frères jumeaux d'Hélène de Troie)(Romulus et Remus pour les Romains) ou Hercule ou Apollon. Cette constellation était favorable aux navigateurs.

 

                                                  

 

 

GEMELLAR : petit récipient à deux compartiments. Il contenait de l’huile du garum ou tout autre liquide d’assaisonnement.Vase à huile dans le genre de nos burettes, en supposant qu'il a pour racine geminus et qu'il désigne un récipient contenant une double mesure ou formé de deux cavités communiquant entre elles. La poterie antique offre, en effet, quelques exemples de petits vases conjugués, à double goulot ou à double panse, avant l'aspect de flacons à, huile. Mais rien n'autorise, dans les rares textes que nous possédons, à faire cette assimilation: Il y est question du pressoir [PRELUM] et le gemellar est la pàrtie du pressoir qui reçoit l'huile douce, tandis que l'écume (amurca) s'écoule au dehors. L'expression employée par Columelle (structile gemellar) prouve aussi qu'il s'agit d'un réceptacle assez grand, construit avec l'appareil tout entier, et non d'un vase mobile.

 

GEMINUS : astronome grec du Ier siècle av. J.-C., né à Rhodes, vécut probablement à Rome, où il écrivit une Introduction aux Phénomènes, qui contient des éléments d’astronomie rédigés avec clarté. Elle a été publiée (grec-latin) par Edo-Hildericus, Altorf, 1590. Halma en a donné plus récemment une autre édition (dans son Ptolémée), Paris, 1819, in-4°. Geminus avait composé également une Exégèse abrégée des Météorologiques de Posidonius et la Théorie des Mathématiques , comprenant au moins six livres, et dont des fragments nous ont été conservés par Pappus, par Eutocius, et surtout par Proclus, dans son commentaire sur Euclide.

 

GEMMES: Les pierres précieuses et les pierres fines ont joué, dans la vie des Grecs et des Romains, un rôle considérable, à un triple point de vue : elles ont été utilisées dans la parure et l'ornement, en cabochons, grains de colliers, pendeloques, camées et intailles; d'autre part, on les a considérées souvent comme des talismans, des phylactères et on leur a reconnu des vertus magiques ou des propriétés médicales et thérapeutiques ; enfin, on les a enchâssées dans les chatons des bagues ou suspendues à des colliers pour les faire servir de sceaux ou cachets. C'est sous l'un de ces trois aspects, quelquefois sous tous les trois à la fois, que nous apparaissent les gemmes antiques parvenues jusqu'à nous, et que nous les présentent les écrits variés des auteurs anciens. L'origine de ce triple caractère donné aux gemmes dans toute l'antiquité et, par la suite, jusqu'à l'époque moderne, se perd dans la nuit des temps et il faut chercher à l'expliquer par un raisonnement d'induction. En effet, partout sur la surface du globe, dès qu'on constate la présence de l'homme, on le voit rechercher avidement les ornements personnels et cette fatuité qu'on nomme la parure. Les colliers, les bracelets, les bagues, les pendeloques se rencontrent chez les troglodytes de l'époque quaternaire aussi bien que chez les dernières tribues primitives du XX ème siècle.  Mû par l'instinct du beau, l'homme primitif recueille avidement les gemmes aux vives couleurs, dont l'éclat mystérieux l'étonne et le ravit ; il prend plaisir à les voir scintiller à son cou; il se mutile pour les suspendre à ses oreilles, à ses narines, à ses lèvres. Bientôt, il découvre quelques-unes des propriétés optiques, thermiques ou magnétiques de certaines pierres, leur pouvoir réflecteur de la lumière, leur électrisation par frottement; et ces propriétés appliquées, dans certains cas, à des maladies, paraissent provoquer la guérison. Dès lors, impuissant à expliquer ces phénomènes, cet homme primitif songe à faire intervenir les puissances surnaturelles. Il s'imagine qu'un génie supérieur, invisible, habite dans chaque gemme ; comparant l'éclat différemment nuancé des astres avec le scintillement coloré des gemmes, il croit qu'il existe des rapports secrets entre celles-ci et les étoiles. C'est ainsi que naquit, par la force des choses, dès l'origine du monde, l'étrange superstition qui attribua'aux pierres précieuses un caractère magique, talismanique et astrologique. Quand on sut, avec les progrès de la civilisation, graver sur les pierres dures des figures et des caractères, l'idée vint logiquement de représenter sur ces gemmes des images divines, des prières et des invocations destinées à renforcer le caractère magique de la pierre et à accroître son efficacité surnaturelle. Dans toutes les circonstances où l'homme croyait devoir invoquer la divinité, il avait recours à sa gemme talismanique, à laquelle il tenait comme à la vie, qui rie le quittait jamais et qui devenait comme l'emblème de sapersonnalité. De là, l'idée de faire servir la pierre gravée à sceller les actes dans lesquels l'homme engageait sa foi et où il avait à défendre ses droits; les êtres surnaturels dont elle était la demeure mystique devenaient les témoins du contrat qui ne se pouvait plus délier sans déchaîner leur vengeance sur le violateur. Le rôle d'ornement, de talisman et de cachet assigné aux gemmes, non seulement chez les Grecs et les Romains, mais dans les grandes civilisations de l'antique Orient, s'explique donc logiquement, et le côté superstitieux de ce rôle a pour fondement naturel l'ignorance de la nature chimique des gemmes, ignorance dans laquelle l'humanité resta plongée jusqu'à l'époque moderne. Aujourd'hui, la nomenclature scientifique classe et nomme les pierres d'après l'analyse de leur composition chimique et de leurs formes cristallines; mais pour les anciens, les noms attribués aux gemmes reposent exclusivement sur l'observation de leurs couleurs, de l'usage auquel on les destinait, de leurs propriétés externes, magiques ou thérapeutiques. Le principe de cette classification, étant purement empirique, est la source de contradictions inextricables pour le critique moderne. Non seulement il nous est impossible souvent de saisir les raisons qui ont fait considérer tel ou tel minéral comme une gemme ou bien comme une pierre vulgaire, mais telle pierre est considérée comme vulgaire par un auteur et rangée par un autre au nombre des gemmes. De plus, les anciens comptaient parmi les gemmes des matières qui ne sont même pas des pierres, telles que les perles, les pâtes vitreuses et les fossiles dont les formes étranges et multiples constituaient autant de variétés parmi les gernmae. Toutes les pierres, même celles qui n'étaient pas considérées comme des gemmes, étant susceptibles d'être investies d'un rôle magique ou thérapeutique, nous n'avons guère à tirer parti, au point de vue qui nous occupe ici, des Lapidaires, d'origine orientale, que les écrivains de l'école d'Alexandrie répandirent dans le monde romain, tels que les Cyranides de l'Hermès Trimégiste , le Traité de Damigéron le Mage , la Vie d'Apollonius de Tyane , et les écrits qu'on attribuait à Orphée , à Aristote , à Plutarque  et qui devinrent si populaires dans les bas temps et au moyen âge. Parmi les naturalistes, Théophraste , Pline l'Ancien , Solin, l'abréviateur de Pline , Isidore de Séville seront nos principaux guides. Quand on y regarde de près, on s'aperçoit que certains minéraux sont traités à la fois comme pierres vulgaires et comme gemmes, et que le désordre le plus complet règne dans l'ordonnancement de ces deux livres. De tous les auteurs anciens, celui chez lequel on rencontre quelque logique, c'est Isidore de Séville, dans son traité des Étymologies. Le livre De lapidibus et metallis distingue : 1° les pierres vulgaires (ch. nt, De lapidibus vulgaribus) ; 2° les pierres de luxe ou demi-fines (ch. iv, De lapidibus insignioribus), parmi lesquelles nous trouvons l'aimant (magnes), l'émeri (smyris), le jais (gagates), l'ostruite, l'obsidienne, l'androdamas, l'amiante, l'hématite, l'aetite, le schiste, etc.; 3° les marbres (ch. vi, De marmoribus) et enfin, 4° les gemmes (ch. vi, De gemmis). Après avoir averti, comme Pline, que les diverses espèces de gemmes sont innombrables et qu'il énumère seulement les principales, Isidore de Séville en groupe un certain nombre suivant leurs couleurs, puis d'autres suivant leurs vertus magiques ou suivant le sens des noms qu'elles portent. Mais on relève parmi les pierres de Iuxe (De lapidibus insignioribus) des minéraux que Pline classe parmi les gemmes, et en outre, il y a des pierres, comme l'hématite par exemple, qui figurent à la fois dans les deux catégories.

 

                       

                      Emeraude, rubis, saphir et diamant

 

                                          

 

 

GENABUM ou CENABUM (ORLÉANS) : Le nom de Genabum (ou Cenabum) viendrait du vocable celtique "gen" signifiant courbure ou menton, choix naturellement justifié par la forme du cours de la Loire à cet endroit.  Les premiers habitants de Cenabum, la future cité gauloise, s'installèrent probablement au nord de la Loire, sur une colline dont le temple constitue maintenant le sommet, en face d'une île verdoyante. Cette colline était bordée de chaque côté par deux petites rivières descendant vers la Loire. Au temps des Ligures, les premiers habitants de la région dont on connaisse le nom, le campement de cases grossières s'était transformé en bourgade, bientôt occupée par les Celtes ou Gaulois, lorsqu'ils envahirent la France, au début du VIème siècle av. JC.  Ce port fluvial était le débouché commercial des céréales de la Beauce. La cité avait des défenses, sinon de véritables fortifications. Elle contrôlait également un pont sur la Loire, d'une importance économique et stratégique considérable. Les druides se réunissaient pour tenir leurs assises près de l'endroit où s'élève Saint-Benoît-sur-Loire. C'était là "l'ombilic sacré", le lieu où parvenaient les nouvelles, celui d'où partaient les ordres.
 Capitale des Gaulois Carnutes dans laquelle, au début de 52 av. J.-C., fut donné le signal de la révolte gauloise. Les Carnutes y massacrèrent les commerçants et fonctionnaires romains, puis mirent à mort le roi Tasgetios qui avait été mis en place par Jules César. Ce dernier y envoya une armée. Encerclés par les légions, les habitants tentèrent de s’échapper par un pont enjambant la Loire, mais la plupart furent faits prisonniers et vendus comme esclaves. Au
III siècle, l'empereur Aurélien la releva de ses ruines (273-274
), reconstruisit son enceinte, détacha la ville nouvelle du pays des Carnutes, dont elle avait dépendu jusqu'alors, et lui donna son nom, Aurelianum ou Aureliani.

Extrait de la Guerre des Gaules par Jules César: " Lorsqu'arrive le jour convenu, à un signal donné, les Carnutes, ayant à leur tête Cotuatus et Conconnétodumnos, des hommes capables de tout, se précipitent dans Genabum. Il y avait là des citoyens romains qui s'étaient établis pour faire du commerce, et parmi eux C. Fufius Cita, honorable chevalier romain, que César avait chargé d'assurer l'approvisionnement en blé; tous sont massacrés et leurs biens sont pillés".

 

         
                                                                                                                     Les bains romains à Genabum

 

 

GÉNÉA : nom donné par Sanchoniathon à la fille des fondateurs de l’espèce humaine, Protogonos et Æon. Elle épousa son frère Génos et en eut Phos, Pyr et Phlox, soit la lumière, le feu et la flamme.

Détail: A l’origine il y avait le chaos et l’air épais qui donnèrent le désir et le vent. Ce couple engendra la mort (moût) qui avait la forme d’un œuf cosmique, contenant en germe un réservoir de possibles, créatures immobiles et infécondes. Un jour l’œuf se brisa. Môt projeta le soleil la lune et les étoiles. La lumière qui en jaillit provoqua la séparation des eaux du ciel. Kolpia le vent original engendra avec son épouse Baan Aion et Protogonos (l’Ainé). Ils donnèrent à leur tour Genos (race humaine) et Généa son épouse. Leurs enfants furent : Lumière, Feu et flamme. Le Feu engendra les géants.

 

GENÈS ou GENEST DE ROME : (Saint) comédien sous Dioclétien, se convertit à la foi chrétienne, au moment même où il représentait par dérision, les mystères du culte persécuté. Mis à la torture par l’ordre de l’empereur, il fut décapité. Les uns placent son martyr en 286, les autres en 303. L’église l’honore le 25 août. Il a fourni à Rotrou le sujet d’une belle tragédie.

Confession de Saint-Genès lors de son interrogatoire:
Il n’y a pas de roi en dehors de celui que j’ai vu.

C’est lui que j’adore, c’est à lui que je rends hommage.

Quand pour son culte on me tuerait mille fois, je lui demeurerais toujours attaché comme maintenant.

Le nom du Christ est dans ma bouche, le Christ est dans mon âme : Les tortures ne pourront l’en arracher.

Je me repens de mes erreurs passées ; je me repens d’avoir naguère maudit ce nom saint dans les hommes saints.

Je me repens d’être venu bien tard, en soldat orgueilleux, adorer le vrai Roi.

 

GENÈSE : génération, naissance, premier livre du Pentateuque de Moïse, qui comprend le récit de la création et l’histoire des premiers temps jusqu’à la mort de Joseph et la naissance de Moïse. En hébreu, son intitulé est Bereshit. Le livre de la Genèse veut expliquer l'origine de l'homme et du peuple hébreu jusqu'à son arrivée en Égypte en l'éclairant par le projet de Dieu. Selon une croyance assez courante dans les religions abrahamiques, la Genèse a été divinement inspirée (écrite par Dieu, ou plutôt inspirée par lui à un humain), et est donc infaillible. L'hypothèse dite documentaire toutefois, tend à montrer que la composition du livre est l'œuvre non d'un rédacteur unique mais d'un ensemble de rédacteurs.

Extrait de la Génèse:

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.

1.2  La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.
1.3  Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
1.4 Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres.
1.5 Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour.
1.6 Dieu dit: Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux.
1.7  Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi.
1.8  Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour.
1.9  Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.
1.10  Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon.
1.11 Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.
1.12  La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
1.13 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour.
1.14  Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années;
1.15 et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi.
1.16 Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles.
1.17 Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre,
1.18  pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon.
1.19 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour.
1.20 Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l'étendue du ciel.
1.21  Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon.
1.22 Dieu les bénit, en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux multiplient sur la terre.
1.23 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour.
1.24  Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
1.25  Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
1.26  Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
1.27  Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.
1.28 Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.
1.29 Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture.
1.30 Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi.
1.31  Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour.

       
                         La création du monde par Michel Ange                                         Dieu sépare la lumière des ténèbres 

GÉNÉTHLIOS : génie de la naissance qui veillait sur le sort de l’homme.

GÉNÉTYLLIS : déesse de la naissance et de la génération. Surnom de la déesse Ilythie, déesse de l’accouchement et de l’enfantement, fille d’Héra et de Zeus.  Surnom d’Artémis-Hécate à laquelle on sacrifiait des chiens. Les deux cultes de Kolias et de Génétyllis, quoique associés, sont distincts : car un vers de Lysistrata, nommant à la fois les deux divinités, implique, à n'en pas douter, qu'elles avaient deux sanctuaires. Ceux-ci étaient voisins, car Pausanias les situe ensemble au cap Kolias.  

 

GENÊT : symbole des rayons solaires du printemps, les fleurs de genêt servirent à donner une forme humaine à Blodeuwedd (femme-fleur), la future épouse de Llew Llaw Gyffes. La toile de genêt, fut fabriquée artisanalement pendant longtemps à l'aide de fibres de genêt d'Espagne. Les Romains et les Carthaginois employaient déjà ces fibres pour la confection des voiles de navires.

 

                                        

 

 

GÉNIES (Égypte) : ils habitaient l’au-delà et revêtaient les formes les plus diverses et les plus horribles. Lorsqu’ils se manifestaient sur la terre des vivants, c’était à travers des persécutions et leur nature variait du fantôme à l’incube. Ceux qui relevaient de l’autorité de la déesse Sekhmet répandaient les maladies lorsque les humains se détachaient des dieux.  En Egypte, avant la date des premiers sceaux du génie crétois (Ancien et Moyen Empire), Thouéris apparaît comme un monstre à tête fruste d'hippopotame ou de lion, caractérisé surtout par son appendice dorsal. C'est un génie apotropaïque, lié au monde végétal et aquatique. Un emprunt à l'Egypte dès les premières représentations est l'hypothèse la plus vraisemblable, sans avoir recours au Livre des Morts, trop tardif. L'intermédiaire de cet emprunt fut sûrement la Syro-Palestine où Thouéris présente une apparence très proche de celle du génie minoen. Chaï était aussi considéré comme un génie: Chaï n'est pas à proprement parler un génie du grain, mais il fait partie, avec Âhâ-nefer, Mehen, Ouadjedj et Nehebkaou de ces "bons démons" (agathodaimôn en grec) qui protègent l'Égypte et garantissent sa subsistance. Tous ont en commun d'être figurés avec une tête de serpent, les identifiant comme principe de renaissance et de fertilité. Chaï est, plus particulièrement, la personnification du destin, mais il apparaît aussi dans les théories de figures de fécondité, où il est associé à Renenoutet ou d'autres allégories féminines de l'abondance.

 

GÉNIES (voir JUNONS) : pour les Romains, le génie était bienfaisant. Il naissait et mourait en même temps que l’être humain qu’il accompagnait durant toute la vie. Jouir de tous les plaisirs de la vie épicurienne, c’était plaire à son génie, alors qu’être triste l’affligeait. Honoré par un culte sur son autel lors des anniversaires, le génie recevait des fleurs, du vin et des gâteaux. Les génies étaient représentés sous la forme de jeunes hommes tenant une coupe ou une lance dans une main et une corne d’abondance dans l’autre. Les ville, les royaumes, les édifices possédaient aussi leurs génies tutélaires. Ces derniers avaient l’aspect de serpents dévorant des fruits. Le génie avait une toge et une corne d'abondance. Il peut aussi être figuré sous forme de serpent. Le culte du génie était rendu dans le lararium.

 

                                            
                                                        L'Etude et le Génie découvre l'Egypte à la Grèce (1826)

 

GÉNIES DIVERS : pour les Celtes, les génies étaient des êtres minuscules vivant dans les endroits les plus reculés. Ils aidaient les justes et les hommes sages à retrouver leur chemin lors des voyages. À l’inverse, ils égaraient les mauvais et les sots. Selon certains peuples orientaux, les génies sont doués d'une forme corporelle qu'ils peuvent métamorphoser à leur gré. Ils habitaient la terre longtemps avant la création de l'homme; mais s'étant révoltés contre Dieu, ils en furent chassés par Éblis et rejetés à l'extrémité du monde. Selon les légendes persanes, ils sont obligés de se soumettre et d'obéir aux ordres des possesseurs de certains talismans. C'est ainsi que Salomon possédait un anneau mystérieux par la vertu duquel il commandait à toutes les légions des Djinns qui, à la volonté de ce roi, exécutaient les plus grands prodiges et réalisaient les merveilles les plus incroyables.

 

GENITRIX ou GENETRIX : Génératrice. Surnom de Vénus, à laquelle Jules César, qui prétendait être son descendant, éleva un temple à Rome: César fera le voeu avant la bataille de Pharsale contre Pompée, en 48 avant Jésus-Christ, d'élever un temple à Vénus Genitrix. GENOU : le genou était le symbole de la sagesse et de la connaissance spirituelle.

 

                              
                                                                                                        Temple de Vénus Genitrix à Rome

 

 

GENS : épithète désignant l’ensemble d’une famille agrandie, équivalant à la notion de clan.

 

GENSÉRIC : né en 399 sur les rives du lac Balaton,  roi des Vandales de 428 à 477 . Fils bâtard de Godigisde. Il répondit à l’appel du gouverneur d’Afrique Boniface et, à la tête de 80 000 guerriers, s’empara de toute l’Afrique romaine en dix ans. Cruel, perfide, il commit d’horribles méfaits. Maître de Carthage ne 439, il fit construire une flotte qui sema la terreur en Méditerranée. Il prit Rome en 455. En  459, quand Majorien passe en Gaule, à Lyon, puis en Espagne pour monter une expédition contre les Vandales en Maurétanie ; Genséric le devance et détruit la flotte romaine à AlicanteEn 466, ils doivent aussi quitter la Sardaigne. Genséric craignant une révolte des Romains et des chrétiens fait abattre le, murs de toutes les villes d'Afrique à l'exception de Carthage. Le massacre de cinq cents citoyens nobles de Zante ou Zacynthiis, dont il fit jeter les corps mutilés dans la mer, le fera passer pour un criminel de guerre par bien des générations. Genséric emmena en otage la veuve de Valentinien, l'impératrice Eudoxie, et ses deux filles, ainsi que des citoyens Romains qui furent traités en esclaves. Il dirigea ensuite ses armées vers l'est, dévastant la Grèce et la Dalmatie et menaçant Constantinople. Les empereurs tentèrent en vain de lui reprendre les territoires perdus et la maîtrise de la mer. Les 1 100 galères de Théodose ne parvinrent jamais à dépasser la Sicile. La flotte de Majorien fut détruite dans le port de Carthagène. En 468, l’armada de l’empereur Léon fut incendiée à Bône. En 472, Genséric s'allie officiellement avec le patrice Ricimer qui entre en conflit ouvert avec l'empereur Anthémius. L’empereur Zénon le reconnut en 476. il décéda de mort naturelle le 25 janvier 477 à Carthage.

 

       
       Le sac de Rome par Genséric  Karl Briullov (1833-1836)                                  Monnaie de Genséric

 

GENTILS : Gentiles (de gentes, nations),  membres d’une même famille (gens), chez les anciens Romains. Nom des nations étrangères dans la langue latine de la décadence. Chez les Hébreux, nom de ceux qui ne descendaient pas de Jacob, et plus tard, nom des païens. Saint Paul est spécialement appelé l’Apôtre des Gentils.Dans la mythologie basque, les Gentils, Jentils ou jentilak étaient les peuples préchrétiens, qui auraient disparu avec l'apparition du christianisme selon la légende de Kixmi.

          

GENTIOS ou GENTIUS : roi d’Illyrie, fils de Pleuratos. Il vécut au IIe siècle av. J.-C. Il perdit la Dalmatie. Les excès de piraterie de ses sujets, puis son association avec Persée, attirèrent sur lui la haine des Romains après qu'il eut  détruit les villes d'Apollonia et de Dyrrhachium. Se déclarant ouvertement pour le roi de Macédoine en 168, il fut battu par le préteur  Lucius Anicius Gallus  en 169. Assiégé dans Scodra, il se rendit et fut conduit à Rome en 167. Il mourut en captivité à Spolète. Il a donné son nom à la gentiane après en avoir découvert les propriétés médicinales.

Extrait de l'Abrégé de l'histoire romaine par Eutrope: Après la mort de Philippe, roi de Macédoine, qui d’abord avait fait la guerre aux Romains, puis était devenu leur auxiliaire contre Antiochus, Persée, fils de Philippe, souleva la Macédoine, après avoir réuni des forces considérables pour sa défense. En effet, il avait pour alliés Cotys, roi de Thrace, et un roi des Illyriens, nommé Gentius. De leur côté, les Romains comptaient pour auxiliaires Eumène, roi d’Asie, Ariarathe, roi de Cappadoce, Antiochus, roi de Syrie, le monarque égyptien Ptolémée, et Masinissa, qui régnait sur les Numides. Quant à Prusias roi de Bithynie, bien qu’il eût épousé la sœur de Persée, il resta neutre entre les deux partis. Le consul P. Licinius, envoyé comme général contre Persée, fut vaincu par ce roi dans une grande bataille. Mais, malgré leur échec, les Romains ne voulurent accorder au prince la paix qu’il demandait qu’à la condition " de se remettre lui et les siens à la discrétion du sénat et du peuple romain. " On envoya bientôt contre lui le consul L. Paul Émile ; et le préteur C. Anicius marcha en Illyrie contre Gentius. Un seul combat eut raison de Gentius, qui ne tarda pas à se rendre. Sa mère, sa femme, ses deux fils, et jusqu’à son frère, tombèrent en même temps au pouvoir des Romains. Ainsi cette guerre se termina en trente jours, et l’on connut la défaite de Gentius avant de savoir que la guerre était commencée.

 

                                                                     

 

 

GÉOMANCIE : divination qui, dès l'antiquité, se pratiquait en traçant par terre des lignes ou des cercles ou encore en observant les failles et les crevasses du sol. Les oracles géomantiques sont basés sur une série de figures, chacune composée de quatre lignes de points, pairs ou impairs. Par différentes combinaisons simples, les tirages des figures sont développés pour former un diagramme ou graphe destiné à l'interprétation : un écu ou thème de type astrologique ou géomantique, ou encore un carré. Elle connut son apogée au XIX ème siècle. L’honneur d’avoir annexé les figures géomantiques à la Magie revient au champion toutes catégories du recyclage talismanique, Cornélius Agrippa. Après avoir épuisé les anges de la Kabbale, les signes du zodiaque et les symboles alchimiques, il lui a bien fallu bien se mettre en quête de symboles neufs pour alimenter ses créations. Dans le deuxième livre de sa Philosophie occulte, il décline donc les correspondances et attributs des 16 figures en prenant toutes les libertés nécessaires pour accommoder ces symboles à vocation originellement divinatoire à la sauce de la magie opérative.

 

                                
                                                   Pictogrammes talismaniques dérivant de la géomancie

 

 

GEORGES (SAINT) : est beaucoup plus connu par la célébrité de son culte que par la certitude de son histoire, quoiqu’il est été canonisé par le pape Gélase vers 494 ou 496. Les légendes disent que, soldat cappadocien, il eut à lutter contre un magicien, Athanase, qu’il finit par convertir, et contre un terrible dragon rôdant près de Silène en Libye. Il aurait souffert le martyre sous Dioclétien. On le revérait, en Angleterre, dans la période anglo-saxone. Sa réputation s’accrut sous les normands, et sous Edouard III, au plus tard, il devint la patron de l’Angleterre. On a contesté son existence, mais l’église l’admet, et son culte est très ancien. On l’honore surtout en Orient et en Russie. Les Génois l’ont pris pour patron au temps des croisades. On le fête le 23 avril. Il est le patron des chevaliers. Saint Georges est représenté à cheval (souvent sur un cheval blanc), en armure, portant un écu et une bannière d'argent à la croix de gueules.

 

                
                                                                                    Carpaccio, 1502
                                                                             Saint Georges et le dragon

 

                            

 

GEORGE DE CAPPADOCE : hérétique et patriarche intrus d’Alexandrie., fils d’un foulon, parasite, fournisseur fripon, vil complaisant des eunuques, d’après les invectives des catholiques, devint receveur des impôts et fut nommé patriarche d’Alexandrie par les Arien et leur protecteur Constance, en 354. Georges de Cappadoce devînt évêque d'Alexandrie le 24 février 357 ; ce fut le début de plus d'une année de véritable tyrannie qui se solda par une émeute le 29 août 358. Soutenu par Artémius général des troupes d’Égypte, il persécuta les catholiques et les païens, en même temps qu’il était l’instrument de la rapacité impériale. Lorsque Julien fut sur le trône, Artemius fut arrêté, et Georges de Cappadoce  contraint à la fuite fut rattrapé puis écroué 1er décembre 361 . Les païens d’Alexandrie se jetèrent sur George, déchirèrent son cadavre et le brulèrent quelques jours plus tard.

 

GERA HOSIDIUS : poète latin du IIIe siècle. Il a écrit une tragédie, Médée, en 462 vers.

 

GÉRÆSTOS : cyclope, sur le tombeau duquel on immolait des victimes humaines.

 

GÉRAESTOS: promontoire méridional de l'île d'Eubée.

Extrait de la première Philippique par Démosthène: Autre avantage, Athéniens : vous enlèverez à Philippe le plus riche de ses revenus. Quel est-il? les dépouilles ravies sur mer aux alliés d'Athènes, et qu'il fait servir à combattre Athènes. Que gagnerez-vous encore? vous-mêmes ne serez plus exposés à ses pirateries : Il ne se jettera plus dans Lemnos, dans Imbros, pour enchaîner vos concitoyens, et les traîner à sa suite; Geraestos ne le verra plus envelopper vos vaisseaux et y recueillir des sommes immenses; il ne descendra plus., comme récemment, sur Marathon, pourenlever la trirème Sacrée : brigandages que vous ne pûtes empêcher, parce que vos secours passagers n'accouraient jamais au moment fixé.

 

GÉREINT : héros qui combattit les géants, les vierges guerrières et passa toute sa vie à transgresser les géis (les lois) édictées par les druides. Il fait partie du cycle arthurien. Gereint ac Enid est un conte gallois, connu en français sous le titre de Gereint, fils d’Erbin. Il fait partie des trois romans gallois regroupés sous le nomY Tair Rhamant ; les deux autres titres sont : Owein  (le conte de la dame à la fontaine) et  Peredur ab Evrawc (Peredur, fils d’Evrawc).

 

                                                               

 

 

GÉRESTIES : fête en l’honneur de poséidon à géreste, ville de l’Eubée.

 

GERGOVIE : capitale des Gaulois Arvernes (Auvergnats) située près de l’actuelle ville de Clermont-Ferrand. Elle fut l’un des hauts lieux de la résistance gauloise lors de l’invasion romaine. Vercingétorix y battit les légions de César en 52 av. J.-C. En l’an 52 avant J.-C., à la fin de l’hiver, ayant donné quelque répit à son armée après la prise d’Avaricum (Bourges), César décide de se diriger au cœur de la rébellion gauloise, « chez les Arvernes, vers la ville de Gergovie, en suivant l’Allier ». Ayant confié à son lieutenant Labienus quatre légions afin de marcher contre les Sénons et les Parisii, César dispose pour ses propres opérations de six légions et d’auxiliaires consentis peu après son départ d’Avaricum par ses « alliés » gaulois, les Éduens (des forces de cavalerie, ainsi que dix mille fantassins devant le rejoindre ultérieurement). Pour atteindre Gergovie, les troupes de César doivent franchir l’Allier. Mais le jeune Arverne qui dirige la coalition gauloise depuis le début de l’année 52, Vercingétorix, s’empresse de faire détruire tous les ponts et suit le fleuve face aux légions romaines afin de les empêcher de traverser. Ordonnant à son armée de continuer la marche, César dissimule en arrière une légion qui rétablit un pont sur le fleuve ; il rappelle alors ses troupes qui font demi-tour et franchissent l’Allier sans dommage. Vercingétorix ne peut dès lors que refuser un combat en plaine trop favorable aux Romains et presse la marche vers Gergovie. Voir le site http://www.gergovie.fr/ . César était à la tête de six légions (les huitième, neuvième, dixième, onzième, treizième et quatorzième légions) soit entre 30.000 et 36.000 hommes si l'on tient compte de l'ensemble du ''corps expéditionnaire'' avec esclaves et servants s'occupant des bagages et de l'intendance. Cette masse d'hommes, de bêtes, de chariots nécessite toute une infrastructure lourde à mettre en place et à approvisionner en vivres, eau, fourrage etc… toute cette logistique parfaitement maîtrisée traduit le haut niveau des stratèges romains.

 Après la chute d’Alésia, les Romains la détruisirent.

Au XVIe siècle, un italien proche de l’évêque de Clermont, Gabriele Simeoni, remarqua, en se fondant sur la toponymie, à environ six kilomètres au sud de Clermont-Ferrand, un plateau au pied duquel une ferme portait le nom de Gergoie.Simeoni rapproche immédiatement ce nom de la Gergovia de la « Guerre des Gaules » et déclare avoir découvert le site de la défaite de César. Cependant, le plateau qu’il assimile à Gergovie porte déjà le nom d’un village accroché à son flanc sud, Merdogne. À partir des années 1860, Napoléon III, qui écrit une Histoire de Jules César, fait entreprendre des fouilles conséquentes, non sur le plateau même mais à la Serre d’Orcet et à la Roche-Blanche, collines sur lesquelles, si Merdogne est effectivement Gergovie, devraient nécessairement être découverts les deux camps de César, respectivement le grand camp et le petit camp. Le colonel Stoffel, chargé de ces fouilles, met au jour des fossés (que ses techniques de fouille ne permettent pas de dater) censés relier le grand camp au petit camp. Malgré les incohérences du tracé et ses très longues intermittences, c ’est pourtant là la « preuve » tant espérée. Napoléon III accepte dès lors la requête des habitants de Merdogne de rebaptiser leur village « Gergovie ». Depuis cette officialisation la polémique porte sur l'emplacement exact du site.

 

  

 

 

GERMAINS : peuple dont le nom apparut pour la première fois dans les fastes triomphant de Rome en 73 av. J.-C. Ils eurent très rapidement le dessus sur toutes les cavaleries du monde antique car ils avaient inventé l’étrier. Les guerriers à cheval étaient accompagnés d’un homme à pied se tenant à la queue de la monture. Cet homme éventrait les chevaux ennemis au moment du choc des cavaleries. Parmi les Germains, on distinguait les Éburons, les Condruses, les Alamans, les Némètes, les Vandales, les Triboques, les Usipètes et les Tenctères.

Origines: à partir de l'Âge du bronze danois, d'après l'archéologie allemande et scandinave, des Cultures du sud de la Scandinavie se diffusent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie et formèrent vers le III è siècle avant J.-C les peuples germaniques. Ce furent les effroyables changements climatiques, les catastrophes naturelle et, vraisemblablement la surpopulation qui poussèrent les Germains à envahir le sud de l'Europe. Vers l'an 100, de deux à trois millions de Germains se trouvent sur le continent tandis qu'entre 600 000 et 800 000 restent encore en Scandinavie. La défense de l'Empire contre les peuples d'au-delà de ses frontières, notamment, aboutit à la division de celui-ci en deux parties : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient. Néanmoins, les Germains franchissent massivement les deux frontières à plusieurs reprises, en particulier au III ème siècle, puis au IV ème siècle.

Extrait de la Guerre des Gaules par Jules César:  Les Germains n'ont pas de druides qui président aux choses divines et ne font point de sacrifices. Ils ne mettent au nombre des dieux que ceux qu'ils voient et dont ils reçoivent manifestement les bienfaits, le Soleil, Vulcain, la Lune : ils ne connaissent pas même de nom les autres dieux. Toute leur vie se passe à la chasse et dans les exercices militaires ; ils se livrent dès l'enfance au travail et à la fatigue. Ils estiment singulièrement une puberté tardive ; ils pensent que cela accroît la stature de l'homme, nourrit sa vigueur, et fortifie ses muscles. C'est parmi eux une chose tout à fait honteuse que d'avoir connu les femmes avant l'âge de vingt ans ; ce qu'ils ne peuvent jamais cacher, car ils se baignent ensemble dans les fleuves, et se couvrent de peaux de rennes ou de vêtements courts, laissant à nu la plus grande partie de leur corps.
Ils ne s'adonnent pas à l'agriculture, et ne vivent guère que de lait, de fromage et de chair ; nul n'a de champs limités ni de terrain qui soit sa propriété ; mais les magistrats et les chefs assignent tous les ans aux peuplades et aux familles vivant en société commune, des terres en tels lieux et quantité qu'ils jugent à propos ; et l'année suivante ils les obligent de passer ailleurs. Ils donnent beaucoup de raisons de cet usage : la crainte que l'attrait d'une longue habitude ne fasse perdre le goût de la guerre pour celui de l'agriculture ; que chacun, s'occupant d'étendre ses possessions, les plus puissants ne chassent des leurs les plus faibles ; qu'on ne se garantisse du froid et de la chaleur par des habitations trop commodes ; que l'amour des richesses ne s'introduise parmi eux et ne fasse naître les factions et les discordes ; on veut enfin contenir le peuple par un esprit de justice, en lui montrant une parfaite égalité de biens entre les plus humbles et les plus puissants. Pendant la paix, il n'y a point de magistrature générale ; les principaux habitants des cantons et des bourgs rendent la justice à leurs concitoyens et arrangent les procès. Aucune infamie n'est attachée aux larcins qui se commettent hors des limites de l'état ; ils prétendent que c'est un moyen d'exercer la jeunesse et de la préserver de l'oisiveté. Lorsque, dans une assemblée, un des principaux citoyens s'annonce pour chef d'une expédition, et demande qui veut le suivre, ceux qui jugent avantageusement de l'entreprise et de l'homme se lèvent, lui promettent leur assistance, et sont applaudis par la multitude. Ceux d'entre eux qui l'abandonnent sont réputés déserteurs et traîtres, et toute espèce de confiance leur est désormais refusée. Il ne leur est jamais permis de violer l'hospitalité. Ceux qui viennent à eux, pour quelque cause que ce soit, sont garantis de toute injure et regardés comme sacrés : toutes les maisons leur sont ouvertes ; on partage les vivres avec eux».

 

          
                                                                              La Germanie en l'an 100

 

                                             

 

 

GERMANICUS (JULIUS CAESAR) : fils de Decimus Drusus Nero et d’Antonia la Jeune, neveu et fils adoptif de Tibère. Marié avec Agrippine l’Aînée qui lui donna 9 enfants. Né à Rome en 16 av. J.-C. Questeur à vingt ans, de l'an 7 à 9, il combattit les Pannoniens et les Dalmates révoltés en 5 ap. J.-C. et reçut le titre d’imperator. Proconsul, après la défaite de Varus en 9  il suivit Tibère en Germanie (11) où il fut nommé consul en ayant la garde des frontières du Rhin. En 14, alors que Tibère succédait à Auguste, il mata la révolte des légions de Germanie qui voulaient le nommer empereur. Du Rhin à l’Ems et de l’Ems à la Weser, il attaqua les Marses, les Bructères, les Tubantes, les Usupiens, les Cattes et les Chérusques. Enfin, il remporta la grande victoire d’Idistavisus sur Arminius Hermann qui lui permit de reprendre les Aigles que Varus avait perdus(16). Inquiet de ses succès en Germanie, Tibère l’envoya en Orient pour juguler des troubles (18). En Syrie, il rencontra Pison qui était chargé par Tibère de le surveiller. La femme de Pison, Plancine, se montra odieuse envers Agrippine. Germanicus était un être cultivé, curieux de tout, aimant les artistes et il se rendit en Égypte pour admirer la civilisation des pharaons et rencontrer les Grecs d’Alexandrie. À son retour, il tomba malade à Antioche et mourut en 19 ap. J.-C. On soupçonna Pison de l’avoir empoisonné. Même si sa veuve Agrippine n'avait aucune preuve, elle lança une vendetta contre Tibère qui allait durer toute sa vie. Il subit les calomnies d'Agrippine pendant une décennie avant que le Sénat ne l'exile avec deux de ses fils. Ceux-ci moururent peu après, assassinés ou poussés au suicide. Son troisième fils, Caius, appelé Caligula (" petite chaussure "), était trop jeune pour présenter une menace; et il fut gardé, seul, auprès de l'empereur.

Extrait de la vie des douze Césars par Suétone: « Mais les sentiments que Germanicus inspirait se manifestèrent avec beaucoup plus d'éclat et de force quand il mourut et après sa mort. Le jour où il périt, on lança des pierres contre les temples, on renversa les autels des dieux, certains particuliers jetèrent à la rue les lares de la famille ou exposèrent leurs enfants nouveau-nés. On raconte même que les barbares alors en guerre entre eux ou contre nous consentirent à une trêve, comme s'ils avaient perdu l'un des leurs et partagé notre affliction; que certains petits rois, en signe de très grand deuil, se coupèrent la barbe et firent raser la tête de leurs femmes ; que le roi des rois lui-même s'abstint de chasser et de recevoir les grands à sa table, ce qui chez les Parthes, correspond à la suspension des affaires. À Rome, toute la population, frappée de stupeur et de tristesse à la première annonce de sa maladie, était dans l'attente des prochaines nouvelles ; enfin, vers le soir, le bruit s'étant tout à coup répandu, on ne sait comment, qu'il était rétabli, la foule en désordre courut au Capitole avec des torches et des victimes, enfonça presque les portes du temple, dans son impatience de rendre grâce aux dieux, et Tibère fut réveillé par les cris joyeux des citoyens qui chantaient dans toute la ville : Rome est sauvée, la patrie est sauvée, Germanicus est sauf ! Mais, lorsque enfin la nouvelle de sa mort fut officielle, aucune consolation, aucun édit ne put faire cesser le deuil du peuple, qui se prolongea même pendant les fêtes de décembre. Les horreurs des années suivantes augmentèrent encore la gloire de Germanicus et le regret de sa perte, car tout le monde estimait, non sans raison, qu'en inspirant à Tibère du respect et de la crainte il avait contenu sa férocité, qui éclata bientôt après. »

 

        

 

                                                    
                                                              La Mort de Germanicus, par Nicolas Poussin, 1626.

 

 

GÉRYON : fils de Chrysaor et de Callirrhoé. Il régnait sur l’île d’Étythie( sur le cours de l'Océan) ou sur la côte occidentale de l’Ibérie, ou dans l’Épire. Il se querella avec Héraclès(le dixième des travaux d'Hercule) qui après avoir atteint l'île sur la nacelle d'or d'Hélios, le tua. À la fin du voyage, Héraclès érigea deux colonnes (Calpée et Abyla), les colonnes d'Hercule, une de chaque côté du détroit de Gibraltar. Géryon avait trois bustes. Des traditions postérieures lui donnent quatre ailes. Sa principale richesse consistait en un troupeau de bœufs de couleur rouge, confiés à la garde du géant Eurytion, que secondait le chien bicéphale Orthros.

Détail du combat: Aussitôt arrivé, il se rendit au mont Abas. Le chien Orthros s'élança sur lui en aboyant, mais Héraclès l'abattit de sa massue et Eurytion, le berger de Géryon, qui se précipitait au secours d'Orthros, périt de la même manière. Héraclès se mit alors à emmener le troupeau. Ménoetès, qui faisait paître les troupeaux d'Hadès dans le voisinage rapporta la nouvelle à Géryon. Défié en un combat singulier, Héraclès attaqua Géryon par le flanc et le transperça en lui envoyant une flèche dans le côté qui traversa ses trois corps. Puis, comme Héra se précipitait pour aider Géryon Héraclès la blessa d'une flèche au sein droit et elle s'enfuit. Ainsi, il obtint le troupeau sans autorisation ni paiement et s'embarqua dans la coupe d'or, sur laquelle il traversa la mer jusqu'à Tartessos et il la rendit à Hélios en le remerciant. Du sang de Géryon naquit un arbre qui, à l'époque où apparaissent les Pléiades, porte des fruits sans noyaux qui ressemblent à des cerises.

 

    
                                 Géryon                                                       Héraclès et Géryon ( 550-540 av. J.-C)

 

GÉSASTES ou GÉSATES : peuple d’origine belge installé sur les bords du Rhône, très proche des Gaulois. Ils luttèrent aux côtés des Insubres contre les Romains entre 230 et 225 av. J.-C. et parvinrent jusqu’au cap Télamon. Ils étaient armés du gaesum, un javelot de fer, propre aux peuples des Alpes.

Extrait de l'Histoire de France par Jules Michelet: Les Boïens, qui savaient par la fondation d’Ariminum tout ce qu’il en coûtait d’avoir les Romains pour voisins, se repentirent de n’avoir pas pris l’offensive, et voulurent former une ligue entre toutes les nations du nord de l’Italie. Mais les Venètes, peuple slave, ennemis des Gaulois, refusèrent d’entrer dans la ligue ; les Ligures étaient épuisés, les Cénomans secrètement vendus aux Romains. Les Boïens et les Insubres (Bologne et Milan), restés seuls, furent obligés d’appeler d’au delà des Alpes, des Gésates, des Gaisda, hommes armés de gais ou épieux, qui se mettaient volontiers à la solde des riches tribus gauloises de l’Italie. On entraîna à force d’argent et de promesses leurs chefs Anéroeste et Concolitan...Des trois armées romaines, l’une devait garder les passages des Apennins qui conduisent en Étrurie. Mais déjà les Gaulois étaient au cœur de ce pays et à trois journées de Rome. Craignant d’être enfermés entre la ville et l’armée, les barbares revinrent sur leurs pas, tuèrent six mille hommes aux Romains qui les poursuivaient, et ils les auraient détruits si la seconde armée ne se fût réunie à la première. Ils s’éloignèrent alors pour mettre leur butin en sûreté ; déjà ils s’étaient retirés jusqu’à la hauteur du cap Télamone, lorsque, par un étonnant hasard, une troisième armée romaine, qui revenait de la Sardaigne, débarqua près du camp des Gaulois, qui se trouvèrent enfermés. Ils firent face des deux cotés à la fois. Les Gésates, par bravade, mirent bas tout vêtement, se placèrent nus au premier rang avec leurs armes et leurs boucliers. Les Romains furent un instant intimidés du bizarre spectacle et du tumulte que présentait l’armée barbare. « Outre une foule de cors et de trompettes qui ne cessaient de sonner, il s’éleva tout à coup un tel concert de hurlements, que non-seulement les hommes et les instruments, mais la terre même et les lieux d’alentour semblaient à l’envi pousser des cris. Il y avait encore quelque chose d’effrayant dans la contenance et les gestes de ces corps gigantesques qui se montraient aux premiers rangs, sans autre vêtements que leurs armes ; on n’en voyait aucun qui ne fût paré de chaînes, de colliers et de bracelets d’or. » L’infériorité des armes gauloises donna l’avantage aux Romains ; le sabre gaulois ne frappait que de taille, et il était de si mauvaise trempe qu’il pliait au premier coup.

Extrait de l'Histoire Générale par Polybe:  Huit ans après le partage des terres dans le Picénum, les Gaulois Gésates rassemblèrent une armée nombreuse et magnifiquement équipée, franchirent les Alpes et descendirent dans la vallée du Pô. Les Insubres et les Boïens tinrent loyalement leurs engagements ; mais les Vénètes et les Cénomans traitèrent avec les Romains et firent alliance avec eux. Aussi les chefs gaulois furent-ils obligés de laisser dans leur pays une partie de leurs forces, pour la garder contre une attaque qui viendrait de ce côté. Ils partirent eux-mêmes avec le reste de leurs troupes et marchèrent hardiment sur l'Étrurie, à la tête de cinquante mille fantassins et de vingt mille soldats à cheval ou montés sur des chars de guerre... Émilius avait bien entendu parler du débarquement des légions à Pise, mais il ne les croyait pas encore si près ; ce fut par le combat engagé du côté de la colline qu'il apprit avec certitude l'arrivée d'une armée de secours. Il envoya immédiatement ses cavaliers soutenir ceux qui se battaient sur la hauteur, en même temps qu'il faisait donner son infanterie, rangée selon l'ordre habituel. Les Gaulois avaient placé face au corps d'Émilius, dont ils attendaient l'attaque sur leurs derrières, les Gésates des Alpes et après eux les Insubres ; en tête, ils avaient posté les Taurisques et les Boïens Cispadans, qui tournaient le dos à leurs compagnons d'armes et auraient à soutenir le choc des légions d'Atilius. Les chars de guerre et autres attelages bordaient les deux ailes ; on mit, enfin, tout le butin sur une des montagnes voisines, avec un détachement pour le garder. Cette armée gauloise à deux fronts n'était pas seulement terrible à voir, mais aussi très bien organisée pour l'action. Les Insubres et les Boïens marchaient au combat revêtus de leurs braies et de leurs sayons les plus légers ; les Gésates, avec une vanité téméraire, s'étaient débarrassés de tout vêtement et se présentaient au premier rang, entièrement nus, sans rien porter que leurs armes: ils pensaient être ainsi plus à leur aise, n'ayant plus à craindre d'être accrochés par les buissons et empêchés de faire usage de leurs armes. Le premier engagement eut lieu sur la colline et put être vu par toutes les troupes, parce qu'un très grand nombre de cavaliers des deux partis, accourus de tous côtés, s'y battaient pêle-mêle. C'est là que le consul Atilius trouva la mort, tandis qu'il combattait avec intrépidité ; sa tête fut apportée au roi des Gaulois. Les cavaliers romains n'en luttèrent pas moins vaillamment, si bien qu'ils finirent par l'emporter et par rester maîtres de la position... Les soldats romains armés de javelots, sortant des rangs selon leur tactique accoutumée, firent pleuvoir une grêle de traits sur les Gaulois ; ceux des dernières lignes n'en souffrirent guère, parce que leurs braies et leurs sayons les protégeaient suffisamment ; mais ceux qui étaient en tête, complètement nus, se trouvèrent exposés sans défense à cette attaque inattendue et à ces coups qu'ils ne pouvaient parer. Leur bouclier n'était pas assez vaste pour les couvrir tout entiers, et leurs corps découverts offraient d'autant plus de prise aux blessures qu'ils étaient plus grands. Il leur était impossible d'atteindre leurs ennemis, tant à cause de la distance qui les en séparait qu'en raison du nombre de traits qui tombaient sur eux ; dans cette situation désespérée, les uns se jetèrent avec une fureur aveugle au milieu des ennemis et se livrèrent volontairement à la mort ; les autres, donnant libre cours à leur frayeur, reculèrent sur leurs compagnons placés derrière eux et mirent le désordre dans leurs rangs. C'est ainsi que la fierté des Gésates fut brisée par les tirailleurs. Dès que ces derniers se replièrent, les Insubres, les Boïens et les Taurisques, attaqués par les cohortes romaines, soutinrent le combat avec intrépidité ; criblés de blessures, ils restaient inébranlables ; leur seule infériorité générale et individuelle consistait dans la qualité de leurs armes : leurs boucliers les protégeaient moins bien et leurs épées, qui ne frappaient que de taille, ne valaient pas celles des Romains. Mais enfin, la cavalerie romaine, descendant de la colline, fondit sur eux de flanc et les chargea vigoureusement ; les fantassins gaulois furent massacrés à leur poste et les cavaliers prirent la fuite. Les Gaulois avaient perdu quarante mille hommes et laissaient aux mains de l'ennemi dix mille prisonniers, entre autres le roi Concolitan...L'année suivante, les Gaulois envoyèrent demander la paix, en se soumettant d'avance à toutes les conditions ; mais les nouveaux consuls, M. Claudius et Cn. Cornélius, firent rejeter leurs propositions. Les ennemis, rebutés, résolurent de tenter leur dernière chance ; ils levèrent chez les Gésates du Rhône environ trente mille mercenaires et les tinrent prêts, en attendant un retour offensif des Romains. Au printemps, les consuls marchent, à la tête de leurs légions, sur le pays des Insubres ; ils arrivent à Acerres, localité située entre le Pô et les Alpes, campent devant la place et l'investissent. Les Insubres ne pouvaient lui porter secours, parce que les Romains avaient occupé préalablement les positions favorables ; pour leur faire lever le siège d'Acerres, ils firent passer le Pô à une partie de leurs forces, qu'ils envoyèrent chez les Anares assiéger de leur côté la ville de Clastidium. Dès que les consuls en furent informés, M. Claudius prit avec lui la cavalerie et un détachement d'infanterie pour aller au secours des assiégés. Les Gaulois, à son approche, lèvent le siège, viennent à sa rencontre et se disposent au combat. Chargés vigoureusement par les cavaliers romains, ils tiennent bon tout d'abord ; mais ensuite, enveloppés par l'ennemi, qui les attaque en queue et en flanc, ils se voient perdus et prennent la fuite, sans que l'infanterie ait eu à intervenir. Quelques-uns d'entre eux tombèrent dans le fleuve et se noyèrent, entraînés par le courant ; le plus grand nombre fut massacré. 

 

GESTATION : action de porter des anneaux enchantés liés à une divinité. À Rome, on parlait de gestation quand les sages-femmes portaient les nouveau-nés en courant autour d’un autel où brûlait une victime. Ce rituel se déroulait généralement le cinquième jour après la naissance.

 

 

GETA (SEPTIMIUS) : empereur romain, second fils de Septime Sévère et de Julia Domna, né à Milan, 189-212, fut nommé césar, dès 198, consul, 205, 208, auguste, 209. À la mort de son pèr, il fut empereur avec son frère aîné, Caracalla, 211. Mais les deux frères se haïssaient dès l’enfance. On parla d’un partage de l’empire. Géta aurait eu l’Asie et l’Égypte, mais le sénat, le peuple et leur mère s’y opposaient. Dans une entrevue de réconcilisation à Rome, Caracalla fit égorger son frère dans les bras de Julia Domna (212). Tout en  plaçant Geta au rang des dieux, Caracalla obligea le Sénat à voter la « damnatio memoriae », mesure consistant à faire disparaître toute représentation écrite, politique ou juridique de celui qui était visé. Sur les bas-reliefs le visage de Geta fut mutilé, sur l’arc de triomphe de Septime Sévère à Rome le nom de Geta fut effacé, les statues furent mutilées, et même sa tête fut arasée sur les monnaies.

 

       

 

 

GETA HOSIDIUS : poète latin du IIe siècle, ne nous est connu que par une tragédie de Médée, en 462 vers, pour la plupart empruntés à Virgile. On la trouve dans l’Anthologia Latina de Burmann et dans le Poetæ Latini minores, de Wernsdorf, 1826, vol. VII.

 

GETULIE : Gætulia, ancienne région de l’Afrique ancienne, au Sud de la Numidie et de la Mauritanie, allant du pays des Garamantes à l’Océan Atlantique.  Venant des bords de Mer Caspienne vers 3000 avant J.-C, les Gétules formèrent le peuple le plus nombreux du continent africain. Les tribus belliqueuses des Gétules, des Mélano-Gétules, des Autolotes, répandues au sud de l’Atlas dans le Sahara actuel, commèrçèrent avec l'Egypte d'Akhenaton vers 1350 av. J.-C. Le chef de la coalition des Gétules et des populations du Maghreb, Sheshonq, vainquit le pharaon Psousennès II et fonda la XII dynastie en 952 av.J.-C.  Les Gétules d'Algérie fournirent souvent les mercenaires à Carthage. Elles aidèrent Jugurtha dans sa lutte contre les Romains. Une tribu kabyle porte encore le nom de Guechtoula, qui se rapproche de celui de Gétules. Ils inventèrent un calendrier vers l'an 1000 av-J.-C dont se servirent les berbères. Cavaliers émérites, nomades en perpétuel déplacement, les Gétules disparurent quand les Romains leur distribuèrent des terres et les sédentarisèrent.

 

GIENGEN : nécropole celte du IIe siècle avant notre ère située sur la partie orientale de l’Irpfel. Treize tombes à incinération la composent (9 masculines et 4 féminines). En plus des armes et de nombreux bijoux, on y a trouvé une monnaie en or de 0,33 gramme (un vingt-quatrième de statère des Celtes Vindéliciens) .

 

GIGON : roi éthiopien vaincu par Héraclès. Divers auteurs antiques ont raconté que (les Grecs de Cyrenaïque) que Bacchus était venu chez eux pour restautrer Ammon expulsé par les Titans et faire la guerre à Gigon. Dans d'autres sources, Gigon est le dieu joyeux de la table, danseur, rieur et moqueur. Il serait une incarnation de la théogonie égyptienne ou éthiopienne, ministre de Phtha.

 

GILLA LE DUR ou AVARRACH : fils d’Alchad Ioldatach aux vêtements multicolores. Magicien, il portait une massue de fer et montait un cheval affreux. Voulant servir le dieu cerf Finn, il dut se cacher dans la mer parce que son cheval avait dévoré les vingt-huit chevaux des chevaliers de l’ordre de la Fianna.

 

GILLO : vase à col très étroit. Il servait à rafraîchir l’eau ou le vin.

 

GILOUKIPA : fille de Shuttarna II, roi du Mitanni. Elle se maria avec Aménophis III en 1405 av. J.-C. et entra dans le harem du roi avec trois cent dix-sept femmes de sa suite.

 

GILWAETHWY : fils de la déesse galloise Don. Il tomba    amoureux de Goéwin qui était au service du magicien Math. Ce dernier les changea successivement en biche et cerf, louve et loup, truie et sanglier, et sous ces aspects ils donnèrent naissance au faon Hyddwv, au louveteau Bleiddwein et au macassin Hycjhrwn. Lorsqu’ils retrouvèrent leur forme humaine, ils s’épousèrent.

 

GIRGILLUS : cylindre sur lequel s’enroulait la corde d’un puits quand on actionnait la manivelle.

 

GLADIATEURS : L’origine de ces affrontements est attribué aux Étrusques qui organisaient des cérémonies funéraires (les ludi) où l'on se battait à mort en mémoire d’un défunt. Ces affrontements constituaient une sorte de sacrifice du sang, offert aux morts devant leurs tombes, pour leur permettre de survivre dans l'au-delà. De la pratique des ludi Étrusques, on dériva lentement vers les munera romains, des cérémonies que devaient financer les édiles d’une communauté et qui impliquaient des combats de gladiateurs. Au début, les gladiateurs se battaient un contre un, puis par paires, avant que les jeux soient de plus en plus richement dotés. L’évolution des mœurs provoqua un goût immodéré pour les spectacles sanglants et, en 164 av. J.-C., le public préféra les combats de gladiateurs aux pièces de Térence. Ces combats donnés au peuple servaient les intérêts électoraux et les ambitions politiques. Ils atteignirent leur apogée sous l’Empire. Chez les gladiateurs, on distinguait les instructeurs et les élèves. Quatre grandes catégories de combattants se partageaient les spectacles : les Samnites, armés lourdement d’un grand bouclier (scutum) et de l’épée (spatha), les Thraces, munis du long poignard recourbé (sica) et de la rondache, les mirmillons, coiffés d’un casque surmonté d’un poisson, et les rétiaires, équipés du filet et du trident. Ils combattaient opposés en duel après tirage au sort. Lorsqu’ils arrivaient devant la loge de l’empereur, ils lançaient haut et fort : « Ave, Imperator, morituri te salutant ! » (« Bonjour, empereur, ceux qui vont mourir te saluent »). Les champions devenaient riches et célèbres. Ils pouvaient recevoir le sabre ou bâton de bois (rudis) qui les affranchissait et leur permettait de retrouver la liberté.

 

                                      

 

                                                      

 

 

GLADIATORIUM : salaire de l’homme libre qui formait les gladiateurs.

 

GLADIUS : glaive à deux tranchants en usage chez les Grecs et les Romains jusqu’à l’époque d’Annibal.

 

                                                               

 

GLADIUS HISPANIENSIS : glaive des Celtes d’Espagne que les Romains adoptèrent au Ier siècle av. J.-C.

 

GLAMDICE : malédiction sousla forme d’une satire qui provoquait l’apparition de trois énormes furoncles sur le visage de la victime (blâme, honte et laideur). Les files et les bardes la lançaient lorsqu’ils étaient insultés ou lorsque quelqu’un ou un groupe d’individus transgressait la loi (géis). Dans les cas extrêmes, cette malédiction pouvait entraîner la mort.

 

GLAND : fruit du chêne, le gland symbolisait la puissance invisible de la terre. Il aussi le symbole d'abondance, de prospérité et de fécondité. L’Histoire nous dit que les glands de chêne étaient utilisés pour la nourriture des hommes bien avant que ces derniers ne connaissent le blé, nous révèle une nouvelle fois Pline.

 

                                                               

 

 

GLAPHYRA : femme d’Archélaüs, grand-prêtre d’Enyo ou Bellone, à Comana (Cappadoce), obtint d’Antoine, qui l’aima, le royaume de Cappadoce, pour son fils Archélaüs.

  

GLAUCÉ :  fille de Créon, roi de Corinthe, que Jason épousa après avoir répudié Médée.

 

GLAUCIA (SERVILIUS) : démagogue romain qui vécut vers la fin du IIe siècle av. J.-C. Éloquent, rusé, dévoré d’ambition, il était préteur lorsqu’il s’allia à Saturninus qu’il avait fait élire tribun. Les deux compères n'hésitaient pas à faire assassiner leurs concurents. Les sénateurs ayant promulgués contre eux un senatus consultum ultimum, malgré la protection de Marius, Glaucia fut tué avec Saturninus en se rendant au Capitole.

 

GLAUCIAS : roi de la tribu illyrienne des Taulantiens. Il fut battu par Alexandre le Grand vers 335 av. J.-C. Il refusa de livrer le jeune Pyrrhus à Cassandre, et le rétablit sur le trône d’Épire en 307. Il prit la ville grecque d’Épidamne.

 

                                         
                                            Pyrrhus enfant agenouillé devant Glaucias par Eloi Firin Féron (1824)

 

 

GLAUCIE : fille du Scamandre. Elle s’éprit de Deimachos. Ce dernier mourut lors d’un assaut donné à Troie. Héraclès ramena Glaucie avec lui en Béotie où elle mit au monde Scamandre.

 

GLAUCOS: Fils de Sisyphe et de Mérope, il épousa Eurynome et engendra Déliadès, Phocos et Bellérophon. En affirmant que la puissance de ses chevaux venait du fait qu'ils les empêchaient de s'accoupler, il exaspéra Aphrodite. La déesse lança un charme sur les chevaux qui dévorèrent Glaucos.

 

GLAUCOS: guerrier de Troie tué par Ajax. Ressuscité par Asclépios, il fonda un nouveau royaume en Lycie.

 

GLAUCOS: fils de Minos et de Pasiphaé, il se noya dans une jarre de miel en suivant une souris. Le devin Polyidos le ramena à la vie en déposa une herbe magique sur son corps. Minos exigea que Polyidos enseigne son art à Glaucos s'il voulait être libre. Ce qu'il fit de mauvaise grâce. Au moment de s'embarquer pour son pays natal, il demanda à Glaucos de lui cracher dans la bouche ; le jeune garçon oublia tout ce qu'il avait appris.

 

GLAUCOS : dieu marin prophète. Fils de Copéus ou de Polybe et d’Eubée, ou d’Anthédon et d’Alcyone, ou de Poséidon et d’une naïade. Il construisit le navire Argo  des Argonautes et le dirigea avec Tiphy. Seul de tous les Grecs, il demeura indemne après le combat contre les Tyrrhéniens. Il se présenta alors à Jason comme le dieu marin. Il habitait à délos. Apollon lui accorda le don de la prophétie. Il prédisait l’avenir avec les Néréides. La sibylle Déiphobé était sa fille. Une autre version concernant ce dieu nous apprend qu'il était simple pêcheur et mortel. Un jour, ayant vu les poissons ressusciter après les avoir déposés sur l'herbe du rivage, il mangea cette herbe et plongea dans la mer. Les Néréides l'accueillirent et le débarrassèrent de son enveloppe mortelle : Glaucos eut désormais l'apparence d'un vieillard au torse recouvert d'algues et au corps se terminant par une queue de poisson. Amoureux de la nymphe Scylla, il fut repoussé par elle. Il demanda à  la magicienne Circé un philtre d’amour. Or, celle-ci, éprise du dieu, lui donna à  la place un poison, qui transforma Scylla en monstre marin.

 

                                                                 

 

 

GLEWLWYT GAFAELFAWR : la Forte Étreinte. Guerrier à la force démesurée. Portier du roi Arthur. Il survécut à la bataille de Camelot (Camlan).

 

GLUTINATOR : spécialiste de l’encollage des feuillez et des papyrus servant à l’écriture.

 

GNOMES : êtres imaginaires, inventés par les poètes et les gnostiques. Ce sont des génies bienfaisants de petite taille habitant des grottes de crsital dans l’intérieur dela terre, gardant les mines et les trésors cachés, et protecteurs invisibles des hommes.

Extrait d'un texte de Paracelse: "Le mot inanimatum désigne six familles d'hommes sans âme... Ces hommes sans âme sont d'abord ceux des quatre familles qui habitent les quatre Éléments : les nymphes, nymphae, filles de l'eau ; les fils de la terre, lémures, qui habitent sous les montagnes ; les esprits de l'air, gnomi ; les génies du feu, vulcani. Les deux autres familles sont composées d'hommes qui sont également nés sans âme; mais qui, comme nous, respirent en dehors des Éléments. ce sont d'une part les géants et d'autre part les nains qui vivent dans l'ombre des forêts, umbragines... Il existe des êtres qui demeurent naturellement au sein d'un même Élément. Ainsi le phénix, qui se tient dans le feu comme la taupe dans ta terre. Ne soyez pas incrédules, je le prouverai ! Quant aux géants et aux nains de la forêt, ils ont notre monde pour séjour. Tous ces êtres sans âme sont produits à partir de semences qui proviennent du ciel et des Éléments, mais sans le limon de la terre... Ils viennent au monde comme les insectes formés dans la fange."

 

                                                         

 

 

GNOMIQUE (Poésie) : du grec gnômikos, « en forme de sentence, de proverbe », c’est celle qui exprime en vers, pour aider la mémoire, des sentences morales. Les principaux poètes gnomiques chez les Grecs sont : Solon, Pythagore, Théognis, Phocilyde, Simonide, Xénophane de Colophon et même Hésiode. En français le présent gnomique annonce une vérité, par exemple:

"deux et deux font quatre".

Philosophie gnomique chez Solon à rapprocher de la sagesse populaire: « Aucun mortel ne mérite d'être loué : tous sont méchants. On ne doit se fier qu'au plus petit nombre possible de personnes. Le plus grand des biens n'est pas la richesse, mais la vertu. Des richesses excessives n'engendrent que la présomption; l'humain peut être heureux dans la médiocrité, et un gain mal acquis attire sur lui inévitablement le châtiment de la divinité. » 

Plus pessimiste est Théognis dans sa démarche gnomique: « Les fils expient l'iniquité de leurs pères; les criminels eux-mêmes restent impunis. La richesse est la seule chose que les humains admirent : celui qui est pauvre reste malheureux, si vertueux qu'il soit. Épargner est une bonne chose, car personne ne pleure le mort qui ne laisse pas d'argent. Nous cherchons des béliers, des ânes, des chevaux de bonne race pour les faire reproduire, et l'honnête homme ne craint pas d'épouser la fille méchante d'un méchant père, si elle lui apporte beaucoup d'argent; une femme ne refuse pas d'être l'épouse d'un méchant, s'il est riche; elle lui demande l'argent, non la vertu. L'argent a toute notre estime : du méchant au bon, du bon au méchant, l'argent conclut les alliances. » 

 

GNOSTIQUES : sectaires religieux et philosophiques des trois premiers siècles. Leur doctrine, la Gnose, est un mélange assez obscur d’idées empruntées à l’Inde, à la Perse, à l’Égypte, aux livres de Moïse et des chrétiens. Ils prétendaient que cette science mystérieuse, due soit à une intuition directe, soit à une tradition aussi ancienne que le monde (ils composèrent, pour accréditer cette opinion, des ouvrages d’une antiquité supposée, expliquait le secret de l’univers. Les trois principes essentiels étaient la matière, le Démiurge, auteur de ce monde imparfait, le Sauveur chargé de faire disparaître le mal et de réaliser la perfection. Beaucoup pensaient que tout émane d’un Dieu suprême, qui remplit et pénètre tout. Ils aboutissaient au pantéisme. D’autres soutenaient que la perfection est le résultat d’une aspiration vers les choses divines, d’une contemplation céleste. Ils penchaient vers le mysticisme. Simon le magicien, Mérandre, Cérinthe, Dosithée furent les fondateurs du gnosticisme, au Ier siècle ap. J.-C. Il y eut ensuite une multitude de sectes et d’écoles. Celles de Marcion et de Cerdon, celle de Saturnin d’Antioche, de Bardesane d’Edesse et de Tatien, en Syrie. Celles d’Égypte surtout, de Basilide, de Valentin, et celles des Ophites, parce que le serpent était leur principal symbole. Les pères de l’Église, Clément d’Alexandrie, Origène, Irénée, Théodoret, Epiphane, Tertullien, saint Augustin, etc., combattirent ces doctrines. L'une des principales sources concernant le gnosticisme est Irénée de Lyon (II siècle). Il décrit dans les détails les doctrines gnostiques qu'il combat, de manière à prouver qu'il n'y a que peu de choses en commun entre la gnose et le christianisme. À cette époque, des gnostiques grecs se faisaient baptiser, mais tenaient à concilier leurs doctrines avec leur nouvelle religion. L'une des principales différences entre gnose et christianisme tient à la conception du Salut. Le christianisme exotérique le propose à tous tandis que la gnose, dans son ésotérisme, le réserve aux initiés. L'idée gnostique est présente au sein du bouddhisme, du judaïsme (Kabbale)  et plus tard de l'Islam avec l'ismaélisme.Mais elle circula aussi parmi les bogomiles et cathares du Moyen Âge. Les survivances de la gnose la plus philosophique se décèlent dans la littérature alchimique, notamment les textes attribués à Hermès Trismégiste.
L'un des dix principes majeur de la révélation gnostique: Chacun d’entre nous a une part divine qui n’a pas chuté et qui peut être atteinte afin de nous éveiller. Cette autre personnalité est l’authentique moi éveillé ; la personnalité présente est endormie et sans importance. Nous sommes en fait endormis, et entre les mains d’un dangereux magicien déguise en bon dieu, la divinité créatrice démente. La désolation, le mal et la douleur en ce monde, le fait qu’il est une prison déterministe contrôlée par une divinité créatrice démente nous fait nous séparer du principe de la réalité très tôt dans notre vie, et si l’on peu dire de tomber dans le sommeil de l’illusion.

Voir : Néander, Développement des systèmes gnostiques et Antignostiques ; Bauer, la Gnose chrétienne, 1835 ; et surtout Matter Histoire critique du Gnosticisme, 1828, 1842, 3 vol. in-8e.

 

GOBANITO, GOBANNITIO ou GOBANNITO : druide gaulois arverne du Ier siècle av. J.-C. Adversaire et oncle de Vercingétorix, il fit vraisemblablement exécuter Celtill (père de Vercingétorix) pour prendre le pouvoir à Gergovie.

 

GOBORCHINDS : les têtes de bouc. Inférieurs aux gnomes, ils étaient laids et difformes.

 

GOÉDEL GLAS : hypothétique inventeur de la langue gaélique.

 

GOÉWIN : fille de Pébin. Servante du magicien Math. Elle maintenait les pieds de ce dernier dans son giron (entre la ceinture et ses genoux). Elle le quitta pour Gilwaethwy, le fils de la déesse galloise Don(Dôn).

 

GOFANNON : fils de la déesse Don(Dôn), frère de la déesse Arianrod, du dieu laboureur Amaéthon, de Gilwaethwy et de Gwyddyon. Maître de feu. Forgeron gallois. il est l'équivalent Gallois du dieu irlandais Goibniu ou du dieu romain Vulcain.

 

GOIBHNIU ou GOIBNIU : dieu des forges. Il fabriquait les armes magiques des druides et des héros et préparait la bière divine. Ses armes ne manquaient jamais leur cible et tuaient toujours. Il était aidé dans sa tâche par Luchta je ferronnier et Creidne le bron­zier..  Forgeron divin des Tuatha Dé Danann, dieu tuté­laire des artisans du métal. Il forgea les pointes des armes de Lug et de ses com­pagnons pour la bataille de Mag Tuired. II présidait dans l’Autre Monde un festin qui rendait éternellement jeunes ceux qui y participaient. Son équivalent gallois était Gofannon.

 

GOÏDÉLIQUE : groupe de langues celtiques dont la première est l’irlandai. Il a évolué à partir de l’alphabet ogamique (IVe siècle avant notre ère) en passant par l’ancien irlandais jusqu’au Xe siècle de notre ère, le moyen irlandais du Xe au XVe siècle pour donner l’irlandais moderne à partir du XVe siècle.

 

GOLASECCA : région du nord de l’Italie où s’établirent les Celtes vers le VIIe siècle avant notre ère. On y a découvert une centaine de sites, certaint appartenant à une civilisation plus ancienne du bronze final (XIIe au IXe siècle avant notre ère). Ces Celtes assurèrent la liaison entre leurs frères du Nord (des Alpes) et les peuples méditerranéens (surtout les Étrusques). Ces échanges s’intensifièrent avec l’ensemble des peuples celtes à partir de 480 avant notre ère.

 

   

               Plan et coupe d'une tombe à Golasecca                                           Objets trouvés à Golasecca

 

 

GOLL MAC MORNA : le Borgne. Meilleur guerrier du clan de Morna, il perdit un œil en croisant le fer avec Cumail. Il choisit le camp de Finn quand ce dernier tua l’incendiaire de la ville de Tara, Aillen.

 

GOLTRAIGE : harpiste de Fraech. On le surnommait le Refrain de la Tristesse.

 

GONDICAIRE : premier roi des Bourguignons(Burgondes) en Gaule, franchit le Rhin en 406-407 à Mayence( Mogontiacum), s’établit dans la vallée de la Saône et du Rhône, et prit le titre de roi vers 413. Honorius lui avait donné le titre de patrice, et il résida à Genève, à Vienne, à Lyon. En 435, il fut attaqué et défait par Aétius. En 436, il fut tué près du Rhin dans un combat contre les Huns. Il était cependant gravement malade avant sa mort: Saint Jacques le soigna et demanda une reconnaissance et un agrandissement de son diocèse. Gondicaire lui offrit le rocher Pupin à Saint-Marcel. La sévère  défaite contre les Huns sonna la fin du royaume burgonde de Worms, le peuple burgonde obtenant l'autorisation des aurorités de l'empire pour migrer en Sapaudia (région de Genève) et devenir fédérés de l'armée romaine. Son fils Gondion régna à ses côtés de 435 à 436.

 

                                   
                        La destruction du Royaume burgonde de Worms est à l'origine de La Chanson des Nibelungen. 
                                                                  Toile de Peter von Cornelius, 1859.

 

GORDDU : la Très Noire. Sorcière qui demeurait à la périphérie de l’Autre Monde.

 

GORDIEN Ier (MARCUS ANTONIUS GORDIANUS) : surnommé l’Africain. Né à Rome en 157. Immensément riche, il aimait passionnément les lettres et composa plusieurs poèmes. Il se signala par la magnificence des jeux lorsqu’il était édile. Nommé proconsul d’Afrique, il fut proclamé empereur malgré lui à Thysdrus(il avait 80 ans!) quand la population lassée des impôts excessifs se souleva contre Maximin (238). Capellianus, procurateur du pays des Maurusiens nomades, marcha alors sur Carthage avec la troisième légion où le nouvel empereur s’était retranché avec ses troupes. Après avoir vu mourir son fils( Gordien II), Gordien s’étrangla avec sa ceinture à quatre-vingt-un ans. Les sénateurs Maxime Pupien et Balbin se voient conférer par le Sénat le titre d'empereur (22 avril 238).

Extrait de Caesaribus par Aurélius Victor: Il y avait deux ans que les Maximins jouissaient de la dignité impériale, et de la gloire d'avoir fait une heureuse guerre contre les Germains, lorsque tout à coup Antonin Gordien, proconsul d'Afrique, fut, pendant son absence, proclamé empereur par son armée, auprès de la ville de Thydrus. Invité par ses troupes à se rendre au milieu d'elles, ii les trouva soulevées, comme si elles ne l'eussent élu qu'à dessein de se révolter contre lui. Après avoir aisément calmé cette sédition, il se rendit à Carthage. Dans le temps qu'il offrait dans cette ville un sacrifice avec les cérémonies accoutumées, pour détourner l'effet de certains présages qui l'inquiétaient vivement, la victime mit bas au moment même où elle allait être immolée. Comme il se livrait avec une sorte de passion à la science des aruspices, il comprit, d'abord, aussi bien qu'eux, que la mort le menaçait, et que l'empire était destiné à ses enfants : mais, ayant poussé plus avant leurs conjectures, les devins lui prédirent la mort de son fils, en disant que ce serait un prince doux et innocent comme l'animal qui devait être sacrifié, et que bientôt il succomberait aux embûches de ses ennemis. Lorsqu'on apprit à Rome la mort de Gordien, les cohortes prétoriennes, sollicitées par Domitius, massacrèrent le préfet de la ville, et ce qui restait de délateurs. Comme Gordien, aussitôt après son élection, avait envoyé à Rome des émissaires avec des lettres où il promettait de magnifiques récompenses aux prétoriens, ces soldats, qui n'en voulaient qu'à l'argent dont ils faisaient dépendre leur fidélité et leurs services, avaient été viventent affligés d'une mort qui anéantissait leurs espérances. Dans cette conjoncture, le sénat, redoutant les plus grands malheurs pour la ville, qui, dépourvue de chefs, ressemblait à une place conquise par l'ennemi, confia d'abord le pouvoir suprême à quelques-uns de ses membres qui devaient l'exercer tour à tour ; ensuite, ayant fait prendre les armes à la jeunesse romaine, il éleva à la dignité de césars, Clodius Pupienus et Cecilius Balbinus.

 

                    

 

 

GORDIEN II LE JEUNE (MARCUS ANTONIUS GORDIANUS) :fils du précédent . Né en 192, il fut nommé empereur (238) et périt avec son père lors du siège de Carthage.

 

                                            

 

 

GORDIEN III (MARCUS ANTONIUS GORDIANUS) : dit le Pieux. Neveu du précédent et petit-fils de Gordien I. Né en 223. Très jeune, on l’associa aux empereurs Maxime Pupien et Balbin qui moururent, éliminés par les prétoriens le 29 juillet 238( selon d'autres sources ce saglant épisode eut lieu début mai pendant les Jeux Capitolins). Avenant, généreux, le jeune Gordien se laissa instruire et conduire par le sage Timésithée(Caius Furius Sabinius Aquila Timesitheus) qu’il nomma préfet du prétoire(241) et dont il épousa la fille. Les Perses rompirent la trêve passée avec Sévère Alexandre. Leurs cavaliers avaient écrasé les légions à la bataille de Rhesaena. Les Romains en déroute abandonnaient la Mésopotamie et l'Arménie. La Syrie était menacée et au-delà de cette province, la riche Égypte, le véritable grenier à blé de Rome. Timésithée essaya alors de contrer cette menace et mourut sur les bords de l'Euphrate dans la guerre contre le Perse Sapor, et Philippe l’Arabe, qui le remplaça, utilisa les légions pour prendre le pouvoir. Gordien fut emprisonné et tué en 244. On lui doit les premières cartes de l'empire Perse. Le règne de Gordien III fut, pour les Chrétiens, une période de paix. Quelques indices montrent même qu'ils bénéficiaient d'une assez grande considération de la part du pouvoir impérial. Par exemple, au début du règne du jeune empereur, le pape Fabien fut autorisé à se rendre, en compagnie d'un bon nombre de prêtres, dans les bagnes de Sardaigne, afin d'y recueillir les reliques du pape Pontien et du prêtre schismatique Hippolyte. voir: http://www.empereurs-romains.net/emp31.htm .

 

                    

 

                                                  

 

 

GOREU : seigneur servant le roi Arthur. Ayant viancu le géant Yspaddaden Penkawr, il lui trancha la tête et l’exposa fichée sur un pieu à l’entrée de son château.

 

GORGIAS : rhéteur grec, né à Léontium (478-380 av. J.-C.) Les Léontins attaqués par Syracuse l’envoyèrent implorer du secours à Athènes en 426. Ayant séduit les Athéniens, il resta en Grèce et devint le premier des sophistes. Partout on essayait de « parler à la Gorgias ». Comme philosophe, disciple d’Empédocle, il appartenait à l’école d’Élée. Platon l’a vivement attaqué dans son dialogue contre les sophistes, intitulé Gorgias. Il ne reste rien de ses ouvrages. Il imposa l'idée de la force du langage, son pouvoir sur les esprits, par l'argumentation, et sur les émotions, par le rythme et les effets sonores. Ce pouvoir peut être bien ou mal utilisé, la techné rhêtorikè ne garantit ni n'élève ni la moralité de celui qui l'emploie, il s'agit d'un instrument neutre. En cela, Gorgias fut le fondateur du pragmatisme rhétoricien, opposé à l'idéalisme philosophique à la manière de Platon.

Théorie de Gorgias: « Si le non-être existe, il sera et à la fois il ne sera pas (...). Or il est tout à fait absurde que quelque chose soit et ne soit pas à la fois. Donc le non-être n'est pas.
Si le non-être existe ainsi que l'être, le non-être sera identique à l'être du point de vue de l'existence : si bien qu'aucun des deux ne sera. Que le non-être n'existe pas, c'est admis ; démonstration a été donnée que l'être serait constitué comme lui, et ainsi, l'être lui-même n'existera pas. »

Voir le Cours de Jacqueline Morne sur le Gorgias de Platon, extrait: ...C’est tout naturellement d’abord à Gorgias, rhéteur célèbre, débatteur respecté, que Socrate pose la question inaugurale du dialogue : Qu’est ce que la rhétorique ? Quel est cet art, Gorgias, que tu pratiques et que tu enseignes aux Athéniens ? La réponse de Gorgias est bien décevante. Il se perd en formules creuses sur la grandeur et la beauté de son art dont il ne parvient pas à définir l’objet mais seulement la fonction ; et, faute d’assumer le fait qu’on puisse pratiquer la rhétorique sans se soucier de son emploi juste ou injuste, il s’empêtre dans les contradictions.
 Surgit alors le jeune et bouillant Polos, reprochant à Gorgias son manque de courage et se substituant à lui dans le débat. Lui au moins n’hésite pas à se débarrasser de tout souci de moralité et de justice pour glorifier le pouvoir sans limite que confère l’art oratoire ; et il comprend mal comment il se retrouve tout penaud, quelques instants plus tard, en situation d’admettre que ce pouvoir n’est pas un véritable pouvoir.
 C’est alors Calliclès qui entre en scène, et avec lui Socrate a à faire à un adversaire d’une tout autre dimension. Non seulement Calliclès est un maître de l’art oratoire, mais il a surtout cette fierté, cette assurance, qui ont manqué à Gorgias et à Polos. Lui assume clairement les conséquences les plus extrêmes de ses positions et les proclame comme un défi à la face d’un ordre social pour lequel il n’a que mépris. Le débat change de ton, c’est maintenant entre Socrate et Calliclès deux conceptions totalement antagonistes de la vie qui s’affrontent. Tout oppose ces deux hommes : leur vision de la justice, du pouvoir, du bonheur ; et à aucun moment ils ne trouveront de terrain d’entente.Calliclès excédé, incapable de l’emporter, finit par déclarer forfait, et c’est alors dans une dernière étape Socrate qui continue seul et s’engage dans une magnifique plaidoirie pour ce qui est pour lui la seule vie qui vaille, une vie tout entière consacrée à la recherche du bien.

 

GORGONES : filles de Phorcys et de Céto. Sœurs des Grées. Elles étaient trois : Méduse, Sthéno et Euryale. Elles vivaient dans le voisinage de la Nuit et des Hespérides, aux limites occidentales de la terre. La plus connue est Méduse, la seule mortelle des trois. A l’origine jeune et belle, sa magnifique chevelure séduisit Poséidon (Dieu de la Mer) qui, métamorphosé en oiseau, l’enleva et s’unit à elle dans un temple d’Athéna. Courroucée à la suite de cette profanation, la déesse la changea en monstre ailé au regard menaçant qui pétrifiait les hommes, lui donna des défenses de sanglier pour dents, des griffes de bronze et une chevelure de serpents sifflants et repoussants et la relégua aux confins du monde occidental. Plus tard, on les fit demeurer en Libye et à Cyrène. Eschyle nous les dépeint comme des vierges ailées aux têtes couronnées de serpents. Persée armé d'un bouclier, dont l'intérieur servait de miroir pour éviter d'être pétrifié par le regard du monstre, et d'une épée offerte par Hermès tua Méduse. Du sang jaillissant de son cou émergèrent Chrysaor et Pégase, tous deux conçus par Poséidon. Persée offrit la tête de Méduse à Héra qui en fit l'ornement de son bouclier. Homère ne cita qu'une Gorgone vivant dans les Enfers.

 

                  

 

                  

 

 

GORGOPHONE : (Tueur de Gorgone) fille de Persée. Femme de Périérès. Mère de Leucippe et d’Apharée. Après la mort de son époux, elle se maria avec Œbalos. Ce fut la première veuve spartiate à se remarier. Elle est considérée comme la fondatrice du peuple Lélège qui imigra en Laconie.

Extrait de Periegésis par Pausanias: Périérès épousa Gorgophone fille de Persée, de laquelle il eut deux fils, Apharéüs et Leucippe, qui après la mort de leur père régnèrent l'un et l'autre en Messénie ; mais Apharéüs se rendit le plus puissant : durant son règne il bâtit la ville d'Arène qu'il appela ainsi du nom de la fille d'Oebalus qu'il avait épousée et qui était sa soeur utérine ; car sa mère Gorgophone s'était remariée à Oebalus ; j'ai déjà parlé deux fois de cette princesse dans l'histoire d'Argos et dans celle de la Laconie. Extrait de la Messenie:  Périérès eut de Gorgophone, fille de Persée, deux fils, Apharéos et Leucippe, qui régnèrent conjointement après sa mort ; Apharéos cependant, avait plus de pouvoir que son frère. Il fonda pendant son règne une ville à laquelle il donna le nom d'Aréné, fille d'Oebalos, son épouse et sa soeur utérine, née du mariage d'Oebalos avec Gorgophone. J'ai déjà parlé deux fois de Gorgophone, dans la description de l'Argolide et dans celle de la Laconie. Extrait de la Laconie: Amycles étant mort, la couronne échut à Argalus, l'aîné de ses fils, et après lui à Cynortas. Œbalus, fils de Cynortas, épousa Gorgophone, fille de Persée, roi d'Argos, il en eut Tyndarée, à qui le trône fut disputé par Hippocoon, qui s'y disait appelé par droit d'aînesse. Icarius et ses partisans s'étant réunis à Hippocoon, il se trouva bien supérieur en forces à Tyndarée, qui prit l'épouvante et s'enfuit à Pellane, si l'on en croit les Lacédémoniens. Mais, suivant les Messéniens, il se réfugia dans la Messénie, chez Apharée, son frère utérin, et fils de Périérès. Il s'établit, ajoutent-ils, à Thalames dans la Messénie, et tous ses enfants naquirent durant son séjour dans cette ville. Il fut ramené dans la suite à Lacédémone par Hercule, et il recouvra son royaume. Les fils de Tyndarée régnèrent après lui; ils eurent pour successeurs, Ménélas, fils d'Atrée, qui avait épousé une fille de Tyndarée, et Oreste qui était marié à Hermione, fille de Ménélas.

 

GORGOPIRE : femme d’Athamas ; amoureuse de son beau-fils Phrixus, elle l’accusa d’avoir voulu la violenter.

 

GORIAS : île de l’initiation au druidisme des Tuatha Dé Danann.

 

GORTYS : fils de Tégéatès et de Méra. Il fonda la ville de Gortyne en Crète.

 

                     
                            Inscription (ancienne loi) à Gortyne                                                      Statue romaine à Gortyne

 

 

GOTHS : Gothi, grande nation ou confédération de la Germanie-orientale, que plusieurs ont assimilé aux Gètes, et qui probablement occupa le Sud de la Scandinavie et les bords de la mer Baltique, les rives de la Vistule en Pologne, puis s’avança vers le Danube inférieur, au commencement du IIIe siècle. A l'origine, ils venaient peut-être de l'île de Gotland. Tantôt vainqueur, tantôt vaincu par Claude II et Probus, ils occupèrent la Dacie et s’étendirent, au IVe siècle, de la Theiss au Don, de la mer Baltique à la mer Noire. Vaincus et refoulés par les Huns(375), au moment où des missionnaires les convertissaient au christianisme, ils se divisèrent en Wisigoths, Ostrogoths et Gépides, qui contribuèrent à la ruine de l’Empire romain. En 488, ils conquirent l'Italie sous Théodoric, à la demande de l'Empire byzantin. Après la mort de Théodric, l'empire ostrogoth périclita sous la pression de l'armée de Justinien. Le royaume wisigoth d'Espagnefondé après l'invasion de la Gaule par les francs au V ème siècle, s'effondrera finalement à partir de 711 lors des invasions maures. Jornandès a écrit leur histoire : De Getarum, sive Gothorum origine et rebus gestis.

Extrait de l'histoire des Goths par Jornandès: C'est de cette île Scanzia, qu'on peut appeler la fabrique des nations ou bien le réservoir des peuples, que les Goths passent pour être sortis anciennement, avec leur roi nommé Berig. A peine furent-ils descendus de leurs vaisseaux et eurent-ils touché la terre, qu'ils donnèrent leur nom au lieu où ils venaient d'aborder. Il s'appelle encore aujourd'hui, assure-t-on, Gothiscanzia. De là ils marchèrent incontinent contre les Ulmeruges, alors établis sur le rivage de l'Océan, les attaquèrent après avoir assis leur camp, et les chassèrent des terres qu'ils occupaient. Aussitôt après ils subjuguèrent les Vandales, voisins de ce peuple, et les ajoutèrent à leurs conquêtes. Et comme le nombre des Goths s'était extrêmement accru pendant leur séjour dans ce pays, Filimer, fils de Gandarich, et le cinquième de leurs rois depuis Berig, prit, au commencement de son règne, la détermination d'en sortir. Il partit à la tête d'une armée de Goths; suivis de leurs familles, et s'étant mis à la recherche d'une contrée qui lui convint et où il pût s'établir commodément, il parvint sur les terres de la Scythie, que les Goths appelaient Ovim dans leur langue. Mais l'armée, après avoir joui de la grande fertilité de ces contrées, ayant voulu traverser un fleuve à l'aide d'un pont, et la moitié étant déjà passée de l'autre côté, le pont croula, dit-on, malheureusement, et il ne fut plus possible à personne d'avancer ou de rétrograder; car, à ce qu'on raconte, ce lieu est fermé par un gouffre qu'entourent des marais au sol tremblant, de sorte qu'en confondant ainsi la terre et l'eau la nature paraît avoir voulu le rendre inaccessible. La vérité est qu'encore aujourd'hui l'on y entend des mugissements de troupeaux, et qu'on y découvre des traces d'hommes : c'est ce qu'attestent les voyageurs, auxquels il est permis d'ajouter foi, bien qu'ils aient appris ces choses de loin. Quant à ceux d'entre les Goths qui, sous la conduite de Filimer, parvinrent sur la terre de Scythie après avoir passé le fleuve, comme il a été dit, ils prirent possession de ce pays objet de leurs désirs. Puis, sans perdre de temps, ils marchèrent contre la nation des Spali, les combattirent, et remportèrent la victoire. Enfin, de là ils s'avancèrent rapidement et en vainqueurs jusqu'à l'extrémité de cette partie de la Scythie qui avoisine le Pont-Euxin. Ainsi le racontent en général leurs anciennes poésies, à peu près dans la forme historique. C'est ce qu'atteste encore, dans sa très-véridique histoire, Ablabius, auteur distingué qui a écrit sur la nation des Goths; et c'est aussi le sentiment de quelques autres anciens écrivains. Quant à Josèphe, cet historien toujours fidèle à la vérité et si digne de foi, comment lui, qui fouille dans les temps les plus reculés, garde-t-il le silence sur ces commencements de la nation des Goths, tels que nous venons de les exposer? Nous l'ignorons. Disons pourtant que, faisant mention des Goths depuis